Un village sans école, sans boulanger et sans bureau de poste est un village qui se meurt. A Sablonnières, le bureau de poste a fermé ses portes depuis bien longtemps et les fours à pain ont cessé de fumer depuis de nombreuses années. Toutefois, la commune a conservé son école primaire, qui anime du lundi au vendredi, aux heures de début et de fin des classes, la route de la Vallée et la place de l’église.
Le bâtiment scolaire, qui fait corps depuis longtemps avec la mairie, est le fruit d’une longue évolution qui trouve naturellement sa place dans l’histoire de la commune.
Au début du XIXe siècle, l'unique école de la commune était située dans une maison du Montcel, entretenue par la municipalité. Tout ce que l'on sait sur cette bâtisse, c'est qu'elle possédait une couverture en chaume que plusieurs villageois parvinrent en 1803 à faire réparer en réunissant la somme de 115 francs. Cette maison abritait toujours l'école près de vingt ans plus tard, mais le conseil municipal estima en 1822 qu'elle était impropre à cet usage car trop petite et trop éloignée du centre du bourg. Il demanda alors la construction d'une nouvelle école dans la grange de la propriété que la commune allait acheter à la veuve Boutillier pour y établir un nouveau presbytère, grâce au produit de la vente de la maison du Montcel et du cimetière d'En-Haut.
La propriété Boutillier fut acquise en 1823 (1), mais l'établissement de la nouvelle école ne fut pas immédiat : En 1826, la grange était toujours louée (2) et les travaux nécessaires n'avaient pas commencé en 1829 puisque le conseil municipal confirmait, le 21 mai, son intention de construire et le financement des frais par la vente de l'ancienne école et du cimetière d'En-Haut.
Au début de l’année 1836, la municipalité ne trouvant pas d’autre maison à louer pour abriter l’école et loger l’instituteur (qui percevait alors une indemnité de logement), envisagea de réparer l’ancienne maison d’école pour y faire une classe unique et de continuer de verser à l’instituteur une indemnité égale au loyer qu’il devait payer pour se loger par ses propres moyens tant que la commune ne pourrait lui procurer un logement (3). Les travaux, chiffrés à 299,62 francs par devis des maçons locaux Nicolas Fontaine et Antoine Debret, furent approuvés les 14 août et 6 novembre 1836. L’année suivante, le conseil municipal autorisa le maire à négocier avec un propriétaire un loyer pour loger l’instituteur hors de l’école qui devait servir uniquement à recevoir les élèves.
Cette solution n’était pas durable car la maison d’école présentait des conditions d'aménagement et d'hygiène déplorables : « Une centaine de gens des deux sexes étaient, pour ainsi dire, entassés dans une chambre qui pouvait à peine en contenir cinquante. Deux ou trois tables, n'ayant ni largeur ni inclinaison, servaient aux élèves les plus avancés, à ceux qui savaient écrire ; le reste était placé sur des bancs très bas ; c'est là qu'il fallait rester six heures sans remuer beaucoup, et n'ayant souvent à respirer qu'un mauvais air » (4). Dans une de ces pièces se trouvait même un four où la femme de l'instituteur venait cuire son pain ou faire la cuisine pendant la classe ! La commune charge alors un architecte de Coulommiers de préparer un projet de construction comprenant salle de classe, logement pour l'instituteur, mairie et presbytère.
Le plan dressé en 1841 pour la « maison d'école, salle de mairie et presbytère » montre un bâtiment élevé d'un étage sur rez-de-chaussée avec combles au-dessus, présentant une façade principale percée de trois portes et onze fenêtres et une façade latérale percée de cinq fenêtres. Le rez-de-chaussée comprenait un couloir d'entrée auquel on accédait par la porte centrale et qui distribuait sur la droite deux salles de classe et sur la gauche la cuisine des « soupes chaudes » (cantine scolaire) ; il permettait aussi de monter un escalier vers le logement de l'instituteur. La porte de gauche, en façade, donnait accès au presbytère : on entrait dans un couloir donnant immédiatement à gauche sur le logement du prêtre (salle à manger, chambre et cabinet), au fond à droite sur une cuisine et à l'étage par un escalier. A l'étage, se trouvaient du côté droit (au-dessus des salles de classe) la salle de mairie et le logement de l'instituteur et, du côté gauche, une autre chambre, un cabinet ou bibliothèque, une garde-robe et une chambre de domestique. Des latrines en trois parties (une pour les élèves de chaque sexe et une pour le maître) se situaient dans un édicule isolé. (5)
Il fallut attendre 1846 pour que le nouveau bâtiment soit construit à proximité de l'église, sur un terrain compris entre la rue principale et l'actuelle rue Maurice Meslé. Comme le montre le plan ci-dessous, il était perpendiculaire à la mairie-école que nous connaissons.
Le coût des travaux, qui s'élevait à 15 635,60 francs, fut financé à hauteur de 2 961 francs par la vente le l'ancienne école et des matériaux de démolition de l'ancien presbytère et furent, pour le reste, difficilement supporté par la commune. En 1849, seul un septième du prix avait été réglé aux entrepreneurs et la municipalité dut voter une contribution extraordinaire supplémentaire pour payer les intérêts. En 1856, la dette n'était toujours pas éteinte.
Cette nouvelle école était mixte (quoique peu de filles fussent scolarisées) et le resta jusqu’en 1852. A partir ce cette époque, la commune a eu deux écoles, une pour les garçons, l’autre pour les filles.
La loi Guizot du 28 juin 1833 interdisait la coéducation des garçons et des filles et imposait aux communes de plus de 500 habitants de financer seulement une école de garçons. A son tour, l'ordonnance du 23 juillet 1836 qui étendait aux filles les dispositions de la loi Guizot ne fixait aucune obligation pour les communes. De la sorte, comme dans la plupart des petites communes, les filles se trouvaient exclues du système éducatif étatique. Sous la IIe République, l'éducation des filles est devenue une préoccupation du ministère de l'Instruction publique, mais l'ouverture d'une école primaire pour filles n'était obligatoire que dans les communes de plus de 800 habitants selon la loi Falloux du 15 mars 1850. Tel n'était dont pas le cas à Sablonnières où, comme en témoigne la Monographie de l'instituteur Lecamus, l'école communale était mixte à cette époque.
L'initiative d'une école libre pour filles appartient, semble-t-il, à deux femmes : une fille Biberon qui mit à disposition une classe dans une maison lui appartenant derrière l'église (mitoyenne au pavillon de l'ancien château), dont l'ouverture fut demandée en 1853 par Rosa Jacquot, qui arrivait de Provins avec en poche un brevet de capacité qui lui avait été délivré le 2 août 1852 par la commission d'examen de Melun (6). Le maire visita le local proposé pour faire la classe, le reconnut convenable et donna son accord le 6 septembre 1853.
Toutefois, la demoiselle Jacquot obtint un emploi d'institutrice communale à Villiers-Saint-Georges. De la sorte, les filles scolarisées restèrent avec les garçons jusqu'en 1855. En 1856, la classe des filles fut assurée par Virginie Biberon qui devait mourir le 22 décembre de la même année. Le 15 novembre précédent, le sous-préfet de l'arrondissement de Coulommiers avait écrit au maire pour souligner l'intérêt qu'avait la commune à conserver la nouvelle école : « l'administration municipale doit (...) reconnaître que cette école rend de véritables services aux familles » ; il l'invitait aussi à faire voter une subvention à son profit. Le 23, le conseil municipal refusa néanmoins de reconnaître ce cours privé comme école communale et d'accorder une indemnité de logement à l'institutrice.
La maison d'école revint par succession à Joséphine Biberon, sœur cadette de la défunte. Le 23 août 1857, Rosa Jacquot déclara vouloir y établir une école libre de filles et, comme en 1853, le maire accepta le projet. L'enseignante démissionna de son poste à Villiers le 31 août et une nouvelle demande formulée le 25 septembre recueillit à nouveau l'accord du maire : l'école libre de filles de Sablonnières fut ainsi maintenue.
En 1867, la loi Dury imposa l'ouverture d'une école pour filles dans les communes de plus de 500 habitants et le conseil municipal accepta d'assimiler l'école libre de Rosa Jacquot à une école communale : par convention du 13 février de l'année suivante, Joséphine Biberon s'obligea à fournir le local pendant cinq ans, l'institutrice s'engagea à instruire gratuitement les filles indigentes et la commune lui accorda une subvention de 50 francs pour 1869.
Joséphine Biberon décéda le 21 juillet 1869, laissant l'usufruit de la maison à Rosa Jacquot et l'ensemble du mobilier garnissant la classe à la commune (7). La convention du 13 février 1868 devenant caduque quant à la mise à disposition de la maison, la municipalité demanda, le 26 août, que l'école devînt une école communale et que la demoiselle Jacquot soit reconnue comme institutrice publique à compter du 1er janvier 1870 avec un traitement annuel de 200 francs, une rétribution scolaire et une indemnité de logement de 300 francs. Un bail de neuf ans fut conclu pour la location de la maison au mois de septembre 1869 (8) et l'institutrice, nommée institutrice publique par le préfet le 29 octobre, fut installée dans ses fonctions le 1er novembre.
Rosa Jacquot cessa d'enseigner en 1871 et souhaita recouvrer la jouissance de sa maison. Le 24 octobre 1872, le conseil municipal autorisa donc la location d'une autre maison pour servir d'école et de logement de l'institutrice et, sept jours plus tard, la commune concluait un bail de trois ans à effet du 1er janvier 1873 pour une partie de la maison voisine (le pavillon d'entrée de l'ancien château) qui appartenait à un imprimeur de Coulommiers du nom d’Albert Ponsot (9). Aux termes de ce contrat, approuvé par le conseil municipal le 7 novembre 1872 et par le sous-préfet le 9, le propriétaire s'était engagé à effectuer des travaux de rénovation (revêtement des murs intérieurs) et des aménagements (construction de cabinets d'aisance dans le jardin, établissement d'une grille de clôture). Mais très vite, la commune envisagea d'acheter cette propriété. Ponsot s’engagea à la vendre le 12 novembre 1874 et le conseil municipal vota le projet d'acquisition le 16 mai de l'année suivante (10). Le 25 mai 1875 fut signée une promesse de vente et un procès-verbal d'estimation du 3 juin fixa le prix à 7 000 francs. Le conseil municipal approuva l'acquisition le 17 juin, estimant que le bâtiment était nécessaire et indispensable, et sollicita un secours du département pour la financer en partie.
Si l’opération semblait bien engagée, une demande de subvention adressée au ministère de l’Instruction publique suscita plusieurs réserves : l’immeuble que la commune projetait d’acquérir ne paraissait pas convenir à sa destination, en raison principalement des inconvénients qu’il y avait à installer l’école à l’étage. Aussi, en cas d’impossibilité de construire une nouvelle école, il fut recommandé d’agrandir la classe à cinquante-trois mètres carrés et de diviser la pièce du deuxième étage pour le logement de l’institutrice. Faute de disposer d’un autre emplacement, le conseil municipal confirma début 1876 l’achat de la maison Ponsot en acceptant d’agrandir la classe en abattant une cloison et de diviser le deuxième étage (11). A la fin de la même année, il autorisait aussi le remplacement d'une poutre dans la future classe, la réfection du plancher supérieur et de quatre cheminées (12). Divers mémoires d'artisans, datés de 1876 et 1877, récapitulent les fournitures et les travaux effectués (13). Durant ces travaux, l'école fut déplacée dans une autre maison située le long de la route de la Vallée (la première à droite en venant de Villeneuve, selon Maurice Couteau) et où l'on avait déjà fait la classe anciennement. Les travaux achevés, les élèves regagnèrent leur école.
Quelques années plus tard, des travaux de consolidation et d’aménagement s’avérèrent nécessaires : deux piliers en fonte furent posés en 1881 dans la salle de classe pour soutenir de plancher. Deux cabinets d’aisance furent aussi construits dans la cour de récréation (14). Il fallut aussi bâtir un mur pour fermer la cour, rétablir le mur du jardin qui était tombé et poser des gouttières. (15)
Toutefois, dès 1907, l'architecte départemental Faix signalait la vétusté du bâtiment : « La commune de Sablonnières a une école de filles ne remplissant pas de bonnes conditions d'hygiène. Elle se trouve dans un bas fond près de la rivière qui vient de temps en temps inonder la cour. En outre, l'escalier d'accès à la classe au premier étage est très mal commode et peut occasionner des accidents » (16). Constatant la désaffectation du presbytère situé en bordure de la rue principale (l'actuelle route de la Vallée), la municipalité décida de le transformer en école pour filles, moyennant une addition de construction (17). Les travaux ne commencèrent pourtant pas immédiatement et les filles de la commune continuèrent de fréquenter les locaux insalubres pendant quelques années. Au début de 1910, la cour fut complètement envahie par les eaux pendant plusieurs jours, en raison de fortes pluies et de la proximité du Petit-Morin. La municipalité s'émut alors de « la situation lamentable de son école de filles » et demanda à la préfecture d'accélérer la réalisation du projet.
Finalement, l'aménagement de la nouvelle école fut autorisé l'année suivante (18) et les travaux furent effectués en 1912 et en 1913.
La nouvelle école de filles comprenait un bâtiment d'un seul niveau constitué d'une salle de classe et d'une pièce plus petite à usage de vestiaire et de réfectoire. On accédait à cette pièce par un escalier de sept marches et, de là, à la classe. Un préau était doté de quatre latrines et un appentis prolongeait le bâtiment à l'arrière.
L'inauguration des locaux fut prévue pour le 27 septembre 1914 (19) mais ne put avoir lieu en raison de la déclaration de guerre. De même, la vente de l'ancienne école prévue pour 2 août fut annulée. Ces contretemps n'empêchèrent toutefois pas la mise en service des locaux. D'autres travaux importants (charpente, couverture, peinture, menuiserie, serrurerie) y eurent lieu en 1920. (20)
L’école établie à côté du presbytère dans l’ancienne propriété Boutillier fut réservée aux garçons lorsque l'école de filles fut ouverte. L'instituteur Pierre Lefèvre écrivait : « L’exiguïté [de la classe] prouve combien devait être pénible la mission de l’instituteur d’alors, quand on considère que cent vingt enfants au moins (filles et garçons), se trouvaient réunis sous la direction d’un seul maître ». (21)
Elle devait être remplacée quelques décennies plus tard par un nouveau bâtiment aligné sur la rue principale, édifié sur le même terrain avec les matériaux récupérés lors de la démolition de l'école préexistante. Le projet lancé en 1876 (22) n'était pas encore réalisé deux ans plus tard si l'on en croit le Plan d'alignement de la traverse de Sablonnières dressé le 29 novembre 1878, qui signale une cour à l'emplacement de la future mairie-école.
Qui mieux que les élèves pouvaient parler de leur école et de leur classe ? C’est ce qui fut demandé aux élèves de la 1re division, le 27 octobre 1877, dans un exercice de rédaction ayant pour thème « Décrivez votre école ». La voici donc dépeinte par le jeune Émile Cherrier (23) dans son cahier d'écolier : « Notre école est située au milieu du village, non loin de la place publique, et assez près de l’église. Elle a deux étages. Au rez-de chaussée se trouvent la cuisine de l’instituteur et la classe ; au premier se trouvent la mairie et plusieurs autres chambres ; au deuxième se trouve le grenier ».
En effet, les locaux scolaires étaient situés au rez-de-chaussée d'un bâtiment édifié le long de la rue principale, légèrement en retrait, attenant au presbytère d'un côté et à l'abri de la pompe à incendie de l'autre. La façade comportait deux entrées : celle de droite, à l'usage des élèves, donnait accès à l'unique salle de classe de soixante-douze mètres carrés ; la porte de gauche s'ouvrait sur un couloir menant d'une part à la classe, d'autre part au logement de l'instituteur et enfin, par un escalier, à la mairie située à l'étage.
L'élève poursuivait : « Il y a 8 tables dans notre école, deux grands tableaux noirs et deux petits. Le bureau est placé devant le premier tableau noir ; au-dessus se trouve un Christ. Les murs sont garnis d’une série de diverses cartes savoir : la carte de France, la carte d’Europe, le planisphère terrestre, la carte de la Palestine, la carte de poids et mesures ; et du règlement des écoles ». Son camarade Achille Rousselet donnait une description similaire, ajoutant la présence d’une carte de Seine-et-Marne et, à la mairie, d’une bibliothèque contenant « beaucoup de livres curieux et amusants ».
Les différents éléments de la classe sont visibles sur deux croquis à la plume et aquarellés - probablement réalisé par Pierre Levèvre – représentant l’un les quatre murs de la classe où l’on peut voir aussi une carte intitulée L’agriculture, l’autre une vue de dessus avec l’agencement des huit tables et ce qui semble être un poêle. (24)
Le bâtiment ne donnait pas directement sur la route mais en était séparé par un espace clos séparé en deux parties dotées d'un portillon : d'une part un jardinet devant l'entrée de la mairie et, d'autre part, la cour de récréation de soixante mètres carrés seulement, qu'il fallait traverser pour entrer dans la classe. A l'arrière du bâtiment se trouvait un jardin de cinq cents mètres carrés à l'usage de l'instituteur.
Une Fiche statistique sur la situation des écoles primaires publiques en 1884 conservée par la commune donne de précieuses informations sur l'école de garçons. On y lit que la salle de classe était bien aérée, suffisamment éclairée, dotée de tables en nombre suffisant et d'une bibliothèque de quatre-vingt-dix volumes (cette bibliothèque avait été fondée en 1864). Des lieux d’aisances existaient dans la cour. Le logement de l'instituteur comprenait cinq pièces et un jardin de six ares. Le tableau n'était toutefois pas parfait puisque l'instituteur déplorait sur ce même document le manque d'espace dans la cour et l'état des tables « très vieilles et peu commodes » qu'il convenait donc de remplacer.
De son côté, le conseil municipal constatait l'absence de préau couvert et les inconvénients qui en résultaient pour les élèves privés d'abri pour déposer les effets et la nourriture qu'ils apportaient chaque jour à l'école. Il demanda alors qu'il en soit construit un, ainsi qu'un vestiaire et une cour de récréation plus grande. Il sollicita également le déplacement des cabinets d'aisance qui se trouvaient à l'emplacement du futur préau (25). Les plans ayant été acceptés et les ressources votées (26), les travaux furent adjugés le 21 mars 1886 à Jules Garnier, entrepreneur au Rousset. Ils furent achevés dans l’année.
Une fiche de renseignements statistiques de 1888 également conservée dans les archives communales indique que l'école accueillait cinquante garçons (douze en section enfantine, onze en cours élémentaire, dix-neuf en cours moyen et huit en cours supérieur) qui disposaient tous d'une table en assez bon état. La classe était saine, chauffée et disposait d'un tableau noir, d'une collection de tableaux de lecture, d'un plan topographique de la commune, d'un globe terrestre et de cartes de géographie murales (France, Europe et planisphère). La bibliothèque comptait quatre-vingt-onze volumes, dont les Voyages de Jules Verne étaient le plus emprunté. L'école disposait d'un lieu d'aisances et désormais d'une cour de récréation plus grande (soixante-douze mètres carrés) et d'un préau couvert de quarante mètres carrés. Le logement de l'instituteur, qui comprenait toujours cinq pièces (dont deux à feu), cave et jardin attenant, fut agrandi en 1891. Divers travaux furent réalisés ultérieurement. (27)
Depuis l'instauration de la mixité, l'école désormais unique a fait l'objet de divers travaux d'aménagement, d'entretien et de rénovation plus ou moins importants :
En 1925, le Conseil municipal décida de poser des grilles le long du bâtiment (28). Plusieurs travaux et aménagements urgents à réaliser dans les bâtiments scolaires furent signalés en 1926 par la commission des bâtiments communaux : réparation des gouttières, du chaperon du mur de clôture, d'une porte, et de volets, réfection d'une cheminée, installation de porte-manteaux, réparations d'une cuvette et d'une cheminée dans le logement de l'instituteur (29). L'année suivante, le conseil municipal décida un ravalement (30) qui fut réalisé en 1928 par l'entreprise Deneufchâtel. D’autres travaux de réparation et de propreté furent effectués, notamment en 1931 dans le logement de l'instituteur (31), en 1932 dans la grande école (32), en 1944 dans la petite classe (33) et dans les logements de la nouvelle et de l'ancienne école. (34)
Le 19 mai 1943, une visite des locaux scolaires par l'inspection primaire de Coulommiers avait permis de relever qu'il pleuvait dans les greniers, que les grilles de l'entrée ne fermaient plus et que le préau était inondé. A cette occasion, il fut recommandé de refaire la couverture, de réparer les grilles ainsi que de lessiver les murs et de poser un grillage entre la cour des petits et le jardin.
En 1952, on abattit le mur de clôture qui se dressait le long de la rue (le Conseil municipal décida la démolition des murs le 25 février et autorisa la vente des grilles par délibération du 10 juillet) et on boucha aussi une porte que l’on remplaça par une fenêtre vitrée (35). La même année, furent décidées la réfection de deux croisées de la classe des garçons ainsi que la réfection de la classe des filles et des travaux de peinture dans la cuisine de l’instituteur (36), puis la réfection de la peinture d’une classe (37). En 1953, le conseil municipal décida de repeindre la façade et de réaliser des travaux de menuiserie (38) qui furent réalisés l'année suivante par Michel Bataille. C'est aussi en 1954 qu'une réfection partielle de la toiture fut programmée (39). En 1955, ce furent la réfection du reste de la toiture, des travaux de menuiserie dans les classes et la réfection de leurs volets (40). En 1956, de nouveaux travaux furent planifiés pour les classes : réfection des conduits d’eau des lavabos, réfection du sous-bassement de la grande classe) et du logement (maçonnerie, revêtement des murs, menuiserie. L’année suivante des travaux d’électricité et de réparation dans les WC furent prévus. Un feu de cheminée eut lieu plus tard dans la grande classe et la municipalité dut régler le sinistre (41). En 1958, une salle d'eau et des WC reliés à une fosse septique furent installés dans le logement de l'instituteur et un bûcher construit la même année à l'ouest du jardin, contre l'église, lui sert de garage. En 1971, un devis de ravalement de la façade fut accepté (42). L’année suivante, la municipalité accepta que soient réalisés, pendant les vacances de Noël, des travaux de peinture dans les deux classes, ainsi que l’installation d’un poêle à mazout et d’une cuve pour l’une d’elles. (43)
En 1990, l'école se trouvait en très mauvais état : les murs étaient salpêtrés par l'humidité du sous-sol, le lambris qui doublait ces mêmes murs se décollait, les peintures étaient lépreuses, les huisseries archaïques, et les lames du vieux parquet disjointes. Après avoir fait procéder à une étude, le Conseil municipal lança une procédure d'appel d'offres fin 1991. Les devis acceptés le 2 juin 1992 se montèrent à 601 730 F mais un avenant au lot maçonnerie s'avéra nécessaire et entraîna un surcoût de 52 089 F. La dépense totale, honoraires d'architecte compris, s'éleva à 730 000 F dont une participation communale de 620 000 F. Les travaux consistèrent à déposer le parquet pour creuser un vide sanitaire de 80 cm avec ventilation dans une classe et couler des dalles de béton incorporant des câbles électriques chauffants dans les deux classes, à réaliser un doublage isolant des murs et plafonds, à remplacer toutes les fenêtres par des doubles vitrages et les huisseries de sorte à respecter les normes anti-feu, à créer un vestiaire avec sanitaires et WC (classe 1), à poser des sols collés et à repeindre les locaux à neuf.
Les locaux de la mairie situés dans le même bâtiment au rez-de-chaussée furent eux aussi réaménagés en 1993 : à l'emplacement d'un dégagement et d'une partie de pièce à usage de bibliothèque, on créa le bureau du maire attenant au secrétariat ; on réduisit celui-ci pour créer un hall d'accueil du public ; l'autre partie de ladite pièce fut transformée en sanitaires-WC à l'usage du personnel ; on créa aussi une grande salle de bibliothèque attenante à la classe située dans l'ancienne école des filles (classe 2) en réunissant une autre pièce déjà destinée à cet usage avec un dégagement et un débarras ; on créa un autre espace à usage de salle d'informatique à la place de l'abri bus qui se trouvait intégré au bâtiment ; on perça un couloir de communication entre la classe 1 (ancienne école des garçons) et la bibliothèque en réduisant local du cadastre ; la façade côté rue fut ravalée. Lors de la rénovation intérieure de la partie où était autrefois l'ancien presbytère (bureau du maire, salle de bibliothèque) on mit à jour un ancien four à pain dans lequel se trouvait une statuette en plâtre de la Vierge à l'Enfant dépourvues de têtes (conservée à la mairie).
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(1) Acte du 17 juin chez Me Gaillet, notaire à Villeneuve-sur-Bellot.(2) Délibération du Conseil municipal du 28 mai (Archives communales).(3) Délibération du Conseil municipal du 7 août (Archives communales).(4) LECAMUS (H.), Monographie communale, Sablonnières, 1888 (manuscrit Archives départementales de Seine-et-Marne, 30Z354).(5) En 1861, les latrines de l'école se trouvaient à l'arrière du bâtiment de la pompe.(6) Rosa Adélina Jacquot était née à Cerneux le 22 septembre 1832. Elle mourut célibataire le 22 décembre 1913 à Rebais où elle résidait place de l'Hospice.(7) Son testament du 10 juillet 1869 fut reçu par Me Deshors, notaire à Rebais. Le legs qu'il contenait au profit de la commune reçut l'accord du Conseil municipal (Délibération du Conseil municipal du 26 août), du frère de la défunte institué légataire universel (Acte du 2 novembre, passé chez Me Deshors) et du sous-préfet (Décision du 2 octobre). Le mobilier en question fut estimé à 65 francs.(8) La date exacte de cet acte n'a pas été retrouvée.(9) La commune louait pour un loyer annuel de 260 francs plusieurs pièces et, en guise de cour de récréation, une partie de jardin plantée d'arbres fruitiers.(10) Délibération du 17 juin 1875 autorisant l’acquisition ; délibération du 8 août votant un nouveau crédit pour financer l’opération ; autorisation préfectorale du 15 juillet 1876 (Archives communales).(11) Délibération du Conseil municipal du 13 février 1876 (Archives communales).(12) Délibération du Conseil municipal du 26 novembre 1876 (Archives communales).(13) Bouttour et fils, plâtrier à La Ferté-sous-Jouarre ; Garnier, maçon au Rousset pour les plafonds, cloisons, carrelage et autres tâches, Eugène Maillet et Louis Davenne, charrons à Sablonnières ; Bellissant pour la couverture ; Boyer, menuisier à Sablonnières, pour les huisseries et la réparation de tables ; Minoufflet pour la ferronnerie...(14) Délibération du Conseil municipal du 31 mai 1881 et approbation préfectorale du 26 juillet de la même année (Archives communales).(15) Délibération du Conseil municipal du 18 mai 1882 (Archives communales).(16) Devis estimatif de travaux du 20 août 1907 (Archives communales).(17) Délibérations du Conseil municipal des 2 février et 14 avril 1907 (Archives communales).(18) Délibération du 7 décembre 1911 ; approbation le 29 janvier suivant par le ministère de l'Instruction publique qui alloua à la commune une subvention de 8 360 francs le 18 avril 1913 ; arrêté préfectoral du 9 mars 1912 autorisant la commune en souscrire un emprunt de 17 500 francs sur trente ans, gagé par une imposition extraordinaire (Archives communales). (19) Délibération du Conseil municipal du 26 juillet 1914 (Archives communales).(20) Procès-verbal de réception du 6 février 1920 (Archives communales).(21) LEFÈVRE (Pierre), Travaux scolaires préparés en vue de l'Exposition universelle (Archives communales).(22) Un arrêté préfectoral du 31 août 1876, pris en application d'un décret présidentiel du 3, autorisa une imposition extraordinaire pour financer l'acquisition et les travaux d'appropriation d'une nouvelle maison d'école.(23) Né à Sablonnières le 26 décembre 1865.(24) LEFÈVRE (Pierre), Travaux scolaires préparés en vue de l'Exposition universelle (Archives communales).(25) Délibération du 14 décembre 1884 (Archives communales).(26) Délibération du Conseil municipal du 15 novembre 1885. Le Conseil Général accorda la même année une subvention de 500 francs (Archives communales).(27) En 1905, le carrelage du sol de la salle de classe fut remplacé. En 1908, une horloge achetée au prix de 1 005 francs pose comprise à l'horloger Le Cacheur de Château-Thierry, fut installée sur le toit du bâtiment moyennant l'intervention d'un architecte, ainsi que des travaux de maçonnerie et de charpente qui coûtèrent 1 600 francs à la commune. En 1913, des réparations furent effectuées dans la classe et dans le logement de l'instituteur (délibération du Conseil municipal du 27 juillet 1912 - Archives communales). En 1920, la toiture du préau et des WC fut refaite. Le préau fut dallé en 1923 (facture Lourdin-Perrin à Hondevilliers) et des travaux de couverture avec dépose d'une ancienne cheminée furent effectués en trois ans plus tard.(28) Délibération du 13 septembre (Archives communales).(29) Délibération de la commission des bâtiments communaux, du 6 juin 1926 (Archives communales).(30) Délibération du 16 septembre 1927 (Archives communales).(31) Facture Couteau et, facture Deneufchâtel du 26 décembre (Archives communales).(32) Facture Delambre du 10 octobre pour la réparation des portes des WC (Archives communales).(33) Facture Roger Vieux du 20 novembre pour des travaux d'électricité (Archives communales).(34) Facture Delambre pour des travaux de menuiserie (Archives communales). (35) Délibération du Conseil municipal du 28 mars 1952 (Archives communales).(36) Délibération du Conseil municipal du 10 juillet (Archives communales).(37) Délibération du Conseil municipal du 27 novembre (Archives communales).(38) Délibération du 18 novembre 1953 (Archives communales).(39) Délibération du Conseil municipal du 5 novembre 1954 (Archives communales).(40) Délibération du Conseil municipal du 17 octobre 1955 ; factures Couteau Frères de 1955 et 1956 pour les travaux de couverture (Archives communales).(41) Délibération du Conseil municipal du 13 janvier 1958 (Archives communales).(42) Délibération du Conseil municipal du 18 octobre (Archives communales).(43) Délibération du Conseil municipal du 13 décembre 1972 (Archives communales).