À propos de nous
Le Maroc, pays d'Afrique du Nord sur le littoral de l'Atlantique et de la Méditerranée, se distingue par ses influences berbères, arabes et européennes. La médina de Marrakech, quartier médiéval aux allures de labyrinthe, est un lieu animé, avec sa place Jemaa el-Fna et ses souks (marchés) vendant des céramiques, des bijoux et des lanternes en métal. La casbah des Oudayas à Rabat, la capitale, est un fort royal du XIIe siècle qui surplombe l'océan.
Le Maroc – qui a connu comme les autres pays du Maghreb, les dominations carthaginoise puis romaine (Mauritanie Tingitane) – est islamisé à partir du début du viiies. mais non sans difficulté. Face à la conquête arabe, les grandes tribus berbères préservent ainsi une certaine cohésion tout en favorisant un morcellement politico-religieux dont profite la dynastie chiite des Idrisides (fin viiie-xes.), indépendante des Abbassides. Après avoir résisté à l’implantation des Fatimides, le Maroc devient, aux xie-xiiies., le cœur des deux grands empires hispano-berbères des Almoravides (1056-1147) et des Almohades (1130-1269). Les Marinides leur succèdent jusqu’au milieu du xves., créant une brillante civilisation, mais doivent céder le pouvoir aux Wattasides. Au xvies., les Sadiens (Arabes hasanides) fondent la première dynastie chérifienne (1554-1659) qui parvient à freiner les ambitions ottomanes et occidentales. L’ouverture aux Européens s’intensifie cependant sous leurs successeurs, les Alawites, facilitant la colonisation française et conduisant au protectorat (1912). Dépossédé de tout pouvoir effectif par la résidence générale (confiée notamment à Lyautey, 1912-1925) le sultan se range, à partir de l’intronisation de Muhammad V (1927), du côté des nationalistes menés par le parti Istiqlal et obtient l’indépendance du Maroc en 1956. C’est son fils Hasan II (1961-1999) qui préside à la modernisation d’un pays qui maintient d’étroites relations avec l’ancienne puissance coloniale ainsi qu’avec l’Union européenne, tout en préservant le caractère quasi absolu de la monarchie que modère une timide libéralisation à partir des années 1990, une démocratisation poursuivie par Muhammad VI depuis 2000-2004.
1. L'ANTIQUITÉ
À partir des ixe-viiie s. avant J.-C., les Phéniciens installent des comptoirs sur les côtes marocaines (Tingi [aujourd'hui Tanger], Liks ou Lixos [aujourd'hui Larache], Rusaddir aujourd'huiMelilla]…) et introduisent l'usage du fer et la culture de la vigne. À partir du vies., ces comptoirs passent sous l’influence de Carthage.
Dès le iiie s. avant J.-C., le pays apparaît peuplé de Maures au nord, de Gétules au sud, ancêtres des actuels Berbères. Le royaume des Maures, ou Mauritanie, est annexé par les Romains en 40 après J.-C. ; en 42, Claude constitue le Maroc romain en détachant la moitié ouest de la Mauritanie (Mauritanie Tingitane) de la partie occidentale ; son occupation se limite alors aux plaines du Nord. La poussée des montagnards amène l'Empire à reculer sa frontière jusqu'au Loukkos (vers 285), mais, dans le pays évacué, la civilisation romaine persiste, et le christianisme progresse. Le passage des Vandales amène la chute de la domination impériale ; seul Septem Fratres (Ceuta) est byzantine de 534 à 709.
Pour en savoir plus, voir les articles Mauritanie, Rome.
2. LES BERBÈRES ET L'ISLAM
Chrétiens, judaïsés ou païens, les Berbères font partie de grandes familles regroupées en tribus : les Masmudas, sédentaires, qui occupent le Rif, les plaines atlantiques, le Haut Atlas ; les Sanhadjas, chameliers dans le Sahara occidental ou transhumants dans le Haut et le Moyen Atlas ; les Zenatas (ou Zénètes), nomades du Maroc oriental. Les Berbères recourent sans cesse au « conseil » (djemaa), de caractère démocratique, et, s'il apparaît des chefs, il n'y a pas de dynastie prolongée. Ils semblent avoir adopté l'islam assez rapidement. La conquête arabe date de Musa ibn Nusayr (vers 708-711). Les premiers convertis suivent Tariq ibn Ziyad lors de la conquête de l'Espagne derrière (711), mais l'esprit d'indépendance des Berbères se manifeste par le succès de l'hérésie kharidjite, qui provoque un soulèvement (739) contre les Omeyyades : le Maghreb occidental sort du monde politique arabe, mais sans rompre avec sa culture. Du morcellement émerge la dynastiealide hasanide (descendant d'Ali par l'un de ses deux fils Hasan) et chiite des Idrisides, fondée dans le nord du MAroc par Idris Ier (788-791/792), mais, après Idris II (793-828), qui fait de Fès une véritable capitale, elle perd toute importance, les héritiers d'Idris II s'étant partagé le royaume. Un général au service des Fatimides de Kairouan envahit le Maroc (917-918) et dépose les derniers Idrisides, mais la domination fatimide ne s'impose pas dans ce pays, qui retourne à la sunna et n'est plus qu'un monde de républiques berbères divisées par la lutte entre Sanhadjas et Zenatas.
Pour en savoir plus, voir les articles Berbères, kharidjisme, sunna.
3. LES GRANDES DYNASTIES BERBÈRES6-1147
Les Sanhadjas du désert, devenus la confrérie des Almoravides, se lancent à la conquête du Maghreb, occupant d'abord les oasis (1053-1054) et le Sud marocain (1056-1059). Leur chef, Yusuf Ier ibn Tachfin, fondateur de Marrakech (1062), est le véritable créateur du Maroc : après avoir pris Fès (1069), Ceuta (1083) et poussé jusqu'à Alger, il est appelé à l'aide par les principautés musulmanes d'Andalousie (royaumes des taifas) menacées par lers progrès de la Reconquista et engage la guerre sainte en Espagne, dont il unit le sud au Maroc, créant l'Empire almoravide. Sous son fils, Ali ibn Yusuf (1106-1143), la civilisation andalouse s'étend au Maroc. Mais à partir de 1125, une révolte se développe chez les Masmudas de l'Atlas, dirigée par Muhammad ibn Tumart, fondateur de la doctrine almohade. Son disciple et successeur, Abd al-Mumin (1130-1163), qui se proclame calife, détruit la puissance des Almoravides (prise de Fès [1146] et de Marrakech [1147]), conquiert l'Ifriqiya et rallie l'Espagne. La domination des Almohades (1147-1269) s'affermit sous les règnes de Yusuf II (1163-1184), qui lègue à son fils Abu Yusuf Yaqub al-Mansur (1184-1199) un empire en paix, mais menacé par un double danger : chrétien au nord, almoravide et arabe à l'est ; le premier est écarté momentanément à Alarcos (1195), le second est le plus dangereux et nécessite la grande expédition de 1187 (victoire de Gafsa) et la déportation des Arabes les plus remuants. La civilisation almohade est marquée par le rigorisme de la doctrine religieuse et morale, ainsi que par le développement de la vie intellectuelle (→ Averroès). Le Maroc berbère atteint alors son apogée.
Pour en savoir plus, voir l'article Almohades.
4. LES MARINIDES
Le prestige des Almohades ne survit pas à la défaite, en Espagne, de Muhammad ibn Yaqub al-Nasir (1199-1213) à Las Navas de Tolosa (1212). Tandis que les querelles de succession favorisent l'intervention de Ferdinand III de Castille au Maroc, dont les cavaliers aideront Abd Allah al-Maymun à s'emparer de Marrakech (1230), les Banu Marin (Marinides), des Zénètes venus de l'est, conquièrent le nord du Maroc (1214-1244) ; Abu Yahya en achève l'occupation (1244-1250) et y constitue le royaume de Fès. Les Castillans s'emparent de Séville en 1248 et les Almohades sont éliminés au sud du Maroc de 1258 à 1269 (prise de Marrakech, 1269) par Abu Yusuf Yaqub ; qui devient sultan (1269-1286), mais lui et ses successeurs ne dominent que les plaines. Si la civilisation hispano-mauresque est encore vivante (fondation de Fès Djedid [Fas al-Djadid], 1276 ; présence d'Ibn Khaldun au vizirat), les Marinides s'usent dans de vaines expéditions en Espagne, où ils se posent en combattants de la foi ; ils s'épuisent aussi dans la lutte contre les Abdalwadides de Tlemcen, et dans les querelles de succession. De 1420 à 1465, ils survivent sous la tutelle des Wattasides, dynastie également zénète qui s'impose en s'emparant de Fès et en les remplaçant en 1472.
5. LES DYNASTIES CHÉRIFIENNES
Les Portugais, qui veulent anéantir les corsaires musulmans menaçant leur route vers la Guinée, occupent de nombreux ports (Ceuta, 1415 ; Arzila et Tanger, 1471 ; Santa Cruz de Aguer (Agadir), 1505 ; Safi, 1508 ; Mazagan, 1514) ; jusque-là étape vers les mines d'or de Guinée, le Maroc atlantique devient le relais obligé sur la route du Cap vers l'océan Indien ; de leur côté, les Espagnols prennent Melilla (1497), puis le Peñón de Vélez de la Gomera. Contre les Européens, des marabouts se lèvent pour organiser la guerre sainte. Elle profite à une dynastie chérifienne, les Sadiens, qui enlèvent le Sud aux Wattasides (1523) avant de les éliminer définitivement (1554). Le chérif Muhammad al-Chaykh occupe Santa Cruz de Aguer (1541) ; les Portugais évacuent leurs positions pour ne garder que Tanger, Ceuta et Mazagan. Les Turcs, maîtres d'Alger, apparaissent alors plus dangereux que les chrétiens, et Muhammad al-Chaykh s'allie aux Espagnols ; mais ceux-ci abandonnent en fait leurs positions commerciales du Maroc quand Cadix s'oriente, à partir de 1550, vers le commerce d'Amérique. Cependant, les Ottomans, après avoir fait assassiner Muhammad al-Chaykh (1557), finissent par renoncer à la conquête du Maroc. La victoire d'Alcaçar-Quivir (1578), où périt Sébastien, roi de Portugal, vaut un grand prestige au Maroc ; le Sadien al-Mansur (1578-1603) fait occuper le Touat et le Gourara (1581), envoie une armée conquérir la boucle du Niger sur les Songhaïs (1591)pour mieux tenir la route de l'or, du sel et des esclaves dont la traite s'intensifie fortement.
Pour en savoir plus, voir les articles Empire songhaï, esclavage, traite.
À la mort d'Ahmad al-Mansur, le pays se morcelle, et la piraterie de Salé, aux mains des morisques chassés d'Espagne, prend une grande extension. Une nouvelle dynastie chérifienne, les Alawites, partie du Tafilalet, conquiert le Maroc des plaines au xviie s. Mulay Ismail (1672-1727), qui s'est créé une armée de Noirs (les Abid al-Boukhari), récupère Tanger (1684) et Larache (1689) sur les chrétiens, mais ne peut soumettre totalement les montagnards. Le xviiie s. est marqué par de longues querelles successorales, en particulier pendant le règne de Mulay Abd Allah (1729-1757), et par la reprise de Mazagan (1769).
6. L'OUVERTURE DU MAROC AUX EUROPÉENS
À la fin du xviiie s. et au début du xixe s., le sultan n'est plus contesté, mais l'armée est plus faible. Si la paix extérieure se maintient et si le Maroc n'est pas annexé à cette époque, c'est que les convoitises des puissances s'annulent. Dès le règne de Muhammad ibn Abd Allah (1757-1790), des traités de commerce sont signés avec les puissances européennes, et Mogador est fondée pour concentrer le commerce du Maroc avec l'Europe (1765). Derrière l'Angleterre, qui domine le commerce marocain (traités de 1760 et 1765) et préfère un État faible au sud de Gibraltar, les autres nations européennes se font accorder des privilèges : ouverture de huit ports, juridiction consulaire très étendue, protection accordée ou vendue à des Marocains, exemptions d'impôts, droits de douane favorables. Si Mulay Yazid (1790-1792) meurt dans une révolte du Sud provoquée par ses exactions, et si Mulay Sulayman (1792-1822) se heurte à des révoltes berbères dans le Moyen Atlas, leurs successeurs, Mulay Abd al-Rahman (1822-1859) et Muhammad ibn Abd al-Rahman (1859-1873), sont engagés dans des guerres contre la France (qui exige l'expulsion du Maroc de l'insurgé Abd el-Kader, et inglige la lourde défaite de l'Isly, 1844) et contre l'Espagne (1859-1860), révélant la faiblesse de l'armée. L'indemnité très lourde payée à l'Espagne à partir de 1860 pour obtenir la restitution de Tétouan (1862) aggrave la crise économique, liée aux privilèges des Européens. Mulay Hasan (1873-1894) obtient le ralliement du Haut Atlas en favorisant la domination des grands chefs tribaux, comme Si Madani al-Glawi (à la tête de l'une de ces familles de caïds, les Glaoui), à qui il donne l'investiture. Son fils, Mulay Abd al-Aziz ibn al-Hasan (1900-1908), est impopulaire parce qu'il s'entoure d'Européens ; la révolte de Bu Hmara, prétendant au trône, est la première d'une longue série de mouvements antieuropéens.
7. LA COLONISATION FRANÇAISE
Ayant déjà conclu avec le Maroc un traité sur la protection et la juridiction consulaires (1767) précisé par la convention de Tanger (1863), la France, qui avait dû accepter que de très nombreuses puissances bénéficient comme elle et l'Angleterre du traitement de la nation la plus favorisée (convention de Madrid, 1880), veut étendre sa domination sur le Maroc ; elle se fait d'abord concéder le droit de police dans les confins algéro-marocains (1901-1902). Elle désintéresse l'Italie (1900), la Grande-Bretagne (1904), fait entrevoir un partage à l'Espagne (1904), mais se heurte à l'opposition de l'Allemagne (Guillaume II à Tanger, 1905), qui soutient le sultan. La conférence d'Algésiras (1906) met pratiquement le Maroc sous contrôle international. Pendant que Lyautey occupe Oujda (1907), puis le massif des Beni Snassen (décembre 1907-janvier 1908) dans le Maroc oriental, une division française occupe la région de Casablanca (1907). Mulay Hafiz (1908-1912) renverse son frère (1908), mais doit faire appel aux troupes françaises pour le dégager dans Fès assiégée par les tribus du Nord (1911). Après l'incident d'Agadir (1911), terminé par l'accord franco-allemand (4 novembre 1911), la France a les mains libres : elle assignera une zone nord (Rif) et une zone sud (Ifni, Tarfaya) à l'Espagne (27 novembre 1912), après avoir imposé à Mulay Hafiz un traité de protectorat (convention de Fès, 30 mars 1912). Le statut de Tanger, sous contrôle international, sera réglé en 1923 par la convention de Paris.
Pour en savoir plus, voir l'article colonisation.
Ayant occupé Taza (mai) et Khénifra (juin 1914), le résident général, Lyautey, réussit à tenir l'intérieur du Maroc. L'occupation européenne se heurte à une violente opposition dans le Rif, où Abd el-Krim inflige un désastre à l'armée espagnole (Anoual, 1921) et ne succombe qu'en 1926 devant la coalition franco-espagnole (→ campagnes du Rif) : les Berbères du Haut Atlas résistent jusqu'en 1933-1934 aux forces françaises. Malgré Lyautey, premier résident général (1912-1925), le régime de protectorat cède la place à l'administration directe. Le sultan n'a plus que des pouvoirs religieux, et son choix est le fait de Paris : Mulay Hafiz, contraint d'abdiquer (12 août 1912) a été remplacé par son demi-frère Mulay Yusuf (1912-1927). La colonisation officielle ou privée attribue aux Européens un million d'hectares (1/15 des terres utilisables). Un sentiment nationaliste se développe contre la minorité étrangère, sentiment que viennent étayer le salafisme (courant islamique réformiste né dans le dernier tiers du xixe s., et actif particulièrement en Égypte) et le panarabisme. La petite bourgeoisie, atteinte par la crise de 1929 qui aggrave le déséquilibre d'une économie sans protection douanière depuis la conférence d'Algésiras, anime cette opposition nationaliste ; un parti communiste apparaît, un Comité d'action marocaine se forme (1934) pour demander l'application du traité de protectorat, qui garantit la souveraineté du Maroc ; il se coupe en deux tendances (1937) qui formeront l'Istiqlal, avec Allal al-Fasi (1944), et le parti démocratique de l'Indépendance, avec al-Wazzani (1946) ; de plus, les promesses d'autonomie faites par Franco au Maroc espagnol, où a pris naissance la guerre d'Espagne (juillet 1936), renforcent l'opposition dans la zone française. La répression s'abat sur les chefs, mais la défaite de 1940 affaiblit encore la position française : l'Espagne en profite pour occuper Tanger (1940-1945), les partis marocains pour réclamer l'indépendance.
Pour en savoir plus, voir les articles guerre d'Espagne, Salafiyya.
8. VERS L'INDÉPENDANCE
Le sultan Muhammad V (1927-1961) rencontre F. D. Roosevelt à Anfa (juin 1943) et, en 1944, refuse, pour la première fois, de ratifier les décisions du résident. Comme il réclame l'indépendance (discours de Tanger, avril 1947), le gouvernement français nomme des résidents réputés pour leur énergie, les généraux Juin (1947-1951) et Guillaume (1951-1954). En 1951, Muhammad V doit céder à un coup de force des autorités françaises, qui s'appuient sur le sultan de Marrakech, al-Hadjdj Thami al-Glawi, dit le Glaoui (successeur de son frère Si Madani), et accepte de se séparer de ses collaborateurs de l'Istiqlal.
Le 20 août 1953, les autorités françaises déposent le sultan, qui est remplacé par Muhammad Ibn Arafa. Des massacres, des attentats ensanglantent la ville, le Rif se soulève. Le gouvernement français doit autoriser la restauration de Muhammad V en août 1955.
Le sultan obtient que la France (2 mars 1956), puis l'Espagne (7 avril 1956) reconnaissent l'indépendance de son pays et fait abolir le statut international de Tanger (29 octobre 1956). Le Maroc, érigé en royaume (août 1957), réclame l'ouverture de négociations sur la frontière avec l'Algérie, puis il revendique la Mauritanie (1958). L'Espagne, qui cède la zone de Tarfaya (avril 1958), refuse d'abandonner les Presides, de Ceuta et Mellila, Ifni et la zone saharienne. À l'intérieur, l'Istiqlal, parti majoritaire, se coupe en deux (1958) ; un groupe de gauche, l'Union nationale des forces populaires (UNFP), issu de ce démembrement, estime excessive la part prise par le roi dans le gouvernement ; mais, jusqu'à sa mort (février 1961), Muhammad V gardera un prestige intact.
Pour en savoir plus, voir l'article Maroc : vie politique depuis 1961.
La culture du Maroc, pays du Maghreb, désigne d'abord les pratiques culturelles observables de ses 35 986 655 d'habitants. La culture marocaine présente différents aspects, qui sont développés ci-dessous:
Dans le Sud, vous rencontrerez au milieu des palmeraies ces superbes bâtisses fortifiées en pisé. Autrefois résidence du seigneur, la kasbah joua un rôle fondamental pendant des siècles. Elle servait à la fois d'abri pour les récoltes et de refuge aux oasiens face aux pillards du désert.
Comme toutes les maisons traditionnelles du Sud marocain, les kasbah sont bâties en pisé, mais sur des fondations en pierre.
Les kasbah comprennent 3 niveaux :
le rez-de-chaussée est consacré aux animaux, avec une étable et une pièce pour les activités agricoles ;
le 1er étage est l'espace central, réservé aux femmes, avec sa cuisine à ciel ouvert ;
le 2e étage est constitué du salon de réception, où se retrouvent les hommes. Lensemble est coiffé d'une terrasse.
Certaines de ces kasbah, inscrites au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco à la fin des années 1980, font l'objet d'un programme de conservation.
Plusieurs kasbah forment un ksar (au pluriel ksour), c’est-à-dire un village fortifié aux ruelles couvertes.
Ne pas confondre : dans les médinas très touristiques des villes impériales comme Marrakech ou Fès, on utilise le terme « riad », par abus de langage, pour désigner les maisons traditionnelles construites autour de cours intérieures. Or, le terme riad signifie « jardin clos » : il est toujours de plain-pied. Tandis que dar veut dire « maison » et compte jusqu’à 2 étages, un salon de réception au rez-de-chaussée et une terrasse. La plupart des cours intérieures étaient plantées de 4 parterres ou de 4 arbres entourant une fontaine, sur le modèle du jardin arabe.
La vie familiale s’organise autour de ces cours intérieures, les différentes pièces ne communiquant pas nécessairement entre elles. Il faut souvent repasser par l’espace central sur lequel donnent les fenêtres, alors que les murs donnant sur la rue ne disposent souvent d’aucune ouverture. Rien ne permet donc, depuis la rue, de deviner la splendeur de ces riads, cachés derrière leurs murs aveugles.
Selon la richesse de son propriétaire, la grandeur et le nombre des pièces d’une maison varient, mais c’est surtout la décoration intérieure qui fera la différence.
C'est l'habitat utilisé par les nomades en transhumance avec leurs troupeaux.
La tente (khaïma) de couleur marron est tissée en laine de mouton ou en poil de chèvre. On retrouve l'espace réservé aux femmes et aux enfants, et un autre espace de réception, que les hommes utilisent pour dormir. Le sol est recouvert de nattes, de tapis et de coussins.
À la différence de beaucoup de pays où la musique traditionnelle a été reléguée au rang d’attraction folklorique, au Maroc elle reste très présente (notamment à la radio). Des plus variée, en constante évolution, elle est, depuis ses origines, chantée en darija, l’arabe de la rue et des campagnes.
Les Marocains ont développé une forme musicale qui leur est propre : le melhoun, à l’origine (XIIe siècle) purement vocale, qui s’est ensuite discrètement accompagnée d’oûd ou de guembri (versions arabe et africaine du luth) ou de violon avant de laisser une large place aux percussions. Ces poèmes chantés évoquent, depuis le début du genre, la vie quotidienne dans les médinas, l’amour, la politique...
Dérivé du melhoun, le châabi est la musique populaire par excellence que le Maroc partage avec l’Algérie, la Tunisie ou l’Égypte. Musique de fête et de danse aux textes légers, le châabi séduit même les jeunes générations avec des artistes qui mêlent pop ou électro aux instruments traditionnels : bendir, derbouka, oûd... Et le châabi marocain a révélé de nombreuses chanteuses.
En revanche, on entend aujourd’hui beaucoup moins de raï, autre dérivé du melhoun, sérieusement dépoussiéré par une nouvelle génération (les cheb) dans les années 1980.
Impossible ici de ne pas évoquer la musique des Gnaoua descendants d’esclaves, aux rythmes entêtants qui appellent la transe. La musique berbère (ou amazighe) est, elle aussi, indissociable de la danse et a gardé, dans son isolement pastoral, toute son authenticité. Les chants et danses des paysans, inspirés par la beauté des paysages marocains, sont de magnifiques spectacles. Ils changent de caractère selon les régions et les tribus, mais ont très souvent une fonction religieuse, puisque le nom de Dieu est invoqué... La plus connue des musiques traditionnelles berbères est la très rythmée dakka marriakcha. Dans un autre registre, Yuba est un chanteur qui fait connaître la culture amazighe, en chantant l’amour, mais aussi les problèmes actuels de la société marocaine.
Vous devriez également, au hasard d’une rue, entendre de la musique de cortège, qui fait la part belle à une sorte de hautbois très criard, le ghaïta (qui rappelle la bombarde bretonne), et au tambour tabala. Lors d’événements importants, on utilise aussi une longue trompette droite, le nafir.
Le Maroc est très ouvert aux grands chanteurs égyptiens ou proche-orientaux, tels Oum Kalthoum, Faïruz ou Mohammed Abdel Wahab.
Connue sous le nom de musique arabo-andalouse, c'est une musique de cour jouée et chantée généralement dans les grandes villes du Nord. Elle était surtout un divertissement pour les hommes de lettres et les savants, les textes étant toujours d'une grande qualité.
Classique également est la musique d'inspiration sacrée qui relève du soufisme. Le soufisme a développé l'art du chant sacré (pour voix d'hommes).
Certes, dans les années 1970, les grands groupes anglais se sont entichés du pays, et les Casablancais des Variations se sont fait une petite réputation en France, mais le rock n’est jamais devenu populaire au Maroc.
Mais, dans cette même décennie 1970 est apparue une nouvelle scène musicale avec des groupes qui revisitaient la tradition marocaine. Comme Nass el-Ghiwane, formé à Casablanca et toujours actif. Le mouvement nayda (littéralement « ça se lève », « ça bouge »), comparable à la movida espagnole, a vu éclore au début des années 2000 des groupes qui fusionnent rock, reggae, rap, musiques traditionnelles (et paroles un brin caustiques) comme Hoba Hoba Spirit ou Haoussa.
Enfin, le rap, expression culturelle des quartiers pauvres, s’est largement implanté au Maroc, où il connaît aujourd’hui son âge d’or.
Vous assisterez certainement à quelques danses folkloriques, le plus souvent collectives.
Dans le Haut Atlas, en pays chleuh, on peut observer l'ahouach, dansée par des femmes alors que les hommes donnent le rythme en frappant les bendir.
Les Gnaoua ont conservé leurs rythmes africains. On peut assister à leur démonstration à Essaouira ou à Marrakech, ainsi que dans certains petits villages aux alentours de Merzouga (Khamlia). Dommage, ces « spectacles » sont de plus en plus dénués d'authenticité.
Grâce à la diversité culturelle présente au Maroc (Arabe, berbère, Andalouse…), la gastronomie Marocaine est l’une des plus riches du monde. Elle est le reflet même de son histoire et des différentes populations qui ont vécu sur ses terres. Ainsi, en 2015, le Maroc est déclaré deuxième pays pour sa gastronomie par le site britannique Worldsim qui recueille les avis de voyageurs.
Il faut dire que la cuisine marocaine provient d’un savoir-faire ancestral et de produits locaux de grande qualité. Elle se caractérise par la bonne combinaison des épices, comme la cannelle ou le safran, la fleur d’oranger, le miel, la menthe, les olives agrémentent délicieusement salades et plats de viande.
D’origine berbère, le couscous aux sept légumes demeure l’un des meilleurs plats marocains. Il est généralement préparé le vendredi. Sa préparation requiert une certaine technicité puisque la semoule très chaude est manipulée à main nue et doit être mélangée plusieurs fois.
Le Tajine Marocain peut être accompagné de légumes ou de fruits secs. Les épices sont la clé à la réussite de ce délicieux plat. Pour les végétariens, il y a le tajine berbère qui ne contient aucune viande. Le Tajine peut être un plat de tous les jours vu qu’il est économique, comme il peut être pour des occasions plus spéciales. Ce qui est impressionnant dans ce plat c’est qu’il est au même très bon et très bien pour la santé.
Ce plat est sans doute l’incontournable des fêtes de mariages Marocaines. La recette classique est originaire de Fès, et elle est préparée avec des pigeons et les amandes, mais selon les préférences, on peut même utiliser le poulet. Pour les adeptes du sucré-salé, c’est un plat qui éveillera en vous mille et une sensations. Les feuilles de briks sont utilisées comme contenant et on les fourre avec une farce aux pigeons, amandes, cannelle et fleur d’oranger.
Pour ceux qui préfèrent le salé, il existe la version salé de ce plat aux fruits de mer notamment des Crevettes et Calamars.
Cette soupe traditionnelle est souvent préparée durant le mois de Ramadan pour la rupture du jeûne. Constituée de pois chiches, de lentilles, d’oignons, et de viande, elle est très riche et nutritive permettant ainsi de recharger les batteries après une longue journée de jeûne. La Harira est généralement accompagnée de dattes et petites pâtisseries Marocaines.
Seffa est un plat populaire et très apprécié au Maroc, surtout adorée par les enfants. Elle est à base de vermicelle et présentée sous forme de dôme ou de pyramide garnie d’amandes frites et concassées, de cannelle et de sucre glace.
C’est au XVIIe siècle, pendant le règne du Sultan Moulay Ismaïl, que le thé fait son entrée au Maroc. Le thé à la menthe est la boisson adorée des Marocains. C’est une boisson chaude réalisée à partir de feuilles de thé et de feuilles de menthe fraiches.
Le thé à la menthe est très souvent une affaire d’homme, généralement préparé par le chef de famille. Il est servit dans un plateau à pieds en argent ou en cuivre à n’importe quel moment dans la journée, C’est est un prélude à toute conversation !