Éditions du Sceau Intérieur
Suites et variations autour des huit novellas de Jean de Palacio
Théâtre d’ombres intérieures et fictions allégoriques
(Maison éditoriale privée — ne reçoit aucun manuscrit)
(Maison éditoriale privée — ne reçoit aucun manuscrit)
"Et les yeux sans prunelle paraissaient dire :
que sert d’écrire plus avant ? Ne suis-je pas le Silence ?"
Jean de Palacio, Veturia
Présentation du site
Les Éditions du Sceau Intérieur constituent un espace privé destiné à rendre visibles et à étudier les huit novellas de Jean de Palacio. Ce site accompagne la réédition intégrale de ce cycle narratif tardif (2006-2024) et en propose une lecture structurée à travers des Clefs de lecture, fondées sur une analyse textuelle rigoureuse et contextualisée. Il ne s’agit pas d’une maison d’édition recevant des manuscrits, mais d’un lieu dédié à la présentation, à l’explication et à l’éclairage d’une œuvre singulière.
L’exploration critique a commencé par Veturia, qui inaugure l’ensemble du projet ; chaque novella fera l’objet d’un travail analogue, associant présentation, extraits choisis, étude des réseaux symboliques, documents relatifs à la genèse et mise en perspective dans l’économie générale de l’œuvre.
L’ensemble constitue un espace de recherche et de mémoire dédié à cette écriture tardive, située au croisement de la fiction allégorique, d’un dialogue avec la Décadence et d’une poétique du silence.
Extrait des Ciseaux d'Atropos
6 mars 2026
Mise en ligne, dans la section Clefs de lecture de Veturia, de la troisième sous-partie de la Clef VII :
Les noces intérieures : le rêve plus fort que la destruction.
Cette sous-partie analyse la réécriture onirique de l’épithalame, et montre comment la conjugalité idéale se rêve en rite intérieur, portée par un réseau d’hypotextes (Catulle, Nerval, Pline), sous la menace, mais aussi sous l’autorité protectrice, du filage des Parques.
***
1er mars 2026
Mise en ligne, dans la section Clefs de lecture de Veturia, de la deuxième sous-partie de la Clef VII :
Manon face à l’Histoire : une lutte perdue d’avance.
Cette section montre comment la rivalité amoureuse se déplace sur le terrain culturel, et met en évidence la défaite de Manon face à la Statuaire, à l’Histoire et au Livre.
Jean de Palacio
Photographie © M.-F. de Palacio. Tous droits réservés.
Au cours des vingt dernières années de sa vie, Jean de Palacio a réalisé une œuvre profondément différente de ses travaux universitaires. Après une carrière consacrée à la littérature comparée et à l’esthétique fin-de-siècle, carrière jalonnée de livres critiques, d’éditions savantes et de nombreux articles académiques, il s’est tourné vers une forme courte, narrative et méditative, que l'on pourrait désigner comme "novella", intermédiaire entre le roman et la nouvelle.
Ces huit textes, écrits entre 2004 et 2024, constituent un cycle cohérent, parcouru de lignes de forces et de leitmotive frappants. Chacun de ces petits livres reflète cette écriture très personnelle, marquée par l'amour de l'art et des Belles-Lettres.
– La Haire (2006 ; rééd. 2026)
– Le Portrait (2009 ; réédition Le Beau Jardin, 2023 ; trad. all. A. Beilharz : Das Porträt, Flur Verlag, 2024)
– Ascagne (2012 ; rééd. 2026)
– L’Apparition (2012 ; rééd. 2026)
– Les Ciseaux d’Atropos (2015 ; rééd. 2026)
– Veturia (2017 ; rééd. 2025)
– Journal de Bérénice (2018)
– Hurrah, les morts vont vite ! (inachevé)
Ce site a pour objet d’offrir, pour chaque ouvrage, une page dédiée comprenant :
– une description ou un résumé,
– des extraits choisis,
– une analyse de l’œuvre,
– des documents relatifs à la genèse du texte et/ou à son iconographie,
– un lien vers le livre sous sa version imprimée et/ou numérique.
Bien que Veturia n’occupe pas la première place dans l’ordre chronologique des huit novellas, elle inaugure ce site pour deux raisons essentielles. Il s’agit du premier texte dont une nouvelle édition est proposée aux Éditions du Sceau Intérieur ; par ailleurs, les éditions Flur Verlag, qui ont déjà publié en Allemagne Le Portrait (Das Porträt) dans la traduction d’Alexandra Beilharz, s’apprêtent à traduire et publier Veturia.
Il était donc naturel que Veturia ouvrît ces pages, comme un seuil vers l’ensemble de l’œuvre.
Jean de Palacio ne cessait de remercier son épouse de lui avoir « mis le pied à l’étrier » (sic) cet été-là, à Vianges, en Bourgogne, vingt ans plus tôt, lorsqu’elle l’avait incité à écrire en lui affirmant qu’il avait « des choses à dire ». Elle dut rentrer préparer sa rentrée universitaire, tandis que lui demeurait à Vianges, et c’est dans cette solitude féconde qu'il écrivit ses premières pages. Ce fut l’été de La Haire. Depuis l’enfance, il était fasciné par l’histoire de la haire retrouvée sur La Fontaine mort. Cette image, inoubliable, l’avait accompagné toute sa vie ; dès qu’il se mit à écrire, elle s’imposa comme fédératrice d'une multitudes de motifs obsédants, d'images, de textes, d'impressions emmagasinés depuis des décennies.
Ce texte venait en effet prolonger des velléités beaucoup plus anciennes. Jeune homme, il avait quasiment achévé un roman consacré à Bach. Bien plus loin, enfant de douze ans, il avait composé une tragédie imitée de Racine (sa Bérénice était déjà en germe), dont le titre, composé de deux noms, s'est perdu. Il adopta, dès lors, un pseudonyme littéraire né de son admiration pour Les Aventures du Baron de Fenestre : « Fénestène ». Ce nom, à la fois ludique et intime, lui servait dans l’écriture imaginaire autant que dans la vie quotidienne.
Lorsque son écriture narrative se fixa, ce fut définitif. Elle ne dévia plus, sans qu'il en fût conscient, d'ailleurs. C'était "comme ça", ça venait "sous cette forme" : brève, dense, saturée de références culturelles, mais jamais par ostentation, car Jean de Palacio était le contraire d’un snob. Les allusions étaient la conséquence naturelle d’une mémoire prodigieuse et d’une vie entière nourrie de textes. Lui qui parlait peu, et qui n’appréciait guère la compagnie des autres, était composé de discours autres, depuis les auteurs grecs jusqu’aux poètes roumains. La littérature, bien davantage que la nourriture réelle, constituait son véritable aliment. Il tenait d’ailleurs à distinguer son imaginaire de tout modèle préconçu. Ainsi, il n’aimait guère Mérimée et ne reconnaissait nullement La Vénus d’Ille dans sa propre Veturia. La nouvelle n’y apparaît d'ailleurs qu’en passant, comme pour signifier que l'auteur écrivait non par imitation, mais en suivant son démon, qui prit souvent la forme d'un idéal, un univers qui n'était et n'est pas de ce monde...