Règlement du concours scolaire d'illustration
"Quel serait ton jardin imaginaire ?"
Règlement du concours scolaire d'illustration
"Quel serait ton jardin imaginaire ?"
Article 1
L’Association Imagine & Mots organise un concours créatif s’adressant aux classes des écoles maternelles et élémentaires (des petites sections jusqu’au CM2).
Article 2
L’objectif de ce concours est de créer une illustration collective à partir d’un texte référent fourni en bas de ce règlement, selon le cycle de la classe participante.
Article 3
La participation à ce concours est soumise à une inscription par simple courriel à imagineetmots@gmail.com de la part des enseignants de la classe participante, stipulant le nom/prénom de l’enseignant, le cycle, le nombre d’élèves ainsi que le texte choisi.
Article 4
Les productions ainsi créées sont à fournir sur un papier épais type Canson, de format A2 maximum et devront être déposées ou envoyées à l’adresse suivante pour le 15 mars 2025 avant minuit :
Mairie de Cattenom
Concours Imagine & Mots
15, rue des châteaux
57570 Cattenom
Article 5
Le jury du concours sera constitué des membres de l’association Imagine & Mots. Le jury se réunira le lundi 24 mars 2025 et sélectionnera trois gagnants par cycle scolaire.
Article 6
La récompense attribuée aux gagnants du concours est l’intervention d’une demi-journée d’un illustrateur professionnel en classe les jeudi 15 mai ou vendredi 16 mai 2025.
Article 7
Les productions gagnantes seront exposées dans le cadre du festival Fest’Images les 17 et 18 mai 2025 à l’Espace Culturel Victor Hugo.
Article 8
Les participants seront informés des résultats du concours le 27 mars 2025.
Article 9
Les organisateurs se réservent le droit de modifier, de reporter ou d’annuler le concours si les circonstances l’exigent. Leur responsabilité ne saurait être engagée de ce fait.
Article 10
Les gagnants autoriseront les organisateurs à utiliser leur nom et leur image dans toute la communication liée au concours ou au Festival de l’illustration.
Texte Cycle 1
HAPPY, L'ARC-EN-CIEL (Nathalie Pahon)
Lors d’une belle sortie scolaire en plein air, Helena l’institutrice observa soudain des nuages sombres s’accumuler dans le ciel et cacher le soleil. Elle soupira, inquiète.
« Je crois que nous devrions rentrer, les enfants. La pluie arrive et cela pourrait gâcher notre sortie. »
Mais à sa grande surprise, les enfants ne l’écoutaient pas. Leurs yeux étaient rivés vers le ciel, remplis d’émerveillement.
L’un d’eux, avec un grand sourire, s’écria :
« Regardez, regardez ! Happy l’Arc-en-ciel arrive ! »
L’institutrice, un peu perplexe, observa le ciel, mais ne voyait rien.
« Happy l’Arc-en-ciel ? Pourquoi est-ce si important ? » demanda-t-elle.
Un enfant, les yeux brillants, lui expliqua :
« Happy est spécial, maîtresse ! Quand il apparaît, il nous rappelle que même pendant et après la pluie, des choses merveilleuses peuvent se produire. »
« Et il colore toutes nos émotions ! Quand on est heureux, il devient jaune, et quand on est triste, il est bleu. Il est toujours là pour nous. »
L’institutrice commença à comprendre, mais elle avait encore des doutes.
« Et que se passe-t-il quand vous êtes en colère ou effrayé ? » demanda-t-elle.
Les enfants, ravis d'expliquer, répondirent en chœur :
« Quand on est en colère, Happy devient rouge et nous montre que c’est normal d’avoir des émotions ! Et quand on a peur, il devient plus sombre, mais il est là pour nous réconforter, comme un ami qui nous dit que ça va aller. »
Émerveillée, Helena comprit que l'Arc-en-ciel était bien plus qu’un simple phénomène naturel, il était un compagnon coloré qui apportait réconfort et joie dans le cœur des enfants. Malgré la pluie, elle décida alors de rester dehors avec ses élèves, de profiter du spectacle, et de célébrer toutes les couleurs de Happy l’Arc-en-ciel.
De temps en temps (de pluie), ce sont les enfants qui apprennent de belles choses aux grandes personnes.
Texte Cycle 2
LE GÂTEAU BONHEUR DE MAMAN (Nathalie Pahon)
Maman m’a appris une recette très spéciale : celle du gâteau Bonheur. Elle dit que pour la réussir, il faut un petit peu de toutes les émotions, même celles qui sont pas toujours rigolotes. Vous êtes prêts ? La voici :
Commencer par prendre deux grands bols de joie.
Comme celle qu’on ressent quand on saute dans une flaque d’eau et qu’on éclabousse partout.
Maman dit que la joie se cache souvent dans les petits détails de la vie et qu’il faut ouvrir grand les yeux et l’esprit pour pouvoir les saisir tous.
Ajouter une larme de tristesse.
Comme quand mon ballon préféré s’envole.
Parce que Maman dit que c’est normal d’être triste parfois, et que ça nous aide à comprendre que quelque chose ne va pas.
Saupoudrer d’une pincée de colère. Attention hein ! Juste une toute petite.
Comme un cri qui explose quand on n’a pas le jouet qu’on veut tout de suite.
Maman dit que la colère c’est comme le poivre : un tout petit peu ça va, mais s’il y en a trop, on ne sent plus que ça et on fait la grimace, pouah !
Mélanger ensuite avec un nuage de peur.
Comme quand il fait tout noir dans ma chambre.
Maman dit que la peur nous apprend à faire attention quand quelque chose est dangereux.
Verser par-dessus un verre de sérénité.
Comme quand on est bien au chaud sous sa couette, avec son doudou dans les bras, et que Papa nous lit une histoire. Là, on se sent tout calme, et rien ne peut nous embêter.
Maman dit souvent : « les rituels, c’est essentiel pour se sentir en sécurité »
Et pour finir, recouvrir le tout avec beaucoup, beaucoup d’Amour.
Comme quand on fait un câlin très fort à ceux qu’on aime.
Maman dit que c’est l’ingrédient magique qui va donner toute sa saveur au gâteau Bonheur, et qu’il n’y en a jamais trop.
Une fois tout mélangé, Maman m’explique toujours : « Avant de mettre au four, on va laisser reposer avec un peu d’ennui. » Comme je n’aime pas attendre sans rien faire, Maman ajoute : « Pas trop longtemps ne t’en fais pas, mais juste assez pour que notre gâteau Bonheur soit le plus moelleux du monde. »
Voilà un gâteau que vous pourrez déguster tous les jours. Parce que Maman dit que toutes les émotions, elles sont importantes pour grandir.
Texte Cycle 3
UNE ETOILE DANS LA NUIT (Nathalie Pahon)
Je m'appelle Orion, je suis un vieux chien loup au pelage blanc.
Je vis avec Mamie Mosa depuis qu’elle m’a recueilli quand je n’étais encore qu’un chiot. C’est une dame au grand cœur, qui s’occupe de moi et de son jardin avec amour.
Moi, j’aime bien me promener dans le quartier à la tombée de la nuit. Un soir de novembre, j’ai rencontré Stella. Elle était assise seule sur un banc, les épaules secouées de sanglots. Je me suis approché doucement, sans bruit. Elle leva les yeux et, en me voyant, essuya ses larmes.
« Toi aussi, tu es tout seul ? » me demanda-t-elle en caressant délicatement mon museau. « Tu es perdu ? »
Je posai ma tête sur ses genoux, silencieux, et elle se mit à parler, comme si elle avait gardé tout cela au fond d’elle pendant longtemps. Elle avait 9 ans, et son histoire me brisa le cœur.
« À la maison, c’est terrible, » murmura-t-elle entre deux sanglots. Mes parents se disputent tout le temps. Maman pleure souvent. Parfois… j’ai peur que Papa lui fasse du mal. Mais je ne peux rien faire. Je suis toute petite, et personne ne m’écoute. »
Je pouvais sentir sa peur, sa tristesse, sa colère. Toutes ces émotions tourbillonnaient en elle, comme une tempête. Elle serra mes oreilles doucement, comme si j’étais la seule chose à laquelle elle pouvait se raccrocher.
Je savais que je devais l’aider. Je me levai, fis quelques pas en direction de chez Mamie Mosa, et lui jetai un regard, pour lui faire comprendre de me suivre. Hésitante, elle finit par se lever et emboîter mon pas.
Quand nous sommes arrivés devant la petite maison aux volets verts, Stella semblait surprise. Elle s'attendait à ce que je sois un chien errant, mais en voyant que j’avais une maison et une Mamie Mosa qui m’attendait sur le perron, elle baissa les yeux, comme honteuse.
« Oh, je suis désolée. Je croyais qu’il était perdu. »
Mais Mamie Mosa, avec son sourire bienveillant, l’invita à entrer.
« Si Orion t’a menée jusqu’ici, ma chérie, c’est que tu avais besoin de lumière, c’est un chien très spécial. Viens, je te prépare un chocolat chaud. Il est tard et il commence à faire froid. »
L’intérieur de la maison sentait bon les fleurs séchées. Elles s’assirent toutes les deux à la table de la cuisine, et pour la première fois depuis longtemps, Stella se sentit en sécurité.
Mamie Mosa n’était pas du genre à poser des questions. Elle savait qu’on peut aider les autres sans forcer les mots. Au lieu de cela, elle lui parla des fleurs de son jardin.
« Tu sais, » dit-elle en tendant une tasse de chocolat chaud à Stella, « les fleurs ont besoin d’écoute, de soins et de patience, mais elles doivent aussi affronter des moments difficiles. La pluie, le vent… et c’est ce qui les aide à devenir belles et robustes. »
Stella ne répondit rien, mais quelque chose en elle commençait à s’apaiser.
Pendant plusieurs semaines, elle revint chez Mamie Mosa après l’école. Ensemble, elles s’occupaient des fleurs, plantaient des graines, et Stella apprit à observer la nature, à écouter les oiseaux, à attendre que les bourgeons fleurissent.
Avec le temps, elle commença à comprendre que, comme les fleurs, elle aussi avait besoin de temps pour guérir. Elle prenait conscience que sa colère pouvait être transformée, que sa tristesse avait une place dans son cœur, mais qu’elle ne devait pas la contrôler.
Stella m’appelait toujours « son étoile dans la nuit ». Elle disait que j’étais celui qui l’avait guidée vers la lumière. Mamie Mosa et moi n’étions là que pour lui montrer le chemin, mais c’est Stella qui devait marcher, qui devait retrouver sa propre force.
Les années ont passé, et Stella est devenue une femme brillante.
Aujourd'hui, elle aide des enfants, des enfants tristes et en détresse, des enfants qui, comme elle autrefois, ont besoin d’une étoile pour les guider.
Grâce à tout ce qu’elle avait appris auprès de Mamie Mosa, elle a transformé sa tristesse, sa colère et ses peurs en une force lumineuse qu’elle partage avec ceux qui en ont besoin.
Quant à moi, je veille toujours, depuis là-haut, comme une étoile qui brille dans la nuit.