L'église et le presbytère
L'église et le presbytère
Notre église a été construite de 1757 à 1761 (Dates écrites dans le petit mémoire écrit par les Abbés Maire et Tatu en 1994.). Son clocher à l’Impériale est typique du milieu du XVIIIe et de notre région. Elle est dédiée à Saint Valère que l’on voit représenté au fond du chœur. C'est une reconstruction, l'ancienne est connue dès 1069 qui elle, était dédiée à Saint Lazare. Comme les autres, elle est orientée vers l'Est, le Levant. L'aube étant le symbole de la résurrection mais aussi de l'espoir.
Ci-dessous un acte de décès de 1752 où l'inhumation de la défunte doit se faire au Cimetière d'Osse en raison des travaux.
Département du Doubs – Archives Départementales – Etat Civil consultable en ligne.
Les tableaux
Celui situé dans la chapelle de la Vierge a été peint par Claude-Joseph Fraichot, un peintre bisontin de l'époque, reconnu surtout pour la qualité de ses natures mortes. C’est « Notre Dame du Rosaire ».
Source: Département du Doubs – Archives Départementales – Cote 7E3616
Dans cette même chapelle, en face, le tableau est la reproduction d'une œuvre célèbre (Photo ci-contre). Il s'agit de « La Vierge aux Donateurs » de Van Dyck (1630). Ce tableau est exposé au Louvre. Les dimensions de l'original sont de 2.50m x 1.91m.
La copie présente dans l'Eglise de Nancray a subi les outrages du temps mais garde sa qualité.
Autres tableaux intéressants, ceux représentant Saint Sébastien et Saint Claude. Ils datent du XVIIe et sont classés (Monuments Historiques). Si la datation est exacte, ils étaient peut-être dans l'ancienne église.
Plusieurs objets servant au culte sont classés, ils sont rangés en lieu sûr. Je n'en ferai pas la liste pour des questions de sécurité.
L'ensemble des peintures de l'Eglise datent de sa création. Malgré le temps qui passe et peut-être grâce à la fraîcheur constante du bâtiment, elles restent dans un état correct.
Compléments
Les travaux de la construction ont duré dans le temps.
La grosse cloche qui pèse 1,100t a été fondue en 1810 par François-Xavier ROY de Besançon.
Elle est gravée: Je m'appelle Marie Anne Vorbes. J'ai pour parrain M. Maximin Vorbes et pour marraine Mme Marie-Anne Délelée née Dessirier. J'ai été bénie par M. le Curé Pergaud , curé de la Paroisse de Nancray - P.F. Gurnaud maire - J. Dessirier adjoint de la commune de Nancray. (Marie-Anne Délelée est la grande tante du Général Dessirier et marraine de Victor Hugo)
La petite pèse 650 kg .
Sa gravure: J'ai été fondue en 1824 - J'ai pour parrain M. François Plançon Lieutenant-Colonel des Cuirassiers et pour marraine Mme Françoise Prince. Maire: Pierre Joseph Gurnaud.
Durant l'été 1782, un luminaire est posé (document ci-dessous).
Département du Doubs – Archives Départementales – 1C2375-1C2609 (cotes extrêmes)
Pour mieux comprendre ce document; sous l'Ancien Régime, l'Intendant était la personne qui au nom du roi levait l'impôt et contrôlait les dépenses de la province. Le régisseur de la seigneurie et interlocuteur de l'Intendant était l'Echevin. A cette époque, c'était Jean-Claude Bernaud.
La dalle au centre de l'église
Département du Doubs – Archives Départementales – Etat Civil consultable en ligne.
Sous cette dalle est inhumé le premier prêtre de l'Eglise reconstruite. L'abbé Jean Etienne Garmont décédé le 23 septembre 1782 à l'âge de 40 ans.
Les travaux du XXe siècle
La bénédiction des vitraux a eu lieu le dimanche 3 février 1935 par l'Abbé Fulbert Nappez. Ils ont été fabriqués par l'Entreprise BENOIT de Nancy. Six familles en ont offert un, les Anciens Combattants un, les autres ont été financés par les paroissiens. Ils ont coûté 31 500 F.(Pour avoir un ordre d'idée du prix, à cette époque un cheval de trait valait 3000 F, une traction avant Citroën 12 000F.)
En 1941, la sacristie est réaménagée.
En 1946, la Commune finance la construction d'une cheminée (toujours présente).
La salle paroissiale est aménagée et remplace la grange attenante au presbytère après la seconde guerre. Les salles de catéchisme datent de 1962 (héritage des Sœurs Guyon - cf. page consacrée aux maisons.)
Le Chemin de Croix est l'œuvre de M. Olin. Il a été posé en septembre 1952.
Au milieu des années 1950, les cloches sont électrifiées, le remontage des horloges également.
Un chauffage moderne a été installé en 1972.
Divers travaux de rénovation ont eu lieu dans les années 1970 à l'intérieur de l'église et au presbytère.
Enfin, le clocher a été refait en 1983. (Article de novembre 1983)
Pour l'anecdote, lors de cette cérémonie, une personne âgée du village m'a dit que le coq précédent datait de 1907. Je n'ai aucun élément à ce sujet.
Autres informations
Département du Doubs – Archives Départementales – Délibérations Municipales -EAC6225D8 1883-1905
1886, il est fait mention d'un fabricant de tuiles à Naisey-les-Granges.
Archives de la Mairie
Les travaux de 1886 ont été insuffisants (document de 1908).
Archives de la Mairie
Un "métier" disparu.
Les vitraux Au nombre de 12, ils ont été installés en 1935 par l'Entreprise J. BENOIT de Nancy. L'un d'eux le rappelle au coin inférieur droit. Certains ont été financés par des familles (La base du vitrail le mentionne). Je vous présente mes deux préférés: le premier parce que Nancray y est représenté et le second parce qu'il a été financé par les Anciens Combattants de 1914-1918 et je trouve que l'allégorie est bien choisie.
Le presbytère
Département du Doubs – Archives Départementales – Arpentement de 1774 - Photo prise en 2009
Comme on le voit sur ce plan, l'emprise du presbytère comprenait la maison qui actuellement abrite la bibliothèque. Le presbytère actuel a été construit dans les années 1780. L'actuelle salle paroissiale également mais à l'époque c'était une grange et/ou grenier pour le prêtre qui bénéficiait des « Droits Curiaux » (Terres et animaux exploités à son bénéfice.). C'est au début des années 1950 qu'elle deviendra vraiment une salle paroissiale. Il y eut une troupe de comédiens amateurs autour de René Bourdenet (années 1950) qui s'y produisait. Au début des années 1960, l'abbé David y organisait un ciné-club aussi. On comprend mieux pourquoi cette salle possède une scène surélevée.
En ce qui concerne l'aménagement de l'étage, je vous renvoie à la page « Des maisons » où je parle de l'héritage des Sœurs Guyon.