Elle s'amoncelle dans les écuelles
Ne partira que sous la pelle,
Ses flocons fous sautent sur nous
Sachez cacher ce glabre cou
Et si cette matière exquise ,
Sous vos pieds dérobe ses prises.
Bientôt vous retrouverez à terre
Vos lestes fesses frottant la pierre.
Nous sommes de plein pied dans l'hiver
Une lueur brune se réverbère.
Elle porte vos ailes engourdies
Vers une bûche qui frémit
Et l'odeur verte du sapin
Convoque les merveilleux matins
Où tout bambin vous attendiez
Ainsi qu'Horus ,faucon sacré
De pouvoir fondre sur des paquets
Abritant les précieux effets
Dont plus tard vous narriez tout haut
La complète absence de défaut
Comme si, cette offrande biblique
Vous rendait grâce, miroir magique.
Viendra le temps où le manteau
Raccourcira ses écheveaux
Pour ne laisser dans les mémoires
Qu'une sensation de l'ancienne Gloire
Alors le Royaume des neiges
En déployant son grand cortège
Berçait dans une lumière calme
Ses sujets rompus à son charme.
Epilogue
Dans le silence vierge des cimes
Où la nuit, seul, le vent s'abîme
Sourd enfin, la musique sublime
Issue d'une neige magnanime.
Elle absorbe chaque résonance
Libère nos corps des viles transes.
Des flocons aux formes fractales
Ont recouvert le dernier râle.
(H.P)