N° 1 - août 2023
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extrêmement chaud
extrêmement froid
extrêmement doux
extrêmement violent
extrêmement... Berlin.
Photographie Frankfurter Tor / Berlin © Nathalie LAURO
DIFFUSONS LA POÉSIE SUR TERRE...
Depuis des siècles, la poésie est considérée comme l'une des formes les plus profondes d'expression artistique. Elle touche les fibres sensibles de notre être, transcende les barrières linguistiques et culturelles, et nous invite à explorer les nuances les plus subtiles de la vie. Dans un monde en constante évolution, où les défis de la technologie et de la mondialisation peuvent parfois nous éloigner les uns des autres, sa diffusion devient une nécessité pour retrouver notre humanité commune.
Elle est un langage universel qui transcende les frontières car elle possède un pouvoir d'évocation et de connexion humaine unique. Elle crée des ponts culturels et linguistiques, favorise la compréhension mutuelle et renforce les liens entre les différentes communautés.
Dans un monde où nous sommes souvent submergés par l'information, la publicité et les agressions en tout genre, elle nous invite à ralentir, à nous plonger dans l'instant présent et à méditer sur les aspects essentiels de la vie. Elle encourage à prendre du recul, à développer la pensée critique et à nourrir l’esprit. Elle a le pouvoir de susciter des émotions profondes et de créer des liens d'empathie entre nous. Elle peut nous faire ressentir de la joie, de la tristesse, de l'amour, de la colère et bien d'autres sentiments humains universels. En partageant des poèmes qui parlent de nos expériences, nous créons des espaces d'ouverture, de compréhension et de compassion. La poésie devient ainsi un catalyseur pour promouvoir la paix et l'harmonie sur notre planète.
Elle est intimement liée à la culture et à l'identité d'un peuple. Sa diffusion préserve la richesse de la diversité culturelle. Chaque langue, chaque tradition apporte sa propre perspective et sa vision unique du monde.
En honorant et en diffusant ces différentes voix poétiques, nous célébrons la pluralité et encourageons le respect mutuel.
Diffusons la poésie pour promouvoir l’invitation à la beauté, à la réflexion, à l'empathie, à la diversité culturelle et permettre la connexion entre nous, êtres humains.
© Nathalie LAURO
ART & POÉSIE
LA POUPÉE
ou
« L’Ange amoureux de la poupée »
En sa robe moirée de lune et de songe,
Et son bras levé de danseuse espagnole,
Elle me fixe, d'un ciel serein sans mensonge,
De son âme pure qui, aux Cieux, s'envole…
Son habillage de grâce et de Lumière
Exhale la profonde beauté féminine,
Couronnée d'étoiles comme un Ange fier,
Ses yeux de prunelle, ardemment, nous illuminent…
Comme des pétales de rose posés sur sa robe,
Délicatement subtils en cette pure évanescence,
Des poussières cosmiques poudroient de ses jolis globes,
Comme un rappel à l'ordre de notre secrète conscience…
Cette poupée s'avère si belle qu'elle me baptise,
Comme une fée ou magicienne ensorcelant sa baguette,
Une ferronnière aux doigts incandescents qui attise
Nos entrailles et notre cœur en subterfuge saperlipopette…
Éclatante devant un ancien miroir baroque,
Son ombre triomphante éclaire une bougie,
Messagère au cou brodé d'extraordinaires breloques,
Sauvegardant l'esprit qui rêve et la tête qui rit…
Noëlle ARNOULT - France
Poème et dessin
ODE À MARIE NOËL
Âme élaguée, semblable à une branche nue,
Fausse colombe au chant enflammé et puissant
Toujours confrontée à des murs de silence,
À une porte close dont nous cherchons la clé,
Tu gardes au fond de toi de précieuses reliques
Des chansons populaires et de vieilles histoires,
Où est-il l'amour qui abreuve tes lèvres
Et fait battre ton cœur à briser les serrures
Et les cristaux de glace ?
Où est-il celui qui s'est enfui dans l'ombre
Et qu'un vent misérable au loin a emporté ?
Blanche dans la lumière, tu marches sans un cierge
Et de ta poésie, tu délivres ton or
Toi, Marie, au visage aussi secret qu'un songe,
Tu t'abrites derrière un bouclier d'images
Et tu voles souvent à l'instar de l'oiseau,
Au pays des mirages où l'on vit seul et libre.
Marie-josé PASCAL - France
Extrait du recueil « Lanterne de Papier » Prix Jules Supervielle 2022
attribué par la Société des Poètes Français
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LE TEMPS S'ENFUIT
Le passé s’enfuit et se terre,
Et le futur est incertain.
À l’aube de chaque matin
Le présent est bien éphémère.
Les souvenirs nous tenaillent,
Les mauvais nous font souffrir ;
On aimerait qu’ils s’en aillent
Au diable avant de mourir.
Les meilleurs s’il en existe
Engendrent mélancolie.
Il ne restera que cendres,
Des mémoires embellies.
L’avenir nous épouvante,
Quelquefois nous fait rêver.
Les destins que l’on s’invente,
Toujours, restent à prouver.
L’espoir d’un monde meilleur
Nous anime, nous bouscule.
Que ce soit là ou ailleurs,
Ses aléas nous stimulent.
Le présent s’enfuit déjà
À peine s’est-il découvert.
On ne sait où il s’en va
Et l’on est bientôt hier.
Comment le tenir en vie
Sans qu’aussitôt il s’échappe ?
Il nous nargue, il nous défie.
On l’entend rire sous cape !
Le passé s’enfuit et se terre,
Et le futur est incertain.
À l’aube de chaque matin
Le présent est bien éphémère.
Jean VIVEZ - France
Poème et création
Greco par Cauda
JE SUIS MORT !
Un jour d’août 1978. J’avais 23 ans. Je suis rentré ce jour-là dans Tolède.
Elle s’appelait Marie. Elle aurait pu s’appeler doña Jerónima de Las Cuevas et servir de modèle au Gréco pour donner La Vierge à la peinture.
Les yeux brasillants.
Le cheveu noir.
Les seins bleus.
Tolède. Des rues qui vous aspirent. Vers le haut vers le bas… Chute ascensionnelle.
Tolède, la ville embastillée.
Il y a la montagne ocre des poussières du soleil aux pieds de laquelle sommeille le Tage. Il y a l’Alcazar sévère et géométrique. Il y a la cathédrale cuirassée comme une amazone. Il y a la guerre.
La guerre entre la vie et la mort. Entre le haut et le bas.
J’avais 23 ans. Il faisait une chaleur d’eau. Je ruisselais, battant les pavés disjoints des rues tolédanes. Marie filait comme un poisson dans l’eau. Ma chemise, passée du pâle au foncé, se refermait sur moi comme Tolède l’hermétique me tenait dans ses serres surchauffées.
Résine de pin, naphte, oxyde de calcium, soufre ou salpêtre ; le feu grec (on dit aussi grégeois) rentre par la peau.
Je suis mort.
Je suis mort. Enseveli au ciel. Comme dans la peinture du Gréco, je me trouve (je ne me cherche pas) entre le bas du haut et entre le haut du bas. Au centre du milieu d’autour du tableau. Élancé vers partout, à l’image des longues figures peintes par le Grec.
La peinture est entrée dans Tolède !
Quand dehors la chaleur toujours.
Nous sortîmes sous l’ombre bleuie des lauriers-roses. Marie prononça quelques mots. Un cantique. « Quand tu me regardais tes yeux venaient graver ta grâce en moi, c’est pourquoi tu m’aimais, et les miens avaient le droit d’adorer tout ce qu’ils voyaient en toi. »
Les rues désertes en ce début d’après-midi, cachées des tolédans qui reposaient derrière leurs volets fermés à la chaleur, nous amenèrent à revenir sur nos pas, jusqu’à la cathédrale Sainte-Marie. Revoir le Christ rouge. Revoir Pantoja, Goya, Le Caravage, Titien, van Dyck, Bassano, Ramos, Orrente et Lucas Giordano. Revoir le Transparente de Narciso Tomé, cette chapelle sans mur frappée d’une lumière qui tombe du ciel ouvert par un oculus, un trou de soleil cou coupé. En regard, je redis à Marie la tradition mithriaque qui est de se mettre à nu dans une fosse au-dessus de laquelle on égorge un taureau (le soleil regardé s’identifie avec un homme qui égorge un taureau) et recevoir ainsi une douche de sang chaud.
Ceci est mon sang qui l’affirme.
Marie avait faim. Moi soif. Nous poussâmes jusqu’au Mona Bar, non loin de la cathédrale, calle Tomerias. Marie commanda un codillo deshuesado (un jambonneau désossé) accompagné d’une bouteille de Ribera del Duero.
Viva la muerte ! dis-je en levant mon verre. « Qui conçoit la mort cesse d’appartenir à une chambre, à des proches, il se rend aux libres jeux du ciel. » Je bois à Georges Bataille. Au Bleu du ciel. À la figure de Simone Weil. À la révolution espagnole. Et au Gréco !
Comment regarder Le Gréco ? Avec un œil pinéal de façon à placer une verge au bas de la toile, là où le peintre a posé son point de fuite. Regarde-la dégorger tout autour des langues de foutre opalescentes, des fusées de sperme en fusion, des limaces de semence malléable. En quoi cette « chose» mesure-t-elle tout l’espace du tableau ? Par son érection qui n’est plus que la pensée de cette érection qui la soustrait au vertige de la pensée.
Pour parler comme Godard, il y a de la copulation dans le nom du Grec, Dominico Téotocopuli. Le Gréco fait l’amour à la peinture. L’amour du bien.
Moi aussi, je mange tout ce que je fous, dit Marie en avalant goulûment son codillo.
Dehors, nous séchâmes comme un linge pendu au soleil. Il faisait si chaud que nous eûmes même l’impression que la pierre sous la pression de la lumière bouillonnante claquait comme un coup de fusil.
Comme un coup de fusil…
Jacques CAUDA - France
Extrait de CAMÉRA GRECO, Marest éditeur
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MIGNONNE, ALLONS VOIR SI LA ROSE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
À point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Pierre DE RONSARD - France
(1524 - 1585)
Extrait du recueil « Les Odes » (1550 -1552)
Peinture : François Boucher (1703 - 1770)
Jeune femme avec un bouquet de roses
Bucolique - Dessin de Noëlle ARNOULT
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MES ANNÉES SICILIENNES
Une île de pêcheurs
de couscous au poisson
de rêve d’eaux turquoise
et de chats sur les quais.
J’ai posé mes paquets
et puis je suis restée
bercée par tes bras forts
et tes yeux amoureux.
J’aimais les doux matins
dans le café du port
où j’écrivais sans fin
des poésies d’amour.
Je pense avec bonheur
aux grands pins parasols
et au chant endiablé
des oiseaux du grand large.
Mes yeux clairs de nordique
ont conservé le bleu
le bleu profond et pur...
... mes années siciliennes.
Willa PEETERS - Belgique
Extrait du recueil « Mes années siciliennes » (2015)
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RÉGUGIÉE DANS TES BRAS
À jamais
souveraine de mon cœur
P.A.R.I.S
tu l’emplis de bonheur
tu dissipes l’horreur
tu assèches mes pleurs
Avide
de tes bras
tout de toi
se reflète
en moi
tes senteurs de pluie
tes couleurs de nuit
où brillent les lueurs de ma vie.
Ivana TKACHENKO - Ukraine
Extrait du recueil « De Kiev à Paris » (2022)
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EL DORADO
Bercé au son des vagues, un village sommeille,
Ses ruelles désertes n’accueillant que le vent,
Espèrent voir apparaître les rayons du soleil,
Qui annoncent le retour de tous ses habitants.
La place de l’église, à nouveau animée,
Les terrasses des cafés, débordantes de joie,
Tout est plus savoureux au goût de son marché,
Il est de ces endroits où l’on se sent chez soi.
Et si son cœur ne bat que quelques mois par an,
Quand son âme se repose, derrière les volets clos,
Les souvenirs laissés attendent patiemment,
Que le temps des vacances réveille l’El Dorado.
Laura PILORGET - France
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L’AUBE ÉTERNELLE
Ce soir, comme tous les autres, dans les brumes,
Adossé au pied d’un séquoia, hagard,
Lune livide, sourire vivace, mare,
Reflets putrides, plongeant dans l’amertume.
Les écorces du bois rouge, grattant mon dos,
La sève perfide de ce pachyderme,
Végétal, m’attirant aux horizons ternes,
À mes yeux, rien de moins précieux que ma peau.
Sans fierté, j’aurais pu être un soldat,
Dans l’autre camp, ou même, amant éconduit,
De quelque cause aux sources, mortes, ternies,
Ou bien encore, juste sur mes faux pas.
Soudain, strident, une fractale, vert pale,
Le chant du premier rouge-queue noir se mêlant,
À celui du rouge-gorge, dans mille
Senteurs de vie, belles, serties du jour naissant.
Animent mon cœur, chœurs des pinsons, des merles,
Parée des puissants rayons du brasant,
Furtive ombre orange ; déjà présent,
Même le goupil n’ose, à l’aube éternelle.
Thomas CÉLÉRIER - CA. USA
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SUR LA ROUTE
L’horizon n’est pas tracé
L’acier des aéroports
Noir et argenté
Sur la page renforcée
J’esquisse une fougère
Ciel pisseux poisseux
Au-dessus de l’autoroute
Stoppeurs que l’on regarde rester
Leurs chemins accomplis
Accompagnent notre déroute
L’enfer me ment il n’y a pas qu’ici
L’ailleurs est dedans
Derrière la transparence embuée du plexiglas
La psyché que tu tends devant toi comme une armure à bout de bras
Reflète les traits de mon dessin
Garance voyageuse, plantes glutineuses
Ta peau est lisse et charbonnée
Des petits morceaux de dermes rosés
Marquent l’aube de ton initiale
Cheveux auburn longs et soyeux
Clara, Sofia…
La route est sans limite
Évelyne BERRUERO - FRANCE
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MIRAGE
De bon matin, dans la piscine, eau fraîche,
Tel chaque fois, accomplissant, longueur après,
Longueur, gestes rythmés aux tocs de l’épeiche,
Piquant le fluide, bras fleurets, forts jarrets.
Le liquide d’ordinaire translucide,
Ce matin, me sembla diffèrent, soupçonneux,
Le traitre du royaume des abbasides,
Déjà instillait son poison, serpigineux.
Une brèche, dans la lueur nue du jour pointant,
Je n’y voyais guère, encablures engluées,
Cotonneuses, ne décelant point, s’approchant,
Furtif, droit devant, la fin de ma destinée.
Rupture quantique, artifices ou tromperies,
Il venait, sûr, squale gris, sorti de son trou,
Tigré, émergeant de nulle part, un Jacquou,
Il me croqua, nuage rouge, sans appétit.
Thomas CÉLÉRIER - CA. USA
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ILS SONT PRÉSENTS DANS NOS MÉMOIRES
Ils sont présents dans nos mémoires
Les morts que nous avons aimés.
Ils font partie de notre histoire.
Ils sont là, en nous, à jamais.
On va parfois fleurir leur tombe,
Mais l’essentiel est dans nos cœurs.
Avec le temps la chair succombe.
Nos émotions furent les leurs.
Leur âme est devenue la nôtre ;
C’est ainsi qu’elle leur survit.
Elle vague des uns aux autres,
Elle se promène à l’envi.
Et lorsque nous les rejoindrons,
D’autres se souviendront de nous ;
Alors jamais nous ne mourrons !
Ce rêve est sans doute un peu fou.
Jean VIVEZ - France
Poème et création
LE HASCHICHIN
Dans les grésillements de la résine brune
Que l'homme aux coutelas damasquinés pétune,
Il entend les houris jouer du tambourin
Comme si, déployé sous un grand tamarin,
Un banquet mirifique époinçonnait son âme.
Et dans les rougeoiements de la dansante flamme
Qui s'enfle quand il boit l'acerbe tourbillon,
Il voit d'une ceinture écarter l'ardillon,
Sa chute dévoilant des nudités secrètes.
Le château suspendu comme un nid sur les crêtes
Du Mont Liban renferme, en cette heure d'onyx,
Tout ce dont le Firdaus regorge, en bleus oryx,
Vertes palmes, zéphyrs, ruisseaux, et belles vierges
Pour qui se projeter au-devant des flamberges,
Par celles-ci fauché plongeant, sans un regard,
Au défaut de l'armure un fulminant poignard,
Est délicate cour d'amour, galanterie
Appelant des faveurs de cœur et de féerie,
Des sourires dorés et des embrassements,
Des voluptés sans fin, dans les grésillements...
Florent BOUCHAREL - France
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¡ESTOY MUERTO!
Un día de agosto de 1978. Yo tenía 23 años. Ese día entré en Toledo.
Ella se llamaba María. Hubiera podido llamarse doña Jerónima de Las Cuevas y servirle de modelo al Greco para darle La Virgen a la pintura.
Los ojos rielantes.
El pelo negro.
Los senos azules.
Toledo. Calles que te aspiran. Hacia lo alto, hacia abajo... Caída ascendente.
Toledo, la ciudad embastillada.
Ahí está la montaña, ocre de polvo del sol, a cuyos pies dormita el Tajo. Está el severo y geométrico Alcázar. Está la catedral, blindada como una amazona. Está la guerra.
La guerra entre la vida y la muerte. Entre lo alto y lo bajo.
Yo tenía 23 años. Hacía un calor de agua. Estaba empapado de callejear sobre los adoquines inconexos de las calles toledanas. Marie corría como pez en el agua. Mi camisa, que había pasado de pálida a oscura, se cerraba sobre mí, como Toledo el hermético me retenía entre sus garras recalentadas.
Resina de pino, nafta, óxido de calcio, azufre o salitre; el fuego griego entra por la piel.
Estoy muerto.
Estoy muerto. Sepultado en el cielo. Como en la pintura del Greco, me encuentro (no me busco) entre la parte inferior de la parte superior y la parte superior de la parte inferior. En el centro del medio de alrededor del cuadro. Esbelto en todas las direcciones, como las largas figuras pintadas por el Greco.
¡La pintura ha entrado en Toledo!
Cuando fuera el calor todavía.
Salimos bajo la sombra azulada de las adelfas. María pronunció unas palabras. Un cántico. "Cuando me mirabas, tus ojos venían a grabar tu gracia en mí, por eso me amabas, y los míos podían a adorar todo lo que veían en ti.
Las calles desiertas a primera hora de la tarde, a escondidas de los toledanos que descansaban tras sus persianas cerradas ante el calor, nos hicieron volver sobre nuestros pasos, hasta la Catedral Santa María. Para volver a ver al Cristo Rojo. Para volver a ver a Pantoja, a Goya, a Caravaggio, a Tiziano, a van Dyck, a Bassano, a Ramos, a Orrente y a Lucas Giordano. Volver a ver el Transparente de Narciso Tomé, esa capilla sin muros golpeada por una luz que cae del cielo abierto por un óculo, un agujero solar recortado. Mientras la miro, vuelvo a hablarle a María de la tradición mitraica de meterse desnudo en un foso sobre el que se degüella a un toro (el sol que miramos se identifica con un hombre que degüella a un toro) y recibir así una lluvia de sangre caliente.
Esta es mi sangre afirmándolo.
María tenía hambre. Yo sed. Seguimos hasta el Bar Mona, no muy lejos de la catedral, en la calle Tomerias. Marie pidió un codillo deshuesado con una botella de Ribera del Duero.
¡Viva la muerte!, dije, levantando mi vaso. "Quien concibe la muerte deja de pertenecer a una habitación, a los seres queridos, se entrega a los juegos libres del cielo. Brindo por Georges Bataille. Por el Azul del Cielo. Por la figura de Simone Weil. Por la revolución española. ¡Y por El Greco!
¿Cómo mirar al Greco? Con un ojo pineal para colocar una verga en la parte inferior del lienzo, donde el pintor ha situado su punto de fuga. Mírala escupir por todas partes lenguas opalescentes de semen , cohetes de esperma fundido, babosas de semillas maleables. ¿De qué manera esta "cosa" mide todo el espacio del cuadro? Por su erección, que no es más que el pensamiento de esta erección que lo aparta del vértigo del pensamiento.
Para hablar como Godard, hay cópula en el nombre del griego, Dominico Teotocopuli. El Greco le hace el amor a la pintura. El amor por el bien.
Yo también como todo lo que me da la gana -dijo María, tragando su codillo con avidez-.
Fuera, nos secamos como una sábana colgada al sol. Hacía tanto calor que incluso sentimos que la piedra, bajo la presión de la luz burbujeante, restallaba como un disparo.
Como el disparo de un rifle...
Traduction / Traducción Miguel Ángel REAL
Traduction : Dans l'étreinte de Monaco, une douce évasion, où la véritable essence de la vie prend forme.
Poésie et traduction - Nathalie LAURO
Couverture : aquarelle - Port de Monaco
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LE GRAND CERF-VOLANT
Le papa de Charlotte
ne possède pas de yacht,
il n’a pas le sou pour ça.
Sa fortune est dans sa tête,
c’est un grand cerf-volant
qui emmène la fillette
vers ses rêves d’enfant.
En suivant des yeux la belle
il déroule de la ficelle
la singulière infinité.
La voir étreindre les nuages
blancs comme des peluches
et caresser le bleu des cieux,
ça rend son cœur heureux.
Quand l’oiseau imaginaire
soudain frôle l’écume claire
au large de l’océan,
l’enfant assiste émerveillée
au spectacle des dauphins
émergeant d’une aquarelle
en créant des arcs-en-ciel.
Par la grâce des lumières,
vers l’issue qu’elle préfère,
elle se laisse emporter.
Planant au-dessus des rameaux
d’une forêt de truculence,
elle salue les animaux
qui pour l’accueillir dansent.
Quel que soit le voyage,
peu importe les images,
la gosse vit le ravissement.
Les frasques bienveillantes
de son papa l’enchantent
pourvu qu’en tous lieux et places
il y ait un marchand de glaces.
Marc HONNAY - Belgique
Poème et création
Bonheur du matin - Dessin de Willa PEETERS
L'instant - Peinture d'Ivana TKACHENKO
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LE COMPLIMENT
Il est cette caresse dans une journée morose,
Un petit bout de nous à travers d’autres yeux,
Qui habille de sourires, en vraie métamorphose,
Les visages les plus tristes et sévères envers eux.
Il sait être touchant lorsqu’on le sent sincère,
Mais l’excès de pudeur le camoufle souvent,
Laissant place au regret de la joie qui se perd,
À garder sur le cœur nos plus beaux compliments.
Laura PILORGET - France
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ETERNAL DAWN
This eve, as all before, in mists so cold,
Leaning against my old sequoia, dazed, my senses uncontrolled.
The pallid moon, a vibrant smile, the stagnant lake,
Plunging in putrid reflections, heartache.
The bark of the redwood, scratching at my back,
The treacherous sap of this vegetal pachyderm, a misact,
Pulling me toward long horizons, dull and dim,
Nothing to my eyes, is then less precious than my own skin.
Without a shred of pride, I could have been a knight,
From the other camp, maybe a lover slighted in the fight,
From causes born of sources, dead, tarnished and marred,
Or just, perhaps, following my missteps and scarred.
Suddenly, a fractal, in shades of pale, but vibrant green,
The song of the first black redstart, blending in the morning's first preen,
Along the robin's melody, amongst a thousand scents,
Of life anew, wrapped in the dawning day’s radiant accents.
A choir of finches, blackbirds, stirs my heart's core,
Cladded in astral powerful rays that the entire wood wore.
A fleeting orange shadow, is already in sight,
Even the fauho dares not to approach, in dawn’s eternal light.
Traduction / Thomas CÉLÉRIER - CA. USA
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LES POÈTES NE MEURENT JAMAIS,
LA POÉSIE SAUVERA LE MONDE
Les erreurs de jeunesse se payent parfois cher
Il aurait pu y laisser sa peau, sa chair
L’ hôtellerie, il a donné
Ça c’est du passé
D’accord, le travail anoblit
La poésie aussi
Elle l’a choisi
Il a rebondi
Sociétaire des Poètes Français de Paris
Sa tombe sera bien fleurie
En tête des hits parades
Il est monté en grade
La réalité a dépassé tous ses rêves
Pour écrire, plus de trêve
Déjà, on lui dit « Vous pensez réveillonner ici ? »
« Pourquoi pas s’il y a tout ce qu’il faut et merci ! »
Georges JUANPERE - France
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MIRAGE
In the cool morning light, in the pool's gentle water,
Stroke by stroke, length after length, I do bother,
Movements rhythmical, matching the woodpecker's chatter,
Stirring the liquid, arms as foils, in muscular manner.
The pool's liquid matter, often so clear,
This morning seems different, fills me with fear,
The traitor from lands where the Abbasids steer,
Instills a serpentine poison, its intentions unclear.
A rupture, a breach, in the dawn's tender light,
My vision obscured, in cottony night,
Distances entangle, the end's cruel bite,
Approaches stealthily, a destiny quite trite.
A quantum fracture, or a deceptive jest,
From its hole emerges a shark, with a crest,
Striped, from the void it manifests, a Jacquou, a sudden guest,
Into me, it bites, a red cloud, no hunger in its chest.
Traduction / Thomas CÉLÉRIER - CA. USA
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TOUTES & TOUS NOMADES !
Nomades de tous les vents
nomades de tous les déserts
chasseurs cueilleurs de mots
chasseurs cueilleurs de liberté
cavaliers des steppes sémantiques
Nomades !
franchissons les murs
arrachons les clôtures
annihilons les poseurs de barbelés
chassons les faiseurs de lois scélérates
clownisons les lanceurs de bombes
effaçons les mémoires du BigData
débranchons les caméras vidéosurveilleuses
détricotons les algorithmes
débilisons les soi-disantes I A hi-han hi-han hi-han
Nomades !
nomadisons à l'envi
d'être (s) Libres
YVE BRESSANDE - France
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VENT DU DÉSERT
Au sommet des dunes vives
le vent s’est levé
Le sable
en grains durs et cinglants
mitraille la peau
l’écorche à sang
blesse les paupières
L’horizon
l’infini à portée d’homme
s’est refermé
dans la poussière soufre
qui confond le ciel et la terre
La tempête
masque l’immensité
déporte des masses opaques
assèche les pensées
Poursuivre la marche
au pas des montures qui vont l’amble
inventer un abri
sorte de muraille inconsistante
dont seuls les nomades ont le secret
Tendre la main au thé brûlant
avaler le tragique
mélopée du vivant
Odile STEFFAN-GUILLAUME - France
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PENSÉES DU SOIR
J'aime entendre le sifflement du vent
dans les arbres de la forêt, la nuit
le bruissement des ailes d'anges dans mon cœur et mon âme
J'aime la vie que je croque à pleines dents
comme une pomme verte à la saveur acidulée
J'aime aussi les femmes qui n'ont pas perdu leur féminité
leur charme, leur douceur d'enfant endormi
elles me donnent l'énergie pour les aimer, les chérir
… Être pour elles un havre de paix, de joie et d'apaisement
… Se retrouver à la fin unis, confiants, amoureux
… La définition pour moi du mot « couple ».
Louis LAURO - France
Poème de Fred Hall (US Air Force) découvert lors de ma visite au Musée des Alliés - Berlin
Poem by Fred Hall (Us Air Force) discovered during my visit to the Allied Museum - Berlin
UN POÈTE À L'HONNEUR
Patrick ÉDÈNE
Patrick Édène est auteur, compositeur, chanteur, poète, dramaturge, acteur et cinéaste. Il a écrit, composé, produit et réalisé le film de sa comédie musicale « Le Grand Destin » qui en 2018 a obtenu 15 sélections, nominations et prix dans des festivals internationaux.
patrickedene@noos.fr
Ses ouvrages sont disponibles / BoD ou Bookelis
ÉCRIRE
Écrire, pour moi,
C'est comme une femme enceinte,
Produire de façon paraissant irréelle,
Le doux fruit issu des chaleureuses étreintes
D’un amour semblant magique et pourtant réel.
Des mots, phrases et rimes ont l’air de jaillir
D’un creuset mystérieux mélangeant des pouvoirs
Et, comme la nature qui ne peut faillir
Si on ne la gêne pas, l’œuvre se fait voir.
C’est tendre ou puissant mais ce n’est jamais amer,
Et comme l’enfant qui comble de joie sa mère,
Je me réjouis d’être ainsi devenu le père
D’un poème né de moi et de mes repères !
Ensuite, bien sûr, il me faut l’abandonner
Ou plutôt accepter qu’il parte pour ailleurs,
Mais c’est là, en faisant l’acte de le donner
À la lecture d’autrui, que c’est le meilleur !
HOMMAGE
Photographie de Gaspard-Félix Tournachon dit Nadar (1820 - 1910)
D’UNE FENÊTRE SUR LA RADE
(extraits de La Figure de proue 1908)
1
ENVOL
Dans le creux de ces huit montagnes orageuses,
La baie au soir tombant est comme un bol de lait.
Viens t’accouder devant le port, puisqu’il te plaît
De voir évoluer les coques voyageuses.
Tu ne sais pas le mal et le bien que te font
Ce soir tombant, ce ciel, ce port, ces promenades,
Toi dont l’âme d’oiseau de mer, devant les rades,
Tourne en criant autour des bateaux qui s’en vont.
2
ÉLAN
Personne ne pourra sur la terre savoir
Combien j’aime les silhouettes
Des puissants paquebots ancrés, rouges et noirs,
Dans les ports bleus d’Afrique où tournoient les mouettes.
Ô mes chers paquebots pour un jour à l’écart
Du large où le destin se joue,
Que soit ma face au vent la figure de proue
De vos avants tournés du côté du départ !...
LUCIE DELARUE-MARDRUS
(Honfleur le 3 novembre 1874 - Château-Gontier le 26 avril 1945)
Une poétesse voyageuse qui revendiquait son désir et son indépendance.
Il aura fallu attendre le tout début du XXe siècle pour assister à l’essor créateur des femmes en littérature comme en poésie. Nombre de ces poétesses et romancières de la Belle Époque et des Années folles sont aujourd’hui, à l'exception de Colette, méjugées et le plus souvent oubliées. Elles occupent pourtant une place dans l’histoire de la littérature. Elles illustrent parfaitement la condition féminine à une période où le rôle de la femme est en pleine mutation. Ces poétesses, dont Lucie Delarue-Mardrus une des figures phares du Romantisme féminin avec Anna de Noailles, Renée Vivien, et Marie de Heredia (qui signait ses œuvres Gérard d’Houville) ont ouvert la route à plusieurs générations de femmes.
Dans la lignée des écrivains normands, Flaubert et Maupassant, on trouve Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur en 1874 dans une famille bourgeoise. Écrivaine, voyageuse insatiable au côté de son époux orientaliste, Joseph-Charles Mardrus, grand traducteur Des Mille et Une Nuits, celle qui vécut longtemps dans l’ombre de la Comtesse de Noailles nous offre en héritage un incroyable souffle de liberté.
Après avoir fréquenté le milieu mondain et intellectuel parisien, le couple commence en 1904 un long périple à la découverte du Maghreb et du Moyen-Orient. Chaque rencontre, chaque découverte est l’occasion d’un poème : « Je m’en irai bien loin des villes où vous êtes, /Sans au revoir et sans adieu. Je m’en irai […] J’aimerai ce pays qui n’est pas mon pays, /Je le posséderai dans des mains musulmanes ». Ses recueils suivants, la Figure de proue, Par vents et marées et Souffles de tempête témoignent d’un appétit de vivre et de dévorer le monde. Habitée de culture orientale, maîtrisant parfaitement l’arabe, elle tirera de ses voyages non seulement des romans et de nombreuses poésies mais aussi des conférences sur les harems et les mœurs des femmes arabes.
L’intérêt que l’on porte aujourd’hui à Lucie Delarue-Mardrus découle essentiellement de deux aspects qui ne sont pourtant que des composantes de sa personne et de son œuvre, parmi d’autres. Alors que les uns retiennent avant tout l’aspect régionaliste de sa création, évoquant le chantre de la Normandie et de Honfleur ; les autres cantonnent le personnage au Paris-Lesbos de la Belle Époque, entre Natalie Barney et Renée Vivien, auxquelles elle fut intimement liée. Ces deux visions de Lucie Delarue-Mardrus, pour n’être pas fausses, n’en sont pas moins réductrices. Le personnage et l’œuvre sont bien plus complexes. Elle est certes un témoin important de son temps mais également une auteure prolifique qui s’est exprimée dans diverses formes de création. Son œuvre comprend près de quatre-vingts volumes qui, publiés entre 1901 et 1946, rencontrèrent presque tous, du moins les romans, un franc succès interrompu à sa mort en 1945.
Des Années Folles aux Trente Glorieuses (soit jusqu'au milieu des années 70), presque tous les petits écoliers français auront appris au moins une poésie d'elle mais elle n'a été ensuite dans les mémoires que de ceux qui s'intéressaient à la dimension saphique de son œuvre. Il faut attendre 1994 et la parution d’Une femme de lettres des années folles, d’Hélène Plat, chez Grasset, pour que l’on reparle enfin de Lucie Delarue-Mardrus. Cette biographie, la première consacrée à l’auteure, depuis l’émouvant livre de souvenirs de Myriam Harry (1946), brisa le silence et attira de nouveau l’attention sur ce personnage hors du commun.
Découvrez son oeuvre : Poésies, romans, nouvelles, articles, essais, biographies, récits de voyage, pièces de théâtre, peintures, sculptures, reportages photographiques sur le très beau site Les amis de Lucie Delarue-Mardrus
© Nathalie LAURO
3
VEILLÉE
À la fenêtre lumineuse de la chambre,
Le clair de lune, peu à peu, devient le jour.
Qu’est-ce donc, dans ton âme obscure, qui se cambre
Et qui s’affaisse tour à tour ?
Pourquoi donc cette nuit de veillée inquiète ?
Faut-il, faut-il, alors que le monde est blafard
Et mort, qu’un bateau sombre attende quelque part,
Et que soit ton repos, comme d’une mouette,
Égratigné par la grande aile du départ ?…
RECENSIONS DE RECUEILS
« MÉGALIGRAPHIES »
de Jacques CAUDA
Mégaligraphies ? S’agirait-il de mégalographies, avec des personnages grandeur nature comme ceux de la frise des Mystères qu’il y a à Pompéi, ou bien de figures plus petites du cubiculum qui précèdent le fameux salon, avec Ménade et Satyre ? Jacques Satyre accompagné de la ménade Mégaly comme se prénomme l’héroïne des Écrits corsetés de John Litter. Mégaly, ivre de mots & de lettres, dont on sait seulement qu’« elle est très haut quand danse la beauté (et que) la nuit fait bien le corps », et qu’elle fait partie du bleu (des méditerranéennes). Pour le reste, les Mégaligraphies se présentent sur fond de velours alto basso orné d’un motif de couronne surmontée d’une fleur de Tarbes. Qu’on se le dise !
Future publication en octobre
Éd. Douro / Collection Présences d'Écriture dirigée par Murielle Compère- Demarcy
15€ + port
« DOUCEUR DE PLUME »
de Zita OLEVA
Un recueil de haïkus légers et doux comme des plumes au vent. Un univers envoûtant et féerique qui nous transporte sur les chemins de l'enfance. Des fées, des papillons scintillants, des souris colorées, des libellules qui chantent dans les rayons du soleil ou les brumes du soir...
Une écriture aérienne, cristalline ou veloutée à souhait.
Future publication octobre 2023
Éd. Le Rocher Aux Fées
50 pages
10€ + port
zitaol@mail.ch
« ANGELISMES »
de Noëlle ARNOULT
Il existe des angélismes notoires, ce que Larousse définit comme : « Désir de pureté extrême et
refus d’admettre certaines réalités charnelles, sociales, matérielles » ; ainsi en est-il de la vie des saints, sans doute, des prêtres, même, des moniales ayant consacré leur vie à un Être suprême cristallisant tout cet idéal de candeur, chasteté mystique, entièreté. On rencontre de-ci de-là des Sainte-Thérèse, des Saint-François d’Assise, Padre Pio, tutoyant leur ange gardien, laissant pleuvoir pétales de rose à leur mort, à leurs miracles.
L’Angélus, lui-même un dérivé du mot « Ange » semble marquer la vie humaine de son sceau, matin, midi et soir. Et, effectivement, « Angelus Domini nuntiavit Mariæ » (« l’Ange du Seigneur annonça sa conception à Marie ») ramène encore à l’idée de la virginité sacrée.
Même Zola s’y est laissé prendre, en nommant son héroïne « Angélique », d’un livre très pur et
de noblesse de l’âme (« Le Rêve ») où l’écrivain abandonne toute velléité naturaliste devant les
notions d’adoration et d’extase, et devant l’amour jusqu’au boutisme, à la vie, à la mort... Quand un baiser orne un caveau.
Par ailleurs, nos angélismes de tous les jours, ou bien appartenant aux âmes passionnées voire illusoires, seraient-elles naïves, peuvent signer aussi, parapher au fer rouge moindre tumulte des cœurs éperdus et entraîner à leur suite tout un cortège angélique, d’armées célestes, possiblement envieuses et amoureuses de trajectoires et personnalités humaines...
Publication mars 2023
Éd. Encre Rouge
Poésies et illustrations
150 pages
17€ + port
noellearnoult27@gmail.com
« LE CŒUR CONCILIÉ »
de Laurence CHAUDOUËT
Le cœur concilié, c’est le lien retrouvé entre soi et monde, là où bat tout simplement la vie, quand le cœur s’ouvre enfin après un profond sommeil. C’est l’appel vital des arbres, de l’océan, de la nuit et des étoiles, c’est chaque ocellure, chaque vibration, chaque atome, c’est le chant léger qui vient au petit matin clair délivrer le cœur.
Ce sont les retrouvailles avec soi-même, comme peut le provoquer une musique qu’on entend par surprise dans le silence… Le cœur s’ouvre… La poésie peut aussi...
Elle doit faire cela.
Publication novembre 2022
Éd. Pierre Turcotte - Montréal / Collection Magma Poésie
58 pages
Broché : 13€70 + port
EBook : 9€99 + port
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« CROISÉE DES CHEMINS »
d'Anne DEALBERT
Chacun des haïkus de ce recueil est une mise en mots, brève et concise, d’une situation vécue ou observée le plus souvent au gré des saisons. Saisissant tour à tour l’éphémère, l’inattendu, mais aussi les sonorités, les goûts, les parfums, les matières, les couleurs, ces mini-poèmes s’attachent à dévoiler les émotions. Croisée des chemins met également en lumière les sensations éprouvées au détour d’un chemin, au creux d’une vague ou au sommet d’une colline.
« POES'Y ! »
d'Évelyne BERRUERO
Un recueil de poésies libres et contemporaines versifiées qui est le fruit de la passion de l'auteure pour les mots.
Une belle sensibilité dans ses poèmes. Les mots se télescopent, inattendus, frémissants, limpides ou opaques, jetés sur la page blanche comme des éclats brillants, des petits cailloux, fugaces instants de nos vies.
Entre ombre et lumière la poétesse observe le monde et nous invite à l’accompagner d’une rive à l’autre.
Publication mai 2022
Éd. Cap de l'Étang
114 pages
19€ + port
e.berruero@yahoo.fr
PALMARÈS CONCOURS JEUX FLORAUX AZURÉENS 2023
Grand Prix du Jury 2023
Odile STEFFAN-GUILLAUME
IRANIENNE
Silhouette noire et vaine
Grimpée sur le toit de la ville
Une nuit privée d’étoiles
J’ai fauché la lune
Arraché mon tchador avec les dents
Déployé ma chevelure
À la folie des tempêtes
Des éclats de ciel coupants
Ont lézardé le silence
Perchée au bord du doute
À l’aplomb des guides suprêmes
Un pied après l’autre
J’ai progressé vers le vide
Libre je me suis envolée
Étreindre les oiseaux décapités
Les inscriptions sont ouvertes
du 1er janvier au 30 avril de chaque année.
Pour recevoir le règlement et la fiche d'inscription.
jeuxfloraux.azuréens@gmail.com
1er prix de poésie classique / néo-classique
Laurent NOGATCHEWSKY
ÉTONNONS-NOUS
Étonnons-nous toujours de l’aube et du couchant,
De l’ardeur du soleil dorant mers, monts et plaines ;
Étonnons-nous des nuits toutes d’étoiles pleines,
De l’immense nature et son merveilleux chant !
Sachons aussi chérir nos jours, tout en tâchant
De déceler un charme aux heures les plus vaines ;
Un cœur palpite en nous, sa sève emplit nos veines,
Le don de vivre est là, fugace et si touchant !
Étonnons-nous d’un rien, mot, regard, rire ou geste,
Rare instant sans égal, ou moment plus modeste,
Comme si nous avions tout à redécouvrir.
Pour ne pas sentir poindre un trop précoce automne,
Alors que l’existence a tant à nous offrir,
Gardons un cœur d’enfant que chaque chose étonne !
1er prix de poésie libre
Marie-José PASCAL
PAYS DE POUDRE ET DE SANG
L’aube s’avançait claire dans sa robe
De lumière, nous étions là, confondus
Par la beauté du lieu, communiant
Aux mêmes sensations, unis
Comme jamais, n’aspirant qu’à la fin
De cette guerre qui nous avait déracinés
Jusqu’à l’exode. Le ciel d’ici était le miroir
D’un autre qui nous liait
À un pays de poudre et de sang.
Tes yeux usés de tant de larmes
Reflétaient une plaine couleur de cendre,
Les premières tulipes d’un rouge pourpre,
Et les tournesols résistants à la violence
Et au chaos
Je prenais ta main ne cessant de te dire :
Nous reviendrons demain, après demain,
Plus tard encore
Les cheveux saupoudrés de craie
Courbés mais vivants,
Nous tracerons les lignes de notre futur
Dans la paume meurtrie de nos mains.
LES PUBLICATIONS SEMESTRIELLES @ LUNA ROSSA
Présentation
Dans ce recueil, Jean-Marie Leclercq nous livre, à partir de son propre vécu et en référence à ses frères humains, ce que la vie ici-bas, entre lumière et ténèbres, comporte d'errance, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse , avec pour horizon la mort.
Autant de constats, de questionnements, qui entrent en résonance au plus profond de soi !
Finalement, que reste-t-il à l'homme, que reste-t-il de son passage sur Terre, s'interroge le poète, sinon la trace de ses écrits ?
À propos de l'auteur
Ex-dirigeant de grosses divisions industrielles mais aussi chroniqueur, conférencier, psychothérapeute, homme de télévision, historien de la Suède, il est devenu poète en 2004 lors de son séjour dans l’île de Sao Tome (Golfe de Guinée).
Tous ses articles dans le domaine de l’économie et du management ont paru dans la presse spécialisée.
Entre 2002 et 2006, il a publié trois livres à succès dans le domaine des sciences humaines.
Auteur héraultais depuis 2010, il a publié depuis 2009, treize recueils de poésie qui lui ont valu de recevoir de nombreux prix nationaux. Ainsi, il essaie de porter un témoignage de premier ordre sur les époques qu’il a traversées, les pays et les êtres qui l’on nourrit et accompagné.
Commander le recueil auprès de l'auteur directement.
115 pages
14€ + port
jeanmarieleclercq34@gmail.fr
Présentation
Voici en poésie le Liverpool que Nathalie Lauro a connu dans les années 80. Pas du tout la ville accueillante actuelle, restaurée, aménagée et agréable à vivre. « Les vieux docks, pisseux, puants » sont devenus une marina où les bars et les restaurants côtoient les magasins de souvenirs, où les amoureux se baladent au soleil couchant, où la pluie ne laisse plus d’odeur acide et terreuse, où le brouillard maritime les soirs d’hiver n’est plus effrayant, sur ces Royal Albert Docks, il est même... romantique. Le cœur historique vibrant du front de mer a un charme incroyable mais la réalité humaine y est toujours violente et perverse. Dans une ville où le niveau de pauvreté et le taux de criminalité sont toujours très élevés par rapport à la moyenne nationale, où êtes-vous Doug, Willy Will, Mary et les autres ? Et tous les autres.
Ce recueil de poésie est dédié à tous ceux qui avaient sombré, à l’époque de la grande crise économique et à tous ceux qui n’ont pas su ou pu rebondir en participant aux nombreux projets de reconstruction et de réhabilitation urbaine.
À propos de l'autrice
Écrivaine, poétesse et artiste numérique, Nathalie Lauro travaille à partir de ses photos shootings. Elle aime photographier les villes comme Berlin, Londres, Paris, Hambourg et Amsterdam mais sa spécialisation reste le sud, la Méditerranée, le soleil, les couleurs, les lumières et la Dolce Vita. Elle est par ailleurs présidente de l'association Luna Rossa.
69 pages
14€ + port
Site de l'autrice
nathalie.lauro@gmail.com
Présentation
Avec cet ouvrage, vous allez échapper à l’espace du commun. Vous allez emprunter une voie d’introspection façon sortie de route. Une belle embardée dans une cité poétique, où chaque ruelle évoque de grands noms de la littérature dite de « genre ». Sans plan, ni repère, vous suivrez votre propre chemin et croiserez des ombres familières. Des rencontres, qui seront finalement ponctuées soit, par une giclée de sang adroitement causée par un coup de poing en plein visage, soit plus furtivement, par un regard ou un frôlement sans retour.
Imaginez-vous assis au coin d’une rue, le séant à même le bitume froid. Le décor et la foule n’auront aucune importance pour vous, seul comptera la lumière de l’enseigne lumineuse que vous regarderez avec insistance.
Franche et ciselée, la poésie de Marc Andriot est un combat contre l’insoluble solitude face à l’amour, la douleur et la mort. Elle est aussi un puissant hommage aux romans noirs et policiers. Un reflet brut des pages monochromes des comics américains. Mais avant tout, elle nous révèle, comme êtres humains, nus et vulnérables.
À propos de l'auteur
Publications régulières de poésies et dessins dans le magazine international de création poétique et artistique Florilège, la revue Art et Poésie de la Société des Poètes et Artistes de france (SPAF), les anthologies de l’UNIAC, les anthologies du Grand Prix International Arthur Rimbaud, les Dossiers d’Aquitaine, les recueils poétiques collectifs "Des jasmins en bord de mer", "Rouge" et "Paris" édités par l'Association Poétique Luna Rossa, les recueils en ligne de Florent Boucharel : "La lune de zircon", "Le zircon et le nard", et "Je baise les pieds de la Palestine" et dans le supplément La République Poétique du journal de BD Rita.
Commander le recueil auprès de l'auteur directement.
60 pages
16€ + port
marc-andriot@wanadoo.fr
Présentation
Poésie imagée qui évoque les rapports humains et inhumains avec la nature si fragile, indispensable à notre survie. Eviral Egres a des rapports privilégiés avec elle depuis son enfance "La prière de l’abeille", "Comme l’eau qui dort" mais aussi avec la foi "La maison du Seigneur", "La cathédrale de Justo" et l'art. En effet, dans ce recueil, plusieurs textes parlent de peintres "À Charles Cako Boussion", "À Paul Gauguin" par exemple.
Cet homme doit se sentir bien léger si ses semelles le portent sans crainte du lendemain... Chaque poème est un nouveau saut , d'un personnage à un autre, d'un paysage à un autre, d'un portrait d'animal à un autre. Tout ce qui fait la vie quotidienne.
Ce recueil est une belle peinture de la fusion de l'humain et de la nature.
À propos de l'auteur
Eviral Egres (Serge Larive) est né à Paris dans le 12ème, en 1949. Il écrit depuis l’enfance et n’a jamais cessé de chanter les mots comme il aime le dire, inspiré par Georges Brassens et Jean Ferrat.
La nature est son thème de prédilection. Il a écrit plusieurs recueils « Mille et un reflets », « Dans la montagne » et « Des poètes disparus ».
Commander le recueil auprès de l'auteur directement.
66 pages
12€ + port
selarive@gmail.com
Le thème pour l'édition 2024
sera disponible sur notre site à partir du mois de décembre.
NOTRE ANTHOLOGIE 2023
PARIS,
L’historique, la culturelle, la romantique, la lumineuse, la douce, la poétique...
La bruyante, la violente, la criminelle, la puante, la triste, la sombre...
Quelle que soit notre vision, Paris nous submerge
de sensations, de sentiments et de vibrations.
Un ouvrage pour découvrir la ville des réalités cruelles,
de la douceur romantique et des mystères ensorceleurs.
NOS POÈTES POUR CETTE ÉDITION :
Nathalie VINCENT-ARNAUD, Marc ANDRIOT, Jean-Claude FOURNIER,
Alix LERMAN ENRIQUEZ, Sandrine DAVIN, Nathalie LAURO, Lory ANN,
Jean-Louis HIVERNAT, Martin ZEUGMA, Valérie DECANTE-LOPEZ,
Étienne BUSQUETS, Mag LEE-DAVIS, Denise HUBERT, Domi DOM’S,
José GUIRAO, Mona AZZAM, Georges JUANPERE, Jacques CAUDA,
Claude DUSSERT, Didier COLPIN, Andy DAVIGNY PÉRUZE, Hervé RIBERT,
YZA (Yvette Vasseur), Kathleen HYDEN-DAVID, Jean-Pierre DEJOU,
Jean-François BLAVIN, Patrick DEVAUX, Patrick GILLET, Hélan BRÉDEAU,
Mirela LEKA XHAVA, Jean-Marie LECLERCQ, Viktoria LAURENT-SKRABALOVA, Christophe PINEAU-THIERRY, Thomas CÉLÉRIER, Hicham DAHIBI,
Ivana TKACHENKO, Françoise MAURICE, Patrick JOQUEL, Pascal DANDOIS,
Pascal C. TANGUY, Olivier Félix HOFFMANN, Jassem GHERRAM,
Arnaud MATTEI, Annabelle CAMPILLO, Odile STEFFAN-GUILLAUME,
Khaled KAMAL, Martine BRUGIÈRE, Louba ASTORIA, Marie-Alice MAIRE,
Céline MICHALLET-FERRIER, Roselyne MORANDI, Yvan-Didier BARBIAT,
Laure FERROUD PLATTET, Yve BRESSANDE, Antoine JANOT,
Catherine ANDRIEU, Jean-Pierre LOUBINOUX, Gérard BOHEC, Marie MOULIN,
Patrick LEFÈVRE, Pascale FLORANT, Katell CORNELIO, Hervé BONHOMME,
Adrien BRAGANTI, Louis MATHOUX, Daniel AUGENDRE, Daniel MARY,
Christophe RICARD, Noëlle ARNOULT, Denis PROST, Anne DEALBERT,
Stephen BLANCHARD, Patricia BONNAUD, Roselyne MORANDI, Jean VIVEZ,
Stéphane CASENOBE, Isabel BARTEL et Arthur MONIN.
NOUVELLES
Très belle nouvelle pour notre anthologie "La Grande Guerre" sortie le 11 novembre 2022 qui va être référencée à L'Historial de la Grande Guerre, situé à Péronne, dans le département de la Somme. C’est à la fois un musée d'histoire de la Première Guerre mondiale, un centre international de recherches et un centre de documentation. C'est un « Musée de France ».
Nous sommes très fiers et remercions infiniment le poète Pierre Quandalle et son épouse qui ont fait les démarches en notre nom.