Peindre de grands formats en aquarelle n’est pas simple, car contrairement à l’huile, l’aquarelle ne tolère aucune erreur. Il est en effet compliqué de revenir dessus. C’est sans doute ce qui participe à accentuer le geste et l’effet de mouvement figé.
Travailler l’aquarelle, c’est accepter la fragilité. C’est laisser surgir des formes que je n’avais pas prévues, accueillir les débordements, les retraits, les traces qui naissent en marge du geste.
Cette pratique, intime et directe, a façonné mon regard. Elle constitue le socle de ma manière d’aborder aujourd’hui d’autres techniques, comme l’encaustique, où je retrouve la même recherche du flux, du rythme, du vivant. L’aquarelle demeure ainsi le lieu d’origine de mon rapport à la peinture : un espace sincère, ouvert, où tout commence toujours par un peu d’eau, un peu de lumière, et le désir de saisir ce qui passe.
La pratique de l’encaustique s’est imposée dans mon travail comme un prolongement naturel de ma recherche sur l’eau. Après des années consacrées à l’aquarelle, j’ai éprouvé le besoin d’explorer une matière plus dense, plus physique, capable de restituer non seulement la transparence du motif, mais aussi son énergie, sa profondeur, sa chaleur interne. L’encaustique, avec son alliance de cire et de pigments, m’a ouvert un nouvel espace de création où le geste, la matière et la lumière deviennent indissociables.
À travers cette technique, je ne cherche pas à représenter l’eau, mais à en restituer la présence. Sa force, sa douceur, ses rythmes, ses ruptures. L’encaustique me permet de donner corps à ce dialogue entre calme et agitation, entre équilibre et débordement — une manière d’approcher ce qui, dans l’eau comme dans la peinture, demeure insaisissable.
Réalisés sur le motif, les croquis servent de base aux
grands formats travaillés en atelier . Ces grandes
aquarelles et peintures à l’encaustique carrées de 80 cm à 1,5 m de côtés sont réalisées à même le sol.