Devenir Chef d'établissement - Cinq questions clés
Cette page n'est pas un manifeste. C'est une déclaration de méthode. Si vous m'envisagez comme chef d'établissement, voici à quoi vous vous engagez en m'engageant.
On parle beaucoup de pilotage, de stratégie, d'indicateurs. C'est utile. Mais ce qui fait tenir une école, ce n'est pas un tableau de bord. C'est la qualité des liens entre les personnes qui y travaillent, qui y apprennent, qui y confient leurs enfants.
Mon premier travail, comme chef d'établissement, c'est de protéger et de faire grandir cette communauté. Pas de la flatter. De la rendre adulte.
C'est la colonne vertébrale. Dans un établissement catholique, la dimension spirituelle et anthropologique n'est pas un module pastoral ajouté au planning. C'est ce qui donne sa cohérence à tout le reste : la manière de regarder l'enfant, la place faite à la parole, le rapport au temps, la relation aux familles.
Je porte ça avec discernement, pas avec naïveté. Je sais que les équipes sont diverses. Je sais que les familles ne sont pas toutes pratiquantes. Je sais que le mot "catholique" ne va plus de soi. Raison de plus pour le travailler, pas pour l'évacuer.
La manière dont je traite les enseignants, les ASEM, le personnel OGEC, l'équipe de direction avec qui je travaille, c'est ce que les élèves verront. Pas dans le discours. Dans les comportements.
Un chef d'établissement qui humilie un adjoint en réunion, qui laisse pourrir un conflit dans une équipe, qui ne décide pas par peur du conflit, abîme l'éducation qu'on prétend donner aux enfants. Le management n'est pas à côté de la pédagogie. Il en fait partie.
J'ai écrit longuement sur ce sujet. Ce que je crois : un compte rendu, un mail aux parents, un calendrier scolaire, une réunion d'équipe, ce sont des actes de pilotage. Ils disent qui décide, ce qui compte, comment on traite les gens.
Une école qui communique mal pilote mal. Une école qui prend au sérieux sa communication interne se donne une chance de prendre au sérieux le reste.
Je connais bien le sujet. J'ai accompagné des équipes sur Google Workspace, j'ai animé des temps de formation pour des établissements, j'ai écrit sur l'IA en éducation. Et plus je connais le sujet, moins je crois qu'il faille en faire un drapeau.
Le numérique sert un projet pédagogique, ou il ne sert à rien. La question n'est jamais "quel outil installer" mais "qu'est-ce qu'on cherche à faire que cet outil va permettre". Un chef d'établissement qui inverse l'ordre se fait piéger.
Tenir des décisions impopulaires, tenir des engagements pris, tenir le cap d'un projet sur plusieurs années. Tenir aussi physiquement et psychiquement, parce que le métier use.
Cela suppose une hygiène : du sommeil, du recul, des relectures, des amitiés en dehors du métier, parfois un accompagnement. Je ne crois pas aux chefs d'établissement qui font semblant d'aller toujours bien. Je crois à ceux qui prennent soin d'eux pour pouvoir prendre soin des autres.
Voilà. Si ce que vous venez de lire vous parle, parlons.