MADJID BOUKERROU : L’ARCHITECTE ET LA MÉMOIRE VIVANTE DU VOLLEY-BALL CONSTANTINOIS

​(Par Aït Kaki Abdelhakim ancien volleyeur)

​À travers les décennies, l’histoire sportive de la cité antique du Vieux Rocher s’est écrite grâce à des figures d’exception dont le dévouement dépasse le cadre strict des terrains.

​Alors que les archives numériques ne restituent qu'imparfaitement la ferveur des pionniers du volley-ball constantinois, il est de mon devoir d’apporter cet éclairage historique et de rendre un hommage vibrant à l’un de ses plus illustres serviteurs : Madjid Boukerrou.

​Joueur d'élégance, technicien rigoureux et figure tutélaire de notre sport, il incarna durant toute sa carrière l'excellence, la discipline et la vision du haut niveau.

​ L'ÈRE GLORIEUSE DU MOC HISTORIQUE (ANNÉES 60)

​C’est au sein du MOC (Mouloudia Olympique de Constantine) que Madjid Boukerrou écrit les premières pages de sa légende. Au sein de ce MOC historique, il s’impose rapidement comme un joueur d’une intelligence tactique supérieure.

​Sur le terrain, il compensait un gabarit ordinaire par :

​Un sens aigu du placement

​Une lecture parfaite du bloc adverse

​Une discipline défensive impénétrable

​À ses côtés évoluait une constellation de coéquipiers emblématiques :

​La fratrie Allouache : Tayeb, Salah, le grand international Hacene, et le jeune Djamel.

​La famille Belhadj : Mostepha Mourad, Malik, Toufik et Nadir.

​Dans des enceintes mythiques chauffées à blanc (Stade de Bellevue, CACC, Salle Omnisports, Complexe Benabdelmalek), le MOC livrait des batailles mémorables face aux géants de la capitale (NAHD, MCA) ou de Béjaïa (BB).

​ LA TRANSITION VERS LE CS CONSTANTINE

​Au milieu des années 1970, il range son maillot pour embrasser la vocation d'entraîneur au CS Constantine (Chabab Sakhr Cirta / Chabab Mécanique de Constantine).

​Sur le banc des Vert et Noir, son impact est immédiat. Il prend sous son aile et façonne une génération dorée de joueurs majeurs :

​ Le défunt Bendakir

​Salim haoum

Zbiri abbes

Nahal mabrouk

​Selib mohamed

​et leurs coéquipiers.

​Sa méthode ? Une détection pointilleuse dans les clubs et l'inculcation d'un esprit de gagne fondé sur la rigueur.

​ LE GRAND UNIFICATEUR DE LA "BALLE HAUTE"

​La véritable grandeur de Madjid Boukerrou réside dans son statut unique de grand unificateur. Dépassant les rivalités de clocher, il a porté un projet visionnaire : rassembler les forces vives entre tous les clubs de la cité :

​ MOC (son club de cœur)

​ CSC

​CACC

​WRMC et l'ensemble des formations locales.

​Il a ainsi créé un véritable pôle d’excellence régional, respecté aussi bien chez les Sanafir que chez les Mocistes.

​ UNE APPROCHE SCIENTIFIQUE DU JEU

​Loin de s'appuyer uniquement sur l'expérience du terrain, il a toujours abordé le volley-ball avec un solide bagage intellectuel et une méthodologie scientifique éprouvée.

​Entraîneur moderne, il concevait la préparation tactique et la gestion des hommes à travers des principes structurés, élevant durablement le niveau de formation de ses joueurs.

​ LA DIMENSION NATIONALE (1981)

​En 1981, il est appelé par la FAVB pour codiriger l'Équipe Nationale d'Algérie aux côtés du technicien soviétique Igor Zabelin.

​À la tête de la sélection, il s'attaque à deux chantiers majeurs :

​La transition générationnelle après les Jeux Africains de 1978.

​L'ouverture aux talents de l'intérieur (Constantine, Béjaïa, Sétif), brisant le monopole des clubs de la capitale.

​ UN HÉRITAGE IMMORTEL

​Aujourd'hui encore, lors des jubilés et rassemblements mémoriels, la présence de Madjid Boukerrou force le respect. Rendre hommage à cet homme, c'est célébrer une époque où le sport était synonyme d'élégance, de passion et de noblesse d'esprit.

​ N'hésitez pas à aimer, commenter vos souvenirs et partager ce chapitre de notre mémoire sportive !