les enseignes de Pèlerinages
Théoriquement, tout ce que les pèlerins ramassaient au cours de leur voyage ou à destination pouvait être qualifié de souvenir de pèlerin. C'est d'ailleurs ce que firent nombre des premiers pèlerins, trouvant eux-mêmes leurs souvenirs. Cependant, nombreux sont ceux qui, en quête de ce qui est sacré, ne se contentaient pas de rapporter des pierres ou de la terre d'un site particulier. Ils démolissaient des parties des sanctuaires , s'emparaient de petites statues et de tout ce qui n'était pas soigneusement surveillé. Afin d'empêcher le démantèlement partiel des sanctuaires par des pèlerins trop zélés, les églises commandaient des artisans pour fabriquer des souvenirs de pèlerinage sous forme d'insignes en étain et d' ampoules en étain. Ces souvenirs de pèlerinage existent depuis les premiers temps du christianisme. En Europe occidentale, les souvenirs produits et vendus à proximité des sanctuaires, de la fin du XIe au XVIe siècle, sont devenus des symboles visibles du pèlerin et d'un pèlerinage accompli. Les pèlerins portaient les ampoules au cou et épinglaient ou cousaient des insignes à leurs chapeaux à larges bords ou à leurs capes de voyage.
Le plus ancien et le plus célèbre insigne de pèlerin était la coquille Saint-Jacques, associée au sanctuaire de Saint-Jacques -de-Compostelle , en Galice, en Espagne. Les pèlerins allaient chercher les coquillages eux-mêmes au bord de la mer ou les achetaient sur des stands près de l'église. Très vite, les artisans de ces stands commencèrent à produire des souvenirs en étain et en jais en forme de coquille Saint-Jacques.
Insigne de pèlerin de Compostelle représentant saint Jacques.
© Museum of London, 85.79/3.