⸻ Enfance ⸻
Fille naturelle de Juliette Valentin, Marie-Louise Debierre grandit dans un milieu modeste, élevée par sa grand-mère Émilie Marie Valentin, puis par sa tante Marcelle Charlotte Valentin.
Elle commence à travailler dès l’âge de 14 ans dans un atelier de haute teinturerie, la célèbre Maison Pouyanne. Elle commence par le nettoyage et le dégraissage des seaux, puis prépare les pattemouilles et les fers à repasser Godin en fonte. Étant méticuleuse, elle a vite monté les échelons et, à 18 ans, on lui confie l'apprêt et le repassage des soieries et des dentelles.
⸻ Vie privée ⸻
Elle épouse Alexandre François Philippe Pradat en 1928 dont elle aura une fille unique, Denise, née en 1929.
Ils se séparent en 1934, le divorce est rendu par jugement en 1938 et transcrit à l'état civil après la guerre en 1946.
⸻ Vie professionnelle ⸻
Son gout pour l'art lyrique la pousse à s'inscrire au conservatoire de la mairie du 14ème arrondissement.
Elle y a pour professeur de chant Eugène Marcel Picheran, ancien chef des chœurs de l'Opéra Comique, salle Favart.
Marie Louise passe une audition de sa propre initiative et entre d'abord dans les chœurs de l'Opéra de Paris le 31 janvier 1941 ( le jour de son anniversaire ). Elle chanta six ans dans les chœurs.
Le mercredi 3 février 1943, Marie-Louise Debierre débute son premier rôle principal avec celui de la servante « Toinette » dans « Le Chemineau » à Villiers-sur-Marne. Le rôle du « Chemineau » est tenu par son professeur de chant Eugène Marcel Picheran .
Puis, elle commença à interpréter des petits rôles dans les villes de province (Calais, Orléans, Tourcoing, Nancy, ... ).
En 1946, elle quitte les chœurs de l'Opéra de Paris car elle est embauchée pour la saison à l'Opéra de Bordeaux pour les premiers rôles de mezzo.
En 1951, elle est enfin engagée pour les rôles principaux à l'Opéra de Paris par le directeur Georges Hirsch .
Marie Louise prend alors des cours de chant avec le professeur Georges Jouatte.
Après la guerre, le ténor d'Opéra Georges Jouatte s'était retiré de la scène et consacré à l'enseignement, développant ainsi sa réputation au Conservatoire de Paris, de 1949 à 1962. Ses principaux élèves sont Régine Crespin, Alain Fondary, Mady Mesplé et Roger Soyer.
Elle interprète des rôles importants dans de grandes villes et évolue progressivement vers les rôles solistes sur les grandes scènes françaises et internationales ( Lille, Lyon, Nice, Bordeaux, Toulouse, Marseille, ... , Paris, Alger, Barcelone ).
Après 1960, elle met fin à sa carrière artistique et se reconvertit dans l'emploi d'infirmière et d'aide à la personne.
Marie-Louise Debierre figure dans la liste des CANTATRICES DE L’OPÉRA-COMIQUE et dans
l'Encyclopédie des CANTATRICES DE L’OPÉRA GARNIER DE PARIS ( recopie ci-dessous ) :
DEBIERRE Marie-Louise. — Mezzo-soprano (6 rue Lalande, Paris 14e, 31 janvier 1910 – Gaillon, Eure, 15 octobre 1988).
Fille d’Henri Victor DEBIERRE (Paris 14e, 22 mai 1890 – Paris 14e, 11 juillet 1968) et de Juliette VALENTIN (Paris 14e, 21 décembre 1891 – Paris 13e, 15 décembre 1972).
Epouse à Paris 14e le 07 juillet 1928 (divorce le 21 juillet 1938) Alexandre François Philippe PRADAT (Paris 11e, 23 octobre 1906 – Paris 12e, 20 décembre 1975), tapissier.
Débute dans PÉNÉLOPE (une Servante) le 02 juin 1945.
De 1947 à 1949, est affichée dans THAÏS (Albine), RIGOLETTO (Johanna), FAUST (Dame Marthe),
LA WALKYRIE (Schwertleite, puis Rossweisse) et ROMÉO ET JULIETTE (Gertrude).
Marie-Louise Debierre figure également dans les ouvrages suivants :
André Cluytens: itinéraire d'un chef d'orchestre - Erik Baeck · 2009 - Page 367
Opera Annual - Issue 5 - 1958 - Page 192
Louise: roman musical en quatre actes et cinq tableaux - Gustave Charpentier, Gérard Condé · 2000 - Page 98
Le Guide du concert et du disque - Volume 39 - 1959 - Page 1047