Le dernier jour sur Terre avant l’arrivée des ambroliens
Il ne restait presque rien de la Provence que Léna avait connue. La chaleur ne se contentait plus de brûler la peau, elle s’infiltrait dans les murs, faisait vibrer les vitres, rongeait l’air comme un acide invisible. Depuis l’apparition du deuxième soleil, le monde semblait fondre lentement, centimètre après centimètre.
La maison de Léna était devenue un refuge, une forteresse… à moins qu’elle ne se soit transformée en prison.
Dans le silence écrasant de l’après-midi, Léna vérifia, une dernière fois, les pièges qu’elle avait posés : des fils tendus entre deux meubles, des objets bruyants empilés devant les portes, des planches munies de clous sous les fenêtres les plus accessibles. Elle avait tout bricolé avec ses mains tremblantes, au fil des jours où la panique dévorait les gens comme une fièvre.
Les émeutes avaient éclaté partout, jusque dans son petit village pourtant si calme autrefois. Il suffisait d’une rumeur qu’une maison était encore intacte ou qu’un puit était encore à moitié plein ou bien qu’un sac à provision avait été aperçu quelque part et les vautours arrivaient.
Elle avait entendu les intrus avant de les voir ; leurs voix, leurs pas, leur impatience affamée. Les pièges avaient tous fonctionné. Ils étaient repartis ; peut-être parce qu’ils avaient eu peur… ou parce qu’il restait quelque chose de plus facile à prendre ailleurs. Léna n’en savait rien. Ce qu’elle savait, en revanche, c’est qu’elle n’avait plus rien à offrir, ni aux autres, ni à elle-même.
Elle se laissa glisser contre le mur, assise sur le carrelage brûlant qui avait autrefois gardé la fraîcheur des soirées provençales. Elle respirait difficilement, comme si chaque bouffée d’air n’était qu’un fragment de chaleur qu’elle devait avaler de force.
Une fissure dans le plafond dessinait une ligne fragile au-dessus d’elle. La maison craquait comme un vieil animal blessé. Et puis un jour, dans quelques semaines à peine, elle éclaterait comme un pop-corn.
- Maman, souffla-t-elle.
Le mot lui parut trop grand dans sa petite pièce étouffée. Elle n’avait que de vagues souvenirs qui ressemblaient davantage au son d’un rire ou d’une mélodie qu’à celui d’un visage.
Le manque de contact l’avait accompagné silencieusement durant toute sa courte vie.
- Si tu peux m’entendre… Sa voix se brisa. Je crois que j’arrive au bout.
Elle posa la paume de sa main sur le carrelage. Il était chaud comme une peau fiévreuse, comme après une grippe.
- J’ai tenu le plus longtemps possible. J’ai essayé de survivre. Serais-tu fière de moi ? J’en sais rien… mais, j’ai fait ce que j’ai pu.
Elle leva les yeux vers la fenêtre couverte de poussière. Dehors, les deux soleils écrasaient tout, superposant leurs halots blancs comme si quelqu’un avait doublé la lumière par erreur. La Terre, vue d’ici, paraissait immense. Et pourtant, Léna le sentait au fond d’elle :
- Ce monde n’est jamais qu’un grain de sable perdu dans l’infini. Un petit grain qui n’attend qu’un souffle pour disparaître.
Elle inspira profondément. La chaleur devint douce, presque enveloppante.
- Maman… si tu peux, viens me chercher.
Ses paupières se fermèrent. La maison craqua encore, comme si elle retenait son souffle en même temps qu’elle.
Et juste au moment où Léna se résignait à s’éteindre dans la chaleur et le silence… le monde changea. Une vibration, un souffle venu d’en haut, un éclat blanc qui n’avait rien des deux soleils meurtriers. Un immense vaisseau venait de passer dans le ciel. Quelque chose ou quelqu’un venait observer cette lente agonie de l’humanité…
Dossier spécial : à quel immortel ressembles-tu le plus.
Des personnalités qui défient les siècles
Les filles :
Alice – 15 ans, l’innocence armée
De taille minuscule mais d’une force intérieure monumentale, Alice à ce regard rêveur des littéraires qui savent trouver de la poésie même dans la fuite contre une confrérie meurtrière.
Propulsée de la région parisienne à un village du sud, elle découvre que son seul parent est un grand-père châtelain. Devenue immortelle, elle se découvre un don de guérison et possède la foudre au bout des doigts. Alice incarne la douceur dangereuse.
Son monde est fait de son journal intime, d’escapades dans les arbres et de David, son âme sœur géante, au sens littéral, comme au figuré.
Gwen – 20 ans, l’ancre et la lumière
Française expatriée en Erasmus, Gwen pensait découvrir la Guinness et les falaises irlandaises. Elle y a trouvé un immortel de 832 ans : William. Désignée comme étant la plus belle de toutes les immortelles, elle est dotée d’un lien naturel avec les animaux et son esprit est protégé d’un bouclier impénétrable. Elle porte en elle une force discrète mais indestructible. Elle voit clair, elle protège, elle lit dans tous les esprits, ce qui rend parfois la vie autour d’elle un peu compliquée. Gwen a la sagesse de ceux qui comprennent ce que c’est que vivre avec un destin.
Lou-May – 15 ans, l’éclair dans une bombe
Enfant prodige de deux légendes, Lou-May est une équation vivante.
HPI, fulgurante dans tout : pensée, vitesse, insolence, colère, amour. Elle est jeune mais déjà sculptée par les ombres ; le monde lui arrive trop vite, trop fort. Sa vision nocturne, digne d’un félin, son intelligence stratégique et son audace font d’elle une arme… mais aussi une âme fragile, sujette à la dépression. Son équilibre ? Laurent, son âme sœur, qui sait l’apaiser autant qu’il sait combattre à ses côtés.
Les garçons :
David – 18 ans, futur chef, de force et de légende
Immenses, rigoureux, sportif et doté d’une discipline quasi militaire, David incarne l’âme du leader.
Là où Alice rêve, David construit. Là où elle doute, il calcule, prévoit, sécurise. Grand adepte d’accrobranches, de sports extrêmes et de sport de combat, David mène sa troupe disparate composée de toutes les origines et de toutes les cultures. Un chef né avec juste ce qu’il faut de sensibilité pour être digne d’Alice. Il dirige le Clan du Refuge, en Islande.
William – L’étoile d’Irlande âgé de 832 ans d’élégance et de danger
Un visage de marbre, une puissance absolue, une vitesse monstrueuse, un passé au Japon rempli de silence, d’arts martiaux et de maîtrise. William est le chef absolu même s’il dirige le Clan des Irlandais. Il est respecté, redouté et selon certains témoignages, intimidant même quand il ne fait absolument rien. Invincible, sauf sur un point : Gwen. Elle est sa faille, son ancre, son humanité… et probablement la seule personne à pouvoir lui dire « tu exagères » sans déclencher une apocalypse.
Laurent – 18 ans, le stratège calme
Fils d’Alice et de David, Laurent a hérité du meilleur des deux mondes : la douceur d’Alice, la discipline de David. Déjà formidable combattant, brillant calculateur, âme sœur de Lou-May, il forme avec elle un duo terriblement efficace. Là où elle fonce en un éclair, lui trace la trajectoire. Il n’a pas besoin d’être spectaculaire, même s’il affectionne tout particulièrement les bombes. Sa simple présence pose les fondations de la victoire. Il est le chef du Clan du Pays de Galles.
En conclusion :
Trois clans, trois couples qui sont alliés envers et contre tout. À eux six, ils sont capables de soutenir une guerre ou de provoquer une révolution.
Car vivre au milieu des immortels a un prix : survivre ou mourir !
Les ombres de la rue des Immeubles industriels
Je me suis souvent demandé si les murs de cette rue avaient une mémoire. Je sais que l’endroit est historique pour de nombreuses raisons dont l’origine même de sa construction qui consistait à créer des ateliers au rez-de-chaussée et à l’entresol et des logements pour les ouvriers juste au-dessus. Je sais aussi que des rafles ont été effectuées, ici même, durant la deuxième guerre mondiale. Si les murs pouvaient parler, que nous raconteraient-ils de ces histoires et des vies qui se sont écoulées en leur sein ?
Situé dans le cœur battant du 11ème arrondissement de Paris, la rue des Immeubles industriels porte bien son nom. Les façades imposantes, les escaliers qui grincent comme des secrets mal gardés, et des vies qui se croisent sans se voir vraiment.
C’est ici que trois destins se frôlent, avant de s’éparpiller comme des feuilles au vent. Une scène cachée, un lien invisible entre Charlie, Marnie et Lorraine, trois héroïnes qui, sans le savoir, partagent plus qu’une adresse commune.
Le palier des salutations :
Charlie descendait les marches deux à deux, son sac à dos rempli de ses livres de cours et de son classeur secret, celui qui comporte ses esquisses pour les accessoires pour chiens qu’elle crée entre deux heures de cours. Les lycéens ne sont pas tendres avec elle et elle en a gros sur le cœur. Mais, c’est une battante et elle y va quand même. Peut-être qu’aujourd’hui sera un autre jour ?
Mais pourtant elle s’attend déjà à se retrouver face à ses harceleurs qui l’empêchent de longer les murs et se moquent de son poids et de sa taille de vêtements. Leurs regards la piquent et l’assassinent. Mais, elle fait comme si ce n’était pas important et conserve un sourire de façade.
Mais ce matin-là, comme souvent, elle croise sa voisine, Marjorie, celle qui se fait appeler Marnie par tous les gens du quartier. C’est sa voisine de palier. Cette jeune femme est très belle et toujours élégante, malgré ses yeux cernés. Elle tient son appareil photo en bandoulière.
- Bonjour Charlie. Belle journée, non ? dit Manie avec un sourire forcé.
Elle ajuste son foulard comme pour cacher une ombre sur son cou. Charlie fronce les yeux puis se ressaisit aussitôt :
- Salut, Marnie. Ouais, si on aime la pluie, répond-elle en riant doucement.
Elles échangent ce genre de banalités depuis toujours. C’est un rituel qui permet de rendre le vieil immeuble un peu moins froid. Charlie se demande parfois ce que cache cette femme dont elle envie tellement la beauté. Pourtant, ses gestes semblent nerveux et son regard est hanté. Mais Charlie a appris à se comporter en jeune fille ronde discrète et n’ose pas aborder le sujet avec sa voisine qu’elle côtoie pourtant depuis qu’elle est toute petite. Elle lui parlera peut-être un jour, mais pas aujourd’hui.
Là Charlie va bientôt rencontrer Raphaël et cette tornade de bonheur envahira tellement son cœur que sa vie va s’en trouver changée. Elle passera bientôt plus de nuits chez Raphaël que chez son père, Gautier, son pilier, celui qui joue tous les rôles pour elle, un père, une mère, puisque la sienne est morte en la mettant au monde et aussi son meilleur ami.
La chambre empruntée :
Une nuit pluvieuse, comme il y en a souvent à Paris, alors que Charlie dort chez Raphaël, Gauthier rentre tard d’un diner qui a eu lieu chez les parents de ce dernier. Sous le porche de l’immeuble dont il s’apprête à ouvrir la lourde porte, il distingue une forme recroquevillée. Il fait froid et c’est une Lorraine pétrifiée et transie qu’il découvre. Elle est si frêle, ses yeux sont hantés par l’expérience des histoires de rues impitoyables.
- Vous ne pouvez pas rester là, murmure Gauthier.
Il lui tend la main.
- Venez, je vous offre un café chaud.
Lorraine hésite, mais la gentillesse dans la voix et les yeux de Gauthier la font céder. Il lui propose de l’héberger dans la chambre vide de Charlie. Là, même si la pièce est jonchée de cartons de déménagements, il y a un lit et des draps propres et frais. C’est un luxe qu’elle n’a pas connu depuis longtemps.
Gauthier prépare des repas simples, des soupes qui vous réchauffent l’âme, des pâtes et des œufs.
- Ce n’est pas grand-chose, dit-il. Mais, c’est mieux que la rue. En attendant de démarrer votre nouveau travail, celui dont vous m’avez parlé et où vous serez hébergée, reprenez des forces. Vous en aurez bien besoin.
Quand Charlie revient chez son père entre deux cours avec Raphaël, elle trouve un long cheveu blond sur son oreiller, une tasse oubliée sur la table.
- Papa, demande-t-elle, qui a dormi ici ?
- Une âme perdue, comme on en croise trop souvent, répond-il. Je l’ai aidée à prendre son train pour La Houssaye en Brie. Je lui ai donné un peu d’argent pour son nouveau départ.
Charlie hoche la tête, touchée. Elle imagine la femme, cette Lorraine, qui emporte un peu de leur chaleur avec elle. Mais ce que Charlie ne sait pas, c’est que Lorraine est destinée à rejoindre une fête foraine, un amour inattendu avec un certain Manuel et que son chemin sera semé d’embuches meurtrières.
L’expo de rue :
Juste avant sa fuite, Marnie arpente les rues avec son appareil photo. Elle capture la vie quotidienne des gens du quartier. Elle organise une exposition photo qu’elle compte nommer : « portraits de l’invisible ». Ce sont des instantanés des gens de la rue des Immeubles Industriels, chargée d’histoires cachées, comme la sienne.
Ce jour-là, elle aperçoit Gauthier qui aide Lorraine à porter son sac jusqu’à la gare. La jeune femme, encore marquée par la rue, serre un billet de train, comme un talisman. Gauthier avec son regard doux glisse dans le sac à dos un sandwich et quelques billets.
Marnie appuie sur le déclencheur. Clic ! Une photo en noir et blanc verra le jour. Elle l’appellera l’homme et la femme sous la pluie – un geste de compassion. Cette image restera gravée pour l’éternité sur la toile et dans son âme.
- Ça sera une pièce majeure de mon expo, murmure-t-elle.
Mais le soir même, les bruits recommencent, Marnie respire avec difficulté dans la salle de bain où elle s’est réfugiée. Voilà ! Elle sait qu’elle ne peut plus reculer. Elle doit fuir, loin et vite. Demain, elle ira voir Louis, son ami cafetier et ce groupe de réfugiés Togolais, qui l’ont prise sous leur aile. Elle a fait son choix : au lieu de mourir, elle va partir, à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande. Là-bas, elle rencontrera Eden et l’amour la guérira peut-être.
Mais avant, elle emporte ces photos, y compris celle de Gauthier et Lorraine. C’est un rappel que même dans la fuite, la mémoire persiste.
D’ici quelques jours, Gauthier Charlie et Raphaël, eux aussi, s’envoleront pour le Québec. Ils emporteront avec eux les secrets de familles qui les poursuivront pour un thriller romantique.
Lorraine, de son côté est arrivé à La Houssaye en Brie. Il lui faudra attendre trois longues années avant que la fête foraine lui offre un destin hors du commun en compagnie de Manuel, prêt à tout pour lutter contre le danger qui rôde autour d’elle.
Et l’immeuble me direz-vous ?
Il restera là, immuable, silencieux témoin de ces vies entrelacées.
Il est possible qu’un jour prochain, une nouvelle histoire naisse de ses murs.
Qui sait ?
Charlie - Le jardin d'Eden - Pomme d'Amour
Les ombres de la rue des Immeubles industriels
Les bleus cachés
Dans les couloirs sombres de la rue des Immeubles Industriels, les secrets ne restent pas bien longtemps cachés.
Après son coup-de-foudre avec Raphaël et avant leur grand départ pour le Québec, Charlie se rappelle souvent de ses doutes au sujet de sa si discrète voisine, Marnie. Cette jeune femme, elle la connait depuis toujours. Son père ne lui parle jamais d’elle. Mais, il lui a dit, une fois, qu’elle a vécu un drame qu’il lui appartient de raconter ou de conserver pour elle, bien caché. Alors, Charlie n’a jamais insisté pour en savoir plus. Elle-même n’aimerait pas qu’on lui vole ce qu’elle garde pour elle, au plus profond de son cœur.
Mais là, les bleus qu’elle a remarqués sur les bras de Marnie, son regard fuyant quand elle s’est rendue compte que Charlie observait son cou, mal protégé, tous ces indices de sévices hantent Charlie.
Un soir, autour d’un diner improvisé chez son père, elle se décide enfin à en parler avec lui. Raphaël aussi est présent et ça lui donne la force de raconter ce qu’elle a vu.
- Papa, Raphaël, vous vous souvenez de Marnie, la voisine de palier ? Elle a toujours des marques… des bleus, comme si quelqu’un la…
Charlie hésite, sa voix se fait tremblante.
- Je crois qu’elle a été frappée. Et maintenant, depuis quelques jours, elle a disparu. On ne l’a pas vue ici depuis presque une semaine.
Gauthier pose sa fourchette, son visage buriné par les années se durcissant.
- Des bleus ? Pourquoi tu n’as rien dit plus tôt, ma fille ?
- Je ne savais pas… c’était juste à un moment où on s’est croisé sur le palier en échangeant deux ou trois mots. Mais, avec ce que je vivais au lycée et tous ces gens qui m’insultaient…
- Ça non plus tu ne me l’as pas dit, remarque de nouveau son père inquiet.
- C’est parce que ça s’est terminé avec l’intervention de Raphaël, explique Charlie. Plus personne ne me parle de mon poids ni ne me harcèle à cause de ce que je mange. Mais, justement, je reconnais la peur quand je la vois.
Charlie serre la main de Raphaël sous la table. Elle trouve du réconfort dans son regard protecteur. Lui, toujours prêt à agir, se lève.
- Allons vérifier. Peut-être qu’elle a besoin d’aide. Et si c’est son compagnon, ce Rénald dont elle nous a parlé une fois, on s’en chargera.
Ils se retrouvent en quelques pas devant la porte de Marnie et frappent, d’abord poliment, puis, plus fort. Aucune réponse. Gauthier essaye de tourner la poignée qui reste bloquée ; la porte est verrouillée. Il regarde à travers la fente de la boîte aux lettres et aperçoit une partie du salon, pratiquement vide, des meubles renversés, une lampe brisée au sol.
- Ça sent pas bon, murmure Raphaël. On dirait qu’il y a eu une bagarre. Et si elle est en danger ?
Charlie fouille ses souvenirs.
- Elle m’a mentionné qu’elle se rendait quotidiennement au café de Louis, en bas de la rue. Il est un peu comme un grand-père pour elle. Elle disait qu’ils parlaient beaucoup tous les deux. Il la connait depuis qu’elle est toute petite. Il connaissait sa famille aussi.
- Oui, je sais, reprend Gauthier. J’aurais dû penser à Louis. On y va.
Sans perdre de temps, ils se rendent donc au troquet de Louis. Ce café est un havre chaleureux, rempli d’odeurs de café torréfié et de conversations en plusieurs langues. Derrière le comptoir, Louis, essuie des verres. Autour de lui, des amis Togolais lui annoncent qu’ils partent pour retrouver un certain Eden. Ce sont des réfugiés qui discutent à voix basse. Ils sont prêts à un grand départ puisqu’ils ont leurs bagages avec eux.
Sans préambule, en dehors d’un bref salut, Gauthier les coupe dans leur élan.
- Bonjour, on cherche Marnie, dit-il. On est ses voisins. Elle a disparu et on s’inquiète pour elle.
Louis pose son torchon, son expression se fait grave. Il jette un regard à ses compagnons qui hochent la tête en silence.
- Marnie, oui, elle est venue ici il y a quelques jours. Elle était terrifiée. Son ex, Rénald la traque. Elle était victime de violences conjugales, vous comprenez ? Elle ne pouvait plus rester.
Charlie sent un frisson la parcourir.
- Mais c’est chez elle, ici ? Où est-elle allée ?
Raphaël serre les poings.
- Et Rénald ? Où est-il maintenant ?
- Parti, j’espère, ajoute Louis. Marnie est très loin d’ici, en sécurité, chez un ami.
- Si vous voyez Rénald, ajoute un des membres du groupe Togolais, appelez la police. Il est dangereux.
Une fois sortis du bar, ils décident de se rendre au Commissariat. L’agent d’accueil, une femme aux traits fatigués, consulte son ordinateur après avoir entendu leur récit.
- Rénald X, oui, on le connaît. Ecoutez, je ne suis pas sensée vous en parler, mais, je vois bien que vous êtes prêts à faire des bêtises pour lui venir en aide. Et vous ne devez pas le faire. Je vais vous donner quelques informations, mais surtout, ne tentez rien. Il est recherché pour violences conjugales, ici en France. Une plainte de votre voisine, Marnie. Elle n’habite plus ici. Il y a eu d’autres plaintes d’autres compagnes et l’une d’entre elles est décédée. La troisième est portée disparue. Cet homme est recherché au niveau international. Il change beaucoup de lieux, de pays et d’identité. Ne l’approchez pas, si vous le croisez, mais prévenez-nous immédiatement. Il est dangereux.
Gauthier secoue la tête, incrédule.
- Et Marnie, elle est en sécurité ?
- Loin d’ici, d’après ce que l’on sait. Elle a bien fait de partir, si vous voulez mon avis. Les juges ne sont jamais bien pressés pour mettre les victimes en sécurité face à ce genre de prédateurs. Elle a bien fait de fuir. Je ne suis pas autorisée à transmettre l’information concernant l’endroit où elle se trouve actuellement. Restez vigilants ; des types comme lui ne lâchent pas facilement leurs victimes.
- On part après demain pour le Québec, s’excuse Gauthier. Je peux laisser mes coordonnées pour qu’elle puisse nous contacter, si elle donne signe de vie ?
En rentrant, Charlie se blottit dans les bras de Raphaël.
- C’est dingue… Tout ça se passait juste à côté de nous. Et Lorraine, sous le porche, elle aussi fuyait quelque chose.
Gauthier pose une main sur l’épaule de sa fille.
- Le monde est rempli d’ombres. Mais, il a aussi de la lumière, comme pour toi et Raphaël. J’espère que Marnie trouvera quelqu’un pour l’aimer comme elle le mérite.
Ce soir-là, l’immeuble semble plus silencieux que jamais. Les vies s’entremêlent, des secrets se révèlent et les gens ordinaires se transforment en héros de leur propre destinée.
L’ombre d’une photo
Dans l’immeuble de la rue des Immeubles Industriels, la veille au soir du départ de Charlie pour le Québec, elle se sent encore bouleversée par la disparition de Marnie. Elle prend sur elle de fouiller dans la boîte des objets trouvés que son père a installés tout près de l’escalier. Chacun y range des affaires oubliées par les voisins, un parapluie, un livre, des babioles. Et cette fois-ci, elle y trouve une photo glissée dans une enveloppe jaunie, signée Marnie.
Sur l’image, un autoportrait en noir et blanc : Marnie a les cheveux détachés, un sourire fragile aux lèvres, debout sous le porche de l’immeuble. Au verso, il est inscrit d’une écriture manuscrite : « Pas de printemps pour moi, mais peut-être un ailleurs. »
Charlie fronce les sourcils. Cette phrase lui évoque quelque chose, un vieux film qu’elle a vu avec Raphaël, un soir où ils prenaient un moment de pause : Pas de printemps pour Marnie ? Le film avec Tippi Hedren et Sean Connery ? C’est l’histoire d’une femme qui change d’identité pour échapper à ses démons.
- Est-ce que Marnie cherchait à dire quelque chose en laissant cette photo dans la caisse des objets trouvés ? Lui demande Raphaël qui regarde par-dessus son épaule.
Charlie hoche la tête, un frisson dans le dos.
- Elle avait ses bleus, Raphaël. Et maintenant, elle a pris sa vie en main. Elle est partie. Louis, au café, il a dit qu’elle fuyait Rénald. Et si cette photo était un indice ?
- Et si elle souhaitait que sa photo rejoigne les autres sur le lieu d’exposition du quartier ? Répond-il.
Charlotte décide d’en parler à son père et lui tend la photo.
- Cette photo, c’est comme un adieu, murmure-t-il. Elle savait qu’elle devait fuir pour survivre. C’est comme dans ce film dont tu me parle. Peut-être qu’elle a laissé cette photo pour qu’on comprenne.
Charlie frissonne. L’image de Marnie, figée dans son propre cliché, semble la fixer, comme un fantôme qui demande à être oublié ou retrouvé.
- On ne peut rien faire de plus, si ?
Raphaël passe un bras autour de ses épaules.
- On a fait ce qu’on pouvait. On a signalé Rénald au commissariat. Marnie est loin, maintenant. Et toi, Charlie, tu vas bien ?
- Est-ce que tu te sentirais mieux si je te disais que j’ai reçu des nouvelles de Lorraine ? Ajoute Gauthier en lui adressant un sourire. Elle prend ses marques. Son logement est minimaliste, mais elle a vu une fête foraine s’installer dans le village et elle m’a dit que ça la fait rêver. Elle avait l’air vraiment en pleine forme.
- Je suis contente, alors, répond Charlie. Elle aussi mérite sa part de bonheur.
- Il lui faudra un peu de temps, poursuit son père. Mais elle a déjà vu pire et elle s’est toujours relevée. Elle est d’un naturel optimiste. Je m’inquiète moins pour elle que pour Marnie. Allez les jeunes, rentrons. N’oubliez pas que demain, c’est le grand départ. On doit aussi penser à ne rien oublier.
La nuit tombe. Pratiquement plus personne ne circule dehors. Dans l’immeuble de la rue des Immeubles Industriels, la rue murmure des histoires que personne n’ose écouter. Ce sont celles de gens ordinaires qui deviennent extraordinaires pour peu qu’ils prennent leurs vies en main ou que le destin les désigne comme étant les suivants sous la plume de l’auteur.
Le tunnel de lumière : quand la dernière sortie… ne va pas où on le pensait
Il existe un phénomène que la science observe sans vraiment l’expliquer et que la littérature adore : le tunnel de lumière. Il paraîtrait qu’il est aperçu par un certain nombre de ceux qui ont frôlé la mort.
On en parle partout : dans les témoignages des personnes réanimées, dans les récits mystiques et parfois même à la machine à café, quand quelqu’un raconte l’histoire du cousin de la voisine qui a « vu la lumière ».
Habituellement, l’histoire se termine par une sensation de paix, un glissement vers quelque chose de doux qui vous enveloppe d’une chaleur et d’un apaisement hors du commun. Certains parlent même d’un comité d’accueil céleste. On ne sait pas s’ils offrent un verre d’hydromel, mais on imagine que l’intention y est.
Pour la majorité des personnes qui ont vécu cette expérience, ce tunnel représente un passage, une transition douce entre deux états d’existence. Pour d’autres, il s’agit d’un retour aux sources avant que l’âme ne poursuive sa route vers une autre expérience visant à la faire s’élever davantage. Pour les scientifiques, c’est soit une réaction du cerveau, une sorte d’hallucination ou bien un mystère à ne pas ébruiter et qu’ils préfèrent classer dans la colonne « en cours d’analyse ».
Mais parfois, très rarement, exceptionnellement, le tunnel semble avoir des ratés.
Et c’est là qu’entre en scène Lisa, presque centenaire, toute petite, toute rabougrie et toute fragile. Elle qui pensait enfin rejoindre le monde d’après, comme on suit un panneau lumineux, se rend vite compte que si le tunnel tant espéré existe bien, elle s’est encore trompée de sortie. C’est ballot tout de même !
Lisa avait pourtant tout bien fait : elle avait respiré son dernier souffle. Elle avait senti la paix. Elle avait vu la lumière…
Jusque-là, son protocole était impeccable.
Elle se lançait donc dans le passage avec la sérénité d’une vieille dame qui en avait vu de toutes les couleurs durant cette interminable vie dont elle se serait bien passé. Elle pensait mériter un accueil digne. Et puis, d’un coup, sans prévenir, elle a été poussée hors-voie. Son itinéraire a été recalculé et elle a totalement raté sa sortie.
C’était un peu comme lorsqu’on prend un rond-point trop vite et qu’on se retrouve sur l’autoroute vers on ne sait où au lieu de tout simplement aller à la boulangerie.
Le phénomène du tunnel, en général, est fascinant. Des milliers de personnes rapportent qu’ils pénètrent dans une lumière bienveillante avec la sensation de flotter. Parfois, des proches décédés attendent ces âmes sans corps qui ressentent immédiatement un apaisement profond. Et ils perçoivent toujours cette impression d’aller vers quelque chose de bon.
Lisa aussi l’a ressentie… jusqu’à ce que le bon disparaisse au profit du « tiens, pourquoi ça bifurque vers l’espace infini ? »
Elle n’a pas croisé sa grand-mère ou un ange ; pas même un panneau indicateur... rien qu’une force cosmique qui semblait dire : « désolé Lisa, mais, pour toi, c’est de l’autre côté. »
Avec son humour sec de presque centenaire fatiguée, Lisa aurait probablement commenté la situation ainsi :
- C’est quand même un comble ; j’ai passé ma vie à me perdre sur les routes et voilà que je rate même mon dernier trajet.
Et c’est ainsi qu’elle s’est retrouvée catapultée dans l’espace intersidéral, projetée vers une autre planète, Étolia et propulsée dans un corps qui n’était pas le sien.
Quand on pense que certains se plaignent d’arriver au bureau par erreur au lieu du centre-ville.
Alors, que faut-il comprendre ?
Les chercheurs continuent d’étudier les Expériences de Mort Imminentes. Les spirites parlent de mission des âmes. Les sceptiques parlent d’hallucination. Les poètes parlent de transitions et moi, je vous raconte l’histoire de Lisa.
Et elle, me direz-vous ? Eh bien, je pense qu’elle vous répondra :
- Ecoutez, je ne sais pas qui gère l’organisation là-haut, mais… je compte bien leur dire, un jour, que je connais leur adresse et que je compte bien les signaler à qui de droit.
Quoi qu’il en soit, son histoire rappelle que les frontières entre science, spiritualité et imagination sont parfois aussi fines qu’un filament de lumière.
Dans la plupart des cas, le tunnel est une promesse. Dans celui de Lisa, c’est devenu une aventure épique imprévue, un gigantesque détour cosmique avec, au bout du bout, un monde qui n’attendait qu’elle… même si elle, clairement, n’avait rien demandé.
Les recettes secrètes
du château de Lorraine
« La cuisine des forains ne s’écrit pas. Elle se chuchote, se montre, se transmets et se goûte.
On apprend en regardant les gestes, en respirant les parfums, en écoutant les secrets qu’on ne confie qu’à feu doux.
Lorraine »
Moi, Lorraine, j’ai découvert ces voix et ces odeurs, entre les gaufres fumantes, les pommes d’amour brillantes, les churros dorés à souhait, les glaces fondantes aux mille et un parfums, les casseroles pleines de caramel.
Cette tradition orale, vivante et généreuse, m’a tout appris. Mais un jour, j’ai ressenti le besoin de poser tout ça sur un cahier. Ce n’était pas pour trahir le secret, mais pour le faire durer et traverser les générations futures de forains.
Ce cahier est un, bout de ma mémoire, composé de beaucoup d’amour, de savoir-faire et de partage.
Un jour, il sera à ma fille. Et j’espère qu’elle y trouvera, au-delà des mesures et des temps de cuisson, un petit goût d’enfance, de liberté… et de fête.
Les pommes d’amour
Ingrédients (pour 6 pommes)
- 6 pommes (petites à moyennes, bien fermes type Gala ou Pink-Lady)
- 300 g de sucre
- 100 ml d’eau
- 2 cuillères à soupe de sirop de glucose
- Quelques gouttes de jus de citron
- Colorant rouge alimentaire
- Bâtons en bois
Préparation
1. Préparer les pommes :
Laver et bien sécher les pommes.
Enfoncer un bâtonnet dans chacune, au centre sans transpercer complètement.
2. Préparer le caramel rouge :
Dans une casserole à fond épais, verser le sucre, l’eau, le sirop de glucose et quelques gouttes de citron.
Porter à ébullition sans remuer, jusqu’à atteindre 150°C (caramel dur – utiliser un thermomètre si possible).
Ajouter le colorant rouge quelques secondes avant la fin, juste assez pour obtenir la couleur souhaitée.
3. Enrober les pommes :
Retirer la casserole du feu. Tremper les pommes une à une dans le caramel chaud, en les tournant rapidement pour bien les enrober. Les déposer ensuite sur une feuille de papier cuisson légèrement huilée ou sur un marbre froid.
4. Laissez refroidir :
Laisser durcir à température ambiante une trentaine de minutes avant dégustation.
L’astuce de Lorraine
« Pour un croquant qui ne colle pas aux dents, j’ajoute une pincée de sel fin juste avant de tremper les pommes. Ça réveille le goût du sucre, et ça donne une petite note inattendue que les enfants adorent. »
Les gaufres cornettes de Lorraine
Ingrédients (pour 10 à 12 gaufres fines)
(avec une plaque à gaufrettes ou à gaufres fines)
- 250 g de farine
- 100 g de sucre
- 2 oeufs
- 100 g de beurre fondu
- 250 ml de lait
- 1 sachet de sucre vanillé
- une pincée de sel
Préparation de la pâte
1. Dans un grand bol, battre les œufs avec le sucre et le sucre vanillé.
2. Ajouter la farine, le sel, puis incorporer le beurre fondu et le lait petit-à-petit jusqu’à obtenir une pate fluide mais épaisse, sans grumeaux.
3. Laisser reposer 30 minutes.
Cuisson
(plaque à gaufrettes ou appareil à gaufres fines)
1. Préchauffer le gaufrier. Graisser légèrement si besoin.
2. Verser une petite louche de pâte. Cuire jusqu’à ce que les gaufres soient dorées et croustillantes.
L’astuce de Lorraine
« J’ai pris l’habitude de plier mes gaufres encore chaudes en forme de cornet ou de tulipe et d’y glisser de la glace, des fruits frais, un peu de chantilly et parfois une coulée de chocolat fondu et des amandes grillées.
Dès que la gaufre est cuite, je la retire rapidement et la forme en cornet autour d’un cône ou je la dépose dans un petit bol pour lui donner une forme de coupe ou de tulipe selon l’image que je m’en fais. Je garnis ensuite avec de la glace, des dés de fruits frais, de la chantilly et au choix un coulis, du chocolat ou des éclats de caramel. »
C’est un dessert festif, croquant et tendre, comme un manège de parfums dans la bouche !
Les churros
Ingrédients (pour 4 à 6 personnes)
- 250 g de farine
- 250 ml d’eau
- 2 oeufs
- 1 pincée de sel
- 1 cuil. à soupe de sucre (optionnel)
- 1 cuil. à soupe d’huile neutre (tournesol par exemple)
- Huile pour friture
- Sucre, sucre-cannelle ou sucre vanillé pour saupoudrer
Préparation de la pâte
1. Faire bouillir l’eau avec le sel, le sucre et l’huile.
2. Retirer du feu, puis verser la farine en une fois.
3. Mélanger vigoureusement à la cuillère en bois jusqu’à obtenir une pâte homogène, souple et un peu collante.
4. Laisser tiédir 10 minutes.
Cuisson
1. Préchauffer le gaufrier. Graisser légèrement si besoin.
2. Mettre la pâte dans une poche à douille cannelée ou une machine à churros.
3. Presser les bandes de pâte directement dans l’huile chaude (6 à 10 cm).
4. Faire frire jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés (2 à 3 mn par face)
5. Égoutter sur du papier absorbant pis rouler dans le sucre, sucre cannelle ou sucre vanillé.
6. Glissez les dans un cornet de papier ou un sachet.
L’astuce de Lorraine
« Juste avant de les rouler dans le sucre, je frotte légèrement les churros chauds avec un zeste de citron ou d’orange. L’huile en surface capte les huiles essentielles, et ça leur donne un parfum discret mais irrésistible.
A la fête, les enfants me demandent régulièrement : ce sont les churros qui sentent Noël ?
Le caramel inratable
Ingrédients pour un caramel simple
- 200 g de sucre en poudre
- 60 ml d’eau
- 1 cuil. à soupe de jus de citron ou quelques gouttes de vinaigre blanc
Version caramel onctueux (pour nappage)
- 200 g de sucre en poudre
- 60 ml d’eau
- 20 g de beurre
- 100 ml de crème liquide chaude
- 1 pincée de fleur de sel (facultatif mais tellement bon)
Préparation (caramel liquide ou nappage)
1. Verser le sucre, l’eau et le jus de citron dans une casserole et porter à ébullition.
2. Laisser cuire sans toucher. La couleur devient ambrée.
3. Retirer du feu. Votre caramel simple est prêt.
Pour le caramel onctueux
Vous partez du caramel simple,
1. Ajouter le beurre coupé en dés et mélanger doucement.
2. Verser la crème chaude en filet en fouettant doucement
3. Mettre sur feu doux le temps d’homogénéiser
4. Ajouter la fleur de sel (optionnel)
L’astuce de Lorraine
« Je filtre toujours mon caramel dans une passoire métallique pour obtenir un fini lisse et brillant. C’est parfait pour napper une glace ou décorer une assiette.
Mon caramel onctueux se conserve plusieurs jours au frigo dans un pot fermé et se réchauffe au bain marie ou au micro-ondes avant usage ».
Les glaces maison
« Chez les forains on improvise souvent avec ce qu’on a à portée de main. J’ai appris à faire les glaces avec ou sans sorbetière. Le secret, c’est de ne jamais lésiner sur le goût ».
Glace vanille onctueuse
Ingrédients :
- 500 ml de crème liquide entière (minimum 30% MG)
- 1 boîte de lait concentré sucré (environ 390 g)
- 1 gousse de vanille ou 2cuil. à café d’extrait naturel
Préparation :
1. Monter la crème en chantilly ferme avec un batteur
2. Fendre la gousse de vanille (ou 2 cuil. à café d’extrait naturel)
3. Mélanger délicatement le lait concentré et la vanille à la chantilly
4. Verser dans un moule, couvrir et placer au congélateur minimum 6 heures et c’est prêt
Glace chocolat intense
Ingrédients :
- 500 ml de lait entier
- 4 jeunes d’œufs
- 150 g de chocolat noir pâtissier (70% si possible)
- 100 g de sucre
- 200 ml de crème liquide
Préparation :
1. Faire fondre le chocolat avec la crème
2. Battre les jaunes d’œufs avec le sucre. Chauffer le lait, verser doucement sur le mélange œufs/sucre en fouettant
3. Reverser dans la casserole, faire épaissir doucement comme une crème anglaise (sans faire bouillir)
4. Ajouter le chocolat fondu.
5. Laisser refroidir complètement puis soit turbiner, soit congeler en remuant tous les 30 mn pendant 3 heures pour casser les cristaux)
Glace fraise fraîche et fruitée
Ingrédients :
- 400 g de fraises mûres
- 150 g de sucre
- 200 ml de crème liquide
- 1 cuillère à soupe de jus de citron
Préparation :
1. Mixer les fraises avec le sucre et le citron
2. Ajouter la crème
3. Verser en sorbetière ou congeler en mélangeant toutes les demi-heures
L’astuce de Lorraine
« J’aime servir mes glaces dans des gaufres corolles avec un filet de mon caramel onctueux maison. Pour les enfants, j’ajoute une pincée de perles de sucre ou quelques éclats de praline rose. Parce qu’une fête, ça se mange aussi avec les yeux ».
Cette liste de recette n’est pas exhaustive.
Tu peux aussi la compléter par celles de tes desserts préférés.
Je t’embrasse affectueusement. Lorraine
Ce que l'on sait des fantômes (7 règles)
Si vous lisez ce mode d’emploi, c’est probablement que vous avez déjà croisé un fantôme ou bien un autre phénomène paranormal. C’est peut-être aussi parce que vous rêvez d’en rencontrer un mais sans finir en boule tremblante sous votre couette.
Je vous propose donc un guide pratique pour comprendre, gérer (enfin, ça c’est un peu plus difficile) et peut-être même apprécier la compagnie de ces colocataires d’un genre particuliers.
Tout d’abord, il vous faut identifier votre fantôme car tous les fantômes n’ont pas le même rang dans leur société secrète. Certains sont de véritables Dieux pour vous jouer des farces alors que d’autres trainent des chaînes (enfin, ceux-là, ont une préférence pour les châteaux écossais). Vous en entendrez gémir, alors que leurs voisins pousseront des soupirs ou bien traverseront tout simplement votre corps en vous donnant le frisson. Ah, je vois, ça y est, j’ai capté votre attention. Eh oui ! Vous l’avez déjà vécu.
Parmi les fantômes, vous remarquerez que si certains sont des râleurs attachés à un lieu, ils rejouent bien souvent la même scène, celle qui les a le plus marqué et probablement qui les a menés à la mort. On pourrait les appeler les tragédiens puisqu’on sait à quoi s’attendre avec eux.
Ensuite, il y a les taquins, ceux qui adorent vous enquiquiner en cachant vos clés au moment où vous en avez le plus besoin. Ils éteignent la lumière ou bousculent votre café du matin. Ce sont aussi eux qui font tomber votre toast avec toujours la confiture ou la pâte à tartiner en bas.
Vous pouvez toujours en rire ou leur demander d’arrêter ça en utilisant des post-it par exemple. Ça ne fonctionnera probablement pas mais vous vous sentirez proactifs. Et ça, ça fait du bien.
Vient enfin, le fantôme mélancolique, celui qui casse l’ambiance. Il est toujours en train de soupirer ou de fredonner une chanson triste. Celui-là peut vous laisser des traces de buée sur les miroirs avec des messages existentiels comme : pourquoi ?
Avec lui, c’est tout simple, vous lui proposez de regarder un film feel-good ou bien vous lisez une new-romance… Il est possible que ça puisse le dérider un peu.
Ne lui hurlez pas dessus. Vous n’obtiendrez que des cris de sa part, s’il souhaite vous imiter ou bien vous risquez de l’effrayer. N’oubliez surtout pas que les fantômes sont susceptibles et que vous pourriez retrouver vos chaussettes dépareillées dans votre placard ou les voir disparaître de la machine à laver. J’ai l’impression que ça sent le vécu pour vous, hein ?
Installez des règles claires : parlez- lui. Le grand secret, c’est la communication. Fixez des limites. Dites-lui, par exemple d’arrêter le bruit après minuit. C’est une heure qui parle bien aux fantômes, en général. Je suis même persuadée qu’il sera prêt à faire des efforts si vous lui montrez qu’il y a aussi des enfants sous votre toit.
Soyez toujours polis avec lui. Un « bonjour, comment ça va ? » n’a jamais fait de mal à personne et ça peut aussi désamorcer des tensions. Les fantômes aiment qu’on reconnaisse leur existence.
Evitez les planches Ouija : c’est comme ouvrir une boîte mail oubliée depuis dix ans. Vous risquez de vous retrouver avec tous les spams de l’au-delà. Parce que tous les fantômes ne sont pas comme Mélodie. Certains viennent d’en bas. Et là, les conséquences ne seront pas jolies à voir.
Les lumières clignotent et ce n’est pas votre tableau électrique qui date des années cinquante ?
Vos animaux fixent un coin de la pièce en grognant ou en remuant la queue (selon qu’ils trouvent le fantôme cool ou flippant) ?
Vous ressentez un courant d’air glacial, même sous les tropiques ?
Ne le faites pas remarquer, sinon, ils vont se transformer en stars. Les fantômes adorent marcher sur un tapis rouge virtuel ; et dans la circonstance décrite ci-dessus, le tapis, c’est vous.
Malgré toutes mes explications, vous avez été assez concombre sur les bords pour vous attirer la rage d’un fantôme.
Mon premier conseil sera de laisser traîner un vieux bouquin parce que les fantômes adorent les trucs vintage. Un livre des Misérables si votre fantôme aime les drames ou un Agatha Christie s’il préfère les thrillers. Enfin, bref ! Vous m’avez comprise.
Votre fantôme adore répéter ses gestes, ça le rassure. Il passera probablement une bonne décennie à lire et relire la première de couverture avant que vous ne tourniez la première page. A moins que vous n’ayez choisi de déménager entre temps. Dans ce cas, le problème incombera à votre successeur. Mais sachez qu’il a le droit d’annuler la vente.
Vous pouvez aussi organiser des soirées dérangeantes avec des amis/potes mal-élevés. Les fantômes détestent le bruit et la vulgarité.
Ne rénovez jamais votre logement sans prévenir votre fantôme. C’est très malpoli. Abattre un mur sans son consentement, c’est risquer une grève avec cocktails-molotov d’objets précieux de votre logement. C’est à vos risques et périls.
N’invitez jamais un chasseur de fantôme ; ils sont bien pires que vos fantômes. Et votre fantôme se vengera.
N’ignorer- pas les signes qui vous demandent de partir. Je crois que dans ce cas, le divorce est consommé. Une seule solution : partez.
Certains fantômes peuvent devenir vos alliés. Et quand vous avez cette chance, profitez-en ! Les cambrioleurs n’ont qu’à bien se tenir parce que votre fantôme se chargera d’eux avec sadisme et bonheur. Il vous remerciera probablement de lui avoir apporté du divertissement. Ils font de parfait gardiens quand vous partez en vacances. Avis aux squatteurs, vous êtes plutôt mal barrés.
Offrez-lui une récompense à votre retour comme un fauteuil à bascule sous le porche ou sur votre balcon.
Votre fantôme est un peu comme tous les colocataires finalement : parfois pénible, parfois attachant, toujours imprévisible. Avec un peu d’humour et beaucoup de patience, vous pourriez transformer votre habitation en un lieu de cohabitation presque harmonieux.
Allez courage et surtout, avant de vous coucher, regardez sous le lit et vérifiez que votre penderie est bien fermée à clé.
On ne sait jamais !
Les fantômes sont des êtres méconnus, souvent incompris. Et pourtant, ils ressemblent beaucoup aux humains. Evidemment qu’ils ont été humains un jour… mais, maintenant qu’ils sont devenus fantômes, je me dois d’éclaircir certaines idées reçues qui voudraient que les fantômes ne mangent pas, qu’ils errent, flottent et traversent les murs en attendant la paix éternelle ou bien l’enfer éternel.
Quelle erreur de jugement !
En vérité, les fantômes, ça dévore, ça bouffe, ça se goinfre et pas qu’un peu.
Evidemment qu’ils ne mangent pas de nouilles asiatiques ou de tacos bien épicés, même si, tout comme Mélodie, ils adorent sniffer les plats chauds sucrés, épicés ou salés selon leurs préférences. Donc, pour résumer, ils ne consomment aucune dose de lactose, de gluten ou de calorie animale ou bien végétale.
Point final !
Ils ne mangent pas davantage l’âme des gens ; ça, c’est une légende urbaine complètement débile. Vous devez savoir qu’une âme, même médiocre, ça vaut son pesant de cacahuètes. Un fantôme friserait l’indigestion s’il en consommait.
Non, un fantôme, ça carbure à l’énergie humaine : les émotions, les pensées, les soupirs. Je crois que vous aurez compris que, du coup, ça ne consomme jamais l’énergie des personnes qui n’en ont aucune. Donc, les lymphatiques, les fatigués de la vie et même les grands malades, n’intéresseront jamais les fantômes. Tenez-vous le pour dit.
Mais, un petit shot d’énergie humaine composé d’un regard enamouré, d’une pensée triste ou d’un frisson et hop, c’est l’apéro astral.
Le processus est très subtil, contrairement à celui employé par les vampires qui sont décidément des êtres trop voyants et surtout qui bavent beaucoup de sang.
Non ! Les fantômes sont d’une toute autre classe.
Un fantôme gourmand, par exemple, s’invitera chez des insomniaques pour leur grignoter le stress. Oh ! Pas grand-chose… Juste une petite dose, de quoi vous calmer un peu et le satisfaire pleinement. Il faut savoir que les insomniaques sont digestes et ils ont souvent un petit arrière-goût de caféine appétissant.
Un fantôme qui décide de se faire un petit tea time ira plutôt siroter un brin de nostalgie chez une personne âgée ou bien chez une jeune fille éconduite. Tout cela lui fera l’effet d’un bon capuccino ou d’un thé au citron.
Les plus snobs parmi les fantômes ne se nourrissent que d’éclats de rires, pour peu qu’ils proviennent d’humains bios.
Mais, ne croyez pas que les fantômes soient des prédateurs dangereux ; ils veillent toujours à ne jamais vider la marchandise complètement. Ils en prennent juste assez pour que vous vous réveilliez fatigués en vous demandant :
« C’est bizarre, je n’ai rien fait et pourtant je suis épuisé ».
Eh bien voilà ! Vous venez de découvrir que vous vous êtes fait snacker par un fantôme.
Un petit apéro d’énergie, sans facture et sans pourboire. Oui, je sais bien que les fantômes n’ont rien d’équitable quand il s’agit de se nourrir. Tout est question de circonstances.
Mais, attention : les fantômes sont polis et reconnaissants. Quand ils vous pompent un peu trop, ils laissent un courant d’air en guise de remerciement, parfois vos poils se redressent sur vos bras et plus rarement encore vous entendez un murmure. Un tout petit, hein !
« Merci pour l’énergie ma belle (mon beau) ».
Les fantômes sont des parasites énergétiques, mais ils n’en laissent jamais couler une goutte et ils le font avec style. Ils flairent les vibes comme d’autres flairent la pâte à tartiner. Un soupçon d’angoisse, une larme de nostalgie et ils sont rassasiés.
Pas de quoi fouetter un chat !