L’article de Stéphane Allaire, « Six affordances de l’intelligence artificielle générative en soutien à la coélaboration de connaissances », présente une expérience menée dans un cours de deuxième cycle où ChatGPT a été intégré comme membre d’un groupe d’apprentissage collectif (CoÉCo). L’objectif était de soutenir la construction de connaissances communes, avec l’apprentissage individuel comme bénéfice secondaire. L’auteur, d’abord prudent, a exploré les potentialités de l’IA générative et a identifié six apports majeurs : sa capacité à formuler des questions d’investigation crédibles, à proposer des pistes d’approfondissement en confrontant les notes étudiantes à la littérature, à repérer les contributions réellement novatrices, à soutenir l’autoévaluation grâce à une rétroaction alignée sur la grille du cours, à analyser la dynamique de travail du groupe pour favoriser la métacognition, et enfin à synthétiser les discussions pour faciliter la continuité des échanges. Cette expérience montre que l’IA générative peut enrichir la collaboration et renforcer la réflexion collective lorsqu’elle est utilisée de manière encadrée et consciente.
Cet article, rédigé par Alexis Creten, Amauri Simon et Amélie Cocinas Garcia et publié en 2025 dans la Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur (RIPES), étudie la manière dont les enseignants du supérieur non-universitaire adoptent les technologies numériques. S’appuyant sur une approche qualitative fondée sur des entretiens, dont certains menés auprès de professionnels impliqués dans la technopédagogie, la recherche analyse les données à l’aide d’une méthode thématique comprenant des codes de premier et de second niveau. Les auteurs distinguent clairement l’e-learning de l’emergency remote teaching, soulignant l’importance de ne pas confondre ces modalités. L’étude met en évidence six facteurs contextuels influençant l’adoption du numérique, dont le premier concerne l’impact des pouvoirs politiques, encadrés par des textes tels que le Décret définissant le paysage de l’enseignement supérieur du 7 novembre 2013, le Décret du 2 décembre 2021 relatif à la formation initiale des enseignants, ainsi que l’influence du programme européen Recovery and Resilience Facility.
Dans cet article, Luc Massou examine l’évolution des dispositifs hybrides dans l’enseignement supérieur, devenus largement répandus après la pandémie mais encore insuffisamment conceptualisés. Il rappelle que l’hybridation ne se limite pas à une combinaison pragmatique de cours en présentiel et à distance : elle requiert une véritable conception pédagogique intégrant le profil des étudiants, les outils numériques — y compris les technologies émergentes comme la réalité virtuelle — ainsi qu’un accompagnement adapté. L’auteur insiste sur la nécessité d’évaluer ces dispositifs de manière rigoureuse afin de mieux comprendre leur impact sur la réussite, l’engagement et le bien-être des étudiants. Cette contribution met en lumière l’importance de penser l’hybridation comme un levier d’innovation pédagogique, dont l’efficacité dépend d’une réflexion approfondie et d’un usage maîtrisé du numérique.
L’article « Perceptions de l’IA à l’université », rédigé par Dominique Verpoorten et ses collègues, présente les résultats d’une enquête menée en 2024 auprès de 404 enseignants de l’Université de Liège afin de dresser un état des lieux des usages, des outils et des perceptions liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans leurs pratiques pédagogiques. Les auteurs montrent que l’irruption de l’IA constitue un phénomène transversal touchant l’ensemble des disciplines, sans différences significatives entre les secteurs, et que près de la moitié des enseignants y recourent désormais chaque semaine, principalement pour optimiser leurs tâches professionnelles grâce à des assistants généralistes comme ChatGPT. Conscients que 92 % des étudiants utilisent également l’IA, les enseignants adaptent leurs modes d’évaluation en renforçant les moments de vérification ou en privilégiant les examens en présentiel, tandis que l’intégration explicite de l’IA dans l’évaluation reste plus rare. L’étude fait ressortir deux tensions majeures : d’un côté, un gain de productivité qui pourrait permettre de recentrer l’enseignement supérieur sur l’accompagnement humain, et de l’autre, une vigilance persistante liée aux risques de délégation cognitive, aux enjeux éthiques et aux compétences que les étudiants doivent impérativement maîtriser sans IA. Les auteurs concluent que l’université manifeste une ouverture prudente mais constructive face à l’IA, fidèle à son rôle critique et à sa mission de formation responsable.
Utilisation pédagogique de l’IA à l’université : trois récits de pratique en orthodidactique du français, en psychologie et en histoire
L’article « Utilisation pédagogique de l’IA à l’université : trois récits de pratique en orthodidactique du français, en psychologie et en histoire », rédigé par Marie-Ève Gonthier, Marie-Josée Tremblay et Maxime Gohier de l’Université du Québec à Rimouski et publié le 3 juin 2025, présente trois initiatives innovantes d’intégration des outils d’intelligence artificielle, notamment ChatGPT et Transkribus, dans des contextes disciplinaires variés. L’étude se concentre sur l’orthodidactique du français, la psychologie et l’histoire, et montre comment ces technologies peuvent soutenir l’enseignement et stimuler l’apprentissage des étudiants. Organisée autour de récits de pratique, la publication décrit les activités pédagogiques mises en place, analyse leurs impacts et propose des recommandations pour les enseignants. Les auteurs soulignent que l’intégration réfléchie de l’IA, plutôt que son interdiction, constitue la meilleure approche pour actualiser la formation universitaire, tout en sensibilisant aux enjeux éthiques essentiels tels que les biais, la protection de la vie privée et le maintien de l’autonomie des étudiants. Les mots-clés associés sont : IA, pédagogie universitaire, innovation et esprit critique.