L'histoire du Presbytère de St
Julien les Montbéliard
L'histoire du Presbytère de St
Julien les Montbéliard
L’histoire du Presbytère
Au cœur d’un charmant village de la vallée du Rupt, tout près de Montbéliard, s’élève une demeure dont les murs racontent près de cinq siècles d’histoire.
Érigée en 1530 sur l’ordre de l’empereur austro-hongrois, la maison fut à l’origine conçue comme relais de chasse et résidence d’été des ducs de Wurtemberg, famille souveraine qui administra la région jusqu’à la Révolution française.
Au fil des guerres et des siècles, la demeure connut plusieurs destins : incendiée une première fois en 1570 lors de la guerre des Guises, elle fut reconstruite, puis de nouveau détruite en 1630 par les troupes suédoises. Sa reconstruction définitive remonte à 1675, date gravée sur le fronton d’entrée, marquant la naissance de l’édifice que nous connaissons aujourd’hui.
Reconnaissante pour l’aide apportée aux habitants durant les conflits, la communauté locale offrit la maison à l’Église protestante, qui en fit le presbytère du consistoire. Pendant près de trois siècles et demi, les pasteurs s’y succédèrent, y vivant avec leurs familles et y laissant chacun une empreinte particulière.
En 1970, la demeure devint propriété d’un particulier qui entreprit sa restauration. Vingt ans plus tard, elle fut acquise par un ancien footballeur professionnel du FCSM, alors devenu agent de joueurs. À cette époque, la maison accueillit plusieurs grandes figures du football français, dont certaines furent champions du monde en 1998, lors de leurs passages dans la région.
Mais le Presbytère conserve aussi un chapitre plus secret de son histoire. En 1944, à la suite de l’atterrissage forcé d’un avion d’observation britannique à la sortie du village, un aviateur français fut recueilli par la Résistance et caché dans la demeure. Il trouva refuge dans une pièce dissimulée entre les murs et les étages, un abri invisible qui lui permit d’échapper aux patrouilles allemandes pendant plusieurs mois. Ce lieu discret, encore empreint de mystère, témoigne aujourd’hui du courage et de la solidarité qui marquèrent ces années sombres.
Source Wikipédia :
Le 15 septembre 1944 le Spitfire du lieutenant Gabriel Gauthier, dit "GéGé" part en mission avec son groupe et retrouve la terre d'Alsace. Alors qu'il échangeait avec un de ses équipiers sur cette terre où il avait été dramatiquement abattu 5 ans plus tôt, une rafale de la flak positionnée sur le lieu dit le Mont, l'atteint de plein fouet. Il se pose en catastrophe, train rentré, dans les lignes ennemies (lieu-dit le cendrier à la sortie de St Julien Les Montbéliard, en direction d'Echenans). L'appareil prend feu, mais le pilote n'ayant pas attaché son harnais est éjecté à l’atterrissage et s'en sort à nouveau miraculeusement. Un peu "sonné", il est ramené à la réalité par les balles allemandes.
En territoire occupé, il parvient à se cacher dans un bois voisin alors que les soldats ennemis arrivent sur le lieu du crash.Il est recueilli par les F.F.I. et ensuite caché par le pasteur Florimond Canepeel et sa famille dans le presbytère de Saint Julien les Montbéliard (Doubs) en attendant d'être passé en Suisse par la résistance. Il peut enfin rejoindre son groupe qui le croyait mort le 11 octobre 1944, rassurant par la même, sa femme, enceinte de 3 mois de leur deuxième enfant.
Témoignage de la fille du pasteur Canepeel:
Les témoignages : un souvenir vivant de l’Histoire.
Ce récit, transmis à travers les générations, est confirmé et précisé par les souvenirs de la fille du pasteur de l’époque. Aujourd’hui (en 2022) âgée de 95 ans, elle conserve une mémoire vive et fidèle de ces événements survenus il y a plus de 80 ans. Ses confidences apportent des détails saisissants et authentiques à cette page d’histoire aussi surprenante qu’émouvante.
« Entrant brusquement dans la cuisine, je ne m’attendais pas à y voir un homme à moitié nu, soigné par le médecin du village, tandis que ma mère s’efforçait de faire brûler ses papiers ignifugés. »
Elle se souvient que l’aviateur, activement recherché par les troupes allemandes, était caché par son père, le pasteur du village, qui le faisait passer pour son vicaire afin de détourner les soupçons.
« Il leur a échappé plusieurs fois, même en se dissimulant sous le foin. Heureusement, mon père parlait couramment l’allemand, c’était presque une nécessité à cette époque. Il avait la chance d’être doué pour les langues et en parlait quatre. L’été 1944, il se faisait passer pour un ouvrier agricole, travaillant chez un couple de paysans heureux d’avoir l’aide gratuite d’un garçon courageux. »
Elle précise encore que l’atterrissage de l’avion eut lieu un jeudi, et que l’aviateur "Gabriel Gauthier" fut pris en charge par la Résistance quelques jours plus tard, avant d’être exfiltré vers la Suisse en quatre ou cinq nuits.
« Je revois encore G. Gauthier, encadré par deux résistants armés, s’enfonçant dans la forêt. L’un d’eux était fleuriste à Montbéliard… »
Son fils, dépositaire de cette mémoire, complète le récit :
« Ma mère ne m’a raconté ces événements que tardivement. J’ignorais même que mon père avait été réfractaire au STO. Il s’était caché dans une ferme d’un village voisin, avant d’être dénoncé. Mon grand-père, le pasteur, l’a alors hébergé au presbytère, prenant de grands risques. C’est durant cette période que l’aviateur a été accueilli. Avec son futur beau-père, ils ont même caché les vêtements et l'arme de l’aviateur dans une tombe du cimetière ! »
Le fils conclut :
« J’ai d’ailleurs apporté une précision sur la page Wikipédia de Gabriel Gauthier, mentionnant que mon grand-père l’a caché au presbytère, au péril de sa vie. À cette époque, il risquait d’être fusillé. »