"Faire un métier que j’aime avec mes soeurs chéries."
Je m'appelle Mari-Wenn, j'ai 40 ans, et je suis la troisième d’une fratrie de trois filles et un garçon. Aujourd’hui, je suis céramiste. Ce n’était pas un chemin prévu, mais c’est devenu ma place, ma thérapie, et ma plus grande fierté.
Depuis toujours, la poterie a fait partie de ma vie. Toute petite, j’aimais aller dans le jardin avec ma maman, prendre de la terre et la modeler. À 6 ans, j’ai participé à mon premier atelier, et j’ai tout de suite adoré. Bien sûr, j’ai exercé d’autres métiers, mais la céramique a toujours été là, en filigrane.
Ma vraie aventure a commencé un peu par hasard le jour où j’ai offert une applique en forme de cœur à ma sœur pour ses 40 ans. Une amie à elle a vu mon travail et m’a proposé d'intégrer une boutique de créateurs à Dinard. À ce moment-là, j’étais encore secrétaire médicale à mi-temps, mais j’ai commencé à produire davantage, à vendre… et tout s’est mis en place naturellement.
Un tournant important a été l’ouverture de notre atelier avec Envela. Nous travaillions chacune chez soi, mais nous ressentions le besoin de partager un espace. Par chance, des amies couturières nous ont parlé d’un lieu disponible dans les halles. Dès que nous l’avons visité, on s’est dit : « Banco ! ». Ça a été une belle première expérience, cependant le lieu n’était pas adapté à la céramique.
Quelques recherches plus tard, nous nous sommes installés dans la rue de la Chaux. Tout est devenu plus concret. Cet espace nous a permis d’accueillir notre sœur créatrice couturière, Maïna. Nous avons dû choisir un nom de boutique et le nom Des Sœurs s'est imposé à nous.
À trois, tout est plus simple : l’inspiration, la motivation, la créativité...
Créer, pour moi, c’est un besoin viscéral. Je ne passe pas par le dessin ou les esquisses. J’ai besoin de toucher la matière, d’expérimenter, de recommencer. La céramique est un travail qui prend du temps, mais c’est aussi un processus qui m’apaise.
J’ai grandi dans une famille où le bien-être passait avant tout. Peu importe le métier, mes parents nous ont appris à chercher le bonheur, pas la réussite financière. Aujourd’hui, je me sens pleinement alignée avec ces valeurs.
"Je ne me suis jamais sentie autant à ma place qu’en travaillant la terre."
En cours d'écriture...
Je m'appelle Maïna Nozay, j’ai 43 ans, et je suis la deuxième de ma fratrie. Aujourd’hui, je suis couturière, mais ma vie a longtemps tourné autour de mes enfants. J’ai été très présente pour eux. Depuis 2014, je suis couturière à mon compte, en travaillant chez moi, en petite quantité, en complément de mon rôle de maman. Maintenant que mes enfants ont grandi, j’éprouve le besoin de sortir, de me reconnecter à l’extérieur, et de trouver un équilibre pour me ressourcer.
La couture a toujours fait partie de ma vie, presque naturellement. Ma mère en faisait beaucoup : elle créait des vêtements, des tricots, et pouvait reproduire une robe qu’elle avait vue en magasin. Au collège, je me souviens m’être confectionné une petite robe à carreaux dont j’étais tellement fière ! Notre grand-mère paternelle était aussi couturière. Elle avait cette vieille machine Singer installée dans un grenier d'où je l’observais travailler. C’est là que ma passion a commencé, très jeune.
Ma plus grande fierté reste le projet de notre yourte. Nous avions la structure, l’isolant et la bâche, mais pas la toile intérieure. Avec des vieux draps chinés, je l'ai confectionné, ce qui a été un véritable casse-tête. Quand nous avons enfin monté la yourte et posé les toiles, j’étais contente de moi. Ce n’était pas seulement un travail de couture, mais un défi physique et mental.
Je suis plutôt perfectionniste, c’est à la fois une qualité et un défaut. J’aime que les choses soient bien faites, mais cela me fait parfois perdre beaucoup de temps. Si ce n’est pas parfait, je recommence ou je réfléchis longuement pour éviter l’erreur. En parallèle, j’ai beaucoup d’empathie. Quand je couds pour quelqu’un, je pense à cette personne tout au long du processus. C’est comme si chaque création portait un peu de mon affection. Enfin, j’aime faire les choses par moi-même. L’autosuffisance est une valeur essentielle pour moi.
Ma devise dans la vie est simple : « Aie confiance. » Je me le répète souvent, pour m’encourager et avancer avec sérénité.