Biographie (Interview du Goethe Institut 2018)

Née à Offenbourg d’un père français et d’une mère allemande, totalement bilingue de naissance, mp a grandi en milieu hispanophone d’Afrique du nord. Elle étudie la germanistique à Paris et Tübingen tout en poursuivant des études musicales à l’ENMP A.Cortot. Après un parcours professionnel dans le secteur franco-allemand, elle se consacre à la traduction littéraire et musicale en tant que free-lance. Elle vit près de Paris et travaille pour différents éditeurs/labels allemands ainsi que l’enseignement.

3 questions à Maïré Pelletier (300-400 signes par réponse)

1. D’où vous vient ce plaisir de traduire ?

Par-delà le goût des belles lettres et de l’écriture, l’indépendance et les risques du métier, ce plaisir de traduire trouve son origine dans ma bilingualité, qui me permet d’exploiter une flexibilité culturelle innée/spontanée. Mon souci est ainsi de transmettre une culture ou de rendre des écrits abordables à un public différent. Le dialogue interculturel reste un défi permanent induisant le besoin de communiquer, la passion de relier deux univers distincts et le désir constant de jeter un pont entre deux mondes.

2. Bien traduire nécessite un certain talent pour l’écriture. Pensez-vous que vous pourriez écrire vous-même des romans ?

Je pense que l’écrivain est un traducteur, et le traducteur un écrivain. Alors que ce dernier s’efforce de traduire ses émotions par écrit, le traducteur tente à son tour en toute humilité de retraduire cet écrit. Ce processus de traduction m’évoque toujours la métaphore simple et concrète du musicien qui interprète l’œuvre d’un compositeur ou la transpose le plus fidèlement possible sur un autre instrument.

3. Vous écrivez pour le goethe.de/france des critiques de livres d’auteurs allemands encore non traduits. Quels sont selon vous les auteurs allemands incontournables aujourd’hui ?

Après la génération des auteurs majeurs de la fin du siècle dernier, longtemps hantés par le chaos de l’histoire, on découvre évidemment les jeunes auteurs de l’ex RDA, suisses et autrichiens, mais aussi, plus étonnamment, des écrivains issus de l’immigration dont la langue maternelle n’est pas forcément l’allemand (turques, libanais, …)! Des centres d’intérêts inédits naissent sous leur plume, et soulèvent des thèmes de réflexion authentiques. On peut vraiment affirmer qu’une nouvelle vague d’auteurs sort de l’ombre, signant une renaissance captivante des lettres germaniques.