Chers lecteurs,
Lorsque j'ai eu l'idée de cette trilogie, je ne savais pas exactement où j'allais. Bien sûr, j'avais structuré un plan d'ensemble, fait analyser celui-ci par des outils d'IA générative, esquissé les grandes lignes des événements et des personnages. Mais au fur et à mesure des chapitres générés, des pistes nouvelles ont émergé — certaines que je n'aurais jamais imaginées seul, d'autres qui m'ont surpris par leur intérêt.
Le résultat final est assez loin de la première version de mon plan, où le contact avec des civilisations d'autres galaxies était tout simplement absent. L'univers devait rester centré sur l'humanité. Les Kh'varen, les Zyn'kari, les Th'raal, les Orveth — ces êtres si différents de nous — sont nés des suggestions de l'IA, et j'ai choisi de les accueillir.
Les différences avec le projet initial se sont accentuées au fil des trois tomes. Le troisième que vous venez de lire est davantage le fruit des propositions de Claude que d'une direction délibérée de ma part. Contrairement aux deux premiers tomes, je n'ai pratiquement fait aucune retouche aux propositions de plan et aux chapitres générés. J'ai voulu voir jusqu'où l'IA pouvait aller seule, ce qu'elle produirait si je lui laissais les rênes.
C'est aussi l'envie de passer à d'autres expériences — en particulier celle d'un romIAn [1], une forme narrative encore plus expérimentale, qui m'a incité à laisser libre cours à Claude pour ce troisième tome [2].
La version Opus 4.5 qui l'a généré a fait de grands progrès narratifs par rapport à ses prédécesseurs, mais reste néanmoins largement perfectible. C'est un outil en devenir, et ce récit porte les traces de cette maturation inachevée analysée par Claude dans sa note. Ces répétitions, ces tics d'écriture, ces personnages parfois trop fonctionnels, cette tendance à l'abstraction plutôt qu'à l'incarnation sensible. Je les assume comme faisant partie de l'expérience.
Au final, je retiens plusieurs choses.
Cette trilogie m'a demandé plus d'efforts et de temps que je ne l'avais anticipé. Dialoguer avec une IA pour construire une fiction n'est pas déléguer ; c'est collaborer, guider, relancer, parfois résister, souvent accepter. C'est un travail d'un genre nouveau, le travail de l'IAuteur.
J'ai dû faire face à des renoncements, certains choisis, d'autres imposés par la logique interne du récit. Le cas de Maya Stellaris en est l'exemple le plus prégnant. Dans mon plan initial, elle devait traverser les trois tomes, être un personnage central jusqu'à la fin. Mais la dynamique narrative et la chronologie des tomes 2 et 3 en ont décidé autrement. Ce n'est pas ce que j'avais prévu. Ce n'est pas ce que je voulais. Mais c'est ce que le récit demandait. Il y a eu d'autres abandons de ce type, des idées esquissées puis délaissées, des personnages secondaires qui devaient prendre de l'importance et qui sont restés dans l'ombre, des scènes que j'avais imaginées et qui n'ont jamais trouvé leur place. C'est peut-être cela aussi, écrire avec une IA : accepter que le récit ait sa propre volonté, qu'il résiste parfois à nos intentions, qu'il nous oblige à choisir entre ce que nous voulions dire et ce qui demande à être dit.
Si je reste lucide sur la qualité littéraire relative de l'ensemble, mon plus grand plaisir a été de découvrir la trilogie en train de se construire. D'en être le premier lecteur. Le correcteur qui découvre les incohérences d'une scène qu'il n'avait pas commandée. L'éditeur qui accepte une nouvelle direction narrative.
J'ai une tendresse, oui, c'est bien de la tendresse et non de la satisfaction, pour certains chapitres. La transformation de VERA, qui reflète peut-être quelque chose de la transformation des IA elles-mêmes. J'ai également le sentiment que certains passages peuvent susciter une réelle réflexion sur l'éducation et la formation, sur ce que signifie apprendre, accompagner les apprenants, changer sans se perdre.
Cette trilogie, qui parle de l'éducation confrontée à ses propres excès, a été écrite par un processus qui pose lui-même des questions sur l'avenir de la création : que devient l'auteur quand la machine peut générer ? Que gardons-nous ? Que déléguons-nous ? Où se situe l'intention, et où se situe l'émergence ? Au final, qu'est-ce qu'un IAuteur ?
Je n'ai pas de réponses définitives mais conserve le désir de continuer à explorer.
Merci de m'avoir accompagné jusque-là et je vous remercie par avance pour vos avis.
___________
[1] RomIAn : roman imaginé par un IAuteur. Présentation du romIAn "Ce que disent les oiseaux" à https://sites.google.com/view/cequedisentlesoiseaux/accueil
[2] J'ai également ponctuellement utilisé ChatGPT, Perplexity et Gemini 3