Contrôle Technique Moto : Deux ans d’aberration
Avril 2026. Deux ans après l’entrée en vigueur du contrôle technique pour les deux-roues motorisés (2RM), le constat de la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) reste sans appel : cette mesure, imposée contre toute logique de sécurité routière, n'est qu'une taxe de plus sur la mobilité des motards. Alors que l’UTAC-OTC s’apprête à rendre son évaluation biennale, la FFMC intensifie son combat pour une révision profonde du dispositif.
Un combat fondé sur la preuve scientifique
Depuis 2008, la FFMC martèle une vérité étayée par l’étude européenne MAIDS : l’état technique du véhicule n'est en cause que dans moins de 0,5 % des accidents de deux-roues. Contrairement à l’automobile, le motard est par définition tributaire de sa machine ; un défaut technique se ressent immédiatement et est corrigé par survie. Pourtant, sous la pression de lobbies industriels et d'associations environnementales déconnectées du terrain, et sous l’injonction du Conseil d’Etat, le gouvernement a cédé, tournant le dos aux alternatives de sécurité bien plus efficaces (formation, infrastructures, partage de la route, etc.).
La stratégie de la FFMC : Une offensive sur quatre fronts
À l'approche de cette "fenêtre de tir" politique que constitue le bilan des deux ans, la Fédération déploie un plan d'action coordonné pour démontrer l'inutilité de la mesure et exiger son retrait ou son assouplissement majeur.
1. Le boycott citoyen : La résistance commence par le portefeuille. La FFMC maintient son appel au boycott des centres de contrôle technique qui ont choisi de s'équiper pour ponctionner les motards. Via la plateforme balancetoncentre (http://ffmc.fr/btc), les usagers identifient les enseignes solidaires du monde de la moto (celles qui refusent de pratiquer le CT2RM) et délaissent celles qui profitent de cette rente de situation.
2. La voix des usagers : "Raconte-moi ton CT" Parce que les chiffres officiels ne disent pas tout, le site racontemoitonct.ffmc.fr compile les témoignages réels. Entre incompétence technique de certains contrôleurs face à des machines spécifiques, prix prohibitifs et absence totale de conseil en sécurité, ces retours de terrain constituent un dossier de preuves accablant contre la pertinence même de l'examen.
3. Le levier législatif : La pétition de l'Assemblée Nationale La colère doit se traduire en action politique. La FFMC soutient une pétition officielle sur le site de l’Assemblée Nationale. L’objectif est clair : forcer un débat parlementaire pour remettre en question le bien-fondé du décret de 2023. La démocratie doit reprendre ses droits sur une mesure imposée par voie réglementaire après des années de résistance. http://petition-non-au-ct2rm.ffmc.fr
4. Le dialogue ministériel : Exiger des mesures utiles La FFMC ne se contente pas de dire "non". Elle porte une demande d'audience urgente auprès du Ministre des Transports. L'enjeu est de proposer des mesures réellement salvatrices pour les usagers : amélioration de l'état des routes, lutte contre les glissières de sécurité "guillotines" et incitations fiscales à l'équipement de protection.
Vers une révision nécessaire
Le contrôle technique comprend une “ clause de revoyure “ qui impose à l’UTAC-OTC de procéder à une évaluation du CT2RM deux ans après sa mise en place. La date approche et c’est l’occasion ou jamais de sortir de l'impasse. La FFMC proposera des voies de compromis pragmatiques et conformes à la directive 2014/45 sur le contrôle technique pour des mesures plus efficaces et moins pénalisantes pour les millions d’utilisateurs de 2RM qui entretiennent correctement leur véhicule.
Le combat de la FFMC est celui du bon sens contre le profit, de la liberté contre la contrainte inutile. Deux ans après, la mobilisation reste intacte. Plus que jamais, la Fédération rappelle que la sécurité des motards passe par leur tête et leurs équipements de protection, pas par un tampon sur une carte grise !