Index des actes transcrits ou annotés
Index des actes transcrits ou annotés
Contexte
Nous sommes le 25 mars 1727 à Saint-Jean d'Angély. Louis XV règne depuis douze ans sur le Royaume. Son épouse, la reine Marie Leszczyńska, est enceinte de deux jumelles qui verront le jour quelques semaines plus tard (le 14 août). Le 26 mars se tiendra la cérémonie de mariage entre Jean ROCHER et Marthe FRADIN. Vous pouvez positionner ces deux personnes dans notre arbre généalogique en cliquant ici : ☸ et en remontant la branche de la famille ROCHER à partir d’Élisabeth, la grand-mère de notre grand-père Pierre JUBIEN.
Objet
L'acte notarié est un contrat de mariage entre Jean ROCHER et Marthe FRADIN établi par maître Jean-Baptiste ROBINET, notaire à Saint-Jean d'Angély, ville de naissance des deux futurs époux.
Outre la description des biens et des obligations de chacun, le document contient une liste des membres des deux familles. Nombre d'entre eux ont pu signer le document en bas de la quatrième page, ce qui révèle un certain niveau d'éducation pour l'époque.
Contexte
François JEAN, bourrelier de métier, a eu 6 enfants de son épouse, Madeleine GUYON originaire, comme lui, de Brioux. En 1839, au décès de son père Gabriel, il hérite d'un immeuble situé à Brioux connu sous le nom de "Café du Centre" ainsi que du petit jardin attenant.
François décède le vendredi 18 juillet 1845 à l'age de 36 ans. Chacun des enfants hérite pour un sixième des biens de leur père mais la succession n'est pas liquidée.
En mars 1847, Madeleine Guyon se remarie avec Auguste SERVANT natif de Châteaurenard dans le Loiret et cafetier de son état.
Objet
L'acte notarié daté du vendredi 9 octobre 1874 officialise la cession du "Café du Centre" par Madeleine GUYON et ses autres enfants à Marie Madeleine JEAN, sa fille cadette.
Madeleine et ses enfants décident de liquider cette succession à l'amiable devant notaire afin d'éviter les "frais considérables" qu’engendrerait la procédure régulière.
Les parties en présence
Madeleine GUYON, veuve de François JEAN, accompagnée de son époux actuel, Auguste SERVANT.
Madeleine Clarisse Félicité JEAN, fille de Madeleine, célibataire, marchande à Brioux, mère de Marie-Louise.
François Gédéon JEAN, fils de Madeleine, bourrelier à Brioux.
Madeleine Adèle JEAN, fille de Madeleine, épouse d'Eugène DUPUY, plâtrier à Brioux. Ils déménageront plus tard à Marans (c.f. acte de 1878).
François Alexandre Léon JEAN, fils de Madeleine, à l'époque bourrelier à Civray et qui sera plus tard cafetier à Marans (c.f. acte de 1878).
Louise Madeleine JEAN fille de Madeleine et épouse de François Alexandre BOURDOIS (dit Ganneau), voiturier à Chef-Boutonne.
Elle est prénommée Madeleine Héloïse ou Louise dans cet acte comme dans celui de 1878. Elle décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1878, à l'âge de 38 ans en laissant 5 orphelins.
Marie Madeleine JEAN, fille de Madeleine, épouse de Ernest DAVID, encore marchand de nouveautés à Rochefort avant la reprise du Café du Centre.
Vue du Café du Centre tel qu'il devait être à l'époque
Vente du Café du Centre et de son jardin à Marie Madeleine
L'immeuble situé à Brioux sur "la route nationale de Poitiers à Saintes", actuelle rue du Commerce, était la propriété de François JEAN suite à d'une donation-partage entre les enfants de son père Gabriel.
La vente inclue également un jardin attenant d'une superficie de 3 ares et 40 centiares.
Le descriptif de la maison est pratiquement identique à celui des actes suivants, à savoir :
une cave,
une cuisine,
un corridor dans lequel se trouve un escalier,
un petit salon,
une grande salle,
deux chambres hautes,
une autre petite chambre haute au milieu d'un corridor au sud de cette petite chambre,
un grenier couvrant le tout.
Elle est délimitée à l'est par la route, au sud par la propriété de Mr. COYAUD, à l'ouest d'un chemin partagé avec sa sœur Félicité et au nord par la maison de cette dernière.
Dans le jardin, il y a un hangar avec une buanderie, un puits avec une pompe
C'est donc Marie Madeleine, avec l'autorisation de son époux, Ernest DAVID, qui rachète les cinq sixièmes de l'héritage à ses frères et sœurs pour un montant de 7.500 francs. Le règlement s'étalera sur 9 paiement annuels, le premier sans intérêt et les suivants à 5% l'an.
Vente d'un jardin à Madeleine et Auguste
Les enfants cèdent à leur mère et à leur beau-père un jardin d'une superficie de 7 ares et 93 centiares situé à Brioux et entouré de propriétés appartenant à Mr Brissons (à l'ouest), à des personnes que nous retrouverons dans d'autres évènements, à savoir, Mr. CHALMOT (au sud), la veuve CHAINTIOUX (à l'ouest) et la rivière au nord.
Madeleine et Auguste ont versé 2.000 francs aux enfants pour l'acquisition de ce jardin.
Contexte
Acte notarié de partage des biens de Madeleine GUYON à ses enfants après son décès.
Madeleine était l'épouse en première noce de François JEAN, décédé en juillet 1845.
De ce premier mariage, elle a eu 6 enfants.
Le 1er mars 1847 elle épouse en seconde noce Auguste SERVANT qui gère le partage de ses biens après son décès en août 1878.
Les parties en présence
Auguste SERVANT, veuf de Madeleine GUYON.
Madeleine Clarisse Félicité JEAN, fille de Madeleine, célibataire, marchande à Brioux, mère de Marie-Louise.
François Gédéon JEAN, fils de Madeleine, bourrelier à Brioux.
Madeleine Adèle JEAN, fille de Madeleine, épouse d'Eugène DUPUY, plâtrier à Marans.
François Alexandre Léon JEAN, fils de Madeleine, cafetier à Marans.
François Alexandre BOURDOIS (dit Ganneau), veuf de Louise Madeleine JEAN (prénommée Madeleine Héloïse ou Louise dans cet acte). En tant que tuteur, il représente ses cinq enfants mineurs : Léon, Alexandre, Clémence, Marguerite et Louise.
Marie Madeleine JEAN, fille de Madeleine, épouse de Ernest DAVID, cafetier à Brioux.
Comme le veut la loi à l'époque, les filles mariées ont dû recevoir l'autorisation de leurs époux respectifs pour participer au partage. Ces autorisations sont traduites par des actes notariés séparés cités ou reproduits dans l'acte de partage.
Objet de l'acte
Afin d'éviter les frais liés à un héritage classique, les enfants JEAN ont souhaité régler le partage des biens issus de la succession de leur père puis de leur mère devant le notaire.
Le montant global net de la succession s'élève à 10.748,40 francs.
Les biens sont listés dans le document. Outre le mobilier, on note une maison à Brioux et plusieurs créances dont une contractée par les époux DUPUY. Le tout est divisé en 6 lots de 1.791,40 francs chacun.
Les meubles de la maison sont vendus à Auguste SERVANT, qui occupe la maison, pour 750 francs.
Contenu
Deux exemplaires de l'acte notarié de vente du "Café du Centre" de Brioux en date du samedi 22 février 1879.
François Gédéon JEAN rachète le Café à sa sœur cadette, Marie Madeleine, et à son époux, Ernest Jean DAVID.
L'acte est établi au domicile de Marie Madeleine et Ernest le samedi 22 février 1879 par maître Charles Louis CAPETTER, notaire à Brioux.
Son prix est fixé à 9.000 francs payables en 5 annuités au taux d'intérêt de 5% par an.
Contexte
A l'époque, Le Café du Centre est situé route de Poitiers à Saintes. C'est l'actuel 29 rue du Commerce ou "Grand-Rue" à l'époque de la carte postale ci-contre.
La maison se compose d'une cave, une cuisine, un corridor avec escalier, un petit salon, une grande salle, deux chambres hautes, une autre petite chambre haute au milieu d'un corridor, un grenier, une cour close avec lieux d'aisance.
Elle possède un jardin de 3 ares avec un hangar, une buanderie, un puits et sa pompe.
L'immeuble partage un passage avec la maison de Félicité JEAN, la sœur ainée de Gédéon.
Madeleine Marie et Ernest DAVID avaient acquis la maison suite à la liquidation de la succession de François JEAN, père de Madeleine Marie et de Gédéon. François JEAN en avait lui-même hérité des ses parents, Gabriel JEAN et Marguerite BEAUCHAMP.
Contenu
Acte en date du 30 octobre 1879 établi par maître CHAIZÉ, notaire à Paizay-le-Chapt.
Il s'agit d'une reconnaissance de dette entre Madeleine Clarisse Félicité JEAN, 47 ans, et Auguste SERVANT, son beau-père alors âgé de 56 ans. Ils résident tous les deux à Brioux.
Félicité s'engage à rembourser à Auguste les 3.000 francs qu'elle lui a emprunté dans un délai de 5 ans au taux d'intérêt annuel de 5%. Elle apporte en garantie sa maison de Brioux. Cette maison est composée
au rez-de-chaussée, d'un magasin, d'une chambre et d'une cuisine dans laquelle se trouve l'escalier menant à l'étage.
au 1er étage, de deux chambres hautes.
d'un grenier
d'une petite cour.
Le document contient également plusieurs bordereaux de créance.
Contexte
Félicité exerce alors la profession de marchande de mercerie à Brioux.
Depuis le mois d'août 1878, Auguste SERAVNT est veuf de Madeleine GUYON, la mère de Félicité. Madeleine et lui s'étaient mariés en mars 1847 après le décès du premier mari de Madeleine, François JEAN. Il n'exerce plus la profession de limonadier suite au partage des biens hérités de François JEAN organisé par Madeleine, et la reprise du Café du Centre par les époux DAVID (voir ci-dessus).
Félicité avait acheté cette maison en octobre 1867 à Eugénie Isabelle BAUSSAY de CHÂTEAUPERT, veuve d'Henri JOURDAIN, docteur en médecine.
L'immeuble donne sur la route nationale. Il est mitoyen avec Café du Centre. On l'aperçoit sur les cartes postales reprises dans cette page.
Contexte
Après le décès de son époux Gédéon JEAN survenu en août 1882, Élisabeth ROCHER souhaite assumer légalement la tutelle de ses trois enfants encore mineurs. Elle réunit un conseil de famille à Brioux afin de désigner un subrogé tuteur qui pourra l'assister.
La réunion se tient le vendredi 08 Septembre 1882 à Brioux sous la présidence du juge de paix du canton, Julien MICHAUD assisté de son greffier, Lucien Alcide CHOLLET.
Les enfants d’Élisabeth et Gédéon
Marie Louise Lætitia, décédée 17 ans auparavant. Elle n'est donc pas citée lors du conseil.
Lætitia Rachel, déjà majeure donc non concernée par le conseil.
Louis Albert, désigné sous le prénom de Albert dans les minutes, âgé de 17 ans.
Marie Louise Augustine, désignée sous le prénom de Marie, âgée de 11 ans.
Madeleine Louise, désignée sous le prénom de Louise, âgée de 9 ans.
Louise épousera plus tard Georges JUBIEN. C'est la grand-mère côté paternel de Jean JUBIEN.
Les membres du conseil de famille
Alexandre Léon JEAN, désigné sous le prénom de Léon dans les minutes.
Léon est le frère de Gédéon. Il a vécu à Civray dans la Vienne avec son épouse Pauline Ismérie PEROT et leur deux filles. Il y exerçait le métier de bourrelier. Au moment du conseil il est âgé de 45 ans et exerce la profession de cafetier à Marans en Charente-Maritime.
François Alexandre BOURDOIS, désigné sous le prénom d'Alexandre dans les minutes.
Alexandre est le mari de Louise Madeleine JEAN, sœur de Gédéon. Il a 41 ans au moment du conseil et exerce la profession de voiturier à Chef-Boutonne. Auparavant, il était chaudronnier.
Ernest Jean DAVID (prénoms inversés dans les minutes).
Ernest est l'époux de Marie Madeleine JEAN, autre sœur de Gédéon. Il a 42 ans en 1882. Il est marchand de chaussures à Rochefort en Charente-Maritime.
Léon MÉMAIN.
Léon est l'époux d'Augustine ROCHER, sœur d’Élisabeth. Âgé de 48 ans, il est horloger à Melle.
Pierre Émile AUBOUIN, ami du couple Gédéon - Élisabeth.
Pierre Émile est instituteur communal à Brioux.
Élisabeth ROCHER elle-même.
Elle est présente en tant que requérante mais ne prend pas part au vote.
Résultat du vote
Le conseil de famille propose Auguste SERVANT comme subrogé tuteur.
Auguste est le mari en seconde noce de Madeleine GUYON, la mère de Gédéon.
Au moment du conseil, il est âgé 59 ans et veuf, Madeleine GUYON étant décédée en août 1878. Il exerce la profession de cafetier à Brioux.
N'étant pas présent initialement, il est appelé à rejoindre la réunion et confirme qu'il accepte la mission confiée par le conseil de famille.
Contexte
Inventaire des biens de Lætitia Élisabeth ROCHER et de ses enfants suite au décès de son époux François Gédéon JEAN
Elizabeth demande cet inventaire afin de pouvoir agir en son nom ou celui de la communauté issue du décès de son mari Gédéon.
L'acte est établi le mardi 24 octobre 1882 par Charles Louis CAPETTER, notaire à Brioux. Il est assisté par Lucien Alcide CHOLLET, greffier à la justice de paix du canton de Brioux.
Ce document est à relier au précédent.
Les personnes concernées par l'acte.
Lætitia Élisabeth ROCHER, mariée sous contrat à Saint-Jean d'Angély avec Gédéon en 1857 et ayant la jouissance des biens de ses enfants mineurs depuis le décès de ce dernier en août 1882.
Les enfants encore mineurs d'Élisabeth
Louis Albert, âgé de 17 ans.
Marie Louise Augustine, désignée sous le prénom de Marie Augustine, âgée de 11 ans.
Madeleine Louise, désignée sous le prénom de Louise Suzanne dans l'acte, âgée de 9 ans.
Lætitia Rachel, fille célibataire d'Élisabeth, âgée de 22 ans.
Auguste SERVANT, veuf de Madeleine GUYON (en seconde noce), mère du défunt Gédéon. Auguste a été nommé subrogé tuteur des enfants mineurs.
L'inventaire
L'inventaire détaillé "prisée", est établi en fonction des immeubles.
Café du Centre : 16 pages d'inventaire estimant le mobilier, le stock (boissons, contenants, vaisselle,...).
A noter :
La garde robe du défunt Gédéon (page 16) : 36 chemises, 3 pantalons, 1 gilet, 1 redingote, 1 jaquette, 6 paires de chaussures, 2 paires de bottines, 1 chapeau, 4 gilets de flanelle, 1 montre avec son boitier en argent, 1 épée.
La garde robe d'Élisabeth (page 16) : 36 chemises, 24 mouchoirs de poche, 12 bas, 6 jupons, 6 camisoles, 12 bonnets de nuit, 2 paires de bottines, 3 robes en mérinos, 2 châles.
L'ensemble est estimé pour 6.213,40 francs.
Un petit appartement servant de bureau de tabac. Du mobilier et le stock.
A noter, en plus du papier à cigarettes, des allumettes, des briquets ou des pipes : un fusil, un pistolet, du matériel lié aux fusils, 500 kg de plomb de chasse, 2.600 douilles, des balles à épervier
Une cour : du matériel, des bouteilles, du petit mobilier
A ce stade, l'estimation s'élève à 7.735, 35 francs.
Suit la liste des papiers dont :
Le contrat de mariage passé en mai 1857 entre Élisabeth et Gédéon détaillé dans l'acte.
L'acte de vente en octobre 1877 d'un pâtis de 3 ares situé aux bassettes à Brioux.
L'acte de vente en février 1879 de la maison de Brioux par Madeleine Marie JEAN et Ernest DAVID, son époux, à Élisabeth.
L'acte de cession en mars 1879 par Élisabeth du fond de commerce de café à Ernest DAVID.
L'acte notarié certifiant le règlement en octobre 1874 des droits liés à la succession de Gédéon.
L'acte notarié certifiant qu'Auguste SERVANT a bien réglé en novembre 1878 les droits de succession suite au décès de son épouse, Madeleine GUYON, mère de Gédéon.
Douze montants liés à des ventes détaillées dans le document ainsi que 3 entrées d'argent liées à des recouvrement de créances.
Un registre mentionnant les crédits accordés par Élisabeth à des clients dans le cadre de son commerce.
Le livre de comptes du Café du Centre.
Une liste de factures à payer par Élisabeth à des fournisseurs.
A la suite de prêts accordés à Louis CAMET et son épouse, Élisabeth ROCHER veuve de François Gédéon JEAN, acquiert en 1891 une maison à Brioux.
en 1894, Louis CAMET et son épouse, Madeleine DANIAU, empruntent de l'argent successivement à Élisabeth puis à Angélique MICHEAU, veuve de Louis CHAINTIOUX. Ils mettent leurs biens en garantie dont leur maison de Brioux.
Un an plus tard, Élisabeth se substitue à Angélique MICHEAU pour le second emprunt et reprend ainsi la totalité des hypothèques.
En 1891, les époux CAMET ne sont pas en situation de faire face aux échéances. Élisabeth récupère la maison hypothéquée moyennant une soulte.
Contexte
Élisabeth ROCHER a perdu son époux, François Gédéon JEAN, depuis un peu moins de deux ans. Elle élève seule ses enfants, dont notre future arrière-grand-mère Louise, avec le soutient de son beau-père, Auguste SERVANT, nommé tuteur (voir acte de 1882 plus haut).
Elle est marchande à Brioux et, en février 1884, accorde un prêt de 1.500 francs à Louis CAMET, agriculteur, et à son épouse, dame Madeleine DANIAU.
Éléments du contrat
Le contrat est signé le 23 février 1884 à l'étude de Me Charles Louis CAPETTER, notaire à Brioux.
Les époux CAMET apportent en garantie les biens détenus en commun et, particulièrement, une maison située à Brioux composée de deux chambres au rez-de-chaussée, d'un grenier et d'un petit jardin d'environ sept ares.
La durée du prêt est de huit ans et les époux CAMETS devront verser 5% d'intérêts annuels à Élisabeth.
Contexte
Bien que n'impliquant pas directement Élisabeth ROCHER au moment de sa signature, ce contrat de prêt a été conservé dans les archives familiales pour les raisons que nous découvrirons un peu plus loin.
Ce sont les mêmes époux CAMET qui, cette fois, empruntent à Angélique MICHEAU, veuve de Louis CHAINTIOUX, la somme de 600 francs.
Éléments du contrat
Le contrat est signé le 28 octobre 1884 à l'étude de Me CHAIZE, notaire à Paizay-le-Chapt.
Les époux CAMET apportent en garantie les même biens que ceux hypothéqués huit mois plus tôt (contrat ci-dessus).
La durée du prêt est de cinq ans et le taux d'intérêts annuel de 5%.
Contexte
Ce contrat fait suite au précédent.
Élisabeth ROCHER reprend à son compte le prêt de 600 francs accordé par Angélique MICHAUD aux époux CAMET en octobre 1884.
Note : la profession donnée par Élisabeth est limonadière.
Éléments du contrat
Le contrat est signé le 29 mai 1885 à l'étude de Me CAPETTER, toujours notaire à Brioux.
Élisabeth verse les 600 francs à Angélique MICHEAU
Les droits d'hypothèque liés au second prêt sont transférés en totalité à Élisabeth.
Contexte
Élisabeth ROCHER rachète aux époux CAMET, la maison qu'ils avaient mise en garantie pour les deux prêts mentionnés ci-dessus.
Le montant de la transaction, 2.557 francs, et compensé à hauteur de 2.297 francs par les créances accumulées par les époux CAMET et apparemment non remboursées.
Éléments du contrat
Le contrat est signé le 13 février 1891 à l'étude de Me MOUILLOT, notaire à Paizay-le-Chapt.
La description de la maison est complétée d'une petite cour. La superficie est de 7 ares et 47 centiares. Elle est située près du Champ de Foire, au n° 248, section D du plan cadastral de Brioux.
La maison est délimitée par la propriété de l'abbé de La Coste au sud et à l'ouest, le chemin de Séligné au nord et un chemin d'exploitation à l'est.
La maison avait été construite par Louis CAMET sur un terrain acquis auprès de Louis Olivier FROTTIER, comte de La Coste, vicaire de la paroisse de Puteaux (département de la Seine). L'acte de vente du terrain est joint au contrat.
Élisabeth s'engage à verser la différence de 267 francs entre le prix de la maison et les créances dues directement aux époux CAMET ou à leurs créanciers.
Contexte
Madeleine Félicité JEAN souhaite vendre sa maison de Brioux et a confié à maître DELAUBIER, notaire à Brioux, l'organisation de sa mise aux enchères.
Sa belle-sœur, Elisabeth ROCHER, veuve de François Gédéon et mère de notre aïeule Louise JEAN, l'épouse de Georges JUBIEN, est présente et semble intéressée par la maison attenante à la sienne.
L'acte est établi le vendredi 29 septembre 1895, soit :
13 ans après le décès de François Gédéon (août 1882) et la mise sous tutelle des enfants (septembre 1882).
11 ans après l'échéance du prêt accordé en octobre 1879 par Auguste SERVANT à Félicité pour lequel cette maison avait été mise en garantie.
5 ans avant la donation d'Élisabeth ROCHER à ses filles et petits enfants.
Les parties en présence
Madeleine Clarisse Félicité JEAN est la sœur de François Gédéon JEAN.
Elle exerce alors la profession de marchande. Elle est célibataire et mère d'une fille, Marie-Louise, née de père inconnu en 1863.
Lætitia Élisabeth ROCHER est la veuve de François Gédéon JEAN. C'est la mère de Louise JEAN, la grand-mère de notre père.
La maison
Il s'agit d'une maison située Grande Rue à Brioux avec un magasin donnant sur la rue, une cuisine à l'arrière, 3 chambres au 1er étage, une chambre et un grenier au second étage, deux cours à la suite avec un cellier, un serre-bois et des lieux d'aisance (les WC).
Cette maison est attenante à celle d'Élisabeth, le Café du Centre.
Félicité l'avait acquise auprès d'Eugénie Isabelle BAUSSAY de CHATEAUPERT, veuve de Henri JOURDAIN décédé à Brioux en mai 1867. Celle-ci agissait en son nom propre et au nom de ses filles Marie Louise Charlotte et Eugénie Louise Camille JOURDAIN.
Les époux JOURDAIN l'avaient eux-même acquise auprès de Henri CRÉPEAU, percepteur à Brioux.
Les enchères
La première enchère n'a pas atteint la mise à prix de 6.400 francs.
Un nouvelle enchère est lancée avec une mise à prix de 6.000 francs. Élisabeth a remporté la vente, aucune autre enchère n'étant intervenue à l’extinction des trois bougies.
Contexte
Élisabeth (Lætitia) ROCHER, veuve de François Gédéon JEAN, organise la donation et le partage des biens du couple à ses enfants.
Élisabeth fait appel à Maître Th. GARDETTE, notaire à Paizay-le-Chapt, pour rédiger et enregistrer l'acte de donation-partage.
L'acte est établi le vendredi 20 avril 1900, soit :
Presque 18 ans après le décès de François Gédéon (août 1882).
18 ans après la mise sous tutelle des enfants (septembre 1882)
5 ans après l’adjudication de la maison de Brioux à Elisabeth (septembre 1895), maison qui fait partie du patrimoine.
Les parties en présence
Élisabeth et ses enfants
Lætitia Élisabeth ROCHER (ou ROCHET suivant les actes), la mère et donatrice.
Sa fille Rachel JEAN, célibataire, demeurant à Brioux avec sa mère.
Sa fille Marie Louise Augustine JEAN, épouse de Émile MASSÉ, bourrelier à Chef-Boutonne.
Sa fille Louise Suzanne JEAN (en fait Madeleine Louise), épouse de Georges JUBIEN, professeur au lycée de La Rochelle. Louise et Georges sont les grands-parents de notre père.
Sa bru Marie MAIN, veuve de Louis Albert JEAN, décédé en avril de l'année précédente, qui agit en tant que représentante de leurs deux enfants mineurs.
Albert Henri François JEAN
Émile Roger JEAN
Émile MASSÉ (époux de Marie Louise Augustine), en qualité de tuteur des deux enfants mineurs de Louis Albert et Marie.
Note : Élisabeth et Gédéon ont eu une première fille, Marie Louise Lætitia, qui n’est pas mentionnée dans l'acte car décédée au moment de cette donation.
Les Témoins
Auguste SERVANT, propriétaire à Brioux.
A l’époque, Auguste est le beau-père d’Élisabeth. La mère d’Élisabeth, Madeleine GUYON, l'a épousé en secondes noces le 1er mars 1847 après le décès de son premier mari, François JEAN, en juillet 1845.
Par ailleurs, à la demande d’Élisabeth, Auguste a été désigné tuteur de ses enfants mineurs en septembre 1882 (c.f. acte notarié de mise sous tutelle).
Paul Martial RAULT, coiffeur à Brioux.
Les biens objets de la donation partage
Liste des biens
La somme de 8.000 francs provenant de la vente du "Café de Centre", Grande Rue à Brioux.
Cet immeuble a été vendu à Élie GIRARD et Marie Louise VIGIER le 18/04/1900 par Élisabeth ROCHER. Le paiement reste percevoir, 6.000 francs le 29/09/1900 et 2.000 francs le 29/09/1901.
L'acte d'achat du Café du Centre par François Gédéon JEAN en 1879 est disponible ci-dessus.
Un pâtis (définition Larousse : "Terre labourable laissée en herbe et pâturée") de 3 ares situé aux bassettes à Brioux. Estimation : 150 francs.
Note : Gédéon et Élisabeth avaient acquis ce terrain en octobre 1877 auprès de François LEVEQUE, hongreur à Vezin, et Françoise AUDONNEAU, veuve de Jean LEVEQUE, domiciliée à Lusseray pour la somme de 200 francs.
La maison de Brioux située Grande Rue, attenante au Café du Centre. Descriptif dans le document. Estimation : 5.500 francs.
Cette maison avait fait l'objet d'une mise aux enchères par Félicité JEAN remportée par Élisabeth et décrite ci-dessus.
La maison de Brioux située près du Champs de Foire. Descriptif dans le document. Estimation : 3.500 francs.
Cette maison avait été acquise en 1891 par Élisabeth au titre d'une garantie de prêt qu'elle avait accordé aux époux CAMET.
Un pré de 45 ares situé à la petite rivière à Brioux. Estimation : 1.800 francs.
Élisabeth avait acquis ce pré en mai 1885 suite à une vente à réméré de Émile RAULT et sa femme Rosalie CHAINTIOUX. L'option de réméré n'ayant pas été exercée, Élisabeth en est devenue pleinement propriétaire en mai 1890.
Deux titres au porteur sur l’État Français à 3%. Estimation au cours de la bourse : 2.018 francs
Trois obligations au porteur de la Compagnie des Chemins de Fer de Paris à Orléans de 500 francs à 15 francs d'intérêt par an. Estimation au cours de la bourse : 1.351,50 francs
Quatorze obligations au porteur du Crédit Foncier de France de 500 francs à 3% d'intérêt par an. Estimation au cours de la bourse : 6.139 francs
Une somme de 761,50 francs.
Montant de la donation
Le montant total s'élève à 29.220 francs, soit 7.305 francs pour chacun des quatre bénéficiaires.
Répartition des biens
Les biens listés sont répartis en quatre lots pour une valeur de 7.305 francs chacun. La composition des lots est donnée dans le document.
Les lots sont attribués aux trois filles et aux petits enfants par tirage au sort.
Élisabeth conserve l'usufruit du lot attribué à ses petits enfants ainsi que des titres.
La maison près du Champ de Foire fait partie du lot attribué à Louise, l'épouse de Georges JUBIEN.
Informations complémentaires
Les frais de la donation sont réglés par Élisabeth.
Émile MASSÉ et Marie Louise JEAN sont mariés sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts avec contrat de mariage déposé chez Me LELAUBIER à Brioux le 21/09/1890.
Georges JUBIEN et Marie Louise JEAN sont mariés sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts avec contrat de mariage déposé chez Me LELAUBIER à Brioux le 28/02/1897.
Émile MASSÉ a été nommé tuteur des enfants mineurs de Louis Albert JEAN et de Marie MAIN par le juge de paix du canton de Brioux le 17/05/1899.
Cette rubrique reprend les actes retrouvés dans les papiers du grenier, les minutes ou les répertoires chronologiques établis par les notaires et mis en ligne par les archives départementales mais pour lesquels je ne dispose pas du document complet.
Les descriptifs peuvent toutefois nous donner une idée du contenu et apporter un éclairage sur les évènements.
Contexte
Henry CHALMOT est le père d'Alexandre qui épousa Marie Marguerite JEAN ☸ en avril 1828. Henry est né et vit à Paizay-le-Chapt. Il y décèdera en octobre 1816 à l'âge de 78 ans. En décembre1796, il met plusieurs de ses champs en fermage.
Contenu des actes
Le registre contient trois contrats de fermage déposés chez Me Louis Joseph PIPAUD père, notaire à Paizay-le-Chapt.
1. avec Jean BOUCHET le 10 nivôse de l'an V.
2. avec Jacques RAUX le 10 nivôse de l'an V.
3. avec Jean BOUCHET le 12 nivôse de l'an V.
Note : Le registre de Me PIPAUD contient également un acte au nom de Jacques RAGOT, aïeul du côté maternel de Marie-Louise Calista LÉVÊQUE, grand-mère de Maggy.
Contexte
Gabriel-Antoine JEAN est le fils de Gabriel Modeste JEAN et de Marie-Louise AYMARD. C'est le troisième de leur treize enfants.
En 1859, la fratrie ne compte plus que 6 membres, Zoé Victorine (qui épousera deux ans plus tard notre aïeul, le gendarme à cheval Pierre JUBIEN), Antoine Gabriel lui-même, François Laurent, Charles, Azeline (qui a épousé en janvier Félix GARNIER en janvier de la même année) et Alexandrine (la future épouse du gendarme Giles GRATULUS).
L'acte a été enregistré le 12 septembre 1859 à Brioux chez Maître Louis Amable Nelson AUCHIER. La vente elle-même a due avoir lieu un peu avant car Gabriel-Antoine est décédé le 6 septembre.
Dans le texte de l'acte, Zoé et François sont qualifiés de "sœur et frère germains" à la différence de Charles, Azeline et Alexandrine, qualifiés de "autres frères et sœurs". D'après leurs actes de naissances ils sont tous frères et sœurs issus du même père et de la même mère. La seule différence qui pourrait expliquer cette distinction est que, au moment de la vente, Charles et Azeline ne sont pas présents à Brioux et que Alexandrine n'est pas encore majeure.
Contenu de l'acte
" Vente par Gabriel-Antoine JEAN, domicilié à Brioux, à Mlle Zoé Victorine JEAN et François JEAN, ses frère et sœur germains, domiciliés à Brioux, acquérant tant pour eux que pour Charles JEAN, soldat en garnison à Saint-Omer, Azéline JEAN, épouse de Félix GARNIER, domiciliée à Melle, et Alexandrine JEAN, domiciliée à Brioux, leurs autres frères et sœurs desquels ils se portent fort,
du sixième indivis avec les acquéreurs propriétaires des cinq autres sixièmes de tous les immeubles que les acquéreurs et le vendeur possèdent conjointement dans les communes de Brioux et Saint-Romans-les-Melle, consistant en bâtiments d'habitation et de servitudes, cours et jardins;
et du sixième aussi indivis avec les dits acquéreurs propriétaires des cinq autres sixièmes dans divers meubles et effets mobiliers moyennant 3.500 francs pour les immeubles et 170 francs pour les meubles."
Contexte
Marie Marguerite JEAN, fille de Gabriel JEAN et de Marguerite BEAUCHAMP a épousé Alexandre CHALMOT en avril 1828. Ils ont eu un fils, né en 1829, Gabriel Alexandre CHALMOT. Ce dernier a épousé Éléonore POUGNANT avec qui il a eu deux enfants, Alexandre et Victor.
L'acte est rédigé par Maître Louis Amable Nelson AUCHIER, notaire à Brioux, à la demande des parents d'Éléonore POUGNANT le 22 janvier 1860. Les femmes mariées devant à l'époque recevoir l'autorisation de leur époux, Gabriel Alexandre CHALMOT a autorisé Éléonore à accepter la donation la veille devant le même notaire.
Contenu de l'acte
" Donation et partage par Pierre POUGNANT et Madelaine LUNET sa femme, domiciliés à Brioux à :
Pierre POUGNANT;
Marie Virginie POUGNANT, épouse de Joseph GUERIN;
Eugène POUGNANT;
Éléonore Rose POUGNANT, épouse d'Alexandre CHALMOT;
et Mlle Léonide POUGNANT;
domiciliés tous à Brioux, leurs 5 enfants majeurs et seuls présomptifs héritiers, de la nue propriété pour y réunir l'usufruit au décès du survivant des donateurs de tous leurs biens immeubles situés dans les communes de Brioux, Paizay-le-Tort, Vernoux et Villefollet et d'une créance de 4.000 francs, le tout estimé à 1.000 francs de revenu annuel."
Contexte
Gabriel Modeste JEAN ☸ est le père de Zoë, la femme du gendarme à cheval Pierre JUBIEN, parents de Georges notre arrière-grand-père. Apparemment, Gabriel a été condamné en 1858 et l'acte enregistre sa reconnaissance de la décision de justice.
Contenu de l'acte
Acquiescement par Gabriel Modeste JEAN, veuf de Marie Louise AYMARD, domicilié à Brioux, à un jugement d'adjudication rendu contre lui par le tribunal civil de Melle le 26 septembre 1858.
Note : L'adjudication est une vente aux enchères publiques d'un bien immobilier ou mobile après un jugement condamnant le débiteur.
Quelques jours avant son mariage avec Pierre JUBIEN, Zoé JEAN dépose la somme 2.500 Francs chez Me Louis AUCHIER, notaire à Brioux.
Zoé JEAN est décédée le 7 mars 1894. Son époux, Pierre JUBIEN, l'ancien gendarme, hérite et doit payer des droits de succession pour un montant de 65 francs et 25 centimes.
Le document consultable est le reçu de paiement signé par le receveur de la Direction Générale de l'Enregistrement, des Domaines et du Timbre.
Parmi les documents retrouvés dans le grenier de la rue Jourdan, il y avait une copie du testament de Rachel. Il est daté du 10 août, soit moins d'un mois avant son décès.
Elle partage ses biens en quatre parts égales entre les personnes suivantes.
Son neveu et notre grand-père Pierre JUBIEN, le fils de Louise.
Madeleine BIRAULT
Marthe CHÊNE
Roland CHÊNE
Ce testament met en évidence les liens de Rachel avec la famille CHÊNE de Brioux. Marthe (nom de jeune fille Marthe Clémence BIRAULT) a épousé Rémi CHÊNE en juin 1923 a Sauzé-Vaussais. Roland est leur fils. Il faudrait creuser un peu plus savoir pourquoi Rachel laisse les trois quarts de son patrimoine aux BIRAULT / CHÊNE.
Ces liens étroits sont mentionnés dans la lettre adressée à Rachel par Louise et Georges Jubien en juin 1929 à l'occasion de son 69ème anniversaire (voir la page sur Louise & Georges).