Les pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie, plus connus sous leur sigle PSIG, sont des unités d'élite spécialisées de la Gendarmerie nationale française1,2. Chaque compagnie de gendarmerie départementale comprend en général un PSIG, commandé par un sous-officier ou - parfois - par un officier. Il existe également six PSIG (ou « PSIGTA ») au sein de la Gendarmerie des transports aériens (GTA).
Historique[modifier | modifier le code]
Pour faire face au développement de la délinquance tout en soulageant les brigades de la gendarmerie départementale, la Gendarmerie créé en 1975 des « détachements d'intervention » qui prennent en 1977 l'appellation de « Pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie » ou PSIG3.
Lors de leur création, les PSIG sont composés de sous-officiers et, dans un premier temps, de gendarmes auxiliaires puis, après la suspension du service militaire en 1999, de gendarmes adjoints volontaires (GAV) et également de réservistes appartenant à la réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale4.
Le nombre de PSIG augmente régulièrement, au fil des années afin que chaque compagnie de gendarmerie départementale dispose de son PSIG. Ainsi on en compte 37 en 1978, 138 en 1988 et 310 en 20004. En 2015, la gendarmerie départementale compte environ 370 PSIG5 dont une vingtaine outre-mer.
Dans le cadre d'un partenariat conclu avec EDF en 1980, la Gendarmerie, à la suite des attentats de 2001, avait mis en place des « PSIG nucléaires » à proximité des centrales nucléaires. Ces formations ont toutes été remplacées, entre 2009 et 2012, par vingt pelotons spécialisés de protection de la Gendarmerie ou « PSPG ».
La Gendarmerie des transports aériens (GTA) compte également des PSIG, implantés sur les sites aéroportuaires de Roissy, Orly, Lyon, Marseille, Nice et Toulouse. Ces unités, qui ont remplacé les anciennes unités de protection (ou « UP ») en 20042, comportent notamment des observateurs-contre-tireurs (OCT) dont la mission est d'assurer la sécurité de personnalités lors de leur arrivée ou de leur départ.
Le 30 octobre 2015, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve annonce un plan « BAC-PSIG 2016 » destiné à renforcer la sélection et la formation des personnels affectés aux PSIG et aux brigades anti-criminalité (BAC) de la Police nationale dès l'année 2016. Ce plan prévoit également le renforcement des moyens attribués à ces unités et notamment l'achat de véhicules (150 pour la Gendarmerie) et d'équipements de protections ou d'armements6. Ces mesures incluent :
Une sélection, une formation et une professionnalisation plus poussées - et notamment la limitation de l'affectation de gendarmes adjoints volontaires (GAV) - pour les 150 PSIG (dits « Sabre ») implantés dans les zones les plus sujettes aux troubles à l'ordre public qui seront renforcés.
La création de modules de formation continue décentralisée (formation à distance) - y compris un module intitulé « déontologie de l'interpellation » et la formation de formateurs relais départementaux et régionaux.
La mise en place d'une « nouvelle doctrine d'action et d'intervention » pour gagner en efficacité face aux nouvelles formes de délinquance ou de criminalité les plus violentes (allant du droit commun au terrorisme).
Gendarme d'un PSIG en tenue d'intervention (casque avec visière blindé et gilet lourd).
Les mesures annoncées incluent des dotations supplémentaires à hauteur de 16 M€ (Police et Gendarmerie) dont environ 10 M€ pour l'acquisition ou le remplacement de véhicules et 6,6 M€ pour l'achat ou la modernisation d'équipements de protection individuelle et balistique (protège-épaules, protège-tibias, gilets porte plaques balistiques, casque pare-balles) d'armes (bâtons de protection télescopique, pistolets à impulsion électrique, armes longues avec dispositif d'aide à la visée) et de systèmes de transmission.
Le 26 février 2016, le ministre de l'intérieur annonce, dans le cadre de mesures prises à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris, un plan d'intervention d'urgence pour faire face à toute attaque terroriste sur le territoire en moins de 20 minutes. Ce plan implique la participation des PSIG et leur dotation en armements supplémentaires7. Il prévoit des achats de véhicules, équipements de protection et armements pour un montant de 16 M€, toutes forces confondues (Police et Gendarmerie).
Le 1er avril 2016, lors d'une démonstration au ministre de l'intérieur d'un des premiers PSIG Sabre à Reims (Marne), le Service de l'achat, des équipements et de la logistique de la Sécurité intérieure (SAELSI) présente l'équipement de ces unités : véhicule monospace de type Volkswagen Sharan avec coffre à armes protégé, gilet pare-balles (GPB) allégé (10 kg au lieu de 25) mais renforcé avec porte-plaques, bouclier tactique à l'épreuve des munitions de guerre, casque doté d'une visière balistique8 et fusil d'assaut HK G36. La Gendarmerie présente lors de cette démonstration un PSIG "en configuration Sabre" déployant une équipe composée de trois sous-officiers et d'un gendarme adjoint volontaire (GAV) circulant dans un monospace et pouvant passer d'une mission de surveillance à une mission d'intervention avec ses équipements lourds9.
A compter du premier trimestre 2022 la gendarmerie, s'appuyant sur des retours d'expérience, met en place le plan dit de professionnalisation des PSIG. Ce plan a pour point d'orgue la montée en puissance des PSIG en remplacement notamment les gendarmes adjoints par des sous officiers ayant tous satisfait a des tests visant vérifier leur aptitude à servir dans une unité a dominante intervention. Les PSIG verront également leurs matériels revalorisés par l'affectation d'armement, de matériels divers et de protection balistiques adaptés (boucliers, G36, matériels d'observation, etc). Enfin la qualification Sabre validant la capacité d'un Psig a intervenir de manière adaptée sur un évènement d'ampleur sera donné à l'ensemble des PSIG au terme de leurs processus de professionnalisation. Cette disposition va de pair avec une augmentation du volume d'entraînement de ses unités en vue de les axer sur leur coeur de métier qu'est l'intervention et l'appropriation du terrain.