Dans cette vidéo, la chercheuse Juliette Volcler nous apprend que:
La perception d'un son dépend davantage de la culture que de l'acoustique pure, car l'impact d'un signal sonore n'est pas un mécanisme physiologique universel, mais le résultat de codes culturels, de contextes sociaux et d'apprentissages historiques. A tire d'exemple, le bord de mer est perçu comme apaisant, malgré un niveau sonore élevé, parce que nous y associons des valeurs positives et un imaginaire de détente.
L'environnement sonore est le reflet de dynamiques de pouvoir et de mécanismes d'exclusion sociale.
Diffuser du son dans un espace est un acte d'autorité: celui qui contrôle les haut-parleurs manifeste son pouvoir sur le lieu.
Le choix de la musique (par exemple du Mozart dans une gare) sert à délivrer un message sur le comportement attendu dans cet espace: un comportement distingué et pondéré.
En ville, le "répit auditif" est un privilège de classe: seuls les personnes aisées peuvent se retirer dans des quartiers calmes.
Pour compenser cette absence de contrôle sur leur environnement sonore, les individus utilisent des casques ou des oreillettes pour créer une bulle sonore, ce qui peut renforcer l'isolement social.
Dans les supermarchés, le bip des caisses sert non seulement à confirmer le scan, mais aussi à inciter à la vitesse et à la régularité. La lenteur d'une employée devient ainsi audible pour tous, y compris pour la direction.