« Intérieur Nuit » par Nicolas Demorand
Résumé
Dans ce livre, Nicolas Demorand, brillant journaliste de France Inter, témoigne de sa maladie mentale, qui est la bipolarité, ainsi que de ses années d’errance médicale. Il se livre sur son parcours de ces vingt dernières années pour sa santé mentale. 20 ans de souffrance et seulement 8 ans qu’il a été diagnostiqué.
Depuis 7 mois, Nicolas Demorand est absent de la matinale car il a fait une rechute majeure.
Ce livre est poignant et M. Demorand nous parle à cœur ouvert sur sa maladie mentale, qui pourtant est encore trop stigmatisée. En dépit de sa notoriété, il fait le choix de ne plus se cacher et de se confier.
Il explique, sans zone d’ombre, ses phases dépressives, nombreuses, très nombreuses, son anxiété sociale, son mal être et ses idées suicidaires.
Mais aussi ses phases de manie, avec des achats compulsifs, des sentiments exacerbés et des idées de grandeur.
Entre ces deux phases, presque jamais d’accalmie avant la rechute.
Ce témoignage, il le fait pour lever le tabou sur les maladies mentales, invisibles et peu comprises. Il le dit « Oui, je suis un malade mental. »
Editions Les Arènes
Prix : 18€
"A la demande d'un tiers" par Mathilde Forget
« La folie n’est pas donnée à tout le monde. Pourtant j’avais essayé de toutes mes forces. »
C’est le genre de fille qui ne réussit jamais à pleurer quand on l’attend. Elle est obsédée par Bambi, ce personnage larmoyant qu’elle voudrait tant détester. Et elle éprouve une fascination immodérée pour les requins qu’elle va régulièrement observer à l’aquarium.
Mais la narratrice et la fille avec qui elle veut vieillir ont rompu. Elle a aussi dû faire interner sa sœur Suzanne en hôpital psychiatrique. Définitivement atteinte du syndrome du cœur brisé, elle se décide à en savoir plus sur sa mère, qui s’est suicidée lorsqu’elle et Suzanne étaient encore enfants.
Elle retourne sur les lieux, la plus haute tour du château touristique d’où sa mère s’est jetée. Elle interroge la famille, les psychiatres. Aucun d’eux ne porte le même diagnostic. Quant aux causes : « Ce n’est pas important de les savoir ces choses-là, vous ne pensez pas ? » Déçue, méfiante, elle finit par voler des pages du dossier médical qu’on a refusé de lui délivrer.
Peu à peu, en convoquant tour à tour Blade Runner, la Bible ou l’enfance des tueurs en série, en rassemblant des lettres écrites par sa mère et en prenant le thé avec sa grand-mère, elle réussit à reconquérir quelques souvenirs oubliés.
Mais ce ne sont que des bribes. Les traces d’une enquête où il n’y a que des indices, jamais de preuves.
La voix singulière de Mathilde Forget réussit à faire surgir le rire d’un contexte sinistre et émeut par le moyen détourné de situations cocasses. Sur un ton à la fois acide et décalé, elle déboussole, amuse et ébranle le lecteur dans un même élan.
Editions Grasset
Prix : 16 €
"A la folie" par Joy Sorman
« Ce jour-là j’ai compris ce qui me troublait. Peut-être moins le spectacle de la douleur, de la déraison, du dénuement, que cette lutte qui ne s’éteint jamais, au bout d’un an comme de vingt, en dépit des traitements qui érodent la volonté et du sens de la défaite, ça ne meurt jamais, c’est la vie qui insiste, dont on ne vient jamais à bout malgré la chambre d’isolement et les injections à haute dose. Tous refusent, contestent, récusent, aucune folie ne les éloigne définitivement de cet élan-là. »
Durant toute une année, Joy Sorman s’est rendue au pavillon 4B d’un hôpital psychiatrique et y a recueilli les paroles de ceux que l’on dit fous et de leurs soignants. De ces hommes et de ces femmes aux existences abîmées, l’auteure a fait un livre dont Franck, Maria, Catherine, Youcef, Barnabé et Robert sont les inoubliables personnages. À la folie est le roman de leur vie enfermée.
Editions Flammarion
Prix 19 €
"Un frère" de David Thomas
« Pendant presque quarante ans, il aura été là sans plus vraiment être là. Lui, mais plus lui. Un autre. »
David Thomas raconte le combat de son frère contre cette tyrannie intérieure qu’est la schizophrénie. Sa dureté, sa noirceur, ses ravages. Depuis la mort brutale d’Édouard jusqu’aux années heureuses, il remonte à la source du lien qu’il a eu avec son aîné et grâce auquel il s’est construit. Lors de ce cheminement, il s’interroge : comment écrire cette histoire sans trahir, sans enjoliver ? Écrire pour rejoindre Édouard. Le retrouver.
David Thomas est l’auteur de plusieurs romans et recueils d’instantanés parmi lesquels La Patience des buffles sous la pluie ou Seul entouré de chiens qui mordent (prix de la nouvelle de l’Académie française 2021). Son dernier livre, Partout les autres, a été couronné en 2023 par le prix Goncourt de la nouvelle.
Editions de l’olivier
Prix 19.50 €
« Mon vrai nom est Elisabeth » par Adèle Yon
Un premier livre singulier et hautement maîtrisé. Un roman-thèse frappant, politique et sensible.
Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C'est à peu près tout. Les enfants d'Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n'en parlent pas à leurs enfants qui n'en parlent pas à leurs petits-enfants. "C'était un nom qu'on ne prononçait pas. Maman, c'était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c'était un non-sujet.'
Mon vrai nom est Elisabeth est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l'enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l'essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l'hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d'une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.
Prix littéraire du Nouvel Obs.
Prix Essai France Télévisions.
Prix littéraire du barreau de Marseille.
Editions du sous-sol
Prix 22 €
« Bipolarité, Mon Amie… » par Philippe Baratier
Le trouble bipolaire…Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça signifie ? Quand cela arrive-t-il ? Pourquoi ? Comment ? Est-ce un déséquilibre chimique chronique du cerveau, une maladie terrible, ou bien est-ce seulement un problème qui tente de trouver une solution ? Après 20 ans d’expérience, l’auteur décrit sa vision du trouble bipolaire et propose une approche originale à sa compréhension et à sa gestion. Philippe BARATIER est un ingénieur français des télécommunications. Il y a 20 ans, il entre dans un trouble bipolaire sévère, qui détruira ses vies familiales et professionnelles. Dans ce livre, il relate sa vie de bipolaire, ses relations avec les psychiatres et les médicaments, ses grands délires. Il est stabilisé maintenant et dispense beaucoup de conseils aux bipolaires et à leur famille au sujet de la gestion de la maladie. Il donne aussi un sens au trouble bipolaire et présente ses projets sur le sujet.
Auto édition Amazon
Prix 13 €
« Ensemble, on aboie en silence » par Gringe
« Il y avait cet énorme chêne près des toilettes des garçons, sur lequel je reproduisais les coups de pied retournés du Chevalier Lumière, pour envoyer un signal aux inconscients qui t’auraient cherché des noises. Il ne pouvait rien t’arriver. Tu avais un frère dans la cour des grands, qui maîtrisait en théorie les rudiments du karaté et qui veillait sur toi. En théorie. Dans la pratique, ta garde rapprochée laissait parfois à désirer. »
Deux frères. L'un, candide, l'autre, rageur.
Leurs parents ont mis au monde la parfaite antithèse.
Quand Thibault fonce, Guillaume calcule.
Si Thibault tombe, Guillaume dissimule.
Prise de risque contre principe de précaution.
L’amour du risque face à l’art de ne jamais perdre.
En 2001, Thibault est diagnostiqué schizophrène. À cela, un Chevalier Lumière ne peut rien.
Sa bascule, il fallait la raconter. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir. Alors Thibault a accepté de livrer ses folles histoires. Et ses voix se sont unies à celle de son frère.
Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille.
À partir d’une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.
« Un récit sans complaisance, une déclaration d'amour fraternel. »
Delphine de Vigan
Editeur : Harper Collins Poche
Prix : 7.30 €
« Et c'est moi qu'on enferme » par Philippa Motte
« Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu’ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée. »
À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C’est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s’allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d’une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c’est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent.
Editeur : Stock
Prix : 20.50 €
« Une vie de fêlé » par Jonathan Boismard
Reporter embarqué dans la vie ordinaire d'un fêlé, Jonathan Boismard nous plonge au coeur de la psychiatrie dans les méandres de la violence, de la léthargie. Enfermé dans les diagnostics, discours et molécules qui étouffent, l'auteur lance un cri contre tout ce qui rabote, calibre et prétend le contraindre dans un moi stabilisé, unifié. Un livre hybride de résistance où se mêlent billets comme sautes d'humeur, une lettre à sa première psychiatre, un monologue avec sa boîte de médocs, des murs et des lits qui rêvent d'abattre l'institution, un manifeste bipolaire qui ne passera jamais sur France Inter. Essai thérapeutique pour un échec clinique, une vie de fêlé qui ne se laisse pas défaire.
Editeur : Lundimatin
Prix : 14 €
« Barge » par H.K.
Trois bouffées délirantes, dix ans de vie, trente carnets, rassemblés dans un petit livre : Barge. H.K., l'autrice, y fait s'entrechoquer des bouts de son journal intime, des extraits de son dossier médical et les lettres de ses proches, inquiets de la voir partir en vrille à vingt ans. Barge, c'est aussi le récit d'un long cheminement vers l'apaisement : faire le deuil du délire et renouer avec le commun. Enfin, Barge est un prétexte pour parler de la folie et du sort que la société lui réserve. Paru en auto-édition en décembre 2019, le livre a été réimprimé trois fois, et continue sa route. H.K., l'autrice, est aujourd'hui paire-aidante dans un petit hôpital psychiatrique du Tarn.
Editeur : Chien rouge
Prix : 12 €