Chaque semaine, pendant trois mois, nous avons animé des lectures interactives. Celles-ci avaient pour but d’exposer les élèves à diverses cultures et à de nouveaux mots de vocabulaire. Un élément déclencheur permettait d’introduire chaque livre que ce soit par la lecture d’une carte postale, l’écoute d’une chanson ou la présentation d’un vêtement traditionnel. Pour ce fait, nous avons lu dix livres, chacun visant à présenter une culture différente ou à partager la passion des mots et de la lecture. Durant les animations, nous avons échangé avec les élèves afin d’enrichir leur vocabulaire et d'approfondir leur compréhension et leur appréciation de l’œuvre. Les lectures étaient suivies par des activités ludiques permettant de consolider les acquis. Le tout visant à éveiller les élèves aux différentes cultures ainsi qu'à développer leur vocabulaire.
Le premier objectif était de présenter des albums jeunesse traitant de différentes cultures. Par ces œuvres, les élèves étaient exposés aux traditions, aux valeurs et aux pratiques typiques propres à un groupe culturel. Lorsque la culture représentée est différente de celle de l’élève, cela favorise une compréhension plus approfondie et une plus grande acceptation de la différence culturelle. En contrepartie, lorsque sa culture est représentée, l’élève peut avoir une meilleure estime de soi et être plus motivé à l’école. Les particularités culturelles présentes dans les albums ont été discutées avec les élèves au cours de la lecture interactive ; ceux-ci étaient encouragés à réfléchir et à faire des parallèles avec leur propre expérience. Par la suite, un aide-mémoire a été conçu pour chaque livre afin de garder des traces des éléments culturels abordés.
Le second objectif poursuivi par les lectures interactives consistait à enrichir le vocabulaire des élèves. Grâce à la lecture des albums jeunesse, les élèves ont pu se familiariser avec de nouveaux mots dans un contexte authentique et riche de sens. Dans chaque œuvre, nous avons sélectionné un nombre restreint de mots afin que les élèves soient en mesure de les maitriser. Les mots ciblés étaient ceux qui avaient le potentiel d’être réinvestis dans divers contextes tant à l’oral qu’à l’écrit (p. ex., raffole, coutume, fondre en larmes). Afin de développer adéquatement le vocabulaire des élèves, chaque mot inconnu a été expliqué dès qu’il était rencontré à l’aide d’une définition que nous avions produite au préalable. Après la lecture, pour consolider l'apprentissage de nouveaux mots, des activités ludiques ont été réalisées. Les mots nouveaux ont aussi été affichés au mur et leurs définitions ont été colligées dans un carnet de voyage intitulé « Des mots en souvenirs ».
Après chaque lecture interactive, nous avons présenté une saynète inspirée de l'album jeunesse afin d'introduire les périodes d'écriture. Ces saynètes visaient à exposer principalement les élèves aux mots enseignés ainsi qu'à générer des discussions autour des différents aspects de l'écriture (syntaxe, ponctuation, cohérence, etc.). Par la suite, les élèves étaient invités à composer, en équipe de deux ou trois, une courte saynète à partir d'un moment marquant de l'histoire. Cette activité était l'occasion de réinvestir les mots appris tout en développant les compétences en écriture. Tout au long de la rédaction, les élèves ont pu compter sur notre soutien indéfectible.
Une fois les lectures interactives terminées, les élèves ont conçu de toutes pièces une saynète comme projet intégrateur. Ils ont été encouragés à inclure dans leurs écrits des éléments culturels et des mots de leur choix provenant des différentes œuvres lues au cours des semaines précédentes. Pour ce faire, ils pouvaient consulter l'aide-mémoire culturel et les carnets de voyage «Des mots en souvenir». Les élèves ont illustré leurs saynètes avec des dessins riches en couleur. Par la suite, nous avons imprimé sous forme de livrets les textes et les illustrations .
Avec l'accord des jeunes auteurs, nous avons mis les textes des saynètes disponibles sur ce site. Nous souhaitons que celles-ci soient réutilisées comme matériel pédagogique et comme source de divertissement. Grâce aux saynètes, nous espérons que vos élèves développeront eux aussi le goût de la lecture tout en ouvrant leur esprit aux autres cultures.
Les élèves ont donné vie à leurs saynètes à l'aide de marionnettes qu'ils ont confectionnées. Ils ont eu l'occasion de répéter leur texte en classe à plusieurs reprises afin de travailler leur fluidité de lecture. Puis, nous avons enregistré les saynètes et les avons mises en ligne. Pour clore l'aventure, tous les élèves de l'école ont été conviés à assister à la présentation du projet. Lors de cet évènement, les élèves ont pu feuilleter les livrets de chacun des théâtres de lecture et admirer les maquettes les représentant. Les vidéos des saynètes furent diffusées sur grand écran pour le grand bonheur de tous les spectateurs. Une journée riche en découvertes de l'autre et de sa culture.
Nous avons rapidement constaté les impacts positifs du projet. De façon générale, les élèves se sont impliqués lors des lectures interactives, de l'écriture ainsi que de la mise en scène de leurs saynètes. Les élèves ont également démontré un engouement à parler de leur culture et à en découvrir de nouvelles. Plusieurs élèves ont d'ailleurs partagé leur vécu avec leurs pairs. À titre d'exemple, lors de la lecture du livre Le baiser mauve de Vava, une élève originaire d'Haïti a parlé des plats traditionnels de son pays. Après la lecture d'Asha, les élèves voulaient en savoir davantage sur les saris. Nous avons donc discuté de la particularité de ce vêtement traditionnel de l'Inde. De même, les élèves se sont montrés curieux de savoir comment un iglou était construit à la suite de la lecture de Missuk et les oies des neiges. Nous avons constaté que les élèves réussissaient à faire des relations entre les différentes œuvres, par exemple en indiquant des mots ou éléments récurrents (p. ex., la présence de marchés). De plus, les élèves ont démontré une capacité à faire des liens significatifs entre les mots enseignés et leur vécu. Par exemple, lorsque le mot coutume a été enseigné, plusieurs élèves désiraient parler de leurs coutumes.
Les élèves semblent avoir acquis une perception positive d'eux-mêmes par l'entremise du projet. Ils ont eu l'occasion de développer un sentiment de compétence et ont démontré, au fil des semaines, une maitrise des mots enseignés ainsi qu'une meilleure capacité de compréhension des textes. Les mots ont été vus plusieurs fois alors les élèves se sentaient plus à l'aise de les utiliser et étaient fiers de pouvoir les inclure dans leurs saynètes. Tout au long du projet, l'écriture des saynètes a permis de travailler la structure de phrase et la cohérence des idées. Finalement, en pratiquant la lecture de leur saynète, ils ont amélioré leur fluidité de lecture. Tous les élèves ont participé à cette activité avec un intérêt marqué, allant même jusqu'à se glisser dans la peau de leurs personnages en modifiant leur intonation.