LES ROSES ACROBATES
On chante, on court sur les chemins
Qui montent, charmants, vers les crêtes.
Les hêtres élégants, les pins...
Inclinent sagement la tête
Et ouvrent en grand leurs yeux verts...
Sauf le sorbier qui somnole.
Mille chenilles processionnaires,
Elles, dansent leur farandole
Au milieu des mûriers
Nous menaçant de leurs épines.
Nous ne cessons pas de grimper
— Comme Cérès et Proserpine —
Escaladant dans l'estivale
Moiteur les roches granitiques,
Disposées comme par Dédale,
Dont les arêtes faméliques
Crèvent le ciel comme des crocs.
Sur sa bouche, une chansonnette :
Un couplet de coquelicots
Qui sous les sapins pirouette ;
Un refrain de rose écarlate
Qui semble prendre vie, qui bouge !
« Ce sont les roses acrobates
Déguisées en groseilles rouges… »