Conférences / Talks
Présentations dans des conférences internationales/ International refereed conference presentations
« The promises of New Plant Breeding Techniques: old wine in new bottles? », dans le cadre du symposium: « What’s new in New Plant Breeding Techniques ? », STS Conference Graz 2021 : Critical Issues in Science, Technology and Society Studies , Graz (Autriche), 3-5 mai 2021.
« Epistémologie du concept d’hétérosis », Congrès de la Société Francaise d'Histoire des Sciences et des Techniques et la Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences de la Vie, Montpellier, 15-18 avril 2020. Congrès reporté au 21-24 avril 2021.
« From random error to systematic error: a history of the concept of bias », Thirteenth Biennial Congress of the International Society for the History of Philosophy of Science, Nanyang Technological University, Singapore, 23-26 juin 2020. Congrès annulé/ Conference cancelled due to Covid-19
« La médecine face à la massification des données : la question des biais », VIIème Congrès de la Société de Philosophie des Sciences, Nantes, 4-6 juillet 2018.
« Le biais de Berkson et la question de la scientificité de l’épidémiologie », XXIVe journées annuelles de la Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences de la vie (SHESVIE), Institut des Humanités en Médecine, Lausanne, 15-17 mars 2018.
« La controverse Berkson-Hill et la question de la causalité en épidémiologie », 6èmes rencontres doctorales internationales en philosophie des sciences (RDIPS), Université Grenoble-Alpes, Grenoble, 21-22 septembre 2017.
Présentations en tant qu'invité/ Invited talks
« Erreur aléatoire et erreur systématique: le problème du biais en épidémiologie », séminaire du Master 2 LOPHISS, UE « Histoire et philosophie des sciences de la vie» (Responsable pédagogique : Alain Leplège), mars 2017, mars 2018, Université Paris-Diderot Paris 7.
Présentation et discussion du texte d’Elodie Giroux :« N’y a-t-il de santé que de l’individu ? Un point de vue épidémiologique sur les thèses de Canguilhem », Séminaire Philmed 2014-2015, Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST), Université Paris I-Panthéon Sorbonne, Paris, Octobre 2014.
Posters
Le Dessein Intelligent (ou Intelligent Design) se définit, selon les propres termes de ses défenseurs comme « une théorie qui soutient que certaines observations de l'univers et du monde vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente que par des processus aléatoires comme la sélection naturelle ». Ils ajoutent que ce n'est pas le fait de l'évolution qui est en question mais la question du moteur de cette évolution, à savoir le processus hasardeux et aveugle de la sélection naturelle qui n'a ni direction, ni but. En effet, selon eux, l'évolution a un but, une finalité : elle est dirigée par une cause intelligente. Une telle oeuvre que la Nature ne peut être que le produit d'un grand Architecte.
Le problème qui est posé à Darwin est de rendre compte de la merveilleuse adaptation des moyens aux fins en ne se fondant que le mécanisme de la Sélection Naturelle. S'il a convaincu ses contemporains du fait de l'évolution, il a échoué à les convaincre de la pertinence du concept de sélection naturelle pour expliquer cette évolution. Les critiques adressées à Darwin de son vivant sont le fait de deux épistémologues:
John Herschel : « Nous ne pouvons pas accepter le principe d'une variation arbitraire et hasardeuse et la sélection naturelle comme une explication suffisante, per se, du monde organique passé et présent. Une intelligence, guidée par un but, doit être continuellement à l'oeuvre pour orienter les directions des étapes du changement, pour limiter les divergences, et pour les poursuivre selon un cours défini. Nous ne croyons pas que M. Darwin veuille nier la nécessité d'une telle direction intelligente. Mais, autant que nous le sachions, elle n'entre pas dans la formulation de sa loi ; et sans elle nous sommes incapables de concevoir comment cette loi peut avoir conduit à ces résultats ».
John Stuart Mill : « Les adaptations dans la nature font pencher la balance de la probabilité en faveur de la création par une intelligence ».
Réponse de Darwin:« Le principe de sélection naturelle peut être regardé comme une simple hypothèse, mais qui est rendue probable à un certain degré par ce que nous savons positivement de la variabilité des êtres organiques à l'état de nature, par ce que nous savons positivement de la lutte pour l'existence, et la quasi-inévitable préservation des variations favorables qui s'ensuit, et de la formation analogique des races domestiques. Or, cette hypothèse peut être testée, en essayant de voir si elle explique de très nombreuses classes de faits indépendantes, telles que la succession géologique des êtres organiques, leur distribution dans le temps, leurs affinités et leurs homologies mutuelles. Si le principe de sélection naturelle explique vraiment ceci et d'autres longues séries de faits, alors il doit être accepté »
En fait la théorie du Dessein Intelligent peut être considérée comme une nouvelle version de ce que l'on appelait avant la théologie naturelle, qui consiste à prouver l'existence de Dieu par l'ordre et l'harmonie de la Nature. Quand Darwin s'attaque à l'argument du dessein, c'est à William Paley et à sa Théologie naturelle (qu'il a lue jeune) qu'il fait référence. Ainsi déclare-t-il dans son Autobiographie : « Le vieil argument du dessein dans la nature, tel qu'il est donné par Paley et qui auparavant me paraissait si convaincant, échoue maintenant que la loi de la sélection naturelle a été découverte ». Or Darwin veut se conformer à l'idéal épistémologique en vigueur à l'époque pour être crédible aux yeux de la communauté scientifique. De plus il sait que le conflit sur l'explication de l'adaptation va opposer sélection naturelle et théologie naturelle. Ainsi écrit-il un bref essai, qui ne sera jamais publié de son vivant, intitulé Essais sur la Théologie et la Sélection Naturelle , où il dit : « L'explication des types de structure par classes comme résultant de la volonté de Dieu de créer les animaux selon un certain plan, n'est pas une explication. Elle n'a pas le caractère d'une loi physique, et est donc complètement inutile. Elle ne prédit rien puisque nous ne savons rien de la volonté de Dieu. »
DARWIN, LE NEWTON DU BRIN D’HERBE.
Selon Darwin, la sélection naturelle est au monde organique ce que la gravitation est au monde inorganique. Le principe de sélection naturelle comporte en effet trois avantages: analogie avec la sélection artificielle, prémisses empiriques (variation, hérédité, lutte pour l’existence), grande capacité explicative, et notamment explication purement mécanique de l’adaptation. L’argument du dessein n’est donc que de la pseudo-science, ou plutôt de la religion qui prend le masque de la science. Elle induit une régression philosophique, épistémologique et scientifique majeure puisque tout la science moderne, depuis le 16ème siècle, a fondé sa méthode sur l’explication naturelle, et non surnaturelle, des phénomènes, et que cette méthode a permis de faire un progrès considérable dans tous les domaines de connaissance. Pourquoi cet éternel retour d’un argument réfuté depuis plusieurs siècles? Peut-être que les êtres humains ne supportent pas de descendre des animaux, et préférent penser qu’ils ont été créés par Dieu. Ainsi, selon Freud, la théorie de Darwin constitue la « deuxième blessure narcissique infligée à l’humanité » ….