INTRODUCTION

Les trois premières générations

Les archives du comté épiscopal de Châlons-en-Champagne mentionnent les possessions des

Horguelin dans la vallée de la Moivre à la fin du 14e siècle (Pogny, 1396).

A la première génération du 15e siècle, Nicolas Horguelin épouse une Lamyer de Saint-

Hilaire (Fresne-sur-Moivre). Les Lamyer sont originaires du duché de Bar et du comté de

Provence au temps du roi René d’Anjou (1409-1480)

A la deuxième génération, Collesson Horguelin, fils de Nicolas, propriétaire à Pogny (1460),

épouse Jehanne Saguey, dont Nicolas et Michel qui suivent.

A la troisième génération, Nicolas III (Pogny, 1510) épouse Méline Barré et son frère Michel

(Pogny, 1504) épouse Martine Le Blanc.

Le partage des branches

Au début du 16e siècle, naissent les quatre principales branches (issues de Nicolas et Michel,

ci-dessus) :

1 – Nicolas IV et Jeanne le Coquetas sont les ancêtres de la branche des banquiers protestants

dits Horguelin de Berlin ;

2- Pierre et Claudine Collinet sont les auteurs des Horguelin de Sainte-Marguerite à Châlons

et de la branche rurale des villages de Pogny et de Vésigneul-sur-Marne

3 – Didier Horguelin et Jehanne Camus sont à l’origine de la lignée des Horguelin de Saint-

Sulpice à Châlons ;

4 – Jehan Horguelin et Michelette de Beaumont fondent la famille des Horguelin des Ormes

avec un rameau à Châlons et un autre à Epernay.

Les sources

Les quatre sources principales sont les suivantes :

1 – Le Nobiliaire de Lorraine de Didier Richier (1581) : généalogie Horguelin

manuscrite avec pièces justificatives ;

2 – Les Dossiers bleus du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale à Paris :

généalogie Horguelin rédigée de la main de Bertin du Rocheret à Epernay vers 1750 ;

3 – Les chartes du clergé séculier aux Archives de la Marne : archives du Chapitre de Saint-

Etienne, seigneur de Pogny à partir de 1396 ;

4 – Les minutes des notaires de Châlons à partir de 1530.

Les armoiries

Les armes des Horguelin sont : d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux palmes

de sinople et en pointe d’une tête de maure tortillée d’argent.

On peut les voir de nos jours sur la pierre tombale de Jacques Horguelin dans la bas-côté sud

de l’église Saint-Alpin à Châlons. Elles sont reproduites avec différentes brisures dans

l’armorial général de d’Hozier (Champagne, Généralité de Chaalons). Elles ont été également

reproduites dans l’armorial de Rietstap et dans l’armorial de Châlons de Barthélemy.

Les manoirs et seigneuries

Dans la vallée de la Moivre :

° la terre et seigneurie de Notre-Dame des Ormes à Coupéville

° la terre et seigneurie de l’Ile d’Aval à Marson

Dans la vallée de la Coole :

° la terre et seigneurie de Breuvery-sur-Coole (en partie)

° le château et la seigneurie de Nuisement-sur-Coole

Dans le Châlonnais :

° la terre et seigneurie de Montcetz (en partie)

° la terre et seigneurie du Chesnois à Bignicourt-sur-Saulx

° la terre et seigneurie de Saint-Martin-aux-Champs (en partie)

° la terre et seigneurie de Germinon (en partie)

° le manoir de la Drouillerie à Sarry

A Châlons :

° l’hôtel du Griffon, place de la République (n°14)

° l’hôtel Billet de la Pagerie, rue Pasteur (n°18)

° la maison à l’Aigle, rue Gobet-Boisselle (n°2)

Les ecclésiastiques

Les chanoines : Valentin H. chanoine de Notre-Dame-en-Vaux à Châlons

Louis H. de Breuvery, chanoine de la cathédrale de Châlons

Jean H. des Ormes, chanoine de la cathédrale de Meaux

Les bénédictins : Philippe H. de Breuvery, de la Congrégation de St-Vanne de Verdun

prieur de l’abbaye de Montier-la-Celle (Aube)

Nicolas H. théologien de l’abbaye de Saint-Arnould de Metz

Les Mathurins (ordre des Trinitaires) : Pierre H. prieur de Montcetz (Marne)

Les Génovéfains (religieux de Sainte Geneviève à Paris) : Pierre Claude Memmie H.

abbaye Notre-Dame de Celles-sur-Belle (Deux-Sèvres)

Les Jésuites : Félix H. professeur au collège des Gaudrons à Dijon

Les prêtres séculiers : Jean H. curé d’Ambrières (Marne) en 1709

Jean H. curé de Sommièvre (Marne) en 1710

Jean H. curé de Montcetz (1706-1783)

Pierre H. curé de Bona (Nièvre)

Philippe H. curé de la paroisse St-Aré à Decize (Nièvre)

Les Dames régentes : Marie-Jeanne H. supérieure du couvent de la Doctrine à Châlons

Le refuge huguenot

A la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), les Horguelin de la R.P.R. (Religion Prétendue

Réformée) quittent la France pour se réfugier en pays protestants.

Aux Pays-Bas :

° Abraham H., né à Châlons (1650) décédé et inhumé à Breda ; sa femme, Pérette Picart,

née à Vitry-le-François, décédée et inhumée à Halle (Saxe)

° Pierre H., né à Châlons, banquier à Breslau, épouse à Amsterdam (1693) Madeleine Chef

d’Hostel. Il épouse en secondes noces à Leipzig (1704) Hélène Louise Clergeau, belle-sœur

de Samuel Bernard

°Antoine H., né à Sedan, épouse à Amsterdam (1692) Catherine de la Cour. Inhumé à

Amsterdam

En Silésie :

° Jean H., né à Châlons (1682) épouse à Breslau sa cousine Madeleine Horguelin

°Suzanne H. née à Breslau (1698) épouse à Berlin le pasteur Robert Lorent (1728)

° Marie H., née à Breslau (1700) épouse à Berlin (1729) le pasteur Antoine Achard

En Saxe :

° Jacques H., né à Châlons (1650), banquier à Leipzig, épouse Madeleine Bernard, sœur de

Samuel Bernard, banquier à Paris

°Suzanne Madeleine H., née à Francfort-sur-le-Main, épouse à Halle (1701) Hermann

Cochius, secrétaire particulier du roi de Prusse Frédéric II

En Basse Saxe :

° Jacques H., né à Châlons (1650), épouse à Brême (1711) Jeanne Chevrié

En Prusse :

° Jacques H., né à Châlons (1690), banquier à Berlin, épouse à Paris Louise Jeanne

Crommelin de Bercy. Décédé à Berlin (1770)

° Marie-Jeanne H., née à Paris (1727), épouse à Berlin (1748) Sigismond de Redern,

maréchal de la cour de la reine douairière Sophie Dorothée de Hanovre (mère de Frédéric II)

Ordre de présentation des chroniques H.

L’ordre de présentation des chroniques est le suivant :

-une division générale par siècle

-une division de chaque siècle en trois générations

-une division de chaque génération en quatre branches.

On trouve, par exemple, à la première génération du 16e siècle (1500-1530) les descendants

contemporains des branches de St-Eloi, de St-Marguerite, de St-Sulpice et des Ormes.

D’autre part, seuls sont présentés les descendants sur lesquels on est suffisamment renseigné .

Les autres figurent dans les tables de descendance placées en annexe.

NOTA : Seule la branche 2 (Horguelin de Pogny et de Vésigneul) subsiste de nos jours.

Elle a donné des propriétaires fonciers jusqu’au 19e siècle, puis des religieux, des négociants,

des fonctionnaires, des enseignants.

La répartition géographique des « subsistants » est comme suit :

-France : Nuisement (Marne), Paris, Angers, Toulouse, Aix-en Provence

-Belgique : Liège

-Canada : Montréal, Roxton Falls (au Québec)

-Etats-Unis : New-York (ONU)





SOMMAIRE

Au quinzième siècle

Collesson & Jehanne Saguier

Au seizième siècle (1)

Nicolas & Jeahnne le Coquetas – Didier & Jehanne Camus

Jehan & Michelette de Beaumont – Pierre & Claudine Collinet

Au seizième siècle (2)

Pérette & Michel Alfeston – Pierre & Marie Chastillon

Nicolas & Jehanne Chenu – Loys & Jehanne Havetel

Au seizième siècle (3)

Claude & Claudine Henrion – Jacques & Claude Godet de Farémont

Claude & Nicolas Hennequin – Nicolas & Colette Lignage

Edme & Agnès d’Aoust de Breuvery – Magdeleine & Jean Corneille

Girard & Claudine Raussin – Valentin Horguelin, chanoine de Notre-Dame

Au dix-septième siècle (1)

Pierre & Madeleine de Serval – Jean & Marie de Mongeot

Félix Horguelin, père jésuite – Pierre & Bonaventure du Verger

François & Marie Parjouet – Edme & Louise de Chastillon

Jean & Marie Thierrion

Au dix-septième siècle (2)

Pierre & Jacquette de Pinteville – Abraham & Pérette Picart

Barbe Horguelin – Edme & Marguerite le Gorlier de Drouilly

Louis Horguelin, chanoine de la cathédrale

Au dix-septième siècle (3)

Pierre seigneur de Moncetz, avocat – Marguerite & Daniel Pajon

Anne & Guillaume Garnier – Jacques & Madeleine Bernard

Jérémie & Marie Cadet – Pierre & Madeleine Chef d’Hostel

Jeanne & Memmie Fagnier – Françoise & Jean-Joseph Meunier

Marie-Anne & Claude Grongnat – Jeanne & Henri Edouard de Vandeuil

Pierre & Marie Lallemant – Marie & Isaac Augustin Durant

Jean Horguelin des Ormes, chanoine de Meaux – Jean & Madeleine Caure

Au dix-huitième siècle

Jean & Madeleine Horguelin – Marie & Antoine Achard

Marie Jeanne Horguelin, supérieure de la Doctrine

Jacques & Louise Jeanne Crommelin – Pierre & Jean, prieurs de Moncetz

Marie Jeanne & Sigismond de Redern

Jean Sigismond de Redern & Henriette de Montpezat

Au dix-neuvième siècle

Nicolas et Antoine, négociants à Paris – Cyrille & Clémence Gouret

Jean-Baptiste & Victorine Leblant

Auguste & Clémence Machet & Flavie Lallement

Au vingtième siècle

Paul François & Marguerite Brisson




Au quinzième siècle



Collesson & Jehanne Saguey

Collesson Horguelin, né en Champagne vers 1430,

propriétaire foncier à Pogny (Marne) en 1467,

épouse Jehanne Saguey (ou Saguez), native de la

vallée de la Moivre (Marne)

Le roi Charles VII à Châlons (1445)

On lit dans le registre III des conclusions de Conseil de ville de Châlons : L’an 1445, le

septième jour devant l’Ascension, la reine de France, le dauphin (le futur Louis XI), la

dauphine et le duc de Calabre arrivèrent en la ville de Châlons (…) Le roi arrive ensuite et

est logé au château de Sarry. Il vient chaque soir, après souper, prendre le frais au Jard.

Maurice Poinsignon précise : Le roi met à profit son séjour à Sarry pour terminer la

grande affaire des réformes militaires.

Philippe Erlanger ajoute : En mars 1445, la gendarmerie royale, instrument exclusif et

fidèle de la monarchie, existe enfin.

Un chroniqueur (Mathieu d’Escouchy) écrit : La sécurité fut plus grande dans tout le

royaume qu’elle n’avait été depuis trente ans. Adhonc les marchands commencèrent à

parcourir le pays et à faire leur négoce de commerce. Les laboureurs, de leur côté, se

mirent à réédifier leurs maisons et à cultiver, heureux, si le travail ne cessait d’être

pénible, de pouvoir s’y livrer en sureté.

Les Horguelin et leurs alliés de la vallée de la Moivre, à quelques lieues de Sarry, vont

connaître cette époque de paix et de prospérité qui fait suite aux désastres de la guerre de

Cent Ans.

La vallée de la Moivre

La Moivre est un petit affluent de la Marne en amont de Châlons, qui prend sa source en

Haulte Champaigne comme on dit dans les documents d’époque, près du village de Saint-

Hilaire-sur-Moivre, et qui se jette dans la Marne à Pogny.

Son parcours est comme un survol des premiers évènements ou documents qui ont marqué

l’histoire des Horguelin et des familles alliées

Saint-Hilaire évoque l’alliance des Horguelin avec les Lamyer, seigneurs des lieux, dont il

est fait mention dans le Nobiliaire de Lorraine par Didier Richier (Nancy, 1583).

Coupéville et son écart de Notre-Dame-des-Ormes, est à l’origine de la branche des

Horguelin des Ormes dont la généalogie est rapportée dans les Dossiers Bleus de la

Bibliothèque nationale à Paris (dossier numéro 360).

Pogny, seigneurie du Chapitre de la cathédrale de Châlons, donne les premières dates

de la chronique familiale :

-1396 : le patronyme Horguelin apparait dans un acte de vente du Chapitre.

-1466 : un arpentage des terres du Chapitre mentionne les terres de Collesson Horguelin.

-1522 : une transaction passée par les Chanoines, fait apparaître la maison de Jean

Horguelin fils de Collesson.

1525 : une autre transaction cite la maison de Jean Horguelin (petit-fils de Collesson) et de

Marguerite d’Argent.

La famille de Collesson

Nicolas I, père de Collesson

Une sentence du bailli de l’évêque de Châlons, Claude Raulet, seigneur de Vitry-la-Ville,

nous apprend que Nicolas I Horguelin est le père de trois enfants :

-Nicolas II, dit Collesson, marié à Jehanne Saguey

-Suplice, sans alliance

-Jehanne, mariée à Jehannot le Liebert demeurant à Châlons.

En 1467, dans un titre en parchemin du Chapitre Saint-Etienne, six denrées de terre et vigne

au terroir dudit Pongny (lieu-dit le Mont Faverger), tenant à Jehan Horguelin, sont mis en

location par les chanoines. Jehan est de la même génération que Collesson (filiation non

établie).

Nicolas II dit Collesson

Né vers 1430, il épouse Jehanne Saguey. Les Saguey (ou Saguez) sont seigneurs de

Montmorillon lès Marson (Marne) et seront ultérieurement seigneurs de Breuvery-sur-

Coole.

Collesson et Jehanne Saguey ont quatre enfants :

-Jeanne, mariée à Pierre Pillet. Leurs descendants seront au service du duc de Lorraine à

Lunéville (Meuse).

-Nicolas III, marié à Méline Barré (qui suit).

-Jean, marié à Catherine Pichart. Le 4 mars 1522, il passe un contrat avec les Hospices de

Châlons : il prend à bail en viager une maison sise au village de Pongny, près du grand pont,

avec un jardin sis, d’autre part de la rue, devant la dite maison.

-Michel, marié à Martine le Blanc. Il est cité en 1516 dans la déclaration des héritages de

l’Hôtel-Dieu de Châlons à Pogny.

Nicolas III, fils de Collesson

Né vers 1460, il épouse Méline Barré. Ils ont quatre enfants :

-Jacques, marié à Anne Donine

-Jehannette, femme de Jacques Vallée demeurant à Saint-Jean-sur-Moivre

-Guillaume, marié à Jehanne Taillefer

-Nicolas IV, marié à Jehanne le Coquetas, demeurant à Châlons, dont sept enfants.

Le 3 janvier 1510, Nicolas III est requis de verser au Chapitre une redevance de vingt deniers

tournois pour le privilège d’avoir un four dans sa maison de Pogny.

En 1514, dans les archives communales de Châlons il figure sur la liste des forains tenans

maisons et héritages audit Chaalons. Sont également cités sur cette liste : Pierre Aubelin,

bailli d’Epernay et l’abbé de La Charmoie (Montmort) pour ses maisons du ban de l’Isle.

Notes

Les Lamyer à Martigues et Bar-le-Duc

D’après l’Armorial de Lorraine et du Barrois de Dom Pelletier (Metz, 1758), les Lamyer sont

des officiers du roi, au service de René d’Anjou (1409-1480), dit Roi de Sicile et de

Jérusalem et pratiquement comte de Provence et duc de Bar.

Jehan I Lamyer

Licencié es lois, receveur de la vicomté de Martigues (Bouches-du-Rhône) ; il quitte la

Provence pour le duché de Bar où il occupe la fonction de conseiller en la Chambre des

comptes de Bar-le-Duc (Meuse). Il a un fils, Jehan II, qui suit.

Jehan II Lamyer

Procureur général du Roi de Sicile au Baillage de Bar (1462-1483) ; il épouse Isabelle

Mairesse, de laquelle il a, entre autres enfants, Jeanne Lamyer, qui suit.

Jeanne Lamyer

Elle épouse Pierre Rodoüan, contrôleur du duc de Guise à Eclaron (Haute-Marne), fils de

Jean Rodoüan, receveur général du comté de Ligny-en-Barrois (Meuse), et de Jeanne de

Doncourt

Nota : d’après le Nobiliaire de Lorraine de Didier Richier (Nancy, 1583), les Lamyer

possèdent des biens fonciers en Champagne, dans la vallée de la Moivre (à 40 km à l’ouest

de Bar-le-Duc). Ils sont dits seigneurs de la terre de Saint-Hilaire-sur-Moivre (Marne).

A la même époque et dans la même vallée, les Saguez possédent la terre de Montmorillon-les-

Marson (Marne) et les Horguelin des terres à Pogny et plus tard la terre et le fief des Ormes à

Coupéville (Marne).

Les Pillet à Pogny et Lunéville

Pillet le vieil

Dans l’acte de vente des terres de Nicolas de Vande à Pogny en 1396, à côté des Saint-Hilaire,

des Saguey et des Horguelin, apparait le nom de Pillet le vieil.

Pierre Pillet l’aîné

Le tableau de descendance de Collesson Horguelin et de Jehanne Saguey publié par Didier

Richier (Nobiliaire de Lorraine, 1583) indique que Pierre Pillet l’aîné, de Pogny, épouse

Jehanne Horguelin, fille de Collesson et de Jehanne Saguey.

Pierre Pillet le jeune

Pierre Pillet le jeune, demeurant à Pogny, épouse Jehanne le Pescheux. Ils ont un fils,

Jacques, qui suit.

Jacques Pillet

Jacques Pillet épouse Claudon Lambellot. Ils ont un fils, François, qui suit.

François Pillet

Le Nobiliaire de Dom Pelletier donne les indications suivantes sur François Pillet :

Pillet (François), receveur de Lunéville, fut anobli par Charles III le 9 novembre 1583.

Porte d’argent au chevron d’azur, cantonné à senestre d’une palme de gueules et

accompagné en pointe d’une tête de nègre tortillée d’argent.

Nota : Didier Richier, de passage à Fontenoy (Meuse) en 1577, note : François Pillet est

venu de France, n’ayant pu scavoir de son origine et descente (…)

Il ajoute plus tard : Le 18 de novembre l’an 1583, ledict Pillet m’auroit mis en main des

tiltres et papiers comme ils sont cy après déclairés.

Ces papiers sont le résultat d’une enquête approfondie, menée à Châlons et Pogny, qui a duré

plusieurs années, et a fait l’objet de plusieurs sentences de trois baillis de l’évêque :

Loys de la Veuve (1532), Claude Rollet (1534) et Jacques d’Aoust (1554).

Parmi les pièces du dossier se trouve un arbre de généalogie pour servir audict Pillet,

qui est la première esquisse manuscrite d’une généalogie Horguelin.

François Pillet au Baillage des Vosges

Extrait du registre des causes des assises du baillage des Vosges du 16e jour du mois de

janvier mil cinq cens quatre vingt et ung : François Pillet du Neufchastel est commis (…)

pour la deuxiesme fois, à la requeste de Charles de Galle, escuyer, sieur de Sainct Jehan (…)

Autre extrait : Du treizième jour du mois de mars mil cinq cens quatre vingt et ung (…)

Noble homme François Pillet du Neufchastel est commis (…) pour la troiziesme fois, à la

requête de Charles de Galle, escuyer, sieur de Sainct Jehan (…)

Les Saguez à Pogny et Marson

Au 14e siècle, dans l’acte de vente des terres de Nicolas de Vande (à Pogny), Rémy Saguey

est cité parmi les propriétaires fonciers du village : Item, environ deux parisées tenant à rémy

saguey, au dessus en ce dit lieu de la longue Roye.

Au 15e siècle, l’armorial de d’Hozier présente les trois générations suivantes :

Jean Saguez, seigneur du fief de Montmorillon lès Marson, marié à Jeanne Connort ;

Jacques Saguez, seigneur du fief de Montmorillon, marié à Marguerite le Gallois ;

Didier Saguez, seigneur de Montmorillon, marié à Agnès Brissier.

Le fief de Montmorillon

On peut situer cet ancien fief sur le cadastre napoléonien de Marson (1812). La contrée qui

lui correspond est nommée : Dessus le terme de Meurillon (ou Morillon). Elle est bordée au

sud par la contrée du Grand Mont et au nord par la contrée du Mont Martin.

Didier Saguez et le bailli du Chapitre

Didier Saguez ayant été assigné pour satisfaire au droit de corvée que le Chapitre Saint

Etienne de Châlons prétendait lui être dû par les habitants de Pogny dont il avait la

seigneurie, en fut exempté par sentence du 8 janvier 1528 rendue par le lieutenant du

bailly dudit Chapitre (…)

(Armorial de d’Hozier, page 492)

Jehanne Saguez, femme de Collesson Horguelin

Dans une sentence du bailli de l’évêque de Châlons Claude Rollet, en date du 3 décembre

1534, au terme de laquelle les Horguelin de Châlons sont exemptés du droit des thonneux,

il est fait mention de Collesson Horguelin et de Jehanne Saguey sa femme, laquelle jehanne

Saguey estoit noble femme, née et abstraicte de noble lignée et génération.

Les Saguez de Breuvery-sur-Coole

Au début du 17e siècle, Philippe Saguez, marié à Anne de Besançon, est seigneur de

Breuvery, village situé à 15 km au sud de Châlons, dans la vallée de la Coole. La terre de

Breuvery est alors partagée entre plusieurs familles notables châlonnaises qui sont

seigneurs en partie de Breuvery, parmi lesquelles Edme Horguelin, conseiller du roi, marié à

Agnès d’Aoust.

Pièces originales

(extraits)

Vente des terres de Nicolas de Vande à Pogny

2 janvier 1396

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et oiront, Jehan, chevalier du Pont, conseiller

du Roy notre sire et garde du scel de la baillie de Vermandois (…), Salut.

(…) maistre Nicol de Vande demeurant à Chaalons (…) recognut avoir vendu (…) à

vénérable et discrète personne maistre Bernard Boet, chanoine de l’église saint Etienne de

Chaalons (…) tous les héritages cy dessoubz, estre situés au terroir de Pogny et pais environ.

(…) Item 5. Environ deux journels au-dessus dudit lieu (la Longue Roye), tenant à Collesson

Bon buef et à maistre Nicolle de Saint-Hylaire.

Item 6. Environ deux parisées tenant à Rémy Saguey et à Colin Cornuel, au-dessus en ce dit

lieu.

Item 16. Au ban Ste-Marie, environ trois denrées boutant aux guiot et selon maistre Nicolle

de Saint-Hylaire.

Item 18. En la jaux, environ deux parisées tenant aux Raillat et aux Horguelin, en la voiette

de Togny.

Item 19. En même prez, environ six denrées tenant aux Camus et à Jehan Sangué.

Item 21. En ce dit lieu (la jaux), environ deux parisées tenant à la communauté de Saint-

Pierre et à maistre Nicolle de Saint-Hylaire.

Item 24. Environ quatre denrées de pré, en la fin de Togny, tenant à Monsieur de Conflans

et à présent Pillet le viel.

(…) Avons scellé ces présentes lettres du scel de ladite baillie. Et ce fut fait le vint et uniesme

jour de janvier, l’an de grâce mil trois cens quatre vint et sèze.

Signé : Le Chevalier du Po

(Arch. Marne, G 625, n° 2)

Déclaration des arpentages et terres de Pogny

16 juin 1466

(…) La sixième pièce en tirant devers Marson, joignant à la susditte, appartient à Collesson

Horguelin dudit Pongny, et de telle longueur et hausteur que lad. susditte, et contient en tout

trois denrées vingt verges. (Collesson est cité 12 fois comme tenant ou propriétaire).

(Arch. Marne, G 634, ancien fonds du Chapitre)

Bail d’une maison à Pogny

18 janvier 1467

Bail à vie à Jacques Martin d’une maison, cour, jardin et de 6 denrées de terre et de vigne

au Mont Faverger, tenant à Jehan Marguet d’une part et à Jehan Horguelin d’autre part.

(Arch. Marne, G 625, n°6, titre en parchemin)

Privilège de four à pâtisserie à Pogny

5 septembre 1470

Le Chapitre Saint-Etienne de Châlons autorise Collesson Horguelin et Jehan Horguelin,

à avoir des petits fours à pâtisserie dans leur maison de Pogny, moyennant 20 deniers

tournois.

(Arch. Marne, G 630, charte latine)

Ventes de Pierre Sagué à Pogny

12 juin 1504 & 6 avril 1505

Extrait du contrat de vente de 1504, 8e ligne : et tenant d’autre part à Michel Horguelin.

Extrait su contrat de vente de 1505, 9e ligne : tenant à Jehan Horguelin.

(Arch. Marne, G 858, sur parchemin)

Sentence du bailli de Champagne

3 janvier 1510

Sentence touchant la redevance de 20 deniers tournois dûe chaque année par les 11 habitants

de Pogny qui ont été autorisés à avoir des petits fours dans leur maison. L’un d’eux est

Nicolas Horguelin le jeune.

(Arch. Marne, G 630, n° 3, grand parchemin de 1m x 0,60 environ)

Crue de la taille à Châlons (1514)

Forains tenans maisons et héritages au dit Châlons :

(…) Pierre Aubelin, bailli d’Epernay, pour trois maisons sises à Châlons ;

(…) l’abbé de la Charmoie, pour ses maisons du ban de l’Isle ;

(…)Nicholas Horguelin de Pogny, pour sa maison que tient P. Champenois.

(Arch. Marne, ville de Châlons, CC 28, impôts et comptabilité)

La grande cense de l’Hôtel-Dieu à Pogny

25 février 1516

Déclaration des héritages composant la grande cense de l’Hôtel-Dieu de Châlons à Pogny :

(…)tenant à Nicolas Horguelin, et : (…) tenant à Michel Horguelin. (souvent cités).

(Arch. Marne, fonds des hospices de Châlons, 1516)

Bail d’une maison à Pogny

4 mars 1522

L’hospice donne à bail à viager à Jehan Horguelin, d’une maison sise au village de Pogny

près du Grand Pont, avec un jardin sis d’autre part de la rue devant la dite maison.

(Arch. Marne, fonds des hospices de Châlons, 1522)

Sentence du bailli de Châlons

3 décembre 1534

Lettre de sentence de Claude Raulet, bailly de Chaallons

(…) Veu le procès (…) entre le procureur fiscal de Monsieur Gilles de Luxembourg, évesque

et comte dudict Chaalons (…) d’une part, et (…) Jehan Horguelin demeurant audict

Chaalons, et Didier Horguelin demeurant à Pogny (…) feu Collesson Horguelin, dict tenu et

réputé noble personne à cause de sire Jehan Lamyer et dame Marie sa femme, en leur vivant

demeurant à Sommieure (Somme-Yèvre), lequel sire Jehan Lamyer estoit noble et

gentilhomme, vivant noblement, jouyssant des privilèges de noblesse, tant terre que fief à

Sainct-Hillaire-sur-Moyvre, tel se tenait et nommait, desquels sire Jehan Lamyer et dame

Marie sa femme, successivement estaient venus et descendus ledict Collesson Horguelin,

Jehannette (Horguelin) jadis femme dudict Jehannot le Liebert, et Supplice (Horguelin),

et estoient ledict sire Jehan Lamyer et Marie, leur trisayeul et trisaille.

(Nobiliaire de Lorraine, Didier Richier dit Clermont, Nancy, 1577, publié par Olivier Eyraud,

Nancy 2009, page 448).





Au seizième siècle (I)

Nicolas & Jehanne le Coquetas

Didier & Jehanne Camus

Jehan & Michelette de Beaumont

Pierre & Claudine Collinet

Nicolas et Jehanne Le Coquetas

Nicolas est né vers 1495, fils de Nicolas et de Milène Barré.

Il épouse Jehanne Le Coquetas vers 1520.

Il est décédé à Châlons vers 1549.

La taille et la taxe des grains à Châlons, 1515

Nicolas figure sur les rôles des impôts de la ville de Châlons en 1515 et en 1521.

Le 15 novembre 1515, Geoffroy Daoust, greffier du conseil de la dite ville, commence à faire le rôle de la taille pour l'année 1516. La ville doit « fournir la somme de mil trois cens cinquante livres tournois », à répartir entre 1.675 foyers de contribuables. La contribution la plus élevée est celle de « Maistre Pierre de Thuisy, lieutenant général de Vitry » (XVI livres), suivie par celle de Michel Gorlier (XIII livres). Nicolas Horguelin « est tenu de payer » XXII sols VI deniers. (1)

Au mois de janvier 1521 est dressé « le roole de la taxe des grains ordonnée estre mis (en) réserve à Chaalons par hault et puissant seigneur monseigneur le comte de Dreux et de Rethel, lieutenant général et gouverneur pour le roy ès pays de Champagne et Brye ». Nicolas Horguelin, rue Sainte-Croix, est taxé pour 4 septiers de blé et 2 septiers d'avoine. (2)

Charles Quint aux portes de Châlons

« Dès janvier 1513, les bruits de guerre prenant de plus en plus de consistance, les bourgeois de Châlons reçoivent l'ordre de ne circuler dans les rues qu'armés. Les portes sont fermées, les gardes doublées, et les mariniers doivent retirer à terre leurs bateaux. » (3)

Le 30 mars 1521, Nicolas Horguelin, « commis à la garde des clefs de la porte Saincte Croix, prête serment en tel cas accoustumé ». (4)

« Le 21 août 1521, la ville travaille à ses fortifications et a déjà fourni 2400 corvées pour approfondir et élargir les fossés (...) On abattra dans la forêt de l'évêché 1000 à 1200 chênes destinés aux remparts, et on s'approvisionnera de tout ce qui est nécessaire à la défense de la place et à la subsistance des habitants ». (5)

Vitry en Perthois sera détruit (et reconstruit sous le nom de Vitry-le-François), mais Châlons sera épargné.

Héritages, ahan, gaignage

Nicolas passe des contrats notariés concernant son patrimoine rural.

Le 19 novembre 1519, par devant Fallon, notaire à Châlons, « Furent présents en leurs personnes Nicolas Horguelin (...) et Jehanne le Coquetas sa femme (...) lesquels recognurent avoir vendu à Perinet Roussel (...) demeurant à Vanault le Chastel les héritages et arpents cy-après désignés (...) ». (6)

Le 28 mai 1545, par devant Desfontaines, notaire à Châlons, Nicolas Horguelin donne en location « un ahan et gaignage » à Martine, veuve de Jehan Horguelin et à Nicolas Horguelin son fils demeurant à « Pongny ». (7)

La famille de Nicolas

Nicolas et Jehanne le Coquetas ont une fille aînée, Guillemette, qui épouse par contrat du 21 juillet1537, Jean le Soudoyer. (8) Ils ont ensuite trois garçons, encore mineurs à la mort de leur mère en 1545. Un règlement de tutelle du bailliage de Châlons (2 juillet 1545) nomme Nicolas tuteur de ses trois enfants mineurs : Nicolas le jeune, Pierre et Claude (9)

Quelques jours après ce règlement (le 15 juillet 1545), Nicolas épouse en secondes noces Perrette TRUFFA, par contrat passé devant Jacobé, notaire à Châlons. (10)

Ensuite, Nicolas le jeune épouse par contrat du 28 avril 1545, Catherine d' Espy, fille de Christophe d'Espy, seigneur de Marne la Maison, et de Marie de Dommartin. (11)

Enfin Pierre, frère cadet de Nicolas, épouse en premières noces Jeanne Vargnier et en secondes noces Perette Le Gastelier. (12) et (13)

Pièces originales

Contrat de mariage Le Soudoyer-Horguelin, 1537

Le 21 juillet 1537, par devant Fallon notaire à Châlons, furent présents Jean le Soudoyer, fils d'Antoine le Soudoyer marchand chaussetier, d'une part. Et Nicolas Horguelin, marchand tanneur, Jehanne le Coquetas sa femme, et Guillemette Horguelin leur fille, d'autre part.

Ils seront ungs et communs en tous biens meubles et héritages d'acquets.

Comme le Soudoyer n'a pas d'héritage, son père lui donnera 30 livres tournois ; puis après les parents leur donneront chacun 100 livres pour s'acheter des habits et monter leur ménage, et paieront chacun par moitié les frais de nopces. Témoins: Jean Horguelin, mégissier, Jean Fiefve, Didier Horguelin, Jean Vallée et Robert le Bourg.

(Arch. Marne, 4E 6189, f° 19 v°)

Contrat de mariage Horguelin-Truffa, 1545

Le 15 juillet 1545, par devant Ambroise Jacobé notaire à Châlons, contrat de mariage entre honorable homme Nicolas Horguelin, marchand tanneur à Chaalons, d'une part. Et Perrette Truffa, veuve de feu Pierre VINCENT demeurant à Chaalons, d'autre part.

En présence de Didier Roussel marchand à Vanault le Chastel, Jean Perrin, Robert Allart et Jean Vallée, parents et amis des parties.

(Bibl. nationale, D.B. 360, f° 25)

Contrat de mariage Horguelin-d'Espy, 1549

Le 28 avril 1549, par devant Vassé notaire à Châlons, furent présents en leurs personnes, nobles personnes Christophe d'Espy, seigneur de la Basse Tour et de Marne la Maison, et Marie de Dommartin sa femme, et Catherine d'Espy leur fille, d'une part. Et Nicolas Horguelin le jeune, marchand tanneur, assisté de Nicolas Horguelin l'aisné son père, demeurant à Chaalons d'autre part.

Le dict mariage faict et consommé, ils seront et demeureront ungs communs de moitié par moitié en tous biens meubles qu'ils ont de présent et conquestz immeubles qu'ils auront et acquesteront durant et constant leur mariage.

La future apportera 300 livres, sans autres participations aux frais. (...)

Faict et passé en présence de Nicolas Braux, élu et échevin de Chaalons, Pierre le Doux, Michel le Degoix, Hugues Thibault, receveur des deniers communs de la ville de Chaalons, et autres parents et amis des parties (...).

(Arch. Marne, 4E 6194, f° 2 v°.)

Contrat de mariage Horguelin-Henrion, 1575

Le 7 juillet 1575, par devant Gabet notaire à Châlons, contrat de mariage entre Claude Horguelin, fils de Pierre marchand tanneur à Châlons et de feue Jeanne Vargnier sa première femme, ses père et mère. Et Claudine Henrion, fille de feu Antoine Henrion, vivant marchand à Châlons et de Marie le Glaive, ses père et mère.

(Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 15).

Contrat de mariage Horguelin-Jacquemart, 1595

Le 25 juillet 1595, par devant de Pinteville notaire à Châlons, contrat de mariage entre Jean Horguelin, fils de feu honorable homme Pierre Horguelin vivant marchand tanneur à Châlons et de Perrette le Gastelier sa femme, ses père et mère. Et Claude Jacquemart, fille de feu honorable homme Antoine Jacquemart, vivant marchand à Châlons, et de Nicole Givry, ses père et mère.

(Bibl. nationale, P.O.1533, f° 19)

Sources

(1) J.P. Denise, Rôle de taille de Chaalons-en-Champagne pour 1516, f° 6.

(2) E. de Barthélemy, Armorial de la ville de Châlons-sur-Marne, 1856.

(3) E. de Barthélemy, Hist. de la ville de Châlons-sur-Marne, p. 265.

(4) Arch. Marne, BB, Registre des conclusions du conseil de ville, f°173v°.

(5) M. Poinsignon, Hist. gén. de la Champagne & de la Brie, tome II, p. 52.

(6) Arch. Marne, 4E 6188, folio 95 verso.

(7) Arch. Marne, 4E 6235. (Jean H. & M. de Viot, cousins germains de Nicolas.

Bibl. nationale, D.B. 360, f° 20 v°.

(8) Arch. Marne, 4E 6189, folio 19 verso.

(9) Arch. Marne, série B, Châlons 269, folio 14 verso.

(10) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 25 & Arch. Marne, 4E 4462.

(11) Arch. Marne, 4E 6194, folio 2.

(12) Bibl. nationale, P.O. 1533, folio 15.

(13) Bibl. nationale, P.O. 1533, folio 19.

Didier & Jehanne Camus

Didier est né vers 1505, fils de Nicolas et de Milène Barré.

Il épouse Jehanne Camus avant 1527 et, en secondes noces, Claude Bourgeois en 1552.

Il est décédé à Châlons en 1572.

Une sentence du bailli Jacques d’Aoust, 1534

Le comte évêque de Châlons Gilles de Luxembourg (1503-1535) donne en fermage à un « financier » l’impôt dit « droit des tonneulx ».

Le fermier chargé de recouvrir l’impôt fait un procès à Jehan Vallée, Jehan Horguelin, Didier Horguelin et consorts, qui refusent de payer l’impôt en se réclamant du privilège de noblesse.

Dans son audience du 19 novembre 1534, « Jacques d’Aoust, licencié es lois, bailly de chaalons », prononce la sentence qui suit :

« Veu le procès (…) entre le procureur de monseigneur, demandeur, contre jehan vallée, opposant, jehan horguelin, didier horguelin et consorts (joints avec lui), deffendeurs (…) pour cause de généalogie et faict de noblesse (…), veu l’enquête faicte à la diligence des deffendeurs (…) », le bailli déclare « qu’il jouira du privilège de noblesse (…) dont il a duement monstré et fait apparoir ». (1)

La famille de Didier

Didier épouse en premières noces Jehanne Camus dont il a un fils unique Michel, né en 1527. (2)

Didier épouse en secondes noces, par contrat passé devant Vassé, notaire à Châlons, le 4 novembre 1552, Claude Bourgeois. (3)

Le même jour, son fils Michel épouse Jehanne Colle, fille de feu Jacques Colle et de Claude Bourgeois (devenue, ci-dessus, femme de Didier). (4)

Michel se marie quatre fois.

Le 5 janvier 1554, par contrat passé devant Jacobé, notaire à Châlons, il épouse en secondes noces Catherine Buat, dont il a un fils Toussaint, né en 1555. (5)

Il épouse en troisièmes noces Claude Cacqueret dont il a deux fils : Michel et François. (6)

Il épouse en 4èmes noces, le 7 février 1579, par contrat passé devant LeMaistre, notaire à Châlons, Jehanne Rocquet, veuve de feu Nicolas de Varenne.

La pierre tombale de l’église Saint-Sulpice, 1572

Il existe deux relevés du 18ème siècle de l’épitaphe et du blason de Didier et Michel Horguelin. L’église Saint-Sulpice ayant été supprimée en 1790, les sépultures qu’elle abritait ont disparu à cette époque.

Le relevé de Bertin du Rocheret (vers 1750) donne ceci :

« Didier Horguelin, bourgeois de Châlons, marchand, mort 12 mars 1572.

Git dans l’église Saint-Sulpice sous une tombe de marbre vis-à-vis un pilier sur lequel sont ses armoiries et son épitaphe, vers la sacristie, près du banc des marguilliers. Eut Michel Horguelin, son fils unique, né 1527, mort 1604, le 7 septembre. Git avec son père (8) Le relevé de d’Hozier (1775) est plus précis :

« Cy devant gist honorable homme didier horguelin, marchand demeurant à chaalons, paroissien de céans, lequel, âgé de 72 ans, décéda le 7 septembre 1604.

J’ay extrait cet épitaphe de la ditte église paroissialle, à mon passage à Chaalons sur la fin de septembre 1775. D’Hozier.

Au bas de l’épitaphe est un écusson représentant un chevron accompagné en chef de deux palmes et en pointe d’une tête de maure bandée. » (9)

Cette description sera confirmée et complétée plus tard, par une gravure sur marbre noire datant de 1624, située (actuellement) dans le bas-côté sud de l’église Saint-Alpin (sépulture de Jacques Horguelin) et par un écusson peint au bas du tableau de la Flagellation datant de 1633, situé dans le bas-côté nord de la même église: ici apparaissent les émaux qui sont d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux palmes de gueules et en pointe d’une tête de maure de sable bandée d’argent. (Donation de Daniel d’Aoust, seigneur de Coolus, et de Catherine Horguelin sa femme).

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin-Bourgeois, 1552

Le 4 novembre 1552, par devant Marin notaire à Châlons,

« Furent présents Didier Horguelin, marchand demeurant es bourg st-sulpice de Chaalons, et avec luy Michel Horguelin, fils dudict Didier et de feue Jehanne Camus sa femme en premières nopces, de luy licenciée (…) d’une part.

Et Claude Bourgeois, veufve de feu Jean Pignon, et avec elle Jehanne Colle sa fille et de feu Jacques Colle son premier mary, d’autre part. (…)

Faict et passé en présence de honorable homme Nicolas Horguelin l’aisnel, oncle dudict Michel (…) »

(Arch. Marne, E821, papiers Alfeston & Horguelin)

Contrat de mariage Horguelin-Buat, 1554

Le 5 janvier 1554, par devant Ambroise Jacobé, notaire à Châlons,

« Fut présent Michel Horguelin, marchand à Châlons, d’une part.

Et Catherine Buat, fille de feu Regnault Buat et Catherine sa femme, vivants demeurant à Bignicourt sur Saulx, assistée de vénérables et discrettes personnes Me Charles Buat et Nicolas Lafrique, prestres chanoines de chaalons ses cousins, en leurs noms et comme fondés de procuration d’honorable homme Me Didier Buat, bachelier es loix, argentier de Monseigneur le Reverendissime cardinal de Lenoncourt, demeurant à Reims, d’autre part. (…)

En présence de vénérable et discrette personne Me Nicolas Buat, prestre chanoine de Châlons, cousin germain de la future, Didier Horguelin, marchand, père du futur, Michel Alfeston, Blaise Guillemin et Thierry Coulon, marchands, parents et amis des parties. »

(Bibl. nationale, D.B. 360, folio 26)

Contrat de mariage Horguelin-Rocquet, 1579

« Le 7 février 1579, par devant LeMaistre, notaire à Châlons, mariage accordé entre Michel Horguelin, marchand demeurant à Châlons, d’une part.

Et Jeanne Rocquet, veuve de feu Nicolas de Varenne, vivant aussi marchand à Châlons, d’autre part. (…)

En présence de Thierry Coulon, Louis Macart, Claude Rocquet, Nicolas Rocquet, Jean LeBlanc, receveur des Aydes, Pierre de Varenne, parents et amis.

Ce contrat en la possession de Me Escoutin, notaire en la dite ville, 1775. »

(Bibl. nationale, P.O. 1533, folio 16 )

S o u r c e s

(1) Arch. Marne, Registre des causes du bailliage de Chaalons, B263, f° 172 v°.

(2) Arch. Marne, E821, Minutes Marin, 1552.

(3) Bibl. nationale, P.O. 1533, folio 14.

(4) Arch. Marne, E821, Minutes Marin, 1552.

(5) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 26.

(6) Arch. Marne, 4E 878 & 4E 6399.

(7) Bibl. nationale, P.O. 1533, folio 16.

(8) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 10.

(9) Arch. privées, C.H., correspondance Borel, 1858.

Jehan et Michelette de Beaumont

Jehan est né vers 1500, fils de Nicolas et de Milène Barré.

Il épouse Marguerite d’Argent, et en secondes noces Michelette de Beaumont.

Il est décédé à Châlons en 1545.

Notre-Dame des Ormes, 1572

La propriété rurale de Notre-Dame des Ormes est située sur le « terroir » de Coupéville, au nord de Pogny.

Plusieurs actes notariés passés par les héritiers Horguelin chez les notaires de Châlons, donnent une description des lieux.

Un acte d’échange du 3 novembre 1572 présente « une cense et gaignage consistant en maison, granges, estables couvertes de thuilles courbes, cour, terres labourables, boys, saulsoix et autres héritages en dépendant, assise au terroir et finage de Notre-Dame des Ormes, (…) et un coulombier assis en la cour dudit assin. » (1)

Un acte de louage du 4 may 1575 fait mention « du moulin à eau assis audit lieu des Ormes ». (2)

Un acte de vente du 24 février 1607 indique que les pièces labourables cédées sont « assises près le moulin et la chapelle des Ormes ». (3)

Enfin un article publié en 1963 par Anne-Marie Couvret et intitulé « Les Châlonnais du 16e siècle, propriétaires ruraux » donne en exemple « le troupeau de 13 bêtes à cornes, taureau et 4 bouvillons, affermés par Jehan Horguelin avec son ahan de Notre-Dame des Ormes ». (4)

L’origine de Notre-Dame des Ormes est incertaine. E. de Barthélemy écrit : « L’abbaye de Trois Fontaines possédait quelques biens à Coupéville dès 1253, probablement la cense et le moulin dits des Ormes, situés à 1 km du village, et près desquels la tradition veut qu’il ait existé une abbaye Notre-Dame des Ormes. C’est en souvenir sans doute de l’établissement des moines de Trois Fontaines en ce lieu. » (5)

Une autre source signale l’existence de Notre-Dame des Ormes au XIVème siècle.

Dans son testament du 9 juillet 1365, Gérard de Croy, chapelain de la cathédrale, fait des legs à quatre fabriques, dont Notre-Dame de l’Epine et Notre-Dame des Ormes : « Item legavit fabrice ecclesie beate Marie de Spina : decem sol. turon ;

Item legavit fabrice ecclesie beate Marie de Ulmus, Cathalaunensis diocesis : quinque sol. turon. » (6)

L’imbrication de six familles châlonnaises

La famille de Jehan Horguelin, à la suite de plusieurs mariages et veuvages, se trouve « imbriquée » avec six autres familles de la bourgeoisie châlonnaise: les d’Argent, Deu, de Beaumont, Vassé, Alfeston et Le Gentil.

Un contrat passé par Didier Horguelin à Pogny le 10 mars 1525, fait mention de la maison de Jehan Horguelin et Marguerite d’Argent en ce lieu (7)

Un autre contrat passé devant le notaire Vassé le 3 janvier 1536, précise : « Jean Horguelin, conjoint par mariage en premières noces avec Marguerite d’Argent au paravent veuve de Jehan Deu » (8)

Jean Horguelin épouse en secondes noces Michelette de Beaumont : ils sont témoins au mariage de Fleurent Le Febvre et Louyse Deu le 27 octobre 1534. (9)

Ils louent ensemble une maison « tenant d’un bout à la maison canoniale du chapitre, (…) aux vyes d’eux, de leurs enffans lors nés et à naistre (…) et aux vyes de Claude et Jehanne Vassé, enffans du sieur Nicolas Vassé et de la dicte Michelette (…). (10)

Michelette de Beaumont est veuve de Jehan Horguelin en 1545.

Le 17 avril 1545, une sentence du bailli Pierre d’Aoust règle la tutelle des cinq enfants mineurs : « Jehan aagé de 12 ans, Pérette aagée de 7 ans, Pierre aagé de 6 ans, Nicolas aagé de 5 ans, Louis aagé de deux à trois ans ». (11)

Deux ans plus tard, Michelette de Beaumont épouse en troisièmes noces Michel Alfeston, veuf de Jehanne Le Gentil. Le 6 mai 1547, ils louent ensemble une maison sise au marché au blé à Châlons. (12)

Un litige en « pays de haulte Champaigne », 1557

Le 2 juillet 1535, Jehan Horguelin et Michelette de Beaumont achètent « 57 journels ½ de terres assises au finage de Coupéville, les Ormes et terroirs voisins », 110 livres tournois et « 2 aultres journels de terre au terroir dudict Coupéville, près le moulin Notre-Dame des Ormes », 9 livres tournois. Les vendeurs sont Guillaume Gaignette, praticien, qui aurait été doté d’un curateur parce que « furieux et prodigue », et sa femme Jehanne Deu.

Vingt ans plus tard (1557), les Gaignette se plaignent d’avoir été dans cette vente « énormément circonvenus, fraudés et descus ». Ce pourquoi ils obtiennent rescision de la vente. Michelette de Beaumont, alors femme de Michel Alfeston, et Michel Alfeston le jeune (marié à Perette Horguelin) disent le contraire, parce que, à la date de la vente, le dit Gaignette « était sain d’esprit, tel tenu et répputé, pratiquant et gagnant bien sa vie en pratique et aultres actes que ont accoustumé faire gens saiges et de bon esprit , (…) que les dictes terres ne valloient, lors des dictes venditions, plus qu’elles n’auraient été vendues, attendu que l’assiette

d’icelles qui est en pays de haulte Champaigne, infertiles, stériles et de petit rapport et valeur (…) ».

Les parties se mettent d’accord, moyennant un versement de 29 livres tournois par les Alfeston. (13)

Le livre d’heures de Jehan Horguelin, 1537

La collection des manuscrits de la bibliothèque municipale de Châlons conserve un livre de prières de 101 feuillets, illustré de miniatures en couleurs, qui porte la note finale suivante : « Ces présentes heures apertiennent à jehan horguelin, milicien bourgeois de chaalons et furent achevées l’an de grâce mil cincq cens et trente sept, le quinziesme de juing. J Bruni. Tout par homme est. »

Sur la page de garde qui suit, on lit : « damoiselle Maistre Michel Alfeston ».

Il s’agit vraisemblablement de Pérette Horguelin femme de Michel Alfeston le jeune, qui a reçu en héritage le livre d’heures commandé par son père. (14)

Les alliances des enfants Horguelin-de Beaumont

-Jehan, né en 1533, épouse vers 1558 Catherine Oulry. -Pérette, née en 1538, épouse vers 1556 Michel Alfeston fils. -Pierre, né en 1539, épouse le 28 janvier 1559 Marie Chastillon.

-Nicolas, né en 1540, épouse le 7 mai 1570 Jehanne Chenu. -Loys, né en 1542, épouse vers 1570 Jehanne Havetel.

Pièces originales

Bail d’une maison « assise » au marché au blé, 1547

Le 6 mai 1547 « Jehan Poussart et René Gracq, chapellains des chapelles fondées au chastel de Cernon (…) baillent à Michel Alpheston et Michelette de Beaumont sa femme, demeurant à La Chaussée, pour et durant les vyes des enffans qui ysseront dudict mariage, à la vye aussi des enffans du mariage dudict Michel Alpheston et de feue Jeanne Le Gentil sa première femme , et pareillement des enffans de feu Nicol Vassé et Jehan Horguelin, premier et second mary de la dicte Michelette (…) à la vie cessante du dernier survivant d’eulx tous, quel qu’il soit, et pour neuf ans après la mort d’icelui survivant, pour ses hoirs et ayant cause, une maison couverte de thuilles, estables, jardin derrière, lieu et pourprins (…) assize audit chaalons au marché au blé, tenant d’une part à l’hostel du Reugnard, d’aultre part à l’hostel de la Haute Mère Dieu, par derrière à la rivière Marne, par devant sur le dict marché, appartenant en propriété aux dicts chappellains, à cause de leurs dictes chapelles, moyennant 10 livres tournois (…)

(Arch. Marne, E 819, minutes Marin, 1547).

Contrat de mariage Horguelin-Chastillon, 1559

« Le 28 janvier 1559, mariage entre Pierre Horguelin, fils de deffunt Jehan Horguelin et de Michelette de Beaumont, première femme dud. Jehan Horguelin, alors femme d’honorable homme Michel Alfeston l’aisné, marchand à Châlons, d’une part.

Et de Marie Chastillon, fille d’honorable homme Hugues Chastillon l’aisné, marchand tanneur, et de feue Claudine Jeannet, sa deuxième femme, d’autre part.

En présence d’honorable homme Pierre Jeannet, Gérard Guillemin, Claude Chastillon, Jean Chastillon et Pierre Chastillon, frères de la future, de Didier Horguelin et Michel Alfeston le jeune, parents et amis des parties ».

(Bibl. nationale, D.B. 360, f° 27).

S o u r c e s

(1) Arch. Marne, E 819, 1572.

(2) Arch. Marne, E 819, 1575.

(3) Arch. Marne, E 820, minutes Collesson, 1607.

(4) Mémoires de la SACSAM, tome 78, p. 74.

(5) E. de Barthélemy, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne, 1861, t. 2, p. 78.

(6) Arch. Marne, G 730, f° 29 v°.

(7) Arch. Marne, série H, Pogny, 1525.

(8) Arch. Marne, 4E 6192, 1536.

(9) Arch. Marne, 4E 4185, 1534.

(10) Arch. Marne, 4E 903, minutes Alpheston.

(11) Arch. Marne, série B, Châlons, registre 268, f° 120.

(12) Arch. Marne, E 819, minutes Marin, 1547.

(13) Arch. Marne, E 819, minutes Marin, 1557.

(14) Bibl. Châlons, manuscrit n° 12, 1537.

Pierre & Claudine Collinet

Pierre est né vers 1510, fils de Nicolas et de Milène Barré.

Il épouse Claudine Collinet, native d'Omey, vers 1535.

Il est décédé avant 1558.

Usages et arpentages à Pogny, 1540

Dans une déclaration du 7 janvier 1540, il est fait mention d’une pièce de terre appartenant au Chapitre Saint-Etienne de Châlons et « tenant d’une part à Pierre Horguelin ». (1)

Une précédente déclaration des « usages, places, rues (…) de Pogny », note l’existence d’un « chemin de chasse et d’aisance commençant à une ruelle appelée la ruelle Horguelin (5 mars 1512) (2).

Le 9 novembre 1549, l’arpentage d’une ferme du Chapitre à Pogny donne comme « boutants » : Pierre Horguelin, Claude Horguelin, Thobie Horguelin et les héritiers de Nicolas Horguelin, rouyer. (3)

Ventes au terroir et finage d’Omey

Le 5 décembre 1558, François Horguelin demeurant à Châlons, vend à son frère Claude, demeurant à Omey, « tous ses droits, parts et portions de cour, grange, qui furent jadis à feu Pierre Horguelin, son père ». (4)

Le 26 janvier 1576, François Horguelin achète à son neveu Girard Horguelin, demeurant à Omey, « ung septiesme de deux denrées de terre dans une pièce assise au terroir d’Osmet (…) tenant d’une part et d’aultre la totallité audit acheteur, d’un bout au chemin royal et d’aultre bout à la voye moyenne". (5)

Enfin, le « dernier de may 1583 », Pierre Horguelin, rouyer à Presles, vend à Claude Pérard et Martine Horguelin, sa femme, demeurant à Omey, « un quart en douze pièces de terre assis et situé au terroir et finaige d’Omey, (appartenant au dit Pierre Horguelin) de son naissant et à luy eschu par le décès et le trépas de feu Guillaume Horguelin son père, et de feue Claudine Collinet son aieulle, comme il a dict (...)". (6)

La famille de Pierre

« Pierre Horguelin, fils de Nicolas, épousa Claudine Collinet. Eut : François, Claude, Alexandre, Nicolas et Jeanne, femme de Nicolas Moriset ». (7)

A ces cinq enfants, il faut ajouter Guillaume et Jehan.

Ils se marient tous et ont une descendance.

-François épouse par contrat passé devant Chrestian, notaire à Châlons, le 24 janvier 1553, Anne Chapperon de Merle. Il a quatre enfants :

Nicolas qui épouse Sara Seneuze (1580), Pierre qui épouse Perette Bertheuil (1582) et en secondes noces Louise Deu (1593), Jehanne qui épouse François Le Cef (1587) et Antoine qui épouse Louise LeMaistre (1593). (8)

-Claude épouse Jehanne Millet. Il a trois enfants : Clémence, femme de Pierre Paris, Claudine, femme de Nicolas Poirat (pierre tombale à Saint-Alpin avec blason Horguelin), Claude qui épouse Claudine Thiebault. (9)

-Alexandre épouse Antoinette Jossier. Il a quatre enfants : Nicolas qui épouse Marie d’Hostel, Françoise, femme de Nicolas Boullez (1585), Claudine, femme de Didier Girardin, Nicole, femme d’Antoine Girardin. (10)

-Nicolas épouse Jacquette Champagne. (11)

-Guillaume, marié à (lacune). Il a deux enfants : Pierre qui épouse Marie Denizet, et Jehanne, femme de Robert Potet demeurant à Paris. (12)

-Jehan, marié à (lacune). Il a un fils, Girard, qui épouse Claudine Raussin. (13)

Pièces originales

Vente à Pogny, 1576

Le 26 janvier 1576, « fut présent en sa personne Girard horguelin, lab. dem. à Loisy sur marne, lequel recognut avoir vendu (…) à honorable homme François horguelin, marchand dem. à chaal. (…)

Item ung septiesme (…) en une pièce de pré contenant deux denrées, assise au terroir et finage dud. Osmet (…) tenant d’une part à guill. sagué et d’aultre part au sieur d’Osmet, d’un bout à la rivière et d’aultre bout à (blanc), (…) (les dites pièces) appartenant aud. vendeur (…) à cause de son naissant et à luy eschu par le décès et trépas de feu jehan horguelin son père (…) rattifié par (…) jehanne Pupin sa femme (…). Faict et passé le 26e jour de janvier mil cinq cent soixante et seize, et ont signé »

(Arch. Marne, 4E6203, minutes Vassé, 1576)

Vente à Omey, 1583

Fin mai 1593. « F. p. en sa personne pierre horguelin, rouyer dem. à presle, paroisse de nanteuil la fosse, et recogn. avoir vendu (…) à claude pérard, lab. dem. à osmey, ung quart en douze pièces de terre cy après dict, assis et scitué au terroir et finaige d’osmey, à scavoir : (…)

Item aux champs la Naulx Gérard, 4 denrées de terre ten. d’une part à jehan horguelin, et d’aultre part à la cure d’osmey (…) (appartenant audit pierre horguelin) de son naissant et à luy eschu par le décès et le trépas de feu guillaume horguelin son père, et de feue claudine collinet son aieulle, comme il a dict (…) ».

(Arch. Marne, 4E 6252, f° 160 v°, minutes Gabet, 1583)

S o u r c e s

(1) Arch. privées, C.H., G 625, 1540.

(2) Arch. privées, C.H., G 626, 1512.

(3) Arch. privées, P.H., G 858, 1549.

(4) Arch. Marne, 4E 6279, minutes Itam, 1558.

(5) Arch. Marne, 4E 6203, f° 147 v°, minutes Vassé, 1576.

(6) Arch. Marne, 4E 6252, f° 160 v°, minutes Gabet, 1583.

(7) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 16 v°.

(8) Arch. Marne, minutes Chrestian, 1533 (J.P. Denise, 1988).

(9) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 19.

(10) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 19 v°.

(11) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 20.

(12) Arch. Marne, 4E 6252, f° 160 v°, minutes Gabet, vente à Omey, 1583.

(13) Arch. Marne, 4E 6203, f° 147 v°, minutes Vassé, vente à Pogny, 1576

Au seizième siècle (II)

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Au seizième siècle (II)

Perette & Michel Alfeston

Pierre & Marie Chastillon

Nicolas & Jehanne Chenu

Loys & Jehanne Havetel

Pérette & Michel Alfeston

Pérette est née à Châlons en 1538, fille de Jehan et de Michelette de Beaumont.

Elle épouse vers 1556 Michel Alfeston, fils de Michel l’aîné et de Jehanne le Gentil.

Elle est décédée à Châlons avant 1589.

Les Alfeston en Champagne

Les Alfeston sont issus des Elphinstone d’Ecosse. John Elphinstone accompagne son frère William, évêque d’Aberdeen, dans une mission auprès du roi de France Louis XI. « Saisi par la douceur du ciel et du soleil de France (…) il élit domicile en ce pays (…) et s’attribue plusieurs « résidences » (« sedes » en latin) avec honneur et profit ».

Ces résidences se situent en Champagne, à Mutigny-les-La Chaussée, au bord de la Marne et à Francheville, au bord de la Moivre, où les Alfeston possèdent les droits seigneuriaux sur le moulin à eau appelé « Moulin Macabre, dit Moulin Joyeulx ».

Ils ont également une résidence à Châlons, à l’enseigne de « La Corne au Cerf », au marché au blé.

La descendance de Jean Alfeston

Jean Alfeston épouse Catherine Le Noble, qui lui donne un fils: Michel.

Michel Alfeston épouse en premières noces Jehanne Le Gentil (1540), en secondes noces Michelette de Beaumont, veuve de Jehan Horguelin (1547), et en troisièmes noces Jehanne Ytam (1561).

Du premier lit sont nés deux fils : Michel-le-jeune, lequel épouse Pérette Horguelin, et Pierre, lequel épouse Madeleine Clément.

Michel Alfeston et Pérette Horguelin ont une fille, Jehanne, mariée en 1581 à François Lallemant, et en 1592 à Charles Clément de l’Espine.

Pierre Alfeston et Madeleine Clément ont un fils, Pierre, avocat et bailli de Châlons (1607-1624), lequel épouse Barbe Dombasle (1596). Ils sont les parents de François Alfeston (1600-1633), condamné par arrêt du parlement de Metz « comme convaincu d’avoir conspiré contre la vie du cardinal de Richelieu » et exécuté le 23 septembre 1633.

Pièces originales

Echange entre Michel Alfeston & Loys Horguelin, 1572

Le 3 novembre 1572 « furent présents honorable homme michel alfeston, pérette horguelin sa femme, messire pierre alfeston et madeleine clément sa femme (…), d’une part.

Et honorable homme loys horguelin (…) d’autre part.

Les premiers cèdent une maison (…) assise au marché à bled, appelée maison à La Hache (…) appartenant à Michel et Pierre Alfeston pour moitié, à cause de leur naissant (…)

En contre échange, loys horguelin cède 1/3 en la moitié d’une cense (…) assise au terroir de Notre-Dame des Ormes (…) appartenant au dict horguelin à cause de son naissant (…) »

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston)

Vente d’une cense à Notre-Dame des Ormes, 1573

Le 6 avril 1573, « furent présents michel alfeston, pérette horguelin sa femme, messire pierre alfeston, magdeleine clément sa femme (…) (lesquels recognurent avoir vendu) à h.h. jehan horguelin (…) un tiers en la moitié d’une cense (…) assise au terroir de Notre-Dame des Ormes (…) moyennant 1050 livres tournois en marché principal et huit livres en vins ».

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston)

Partage entre Pierre et Michel Alfeston, 1578

Le 18 mars 1578, ratification de partage entre Pierre Alfeston et Michel Alfeston et Pérette Horguelin sa femme, « le dit partage fait dès novembre 1573 ».

Pierre cède sa moitié de la maison sise rue de la Grande Escole, où pend pour enseigne le Cheval Vert, dont l’autre moitié appartient à Michel ; la moitié de la cense du Fresne ; la moitié d’une maison sise à Mutigny ; la moitié d’une maison sise à Avize ; la moitié des terres et vignes situées aux terroirs de Chaalons, L’Espine, Fagnières, Avize et Cramant (l’autre moitié appartenant à Michel).

En contre échange, Michel donne à Pierre : ¾ d’une maison sise à Mutigny ; la moitié d’une cense sise à « Praingy » ; le ¼ de la maison de La Hache assise au marché au bled, les ¾ appartenant à Pierre Alfeston et à Pierre et Loys Ytam ; tous les droits de fief et seigneurie appartenant à Michel sur « ung moulin à eaux assis à Francheville, appelé le moulin macabre, dit le moulin joyeulx », mouvant en fief, foy et hommage du vidame du dit Chaalons, et auquel moulin noble homme Messire Claude Cuissotte , seigneur de Gizaucourt, a de présent moitié, et l’aultre moitié appartenant aux hoirs feu Guillaume Alfeston , Jean Bontemps, le dict Messire Pierre Alfeston et plusieurs aultres. Ces biens appartenaient à Michel et sa femme, savoir : le quart de la maison de Mutigny, où demeure Gilles Alfeston, de son naissant, les deux autres quarts qui sont moitié en la dite maison , du naissant de la dite Pérette Horguelin sa femme, la moitié d’une cense assise au village de Praingy, et le droit de fief et seigneurie au moulin de Francheville, aussi du naissant de Michel, à lui advenu de par le décès de Michel Alfeston son père, Jehanne Morel son ayeulle, et Pierre Jacquet son oncle (…) Michel cède aussi les titres de rentes achetés au roy par son père.

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston)

Contrat de mariage Lallemant-Alfeston, 1581

Le 2 décembre 1581, « furent présents : Me françois lallemant, d’une part.

Et honorable homme michel alfeston, pérette horguelin sa femme, paroisse Trinité, et jehanne alfeston leur fille, d’autre part. (…)

Apport des parents de la jeune fille : 1000 escus sols, vestir, enménager, moitié des frais et banquet de fiançailles.

Apport des parents du jeune homme : 1000 escus sol., moitié du festin, et l’obligation de les loger 6 ans sans qu’ils paient de loyer (…)

Faict et passé en l’hostel du dict michel alfeston, en la présence de honorable homme Edme Baugier, procureur es siège dudict chaalons, et sa femme ; prudent homme messire nicol horguelin, licencié es lois, advocat, honorable homme messire pierre alfeston, docteur en médecine et sa femme, jehan horguelin, pierre horguelin, jacques horguelin, loys horguelin ».

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston)

Mémoire des deniers prêtés à François Lallemant, 1589

Michel Alfeston, à la suite du décès de sa femme Pérette Horguelin, fait ses comptes avec François Lallemant, son gendre.

Titre de 1589.

« Mémoire des deniers prêtés par michel alfeston à françois lallemant mon gendre, depuis le décès de feu pérette horguelin ma femme ».

La première somme porte date 21 juillet 1589. Il fait aussi un compte pour le grain qui était tant au domicile de pérette que dans deux greniers loués par michel et elle, le jour de son décès.

Titre de 1590.

« Mémoire des dettes que françois lallemant mon gendre, a receu depuis le décès de feue pérette horguelin ma femme, qui était convenu entre luy et moy, à cause de la dicte pérette horguelin ma femme.

-pierre rémy, hostelain, pour marchandises à luy délivrées : 30 escus.

-charles tonnelier pour vente de grains : 150 escus.

-des habitants de pogny pour vente de bestes à cornes : 70 escus 30 sol.

-des bouchers de chaalons pour vente de bestes à cornes : 14 escus. etc… »

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston)

Diploma Petri de Elphinston, 1610

(traduit du latin)

« Jacques, par la grâce de Dieu roi de Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, défenseur de la foi, à tous ceux à qui ces lettres parviendront, salut.

(…) Jean le jeune, appelé familièrement Jock (…) ayant suivi son frère William sous le règne de Jacques III, dans la célèbre mission près de Louis XI, roi de France, (…) saisi par la douceur du ciel et du soleil de France, (…) élit domicile en ce pays et, enrichi par un noble mariage, il reçut de ces noces légitimes, Michel, grand-père de Pierre, aux prières duquel nous répondons et attestons la vérité de ces choses.

(…) Ces choses (…) sont extraites des annales du roi, des archives publiques et des documents anciens authentiques, comme des témoignages fiables. En confirmation de la vérité et pour l’éternelle mémoire, nous ordonnons de les publier par notre diplôme et de les renforcer par l’autorité de notre sceau.

A Edimbourg, le huitième jour du mois de mars de l’année du Seigneur mille six cent dix ».

(Arch. Marne, E 821, papiers Alfeston)

Le supplice d’un pauvre Champenois, 1633

« Après l’exécution de Louis de Marillac, maréchal de France, et de Henri II de Montmorency, amiral, deux des plus illustres victimes de la politique impitoyable de Richelieu, s’est glissé presque inaperçu dans l’histoire, le supplice d’un pauvre Champenois dont le nom est aujourd’hui bien ignoré dans son propre pays.

Marie de Médicis, bannie de France et réfugiée à Bruxelles, tomba assez sérieusement malade pour que le roi son fils lui envoyât son médecin. Richelieu craignait une réconciliation.

Tout-à-coup le bruit se répand d’un nouveau complot contre la vie du cardinal ministre. Deux soldats de passage à Metz, déclarent au commandant de cette place qu’un individu avec lequel ils sont venus récemment de Bruxelles, a voulu les pousser à assassiner M. le cardinal ministre. C’était Alfeston de Châlons-sur-Marne, soi-disant seigneur en Champagne, écuyer, fils de bonne maison. Sa vie avait été aventureuse, il avait servi sous Marillac, et durant l’emprisonnement du maréchal à Sainte-Menehould, on l’avait entendu proférer des menaces contre le cardinal.

Il n’en fallut pas tant pour le condamner. Alfeston fut rompu vif. On publia après sa mort, qu’il avait avoué son crime dans l’épreuve de la question, et déclaré que le cheval sur lequel il était venu de Bruxelles, sortait des écuries de la reine.

C’est sur la place de Champasaille de la ville de Metz, qu’Alfeston, après avoir fait amende honorable devant la principale porte de l’église Saint-Etienne, nu, en chemise, la corde au cou, tenant en sa main une torche ardente d’un poids de

deux livres, fut rompu et brûlé vif le 22 septembre 1633. Ses biens furent confisqués ».

(Le Cabinet historique, tome premier, page 31)

Pierre & Marie Chastillon

Pierre est né à Châlons en 1539, fils de Jehan et de Michelette de Beaumont.

Il épouse Marie Chastillon en 1559.

Il est décédé à Châlons après 1595.

Un « bourgeois de chaalons »

Pierre est capitaine de la milice bourgeoise, il travaille avec les conseillers de ville à la rédaction du « roole de la taille », il souscrit à l’emprunt municipal avec son frère Nicolas et son beau-frère Michel Alfeston, il est bienfaiteur d’un établissement religieux.

Le 23 juin 1588 a lieu une « réunion des capitaines cinquanteniers dont les noms suivent : (…) pierre horguelin (…) ». (1)

En 1578, un parchemin entre dans les archives du Conseil de ville : « C’est le roolle de la taille (…) faict par nous soubsignez (…) pierre horguelin (…) ». (2)

On trouve en 1573 une formulation plus complète : « C’est le roolle (…) faict par pierre daoust, jacques chastillon, jehan horguelin, pasquier domballe, françois peronne, marchans, et me pierre itam, notaire, demourans en ladite ville de chaalons, esleuz depputez ad ce faire par les habitants de ladite ville (…) ». (3)

En 1591, la ville contracte un emprunt auprès des habitants, auquel contribuent « jean alfeston pour 22 escus, pierre horguelin pour 10 escus, nicol horguelin pour 25 escus (…) ». (4)

En 1589, Pierre passe par devant Leblef, notaire à Châlons, un contrat de constitution de rente en faveur des Dames de Vinetz (localité située entre St-Martin sur le Pré et Recy). Le couvent est supprimé en 1789. (5)

Une fortune terrienne

Pierre est propriétaire à Cramant, Avize, St-Rémy-sous-Bussy, Mathougue, Moivre, Dampierre sur Moivre et possède en indivision avec son frère Loys le domaine de Notre-Dame des Ormes à Coupéville.

Le 20 avril 1580, « fut présent en sa personne collesson brochin, laboureur demeurant à Notre-Dame des Ormes, lequel recognut avoir pris et retenu à tiltre de loyer et de moissons de grains, de honorables hommes pierre horguelin et loys horguelin, frères, marchands demeurant à chaalons, ledit pierre paroisse notre-dame et ledit loys paroisse saint-alpin (…) une cense et gaignage consistant en maison, grange, estable, court, jardin, prés, boys, faulchées, terres labourables et aultres héritages et deppendances, assis au terroir et finaige dudit notre-dame des ormes et terroirs voisins(…). Faict et passé au logis dudit sieur horguelin, avant midy, le 21e jour d’april l’an 1580 et ont signé ». (6)

Le 17 juin 1586, « furent présents en leurs personnes honorable homme pierre horguelin, marchant demeurant à chaalons paroisse notre-dame, d’une part.

Et Loys horguelin, marchant tanneur demeurant audit chaalons paroisse saint-alpin d’autre part.

Disant lesdictes partyes que par partage fait entre eulx et leurs cohéritiers, en la succession de leurs feus père et mère, entre aultres héritages leur serait advenu et escheu, une cense et gaignage consistant en maison, grange, estable, court, jardin, colombier, terres labourables, prés et aultres héritages et deppendances assis au terroir et finaige de notre-dame des ormes et terroirs voisins ; depuis lequel partage y avoient toujours joui ensemble et judicus, et n’en avoient encore faict aulcun partage ni indivision entre eulx.

Et pour en faire partage et division, avoient convenu de gens et labours ayant finissant d’iceulx héritages et par eulx pris (…). »

Partage en deux lots, le premier attribué à Loys Horguelin, le second à Pierre Horguelin. Il s’agit de parcelles tenant à jehan horguelin, michel alfeston, pierre chastillon, alpin lefebure, artus talon, jehan braux, michel le caussonier, pierre lefebure, pierre parjouet, tous bourgeois de Châlons. (7)

La famille de Pierre

« Pierre horguelin, dit l’aîné, fils de jean, marchand à Châlons. 1604. 1585. Epousa Marie de Chastillon. Eut :

1° Pierre II, qui suit.

2° Michel, tige.

3° Jean, tige.

4° Claudine, femme (1585) de Nicolas Hennequin, mchd à Châlons, à qui elle porta 366 escus sol en dot.

5° Andriette, femme de Nicolas Lallement de Châlons.

6° Barbe, femme de Nicolas Deu, marchand à Châlons.

7° Caterine, femme de 1° Michel Jourdain-le-jeune, marchand à Châlons, et 2° le 4 avril 1604, par contrat passé par devant Jean L’affrique et Ambroise du Bois, notaires à Châlons, seconde femme de Claude Caillet, marchand à Châlons, qui luy-même était veuf d’Anne du Bois, dont il avait des enfants.

8° Jacquette, femme d’Hugues Talon. » (9)

Les Chastillon à Châlons

Les Chastillon figurent sur le rôle de la taille levée à Châlons en l’année 1418 :

Estenin de Chastillon est taxé dans la connétablie jaquier le Bobey, et jaquier de Chastillon dans la connétablie de jehan de Nanteuil.

Deux Chastillon apparaissent également sur le rôle de la taille de 1516 : jehan Chastillon, imposé pour 65 sols et nicolas Chastillon pour 60 sols.

-Hugues Chastillon l’aîné épouse vers 1530 Claude Jeannet. Ils ont onze enfants, dont :

-Marie, femme de Pierre Horguelin (1559).

-Hugues-le-jeune, qui suit.

-Jehanne, femme de Jean Hennequin.

-Pérette, femme de Pierre Deu, apothicaire.

-Pierre, qui épouse par contrat passé devant Chrestian, notaire à Châlons, le 12 août 1557, Marguerite Lallemant, veuve de Pierre Guyot, greffier au bailliage de Châlons. Pierre est chevalier de l’arquebuse à Châlons (1571).

-Hugues Chastillon le jeune épouse par contrat passé devant Ambroise Jacobé, notaire à Châlons, le 9 mai 1554, Perrette Debar, fille de Nicolas Debar et de Perrette Collet, sa première femme. Ils ont six enfants, dont :

-Marguerite, femme de François Havetel.

-Anne, femme de Loys Lanisson, avocat.

-Claude, qui suit.

-Claude Chastillon épouse par contrat passé devant Roussel, notaire à Châlons, le 4 juillet 1582, Jeanne Pupin, fille de Jean Pupin et de Pérette Hennequin. Il est ingénieur, architecte et topographe du roi Henri IV. Il a quatre enfants :

-Perrette. Elle épouse par contrat passé devant Dubois, notaire à Châlons, le 27 juillet 1605, André Lallemant, avocat, fils d’André Lallemant et de Nicole Soulain.

-Hugues III Chastillon, ingénieur du roi en Champagne. Il épouse par contrat passé devant Lignage, notaire à Châlons, le 12 janvier 1610, Marie Deya.

-Jehanne. Elle épouse par contrat passé devant Dubois, notaire à Châlons, le 9 janvier 1616, Théodore Rouyer, sieur du Viel-Dampierre.

-Pierre, ingénieur, commissaire des guerres. Il épouse le 24 janvier 1621 Françoise Jourdain. Ils ont une fille Claude, femme en 1645 de Joachim Godet, seigneur de Reneville. Claude Godet, leur fille unique, épouse le 7 mars 1668 Roger Brulart, marquis de Sillery.

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin-Chastillon, 1559

« Le 28 janvier 1559, Ambroise Jacobé notaire à Châlons.

Mariage entre pierre horguelin, fils de deffunt jean horguelin et de michelette de beaumont, première femme dudit jean horguelin, alors femme d’honorable homme michel alfeston l’aisné, marchand à châlons, d’une part.

Et marie chatillon, fille d’honorable homme hugues chatillon l’aisné, marchand tanneur, et de feue claudine jeannet sa deuxième femme, d’autre part. (…)

En présence d’honorables hommes pierre jeannet, gérard guillemin, claude chatillon, jean chatillon et pierre chatillon, frères de la future, de didier horguelin et de michel alfeston-le-jeune, parents et amis des parties. »

(Bibl. nationale, D.B. 360, f° 4 v°)

Contrat de mariage Hennequin-Horguelin, 1585

Le 23 février 1585, « furent présents en leurs personnes nicolas hennequin, fils de feu noble homme Me nicolas hennequin, vivant receveur des aydes et taillon en l’ellection de chaalons, et de delle marguerite dommangin, sa femme, à présent sa veuve (…) d’une part

Et claude horguelin, fille d’honorable homme pierre horguelin, marchant, et delle marye chastillon, sa femme, demeurant à chaalons, paroisse notre-dame, daultre part. (…)

Faict et passé en l’hostel dudit horguelin, après midy, le 23e jour de février l’an 1585. »

(Arch. Marne, 4E8810, minutes Roussel, 1585)

Note 1. Le 7 septembre 1709, Christophe Hennequin, petit-fils de Nicolas et de Claude Horguelin, écuyer, seigneur du Vieux-Dampierre, nomme son exécuteur testamentaire Louis Horguelin, « seigneur de Breuvery, prêtre, chanoine de l’église cathédrale St-Etienne de Châlons ».

(d’Hozier, Armorial général, 1884, registre V, f° 632, Hennequin)

Note 2. Le 1er mai 1650, Madeleine Hennequin, petite-fille de Nicolas et Claude Horguelin, épouse Charles Colbert du Terron, cousin germain de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV.

(F. de Colbert, « Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle », 2000, p. 77)

Contrat de mariage Deu-Horguelin, 1590

Le 24 février 1590, « furent présents en leurs personnes nicolas deu, fils de feu honorable homme didier deu, vivant marchant, et de damoiselle claude dehez sa femme, demeurant audit chaalons, paroisse notre-dame, assisté et authorisé de ladite dehez sa mère, d’une part.

Et honorable homme pierre horguelin, bourgeois dudit chaalons, demeurant en ladite paroisse, et avec luy barbe horguelin, sa fille et de feue damoiselle marie chastillon sa femme, assistée et authorisée dudit pierre horguelin son père et tuteur, d’aultre part. (…)

Faict et passé en l’hostel dudit horguelin, après midy, le 24e jour de février 1590 et ont signé ».

(Arch. Marne, 4E848, minutes Leblef, 1590)

Note. Barbe et Nicolas sont inhumés dans l’église Notre-Dame en Vaux de Châlons.

« Tombeau de marbre élevé, dans la muraille du côté de l’Epitre, entre les deux

portes du flanc de la nef. Cy devant gist noble homme nicolas deu, bourgeois de

chaalons, qui décéda le 9e octobre 1641, aagé de 71 ans, et damoiselle sa femme

aagée de 67 ans, laquelle décéda le 27 février 1638 (…) ».

(Bibl. nationale, Manuscrit français 8227, épitaphe 299)

Contrat de mariage Horguelin-Jourdain, 1591

Le 1er juillet 1591, « furent présents en leurs personnes, honorable homme pierre horguelin, bourgeois de chaalons, demeurant paroisse notre-dame, et avec luy pierre horguelin le jeune, son fils, et de feue damoiselle marie chastillon sa femme (…) d’une part.

Et honorable homme michel jourdain, bourgeois dudit chaalons, et avec luy nicole jourdain, sa fille, et de damoiselle loyse blanchart, sa femme (…) d’aultre part ».

(Arch. Marne, 4E849, minutes Leblef, 1591)

Contrat de mariage Lallemant-Horguelin, 1593

Le 1er février 1593, « furent présents en leurs personnes, nicolas lallemant, marchant tanneur, demeurant es bourg et en la paroisse saint-sulpice de chaalons, assisté de damoiselle louyse aymond, veuve de feu toussaint lallemant, sa mère, d’une part.

Et honorable homme pierre horguelin, marchant demeurant à chaalons paroisse notre-dame, et damoiselle andriette horguelin sa fille et de feue damoiselle marie

chastillon, vivante sa femme, ladite andriette horguelin suffisamment licenciée (…) dudit pierre horguelin son père et tuteur, d’aultre part.

(Arch. Marne, 4E852, f° 40, minutes Leblef, 1593)

Note. « le 19 août 1641, nicolas lallemant, fils de nicolas lallemant et d’andriette horguelin, procureur et avocat du roi en l’élection et grenier à sel de châlons, est décédé à l’âge de 33 ans. Il est inhumé dans l’église Saint-Alpin, sous une dalle de marbre, près du neuvième pilier. L’épitaphe porte deux écussons : 1) un lion ; 2) un chevron accompagné de deux panaches et une tête de maure, écusson de la famille Horguelin (…)

Un autre fils acquit une charge de secrétaire du roi, passa à Paris, y fit une grande fortune, et son fils aîné devint fermier général et comte de Levignen. Mort en 1731. D’azur au lion d’or. »

(Barthélemy, « Recueil des pierres tombales des églises et couvents de Châlons-sur-Marne », Paris, 1888, n° 332, page 175)

Le château de Levignen est situé près de Crépy-en-Valois (Oise).

Contrat de mariage Talon-Horguelin, 1608

Le 22 janvier 1608, « furent présents en leurs personnes, hugues talon, fils de feu honorable homme robert talon, vivant bourgeois de chaalons, et de damoiselle anne du boys, ses père et mère, assisté et autorisé de la dicte du boys, sa mère et tutrice, d’une part.

Et damoiselle jacquette horguelin, fille de feu honorable homme pierre horguelin, en son vivant aussy bourgeois dudit chaalons, et de damoiselle marie chastillon, ses père et mère, émancipée par justice et estant de son droict, comme elle a dit, d’autre part. (…)

Faict et passé audit chaalons, au logis de honorable homme nicolas Deu, marchant demeurant à chaalons, beau-frère de la future espouse, en la présence de honorable homme Mre jehan talon, sieur de poix, lieutenant général au bailliage (…), Mre artus talon, receveur des décimes au diocèse dudit chaalons, robert talon, marchant, Mre flavy gaulcher, greffier de la maréchaussée, frère et beau-frère, gérard caillet, oncle dudict futur époux, et de michel horguelin, nicolas deu, nicolas hennequin, claude caillet, jehan horguelin, frère et beau-frère, michel chastillon l’aisné, jehan horguelin, michel alfeston et nicolas chastillon, oncles de la future espouse. Le vingt-deuxième jour de janvier après-midy, l’an mil six cent huict. Et ont les dites parties signé. » (19 signatures)

(Arch. Marne, 4E4548, minutes Dubois, 1608)

Note. Philippe Talon (frère d’Hugues le futur époux), avocat au siège présidial de Châlons, épouse Anne de Beury. Ils ont un fils, Jean Talon, Intendant de la Nouvelle France (1665-1672), inhumé en l’église Notre-Dame en Vaux à Châlons. « D.O.M. Cy gissent Mre Philippe Talon, bailly du chapitre de chaalons, et dame anne de beury son espouse, et Mre jean talon, leur fils, sgr baron de nanteuil et autres lieux, conseiller du roy en ses conseils, secrétaire du cabinet de sa majesté, intendant de Hainaut et de la Nouvelle France. »

(Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…) », Paris, 1888, n° 452, p. 249)

S o u r c e s

(1) Arch. communales de Châlons, BB 15, f° 32.

(2) Arch. communales de Châlons, CC 42.

(3) Arch. communales de Châlons, CC 39.

(4) Arch. communales de Châlons, CC 48.

(5) Arch. Marne, 4E847, minutes Leblef, répertoire.

(6) Arch. Marne, 4E6607, f° 44 v°, minutes Vassé.

(7) Arch. Marne, 4E6211, f° 82 v°, minutes Vassé.

(8) Arch. Marne, 4E842, f° 77, minutes Leblef.

(9) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 4 v°.

Nicolas & Jehanne Chenu

Nicolas est né à Châlons en 1540, fils de Jehan Horguelin et de Michelette de Beaumont.

Il épouse Jehanne Chenu en 1570.

Il est décédé à Châlons en 1592.

Le Collège de Guienne à Bordeaux, 1562

« Le collège de Guienne fut établi par Saint-Louis, sous les auspices duquel se faisait tous les ans la distribution des prix. Les jurats de Bordeaux relevèrent cette école en 1534 ». (1) L’édifice était situé rue de Guienne, derrière l’ancien hôtel de ville dont il reste aujourd’hui le beffroi dit « la grosse cloche ».

« En 1562, Elie Vinet assume la direction du collège. Les effectifs du corps professoral se composaient de six régents : Jehan Hervé, Guillaume Chauvin, Jehan de Niset, Nicolas Horguelin, Antoine Cotrel et Jehan Guijon ». (2)

Dans un acte notarié passé à Châlons en 1560, Pierre Alfeston et Nicolas Horguelin sont «étudiants à l’Université de Bordeaux ». (3)

Pierre fait des études de médecine et Nicolas des études de droit. L’un sera docteur en médecine à Châlons et l’autre « licencié es lois, advocat au siège de Chaalons ». Vraisemblablement, c’est après sa licence et avant son retour à Châlons que Nicolas est engagé comme régent au collège de Guienne.

Un régent aisé : « Nicolas Horguelin et Antoine Cotrel s’intéressent à des opérations de librairie et à diverses reprises prêtent de l’argent à Guillaume Boutier, libraire qui s’est installé dans la rue du collège (…). Les sommes prêtées à ce dernier par Me Nicolas Horguelin ne se montent pas à moins de 600 livres (…), somme considérable pour un simple régent de collège. (4)

Nicolas et le conseil de ville

Le 29 novembre 1575, « A la dernière assemblée de la Saint-Martin, Nicolas Gargam, marchand, a été élu gouverneur en place de Pierre d’Aoust, et Nicolas Horguelin a été élu procureur en place de Pierre du Moulinet. » (1)

En 1581, est dressée la « Liste des personnes chargées de faire la visite des pauvres par paroisse. (…) Notre-Dame, Saint-Antoine, Saint-Loup : François Havetel, Nicolas Horguelin, Jacques Langault (…) » (2)

En 1586, contrat de louage au nom du collège Saint-Lazard :

« Fut présent Girard Tinot, marchand demeurant à Chaalons, lequel recognut avoir pris à tiltre de loyer (…) de prudent homme Me Nicol Horguelin, licencié es lois, advocat à Chaalons, Intendant du collège Saint-Lazard dudit Chaalons, et de noble homme Charles Gorlier, bourgeois dudit Chaalons et demeurant paroisse Notre-Dame, recteur dudit collège, à présent bailleur audit tiltre, un appenty couvert de thuilles courbes (…) (3)

En 1589, plaidoirie pour la défense de Jacques de Berlize.

« A la fin du mois d’octobre 1589, les ligueurs ayant reconnu l’impossibilité d’enlever Ste-Menehould vigoureusement défendue par M. Godet de Renneville,

revinrent vers Châlons, en préparant un mouvement à l’intérieur par l’entremise de Jacques de Berlize et de quelques autres catholiques malcontents. Les Ligueurs devaient entrer par les allées de Forêt, mais Dinteville (lieutenant général du roi), prévenu à temps, accourut de Saint-Menehould et sut prendre rapidement des mesures énergiques qui vuidèrent la ville de l’humeur qui y pouvoit apporter altération, comme l’écrit le rédacteur des conclusions du conseil de ville.

Les suspects furent expulsés, les plus compromis emprisonnés, et les deux meneurs, Berlize et Legros, condamnés à être écartelés et exécutés (…) » (4)

La condamnation fut précédée d’un procès dans lequel intervint Nicolas Horguelin en tant qu’avocat de la défense.

Des relations de famille existaient entre les Berlize et les Horguelin.

Le 3 avril 1581, lors du baptême de Marguerite, fille de Jacques de Berlize, à Notre-Dame, Nicolas Horguelin est parrain et Jehanne Chenu sa femme, marraine. (5)

Le 30 septembre 1583, lors du louage de la ferme de la ville de Châlons, on trouve parmi les preneurs : « Pierre Deya, Jacques Horguelin, Jacques de Berlize, lesquels demeurent à Chaalons, lesdicts Deya et Berlize paroisse Notre-Dame, et le dict Horguelin paroisse Saint-Alpin (…) » (6)

Les demandes d’acquittement de Nicolas Horguelin et de Louis Deya, avocats à Châlons, furent jugées "inadmissibles" et Jacques de Berlize fut "pendu et étranglé sur la potence plantée au marché du dit Châlons."

Un double patrimoine foncier

Nicolas donne en fermage un ensemble de propriétés rurales que l’on peut regrouper à l’est de Châlons dans la vallée de la Moivre, autours de Notre-Dame-des-Ormes, (héritage paternel) et à l’ouest dans le vignoble proche d’Epernay, autours d’Avize (héritage maternel).

Côté est, on dénombre trois censes et gaignages à Francheville, Marson, La Cheppes, et des terres labourables à Pogny, Saint-Jean-sur-Moivre, Etrepy.

Nicolas possède à Etrepy le fief du Chesnois.

Côté ouest, près de Châlons, des terres à Fagnières, Saint-Pierre, Athis ; une

ferme à Condé-sur-Marne. Près d’Epernay, des vignes et une maison à Avize, des vignes à Grauves et Chouilly.

La famille de Nicolas

Bertin du Rocheret donne les indications suivantes :

« Nicolas Horguelin, fils de Jehan, avocat à Châlons,

a une ferme à Condé. Est seigneur du Chesnet ou Chesnois.

Epouse Jehanne Chenu. Eut :

1° Edme, qui suit.

2° Nicolas, tige du Chesnet.

3° Femme de M. de Vitry vers 1610 ». (7)

Nicolas épouse Jehanne Chenu, par contrat passé devant Ytam, notaire à Châlons (7 mai 1570). (8)

Son fils aîné Nicolas II, sieur du Chesnois, épouse Colette Lignage par contrat passé devant Lignage, notaire à Châlons, le 8 juillet 1601. (9)

Son fils cadet Edme épouse Agnès d’Aoust par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons, le 17 octobre 1611. Edme est licencié es lois, avocat en Parlement et seigneur de Breuvery-sur-Coole. (10)

Jehanne Chenu, veuve en 1592, épouse en secondes noces Jehan Guillaume, seigneur de Saint-Eulien.

Trois « traités » passés avec la fabrique de Notre-Dame

Pour assurer une rente à la chapelle Saint-Nicolas de Notre-Dame-en-Vaux, Nicolas cède les revenus d’une maison qu’il possède, à l’enseigne de « La Sentinelle », rue Rancienne à Châlons.

Jehanne Chenu passe un traité en 1613 avec les marguilliers de Notre-Dame, pour que soit célébré un obit pour le repos de l’âme de Nicolas.

Elle finance la commande d’une tapisserie de la Nativité pour le chœur de l’église de Notre-Dame.

Elle fonde en 1627 une messe pour le salut du sieur de Saint-Eulien son second mari.

Pièces originales

Minutes du procès de Berlize, 1589

Les « registres de dictum du greffe de la Mareschaussée de France au gouvernement de Champaigne et Brie estably à Chaalons » donnent les minutes du procès, entre autres ceci :

« Veu par nous Gilles de Pinteville, escuyer, sieur de Montcetz et Villers-aux-Corneilles en partie, lieutenant de la mareschaussée de France (…)

le procès criminel et extraordinairement faict à la requeste du procureur du Roy demandeur en matière de crime et de délitz, à l’encontre de Jacques de Berlize et Jehan Legros, habitans de ceste ville de Chaalons, prisonniers pour raison de la faction entreprise et conjuration faicte sur la dite ville (…)

(Veu) nostre procès verbal dudict neufviesme décembre, sur les déclairations et protestations dudict Berlize, appelé en l’auditoire roial dudit Chaalons en laprésence du Conseil, et récusations par luy proposées par ledit procès verbal contre Me Nicolas Horguelin et Loys Deya, advocats audict Chaalons, à ce qu’ils se depportassent d’assister au jugement du procès dudict de Berlize

contre nous, à ce que nous déportions de congnoistre du faict dudict procès, la sentence sur ce rendue, par l’avis dudict Conseil, par laquelle auroit été dict que les dictes causes de récusation que pour nostre regard, que Horguelin et Deya estoient inadmissibles. (…)

Nous avons condampné et condampnons les dicts Jacques de Berlize et Jehan Legros à estre penduz et estranglez en la potence plantée au marché et place publique dudict Chaalons, par l’exécuteur des haultes œuvres ; ce faict, leurs corps estans mis en quatre quartiers pour estre atachez en exemple sur les grands

chemins des quatre principales portes dudict Chaalons (…) »

(Barthélemy, Variétés historiques sur Châlons, série 8, Paris, 1878, page 5)

Contrat de vente d’une pièce de vigne à Grauves, 1575

Le 20 juin 1575, «Furent présents en leurs personnes, honorables hommes Me Nicol Horguelin, licencié es lois, advocat demeurant audict Chaalons, et Pierre Horguelin, marchand, demeurant audict Chaalons, lesquels recognurent avoir vendu (…) à Nicolas Rogier, vigneron demeurant à Grauves (…), une pièce de vigne (…) assise au terroir de Grauves (…) moyennant la somme de soixante dix huict livres (…)

Faict et passé le vingtiesme jour de juing l’an mil cinq cent soixante et quinze ».

Signatures de Gabet et Vassé, notaires, et de Nicolas et Pierre Horguelin.

(Arch. Marne, 4E 6203, f° 79, minutes Vassé)

Contrat de vente de deux pièces de terre à St-Pierre, 1593

Le 21 septembre 1593 « Fut présent en sa personne Jehan Chastillon, marchand cordier, et Marye le Gras sa feme, demeurant à Chaalons, lesquels recognurent avoir vendu (…) à delle Jehanne Chenu, veuve de feu noble et prudent homme Me Nicol Horguelin (…) deux pièces de terre sises au terroir de Saint-Pierre, tenant d’une part à la dicte acheteuse et d’autre part à Pierre Daoust (…)

et une pièce de terre size près la Porte Ste Croix, tenant d’une part à la dicte veuve, (…) que le dict Chastillon devait audit deffunct Horguelin (…) »

(Arch. Marne, 4E 900, minutes Alfeston)

Contrat de vente d’une maison à Avize, 1607

Le 14 février 1607, « Furent présents en leurs personnes, Michel Alfeston, bourgeois de Chaalons, tant en son nom que comme tuteur de Claude Lallemant, fille de feu François Lallemant et Jehannne Alfeston, Jehan Horguelin, marchand apothicaire, aussi en son nom, et damoiselle Jehanne Chenu, à présent femme de honorable homme Jean Guillaume, marchand, demeurant audit Chaalons et au paravent veufve de deffunct Me Nicol Horguelin, vivant advocat, demeurant audit Chaalons, au nom et comme tutrice de Edme Horguelin, fils mineur dudict deffunct et d’elle, demeurant audit Chaalons.

Lesquels recognurent avoir vendu à honorable homme Nicolas Hennequin, trois cinquième d’une maison sise à Avize, grange, estable (…) sans aultre chose en réserve, le lieu et pourprin comme ils se comportent, portant par indivis contre les aultres parts (…), deux cinquième appartenant audit acquéreur, appelée la maison de feu Didier de Beaulmont, tenant d’une part à Jacques des Bordes, d’aultre à Jehan LeMaistre, d’un bout faisant son entrée sur la cour et rue, d’aultre par derrière à une ruelle d’aisance (…), appartenant aux dicts vendeurs, scavoir ung des trois dicts cinquiesmes pour moitié audict Alfeston, et pour l’autre moitié à la dicte Claude Lallemant et audict Jehan Horguelin et audict Edme Horguelin, de leur naissant, comme ilz ont dit (…) pour 200 livres tournois (…) »

(Arch. Marne, E 820, minutes Lafrique, 1607)

Constitution de rentes, église Notre-Dame

« La chapelle Saint Nicolas de Notre-Dame en Vaux avait comme revenus vingt livres de rente annuelle, constituées par quatre maisons sises à Châlons :

la maison des Trois Pucelles, la maison de la Croix Blanche, la maison du Barbeau. Cette dernière, sise devant l’église Saint-Germain, appartenait à Germain Nobily, libraire.

La quatrième maison, « A la Sentinelle », appartenait à Nicolas Horguelin :

Item sur la maison à La Sentinelle ou Le temps perdu, sise rue Rancienne, près la porte Saint-Jacques, et la maison voisine, données à cens perpétuel, (appartenant) à Me Nicol Horguelin, advocat. VI livres X sols.

Cette maison avait encore comme revenu deux pièces de prez sises au terroir de Juvigny, contenant onze denrées, qui ont été donnez pour l’augmentation de la dite chapelle par ledit Horguelin en récompense desdits deux tiers de la maison de La Sentinelle, lesquelles deux pièces se louent au plus offrant (…). VII livres.

(Louis Grignon, Description et historique de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons, 1885, page 298)

« Traités passés avec la fabrique Notre-Dame »

Le 8 juin 1613, « Traité par lequel la fabrique s’oblige envers damoiselle Jehanne Chenu de faire célébrer un obit pour le repos de l’âme de Nicolas Horguelin, son premier mari, le jour de Saint-Nicolas d’hiver, consistant en trois hautes messes, vigiles, et faire l’offrande, moyennant 500 livres par elle données, pour être employées au paiement de la quatrième pièce de tapisserie de haute lisse du chœur, représentant la Nativité de Notre Seigneur, sur laquelle seront mises ses armes qui sont un chêne avec une barre, et de donner quatre livres aux chanoines pour rétribution dudit obit ».

Le 30 juin 1627, donation de 180 livres. « Suivant ce contrat, damoiselle Jehanne Chenu, veuve de Jehan Guillaume, seigneur de Saint-Eulien, demande à faire dire et chanter tous les jours, par le chapelain de la Confrérie de la Conception, un Salve regina, l’antienne et l’oremus, à la fin de la première messe, pour quoi le chapelain aura huit livres par an ».

(L. Grignon, Description et historique de l’église Notre-Dame (…), pp 348 & 353)

Sources

(1) Auguste Bordes, “Histoire des monuments anciens et modernes de la ville de Bordeaux”, 1845, p. 94.

(2) L. Desgraves, « Elie Vinet, humaniste de Bordeaux, 1509-1587 », 1977.

(3) Archives de la Marne, E 819, année 1560.

(4) Ernest Gaullieur, « Histoire du collège de Guyenne (…) », 1874, p. 273.

(5) Arch. comm. Châlons, BB 13, f° 74, 1575.

(6) Arch. comm. Châlons, BB 14, f° 10, 1581.

(7) Arch. Marne, 4E 844, f° 81, minutes Leblef, 1586.

(8) Barthélemy, Hist. de la ville de Châlons, 1883, p. 307.

(9) Arch. comm. Châlons, GG 105, f° 13 v°, 1581.

(10) Arch. Marne, 4E 890, minutes Alfeston, 1583.

(11) Bibl. Nationale, D.B. 360, f° 9.

(12) Arch. privées, C.H., B.N., 1570.

(13) Arch. Marne, 4E 8073, minutes Lignage, 1601

(14) Arch. Marne, 4E 8359, minutes Roget, 1611.

Loys & Jehanne Havetel

Loys est né à Châlons en 1542, fils de Jehan et de Michelette de Beaumont.

Il épouse Jehanne Havetel vers 1567.

Il est décédé à Châlons en 1587.

« Héritages » à Coupéville, Aigny et Cramant

Loys possède, « de son naissant », une partie du domaine des Ormes à Coupéville, des biens à Aigny qui lui viennent de la famille de sa femme, des vignes à Cramant qui lui viennent de la famille de sa mère.

Entre 1577 et 1581, il passe une dizaine de contrats d’achat ou de louage concernant des pièces de terre labourable « assises » à Coupéville. Ses principaux fermiers appartiennent à la même famille : Didier, Michel et Symon les Estienne. (1)

Le 18 janvier 1585, il vend à Aigny « une tranche de grange couverte de thuilles courbes », à lui appartenant « à cause du naissant de la dite havetel ». (2)

En 1587, l’année de son décès, il fait un échange à Cramant qui porte sur une pièce de vigne héritée des de Beaumont. (3)

La maison de « La Hache » à Châlons, 1572

Le 13 novembre 1572, Loys passe un contrat d’échange avec Michel Alfeston et Pérette Horguelin sa femme. Il acquière une maison « assise au marché à bled appelée maison de la hache », où « avait demeuré feu michel alfeston l’aisnel et Jehanne Ytam sa femme ».

En contre échange, Loys cède « un tiers en la moitié d’une cense et gaingnage(…) assise au terroir de notre dame des ormes ». (4)

Loys complète cette acquisition par l’achat, le 7 mars 1584, d’un corps de logis sur le marché à blé « tenant d’une part audit acheteur et d’aultre à la maison de la hault mère dieu ». (5)

La famille de Loys

« Louis horguelin, fils de Jean, à Châlons. Epousa n. havetel. Eut :

-Louis II qui suit.

-Rémy, tige.

-Jeanne, femme de Louis Vasse, dite claude horguelin. Veuve de Louis Vasse à Congy en 1626. Mère de LouisVasse, marchand à Congy, 1626.

-Madeleine, femme de Jean Corneille, mort 1649.

-Perette, femme de Giles Adam.

-Renée, femme 1° d’Etienne Viennot. 2° de Rémy Le Moine ». (6)

Il faut ajouter à cette liste : Marguerite, baptisée à St-Alpin le 14 juin 1575, et femme de Pierre Gargam.

Les minutes des notaires de Châlons donnent des précisions sur ces contrats de mariage :

-Claude épouse Louis Vassé par contrat passé devant Vassé le 12 mai 1587.

-Renée épouse Etienne Vyennot par contrat passé devant Vassé le 3 décembre 1587. Elle épouse en secondes noces Rémy le Moyne par contrat passé devant Depinteville le 17 septembre 1592.

-Madeleine épouse Jean Corneille par contrat passé devant Debezançon le 13 janvier 1596.

-Louis le jeune épouse Roberte du Boys par contrat passé devant Duboys le 8 juillet 1601. (voir pièces originales).

Le tombeau de Loys à St-Alpin, 1587

Loys a sa sépulture dans l’église paroissiale de St-Alpin à Châlons : un tombeau élevé vers le pilier le plus proche de la grande porte.

« Devant ce pilier est inhumé le corps de

honorable homme louis horguelin, marchand

bourgeois de chaalons, qui décéda le 2 aoust 1587.

Et jehanne vassé, fille d’honorable homme louis

vassé et de delle claude horguelin sa femme, petite

fille dudict defunt et de la dicte havetel, qui décéda

le 9 octobre 1691. P.D.P.E. » (7)

Barthélemy note en complément : « Horguelin, vieille famille de Châlons qu’on croyait originaire d’Allemagne, possédait la seigneurie de Breuvery. (…) La famille Havetel paraît au XVIème siècle au Conseil de ville ». (8)

Pièces originales

Acte d’échange entre Loys Horguelin et Michel Alfeston, 1572

Le 13 novembre 1572, « Eschange entre honorable homme michel alfeston, pérette horguelin sa femme, Me pierre alfeston et magdelaine clément sa femme, loys ytam, marchand postier d’étaim, pierre ytam, notaire royal, en leur nom, et toussaint barberousse à cause de nicole ytam sa femme, d’une part.

Et honorable homme loys horguelin, marchand tanneur demeurant audict chaalons, d’aultre part.

Les premiers cèdent une maison et dépendances assise au marché à bled, appellée maison de la hache, tenant d’une part à honorable homme claude rosnay, marchand tanneur, et d’aultre part aux hoirs jehan pannetier, d’un bout par devant faisant sa principale entrée sur le dict marché, et d’aultre bout par derrière à la rivière, et en laquelle avait demeuré feu michel alfeston l’aisnel et jehanne ytam sa femme.

Et en contre échange loys horguelin cède (…) un tiers en la moitié d’une cense et gaingnage consistant en maison, grange, estables couvertes de thuilles courbes, court, terres labourables, boys, saulsoix et autres héritages en dépendant, assise au terroir et finaige de notre dame des ormes et terroirs voisins…

Et un tiers en un quart d’un coulombier assis en la court dudict assin, le tout portant par indivis à l’encontre des deux aultres tiers appartenant audict horguelin à cause de son naissant (…) ».

(Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston, 1572)

Contrat de mariage Vassé-Horguelin, 1587

Le 12 mai 1587, « furent présents en leurs personnes louis vassé, marchant, fils de honorable homme Me Charles Vassé, vivant notaire royal, et damoiselle nicole le febure sa femme, assisté de honorable homme alpin le febure, marchant, naguère son tuteur, et de Me Jacques Vassé, notaire royal, son frère et tuteur, demeurant audit chaalons paroisse saint-alpin, d’une part.

Et honorable homme louis horguelin, marchant tanneur, et damoiselle jehanne havetel sa femme, demeurant audit chaalons, paroisse saint-alpin, et avec eulx claude horguelin leur fille, les dites femme et fille duement licenciées et auctorisées dudict louis horguelin, d’autre part.

(…) Faict et passé au domicile dudit louis horguelin, après midy, le 12e de mai 1587 ».

(Arch. Marne, 4E 6256, f° 199 v°, minutes Gabet, 1587)

Contrat de mariage Vyennot-Horguelin, 1587

Le 3 décembre 1587, « furent présents en leurs personnes honorable

homme estienne vyennot, marchant tanneur demeurant à victry le françoys, assisté de honorable homme jehan vyennot son père, aussy marchant tanneur demeurant audit victry, à ce présent, d’une part.

Et damoiselle renée horguelin, fille de feu honorable homme loys horguelin, en son vivant marchant tanneur demeurant audit chaalons, et de damoiselle jehanne havetel sa femme, assistée et aucthorisée suffisamment de ladite havetel sa mère et tutrice, demeurant audit chaalons, paroisse saint-alpin, d’autre part.

(…) Faict et passé en l’hostel de ladite jehanne havetel, après midy, le 3ème jour de décembre l’an 1587, et ont signé ».

(signatures: Havetel, Vienot, Renée Horguelin)

(Arch. Marne, 4E 6211, f° 120, minutes Vassé, 1587.

Contrat de mariage Le Moyne-Horguelin, 1592

Le 17 septembre 1592, « furent présents en leurs personnes, noble et prudent homme Mre rémy le moyne, avocat (…), paroisse saint-alpin, d’une part. Et damoiselle renée horguelin, veuve de feu honorable homme estienne viennot (…), d’autre part.

Et ont signé ».

(signatures : Estienne Viennot, Renée Horguelin, Jehan Horguelin, Pierre Horguelin, Louis Vassé)

(Arch. Marne, 4E 6349, f° 217, minutes Depintevile, 1592)

Contrat de mariage Corneille-Horguelin, 1596

Le 13 janvier 1596, « furent présents en leurs personnes honorable homme jean corneille, marchant demeurant à chaalons, assisté de honorable homme jacques corneille, aussi marchant, et marguerite adam sa femme, demeurant audit chaalons, ses père et mère, ladite marguerite licenciée et authorisée dudit jacques corneille son mari, d’une part.

Et damoiselle magdelaine horguelin, fille de feu honorable homme loys horguelin, vivant bourgeois dudit chaalons, et de damoiselle jehanne havetel, assistée et authorisée ladite havetel, sa mère et tuteur, de honorable homme jean lhuillier, bourgeois dudit chaalons, coadjuteur à ladite tutelle, michel alfeston,

aussi bourgeois de chaalons, prudent homme Mre pierre alfeston, docteur en médecine, jehan horguelin, bourgeois dudit chaalons, mathieu le moyne, licencié es lois, bailli de Saint-Pierrre au Mont dudit chaalons, loys vassé, françois havetel, nicolas roussel, marchant bourgeois dudit chaalons, tous frères, beau-frère, oncles et cousins de ladite magdelaine (…) d’autre part ».

(Arch. Marne, 4 E 8729, f° 88 v°, minutes Debezançon, 1596)

Sources

(1) Arch. Marne, 4E 6207 à 6211, minutes Vassé, 1577.

(2) Arch. Marne, 4E 6210, minutes Vassé, 1585.

(3) Arch. Marne, 4E 6211, minutes Vassé, 1587.

(4) Arch. Marne, E 819, papiers Alfeston, 1572.

(5) Arch. Marne, 4E 6210, minutes Vassé, 1584.

(6) Bibl. nationale, D.B. 36O, f° 3 v°.

(7) Bibl. nationale, Manuscrits français, n° 8227, f° 21.

(8) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…), n° 273, p. 138.

Au seizième siècle (III)

Claude & Claudine Henrion

Jacques & Claude Godet de Farémont

Claude & Nicolas Hennequin

Nicolas & Colette Lignage

Edme & Agnès d’Aoust

Magdeleine & Jean Corneille

Girard et Claudine Raussin

Valentin, chanoine de Notre-Dame-en-Vaux

Claude & Claudine Henrion

Claude est né paroisse Saint-Eloi à Châlons fils de Pierre Horguelin et de Jehanne Varnier.

Il épouse Claudine Henrion à Châlons en 1575.

Il est décédé à Châlons avant 1629.

« Pour le service du roi », 1578-1594

Dans différents contrats passés chez les notaires Depinteville, Alfeston et Roussel (1578-1584), Claude Horguelin est « archer de la compagnie du prévost de nosseigneurs les maréchaux de France au gouvernement de Champagne et Brye ». Le prévost des maréchaux est un officier qui commande, sous l’autorité des maréchaux, une compagnie d’archers à cheval, pour la sureté publique dans les provinces (Littrée, 1873).

En 1585, il est « soldat de la garnison de Verdun sous la charge du capitaine Savalle. »

En 1590, il est « capitaine enseigne (porte drapeau) de la compagnie du sieur de Recy tenant garnison pour le service du roi en cette ville de Chaalons ».

En 1593 et 1594, il est « lieutenant de la compagnie du sieur de Recy tenant garnison à Chaalons pour le service du roi ».

La cense de la Follye, 1599

Après 1594, Claude est « bourgeois de chaalons demeurant audit lieu paroisse Saint-Eloy » dans différents contrats de vente ou location qu’il passe chez le notaire Vassé.

En 1597, il donne en location une terre labourable à « helmauru » (Heiltz-le-Maurupt). (1)

Le 16 janvier 1599, il « reconnait avoir pris à titre de ferme et moisson de grains, de Révérent père en Dieu messire Cosme Clausse, évêque et comte de Chaalons, pair de France, abbé commandataire de l’église et abbaye de Saint-Pierre-aux Monts dudit Chaalons (…), la cense de la Follye, consistant en maison, grange, estables couvertes de tuiles courbes, colombier, puits, jardins, terres labourables en plusieurs pièces, prés et autres héritages en dépendant (…) » (2)

Dans un contrat du notaire Rambourg du 23 juin 1604, « honorable homme Claude Horguelin » est « marchand laboureur demeurant à la rue de la Follye, paroisse saint Jean à chaalons. » (3)

La cense de la Folie est décrite par Louis Grignon (Topographie historique) (4) et représentée par Claude Chastillon (Topographie française). (5)

Grignon écrit : « Au-delà de la route de Metz, en deça du chemin de Melette, est une ferme dite La Folie qui, dès une haute ancienneté, appartenait à l’abbaye de Saint-Pierre. Une déclaration de biens de 1471 la désigne ainsi : une grande maison, deux cours, granges, estables, pourprins, deux jardins, ung petit bois, appartenances et dépendances d’icelle, nommée vulgairement l’ostel de la Folie, séant entre la ville de chaalons et la ville et église de nostre-dame de Lépine, au ban et justice temporelle desdits religieux ; à laquelle appartenait 260 journelz de terre arable ou environ, séans en plusieurs et divers lieux, dont il y en a 200 journelz à l’environ de ladite maison, et 40 audit ban en trois pièces au lieudit la Vallée Saint-Pierre (…) Et appartient icelle maison, seigneurie et héritaiges à ladite église dès la fondation d’icelle ».

La ferme de la Folie et la Vallée Saint-Pierre figurent encore aujourd’hui sur la carte d’Etat Major, au nord-est de Châlons.

Sur le plan de Chastillon, les bâtiments sont entourés d’une haute muraille, à la manière d’une maison forte, avec un colombier imposant au centre de la cour.

La famille de Claude

Claude épouse par contrat passé devant Gabet, notaire à Châlons, le 7 juillet 1575, Claudine Henrion, file d’Anthoine Henrion et de Marie Le Glaive, demeurant à Châlons. Ils ont trois enfants :

-Pierre, né paroisse Saint-Eloi. Il se convertit au Protestantisme. Il épouse (contrat Debesançon du 4 décembre 1603) Magdeleine de Serval, fille de Jean de Serval et de Jeanne Roussel, de la R.P.R.

-Claude, né paroisse Saint-Eloi. Il épouse (contrat Vassé du 8 février 1604) Loyse Féron, fille de Bastien Féron et de Jeanne Besançon.

-Marie, née paroisse saint-Eloi. Elle épouse (contrat Laguille du 14 mai 1601) N. Henrion, fils de Claude Henrion et de Marguerite Caure, demeurant à Châlons.

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin/Henrion, 1575

Le 7 juillet 1575, « fut présent honorable homme pierre horguelin, marchand tanneur demeurant à chaalons et avec lui claude horguelin son fils et de feue jehanne vargnier sa première femme, de lui licencié et autorisé, d’une part.

Et claudine henrion, fille de feu anthoine henrion, vivant marchand demeurant à chaalons, et de marie le glaive, ses père et mère, assistée et autorisée de pierre le glaive, marchand laboureur demeurant à helmaurupt, d’autre part.

(…) Fait et passé en présence de noble et prudent homme nicolas horguelin, licencié es lois, avocat es siège de chaalons, honorable homme claude rocquet, marchand, gérard copinet, praticien, guillaume chrestien, antoine charpentier, guillaume henrion, jehan hermand, aubry hermand et louise emond, veuve dudit défunt anthoine henrion, tous parents et amis desdites parties, le septiesme jour de juillet 1575. » (6)

Contrat de mariage Horguelin/de Serval, 1603

Le 4 décembre 1603, « fut présent pierre horguelin, fils de honorable homme claude horguelin, bourgeois de chaalons demeurant en la maison de la follye les chaalons, et de claude henrion sa femme (…), d’une part.

Et magdelaine de serval, fille d’honorable homme jean de serval (…) et de damoiselle jeanne roussel sa femme (…), d’autre part.

Estant lesdites parties présentes pour parler du mariage futur et espéré à faire entre ledit horguelin et la dite de serval (…)

Fait et passé à chaalons, après midy le quatrième jour de décembre mil six cent trois, en la maison du sieur rambourg soussigné (…) en la présence de honorable homme pierre roussel, pierre le convers, estienne rambourg, jean de serval. » (7)

Sources

(1) Arch. Marne, 4E 6220, f° 191, minutes Vassé, 1597.

(2) Champagne Généalogie, 1998, n° 78, page 16.

(3) Arch. Marne, 4E 6614, f° 87 v°, minutes Rambourg, 1604.

(4) L. Grignon, “Topographie historique (…)”, 1889, page 279.

(5) J. M. Arnoult, « Châlons-sur-Marne, plans 17e-20e siècles », 1978.

(6) Arch. Marne, 4E 6242, minutes Gabet, 1575.

(7) Arch. Marne, 4E 8739, f° 194-196, minutes Debesançon, 1603.

Jacques & Claude Godet

Jacques Horguelin, (ca 1560-1624), seigneur de Saint-Martin et Farémont (1597),

né paroisse de la Trinité, fils de Jehan Horguelin et de Catherine Oulry,

épouse (Châlons 1580) Claude Godet.

Propriétés rurales et seigneuries

Les propriétés rurales de Jacques Horguelin sont situées à proximité de Châlons, dans la vallée de la Marne : Saint-Martin-aux-Champs, Saint-Pierre aux Oies, Saint-Menge, Sarry, Pogny, Cheppes, Dampierre-sur-Moivre. Il passe des contrats de louage chez les notaires Vassé, Alfeston, Gabet, Collesson, Lemaistre et Depinteville. Exemple de contrat :

Louage à Sarry le 29 mai 1590. « Furent présents en leurs personnes Guillaume Bodé et Pierre Horguelin, laboureurs demeurant à Sarry, lesquels recognurent avoir pris et retenu à titre de loyer et moisson de grain, de noble homme Nicolas Braux, esleu pour le Roi à Chaalons, au nom et comme tuteur de Philbert Godet, fils de feu Philbert Godet, et d’honorable homme Jacques Horguelin, marchand, et Me Gilles Jacobé, licencié es lois, à cause de leurs femmes, tous demeurant audit Chaalons paroisse Saint-Alpin, les terres d’une cense et gaignage assises aux terroirs desdits Sarry, Saint-Menge et terroirs voisins (…) » (1)

A Farémont et Saint-Martin-aux-Champs, les Godet possédaient une partie de la terre et des droits de seigneurie. On lit dans le « Roole des gentilshommes du bailliage de Vitry en 1597 : « Philbert Godet et Jacques Horguelin, seigneurs de Saint-Martin-aux-Champs pour ¼ et de Farémont pour un seizième. » (2)

A Châlons, Jacques prend à bail plusieurs fermes de la ville.

Le 28 novembre 1598, il prend la ferme de la laine, avec Jacques Aubelin.

Le 2 septembre 1599, il prend la ferme du vin avec Gilles Foucquet, Pierre Lequeux et Jean Lhuilier. Le 28 septembre 1600, il prend la ferme de la draperie avec « honorables hommes Claude Aubelin et François LeMoyne ». (3)

La famille de Jacques

Jacques Horguelin épouse par contrat du 11 novembre 1580, passé devant Vassé, notaire à Châlons, Claude Godet, fille de Philibert Godet, seigneur de Farémont, et de Louise Havetel. (4)

Ils ont dix enfants :

-Pérette, née paroisse Saint-Alpin. Elle épouse par contrat du 20 août 1598

(notaire Vassé), Nicolas de la Haye, procureur au siège de Châlons, demeurant paroisse de la Trinité. (5)

-Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin, le 13 mai 1584.

-Louise, baptisée le 6 février 1586.

-Jean, baptisé le 15 septembre 1587.

-Marie, baptisée le 30 décembre 1589.

-Claude. Elle épouse par contrat du 8 juillet 1618 (notaire Gabet), Jean de la Haye (6)

-Madeleine, baptisée le 10 décembre 1601.

-Michel, baptisé le 20 décembre 1604.

-Hélène, baptisée le 28 novembre 1607.

-Catherine. Elle épouse par contrat du 10 avril 1625 (notaire Lefébure), Daniel d’Aoust, écuyer, seigneur de Coolus, grenetier pour le roi au grenier à sel de Châlons. (7)

Elle épouse en secondes noces, le 23 septembre 1634 (paroisse Saint-Alpin), Pasquier Gargam, élu assesseur de la ville de Châlons. (8)

Le Collège de Châlons (1615)

Le premier collège est installé en 1560 dans les anciens locaux de l’hôpital Saint-Lazare, près de l’église Notre-Dame-en-Vaux.

En 1581, l’avocat Nicolas Horguelin est nommé par le Conseil de ville, Intendant du collège Saint-Lazare. En 1604, le chanoine de Notre-Dame Valentin Horguelin accepte la charge de principal du collège. Le personnel de l’établissement se composait d’un principal et de cinq régents.

En 1617, l’évêque Cosme Clausse fait venir les Jésuites à Châlons et leur donne la direction du collège. Ceux-ci quittent les locaux de l’ancien hôpital Saint-Lazare et s’installent rue de la Charpenterie. Ils construisent deux ailes de 1617 à 1619. (9)

Quand Michel Horguelin, fils de Jacques, entre au collège en 1618, il fait partie des premiers élèves des Jésuites. On lit dans les notes du Père Carré : « Michel Horguelin fut tonsuré le 20 avril 1615 dans la chapelle des R.P. bénédictins à l’abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts de Châlons. Il fut admis au collège des Jésuites en troisième, à l’âge de 13 ans, le 12 janvier 1618. » (10)

Les pierres tombales de l’église Saint-Alpin (1624)

Un certain nombre de pierres tombales d’églises et couvents disparus ont été replacées à Saint-Alpin, en particulier celles du couvent des Jacobins (Prairial an V) pour les plus anciennes (Ravous de Breuvery, 1281).

Mais, écrit Grignon, « quelques unes se rapportent incontestablement à des sépultures faites dans l’église Saint-Alpin : ce sont celles des familles Coquart, Pierre Braux et Horguelin. » (11)

Les trois dalles funéraires Horguelin étaient anciennement situées dans l’abside de l’église (Grignon, p. 109) et sont aujourd’hui rassemblées dans le collatéral sud.

Il s’agit de dalles en marbre noir, l’une concernant Jacques Horguelin (1624), l’autre Pierre Braux et Claude Horguelin (1650) et la troisième (fragment) gravée d’armoiries qui seraient celles de Pierre Horguelin de Breuvery et de delle Godet, sa femme (1624) (12)

L’épitaphe de Jacques Horguelin, partiellement effacée, se compose ainsi :

« Cy devant gist honorable homme

Jacques Horguelin, vivant

Marchant chaucetier demeurant

A Chaalons, qui décéda le 14e

Septembre 1624. Priez Dieu

Pour son âme »

Il existe dans l’église Notre-Dame d’Epernay, une pierre tombale de même facture et de même époque (1623), qui ressemble en tous points à celle de Jacques Horguelin. Mais elle est entière, avec sa partie supérieure représentant les écussons armoriés des deux défunts (Jehan Biache et Marie Thiret). (13)

Pièce originale

Contrat de mariage Horguelin-Godet, 1580

Le 20 novembre 1580, « furent présents en leurs personnes honorable homme Jehan Horguelin, marchand apothicaire, et Catherine Oulry sa femme, et avec eux Jacques Horguelin leur fils, les dits femme et fils licenciés et autorisés dudit Jehan Horguelin suffisamment quant aux dites présentes, demeurant à Chaalons paroisse de la Trinité, d’une part.

Et Claude Godet, fille de feu honorable homme Philbert Godet, lui vivant seigneur de Farémont, demeurant audit Chaalons, et de damoiselle Louise Havetel, ses père et mère, ladite Claude Godet licenciée et autorisée de la dite Havetel sa mère, et de noble homme Messire Nicolas Braux, esleu pour le roi en l’Election de Chaalons, et honorable homme Jehan Legrand, marchand demeurant audit Chaalons, ses tuteurs et curateurs d’autre part.

Etant les dites parties réunies (…) pour parler du mariage futur et espéré, à faire entre le dit Jacques Horguelin et ladite Claude Godet, si Dieu et Sainte église s’en accordent, et avant qu’il y ait eu aucune promesse ou lien de mariage entre eux, comme ils ont dit, recognurent volontairement avoir fait et par ces présentes font le traicté de mariage, accord et communauté en la manière qui s’en suit (…)

Fait et passé en l’hôtel de la dite Havetel, à trois heures de l’après-midy, le vingtiesme jour de novembre l’an 1580, et ont signé.

En la présence de honorable homme François Havetel l’aîné, prudent homme Maître Nicolas Horguelin, licencié es lois, avocat audit Chaalons, Michel Alfeston, Michel Havetel, François Havetel-le-jeune, Loys Horguelin, Nicolas Roussel, honorable femme Pierrette Rousseau veuve de feu Michel Oulry, dame Claude Loré veuve de feu Pierre …., tous parent et amis des dites parties. » (14)

Sources

(1) Arch. Marne, 4E6213, f° 193 v°, minutes Vassé, 1590.

(2) Barthélemy, “Histoire de la ville de Châlons (…) », 1883, page 471.

(3) Arch. Marne, 4E 6375, f° 18, minutes Depinteville, 1598-1600.

(4) Arch. Marne, 4E 6207, f° 100, minutes Vassé, 1580.

(5) Arch.Marne 4E 6221, f° 240 v°, minutes Vassé, 1598.

(6) Arch. Marne, 4E 6628, minutes Gabet, 1618.

(7) Arch. Marne, 4E 8175, minutes Lefébure, 1625.

(8) Riocour, Saint-Alpin, 1634, p. 267, n° 680.

(9) “ Châlons 2000 ans”, 1980, page 77.

(10) Arch. privées, C.H., fiche lecture, Carrez, 1615.

(11) Grignon, « Histoire et description de l’église et paroisse de Saint-Alpin de Châlons », 1878, page 113.

(12) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…) », p. 129, n° 256.

(13) Mémoires de la SACSAM, 1957, page 59.

(14) Arch. Marne, 4E 6207, f° 100, minutes Vassé, 1580.

Claude & Nicolas Hennequin

Claude Horguelin (ca 1565 – 1597), fille de

Pierre Horguelin et de Marie Chastillon,

épouse (1585) Nicolas Hennequin

L’ascendance de Nicolas Hennequin

L’ascendance de Nicolas Hennequin est connue sur quatre générations :

Gérard Hennequin, escuyer, sgr d’Allonaux, épouse (1456) Anne de Cheppes, dont Jacques, qui suit.

Jacques Hennequin, escuyer, sgr d’Allonaux, épouse par contrat du 30 septembre 1490, Catherine Chenu, dont Gérard, qui suit.

Gérard Hennequin, escuyer, sgr d’Allonaux, épouse par contrat du 15 mai 1535, Anne Bizet, dont Nicolas, qui suit.

Nicolas Hennequin, escuyer, sgr d’Allonaux, receveur des aides et tailles, épouse par contrat du 9 mars 1560, Marguerite Dommangin, dont Nicolas marié à Claude Horguelin. (1)

Le contrat de mariage, 1585

Le 23 février 1585, « après midy », le contrat de mariage de Nicolas et Claude est signé « en l’hôtel de Pierre Horguelin », par devant Roussel, notaire à Châlons.

« Furent présents en leurs personnes, Nicolas Hennequin, fils de feu noble homme Messire Nicolas Hennequin, vivant receveur des Aides et Taillon en l’Election de Châlons, et de damoiselle Marguerite Dommangin sa femme, à présent sa veuve (…) d’une part.

Et Claude Horguelin, fille de honorable homme Pierre Horguelin, marchand, et de damoiselle Marie Chastillon sa femme, demeurant à Chalons paroisse Notre-Dame, d’autre part (…) »

Et ont signé : Marguerite Dommangin, Pierre Horguelin, Marie Chastillon, Claude Horguelin. (2)

Les enfants Hennequin-Horguelin

Nicolas et Claude ont trois enfants :

-Jean.

-Nicolas. Il épouse (1615) Claude Pillon (ou Pilloust).

-Michel, sgr de Cramant, receveur général des finances en Champagne. Il épouse Françoise Passart, dont Claude et Madelaine. Claude Hennequin, escuyer, sgr de Vitry-la-Ville, marié avec Claude Angélique Mathé, fille d’Oudart Mathé, escuyer, sgr de Vitry-la-Ville, et de Marguerite d’Aoust. Madelaine Hennequin, mariée (1650) avec Charles Colbert (1628-1684), escuyer, sgr du Terron, marquis de Bourbonne-les-Bains, cousin germain de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, ministre du roi Louis XIV. (3)

Les secondes noces de Nicolas Hennequin

Claude Horguelin est décédée le 13 août 1597. Quatre mois plus tard, le 13 décembre 1597, Nicolas se remarie avec Perrette Oulry, fille de Michel Oulry et de Perette Brissier, dont trois enfants :

-Pierre. Il épouse Louise Godet, fille de Jean Godet, sgr de Croüy et de Marie de Paris. Ils ont une fille Claude, mariée (1640) avec Claude Loisson sgr de Guinaumont, de Breuvery et de Marson en partie.

-Gilles, sgr de la Motte et Cramant. Il épouse (1630) Jeanne Le Duc, fille de Pierre Le Duc, sgr de Compertrix, et de Marie de Bar. Leur fils Christophe Hennequin nomme exécuteur testamentaire (1709) « Louis Horguelin, sgr de Breuvery, prêtre, chanoine de l’église cathédrale Saint-Etienne de Chaalons ».

-Catherine. Elle épouse Jean Le Clozier, sgr de Juvigny, conseiller du roi, commissaire ordonnateur des guerres. « Ils furent enterrés l’un et l’autre dans la paroisse de Juvigny où se trouve leur épitaphe ». (4)

Pièces originales

Epitaphe Hennequin-Horguelin

Eglise Saint-Alpin, dalle de marbre :

« Cy devant gist noble homme Nicolas Hennequin

procureur des aydes et tailles en l’eslection et

………….. de Chaalons, qui décéda le 24 mars

1572. Et delle Marguerite Dommangin, sa femme

laquelle décéda le 6 avril 1609. Noble homme

Nicolas Hennequin, leur fils, bourgeois de Chaalons,

qui décéda le 11e avril 1630. Delle Claude Horguelin

sa femme, qui décéda le 13e aoust 1597, et

Delle Perette Oulry, sa femme en 2es nopces

qui décéda le 24e mars 1621. Noble homme Pierre

Horguelin sr de Breuvery et de Marson en partie,

qui décéda le 30e juillet 1624 et Delle Godet, sa femme

qui décéda le 6e aoust 1657. Priez Dieu pour leurs âmes. (5)

Epitaphe Le Clozier-Hennequin

Eglise de Juvigny, plaque de marbre noir fixée au mur,

à gauche de l’entrée principale :

« Cy gist Mes. Jean Clozier, chevalier, sgr de Juvigny

et la Veuve, Commissaire ord. des guerres et conducteur

de la cavalerie légère de France, qui décéda le 2e avril

1662, aagé de 62 ans.

Et Dame Catherine Hennequin son épouse, qui décéda

le 8e avril 1684, aagée de 68 ans.

Et aussy Mess. Pierre Clozier leur fils, sgr de la Veuve,

décédé le 5e novembre 1672, aagé de 17 ans.

Ils ont fait bastir la chapelle du Rosaire et y ont fondé

trois obits pour lesquels Mres leurs héritiers ont donné à

la Fabrique qui en acquittera les charges, trois constitutions.

Une de 343# en principal, passé chez Guyot, Notaire à

Chaalons le 27 avril 1697. Une de 230# chez Dubois

notaire à Chaalons le 19e mars 1652. Et l’autre de 200#

chez led. Duboys le 30e octobre 1651. A esté laissé de plus

par lad. Dame Hennequin, par son testament chez Me Guyot

en 1684, 150# de rente annuelle pour le soulagement des

pauvres malades de Juvigny et La Veuve. Pourquoy a esté

donné par les susdits héritiers un contrat de constitution de

3100# en principal, passé chez Lallemant, Notaire à Chaalons

Le 25e novembre 1672.

Messire Jean Clozier, chevalier, sgr de Juvigny, La Veuve,

Susanne et autres lieux, gentilhomme ordinaire du Roy,

fils aisné desd. Sr Jean Clozier et de Dame Catherine Hennequin

a fondé un chapelain pour le château de Juvigny, auquel il donne

300# de pension annuelle et son logement. L’acte en est passé

par devant Guyot, Notaire à Chaalons, presens témoins,

le 6e mars 1702. Il est décédé le 15 juin 1702, agé de 59 ans.

Dame Claude Clozier, veuve de Messire Charles Roland,

Conseiller au Parlement de Metz, a laissé pour un obit, une

constitution de 200# en principal, passé chez Guyot le 14e

novembre 1676. Priez Dieu pour eux. (6)

Lettre de Leonida Hennequin de Villermont, 1883

Dans une lettre de Leonida Hennequin adressée à Cyrille Horguelin, il est question de Christophe Hennequin (fils de Gilles et Jeanne Le Duc) « homme d’infiniment d’esprit, qui paraissait avoir été doté à son baptême, non par une bonne fée, mais par son parent et parrain l’abbé de Coulanges, le « bien bon » de Madame de Sévigné. » (7)

Philippe de Coulanges (1565-1636) et Marie de Bèze, sa femme, eurent huit enfants, dont :

-Marie de Coulanges (1603-1633), femme (1623) de Celse Bégnine de Rabutin-Chantal, dont Marie (1626-1696), marquise de Sévigné.

-Henriette de Coulanges (1606-1672), femme (1631) de François Le Hardy et de Louise Hennequin.

-Christophe de Coulanges (1607-1687), prêtre, abbé de Livry, le « bien bon » de Madame de Sévigné. (8)

Sources

(1) d’Hozier, Armorial général, édition 1884, registre II, page 630.

(2) Arch. Marne, 4E 8810, minutes Roussel, 1585.

(3) d’Hozier, et François Colbert, « Hist. des Colbert du XVe au XXe siècle », Paris, 2000, p. 77.

(4) d’Hozier.

(5) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…) », 1888, p. 129.

(6) Relevé M.H., 8 mai 2000.

(7) Arch. privées, C.H., correspondance, Hennequin, 1889.

(8) Internet, Base Roglo, juin 2008.

Nicolas et Colette Lignage

Nicolas Horguelin (ca 1575- 1651), seigneur du Chesnois,

né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Nicolas Horguelin et de Jehanne Chenu,

épouse (1601) Colette Lignage.

Nicolas et le système des partis, 1607

Roland Mousnier, dans son ouvrage intitulé : « L’assassinat d’Henri IV », écrit ceci : « En 1606 et 1607, Sully commença la grande campagne de rachat du domaine royal, par le système des partis (…)

Le système est toujours le même : le partisan se charge de racheter droits domaniaux, rentes, offices ; il jouit, pendant 16 ans en général, de ces droits(…) ; il rend ensuite les droits domaniaux, les rentes ou les offices, libres de toutes charges, au Roi.

(…) En Champagne, au bureau des finances de Châlons-sur-Marne, six contrats furent passés de 1607 à 1610. Ils concernent le rachat de droits domaniaux, de rentes, de greffes, d’impôts indirects (…) Les partisans sont de vieilles connaissances : Charles Paulet, Pierre Tiraqueau, Innocent Desboys, Jean Paucheron, Laurent Ficquet, Nicolas Horquelin (…) » (1)

(Charles Paulet : financier, premier fermier de la taxe mise sur les charges de judicature et de finance que l’on appela de son nom la « paulette »)

L’arrêt du Conseil du Roi du 26 août 1608

Dans sa séance du 26 août 1608 à Paris, le Conseil des finances donne son accord à Nicolas pour le rachat en partie du domaine de Champagne :

« Vu au Conseil du Roy l’offre faicte en iceluy, par Nicolas Horguelin, de rembourser au profit de Sa Majesté jusqu’à la somme de deux cent mil livres en principal du domaine (…) aliéné en la Généralité de Champagne (…) à la charge de jouir durant seize années (…) après ledit rachat. (…) Le Roy en son conseil a accepté lesdits offices (…) » Signé par le secrétaire du conseil Maupéou. (2)

Entre 1608 et 1617, le Conseil des finances traite de différentes questions se rapportant au domaine de Champagne, en particulier à Epernay et à Saint-Dizier.

En 1609, Barthélemy et Pierre d’Ebene, gentilshommes ordinaires de la Chambre, adressent une requête au Roy au sujet de « bois, tailly et estang du domaine d’Espernay » dont Nicolas Horguelin a la jouissance.

« Le Roy en son conseil ordonne que ladite requeste soit communiquée audit Horquelin. » (3)

En 1613, le Conseil reçoit une requête du duc de Guise concernant le domaine de Saint-Dizier :

« Entre le sieur duc de Guise, demandeur, et Messire Nicolas Horguelin ayant traicté avecque le Roy pour le rachat du domaine de St-Dizier, deffendeur (…)

A, Sa Majesté, ordonné que ledict Horguelin sera contrainct paier audict sieur de Guise la somme de quatre cent soixante escus vingt sols et douze escus que ledict Horguelin aurait retenu par ses mains, soubs prétexte de réparation qu’il prétend ». (4)

La maison fossoyée de Sarry, 1684

Le 29 décembre 1648, Nicolas fait l’acquisition (entre Châlons et Sarry) d’une maison qui présente les caractéristiques d’une maison forte : « environée de fossez avec pont d’entrée ».

Un acte notarié ultérieur du 13 novembre 1671, décrit ainsi la propriété : « un jardin sis entre cette ville de Chaalons par la porte Saincte croix et le village de Sarry, et la maison étant en iceluy (…), le tout environné de fossez, avec pont d’entrée, contenant la totalité sept journelz ou environ, tenant au grand chemin, d’autre à la Blaise, d’un bout et d’autre à des boutants, le lieu et pourpris comme il se comporte, sans en rien réserver (…) » (5)

Un bail du 6 octobre 1670 précise que la maison et dépendances tient « aux relligieux de sainct menge » et que le jardin est planté de noyers. (6)

La propriété s’appelle La Drouillerie et existe encore de nos jours.

La famille de Nicolas

Nicolas épouse par contrat du 8 juillet 1601, Colette Lignage, fille de noble homme Pierre Lignage, seigneur de Jonchery et Loisy, et de Marie Deya, demeurant à Châlons, dont quatre filles qui suivent :

-Catherine, née paroisse Notre-Dame. Elle épouse en 1622 Antoine Caillet, bailli de Châlons, intendant du prince de Condé à Paris.

-Claude, née paroisse Notre-Dame. Elle épouse ne 1627 Pierre Braux, seigneur du Sorton, Trésorier de France en Champagne. Elle épouse en secondes noces en 1650, Nicolas le Tartier, seigneur de Grignon, Trésorier de France en Champagne.

-Agnès, née paroisse Notre-Dame. Elle épouse en 1631 François Mathé, seigneur de Vitry-la-Ville et Vouciennes.

-Marie, née paroisse Notre-Dame. Elle épouse en 1623 Jacques Dommengin, seigneur d’Herpont, avocat, contrôleur général des décimes en Champagne.

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin-Lignage, 1601

Le 8 juillet 1601, « furent présents en leurs personnes, Nicolas Horguelin, fils de feu noble et prudent homme Messire Nicol Horguelin, vivant licencié es lois, advocat es siège de Chaalons, et damoiselle Jehanne Chenu, ses père et mère ; assisté, licensié et autorisé de la dite Chenu sa mère et tuteur (…) et de noble homme Jehan Guillaume, bourgeois demeurant à Chaalons, son mari, aussi présent, d’une part.

Et damoiselle Colette Lignage, fille de noble homme Pierre Lignage, seigneur de Jonchery et Loisy, demeurant audit Chaalons, et de damoiselle Marie Deya, ses père et mère, assistée, licensiée et autorisée les dites femme et fille dudit mari et père, d'autre part. (…)

Fait et passé après midi, au domicile des dites parties, audit Chaalons, le 8e jour de juillet 1601. En la présence de nobles personnes Jehan Horguelin, Pierre Horguelin, Michel Alfeston , Michel Havetel, Jacques Chenu, seigneur de Germinon, Me Jehan Deya, avocat en parlement,Thibault Guillaume de Bar, conseiller du Roi, receveur général des décimes en Champagne , Messire

Jacques Le Huval, Jacques Lignage, Nicolas Lignage, seigneur de Moivre, Mr Deya, tous bourgeois dudit Chaalons, parents et amis des parties et ont signé. (7)

Partage de la succession de Colette Lignage, 1639

« Partage de la succession de feue damoiselle Colette Lignage, entre

Messire Antoine Caillet, bailli du comté de Chaalons, tuteur de ses enfants mineurs et de feue damoiselle Catherine Horguelin sa femme, Pierre Braux, escuyer, sieur du Sorton, damoiselle Claude Horguelin sa femme, François Mathé, escuyer, sieur de Vitry-la-Ville, damoiselle Agnès Horguelin sa femme, et damoiselle Marie Horguelin, veuve de feu Jacques Dommengin, conseiller du Roy et contrôleur général des Décimes ».

Des minutes Desfontaines, notaire, étant en possession de Maître Ecoutin, notaire à Chaalons, 1775. (8)

Epitaphe de Claude Horguelin, Saint-Alpin, 1656

« Cy gist Charlotte le Besgue, femme de feu Pierre Braux, escuier, demeurant en cette ville de Chaalons, laquelle, aagée de 74 ans, a payé tribu à la nature le 17e de septembre 1626. Pauvres, affligez, priez Dieu pour son âme, elle a eu soin de vous.

Et Pierre Braux, escuier, Sr du Sorton et de Marson en partie, leur petit-fils, conseiller du Roy, trésorier général des finances en Champagne, qui décéda le 29e jour de juin 1650.

Et damoiselle Claude Horguelin, sa femme en 1ères nopces et en secondes nopces de Messire Nicolas Le Tartier, esc. seigneur de Grignon, Conseiller du Roy et trésorier de France en lad. province, laquelle décéda le 27 may 1556. »

Saint-Alpin. Dalle en marbre, au 18e pilier de la nef, vers l’Epitre. (9)

Epitaphe de Catherine Horguelin, Cathédrale, 1632

« Cy gist Noble homme Claude Caillet, bourgeois de Chaalons, âgé de 68 ans, qui décéda le 20 juillet 1632. Et damoiselle Catherine Horguelin sa femme, âgée de 55 ans, qui décéda le……………. (illisible) ». Epitaphe tombale, près du 1er pilier de droite, en descendant du chœur. (10)

Nota : aujourd’hui, la pierre tombale, en marbre noire, est située près du cinquième pilier de la nef (en partant du portail) sous la chaire à prêcher. On ne lit plus que les mots : Claude Caillet, Horguelin, Marie Caillet.

Epitaphe de Marie Horguelin, Notre-Dame, 1670

« Cy gist damoiselle Marie Horguelin, veufve de noble homme maistre Jacques Dommengin, vivant Conseiller du Roy et contrôleur général des décimes en Champagne, décédée le 13e décembre 1670. Et damoiselle Anne dommengin sa fille, femme de noble homme Jacques Corneille, seigneur de Mutry, qui décéda le 14 febvrier 1649. » A Notre-Dame, vers le septième pilier. Dalle de marbre. (11)

Agnès Horguelin, inhumée à Notre-Dame, 1685

« Le 31 janvier 1685, décèdée damoiselle Agnès Horguelin, veufve de feu Messire François Mathé, Esc. S. de Vitry-la-Ville. Inhumée en cette Eglise. » (12)

Sources

(1) R. Mousnier, « L’assassinat d’Henri IV », Gallimard, 1964, p. 178.

(2) Arch. nationales, E/18/A, f° 326 (1608).

(3) Arch. nationales, E/24/C, f° 240 recto (1609).

(4) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 2.

(5) L. Carrez, « Etude sur le château de Sarry », Châlons, 1899, p. 23.

(6) Arch. privées, notes M.H., 1670.

(7) Arch. Marne, 4E 8073, minutes Lignage, 1601.

(8) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 25.

(9) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…) », p. 190, n° 35.

(10) Arch. privées, C.H., fiche lecture, Barthélemy, 1632.

(11) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales (…) », p. 222, n° 406.

(12) Riocour, « Les archives des actes de l’état civil (…) », 1895, p. 71.

Edme I & Agnès d’Aoust

Edme Horguelin (ca 1586 – 1665), seigneur de

Breuvery, avocat en parlement, conseiller du roi,

receveur général du taillon en Champagne, né

paroisse Notre-Dame, fils de Nicolas Horguelin

et de Jehanne Chenu, épouse (1611) Agnès d’Aoust.

Les officiers de finances à Châlons, 1628

Châlons est le siège d’une généralité (ou circonscription financière) qui s’étend de Charleville à Langres et de Château-Thierry à Vitry-le-François.

Le conseil du roi fixe le montant de la taille et du taillon (impôts directs) pour chacune des « généralités ». Les trésoriers généraux locaux procèdent à une répartition entre les « élections » (deuxième subdivision fiscale) et les « élus » opèrent de même entre les paroisses.

Les élus nomment également les receveurs qui, placés à la tête de leur élection, doivent y centraliser le produit de l’impôt.

Edme Horguelin commence par être receveur du taillon de l’élection de Vitry (1628). Il est receveur général du taillon en Champagne en 1633. (1)

Les gouverneurs de la cité, 1656

« Dans les commencements, tous les bourgeois notables de la ville concouraient au gouvernement de la cité, sous la direction des gouverneurs et d’un procureur général, qui étaient élus chaque année le jour de la Saint-Martin d’hiver (11 novembre). » (2)

Ce système est toujours en usage en 1656 : à la date du 11 novembre, on lit ceci dans le registre du conseil de ville de Châlons : « Assemblée de la Saint-Martin : M. Edme Horguelin élu gouverneur en place de M. Baugier. » (3)

Et le 11 novembre 1658 : « Assemblée de la Saint-Martin : M. Jean de Pinteville élu gouverneur en place de M. Horguelin. » (4)

Cette même année 1658, Edme Horguelin et Jean Deu, gouverneurs, et Artus Talon, syndic de la ville de Châlons, doivent se prononcer sur l’opportunié de démolir la chapelle de l’ancien collège Saint-Lazare et d’en employer les matériaux à l’agrandissement de la nouvelle chapelle du collège des Jésuites (6 juin 1658). (5)

Les seigneurs de Breuvery-sur-Coole, 1635

Le rôle des gentilshommes du bailliage de Sens en 1597, donne pour seul seigneur de Breuvery-sur-Coole, « Jehan d’Aoust, élu royal à l’élection » (beau-père d’Edme Horguelin) (6)

Quelques trente années plus tard (1635), le rôle des gentilshommes recense six seigneurs « en partie » de Breuvery : Jacques Godet chanoine de Châlons, Pierre Godet avocat, Edme Horguelin contrôleur général du taillon, Jacques Langault, François Papillon et Guillaume de Pinteville (7)

L’état des fiefs en 1693 donne six nouveaux noms : Fagnier, Laguille, Lescarnelot, Loisson, Grosseteste et Saguez (8)

D’autres sources donnent à différentes époques, les noms suivants :

Aubelin (Bibl. nat. 1583), Hennequin (d’Hozier 1630), Baugier (minutes Pérignon 1713), Brissier (Riocour 1727), Beschefer (Riocour 1778) et Deu.

(Barthélemy, non daté).

La famille d’Edme

Edme épouse par contrat du 17 octobre 1611 passé devant Roget, notaire à Châlons, Agnès d’Aoust, fille de Jean d’Aoust, seigneur de Breuvery, et d’Agnès de Bar (9), dont : Agnès et Edme II.

Agnès Horguelin, née paroisse Notre-Dame, épouse par contrat du 11 février 1640, Louis de Rochereau, seigneur d’Hauteville, conseiller du roi au parlement de Metz. (10)

Edme II Horguelin, né paroisse Notre-Dame, épouse par contrat du 22 septembre 1653, Louise de Chastillon, fille de Pierre de Chastillon et de Blanche Lignage. (11)

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin-d’Aoust, 1611

« Furent présents en leurs personnes Me Edme Horguelin, licencié es lois, avocat en Parlement, fils de feu noble et prudent homme Me Nicol Horguelin, en son vivant licencié es lois, avocat au siège de Chaalons, y demeurant, et de damoiselle Jehanne Chenu, ses père et mère, assisté et autorisé de ladite damoiselle Jehanne Chenu sa mère et tuteur, d’une part.

Et Agnès d’Aoust, fille de feu noble homme Jehan d’Aoust, vivant seigneur de Breuvery sur Coole, un des élus pour le Roy notre sire en l’Election dudit Chaalons, y demeurant, et de damoiselle Agnès de Bar, en la présence de Jehan Guillaume, bourgeois de Chaalons, à présent mary de ladite damoiselle Jehanne Chenu, Nicolas Horguelin, Jacques Chenu, seigneur de Germinon, Me Jacques Dommengin, seigneur de Champaigne, conseiller du Roy, eslu en l’Election de Chaalons, Guillaume de Bar, conseiller du Roy, receveur général des décimes de Champagne, Claude de Bar, seigneur du ban Jamet à Compertrix, grenetier au grenier à sel de Chaalons, Pierre de Bar, seigneur de Souain et Bussy Lestrée, prévost général de nosseigneurs les maréchaux de France en Champagne, Nicolas de Bar, seigneur de Vitry-la-Ville, Jacques Lignage, seigneur de Saint-Martin-aux-Champs, Guillaume Lignage, seigneur de Chenier, Claude Havetel, greffier du domaine au bailliage de Saint-Menge à Chaalons, et Pierre Lignage-le-jeune, bourgeois de Chaalons, tous parents et amis , après midy, le dix septiesme jour d’octobre mil six cent onze, et ont les dictes partyes signé. (16 signatures)

(Arch. Marne, 4E 8359, minutes Roget, 1611)

Accord de succession Aubelin-d’Aoust, 1619

A la suite du décès de Perette l’Hoste, un accord intervient entre les héritiers de son premier mariage avec Jacques Aubelin et les héritiers de son second mariage avec Pierre d’Aoust (frère d’Agnès d’Aoust).

« Transaction entre noble homme Edme Horguelin, sieur en partie de Breuvery, avocat en parlement, damoiselle Agnès d’Aoust sa femme, d’une part. Et Jacques Aubelin, escuyer, sieur de Souain en partie, noble homme Pierre Baugier, commissaire pour le roi à faire les montres des compagnies prévôtalles de Metz, Toul, Verdun et Sainte-Menehould, bailli de Toussaint en l’Isle de Chaalons, damoiselle Jacquette Aubelin sa femme, Pierre Paillot, sieur de Souain en partie, damoiselle Sébastienne Aubelin sa femme, tant comme héritiers de feu Nicolas Aubelin, vivant escuyer, seigneur de Nuisement, leur père, que comme ayant les droits acquis de Claude Aubelin, escuyer, sieur dudit Nuisement, leur oncle , d’autre part. (…)

Sur le procès intenté par lesdits Nicolas et Claude Aubelin, après le décès de Perette l’Hoste, vivante femme de noble homme Pierre d’Aoust, bourgeois et l’un des échevins de Chaalons, pour raison de preciput, remplacement, dettes particulières, qu’autres choses prétendues les uns contre les autres, par laquelle il est dit que ladite damoiselle Agnès d’Aoust est fille de damoiselle Agnès de Bar (…) »

(Bibl. nationale, D.B. 360, f° 28)

Quittance de gages, 1637

« Je, Edme Horguelin, conseiller du Roi, receveur du taillon de l’Election de Chaalons, confesse avoir reçu comptant de Messire Pierre Deya, aussi receveur du taillon, la somme de treize cent soixante et huit livres sept sols huit deniers, pour une année de mes gages, eschue le dernier décembre mil six cent trente six, de laquelle somme (…) je me tiens pour comptant et quitte ledit Deya et tout autre.

Fait à Chaalons, le quinzième janvier 1637. »

Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 5.

Quittance de gages, 1663

« Je, Edme Horguelin, conseiller du Roi, receveur général du taillon en Champagne, confesse avoir reçu de Messire Charles Paillet, aussi conseiller du Roi receveur du taillon, et faisant la recette du taillon en l’Election de Bar-sur-Aube, la somme de mil cinquante livres en louis d’or et d’argent (…) procédant de l’imposition faite dudit taillon en ladite Election, pendant l’année 16 soixante trois, la dite somme à moi ordonnée pour connaître et employée au fait de ma charge, et de laquelle somme (…) j’acquitte ledit sieur Paillet, receveur susdit, et tout autre.

Fait à Chaalons, le dernier jour d’octobre mil six cent soixante trois. »

Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 9.

Sources

(1) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 5.

(2) Barthélemy, « Hist. de la ville de Châlons (…), 1883, page 13.

(3) Arch. comm. de Châlons, BB 24, f° 68.

(4) Arch. comm. de Châlons, BB 24, f° 149.

(5) L. Carrez, « Notice sur la chapelle du collège (…) », 1898, page 13.

(6) Barthélemy, « Hist. de la ville de Châlons (…), 1883, page 468.

(7) Barthélemy, « « page 473.

(8) Barthélemy, « Diocèse Ancien de Châlons », 1861, t. 2, p. 277.

(9) Arch. Marne, 4E 8359, minutes Roget, 1611.

(10) Caumartin, “Procez verbal de la rech. de la noblesse de Champagne », 1673, volume II, page 337 (C. de M. 1640).

(11) Arch. Marne, 4E 4609, minutes Duboys, 1653.

Magdeleine & Jean Corneille

Magdeleine Horguelin (1577-ca 1640),

née paroisse Saint-Alpin, fille de Loys Horguelin et de Jehanne Havetel, épouse (1596) Jean Corneille.

Les Corneille, marchands drapiers à Châlons

Jacques Corneille et son fils Jean sont marchands drapiers à Châlons. Leur correspondance commerciale avec Nicolas Dare et son fils Nicolas, à Troyes, est en partie conservée dans les bibliothèques de Troyes et de Reims. Les Dare sont en affaire avec Jean Corneille et Magdeleine Horguelin, mais aussi avec Loys Horguelin, frère de Magdeleine, avec Michel Horguelin, cousin germain, et avec Nicolas Deu et Barbe Horguelin sa femme (sœur de Michel). Il est beaucoup question de draps dans cette correspondance. Nicolas Dare, par exemple, écrit au dos d’une lettre du 19 novembre 1601 : « Lettre de Jean Corneille pour luy envoyer des draps ».

Les lettres sont cachetées à la cire rouge avec le blason du signataire. (1)

Il arrive aussi que des évènements d’intérêt général ou personnel soient mentionnés dans ces lettres. Loys Horguelin, par exemple, raconte le passage du roi Henri IV à Châlons : « le roy vint dimanche dernier à Chaalons, en poste, avec 9 ou dix chevaulx, et partit sur les 5 heures du soir par bateaux sur eaux et alla au giste à Espernay à minuit ; ce fut un soudin partement (…) » (2)

Le négoce des Corneille est apparemment florissant : ils font l’acquisition de la terre et seigneurie de Mutry, dans le vignoble, près d’Epernay, et d’une partie de la seigneurie de Normée, près de Fère-Champenoise.

La maison à l’enseigne de l’Aigle

Jean Corneille et sa femme habitent la maison à l’enseigne de l’Aigle près de l’église Saint-Alpin. Cette maison existe toujours. Elle a une particularité, décrite par Louis Grignon : « A l’extérieur de cette maison, on distingue encore les mots suivants gravés sur une entretoise au-dessous des fenêtres du premier étage :

NOUS ……. TOUS LES JOURS DE NOSTRE VIE 1618

Sur la façade du bâtiment donnant sur la cour se lit, à la même hauteur, un distique complet, bien que les deux vers soient placés sur la même ligne :

EN DIEU AIE FAICT MA SOUSTENANCE

ET L’APPUI DE MON ESPERANCE 1618

Ces inscriptions ont dû être placées par Jean Corneille, marchand bourgeois de Châlons, et Magdeleine Horguelin sa femme, qui, en 1618, possèdaient cette maison. » (3)

La famille de Jean et Magdeleine Corneille

Jean Corneille, fils de Jacques Corneille et de Magdeleine Adam, épouse par contrat du 13 janvier 1596, passé par devant Debezançon, notaire à Châlons, Magdeleine Horguelin, fille de Loys Horguelin et de Jehanne Havetel. (4) Jean et Magdeleine ont six enfants, tous baptisés à Saint-Alpin :

-Denize, baptisée le 7 février 1607.

-Marie, baptisée le 12 février 1609.

-Madeleine, baptisée le 22 mai 1611, mariée (1625) avec Charles Le Moyne

-Marguerite, baptisée le 23 janvier 1614, mariée (1631) avec Louis de Villeprouvée.

-Jeanne, baptisée le 19 septembre 1617.

-Jacques, baptisé le 7 mai 1620. (5)

Le mariage de Marguerite Corneille, 1631

Le mariage religieux de Marguerite Corneille avec Louis de Villeprouvée a lieu dans l’église Saint-Alpin à Châlons. On lit dans le registre de la paroisse, à la date du 9 juillet 1631 :

« Louis de Villeprouvée, Seigneur de Baris, advocat en Parlement, Conseiller et Esleu en l’Election de Troyes, fils de Louis de Villeprouvée, vivant Seigneur de Baris, Intendant de Mgr le Prince de Condé, et de damoiselle Anne Angenoust, de la paroisse de la Magdeleine de Troyes, et damoiselle Marguerite Corneil, fille de noble homme Jean Corneil, Seigneur de Mutry et Normé, et de feu damoiselle Marguerite Horguelin, ont esté espousés en cette Eglise Saint-Alpin. » (6)

Une descendance dans la famille de Mauroy

En 1896, le comte de Mauroy, au château de Thivet près de Nogent en Bassigny, écrit à Cyrille Horguelin « retraité à Pogny », pour lui demander des renseignements « parce qu’il descend d’une Horguelin épouse d’un Corneille ». Il ajoute : « C’est de l’alliance Villeprouvée-Corneille que je descends. Une Villeprouvée épouse un Angenoust et mes deux bisaïeules sont deux Angenoust ». (7)

On peut reconstituer ainsi la filiation féminine :

-Magdeleine Horguelin épouse Jean Corneille.

-Marguerite Corneille épouse Louis de Villeprouvée.

-Une Villeprouvée épouse un Angenoust.

-Marie Angenoust épouse (Troyes, 1781) Eustache de Mauroy (8), laquelle est la bisaïeule du comte de Mauroy.

Pièce originale

Contrat de mariage Corneille-Horguelin, 1596

« Furent présents en leurs personnes Jean Corneille, marchand demeurant à Châlons, assisté de honorable homme Jacques Corneille aussi marchand, et Marguerite Adam sa femme, demeurant audit Châlons, ses père et mère, ladite Marguerite licensiée et autorisée dudit Jacques Corneille son mari, d’une part.

Et damoiselle Magdeleine Horguelin, fille de feu honorable homme Loys Horguelin, vivant bourgeois dudit Châlons et de damoiselle Jehanne Havetel, assistée et autorisée ladite Havetel, sa mère et tuteur, de honorable homme Jean Lhuillier, bourgeois dudit Châlons, coadjuteur à la dite tutelle, Michel Alfeston, aussi bourgeois de Châlons, Prudent homme Me Pierre Alfeston, docteur en médecine, Jean Horguelin, bourgeois dudit Châlons, Mathieu Le Moyne, licencié es lois, bailli de Saint-Pierre-au-Mont duditChâlons, Loys Vassé, François Havetel, Nicolas Roussel, marchand bourgeois dudit Châlons, tous frères, beaux-frères, oncles et cousins de ladite Magdeleine, d’autre part.

Fait et passé à Châlons, après-midi, le sixième jour de janvier mil 5 cens quatre vingt et seize, et ont signé. (18 signatures)

Arch. Marne, 4E 8729, f° 88v°, minutes Debezançon, 1596.

Sources

(1) Bibl. de Reims, manuscrit 1967, pièce n° 11.

(2) Bibl. de Troyes, manuscrit 2433, f° 31.

(3) Grignon, « Topographie historique (…) », 1889, page 175.

(4) Arch. Marne, 4E 8729, f° 88v°, minutes Debesançon, 1596.

(5) Arch. comm. de Châlons, paroissiaux de St-Alpin, 1607-1620.

(6) Riocour, « Arch. des actes de l’état civil (…), p. 268, n° 671.

(7) Arch. privées, C.H., correspondance Mauroy, 1896.

(8) Internet, Base Roglo, patronyme Mauroy, juin 2008.

Girard & Claudine Raussin

Girard Horguelin (ca 1560 – avant 1623), amodiateur de la terre d’Omey, fils de Jehan Horguelin, épouse en premières noces Jehanne Pupin, et en secondes noces Claudine Raussin.

La terre et seigneurie d’Omey

Un relevé de 1778 donne un descriptif rapide de la propriété :

« Petit atlas ou relevé général des terres labourables, prés, bois, ozerais, saussaye, remises, garennes et paquier qui composent la terre et seigneurie d’Omey. » (1)

Cette terre est un bien de la famille Godet. A l’époque de Girard, le seigneur des lieux est Jacques Godet, « seigneur d’Omey, Saint-Quentin-sur-Coole, Vaugency, Fontaine, Vésigneul et Cernon, Conseiller du Roy et Trésorier général de France en Champagne, demeurant à Châlons ». Il épouse Debora le Caussonier le 5 mai 1588, par contrat passé devant Depinteville, notaire à Châlons. Il est le fils de François Godet, écuyer, seigneur de Vaugency, et de Marguerite Molé. (2)

Girard, amodiateur de la terre d’Omey

Le 29 mai 1595, « furent présents en leurs personnes Girard Horguelin, Nicolas Boullet, Anthoine Girardin (beaux-frères de Girard) et Jean Saguez, laboureurs demeurant à Osme, lesquels recognurent avoir pris et retenu à tiltre de loyer et moisson de grain, de noble homme Jacques Godet, escuier, seigneur dudit

Osme, Saint-Quentin, Conseiller du Roy, Trésorier général de ses finances en sa province de Champagne (…) (suit une longue liste de parcelles). Faict et passé en l’hostel dudit seigneur, après midy, le vingt neuviesme jour de may mil six cent quatre vingt quinze. (3)

Le 29 mai 1596, « fut présent Girard Horguelin, laboureur à Omez, lequel recognut avoir pris et retenu à tiltre de bail et moisson de grains, de Jacques Godet, escuier, sieur d’Omey, Saint-Quentin et Vaugentien, Conseiller du Roy et Trésorier général de ses finances en Champagne, demeurant à Châlons, une cense et gaignage assise au terroir dudit Omez et voisins, appelée la Cense des

Champs, consistant en une estable couverte de paille, court, jardin, terres labourables (…) (mention de Janne Pupin, sa femme)

Faict et passé en l’ostel dudit sieur de Saint-Quentin, avant midi, le vingt neuviesme jour de may mil cinq cent quatre vingt et seize, et ont signé ». (4)

La famille de Girard

Les contrats notariés passés entre 1576 et 1596 mentionnent Girard comme marié à Jehanne Pupin et demeurant à Loisy-sur-Marne. (5) et (6) Le contrat de mariage de Pierre Horguelin en 1628 (fils unique de Girard), indique que Girard est marié à Claudine Raussin et demeurt à Omey. (7)

Pierre Horguelin se marie le 28 octobre 1628. Il épouse Marguerite Pathé, fille de Jean Pathé et de Jeanne Rousselet, demeurant à Pogny. (8)

Girard est décédé avant 1623 : le 23 juin 1623, « la communauté d’Omey achète des terres sises audit lieu, à honorable homme Jean Guillemin, marchand bourlier demeurant à Chaalons ». Parmi les tenants des parcelles vendues, « les héritiers de Girard Horguelin » sont mentionnés plusieurs fois. (9)

La Réforme à Châlons, 1560

Les débuts de la Réforme à Châlons sont marqués par « une conclusion du conseil de ville du 3 avril 1560 qui défend expressément les assemblées illicites (des réformés) et envoit une députation au roi pour lui demander d’empêcher les Protestants de s’assembler (3 octobre 1561), mais c’est en vain ». (10)

Pierre Fornelet, premier pasteur de Châlons, écrit à Calvin le 6 octobre 1561 : On a publié édit, on a fait deffense de nous assembler, mais le Seigneur nous assiste de plus en plus. Il a tellement béni mon labeur, qu’il y a bien 15 villages par deça, qui désirent le sainct ministère de l’évangile, mais par faute de pasteurs y demeurent là ». (11)

Et parmi ces villages, celui d’Omey où naît Pierre Horguelin (fils de Girard), lequel se convertit à la religion réformée en 1630.

Le pasteur de Beaumont a ouvert en 1609 un registre de « ceux qui ont fait abjuration de la messe et de l’ydolatrie et religion romaine, et au contraire profession de la vérité de la religion réformée, en la face de l’église réformée de Chaalons assemblée à Compertrix ».

A la date du 31 mars 1630, on lit dans ce registre : « Pierre Horguelin, aagé de 20 ans, demeurant à Omé, et Jacqueline Le Mire, aagée d’environ 40 ans, demeurant à Sarry, ont faict à Compertrix la même protestation ». (12)

Trois ans après son abjuration, Pierre a un fils qu’il fait baptiser à Compertrix : « Abraham, fils de Pierre Horguelin et de Marguerite Pathé, demeurant à Poigny, y est né le 18 octobre 1633. Il a été présenté au sainct baptesme à Compertrix le 23 dudit mois par Charles Martin et par Claudine Laimond, femme de Claude Saguet ». (13)

Pièces originales

Contrat de vente à Pogny, 1576

« Fut présent en sa personne Girard Horguelin, laboureur demeurant à Loisy-sur-Marne, lequel recognut avoir vendu, cédé (…) à honorable homme François Horguelin, marchand demeurant à Châlons, à ce présent, (…) une part et portion dans un assin appelé « Assin du Viel Rouyer », assis au lieu dit de Pongny (…)

Item une parcelle de terre contenant deux denrées et demy, assise au terroir de Pongny, au lieu dit « Aux Ajaux » (…)

Item une autre pièce de terre contenant une denrée ou environ, assise audit terroir de Pongny, au lieu dit « Le Gran Blanchard » (…)

Item un septiesme de deux denrées de terre dans une pièce assise au terroir d’Osmet (…) et un septiesme en une pièce de pré contenant deux denrées, assise au terroir dudit Osmet (…) tenant d’une part à Guillaume Sagué et d’aultre au Sieur d’Osmet (…) appartenant audit vendeur, à cause de son naissant, et à luy venu et eschu par la décès et trépas de feu Jehan Horguelin, son père (…)

Ce présent vendaige faict moyennant et parmy la somme de cent sept livres dix sols en marché principal (…)

Faict et passé le 26e jour de janvier mil cinq cent soixante et seize.

(signature : Girard Horguelin d’Omé)

(Arch. Marne, 4E 6203, f° 147 v°, minutes Vassé, 1576.)

Contrat de mariage Horguelin-Pathé, 1628

Le 28 octobre 1628, « furent présents en leurs personnes Pierre Horguelin, fils de feu Girard Horguelin et de Claudine Raussin sa femme, ses père et mère, demeurant à Omey, assisté, licencié et auctorisé de Françoys Lévesque et Barthélemy Bodez, laboureurs, demeurant audit lieu, ses beaux-frères, d’une part.

Et Marguerite Pathé, fille de Jean Pathé, laboureur, et de Jeanne Rousselet sa femme, ses père et mère, demeurant à Pongny, assistée, licenciée et auctorisée dudit Pathé son père, d’autre part.

Estant lesdites partyes présentes pour parler du mariage futur et espéré à faire entre lesdits Pierre Horguelin et Marguerite Pathé, si Dieu et sainte église s’en accordent, et au paravant d’en n’avoir eu aultrement lien ou promesse entre eulx.

Lesquels ont de présent recognu faire (…) le traicté de mariage avec les conventions matrimoniales qui suivent (…)

Faict et passé, après midy, en l’estude desdits notaires, le vingt huitiesme jour d’octobre mil six cent vingt huict, et ont lesdites partyes signé, excepté ladite future espouse qui a desclarez ne scavoir signer ».

(Arch. Marne, 4E 6655, folio 378 v°, minutes Rambourg, 1628. Et Bibl. nationale, D.B. 360, f° 32.)

Sources

(1) Arch. Marne, E 7.

(2) Arch. Marne, 4E 6347, f° 195, minutes Depinteville, 1590.

(3) Arch. Marne, 4E 6353, f° 130 v°, minutes Depinteville, 1595.

(4) Arch. Marne, 4E 8729, f° 194, minutes Debesançon, 1596.

(5) Arch. Marne, 4E 6203, minutes Vassé, 1576.

(6) Arch. Marne, 4E 8729, f° 194, minutes Debesançon, 1596.

(7) Bibl. Nationale, D.B. 360, f° 32, minutes Rambourg, 1628.

(8) Arch. Marne, 4E 6655, f° 378 v°, minutes Rambourg, 1628.

(9) Arch. Marne, E 1005, minutes Horguelin et Debesançon, 1623.

(10) Barthélemy, “Histoire de Châlons (…) », page 280.

(11) Longnon, « Hist. gén. de la Champagne et de la Brie », 1897, t. 2, p.166.

(12) Arch. comm. de Châlons, paroissiaux protestants, f° 162 v°, 1630.

(13) Arch. comm. de Châlons, paroissiaux protestants, f° 129, 1633.

Valentin Horguelin

Valentin Horguelin (ca 1570 – avant 1620),

fils de Thobie Horguelin et d’Ysabeau Noël,

chanoine de Notre-Dame-en-Vaux à Châlons.

Le chanoine de Notre-Dame-en-Vaux, 1568

« Notre-Dame-en-Vaux, établie dans un faubourg très proche de la ville, était à la fois collégiale et paroissiale : quelques chanoines séculiers étaient installés autour d’un cloître, au côté nord de l’église, et s’occupaient d’une vaste paroisse » (1)

Valentin entre dans cette communauté le 25 novembre 1568, en remplacement de Claude Aubertin, décédé. (2)

L’organiste de Notre-Dame, 1589-1607

Les comptables de la fabrique, à la Saint-Jean 1589, notent ceci : « A Maistre Horguelin, prestre chanoine de la dite église, pour ses gaiges d’avoir joué des orgues durant l’an du présent compte : huit escus sol. ». (3) On sait par une note de Louis Grignon que Valentin reste en fonction (comme organiste) jusqu’en 1607. (4)

Les revenus des chanoines

Les revenus du Chapitre étaient répartis entre les chanoines. Ils en jouissaient leur vie durant. A la mort d’un chanoine, ses prébendes passaient à d’autres. A titre indicatif, « les revenus de chaque canonicat de Notre-Dame, ne s’élevaient pas, en 1700, à plus de cinq ou six cents livres, y compris le casuel (gains occasionnels) ». (5)

L’installation des bénéfices pouvait poser des problèmes :

Le 4 décembre 1597, Mre Valentin Horguelin comparait devant Olivier Lefêvre, conseiller au Parlement, pour être interrogé « sur le droit qu’a le chantre et, en son absence, le sous-chantre, d’installer les bénéfices de la cathédrale et des collégiales ». (6)

Les contrats de louage

Entre 1577 et 1601, Valentin passe chez les notaires de Châlons, plusieurs contrats de louage qui permettent de dresser un inventaire de ses revenus. Dans un contrat de1577, il est dit « chapelain des chapelles St-Jean-Baptiste et Saint-Léger fondées au chastel et maison seigneuriale de Cernon-sur-Coole. (7)

Le 26 novembre 1589, il passe un contrat de louage avec Alain Louys, vigneron à Bouzy, en tant que chanoine de l’église collégiale de St-Maur à Tour-sur-Marne. (8)

Le 25 avril 1592, il est question d’un louage à « Couppets-sur-Coole », à cause de la chapellenie de Cernon. (9)

Le 16 août 1596, nouveau contrat à Cernon entre le chapelain et « Bastien le Loup et Claude Charton, laboureurs demeurant à Cernon-sur-Coole. (10)

Le 22 décembre 1592, Valentin donne en location pour 9 ans « la cense de la Converserie, sise au terroir de Bussy-le-Chastel ». (11)

En 1601, « Pierre Ladmirault, laboureur demeurant à Dampierre-au-Temple, prend à loyer de Mre Vallentin Horguelin et autres, le tiers des grosses et menues dîmes du village et terroir de Saint-Hillier-au-Temple. (12)

Des notes relevées par le père Carré, on peut extraire les compléments suivants :

« Le 4 mai 1615, Valentin Horguelin est pourvu de la chapelle de Sainte Marie Madeleine à Dommartin-la-Planchette, vacante par la mort de Mre Valentin Grosjehan. Il est présenté par Mre Thomas Braux, abbé de Morimont (G 24, f° 3 & 4). Il est pourvu de la chapelle St-Sébastien en l’église St-Germain de Châlons (G 24, f° 146). Il résigne sa chapellenie de Cernon par son procureur Mre Pierre Barthélemy (G 24, f° 161).

Le 10 juin 1620, son bénéfice Saint-Nicolas à Bussy-le Château est conféré par Mgr Cosme Clausse à Mre Jean de Combles, ecclésiastique de Châlons » (par suite du décès de Valentin). (13)

La charge de principal du collège, 1604

Le collège, installé en 1560 dans les modestes locaux de l’ancien hôpital Saint-Lazare, est dirigé par le Chapitre et la ville. A sa tête, deux intendants issus du Conseil de ville (l'avocat Nicolas Horguelin est intendant en 1580) et un principal entouré de quelques régents.

A la fin de l’année scolaire 1604, le principal Pierre Bricquet quitte ses fonctions et le conseil de ville cherche à le remplacer.

Le 4 août 1604, « Valentin Horguelin, chanoine de Notre-Dame, est prié d’accepter la charge de principal du collège ». (14)

Et le 15 septembre 1604, « Valentin Horguelin est institué principal, à la place de Pierre Bricquet ». (15) Trois années plus tard, il est à nouveau question du collège au conseil de ville. Les « bourgeois se plaignent des régents et demandent « la restauration de l’ancienne discipline ».

Le 18 juin 1607, « le sieur Horguelin, principal du collège, est prié de continuer sa charge et de trouver des régens capables pour l’instruction de la jeunesse, sur lesquels il aura pouvoir pour les contenir dans leur devoir, et lesquels régens il présentera à Messieurs de la ville, pour les faire recevoir ». (16)

Le 22 juin 1607, « le principal du collège et les régens sont mandés devant les intendants du dit collège pour estre particullièrement informez de la source et des causes du désordre et plaintif des bourgeois, et que sur ce, leur seront faictes remontrances, et que le principal sera adverty de retenir ou changer telz régens qu’il trouvera estre, pour le bien et restauration de l’ancienne discipline, et qu’il sera doresnavent responsable de ses régens ; aussi aura-t-il sur eux plain pouvoir de les intromectre ou démectre (…) (17)

Les difficultés persistent l’année scolaire suivante et Valentin donne sa démission : « 16 avril 1608, démission du sieur Horguelin, principal du collège, qui offre de mettre à sa place le sieur Collin, neveu de l’ancien principal Jean Collin ». (18)

La famille de Valentin

Thobie Horguelin, originaire de Pogny, épouse Ysabeau Noël. Ils ont trois enfants :

-Valentin, chanoine.

-Marguerite. Elle épouse par contrat du 19 décembre 1577, passé devant Alfeston, notaire à Châlons, Jehan Grosjehan, fils de Jehan Grosjehan et de Nicole Guérart. (19)

-Marie, mariée à Ambroise Vauldroy, maître pelletier à Paris. (20)

Le testament de Valentin

Le 6 novembre 1617, « Valentin lègue à Piere Vauldroye, fils de feu Ambroise Vauldroy vivant maître pelletier à Paris et de Marie Horguelin sa femme, divers biens à Coolus, Sarry et autres lieux ». (21)

Le 15 décembre 1617, « Valentin fait une donation à Jeanne Noël, sa servante, veuve de Jean Monginot ». (21)

Valentin est décédé avant le 10 juin 1620. On ne connait pas son épitaphe ni le lieu de sa sépulture.

Pièce originale

Contrat de cession de droits sur une maison sise rue du Puys d’Amour à Châlons

Le 23 septembre 1596, « fut présent vénérable et discrète personne Mre Valentin Horguelin, prestre chanoine en l’église collégiale Notre-Dame en Vaulx de Chaalons, y demeurant, lequel recognu avoir ceddé et transporté (…) à Jehan Grosjehan, marchant demeurant audit Chaalons, présent et acceptant pour luy, ses hoirs, un tiers par judicus en la totalité d’une maison couverte de thuilles courbes, sise audit Chaalons rue du Puys d’Amour, consistant en chambre basse et haulte, grenier au-dessus, cave, cellier, chambrette et estude, le lieu comme il se comporte, tenant la totallité d’une part à Jehan le Bonvallet, sergent es bailliage dudit Chaalons, et d’autre part à Pierre Bouy, d’un bout faisant son entrée sur la rue du Puys d’Amour et d’autre bout par derrière à Husson Lietard, patissier . Appartenant ledit tiers à Mre Valentin Horguelin, suivant les effets du droit de succession qu’il a dit avoir en lyen restant pris du bail cy devant faict à la vye de feu Mre Didier Horguelin, vivant prestre et chappellain de l’antienne congrégation dudit Chaalons, et aux vyes de Thobie Horguelin, Nicolas Chaulaire, Didier Aubriet et leurs femmes et enffans (…) par le bail viager fet d’icelle maison par vénérable et discrette personne Mre Jacques Gorlier, superintendant et Nicol Buat et Fagnier Lequeux, prestres et chanoines dudit Chaalons, au nom et comme gouverneurs et administrateurs de l’Hostel Dieu de St-Etienne dudit Chaalons, par devant Jacobé, le 28 juin 1566, dont est apparu auquel Hostel Dieu appartient la propriété de ladite maison, et les deux aultres tiers d’icelle appartenant audit Jehan Grosjehan, par transport à luy fet du droit

(…), ainsy qu’il a dict, et droict en succession à luy advenu à cause de feue Marguerite Horguelin, jadis sa femme (…) ».

(Arch. Marne, 4E 877, minutes Tartier, 1596.)

Note

La cense de la Converserie à Bussy-le-Château

« La chapelle de Saint-Nicolas près de Bussy-le-Château n’était à l’origine autre chose qu’un simple oratoire ; c’était la chapelle d’une léproserie appelée « La Converserie ». Un bail de 1603 nous donne d’intéressants renseignements sur la nature et l’importance de ce bénéfice. Il nous apprend que Mre Valentin Horguelin, chanoine de Notre-Dame-en-Vaux, chapelain de la chapelle Saint-Nicolas appelée « La Converserie » fondée au village de Bussy-le-Chatel, donne à bail la cense de ladite Converserie, consistant en maison, granges, étable, chapelle, cour jardin, terres et prés, situés au terroir de Bussy et voisins, à charge par le fermier de payer chaque année 60 l.t. en argent et trente livres de chanvre écru, ou délivrer la somme de 60 l.t. aux lépreux qui sont ou seront cy-après pourvus en ladite Converserie (…) ; à charge aussi de faire célébrer le service divin qui est une basse messe le samedi de chaque semaine, entretenir les bâtiments, sauf la chapelle, sinon les gouttiers seulement ». Cet établissement était situé au bas du village de Bussy.

(Louis Grignon, « Le diocèse ancien de Châlons en 1405 », Châlons, 1892, page 57.)

Sources

(1) SACSAM, 1966, page 29.

(2) Arch. Marne, G 18, f° 25v°, 1568.

(3) Arch. Marne, G 1801, f° 18, 1589.

(4) L. Grignon, « Description et Hist. de l’église N.-D », 1885, page 139.

(5) Barthélemy, « Hist de la ville de Châlons (..) », 1883, page 44.

(6) Arch. Marne, G 415.

(7) Arch. Marne, 4E 6245, f° 64, minutes Gabet, 1577.

(8) Arch. Marne, 4E 8419, repertoire Roget, f° 6, 1589.

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Au dix-septième siècle (I)

Pierre & Madeleine de Serval

Jean & Marie de Mongeot

Félix Horguelin, jésuite

Pierre & Bonnaventure du Verger

François & Marie Parjouet

Edme & Louise de Chastillon

Jean & Marie Thierron

Pierre et Madeleine de Serval

Pierre Horguelin (ca 1580-1654), maître passementier

à Châlons, fils de Claude Horguelin et de Claudine

Henrion, épouse (1603) Madeleine de Serval

Les protestants de Châlons en 1629

Le 6 février 1629, le pasteur Benjamin Massin présente aux autorités le « Roole des habitans faisant profession de la Religion prétendue Réformée en la ville de Chaalons ».

On compte 89 noms, groupés par quartier. Le quartier de la Croix-des-Teinturiers totalise à lui seul 40 noms. (1) Grignon écrit à ce propos : « la plupart des maisons de cette rue de la Croix-des-Teinturiers, toutes importantes, étaient à la fin du XVIe siècle et pendant la première moitié du XVIIe siècle, entre les mains de familles protestantes notables ». Il cite les noms suivants : de Besanson, Beshefer, de Pinteville, Brichot, Boucharat, Daoust, Blondel, Billet, Gantois, de Combles. Grignon ajoute : « l’une de ces maisons, celle des Billet, plus tard seigneurs de Fagnières, Saint-Martin-aux-Champs et Maucourt, passa en 1699 aux mains de la famille Horguelin ». (2) Pierre Horguelin et Madeleine de Serval n’habitent pas ce quartier. Ils sont installés « en la grande rue, près de la Loge », laquelle était le siège de la justice de l’évêque, bailliage et prévôté.

Maître et apprentis, 1608

Pierre Horguelin, maître passementier, prend à son service de jeunes apprentis, placés par leurs parents « pour apprendre le métier de passementier, tissutier et rubantier ».

Le 10 avril 1608, « Pierre Briant, fils d’honorable homme Laurent Briant, marchand à Châlons, se met et loue au service d’honorable homme Pierre Horguelin, marchand maître passementier à Chaalons, pour 4 ans, contre 54 livres pour les 4 ans, 30 livres d’avance ».

Le 10 avril 1625, « Daniel Massin, fils de prudent homme Maistre Benjamin Massin, bourgeois de Chaalons, y demeurant, se loue à honorable homme Pierre Briant, marchand maistre tissutier, rubantier, passementier, demeurant à Chaalons, pour 2 ans, contre 20 livres ». Il s’était déjà loué pour 4 ans aux Horguelin, de la même profession.

(Daniel Massin est le fils du pasteur Benjamin Massin et de Jeanne Horguelin, sa femme). (3)

En 1635, c’est le fils cadet de Pierre Horguelin et de Madeleine de Serval qui part en apprentissage à Paris. On retouve sa trace au Minutier central des notaires de Paris :

Le 12 juillet 1635, Pierre Horguelin l’aisné donne procuration à Pierre Horguelin le jeune, pour passer un contrat d’apprentissage concernant Abraham Horguelin, « fils dudit constituant », pour deux années, moyennant la somme de 400 livres tournois. (4)

Transactions immobilières

Pierre Horguelin possède une maison rue de la Petite Etape à Châlons.

Le 20 janvier 1637, il loue, dans cette maison, deux chambre hautes, à Louis Lescuyer, « joueur d’instrument demeurant à Chaalons ». (5)

Le 22 mars 1648, il achète à Nicolas Baudois, la maison à l’enseigne de la Toison d’Or, sise au Marché neuf à Châlons. (6)

Les registres paroissiaux protestants

Pierre et Madeleine de Serval se marient au temple protestant de Compertrix, près de Châlons :

« Le dimanche 2 janvier 1604, Pierre Blondel espouse Marie Guillemin, et à même heure Pierre Horguelin espouse Magdelayne de Serval ». (7)

Madeleine est la fille de Jean de Serval et de Jeanne Roussel.

Leurs quatre enfants sont baptisés à Compertrix :

« Le 29e de janvier 1606, Pierre, fils de Pierre Horguelin, fut présenté (au baptême) par Pierre Roussel et par Marthe de Serval ».

« Le 20 janvier 1611, Jeanne, fille de Pierrre Horguelin et de Madelaine de Serval, fut présentée par Jacques Guillemin et Jeanne Lestache, tous deux de Chaalons ».

« Le 10 juin 1612, (fut présenté au baptême) Isaac, fils de Pierre Horguelin et de Madelaine de Serval ».

« Le 17 juillet 1616, Abraham, frère de Pierre Horguelin le jeune, fils de Pierre Horguelin et de Madelaine de Serval, fut présenté au saint baptême par Laurent Briant et Marie de Serval, tous deux de Chaalons ». (8)

Pierre (né en 1606) épouse vers 1630 Jacquette de Pinteville, fille de Jean de Pinteville, sgr de Montcetz, et d’Andriette Lallemant.

Abraham (né en 1610) épouse le 17 juin 1646 Perrette Picart, fille d’Abraham Picart et de Marie Mauclerc, protestants de Vitry-le-François.

Les partages de succession

Le 18 février 1638, il est procédé au partage de la succssion de Marie de Serval, « vivante femme de Maistre Claude Caillet, avocat en Parlement, demeurant à Chaalons ». Une transcription partielle de l’acte de partage donne les noms des frères et sœurs de la défunte : Madelaie de Serval, femme de Pierre Horguelin, Marthe de Serval, veuve de feu Pierre Guérard, demeurant à Sedan, Jean et Abdias de Serval, bourgeois de Châlons. (9)

Le 10 février 1642 est signé l’acte de partage de la succession de Madeleine de Serval. Ses héritiers sont : « Pierre Horguelin l’aisné (son mari), Pierre Horguelin le jeune et Abraham Horguelin, fils à marier majeur de 25 ans ». Une transcription partielle indique que les biens hérités consistent en « maisons, bastiments, censes, terres labourables, préz et constitutions de rentes à elle appartenant, provenant tant d’acquets que du naissant de ladite défunte ». (10)

Le 16 juin 1654 a lieu le partage de la succession de Pierre Horguelin l’aîné.

Les héritiers sont : Abraham Horguelin et damoiselle Jacquette de Pinteville, veuve de Pierre Horguelin le jeune. (11)

Note

Les descendants de Jean de Serval

(I). Jean de Serval (ca 1565-1625) épouse Jeanne Roussel, dont : Jean, Madeleine, Marthe, Marguerite et Marie, qui suivent.

(II). Jean II de Serval (ca 1585-1640), apothicaire, demeurant près du pont Putte-Savatte à Châlons, épouse Madeleine Pasquet.

Madeleine épouse (1603) Pierre Horguelin.

Marthe épouse (1607) Pierre Guérard.

Marguerite épouse Michel Lallement.

Marie épouse Paul Caillet, avocat en Parlement.

(III). Les enfants de Jean et Madeleine Pasquet.

Marie, née en 1600.

Jean, né en 1602.

Jean III (ca 1605-1670) épouse Judith Ostome.

Jacques épouse (1634) Marie Milet.

Abdias épouse (1631) Suzanne de Beaumont.

(IV). Jean IV de Serval (ca 1630-1700), réfugié à Berlin.

On lit dans « La France Protestante » (Haag, IX, 268) :

« SERVAL (Jean), gantier de la Champagne réfugié à Berlin, établit dans cette ville la première fabrique de gants, grâce aux avances considérables que lui fit l’Electeur (de Brandebourg) ».

Sources

(1) Arch. Marne, Châlons, FF 57, (E suppt 5338).

(2) Louis Grignon, « Topographie historique de la ville de Châlons-sur-Marne », 1889, p. 254.

(3) Champagne Généalogie, n° 81, p. 322.

(4) Arch. nationales, MC/ET/VIII/643, minutes Sadron, 1635.

(5) Arch. Marne, 4E8183, f° 148, minutes Lefébure, 1637.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 12.

(7) Arch. Marne, paroissiaux protestants de Châlons, mariages, f° 4.

(8) Arch. Marne, paroissiaux protestants de Châlons, baptêmes, f° 67.

(9) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 24.

(10) Pélicier, « Inventaire des archives avant 1791 », G 970, Séminaire de Châlons, donation Garnier.

(11) Pélicier, voir ci-dessus.

Jean et Marie de Mongeot

Jean Horguelin (1602-ca 1660), maître d’hôtel du comte

évêque de Châlons, fils de Jean Horguelin et de Claude

Jacquemart, épouse (1635) Marie de Mongeot.

La cour épiscopale de Châlons, 1625

« La cour du comte évêque de Châlons (Henri Clausse) est composée à l’instar de celle d’un souverain. Elle compte 12 pairs : six ecclésiastiques, les 4 archidiacres, le doyen et les trésoriers du Chapitre, 6 laïcs, les barons de Cernon et de Conflans, le vidame, les châtelains de Baye, de Fagnières et de Sommevesles. On y voit un maréchal, charge attachée à la terre de Cernon, un sénéchal, un chambellan, un bouteiller, un maître d’hôtel, un chapelain et un écuyer ». (1)

Jean Horguelin est maître d’hôtel de l’évêque et amodiateur du temporel de l’évêché (1625).

A ce titre, il passe des contrats de louage, entre autres avec François LeMoyne, marchand à Châlons, avec Claude Lanisson, « marchand drappier drappant » (1625), avec Claude Piettre (1626). (2)

Jean et sa famille

Il épouse par contrat du 25 novembre 1635, Marie de Mongeot, fille de François de Mongeot, procureur au Châtelet de Paris, et de Françoise Morin. (3).

Ils ont huit enfants, dont Marie, laquelle épouse le 18 janvier 1662, paroisse de la Trinité à Châlons, Jean Boyau, procureur au Bureau des finances de Châlons, fils de Jean Boyau et de Michelle Pleuvier. (4)

Leur fille Anne Boyau épousera (Trinité, 1714) Alexis de Bar, fils de Nicolas de Bar, procureur, et de Marie Fabus. (5)

Pièce originale

Contrat de mariage Horguelin-de Mongeot

« Mariage accordé à Chaalons le 25 novembre 1635.

Entre Messire Jean Horguelin, maître d’hôtel d’illustrissime et reverendissime Père en Dieu Messire Henry Clausse, Evêque et comte de Chaalons, Pair de France, Conseiller du Roy en ses conseils, assisté de Me Antoine Jacquemart, Prestre curé de Cheminon, et de Me Pierre Givry, controlleur au bureau de la foraine à Chaalons, ses oncles.

Et Demoiselle Marie de Mongeot, fille de feu Me François de Mongeot, Procureur au Chastelet, et de Delle Françoise Morin sa femme, ses père et mère, assistée de Me Gérard Hubert, aussy procureur au Chastelet, son curateur, de noble et prudent homme Me Hugues Clément, son beau-frère, Conseiller et Enquesteur pour le Roy au bailliage de Vermandois à Chaalons, Charles de Mongeot, Secrétaire de la Chambre du Roy, son frère, et de Me Jean des Granges, Secrétaire de feue Madame la Duchesse d’Angoulême, son oncle maternel à cause de sa femme, en la présence dudit Seigneur Evêque, de noble homme Nicolas de Bar, Sieur de Vitry-la-Ville, honorable homme Claude Rolland, Pierre le Gras et Me Antoine Clément, Assesseur criminel en la Maréchaussée de France en Champagne, tous Parents et amis ».

Reçu par Rambourg, notaire à Chaalons, et en la possession de Me Ecoutin, notaire en ladite ville.

Bibl. nationale, P.O. 1535, f° 2

Note

Henri Clausse (1624-1640)

« En 1572, le siège épiscopal de Châlons passe à la famille Clausse.

L’évêque Jérome Bourgeois (Burgensis) démissionne en faveur de son neveu Nicolas Clausse de Marchaumont (1572-1573). Ce dernier est vite remplacé par son frère Cosme Clausse qui va rester évêque quarante neuf ans. A la mort de Cosme (1624), lui succède son neveu Henri Clausse, coadjuteur depuis 1608, la succession ayant été préparée de longue date ».

Georges Clausse, « Histoire du diocèse de Châlons », Paris, 1989, p. 64.

« En 1633, Henri Clausse, en présence de la reine Anne d’Autriche, célèbre la translation des reliques de Saint-Thierry. (…) Mais une œuvre plus importante allait occuper l’évêque de Châlons. Jaloux de ne point voir le tombeau de son oncle sous le porche de la cathédrale, et ne voulant point contredire sa volonté dernière, Henri Clausse agrandit la cathédrale de deux travées et construit en même temps un nouveau portail, mais d’un style approprié au goût de l’époque et bien différent de celui de l’édifice ».

M. Poinsignon, « Histoire générale de la Champagne et de la Brie », volume II, p. 523.

Henri Clausse est mort en 1640. Son successeur Félix Vialart de Herse arrive à Châlons au mois de décembre 1640.

Sources

(1). E. de Barthélemy, Cartulaire de l’évêché et du Chapitre St-Etienne de Châlons, 1853, p. 27.

(2). Arch. Marne, 4E 4568, minutes Duboys, 1625-26.

(3). Arch. Marne, 4E 6662, minutes Rambourg, 1635.

(4). David de Riocour, “Les archives des actes de l’état civil de Châlons-sur-Marne », Arcis-sur-Aube, 1895, page 212, numéro 156.

(5). David de Riocour, page 219, numéro 271.

Félix, jésuite

Félix Horguelin (1609-1633), père jésuite,

fils de Michel Horguelin et de Catherine Viennot.

La chapelle des Jésuites à Châlons, 1628

« Dans le registre des élèves du collège, on lit en marge que le 6 avril 1618, Mgr Cosme Clausse, évêque de Châlons, vint bénir la chapelle.

(…) C’est dans leur chapelle que les Pères Jésuites inhumaient leurs défunts. Le registre des défunts de la province de Champagne en cite onze du collège de Châlons, avant l’inauguration de la grande chapelle au 6 août 1678.

(…) De ces onze défunts, deux étaient originaires de Châlons : Ignace Moreau et Félix Horguelin. Le nom de ce dernier est encore honorablement porté dans cette ville. (…) Parmi les défunts inhumés après 1678, on trouve d’autres noms de jésuites originaires de Châlons, appartenant à des familles bien connues de la ville : Henri Braux, Germain Beschefer, Nicolas du Sorton ». (1)

Etudes à Châlons et Nancy

Félix est baptisé à Châlons, paroisse Saint-Alpin, le 17 juillet 1609. (2)

« Le 13 avril 1617, il est tonsuré par Mgr Cosme Clausse dans la chapelle des R. P. bénédictins, à l’abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts de Châlons. Il est admis au collège des R.P. jésuites de Châlons le 19 octobre 1618 dans la classe de 4e.

Lorsqu’il a terminé son cours, il entre chez les Jésuites et est reçu au noviciat de Nancy le 14 octobre 1626. Il a pour maître des novices le père Dangles qui a, pour le seconder, le père Dagonet. Il fait son noviciat avec le père Charles de Malval qui mourut missionnaire en Syrie, à Alep, en février 1648. Félix n’a pas une si longue carrière ». (3)

Années de régence à Dijon et Charleville

« En 1628, Félix va enseigner la 5e au collège des Godrans à Dijon (Bossuet y commence ses études en 1638). Il passe en 4e en 1629-1630. Après ces deux

années de régence, il va compléter sa philosophie à Pont-à-Mousson, sous le père Nicolas Forest, professeur de 2e année de philosophie. En 1632-1633, il va professer la 3e au collège des pères jésuites de Charleville. Sa faible santé ne lui permet pas d’achever son cours.

Envoyé à Châlons pour s’y soigner, Félix y meurt dans la paix du Seigneur le 13 juillet 1633. Il avait été entouré de soins par le R.P. de Gondrecourt, recteur du Collège de Châlons. (4)

Notes

La nouvelle chapelle des Jésuites, 1658

« L’église de l’ancien collège Saint-Lazare est démolie en 1658 et les matériaux réemployés dans la construction de la nouvelle chapelle. Avant d’autoriser la démolition, le Conseil de ville demande aux représentants des différents pouvoirs de procéder à la visite de l’église, parmi lesquels Edme Horguelin, gouverneur.

(…) Les travaux de construction de la nouvelle chapelle sont menés à bon terme, grâce aux dons de Monsieur Mathé ».

L. Carrez, « Notice sur la chapelle du collège de Châlons », 1898, p. 22.

Hugues Mathé, sgr de Vitry-la-Ville

Il est receveur général des finances en Champagne, puis grand audiencier de France. Il participe sous Colbert aux affaires extraordinaires. Il joue un rôle extrêmement actif dans les entreprises maritimes et coloniales : il est actionnaire de la Compagnie des Indes Orientales (dont il a été un des directeurs) et il prend part à la ferme du Canada » (Hugues Mathé était le neveu de François Mathé et d’Agnès Horguelin, sa femme).

Daniel Dessert, « Argent, pouvoir et société au Grand Siècle », Paris, 1984, p. 643.

Sources

(1) L. Carrez, « Notice sur la chapelle du collège de Châlons-sur-Marne », Châlons, 1898, pp. 8 et 10.

(2) Arch. privées, P.H., note recherche, St-Alpin, 1609.

(3) Arch. privées, P.H., fiche lecture, Carrez.

(4) Arch. privées, P.H., fiche lecture, Carrez

Pierre et Bonnaventure du Verger

Pierre Horguelin (ca 1592-1635), sgr des Ormes, lieutenant

criminel de robe courte à Epernay, fils de Pierre Horguelin

et de Nicole Jourdain, épouse (1617) Bonnaventure du Verger.

La justice du roi à Epernay

Epernay fait partie du bailliage de Vitry. Le tribunal du bailliage juge en première instance, avec appel au présidial et au parlement, de la plupart des causes civiles et criminelles. En 1536, en raison de l’impuissance des baillis à maintenir l’ordre dans les provinces du royaume, François 1er promulgue un édit qui confie à la maréchaussée les « crimes de grand chemin ». (1)

Les prévôts des maréchaux provinciaux ont la mission de « diviser les troupes de voleurs, larrons, aventuriers, vivant sur le pauvre peuple ». (2)

En 1554, les prévôts des maréchaux sont remplacés, dans chaque bailliage, par des lieutenants criminels de robe courte, relevant directement du parlement.

(Les juges de robe courte, prévôts ou lieutenants des maréchaux, jugeaient l’épée au côté). (3)

Le 12 avril 1623, le Bureau des finances de Châlons procède à l’enregistrement des lettres de provision d’office de « Pierre Horguelin, seigneur des Ormes, lieutenant criminel de robe courte en la maréchaussée d’Epernay ». (4)

Par la suite, Pierre sera « prévôt de l’armée du Roy sous le Cardinal dela Valette et le duc de Nevers. (5)

La famille de Pierre Horguelin

« Le 13 novembre 1617, Pierre épouse, par contrat passé devant Namur et Lasniers, notaires à Aÿ, Bonnaventure du Verger, fille de Brice du Verger, maire d’Aÿ, et de Nicole Gosset. Ils ont six enfants :

Pierre, né en 1623. Capitaine au régiment de Konigsmark. Il est tué à Nordlingen (Bavière) le 3 août 1645 à l’âge de 22 ans.

(La bataille de Nordlingen est un épisode de la guerre de Trente ans qui se termine en 1648 par le Traité de Westphalie).

Jean. Maire royal d’Aÿ. Il épouse Nicole Hennequin, fille de Jean Hennequin et de Marie Girardin.

Perette. Elle épouse 1° Nicolas de l’Espine, d’Avenay, mort six semaines après.

2° Georges Parent, sgr de Montauban, greffier en la Maîtrise des Eaux et Forests d’Epernay et Montagne de Reims, puis gruyer d’Epernay.

Jeanne. Religieuse, dite sœur de la Miséricorde. Supérieure des Carmélites de Verdun, 1685. Y mourut en odeur de Sainteté.

Bonnaventure, née en 1633. Religieuse Ursuline à Epernay. Reçue à 15 ans le 7 novembre 1648, moyennant 2500 livres.

Marie, née en 1635. Pensionnaire aux Ursulines d’Epernay. Destinée, à 13 ans, par le traité de sa sœur, pour y être religieuse avec elle, 1648. Puis femme de Simon de l’Espine, frère de son beau-frère. Morte en 1694, âgée de 39 ans.

Pierre Horguelin mourut en 1635, chez Mr de Chastillon, l’Ingénieur, son oncle, père de la marquise de Renneville ». (6)

(Pierre Chastillon épouse Françoise Jourdain, dont Claude Chastillon, femme de Joachim Godet, sgr de Renneville, lieutenant général des armées du roi, dont Claude Godet, dame de Renneville, mariée avec Roger Brûlart, marquis de Sillery).

Pièce originale

Constitution de rente à Paris, 1634

Le 31 juillet 1634, par devant Cartier, notaire au Châtelet de Paris, Pierre Horguelin signe une décharge de contrat de constitution :

« Noble homme Messire Simon Morant, Conseiller du Roy et Controlleur au grenier et magasin à sel de Soissons, y demeurant, passe un contrat constituant noble homme Pierre Horquelin, Lieutenant de Robbe courte en la Maréchaussée d’Epernay, de la somme de mil livres tournois ».

Arch. nationales, MC/ET/XIII, liasse 20.

Sources

(1) Eric Alary, « L’histoire de la gendarmerie », 2000, p. 31.

(2) Maurice Poinsignon, « Histoire générale de la Champagne et de la Brie », 1897, tome II, page 102.

(3) Grand Larousse Universel, volume 9, page 6292.

(4) Arch. Marne, C 2512, f° 134.

(5) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 5.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 5.

François et Marie Parjouet

François Horguelin (1612-1674), greffier en la Chambre

du Domaine de la Généralité de Champagne, fils de Jean

Horguelin et de Marguerite de Nesles, épouse (ca 1635)

Marie Parjouet.

Les domaines du roi dans la Généralité de Champagne

Les domaines du roi dans la Généralité de Champagne consistent en huit chatellenies principales qui sont Vitry, Saint-Dizier, Sainte-Menehould, Chaumont-en-Bassigny, Troyes, Epernay, Sézanne et Mouzon. (1)

Les nombreux contentieux liés aux droits domaniaux sont du ressort juridique de la Chambre du Domaine, qui juge en première instance, avec appel au Parlement.

Le greffier de la Chambre du Domaine « tient la plume » pour la rédaction des arrêts, jugements et autres actes du juge ; il en garde les minutes et en délivre des expéditions.

En 1645, François Horguelin, « greffier du Bureau des finances en Champagne », appose sa signature au bas d’une déclaration de foi et hommage des vassaux au Roi de France pour la ville de Mouzon. (2)

En 1682, lors du partage de sa succession, il est dit « en son vivant, greffier en chef en la Chambre du Domaine de la Généralité de Champagne ». (3)

La milice bourgeoise de Châlons, 1653

François Horguelin est capitaine cinquantenier de la ville de Châlons : il commande une compagnie de 50 hommes. (4)

Maurice Poinsignon écrit : « depuis la fin de la Fronde (1653), le service de la bourgeoisie a perdu son caractère d’utilité militaire (…). La milice bourgeoise, où dominait d’abord l’élite de la bourgeoisie, finit par se recruter dans les classes moins élevées, et les charges de capitaine, qui se payaient du reste assez cher et qui étaient recherchées parce qu’elles conféraient l’exemption des logements militaires, devinrent, à Troyes par exemple, l’apanage des négociants ». (5)

La famille de François

« François Horguelin épouse Marie Parjouet, fille de Claude Parjouet et de Marie Marin, laquelle était fille de Jean Marin et de Marie Prioux. Elle était sœur d’Anne Parjouet, femme de Jean Deu.

Ils ont dix enfants :

Marie, morte fille.

Pierre, baptisé paroisse Notre-Dame le 10 août 1638. Parrain : P. Deu, marraine : Anne Dubois.

Jean, sans alliance.

Nicolas, né le 29 octobre 1641. Révérend bénédictin.

François, Révérend bénédictin.

Jeanne, religieuse.

Anne, née en 1650. Elle épouse, paroisse Notre-Dame, le 2 avril 1674, Jean Vuiriot, capitaine de bourgeoisie à Châlons, reçu à l’hostel de ville, 1694. D’où Marianne Vuiriot, femme, 1714, de François de Cabasson, escuyer. Décédée le 17 avril 1700 à 50 ans, sans enfans, laissant M. l’abbé Horguelin (Jean Horguelin des Ormes) pour un de ses héritiers.

Nicole, morte fille.

Marguerite, baptisée paroisse Notre-Dame le 9 avril 1651, « feste de Paques ».

Claude, religieuse. (6)

On lit dans les registres paroissiaux de Notre-Dame-en-Vaux à la date du 29 septembre 1674 : « Décédé Mre François Horguelin, aagé de 62 ans, un des capitaines de cette ville. Inhumé en cette église ». (7)

Pièce originale

Partage de la succession de François Horguelin, 1682

« Partage fait le 4 décembre 1682 entre noble homme Mre Jean Wuiriot, bourgeois de Chaalons, et Delle Anne Horguelin sa femme, à cause d’elle, d’une part, et Delle Marguerite Horguelin, jeune fille à marier, d’autre part. Lesdites Demoiselles Anne et Marguerite Horguelin, héritière chacune pour moitié, de défunt noble homme Me François Horguelin, vivant Greffier en Chef en la Chambre du Domaine de la Généralité de Champagne, et de Delle Marie Parjouet sa femme, leurs père et mère, la succession desquels elles partagent entre elles. Cet acte reçu par Regnault, notaire à Chaalons, et en la possession de Me Ecoutin, notaire en ladite ville. 1775 ».

Bibl. nationale, P.O. 1533… D 35009, f° 30.

Notes

Pierre tombale des Parjouet à St-Alpin

« Cy devant gist (…) demoiselle Loyse La Perouse, vivante femme d’honorable homme Pierre Parjouet, bourgeois de Chaalons, qui décéda le 28e d’octobre 1594…

Et ledit Parjouet décéda le 25 juin 1598. Et ledit Claude Parjouet leur fils, qui décéda le 6e jour de mars 1609. Priez Dieu pour eux. Et honorable homme Claude Pajouet, fils, qui décéda le 1er octobre 1624.

Deux écussons : 1er une croix chargée de cinq coquilles ; 2e un chevron accompagné en chef de deux palmes et en pointe d’une tête de Maure.

Parjouet, famille de tanneurs de Châlons au XVIe siècle. Saint Alpin ».

Barthélemy, « Recueil des pierres tombales… », 1888, p. 128, n° 255.

Nicolas Horguelin, théologien à Metz

« Horguelin (Nicolas), en religion dom Jean-Chrysostome. Théologien. Né à Châlons le 29 octobre 1641. Mort à Metz vers 1720.

De bonne heure, le jeune Horguelin se distingua par sa piété. Tonsuré à l’âge de vingt ans, le 29 mai 1661, il fut promu trois ans plus tard au premier des ordres majeurs (16 décembre 1664). Dès lors, il s’adonna tout entier à l’étude de la théologie, et, pour mieux approfondir cette science, il se retira dans l’abbaye de Saint-Arnould de Metz (ordre de Saint-Benoit).

Ce fut dans le silence du cloître qu’il composa plusieurs ouvrages qui sont restés manuscrits dans la bibliothèque de son monastère. En voici la liste :

Panoplia Chronolog. Flavii Josephi Jerosolimorum sacerdotis

Judaïcorum chronologia vindicata, ordinata, castigata et illustrata.

Actuarium ad rem diplomaticam discutiendam.

Tradition de l’Eglise sur les Ministres des sacrements.

Josephi Flavii vita.

- Archives de la Marne.

-Histoire de Metz (dom Brocq), manuscrit, 1756, 2e vol. p. 800.

-Registres de la paroisse Notre-Dame ».

-A. Lhote, « Biographie châlonnaise », Châlons, 1870, p. 178.)

Sources

(1) Edme Baugier, Mémoires historiques de la province de Champagne, Châlons, 1721, tome 2, page 278.

(2) Bibl. municipale de Sedan, Fonds Gourjault, carton 105, pièce 45.

(3) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 30.

(4) A. Lhote, « Biographie châlonnaise », Châlons, 1870, p.178.

(5) M. Poinsignon, « Hist. gén. de la Champagne et de la Brie », vol. 3, p. 117.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 30.

(7) Riocour, «Les archives des actes de l’état civil de Châlons-sur-Marne », 1895, p. 60, n° 1006.

Edme et Louise de Chastillon

Edme Horguelin (ca 1622-1670), seigneur de Nuisement,

Conseiller et secrétaire du roi, fils d’Edme Horguelin et

d’Agnès d’Aoust, épouse (1653) Louise de Chastillon.

La terre et seigneurie de Nuisement

Nuisement est situé à 12 km au sud-ouest de Châlons-en Champagne, au bord de la Coole (affluent de la Marne).

Sur la carte de France de Cassini (1756), la localité est signalée par un moulin à eau, une église et un château.

Le moulin de Nuisement est mentionné dans une charte ecclésiastique du 12e siècle : en 1168, Simon de Broyes, seigneur de Baye et autres lieux (dont Nuisement), fait don à Guy de Joinville, évêque de Châlons, du moulin de Nuisement « pour les pauvres de l’hôpital de sa cathédrale ». (1)

La construction du château féodal par les seigneurs laïcs et de l’église Saint-Etienne par les seigneurs ecclésiastiques (les chanoines du Chapitre St-Etienne de la cathédrale de Châlons) date du début du 12e siècle.

L’église, construite sur une butte, domine toujours le village, mais le château a été détruit au 18e siècle.

En 1662, l’acte d’échange de la terre et seigneurie de Nuisement fait état d’un château et maison forte fossoyée ; autrement dit un logis seigneurial et ses dépendances, entourés de murailles et de fossés.

Un acte notarié de 1665 mentionne « le pont-levis du chasteau ». (2)

En 1705, l’Atlas Trudaine fait un relevé approximatif des bâtiments : on distingue deux tours rondes du côté de la muraille nord et trois constructions adossées aux murs d’enceinte. (3)

Après la famille de Broyes aux 12e et 13e siècles, les seigneurs de Nuisement ne sont plus connus jusqu’au 15e siècle. Viennent alors les Gruyer et les Aubelin, bourgeois de Châlons, jusqu’au 16e siècle. Enfin les Horguelin de Breuvery et les Pinteville de la Motte au 17e siècle.

Le 1er juin 1662, « Nicolas Aubelin, écuyer, sieur de Nuisement-sur-Coole et Edme Horguelin, écuyer, sieur de Breuvery-sur-Coole, reconnaissent avoir fait les échanges de terre et seigneurie et constitutions de rente à eux appartenant.

(…) La terre et seigneurie consiste en château et maison forte fossoyée, jardins, prés, bois et garennes, moulin à eau appelé le moulin de haut, situé sur la rivière du côté de Breuvery, un autre moulin à eau situé en bas du dit château sur la même rivière, appelé communément le moulin de l’hôpital de Châlons, un colombier à pied couvert de tuiles plates et ardoises, la quantité de trente deux journels ou environ de terres labourables, mouvante la dite terre et seigneurie en plein fief, foi et hommage, envers la grosse tour de Dampierre Nettancourt (…)

Le dit sieur de Breuvery, en contre échange, a baillé les constitutions à lui dûes,

dont la déclaration ensuit, pour une valeur de 30.000 livres (…) » (4)

Louage et venditions à Nuisement, 1664-1666

Le 10 décembre 1664, Edme donne en louage à Jean Brodier, laboureur, « une cense et gaignage scize au village et terroir dudit Nuisement ». (5)

Le 23 mars 1665, Edme fait l’acquisition d’une grange et jardin situés près du château : « Comparurent en leurs personnes Jean Brodier laboureur et Claude Jacquier sa femme (…) lesquels recognurent (…) avoir vendu à Edme Horguelin, seigneur de Breuvery, Nuisement et autres lieux (…) un bastiment de présent grange et un jardin et assin siz audit lieu de Nuisement, au lieu dict Muzon, tenant d’une part au Sieur de Nuisement, d’autre part à la rue allant au chasteau dudit lieu, d’un bout sur la rue du pont levis du chasteau et d’aultre bout sur la grande rue de l’église (…) ». (6)

Le 18 décembre 1666, Edme acquière une pièce de terre située près du moulin d’en bas du château : « Furent présents en leurs personnes Jacques Jacquier et Françoise Oudinet sa femme, (…) lesquels recognurent avoir vendu à noble homme Edme Horguelin, Sieur dudit Nuisement, cinquante huit perches de terre scizes au village de Nuisement, au lieu dit Muzon proche le moulin d’en bas dudit lieu. (…) Cette présente vendition faicte moyennant la somme de quatre vingt livres tournois, (…) ». (7)

Les affaires de la ville

En 1668, Pierre Molé atteste devant le Conseil du roi qu’Edme « a esté nommé deux fois par les habitants dudit Chaalons au gouvernement et à l’administration des affaires de ladite ville, dont il s’est dignement acquitté ». (8)

Le registre des conclusions du conseil de ville rapporte en partie ces faits : « Le 11 novembre 1663, assemblée de la Saint-Martin, M. Horguelin, seigneur de Breuvery, (est nommé) gouverneur en place de M. Braux, seigneur du Sorton ». (9)

« Le 11 novembre 1665, assemblée de la Saint-Martin, M. Jean Deu (est nommé) gouverneur en place de M. Horguelin ». (10)

La famille d’Edme

« Edme Horguelin, escuyer, seigneur de Breuvery, fils d’Edme Horguelin et d’Agnès d’Aoust, épouse (22 septembre 1653) Louise de Chastillon, fille de feu Pierre de Chastillon, escuyer, seigneur du Moy la Croix, et de Blanche Lignage. Le marié est assisté de son beau-frère Louis de Rochereau et de son oncle Nicolas Horguelin ». (11)

D’après le relevé des registres paroissiaux de Notre-Dame-en-Vaux par Riocour, les Horguelin-Chastillon ont cinq enfants, baptisés entre 1656 et 1668. (12)

Le testament de Louis Horguelin de Breuvery, chanoine de la cathédrale, mentionne quatre autres enfants dont la date de naissance n’est pas connue. (13)

Le 1er juin 1656, baptisé Edme, fils d’Edme Horguelin et delle Louyse Chastillon

Le 7 aoust 1657, baptisé Louys, fils d’Edme Horguelin et de Louyse de Chastillon. Parrain : Louys de Rochereau, Sieur d’Hauteville et Blaise. Marraine : Perrette Linage.

Le 15 novembre 1658, baptisé Nicolas, fils d’Edme Horguelin et de Louyse de Chastillon.

Le 14 octobre 1660, supp. les cér. du B. à Marie Agnès, fille de M. Edme Horguelin et de delle Louyse de Chastillon, baptisée le 19 juillet 1660. Parrain : M. Samuel Guichon, escuyer, Sieur de Roziers. Marraine : delle Jeanne le Duc, femme de M. Gilles Hennequin.

Le 9 janvier 1668, baptisé Joseph, fils d’Edme Horguelin, Sieur de Breuvery, Nuisement, et de Louyse de Chastillon. Parrain : Louis Horguelin. Marraine : Marie du Molinet.

Les quatre enfants mentionnés dans le testament de Louis Horguelin, sont :

Marie Louise Horguelin de Breuvery, religieuse de la Congrégation Notre-Dame.

Louise Horguelin de Breuvery, sous prieur de St-Joseph.

Scholastique Horguelin de Breuvery, procureur de St-Joseph.

Dom Placide Horguelin de Breuvery, religieux bénédictin demeurant à Saint-Symphorien de Metz.

Pieces originales

Echange Aubelin–Horguelin, 1662

« Furent présents en personne Nicolas Aubelin, escuyer, Sieur de Nuisement-sur-Coole, demeurant au Jardinet, paroisse de Passavent, de présent en cette ville de Chaalons, d’une part.

Et Edme Horguelin-le-jeune, escuyer, Seigneur de Breuvery, demeurant audit Chaalons, rue Saint-Jacques, paroisse Nostre-Dame, d’autre part.

Lesquels partyes recognurent volontairement avoir faict et par ces présentes font entre eux les eschanges, cession et transport des terre et seigneurie, tant de fief que de roture, et constitution de rentes, à eux appartenant, cy-après déclarés, en la forme qui suit.

C’est à scavoir ledit Sieur Aubelin avoir baillé, délaissé, ceddé, quitté, transporté audit titre d’eschange, dès maintenant et pour toujours, promettant garantie audit Sieur de Breuvery, pour luy et ses ayant cause, la terre et seigneurie dudit Nuisement-sur-Coole, fiefs des bans de la Motte, Rozay, Sailly et ban de Sainct Quentin, consistant en chasteau et maison forte fossoyée, haulte, moyenne et basse justice, censives tant en grains qu’en argent, veste, déveste, lots et ventes, deffaulx et amendes, dixmes inféodées, terrage, rivière, droit de puynette scéant à Escury, et autres droits dépendants de ladite terre et seigneurie de Nuisement, et fiefs susdits pour ce qui y appartient audit Sieur de Nuisement.

Item les jardins, prez, bois, garennes de ladite terre.

Item le moulin à eau appelé le moulin de hault, scitué sur la rivière dudit Nuisement, du costé de Breuvery, bastiment, grange, jardin, terres et choses en despendant, ainsy que Claude Giraux, mosnier, tenait naguerre à tiltre de loyer ledit moulin despendant de ladite terre.

Item un aultre moulin à eau scitué au bas dudit chasteau sur la mesme rivière, appelé communément le moulin de l’hospital de Chaalons, cy devant donné en eschange par les recteurs dudit hospital à deffunct Jacques Aubelin, vivant escuyer dudit Nuisement, père dudit sieur Nicolas Aubelin, contre des prez par luy ceddez, (…) bastiment, jardin et choses deppendant dudit moulin, (…)

Item les mazures et plant où cy devant estoient une maison et bastiment couverts de thuilles courbes, une petite maison attenante couverte de paille, une grange couverte de thuilles courbes, un colombier à pied couvert de thuilles plattes et ardoizes, cour, jardin et chenevière en deppendant, (…) . Une aultre maison couverte de paille, située audit Nuisement, ou cy devant estoit ung pressoir, la pièce de terre attenant et deppendant de ladite maison.

Item les plants appelés les Brusleries, avec les prés, bois et hozeraie en deppendant, en ce qui appartient audit sieur de Nuisement, et qui luy ont été acquis par damoiselle Magdeleine de Joybert, veuve de feu Claude Aubelin, (…)

Item et aussy, tout et chacun, les héritages appartenant audit Sieur de Nuisement, tant de son chef comme héritier dudit Sieur son père et Dame Perette de Bar mère, que comme héritier universel de deffuncte Louise Aubelin sa niepce, assis au terroir dudit lieu de Nuisement et terroirs voisins, amplement desclarés et constitués en deux lots premier et quatriesme du partage faict après les décès desdits deffuncts Sieur et Dame de Nuisement, par devant Monsieur le Bailly de Chaalons ou ses lieutenants, le douziesme jour du mois d’avril mil six cent cinquante cinq.

(…) Ceddant aussy audit sieur de Breuvery tous les droits, noms, raisons, actions, privilèges qui luy appartiennent, suivant la coustume de Vitry, au destour et estendue de laquelle ladite terre et seigneurie et fief susdit sont assis et scitués. (…)

Mouvante ladite terre et seigneurie de Nuisement et fief susdit en deppendant, en plein fief, foy et hommage, envers la barronie, chastel et grosse tour de Dampierre Nettancourt, suivant les adveux et dénombrements faicts, l’ung par Claude Aubelin, le seiziesme jour de juin mil six cent vingt neuf ; ung aultre par ledit deffunct Jacques Aubelin le vingt sixiesme juillet mil six cent quarante six ; ung aultre par Claude Aubelin, fils dudit Jacques et père de ladite damoiselle Louise Aubelin, le cinquiesme janvier mil six cent cinquante, et celuy faict par ledit Sieur Aubelin, eschangeur, le vingt septiesme may mil six cent soixante deux, (…).

A, pour et en contre eschange, ledit Sieur de Breuvery, aussy par ces dites présentes, baillé, ceddé, transporté audit tiltre d’eschange, promis et promet garantir, faire bonne et valoir audit Sieur de Nuisement, pour luy ou ses ayant cause, les constitutions à luy dues et constituées par les présentes dont la déclaration ensuit (pour un montant global de trente mille livres). (…)

Faict et passé audit Chaalons, au logis de Noble homme Mre Edme Horguelin l’aisné, seigneur dudit Breuvery, Conseiller du Roy, receveur des tailles en l’Eslection dudit Chaalons, demeurant paroisse Saint-Nicolas, où lesdits Sieur et Damoiselle de Nuisement sont logés, après midy, le premier jour du mois de juin mil six cent soixante deux, et ont les dicttes partyes signé.

Aubelin de Nuisement Magdeleine Linage

Horguelin Duboys Guyot

(Arch. Marne, 4 E 8450, f° 110, minutes Guyot, 1662)

Soumission à l’office de conseiller du roi, 1668

« Information de vye et mœurs avec la soubmission de Mr Horguelin, 23 février 1668 ».

Information , faicte par nous Toussaint Salmon, Le Lièvre, Le Sommelier, conseillers et secrétaires du Roy, de vie et mœurs , Relligion catholique, appostolique et romaine, de Mr Edme Horguelin, Sr de Breuvery, pour soubmission à l’office de conseiller et secrétaire du roy, maison Couronne de France du collège des cinquante quatre, devant le cy-devant procureur Mr Jacques Morin, à laquelle avons proceddé ainsy qu’il s’en suit.

Pièce n°1. Du vingt trois febvrier 1668.

Messire Louis Bonnet, prêtre vicaire de la paroisse st-médéric, aagé de trente huit ans, tesmoin produit par ledit Sr Horguelin, (…) a dit estre ny parent ny allié dudit Sr Horguelin, qu’il le cognoit pour estre de bonnes mœurs, qu’il faict profession de la religion catholique, appostolique et romaine, pour l’avoir entendu en confession, et saict qu’il a reçu le st sacrement d’eucharistie. Et est tout ce qu’il a dit et a signé.

Pièce n° 2. Mre Anthoine Caillet, conseiller du Roy en son conseil, Intendant de la maison et affaires de monsieur le prince de Condé, demeurant en la ville de Paris, aagé de soixante sept ans, lequel a dit estre parent dudit Sr Horguelin, lequel il cognoist dès sa naissance, qu’il est né en la ville de Chaallons de bonne et honorable famille, que le feu Sieur son père estoit Receveur général du Taillon en Champagne, qu’il l’a toujours fréquenté tant audit Challons qu’en la dite ville de Paris, le recogneu de bonnes mœurs et scait qu’il fait profession de la relligion catholique, appostolique et romaine pour l’avoir souvent suivi pendant les esglizes assister au service divin, lequel est bien affectionné au service du Roy, en vue de l’acquisition (…) de la charge de conseiller et secrétaire du roy dont il poursuit les provisions. Et est ce qu’il a dit et a signé.

Pièce n° 3. Mre Nicolas Langlois, escuyer, seigneur de Ville----------- conseiller et maistre d’hostel du Roy, demeurant en cette ville de Paris, rue des Roziers, paroisse Saint-Gervais, aagé de 29 ans ou environ, lequel a (promis), par le serment par luy faict, de dire vérité. A dit qu’il n’est parent ny allié dudit Sieur Horguelin, lequel il cognoist dès l’aage de sa naissance, pour lors demeurant en la ville de Challons de laquelle le dit Sieur Horguelin est originaire, issu d’une famille des plus considérables de la ville, qu’il est de bonne vie et mœurs et de bonne conversation, pour l’avoir incessament fréquenté tant en ladite ville de Challons et en la ville de Paris, qu’il a esté nommé deux fois par les habitants dudit Challons au gouvernement et à l’administration des affaires de la dite ville, tant pour le service du Roy qu’il (…) se comporte en homme d’honneur, qu’il (…) faict profession de la relligion catholique, appostolique et romaine, lequel a assisté (…) au service divin et lequel se faict affectionné au service du Roy. Et a dit et signé.

Pièce n° 4. Pierre Mollé, sieur de la Brosse, demeurant à Paris, rue de Thorigny, paroisse st séverin, aagé de soixante six ans, lequel a par le serment par luy faict et qu’il a promis dire vérité. A dit qu’il n’est parent ny allié dudit Sr Horguelin, qu’il le cognoist de son jeune aage pour estre comme luy de la ville de Challons, avoir demeuré pendant dix ans ensemble en la ville de Paris, l’a toujours recognu de bonne vie et mœurs et de la religion catholique, apostolique et romaine, l’ayant veu de nombreuses fois fréquenter les sacrements, scait aussy qu’il se fait zellé et affectionné au service du Roy, ayant par deux fois (…) été esleu au gouvernement de ladite ville de Challons dont il s’est dignement acquitté. Et est ce qu’il a dit scavoir et a signé.

Faict par nous Commissaires susdits soubsignés (…) Salmon. Somelier ».

Arch. nationales, V2/34, année 1668.

Lettres de compensation, 1677

Secrétariat de la Maison du Roi.

« Lettres de compensation de la somme de cinq cent trente huict livres dix sols dix deniers, pour damoiselle Louise de Chastillon, veuve de deffunct Edme Horquelin, vivant conseiller secrétaire du Roy et héritier de feu Edme Horquelin, receveur général du taillon en Champagne.

Au camp de Valencienne, le 17e jour du mois de Mars 1677 ».

Archives nationales, série O, registre 21, année 1677, f° 17 v°.

Sentence du bailliage de Châlons, 1677

« 16 novembre 1677. Sentence du bailliage du comté de Chaalons sur une instance d’entre les recteurs de l’hospital demandeurs, contre la veuve du Sieur Edme Horguelin, défenderesse et demanderesse, en recours et garantie contre Nicolas Aubelin, fils de Jacques Aubelin, par laquelle sentence ladite dame veuve est condamnée de deslivrer à l’hospital , après l’expiration du bail emphitéotique fait à Paris le 21 décembre 1628, ce qui manque aux six fauchées et demy de prez, données par Jacques Aubelin à l’hospital, en contre eschange du moulin, sinon payer le prix du manque à dire d’experts, sauf son recours contre Nicolas Aubelin, sur lequel faisant droit, il est condamné de garantir le moulin et d’acquitter ladite veuve de l’effet du jugement en ce qui est de la délivrance de ce qui manque audits prez, et de faire à sa descharge la délivrance desdits prez à l’hospital, après l’expiration du bail emphitéotique d’iceux, en sorte qu’alors elle jouisse incommutablement du moulin, en payant par elle la redevance de 40 livres durant le reste du cours du bail, à l’expiration duquel elle en sera entièrement deschargée ».

Arch. Marne, 1 E 537, 1677.

Mémoire pour Louise de Chastillon, 1688

« Mémoire sommaire pour Louise de Chastillon, veuve d’Edme Horguelin, Escuyer, Sieur de Breuvery et Nuisement, Conseiller Secrétaire du Roy et propriétaire du Droit de port et envoy des Commissions des Tailles dans l’Eslection de Vitry, Intimée.

Contre Nicolas Vincent, Receveur ancien et alternatif des Tailles de ladite Eslection, apellant de l’Ordonnance des Trésoriers de France de Chaalons du 31 aoust 1688.

L’intimée se trouve propriétaire du droit de port et envoy des Commissions des Tailles de l’Eslection de Vitry, et en conséquence des Quittances de Finances payées par les Autheurs de son mary qu’elle a produit, lesquelles montent ensemble à onze mil trois cens quatre livres dix sols, pour laquelle somme elle ne jouit, depuis plus de quarante ans, que de deux cens vingt cinq livres de gages, pour un quartier seulement.

Ce droit a esté créé par Edit de 1599, avec permission à tous particuliers de le lever au refus des Receveurs. C’est pourquoy Edme Horguelin, père du mary de l’Intimée, sur le refus du sieur Zedde, prédécesseur Receveur, et de son consentement et pour lui faire plaisir, leva ce Droit et en paya la finance, suivant qu’il se justifie par la déclaration dudit Zedde produite en l’instance.

En 1614, 1621, 1634, autres Edits et Déclarations sont intervenus qui, moyennant finance, ont confirmé ce Droit et l’ont déclaré héréditaire, mais toujours avec permission à tous particuliers de le lever sur le refus des Receveurs.

Comme les Autheurs de l’Intimée ont satisfait ponctuellement à ces Edits, elle en a joui paisiblement jusqu’en l’année 1685, que le dit Vincent qui a acheté les charges de Receveur des Tailles de Vitry, s’est avisé de luy contester, pour quoy elle a été obligée de le faire assigner par devant les Trésoriers de France de Chaalons qui, sur pièces vues, ont rendu l’ordonnance dont est appel. Cependant, elle est fondée sur trois moyens incontestables. (…)

Le sieur Vincent avance donc témérairement que ce Droit, déclaré casuel par l’Etat de 1663, est tombé vacant par la mort du mary de l’Intimée arrivée en 1667, faute d’avoir payé l’annuel ordonné par cet Edit sur le pied du dixième denier (…)

Pour détruire cette odieuse dénonciation, l’Intimée a esté obligée de faire une quatrième production qui justifie que ce Droit n’est pas vacant, par trois raisons invincibles : (…)

La troisième raison qui fait voir l’injustice de cette dénonciation en toutes ses circonstances, est que le mary de l’Intimée n’est point mort en 1667, mais le vingt neuf décembre 1670. (…)

Monsieur de Fieubert de Launac, rapporteur. Messieurs Dargouges, Bignon, de la Reynie, Le Pelletier, de Ribeyre, de Breteuil, l’abbé Le Pelletier, de Pont-Chartrain et de Harlay, commissaires. M. Hureau, avocat.

(Bibl. nationale, Imprimés, Recueil Thoisy, n° 181, f° 324, année 1688)

Notes

Les descendants de Jean Gruyer, 1475-1660

I Jean Gruyer (+ 1483), écuyer, Elu pour le Roi à Château-Thierry, épouse Agnette Oger, dont Jean qui suit.

II Jean Gruyer, écuyer, seigneur de Nuisement, bailli de Châlons, épouse Jeanne Braux. Enfants :

Henry Gruyer, qui suit.

Guy Gruyer, chanoine de la cathédrale de Châlons.

Marguerite Gruyer, femme de Pierre Aubelin, écuyer, sgr de Nuisement.

Anne Gruyer, femme de Jean Godet, seigneur de Farémont.

III Henry Gruyer, écuyer, sgr de Cormont, épouse Catherine Aubelin, fille de Pierre Aubelin, sgr de Voulzy, et de Marie de Paris, dame de Faulx, dont Jeanne et Perette qui suivent.

IV Jeanne Gruyer, femme de Claude de Pinteville, écuyer, sgr de Montcetz.

IV Perette Gruyer, femme de Nicolas Le Convers, dont Claude qui suit.

V Claude le Convers. Il épouse Nicole Marin, dont Jeanne qui suit.

VI Jeanne le Convers, femme de Nicolas Talon, dont Nicolas qui suit.

VII Nicolas Talon. Il épouse (1656) Claude Horguelin, fille de Jean Horguelin et de Marie Thierrion.

E. de Beaurepaire, « Quartiers Baugier », GenWeb 2005

Les descendants de Pierre Aubelin, 1500-1660

I Pierre Aubelin, escuyer, épouse Ysabeau du Cerf, fille de Pierre du Cerf, bailli d’Epernay, dont Jean qui suit.

II Jean Aubelin, escuyer, sgr de Voulzy, bailli d’Epernay, épouse Catherine de Marisy, dont Pierre qui suit.

III Pierre Aubelin, escuyer, sgr de Voulzy, bailli d’Epernay, épouse Marie de Paris, dame de Faux et Vésigneul-sur-Coole, dont Pierre qui suit.

IV Pierre Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, épouse Marguerite Gruyer, fille de Jean Gruyer, escuyer, sgr de Nuisement, bailli de Châlons, et de Jeanne Braux, dont Jacques qui suit.

V Jacques Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, lieutenant au bailliage d’Epernay, épouse (16 janvier 1583) Perrette L’Hoste, dont Nicolas qui suit.

VI Nicolas Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, épouse Marie d’Aoust, dont Jacques qui suit.

VII Jacques Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, épouse Perette de Bar, dont Claude et Nicolas qui suivent.

VIII Claude Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, épouse Magdeleine de Joybert, dont Louise Aubelin.

VIII Nicolas Aubelin, escuyer, sgr de Nuisement, Cuperly et du Jardinet, épouse (11 février 1657) Magdeleine Linage, dont quatre enfants : Edme, Nicolas, Louis et Claude.

Caumartin, « Procez verbal de la recherche de la noblesse de Champagne », 1673, tome 1, page 59.

Le livre de prières de Guillaume Molé

Le 7 juin 2000, le livre de prières de Guillaume Molé et de Simone Le Boucherat, sa femme, est vendu aux enchères par la maison Christie’s de Londres.

La notice de présentation indique que les enluminures du manuscrit sont l’œuvre du Maître des Grandes Heures de Rohan (15e siècle).

Le livre est passé entre les mains des familles Lignage, Chastillon et Horguelin au début du 17e siècle.

« Les notes du folio 2 v° et du folio 3 v° indiquent qu’avant la mort de Blanche Lignage (femme de Pierre Chastillon en 1628), le manuscrit est passé à sa fille Louise, laquelle a épousé Edme II Horguelin en 1653.

Blanche Lignage est la marraine de leur fils Edme III né en 1656.

Les naissances de leurs autres enfants, depuis Louis en 1657 jusqu’à Joseph en 1668, sont inscrites sur le folio 3 v°.

Le manuscrit, apparemment, est resté en la possession de Louise et la dernière note indique son décès en avril 1702 ».

« The Molé-Boucherat Hours, use of Troyes, in latin and French, illuminated manuscript in vellum”, GoogleWeb, novembre 2010.

Sources

(1) Buirette de Verrières, « Annales historiques de la ville et comté pairie de Châlons-sur-Marne », Châlons, 1788, volume 1, p. 223.

(2) Arch. Marne, E 536, minutes Robin, 1665.

(3) Arch. nationales, série F, atlas Trudaine, Généralité de Châlons, planche 24.

(4) Arch. Marne, 4E 8450, minutes Guyot, f° 110, 1662

(5) Arch. Marne, 4 E 4273, f° 118 v°, minutes Robin, 1664.

(6) Arch. Marne, E 536, Nuisement, 1665.

(7) Arch. Marne, E 536, Nuisement, 1666.

(8) Arch. nationales, série V2, liasse 34, année 1668.

(9) Arch. comm. de Châlons, BB 25, f° 105, 1663.

(10) Arch. comm. de Châlons, BB 25, f° 165, 1665.

(11) Arch. Marne, 4 E 4609, minutes Duboys, 1653.

(12) Riocour, “Les archives de l’état civil de Châlons-sur-Marne », p. 41 à 53.

(13) Arch. Marne, 4 E 1022, minutes Hécard, 1740.

Jean et Marie Thierrion

Jean Horguelin (1583-1647), notaire royal, fils de

Pierre Horguelin et de Perette Bertheuil, épouse

(1606) Marie Thierrion.

Les notaires royaux à Châlons, 1611

A l’origine, les notaires royaux du Châtelet de Paris ne pouvaient exercer que dans l’enceinte de cette forteresse. Ils le purent ensuite dans toute l’étendue du domaine royal. Dans les provinces, les notaires royaux instrumentaient dans les juridictions du domaine royal, tandis que les notaires seigneuriaux exerçaient dans les justices seigneuriales.

A Châlons en 1611, on compte douze notaires royaux dont voici les noms : Alfeston, Collesson, Dubois (Ambroise), Dubois (Jean), Guillemin, Horguelin, Lafricque, Le Maistre, Raulet, Roger (Hugues), Roget (Pierre), Roussel.

Jean Horguelin est notaire royal de 1611 à 1647. Son fils, Nicolas Horguelin, lui succèdera de 1647 à 1680.

Le nouveau couvent des Recollets, 1619

Les religieux Recollets, installés à Châlons depuis 1613, cherchent à s’agrandir et achètent rue de la Grant Margot, plusieurs maisons et jardins appartenant à Pierre de Bar, Jean Horguelin, Jean Thierrion et autres. Le 30 mai 1619, ils posent la première pierre de leur nouveau couvent. L’établissement est fermé en 1789. Au 19e siècle, il est occupé par les religieuses de la Congrégation Notre-Dame. (1)

Le livre de prières de Jean Horguelin (1537) était la propriété des Recollets et porte le sceau du couvent : « EX LIB. RECOL. CONVENT. CATALON. »

La famille de Jean

« Le 25 septembre 1606, Jean Horguelin, 23 ans, praticien, fils de feu Pierre Horguelin, sergent royal, et de feue Pérette Bertheuil, épouse Marie Thierrion, fille de feus Pierre Thierrion, marchand, et de Marguerite Cacquez. Le futur est assisté de ses deux oncles, de Charles Ytam, procureur es siège de Chaalons, son curateur, et de Didier Masson, maître orfêvre, son cousin ». (2)

Les Horguelin-Thierrion ont neuf enfants :

-Registre des baptêmes de la paroisse Saint Nicaise (3) :

« 1609, Marie, fille de Jean Horguelin et de Marie Thieron. 1er mars. 1611, Marguerite, fille de Jean Horguelin et de Marie Thieron, 12 janvier ».

-Registre des baptêmes de la paroisse Sainte Marguerite (4) :

« 1613, Jean, fils de Jean Horguelin, notaire royal, et de Marie Thierion, 20 décembre. Parrains : Jacques Truc et Jacob de Pinteville. Marraines : Marguerite Dupuy et Jacqueline Morillon.

1615, Nicolas, fils de Jean Horguelin et de Marie Thierion, 18 octobre.

1618, Andriette, fille de « « 13 novembre.

1622, Pierre, fils de « « 21 décembre.

1625, Nicolle, fille de « « 17 décembre. Parrain : P. Horguelin. Marraines : Nicolle Lallemant et Marie Hennequin.

1627, Claude, fils de Jean Horguelin, notaire royal et de Marie Thierion, 22 janvier. Parrains : Cl. Deya, Sr de Germinon, et François d’Aoust. Marraine : Marie Godet.

1629, Claude, fille de Jean Horguelin et Marie Thierion, 29 décembre. Parrain :

J. Depinteville-le-jeune. Marraine : Cl. Lefêvre ».

Les mariages des enfants Horguelin-Thierrion

Marie épouse Jean Lefébure, fils de Jean Lefébure et de Jehanne Ytam. (5)

Nicolas, notaire royal, épouse Nicole Nobily (6)

Pierre, juge consul, épouse 1) Jeanne Le fébure ; 2) Anne Thierrion, fille de Pierre Thierrion et de Marguerite Thévenin. (7)

Claude épouse (17 juillet 1656) Nicolas Talon, apothicaire à Châlons, fils de NicolasTalon et de Jeanne Le Convers. (8)

Pièce originale

Partage de la succession Horguelin-Thierrion, 1665

« Partage fait le 23 avril 1665 entre honorable homme Jean LeFevre, bourgeois de Chaalons, en son nom et comme se portant fort de ses enfants mineurs et de feue Delle Marie Horguelin sa femme, Me Nicolas Horguelin, notaire royal à Chaalons, en son nom, honorable homme Pierre Horguelin, marchand à Chaalons, aussi en son nom, Nicolas Talon, marchand apothicaire à Chaalons, et Delle Claude Horguelin sa femme, à cause d’elle, Delle Nicole Horguelin, fille majeure, en son nom ; tous héritiers de deffuncts Me Jean Horguelin vivant notaire royal à Chaalons, et de Delle Marie Thierion sa femme, leur père et mère ; la succession desquels ils partagent entre eux.

Ce contrat reçu par Nottret notaire à Chaalons, et en la possession de Me Ecoutin notaire en ladite ville. 1775 ».

Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 28.

Notes

Les Recollets à Châlons, 1613-1789

« L’établissement des Recollets à Châlons fut assez laborieux. C’est l’évêque Cosme Clause qui les fit venir et il les logea quelque temps dans le palais épiscopal. (…)

Ils s’établirent en 1613 dans la ruelle aux Vaches (plus tard rue de Vinetz) où ils firent construire une chapelle et quelques bâtiments. Se trouvant trop resserrés, ils avisèrent à s’installer ailleurs. Par lettres patentes du mois de mars 1618, le roi leur donna « une maison et place situées à Chaalons rue saint-Antoine, servant cy-devant de magasin pour l’artillerie de Sa Majesté ». Cet emplacement ne leur parut pas encore suffisant et ils vendirent le vieux magasin à l’évêque par contrat du 13 novembre 1618.

C’est alors qu’ils achetèrent plusieurs maisons et terrains situés au bout de l’Etape (…) sur lesquels le couvent fut construit. (…)

Le couvent des Recollets, supprimé en 1789, fut d’abord affecté à un magasin d’habillement militaire. Depuis 1805, cet établissement est occupé par les religieuses de la Congrégation Notre-Dame, qui se consacrent à l’instruction des jeunes filles ».

(L. Grignon, « Topographie historique… », p. 29

Les descendants de Fleurent Lefébure, 1534-1651

I Fleurent Lefébure épouse à Châlons le 27 octobre 1534 Louise Deu, dont Louis qui suit.

II Louis Lefébure, avocat, bailli de St-Pierre, épouse à Châlons le 24 juin 1577,

Marguerite Domballe, dont Jean qui suit.

III Jean Lefébure épouse Jehanne Ytam, dont Jeanne, femme (1651) de Pierre Horguelin, et Jean qui suit.

IV Jean Lefébure épouse à Châlons en 1639, Marie Horguelin, fille de Jean Horguelin et de Marie Thierrion.

Communication de Charles Lefébure de Ladonchamp, Châlons, 1966.

Les descendants de Jean Talon, 1510-1656

I Jean Talon épouse ca 1510 N. (lacune), dont :

Omer, curé de St- Nicolas du Chardonnet à Paris.

Artus, marié avec Louise Deu, fille de Nicolas Deu et de Marguerite de Cheniers.

Jean, marié avec Marie Pidouy, auteur de la branche des Talon de Paris.

Philippe, qui suit.

II Philippe Talon, sgr de Villers-devant-Mouzon, receveur des décimes du diocèse de Châlons, épouse (1545) Jeanne Lesquevin, dont Robert, qui suit.

III Robert Talon épouse à Châlons (1572) Anne du Boys, dont :

Hugues Talon, marié à Châlons (1608) avec Jacquette Horguelin, fille de Pierre Horguelin et de Marie Chastillon.

Philippe Talon, marié 1) avec Anne Raulet ; 2) avec Anne de Beury, dont Jean Talon, Intendant de la Nouvelle France.

Nicolas Talon, qui suit.

IV Nicolas Talon épouse à Châlons le 25 octobre 1609, Jeanne Le convers, dont Nicolas qui suit.

V Nicolas Talon, apothicaire à Châlons, épouse le 17 juillet 1656 Claude Horguelin, fille de Jean Horguelin et de Marie Thierrion.

(A. Douence, GenWeb, 2006 et A. Lhoste)

Sources

(1) L. Grignon, « Topographie historique… », p. 293.

(2) Arch. Marne, 4E 8552, minutes Roget, 1606.

(3) et (4) Pélicier, “Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790”, p. 319, Ste-Marguerie, p. 331, St-Nicaise.

(5) Communication de Charles Lefébure de Ladonchamp, Châlons, 1966.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 17 v°.

(7) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 18.

(8) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 17 v°.





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Au dix-septième siècle (II)

Pierre & Jacquette de Pinteville

Abraham & Pérette Picart

Barbe Horguelin

Edme & Marguerite Le Gorlier

Louis Horguelin, chanoine

Pierre et Jacquette de Pinteville

.

Pierre Horguelin (1606-1654), seigneur de Montcetz, fils de

Pierre Horguelin et de Madeleine de Serval, épouse (ca 1630)

Jacquette de Pinteville, fille de Jean de Pinteville et de

Andriette Lallemant.

Les seigneurs de Montcetz

Le village de Montcetz est situé dans la vallée de la Marne, à 6 km en amont de Châlons.

L’Atlas Trudaine en donne le tracé en 1745 : une vingtaine de maisons et granges, une église, deux enclos fossoyés : la Mothe près du village et La Pagerie en allant vers Chepy. Le château est construit dans le premier enclos : on distingue une muraille avec trois tours carrées côté rue, et la maison seigneuriale côté jardin.

Les noms des seigneurs de Montcetz sont connus à partir du 16ème siècle. Trois états des fiefs du bailliage de Vermandois, donnent la liste des Châlonnais « possédant fief » à Montcetz.

En 1597, on relève les noms suivants : Jean et Claude de Pinteville, Rémy, Nicolas et Jean Le Moyne, frères, Charles Le Gorlier, et damoiselle Marye le Folmarié, dame du fief de la Pagerie. (2)

En 1622, on note les noms de Jean de Pinteville, élu, Pierre de Pinteville, avocat, Claude le Gorlier, Jacob de Bezançon et Pierre Huictiet. (3)

En 1633, enfin, on lit : « Les trois quarts à M. de Pinteville, le surplus divisé entre M.M. J. de Pinteville, Billet, Deu, Duboys, Horguelin, Jourdain, Leduc, Le Moyne, Saguez ; le fief du ban de Saint-Memmie à ladite abbaye, le fief de la Pagerie à M. Billet. (4)

Les Horguelin sont dits seigneurs de Montcetz à partir de 1630, année du mariage de Pierre Horguelin avec Jacquette de Pinteville. Les deux familles appartiennent à l’église réformée de Châlons.

Baptêmes protestants des Horguelin-de Pinteville

Le registre des baptêmes de l’église réformée de Châlons-Compertrix présente les noms de six enfants entre 1631 et 1638 :

Madeleine, fille de Pierre Horguelin le jeune et de Jacquette de Pinteville, baptisée (1631) par Pierre Horguelin l’aisné et Madeleine de Serval sa femme.

Suzanne, née à Châlons le 17 d’aoust 1632, présentée au baptême par Pierre de Pinteville, seigneur en partie de Montcetz et par Suzanne Morel sa femme.

Anne, née à Châlons le – février 1634, présentée par Abraham Cole, bourgeois de Châlons et par demoiselle Anne de Pinteville sa femme.

Pierre, né à Châlons le 16 avril 1635, présenté au saint baptême à Compertrix le 8ème jour dudit mois, par Abraham Horguelin, fils de Pierre Horguelin l’aisné, et par demoiselle Jeanne Clément, fille de feu Abdian Clément.

Marguerite, née à Châlons le 11e d’aoust 1637, présentée par Jacques de Pinteville, greffier, demeurant à Ste-Menehould.

Jean, né à Châlons le 6 décembre 1638, présenté par Jean de Serval, bourgeois de Châlons. (5)

Mariages des enfants Horguelin-de Pinteville

Marguerite Horguelin épouse en 1635 Daniel Pajon, docteur en médecine, fils de Daniel Pajon et de Marguerite Belon, demeurant à Blois. (6)

Anne Horguelin épouse en 1673 Guillaume Garnier, fils de Thierry Garnier et d’Anne Jacquelot, demeurant à Vitry-le-François. (7)

Pieces originales

Factum pour Daniel Pajon, 1672

Factum pour Me Daniel Pajon, docteur en médecine, Damoiselle Marguerite Horguelin sa femme, et damoiselle Anne Horguelin, filles et héritières de défunte Damoiselle Jacquette de Pinteville, intimez ;

CONTRE Me Jean de Pinteville, tant en son nom que comme tuteur de son fils mineur, appelant d’un jugement rendu par Monsieur de Caumartin, Commissaire départy en la Province de Champagne, du 15 juin 1672.

Il s’agit, dans les faicts, que ledit de Pinteville voulant s’établir dans la campagne et faire des bâtiments sur une de ses terres, il emprunta de ladite de

Pinteville, en plusieurs fois, jusqu’à la somme de 5.500 l. dont il a fait bâtir une maison, à un quart de lieue de Sainte-Menehould, ainsi qu’il le reconnoist luy-mesme. Mais, au lieu de luy rendre cette somme qu’elle luy avait prestée pour luy fait plaisir, il la pria instamment d’aider à se faire payer et de prendre par une sorte d’assigniation et d’engagement, une rente deuë par la Communauté de Sainte-Menehould, montante en principal à 4.200 l. et à 2.300 l. d’arrérages.

En effet, comme elle ne voulut point s’arrester à la Communauté, ny s’exposer à l’embarras et au péril de cette rente, elle stipula qu’elle ne serait obligée de faire aucune poursuite ny discussion contre la Communauté et contre ses coobligez, ny veiller sur leurs biens, et qu’après un simple commandement, ledit de Pinteville et sa femme qui s’obligeoient à garantir la rente avec les arrérages écheus et à écheoir envers et contre tous, seroient tenus d’en faire eux mesmes le payement en leur pur et privé nom.

Le décès de ladite de Pinteville estant arrivé, et ce contrat de constitution avec le transport s’estant trouvé parmy ses papiers, ledit Pajon, mary de ladite Marguerite Horguelin son héritière en partie, a fait faire commandement à ladite Communauté de payer les arrérages cédés et autres écheus depuis, et pour refus, il a agy contre ledit de Pinteville qui a présenté sa Requète à Monsieur de Caumartin, Intendant de Champagne, et il en a obtenu des deffences de procéder ailleurs que par devant luy. De manière que l’affaire y ayant esté instruite, et le deffendeur ayant contre-sommé ses cohéritiers et garants, Jugement est intervenu, par lequel il a esté condamné à rendre la somme de 5.500 l. qu’il avoit receuë, et à payer les arrérages de la rente escheus depuis le Transport, en deniers ou quittances valables, et sur le surplus les Parties hors de Cour.

(…) La représentation des Titres n’a pas esté faite par les demandeurs, mais seulement par Maistre Pierre Horguelin (…)

(Bibliothèque nationale, salle des manuscrits, MS FR 2450, f° 169 et 170, 15 juin 1672)

Lettre d’Abraham Pajon au notaire Sordel, 1713

A Ste Menehould, le 10 juin 1713.

Monsieur,

Celle-ci pour vous demander d’avoir la bonté de faire expédier une copie d’un acte de rétrocession qui a été faite il y a quelques années par Monsieur de Pinteville qui demeurait en ce pays ci, de moitié d’un contrat de constitution de deux mille livres en principal à feu Delle Jacquette de Pinteville, veuve de Monsieur Horguelin, sa sœur, qui était ma grand-mère, et qui est chez vous parmi les minutes que vous avez eues de Monsieur Horguelin le notaire.

Cet acte est passé en février 1656, et qui est écrit au bas d’une minute d’une rétrocession qui avait été faite en 1650 ou 1653, l’un ou l’autre, ou entre les deux, par Louise Corvisier et Jacques Corvisier du même contrat, en total à feu Monsieur de Pinteville et feu ma grand-mère Demoiselle Jacquette de Pinteville et veuve du sieur Pierre Horguelin, qui fit ladite acquisition de la moitié qui appartenait audit sieur de Pinteville, et c’est cette dernière rétrocession que j’ai besoin et dont je vous prie de m’envoyer copie, tout le plus promptement que faire se pourra. Madame Milet que je prie de vous rendre ou faire rendre cette lettre, vous payera s’il lui plait ou bien je vous payerai incessamment que j’espère être à Châlons ; accordez-moi s’il vous plait, cette grosse et de me croire être très parfaitement votre très humble et très obéissant serviteur.

Pajon

A Monsieur, Monsieur Sordel, notaire royal, rue de la petite étape à Châlons.

Archives privées, D.H.2, liasse 4, f° 1.

Notes

Les descendants de Claude de Pinteville, 1530-1709

(I) Claude de Pinteville, fils de Claude de Pinteville, escuyer, seigneur de Montcetz, épouse (ca 1530) : 1) Jeanne Gruyer ; 2) Jacquette Petit, dont Jean qui suit.

(II) Jean de Pinteville, sgr de Montcetz, épouse (1560) Marie Roussel, dont Jean qui suit.

(III) Jean II de Pinteville, escuyer, épouse Marie Dorigny, dont Jean qui suit.

(IV) Jean III de Pinteville, escuyer, seigneur de la Motte, épouse (1613) Andriette Lallemant, dont :

-Jean IV, qui suit

-Pierre, chevalier, seigneur de Cernon. Il épouse Marie-Thérèse du Fayot, dame de Cernon. Auteur de la branche des Pinteville de Cernon.

-Claude, escuyer, seigneur de Vaugency. Il épouse Cécile le Mire.

-Jean-Baptiste (1620-1709), escuyer, seigneur de Montcetz et la Motte.

-Jacquette, dame de Montcetz. Elle épouse Pierre Horguelin.

(V) Jean IV, escuyer, seigneur de Montcetz et la Motte, conseiller du Roi, Trésorier général de France en Champagne. Il épouse (28 janvier 1641) Jeanne Loisson, dont François qui suit.

(VI) François de Pinteville de la Motte, escuyer, seigneur de Nuisement (1713). Il épouse : 1) Jeanne Deu ; 2) Marguerite de Pinteville-Vaugency ; 3) Marie Joseph de Pinteville.

Jougla de Morenas, « Grand Armorial de France », Paris, 1935, volume V, p. 295.

Et : d’Hozier, « Registre de la noblesse », vol. V, 2ème partie, p. 701.

Sources

(1) Archives nationales, salle de lecture, Atlas Trudaine, 1745.

(2) Barthélemy, « Histoire de Châlons », 1883, p. 469.

(3) Barthélemy, « Histoire de Châlons », 1883, p. 473.

(4) Barthélemy, « Diocèse ancien de Châlons », 1861, vol. II, p. 277.

(5) Arch. Marne, paroissiaux protestants Châlons, baptêmes, 1631-1638.

(6) Bibl. nationale, dossier bleu 360, f° 12 v°

(7) Centre de généalogie protestante, cahier n° 4, quatrième trimestre 1983.

Abraham et Pérette Picart

Abraham Horguelin (1616-ca 1687), bourgeois de Châlons,

fils de Pierre Horguelin et de Madeleine de Serval, épouse

(1646) Pérette Picart, fille d’Abraham Picart et de Marie

Mauclerc, demeurant à Vitry-le-François

L’enseigne de la « Toison d’Or », Châlons, 1648

Louis Grignon, dans la topographie historique de la rue d’Orfeuil à Châlons, note ceci :

« La cinquième et dernière ruelle (donnant sur la rue d’Orfeuil) était dite : de la Warance, ruella de la Warance juxta foro Cathalaunensi (1224). Elle est encore nommée de même en 1432. Dès le siècle dernier et de nos jours encore, elle porte le nom de la Toison d’Or, probablement à cause d’une auberge portant cette enseigne dont nous n’avons pu constater l’existence. (1)

Abraham Horguelin achète la maison à l’enseigne de la Toison d’Or à Nicolas Baudois, bourgeois de Châlons, le 22 mars 1648. (2)

La maison passe en héritage à son fils Jérémie Horguelin, puis à son petit-fils Jacques Horguelin, demeurant rue des Blancs Manteaux à Paris.

Le 26 mars 1734, « Jacques Horguelin, bourgeois de Paris et à présent fugitif du Royaume » vend la dite maison à Claude Contenot, conseiller du Roi, Garde Marteau de la Maîtrise des Eaux et Forêts de Vitry-le-François.

Le 20 avril 1735, M. Contenot revend la maison de la Toison d’Or à M. Roze. (3)

La famille d’Abraham

Abraham, né à Châlons et baptisé à Compertrix le 17 juillet 1616, épouse Pérette Picart le 17 juin 1646, née à Vitry-le-François (10 octobre 1624), fille d’Abraham Picart et de Marie Mauclerc. (4)

Ils ont six enfants :

-Jacques, né à Châlons en 1650.

-Marie, née à Châlons en 1653.

-Jérémie, né à Châlons vers 1657.

-Jean, né à Châlons, capitaine au régiment du Mayne.

-Marguerite, née à Châlons en 1663.

-Pierre, né à Châlons vers 1665.

Les mariages des enfants Horguelin-Picart

Jacques, banquier à Leipzig, épouse (1680) Madeleine Bernard, fille de Samuel Bernard, peintre du Roi, et de Madeleine Lequeux, demeurant à Paris.

Jérémie, bourgeois de Paris, épouse Marie Cadet, fille de Philibert Cadet, avocat au Parlement, et d’Anne Mauclerc, demeurant à Vitry-le-François.

Pierre, banquier à Breslau, épouse Madeleine Chef d’Hostel (Amsterdam, 1693).

Il épouse en secondes noces Hélène Louise Clergeau (Leipzig, 1704), fille de Pierre Clergeau, bourgeois de Paris, et d’Hélène Mestayer.

Les « fugitifs du Royaume », 1679-1693

Jacques, fils aîné d’Abraham, est le premier à émigrer vers l’Allemagne. Dans son contrat de mariage avec Madeleine Bernard en 1679, il est dit banquier à Francfort. Il s’installe par la suite à Leipzig. (5)

Abraham, « calviniste, sort du Royaume à la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). Pérette Picart, huguenotte, suit son mari dans sa fuite. Abraham est mort à Breda en Hollande ». (6)

Pierre, 3ème fils d’Abraham, se marie au temple protestant d’Amsterdam en 1693. (7) Il s’établit par la suite à Breslau en Silésie.

Jérémie, fils cadet d’Abraham, « se retire à Paris ». Mais ses deux fils passent à leur tour en Allemagne. Jean, âgé de 15 ans, va rejoindre son oncle Pierre à Breslau. (8) Jacques s’établit comme banquier à Berlin (1736). (9)

Pièces originales

Acte de décès de Pérette Picart, Halle, 1688

« Demoiselle Perrette Picard, native de Vitry-le-François, vefve de deffunt Mons. Abraham Horguelin de Chaalons en Champagne, décéda en cette ville de Halle le lundy vingt quatrième décembre mil six cent quatre vingt et huit, aagée d’environ soixante cinq ans, et fut enterrée au Grand cimetière de cette ville de

Halle. Ce qui a esté attesté par les Sieurs Gabriel Bernard, marchand natif de Paris, et Pierre Lhuillier aussy marchand, natif de Metz, réfugiés au dict lieu. Lesquels ont assisté à l’enterrement de laditte deffunte et ont signé le présent acte. »

Französisch. Kirchenbuch, Evangelist reformierte Domegemeinde, Halle, C 1+2, teil 1, Seite 8.

Acte de décès de Marguerite Horguelin, Halle, 1689

« Demoiselle Marguerite Horguelin, réfugiée en cette ville, fille aagée de vingt six à vingt sept ans, native de Chaalons en Champagne, est décédée le vingt neuvième octobre mil six cent quatre vingt neuf, et le lendemain son corps a été enterré au Grand cimetière de cette ville. ».

Evang. Reform. Domegemeinde, Halle, C 6, Seite 7.

Acte de décès de Marie Horguelin, Halle, 1699

« Demoiselle Marie Horguelin, originaire de Chaalons en Champagne, fille de défunt Sieur Abraham Horguelin, vivant marchand au dit lieu, et de feue Demoiselle Perrette Picard, de Vitry-le-François, réfugiée dans cette ville, y est décédée le dimanche 26e mars 1699 vers huit heures du soir, aagée d’environ quarante six ans. Le mercredi suivant, son corps a été enterré au Grand Cimetière de cette ville à cinq heures du soir.

Juimielle, modérateur, B. d’Ingenheim, ancien et secrétaire, Lefebvre, ancien ».

Evang. Reform. Domegemeinde, Halle, C 1+ 2, teil 2, Seite 81.

Note

Les Picart à Vitry-le-François

Dans un « catalogue des plus considérables familles réformées de Vitry » (1712), on lit les données suivantes sur la famille Picart :

« Claude Picart a eu de Françoise Guillemin sa femme en premières noces, Madeleine, Elisabeth, Françoise, Abraham et Nicolas (…)

Abraham a épousé Marie Mauclerc, fille de Claude Mauclerc, docteur en médecine, de laquelle il a eu, entre autres enfants, une fille appelée Marie, née le 4 janvier 1613, qui le 21 avril 1641 épousa Daniel Vuyriot (…)

Note marginale : ledit Abraham Picart a encore eu une autre fille nommée Pierrette qui a été mariée au Sieur Abraham Horguelin, marchand à Châlons, duquel descendent Messieurs Horguelin d’aujourd’hui ; elle épousa le 17 juin 1646 ledit Abraham Horguelin, fils de Pierre Horguelin, marchand demeurant à Châlons, et de damoiselle Madeleine Serval ; elle naquit le 10 octobre 1624 ».

Bibl. du Protestantisme, MS 171, généalogie des Vargnier, p. 93.

Les Papiers de Hérelle font mention d’un autre rameau de la famille Picart :

« Noble homme Pierre Picard épouse Rachel Garnier, dont Pierre Picard, escuyer, lequel épouse à Châlons le 18 mars 1624 Anne Perrot d’Ablancourt ».

Bibl. du Protestantisme, MS 859/1, Papiers de Hérelle, 1624.

Sources

(1) L. Grignon, « Topographie historique », 1889, p. 170.

(2) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 13 v°.

(3) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 41, lettre de Memmie Fagnier, 1743.

Et : Arch. nationales, TT/149/XI, religionnaires fugitifs, 1734.

(4) Bibl. du Protestantisme, MS 171, f° 93.

(5) Bibl. du Protestantisme, MS 66, état civil des protestants de Paris par E. Haag.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 13 v°.

(7) Université de Leyde, fichier wallon et huguenot, Horguelin, 1693.

(8) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 13 v° et 14.

(9) Arch. nationales, TT/149/XII, 1735.

Et : Französische Kirche zu Berlin, MRT. IV/263, 1736.

Barbe Horguelin

Barbe Horguelin (St-Sulpice, 1658 – St-Nicolas, 1722)

fille de Jacques Horguelin et de Marie Valleré.

Les Châlonnais du bourg St-Sulpice, 1658

Le bourg St-Sulpice est situé sur une île fluviale de la Marne, entre le pont des Mathurins et le pont de Marne qui commande l’entrée ouest de la ville. Une gravure de Claude Chastillon présente une vue panoramique du bourg en 1615. A l’intérieur d’une enceinte fortifiée, on observe une trentaine de maisons dominées par trois constructions monumentales : l’église paroissiale, le couvent des Mathurins et le petit Hôtel-Dieu. (1)

Les noms des habitants du bourg St-Sulpice qui reviennent le plus fréquemment dans les minutes des notaires de Châlons, sont les suivants : Asselin, Buat, Caqueret, Frappart, Grongnat, Guyot (ou Guiot), Horguelin, Mesgnier (ou Meunier), Pestre (ou Piètre), Prignet, Valleré, Vandeuil (de).

Les Horguelin sont établis dans cette paroisse depuis le début du 16ème siècle. Ils sont apparentés avec toutes les familles du bourg citées ci-dessus.

Jacques Horguelin et Marie Valleré ont une fille aînée, Anne, femme (1673) de Nicolas Béguin, libraire à Châlons ; Barbe est leur fille cadette ; ils ont un fils Jacques II, marchand de blé à Châlons, marié à Jacquette Prignet. (2)

Le couvent des Nouvelles Catholique à Vitry, 1710

L’évêque de Châlons, Félix Vialart de Herse fonde en 1666 une première maison de Nouvelles Catholiques au ban de l’Isle à Châlons, appelée le couvent de la Doctrine. Les dames de la Doctrine prennent en charge l’instruction des jeunes filles protestantes nouvellement converties.

Cette fondation à Châlons est suivie de cinq autres à Vitry, Vertus, Wassy, Sainte-Menehould et Sarry.

En 1710, les Nouvelles Catholiques de Vitry demandent à Barbe Horguelin de faire l’acquisition, en leur nom, d’une maison sise rue St-Antoine à Vitry :

« Par devant Debar, notaire à Châlons, fut présente delle Barbe Horguelin, fille majeure jouissant de ses droits, demeurant ordinairement à Paris, rue de la Bucherie, paroisse St-Etienne-du-Mont, laquelle a déclaré qu’à la prière des dames régentes et nouvelles catholiques establies en la ville de Vitry, elle a

accepté l’acquisition d’une maison sise audit Vitry, rue St-Antoine, vulgairement appelée « Le Vieux Prévost », (…) moyennant la somme de 1.500 livres. (…)

Fait à Châlons le 12 septembre 1710 ». (3)

Remarque.

A la génération suivante, Marie-Jeanne Horguelin, fille de Jérémie et de Marie Cadet (de la R.P.R.) est placée dans cette communauté de Vitry. Elle deviendra supérieure du couvent des Dames régentes de Châlons.

Le baptême de Jean-Baptiste de Gaulle

Les de Gaulle (ou Degaulle) sont établis à Châlons depuis le 17e siècle. Jehan de Gaulle épouse vers 1640 Marie Johannès. Leurs descendants ont fait alliance avec plusieurs familles du bourg St-Sulpice : les Buat, les Guyot, les Grongnat.

Les Horguelin de St-Sulpice sont alliés aux mêmes familles.

Lors du baptême de Jean-Baptiste de Gaulle, fils d’Antoine de Gaulle et d’Anne Regnault, le 12 janvier 1720, paroisse St-Loup à Châlons, Barbe Horguelin est marraine et « le sieur Jean-Baptiste Regnault » est parrain. (4)

Jean-Baptiste de Gaulle est le trisaïeul du général de Gaulle.

Pièces originales

Constitution de rente au sieur Antoine Degaulle, 1710

« Furent présents : Sieur Claude DeRosne, marchand apothicaire demeurant à Chaalons et delle Jeanne Horguelin se femme, de luy deüment autorisée à l’effet ci après. Lesquels ont reconnu avoir vendu, créé et constitué, assis et assigné par les présentes à Sieur Antoine Degaulle, marchand demeurant à Chaalons, ce présent et acceptant pour luy, ses hoirs et ayant cause, la somme de quinze livres de rente annuelle perpétuelle, païable à Chaalons, en la maison de l’acquéreur, le quatorze juin de chacune année (…)

Fait et passé à Chaalons en l’étude de Sordel, l’an mil sept cent dix, le treizième juin après midy

Et ont signé.

C. Derosne A. Degaulle Jeanne Horguelin Diacre Sordel.

Arch. Marne, 4E 9399, minutes Sordel, 1710.

Acte de baptême de Jean-Baptiste Degaulle, 1720

« Jean-Baptiste, fils du Sieur Antoine Degaulle et de damoiselle Anne Regnault sa femme, de cette paroisse, estant né le douzième janvier mil sept cens vingt, fut baptisé le même jour.

Son parain : le Sieur Jean-Baptiste Regnault, et sa maraine damoiselle Barbe Horguelin, qui ont signé. »

Regnault Horguelin Garnier Curé de S. Loup

Contrat de mariage de Marie Anne Horguelin, 1721

« Par devant les notaires royaux à Chaalons soubsignez, sont comparus en personnes le Sieur Claude Grongnat, fils de deffunt le Sieur Anthoine Grongnat, marchand demeurant à Chaalons, et de damoiselle Marie Legras, ses père et mère, assisté et autorisé du Sieur Jean Grongnat, demeurant à Chaalons, son frère et curateur, d’une part.

Et Damoiselle Marie Anne Horguelin, fille majeure demeurant au bourg St-Sulpice de Chaalons, fille de deffunt le sieur Jacques Horguelin, demeurant audit bourg et de damoiselle Jacquette Prignet, ses père et mère, assistée et autorisée de Me Jean Champenois, procureur au Siège de Chaalons, y demeurant, cy-devant son curateur, d’autre part.

Disant les parties que pour procéder au futur mariage (…) sy Dieu et la Sainte Eglise s’y accorde, (…) reconnaissent avoir fait leur traitté et conventions matrimonialles ainsy et de la manière qu’il en suit (…)

Fait et passé en la maison de la dite damoiselle Horguelin future, après midy, le treize septembre mil sept cent vingt et un (…)

(En présence) du costé de ladite future, des Sieurs Jean Joseph Meunier et Mémie Fagniez, beaux frères à ladite future, damoiselle Barbe Horguelin, fille, sa tante, les sieurs Michel Prignet, Pierre Joseph Prignet, Guillaume Piat, tous oncles à ladite damoiselle future, le Sieur Nicolas Béguin, cousin germain, le Sieur Jacquesson, son cousin, et de M. Debar de Saint-Martin, trésorier de France au bureau des finances de Chaalons (…) et ont signé avec lesdits notaires ».

(Arch. Marne, minutes Lafournière, 1721)

Note

Les descendants de Jehan de Gaulle (1640-1890)

(1) Jean Degaulle, marchand de grain à Châlons, épouse (ca 1640) Marie Johannès, dont Claude qui suit.

(2) Claude Degaulle (St-Loup 1643-1691), marchand à Châlons, épouse en 1662 Madeleine Fastret, dont Antoine qui suit.

(3) Antoine Degaulle (St-Loup 1669-1730), marchand, juge consul, épouse Marie Antoinette Buat. Il épouse en secondes noces Anne Regnault (1713) dont Jean-Baptiste qui suit.

(4) Jean-Baptiste de Gaulle (St-Loup 1720 – Paris 1797), procureur, épouse (ca 1770) Marie Victorine Hue, dont Jean-Baptiste Philippe, qui suit.

(5) Jean-Baptiste Philippe de Gaulle (1756-1883) épouse (1795) Joséphine Gaussen, dont Julien Philippe qui suit.

(6) Julien Philippe de Gaulle (1801-1883), écrivain, épouse (1835) Joséphine Maillot, dont Henri qui suit.

(7) Henri de Gaulle (Paris, 1848-1932), professeur, épouse (1886) Jeanne Maillot, dont Charles qui suit.

(8) Charles de Gaulle (Lille 1890 – Colombey 1970), général de brigade, épouse (Calais 1921) Yvonne Vendroux.

F. Veillerette, « Ils s’appelaient de Gaulle », Reims, 2000. Mondanel, Geneanet, 2007.

Source

(1) Jean Marc Arnault, « Châlons-sur-Marne, plans 17e-20e siècle », Châlons, 1978, Plan n° 2, Claude Chastillon, 1615.

(2) Arch. privées, P.H., note recherche, GG 102, 1722.

(3) Arch. Marne, 4 E 8957, minutes Debar, 1710.

(4) Arch. Marne, paroissiaux de Chalons Saint-Loup, 1720.

Edme et Marguerite Le Gorlier

Edme Horguelin (1658-1712), seigneur de Breuvery,

Nuisement et Germinon, fils d’Edme Horguelin et de

Louise de Chastillon, épouse (1688) Marguerite le Gorlier,

fille de François Le Gorlier et d’Elisabeth Morel.

Les seigneurs de Germinon

Germinon est situé dans la vallée de la Somme-Soude, rivière qui se jette dans la Marne en aval de Châlons. La carte de Cassini fait apparaître sur le site une église, un château et un moulin à eau.

Les seigneurs de Germinon sont connus à partir du 16e siècle. Ils appartiennent tous à d’anciennes familles châlonnaises. Le rôle des gentilshommes et habitants de la ville de Châlons « possédant fiefs au bailliage de Vitry » (1597), recense trois seigneurs à Germinon : Messire Jean Deya, Jacques Chenu, Anne Roussel, « dame de Germinon », veuve de Claude Moreau.

Le même rôle en 1622 mentionne : « noble Claude Deya, seigneur de Germinon, et noble Jacob d’Efforges, seigneur de Germinon et Pogny ».

L’Armorial de la ville de Châlons indique que les de Pinteville possèdent une partie de la seigneurie de Germinon. Enfin, les registres paroissiaux de Saint-Eloi font part du mariage (1675) de Messire Jean de Constant et de damoiselle Marie Lallemant, « fille de noble Daniel Lallemant, seigneur de Germinon, et de damoiselle Marguerite Deya ».

Les Horguelin sont seigneurs de Germinon à partir d’une date inconnue. On trouve dans les papiers d’Edme Horguelin trois pièces originales faisant référence à cette seigneurie :

-Le 22 mars 1706, Edme Horguelin, écuyer et seigneur de Germinon, donne à bail le moulin à eau du dit lieu. (1)

-Le 13 décembre 1708, Edme Horguelin, écuyer et seigneur de Nuisement, Germinon et autres lieux, achète à Benoit Lorinet, marchand à Châlons, « une maison et granges sises à Germinon, consistant ladite maison en chambre, estable et grenier au-dessus, couverte de paille, où N. Gentil fait actuellement sa demeure, (…) moyennant la somme de deux cents livres en marché principal et trente livres pour les épingles à la demoiselle femme dudit sieur vendeur ». (2)

-Le 26 mai 1713, Messire Denis de Rochereau, seigneur d’Hauteville, exécuteur testamentaire d’Edme Horguelin, vend une part de la seigneurie de Germinon à Charles Desforges, chevalier, moyennant la somme de 4.200 livres. (3)

Le mariage d’Edme, 1688

Une transcription partielle de 1775, conservée à la Bibliothèque nationale, donne l’extrait suivant du contrat de mariage Horguelin – Le Gorlier :

« Mariage accordé le 18 novembre 1688 entre M. Edme Horguelin, écuyer, seigneur de Nuisement, Breuvery-sur-Coole et de Germinon, fils de feu M. Edme Horguelin, vivant écuyer,

Seigneur de Nuisement, Breuvery et Germinon, Conseiller et Secrétaire du Roy, Maison et Couronne de France et de ses finances, et de Dame Louise de Chastillon son épouse, d’une part.

Et Delle Marguerite le Gorlier, fille de M. François le Gorlier, écuyer, seigneur de Drouilly, Vinets, Maison, Oger et autres lieux, Conseiller du Roy, Président Trésorier général de France en la Généralité de Champagne, et de Delle Elisabeth Morel, son épouse, ses père et mère.

Auquel ont assisté Mre Thomas Hue, chevalier, Sgr Marquis de Miromesnil, Conseiller du Roy en ses Conseils, Maître des Requêtes ordinaire de son hôtel, Président en son grand Conseil, Intendant de justice, police et finances et armée de Sa Majesté en la province de Champagne à Chaalons, Nicolas de Chastillon, écuyer, seigneur d’Oger, conseiller du Roy, Trésorier général de France en Champagne, noble et prudent homme Etienne Horguelin, licencié es lois, avocat en Parlement, bailly de St-Menge les Chaalons, Edouard de Lospital, écuyer, seigneur de Vraux et la Chapelle, Etienne de Corvisier, Sieur de la Chapelle, Conseiller du Roy et son avocat au bureau des finances en Champagne, Nicolas Braux, écuyer, seigneur de Fagnières, Louis Braux, écuyer, seigneur de Clamanges, Mre Antoine Laigneau, prêtre, Docteur en Théologie, Doyen et chanoine en l’Eglise Cathédrale de Chaalons, Me Pierre Laigneau, Docteur en Théologie, Grand Archidiacre et chanoine de la dite Eglise Cathédrale de Chaalons, Mre Jacques-François de Bar, chevalier, seigneur de St-Martin-aux-Champs, Conseiller du Roy en ses Conseils, Premier Président au bailliage et Siège Présidial de Chaalons, Mre Jacques le Gorlier de Drouilly, frère, chevalier, seigneur dudit lieu, Conseiller du Roy en Ses Conseills, Auditeur en Sa Chambre des comptes à Paris, Jacques du Bois, écuyer, seigneur de Farémont, Conseiller du Roy, Trésorier général de France en la Généralité de Champagne, Nicolas de Braux, écuyer, Seigneur du Sorton, aussi Conseiller du Roy, Trésorier général de France en la dite Généralité, . . . . . le Gorlier, écuyer, Seigneur de Verneuil, Conseiller du Roy, Trésorier général de France en

Champagne, Jacques le Gorlier, écuyer, seigneur de la Grandcourt, aussi Conseiller du Roy, Trésorier général de France au même bureau, Jean de Pinteville, écuyer, seigneur de la Motte, Moncets et autres lieux, Conseiller du Roy, Trésorier général de France en la province de Champagne, Vénérables et discrètes personnes Mres Nicolas et François Deu, prêtres, chanoines en l’Eglise Cathédrale de Chaalons, Noble homme Pierre Deu, Sieur du Vieil Dampierre, Conseiller du Roy au bailliage et Siège Présidial de Chaalons, Nicolas le Tartier, écuyer, seigneur de Grignon, Conseiller du Roy, Trésorier général de France en Champagne, Michel Jourdain, écuyer, seigneur de Champré, aussi Conseiller du Roy, Trésorier de France en Champagne, tous parens et amis des parties.

Ce contrat reçu par Regnault, notaire à Chaalons et en la possession de Me Ecoutin, notaire en ladite ville. 1775 ». (4)

L’héritage d’Edme, 1712

Edme est décédé en 1712, à l’âge de 54 ans et sans enfants. Ses héritiers et légataires sont :

-Denis de Rochereau d’Hauteville, son cousin germain, fils de Louis de Rochereau et d’Agnès Horguelin ;

-Blanche de l’Hospital, veuve de Michel Braux (lequel est le fils de Nicolas Braux et d’Elisabeth le Gorlier) ;

-Marie le Gorlier (sœur de Marguerite), veuve de Jacques du Bois, seigneur de Farémont ;

-N. de Parvillez, procureur au bureau des pauvres de Châlons ;

-Nicolas Boyot d’Ador, avocat, procureur de Madame Robert, créancière de Marie le Gorlier de Farémont.

Denis de Rochereau, exécuteur testamentaire, procède en 1713 à la vente des biens immobiliers des Horguelin-le Gorlier :

-Le 27 avril 1713, il vend à Claude Godet, bourgeois de Châlons, une maison située dans la paroisse St-Nicolas, « devant le couvent des Dames de la Doctrine », moyennant la somme de trois cent cinquante livres. (5)

-le même jour, par contrat passé devant Debar, notaire à Châlons, il vend à François de Pinteville, seigneur de la Motte, la terre et seigneurie de Nuisement, moyennant la somme de vingt neuf mille livres. (6)

-Le 23 mai 1713, par contrat passé devant Pérignon, notaire à Châlons, Antoine Morel, Conseiller du Roy en sa Cour de Parlement de Metz, au nom de M. d’Hauteville, vend à Edme Baugier « un quart en la seigneurie de Breuvery, un

huitième dans un autre quart, une maison sise à Breuvery et un jardin situé au Jard », moyennant la somme de huit mille cinq cent livres. (7)

-Le 26 mai 1713, par contrat passé devant Faron, notaire à Châlons, Denis de Rochereau vend à Charles Desforges, chevalier, une part dans la seigneurie de Germinon, moyennant la somme de quatre mille deux cent livres. (8)

Pièces originales

Factum Horguelin-Collesson, 1691

« Factum pour Edme Horguelin, Escuyer, Seigneur de Nuisement,

Appellant d’une Sentence du Bailly de Chaalons du huit juin 1691,

Contre Maistre Nicolas Collesson, prestre chanoine de Chaalons et Chapelain de la Chapelle de Saint-Nicolas, Intimé.

Le sieur de Nuisement se plaint de la dite sentence en ce que les officiers de Chaalons n’ont pas déclaré dès à présent, bonnes et valables les offres qu’il a faites de fournir des héritages dépendans de sa Seigneurie, au choix du dit Chapelain, pour tenir lieu d’employ d’une somme de mil livres, ordonnée estre employée au profit de la dite Chapelle, en fonds utiles et profitables.

Monsieur l’Evesque de Chaalons, Collateur ordinaire de cette Chapelle, a consenti aux offres du sieur de Nuisement, le Substitut de Monsieur le Procureur général en ce Siège y a aussi donné les mains. Les Officiers de Chaalons n’ont pas non plus rejeté ces offres comme estans en effet très pertinentes et avantageuses à la Chapelle, puisque le sieur de Nuisement laisse le choix au Chapelain de plus de quarante arpens d’héritages dépendans de la Seigneurie, entre lesquels il y en a plusieurs qui sont de valleur de deux à trois cens livres l’arpent, ce qui fait voir que le terroir de Nuisement n’est pas ingrat et stéril comme le Chapelain l’avance témérairement.

(…) A quoy la réponse est que par les anciens aveux de la terre produits au procès, il se voit que ces héritages n’y sont point compris, et par conséquent ne font pas partie du fief.

Il est aussi justifié que ces héritages ont toujours esté partagez dans la famille comme héritages roturiers séparés du Fief, et non réunis à la Seigneurie, et le sieur de Nuisement consent de demeurer garant que ces héritages sont de cette qualité.

(…) Monsieur I. Vayer, rapporteur ».

(Bibl. nationale, Recueil Thoisy, n° 289, f° 389)

Armorial de Champagne, 1700

Les blasons d’Edme Horguelin et de Marguerite le Gorlier sont décrits comme suit dans l’Armorial de d’Hozier :

-« Edme Horguelin, gentilhomme ordinaire de la maison de Monsieur, frère unique du Roy, seigneur de Nuisement : d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux panaches adossés de sinople, et en pointe d’une teste de more de sable tortillée d’argent ». (1700)

-« Marguerite le Gorlier de Drouilly, femme d’Edme Horguelin, escuier, seigneur de Nuisement, gentilhomme ordinaire de S. A. R. Monsieur : d’azur à deux étoiles d’or en chef, et un bezant de même en pointe ». (1701)

Bibl. nationale, Armorial général, Généralité de Châlons, 1700, f° 355 et 1701, f° 855.

Notes

Les le Gorlier (1595-1702)

Ancienne famille de Châlons qui figure sur le rôle de la taille en 1516.

(I) Geoffroy le Gorlier, sgr de Verneuil, la Grancourt, Drouilly, épouse (ca 1595) Jeanne de Joybert, dont François qui suit.

(II) François le Gorlier, sgr de Drouilly, Trésorier de France au bureau des finances de Châlons, épouse Elisabeth Morel. Sept enfants, dont Marguerite, Anne et Jacques qui suivent.

(III.1) Marguerite le Gorlier (1646-1712) épouse Edme Horguelin, sgr de Nuisement (1688).

(III.2) Anne le Gorlier épouse (1669) Jacques du Boys, sgr de Farémont, Cer du Roy au Parlement de Metz.

(III.3) Jacques le Gorlier ; sgr de Drouilly, Auditeur à la cour des comptes à Paris, épouse Françoise Mauclerc, dont Marie Nicole qui suit.

(IV) Marie Nicole le Gorlier (1677-1711) épouse (1702) Mathieu Molé de Champlatreux, Président à mortier au Parlement de Paris, dont Mathieu François qui suit.

(V) Mathieu François Molé, sgr de Champlatreux, Président à mortier au Parlement de Paris, épouse (1733) Bonne Félicité Bernard de Coubert, fille de Samuel Bernard II et de Pauline Félicité de Saint-Chamans.

(Source Riocour)

Les Pinteville de Montcetz

Famille ancienne de Châlons. Claude de Pinteville paye l’impôt de la taille à Châlons en 1516.

(I) Claude de Pinteville, sgr de Montcetz, Villers-aux-Corneilles, Istres et Bury, lieutenant des ordonnances de M. de Duras, fils de Claude de Pinteville et de Claude de Cheppes, épouse (ca 1530) Jeanne Gruyer, dont Jean qui suit.

(II) Jean de Pinteville (1533-1605), sgr de Montcetz, Villers-aux-Corneilles, Istres et Bury, notaire et procureur du Roi, épouse (1559) Marie Roussel, dont Jean qui suit.

(III) Jean de Pinteville, sgr de Montcetz, Villers-aux-Corneilles, Istres et Bury, épouse Marie d’Origny, dont Jean qui suit.

(IV) Jean de Pinteville, sgr de la Motte, Montcetz et Dommartin, épouse Andriette Lallemant, dont Jean qui suit.

(V) Jean de Pinteville, sgr de Montcetz et de la Motte, Trésorier de France à Châlons, épouse (1641) Jeanne Loisson, dont François qui suit.

(VI) François de Pinteville (ca 1650-1730), sgr de la Motte, Montcetz, Nuisement, Ecury, Cer du Roi, Trésorier général des finances en Champagne, épouse : 1) Jeanne Deu (1690) ; 2) Marguerite de Pinteville (St-Quentin-sur-Coole, 1710) ; 3) Marie Joseph de Pinteville.

(Source : Roglo, 2008)

Nota :

François de Pinteville vend la terre et seigneurie de Nuisement à Charles Philibert Chaalons, sgr de Vaugency, en 1724.

Marguerite Chaalons, dame de Nuisement (fille de Charles Philibert Chaalons) épouse Antoine Jérome Louis de Pinteville de Cernon, lequel vend en 1743 la terre de Nuisement à Pierre Benoit Leclerc. Celui-ci vend à sont tour Nuisement en 1764, aux Loisson de Guinaumont.

Les Baugier (1602-1736)

Famille connue à Châlons à la fin du 16e siècle. Deux Edme Baugier, de la même génération, se sont distingués : l’un comme fermier général, et l’autre comme homme de lettre.

Première branche.

(I) Pierre Baugier, sgr de Lozeray à Vésigneul-sur-Marne, conseiller du Roi, bailli de Toussaints, épouse (1602) Jacquette Aubelin, dame de Nuisement, dont Pierre qui suit, et Nicolas, tige.

(II) Pierre Baugier épouse (1633) Madeleine le Clozier, dont Edme qui suit.

(III) Edme Baugier, fermier général à Paris, épouse Hélène de Laistré.

Tige

(II) Nicolas Baugier, fils de Pierre Baugier et de Jacquette Aubelin, sgr de Lozeray, Faux-sur-Coole, Vienne-la-Ville, épouse : 1) Marguerite Jourdain (Trinité, 1641), fille de Jean Jourdain et de Françoise Huet ; 2) Anne Milson (1653), dont Pierre qui suit.

(III) Pierre Baugier (1655-1719), sgr de Bignipont, Greffier en chef au bureau des finances de Châlons, épouse (Notre-Dame, 1694) Marie Anne Givry, dont :

-Marie Anne Louise, femme (1716) de Pierre François Gargam, seigneur de Montcetz.

-Marie Joseph, femme (Notre-Dame, 1725) de Claude de Cabaret de Villeneuve.

-Marguerite, femme (Notre-Dame, 1736) de Charles François de Parvillez.

-Pierre Louis. Il épouse (Notre-Dame 1735) Marie Anne Jacquette Papillon, fille de Pierre Papillon, seigneur de la Ferté, et de Jeanne du Verdier.

(Sources : Riocour, Roglo, Marne-archive).

2e branche

(I) Jean Baugier épouse Jacquette de Saint-Rémy, dont Edme qui suit.

(II) Edme Baugier (1644-1728), écuyer, seigneur de Breuvery, Conseiller secrétaire du roi, membre du Présidial, Lieutenant de ville, Premier échevin, Juge criminel et de police, … Homme de lettre, il est l’auteur des « Mémoires historiques de la province de Champagne », Chaalons, Claude Bouchard, 1721.

(Source: A. Lhoste)

Les Desforges (des Forges) (1570-1713)

Famille ancienne de Châlons. Un Desforges est seigneur de la Motte de Courtizols en 1503.

Première branche

(I) Jean Desforges, sgr de Pringy, épouse (ca 1570) Jeanne Beschefer, dont Anne qui suit.

(II) Anne Desforges épouse (1596) Paul Perrot, seigneur de la Salle, dont Nicolas qui suit.

(III) Nicolas Perrot d’Ablancourt, homme de lettre.

Deuxième branche

(I) Robert Desforges, sgr de Germinon, épouse (ca 1575) Marie Lestache, dont Jacob qui suit.

(II) Jacob Desforges, sgr de Germinon, épouse (ca 1605) Marie Chauveau, dont Jacob qui suit.

(III) Jacob II des Forges, escuyer, sgr de la Motte, épouse (ca 1630) Charlotte Baudouin, dont Jean Charles qui suit.

(IV) Jean Charles des Forges épouse (ca 1655) Elisabeth Bothereau d’Aulnières. Il achète en 1713 la part des Horguelin dans la seigneurie de Germinon

Sources

(1) Arch. Marne, E 914.

(2) Arch. Marne, 4 E 9399, minutes Sordel, 1708.

(3) Arch. Marne, série Q, contrôle des actes, 1713, f° 15, minutes Faron.

(4) Bibl. nationale, P.O. 1533, f° 31.

(5) Arch. Marne, E 838, pièce n° 2.

(6) Arch. Marne, 4 E 8959, minutes Debar, 1713.

(7) Arch. Marne, 4 E 9112, minutes Pérignon, 1713.

(8) Arch. Marne, série Q, contrôle des actes, 1713, f° 15.

Louis Horguelin, chanoine

Louis Horguelin, seigneur de Breuvery, né à Châlons,

baptisé paroisse Notre-Dame le 7 août 1657, fils de

Edme Horguelin et de Louise de Chastillon, chanoine

de l’église cathédrale de Châlons.

Le Chapitre Saint-Etienne de Châlons

« Le Concile d’Aix-la-Chapelle (816) décida d’octroyer aux chanoines un statut et les revenus leur permettant d’assurer l’office divin. Beaucoup de cathédrales furent dès lors flanquées d’un cloître et desservies par des chanoines réguliers ». (1)

A Châlons, c’est en 859 que Charles-le-Chauve donna au Chapitre deux places auprès de la cathédrale pour bâtir leur cloître. (2)

Chaque chanoine avait sa maison à l’intérieur du cloître et vivait des revenus des prébendes que la Comunauté lui avait données en partage. Au XIIème siècle, le Chapitre St-Etienne se composait de huit dignitaires (doyen, quatre archidiacres, trésorier, chantre, sous-chantre) et de quatre chanoines. En 1669, on était passé à 39 chanoines. Le Chapitre était un des quatre seigneurs temporels de Châlons et seigneur de 21 villages (en particulier le village de Pogny où il disposait d’une mairie et d’une prison).

Louis Horguelin entre dans la communauté des chanoines en 1687. Il succède à Pierre Debar, fils de Jacques Debar, receveur général des décimes, et de Perette Mathé, doyen du Chapitre, mort le 1er septembre 1687, à l’âge de 69 ans. (3) Louis, outre ses prébendes canoniales, disposait de revenus personnels en tant que seigneur en partie de Breuvery. Le compte-rendu d’une visite épiscopale à Breuvery en 1698, se fait l’écho des soucis de gestion du chanoine : « les paroissiens sont assez bon peuple, mais il est question d’un procès entre M. Horguelin de Breuvery, chanoine, et la famille Soulaigue. Il sera bientôt terminé ». (4)

D’une autre source, on apprend que Louis était receveur de sa communauté : « Le 14 avril 1710, Pierre Bodez et Antoinette Debeury sa femme, aide marinier à Pogny, déposent entre les mains de Messire Louis Horguelin, prêtre, chanoine de l’église cathédrale de Chaalons, receveurs desdits Sieurs chanoines, un anneau d’or et une petite cassette d’argent ». (5)

En 1710, Louis fait son testament. Il demande à être inhumé dans la cathédrale : « Son décès survenu, prie monseigneur le Doïen et chanoine de ladite

cathédrale, de vouloir inhumer ses restes en ladite église, en la chapelle de Saint-Pierre, au lieu et place où sont inhumés messieurs les pauvres et notamment monsieur le Doïen Debar, son bienfaiteur ». (6)

La pierre tombale commune des deux chanoines est toujours dans la cathédrale, mais elle a été placée derrière le maître autel, à l’entrée de la crypte. On peut lire sur la dalle de marbre noir :

« Cy gist vénérable et discrète personne

Me Pierre Debar, prestre, doyen et

chanoine de cette église » (décédé le

1er septembre 1687 à l’âge de 69 ans)

« Ci git aussy M. Louis Horguelin

seigneur de Breuvery, prestre et

chanoine de cette église qui

décéda le 2 de may 1710, âgé

de 52 ans. Priez Dieu pour luy ». (7)

Le testament de Louis, 1710

Le testament de Louis Horguelin est un manuscrit de 12 pages, extrait des minutes des notaires Hécard et Sordel à Châlons. Il comporte 19 legs en argent, pour une valeur de 4.000 livres environ, et 5 legs en nature.

400 livres sont destinées à ses frère et sœurs :

-Marie Louise Horguelin de Breuvery, religieuse de la Congrégation Notre-Dame ;

-Louise Horguelin de Breuvery, sous-prieur de Saint-Joseph ;

-Scholastique Horguelin de Breuvery, procureur de Saint-Joseph ;

-Dom Placide Horguelin de Breuvery, religieux bénédictin demeurant à St-Symphorien de Metz.

2.350 livres vont à des fondations religieuses : Hostel-Dieu St-Etienne, Hôpital St-Maur, Fabrique de la cathédrale, Sœurs de la Charité, Pères Récollets, Fabrique Notre-Dame de Breuvery-sur-Coole, Fabrique St-Etienne de Nuisement-sur-Coole, Fabriques des paroisses de Châlons, Œuvre pour la rédemption des Captifs.

1.450 livres pour des particuliers :

-à Catherine le Lorain, laquelle était cy-devant femme de chambre de Madame de Breuvery, mère dudit sieur testataire ;

-aux enfants de défunt Jean-Martin Trinoux ;

-au sieur Hugues, marchand drapier à Châlons ;

-à Antoinette Lepage, sa servante ;

-au valet actuellement à son service ;

-à Claude Venda dit Bouquet, laboureur demeurant à Breuvery : la somme qu’il lui doit et arrérages ;

-à Marie et Marguerite Gobillard, soeurs demeurant à Châlons ;

-à Claude Martin, mineur, entre les mains de Pierre Horguelin et P. Courtois. (8)

Pièces originales

Testament de Louis Horguelin, 1710 (extrait)

« Aujourd’huy, par devant les notaires royaux et apostoliques du diocèse et de la résidence de Chaalons soussignés, fut présent Mre Louis Horguelin de Breuvery, prêtre chanoine de la Cathédrale de ladite ville de Chaalons, transporté malade de corps mais sain d’esprit, mémoire et entendement, ainsy qu’il est apparu aux dits notaires, par ses paroles, gestes et maintien, en une chambre au 1er étage, tirant son jour du grand jardin.

Lequel, sachant qu’il n’y a rien de certain que la mort, et rien de certain que l’heure et le moment d’icelle, ne voulant décéder intestat, a lui-même fait, dicté, nommé mot après autre, à présent, son testament, et iceluy fait rédiger par écrit par Sordel, l’un desdits notaires, l’autre présent, mot après autre, sans la suggestion, induction ni persuasion d’aucune personne, en la forme et manière qui suit. (…)

Fait et passé par ledit Sieur Testateur, sans suggestion d’aucune sorte, comme dit en cy-devant, en la chambre susditte de la maison dudit Sieur testateur où les dits notaires se sont transportés au mandement dudit Sieur Testateur, l’an mil sept cent dix, le vingt huitième jour de may, heure de dix du matin, et a signé ».

Horguelin de Breuvery, Hécard, Sordel.

Arch. Marne, 4 E 1022, minutes Hécard, 1710.

Lettre d’Antoine Morel, conseiller au Parlement de Metz, 1719

A Châlons, le 28 janvier 1719.

Je suis chargé par Monsieur d’Hauteville, conseiller honoraire au grand Conseil de Monsieur, lequel est héritier bénéficiaire de feu M. Horguelin, seigneur de Nuisement, qui était aussi héritier de feu Mr Horguelin, chanoine de la Cathédrale de Châlons, son frère, de faire entrer ce qui est dû à la succession dudit défunt.

Et je trouve parmi les papiers, une expédition signée du greffier d’Avize dont je vous envoye copie.

D’autre part, je me suis enquis plusieurs fois si on ne pouvait être payé. On me dit : il y a longtemps que le débiteur était absent, mais depuis quelques jours, étant à Avize, j’appris qu’il était de retour et que sans lui parler, je n’avais qu’à m’adresser à vous, et que vous feriez payer ce qui serait dû.

Il parait au bas de la pièce, un reçu écrit de la main de feu Mr Horguelin, chanoine, d’une caque de vin à bouillir, fournie le 10 octobre 1705, dont le prix doit être déduit sur la dette, ce qui la réduira à bien peu de chose.

Faite moi l’amitié, je vous prie Monsieur, de me mander ce que vous croyez que valait une caque de vin à la St-Martin 1705 à bouillir, et ce que vous croirez pouvoir faire pour le payement du surplus.

Je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Morel, Conseiller au Parlement de Metz, rue de l’Etape, près des Recollets.

Bibl. nationale, D.B. 360, f° 34.

Sources

(1) Encyclopédie Universalis, édition 1968, volume 4, p. 153.

(2) L. Barbat, « Hist. de la ville de Châlons-sur-Marne (…) », Paris, 1855.

(3) Barthélemy, « Recueil des pierres tombales… », 1888, p. 261.

(4) Arch. Marne, G 108.

(5) Arch. Marne, 4 E 1022, minutes Hécard, 1710.

(6) Arch. Marne, 4 E 1022, minutes Hécard, 1710

(7) Arch. privées, note M.H., relevé topographique, 1996.

(8) Arch. Marne, 4 E 1022, minutes Hécard, 1710

Au dix-septième siècle (III)

Pierre Horguelin, avocat

Marguerite & Daniel Pajon

Anne & Guillaume Garnier

Jacques & Madeleine Bernard

Jérémie & Marie Cadet

Pierre & Madeleine Chef d’Hostel

Jeanne & Memmie Fagnier

Françoise & Jean-Joseph Meunier

Marie-Anne & Claude Grongnat

Jeanne & Henri-Edouard de Vandeuil

Pierre & Marie Lallemant

Marie & Isaac-Augustin Durant

Jean Horguelin, chanoine Jean & Madeleine Caure

Pierre Horguelin, avocat

Pierre Horguelin (1635-1710), seigneur de Montcetz

avocat du roi à Châlons, fils de Pierre Horguelin et

de Jacquette de Pinteville.

Avocat au siège présidial de Châlons, 1660

« Les présidiaux sont des tribunaux de la monarchie française créés par le roi Henri II en 1552. Ils constituent un degré de juridiction intermédiaire entre les bailliages et les parlements. L’office de juge est tenu par le lieutenant général. » (1)

A Châlons, entre autres membres du présidial, on compte « un avocat du roi premier, un procureur du roi premier, un deuxième avocat du roi et trois substituts du procureur du roi. » (2)

Pierre Horguelin est orphelin de père à l’âge de 19 ans (1654). Ses études de droit sont financées par sa mère Jacquette de Pinteville. Son oncle paternel, Araham Horguelin, lui prête 230 livres « pour les frais de la réception en sa charge d’avocat du Roy ». (3)

Plusieurs quittances de partie prenante laissent supposer que Pierre a exercé sa charge d’avocat pendant 35 ans, de 1660 environ à 1695 environ. En 1677, il est dit « Conseiller du Roi et son premier avocat au bailliage et siège présidial de Châlons ». (4)

En 1700, il est dit « Conseiller du Roy et son ancien avocat au bailliage et présidial de Chaalons en Champagne ». (5)

« L’office rapporte peu. Les gages sont infimes et le roi peut oublier de les payer. » (6)

Les gages attribués à Pierre Horguelin restent les mêmes de 1677 à 1700 : « 75 livres pour deux quartiers de mes gages attribués à ma dite charge par Edit de Sa Majesté ». Autrement dit, 150 livres pour une année.

Les revenus de l’office sont ainsi secondaires par rapport à ceux de la terre et des rentes. Nous n’avons pas d’éléments pour chiffrer ces derniers, mise à part une pension de 400 livres versée annuellement par l’Agence du Clergé.

La famille de Pierre Horguelin

Pierre est né à Châlons le 16 avril 1635, fils de Pierre Horguelin et de Jacquette de Pinteville. Il est présenté au baptême au temple protestant de Châlons-Comptertrix par son oncle Abraham Horguelin, le 8 avril 1635. (7)

Il a deux sœurs : Marguerite, née à Châlons le 11 août 1637, et Anne, née à Châlons le 4 octobre 1650.

Son père, Pierre Horguelin l’aîné, est décédé à Châlons en 1654, à l’âge de 48 ans.

Sa mère, Jacquette de Pinteville, est décédée à Châlons en 1663.

La sentence arbitrale du 31 décembre 1667

A la mort de Jacquette de Pinteville en 1663, ses trois enfants sont célibataires et vivent dans la maison familiale. Pierre a 28 ans, sa sœur Marguerite 26 ans et Anne a 13 ans. Le patrimoine familial est toujours dans l’indivision.

En 1665, Marguerite se marie. Elle épouse Daniel Pajon, docteur en médecine, fils de Daniel Pajon l’aîné, greffier en chef en l’Election de Blois, et de Marguerite Belon.

Alors intervient le partage de l’héritage et le temps des contestations.

Dès le 6 juillet 1666, on assiste à un premier arbitrage. Les deux principaux protagonistes sont Pierre Horguelin et son beau-frère Daniel Pajon.

Ce premier arbitrage est suivi d’un compromis le 28 mai 1667, puis d’une sentence arbitrale du 25 janvier 1668.

Les Pajon font valoir, entre autres, que Pierre a été financièrement aidé par son oncle et parrain Abraham Horguelin, pour s’établir comme avocat ; et aussi que Pierre et sa sœur continuant à vivre dans la maison familiale, ont gardé des biens meubles qui devraient être partagés.

Les arbitres, parmi lesquels figure Estienne Horguelin, avocat en parlement (de la famille des Horguelin des Ormes), « ordonnent » aux parties un certain nombre de dispositions financières.

On lit, par exemple, que « lesdits Pajon et sa femme sont déclarés non recevables en leur demande à fin de rapport des frais d’études du Sieur Horguelin ; néanmoins, ayant égard que la dépense faite par la dite demoiselle Pajon (Marguerite) depuis le décès de son père, a été moindre que celle dudit Sieur Horguelin, il est adjugé aux dits Pajon et sa femme la somme de 300 livres d’une part, et celle de 20 livres d’autre part, faisant la tiers de 60 livres, prix des livres qui lui avaient été achetés par ladite défunte demoiselle de Pinteville sa mère, depuis ses licences (…) »

Les arbitres ordonnent d’autre part, que « ledit Sieur Pajon donnera reconnaissance, par devant notaire, de ce qu’il a touché de la demoiselle sa femme (…) en exécution de son contrat de mariage ». Ils ordonnent enfin que « certains meubles, même la presse restée à la maison en laquelle ladite défunte demoiselle de Pinteville est décédée, seront vendus pour être, les deniers procédant d’iceux, partagés et en appartenir un tiers aux dits Sieur Pajon et sa femme, et les deux autres tiers au dit Sieur Horguelin, tant en son nom que comme tuteur de demoiselle Anne Horguelin sa mineure ». (8)

Réformés « nouveaux convertis », Châlons, 1660

A mesure qu’on se rapproche de la révocation de l’Edit de Nantes (1685), les Réformés sont « harassés dans leurs activités professionnelles et leur vie familiale ».

Les Horguelin protestants de Châlons doivent choisir entre se convertir à la religion romaine ou partir en exil, pour le « Refuge » à l’étranger. La plupart décident de quitter le Royaume.

Abraham, l’oncle de Pierre, se réfugie en Hollande et meurt à Bréda. Deux fils d’Abraham prennent le chemin de l’Allemagne : Pierre à Breslau et Jacques à Leipzig.

Deux cousins germains restent en France : Jérémie, fils d’Abraham, « retiré » à Paris, et Pierre, notre avocat, resté à Châlons. Ils abjurent la religion réformée.

Parmi les abjurations de l’évêché de Châlons, on trouve à la date du 19 novembre 1660 : « Pierre Horguelin de Châlons, 25 ans ». (9)

On lit dans un ouvrage d’Henri Dubief (10), la note suivante :

« A côté des brimades et des empêchements multiples mis sur le chemin des protestants, la Cour, qui se flattait d’agir avec douceur, s’efforçait de rendre le catholicisme attrayant, en assortissant les abjurations de mille avantages : argent sonnant et trébuchant, exemption d’impôts pour trois ans, etc… »

C’est ainsi que Pierre Horguelin bénéficie d’une pension annuelle de 400 livres, versée par l’Agence du Clergé à Paris. Chaque année, le comte évêque de Châlons délivre un certificat mentionnant que Pierre Horguelin « est toujours digne de la pension (Félix Vialart de Herse, 1670), ou bien qu’il « fréquente les sacrements » (Louis Antoine de Noailles, 1682), ou encore qu’il « assiste au service divin » (1685).

Un épais dossier de l’Agence du Clergé (11) conserve également les quittances signées par Pierre Horguelin. Par exemple, à la date du 29 décembre 1707, « 200 livres pour la première demi-année de sa pension eschue le 1er juin 1707 ».

Décès et testament de Pierre Horguelin

Pierre Horguelin est décédé le 14 juin 1710, « rue Gallande, près de la place Maubert à Paris ». Il est inhumé paroisse St-Séverin le 16 juin, en présence de son neveu Philippe Garnier.

Dans son testament, rédigé le 13 juin 1710 « en la maison où est pour enseigne les Quatre fils Aimond, rue Gallande », il désigne comme légataire universel son neveu Philippe, fils unique de sa sœur Anne Horguelin et de Guillaume Garnier, admodiateur de la terre de Mancy en Champagne. (12)

Philippe Garnier est licencié es lois, et demeurt à Paris, « en la maison de l’Oratoire dite de St-Magloire, Grand rue du faux bourg St-Jacques ». Comme son oncle, il a abjuré la religion réformée « entre les mains du curé de Sarry », le 15 octobre 1684. (13)

Pièces originales

Acte de baptême de Pierre Horguelin

« Pierre, fils de Pierre Horguelin le jeune, marchand, et de Jacquette de Pinteville, demeurant à Châlons, y est né le 7 avril 1635. Il a été présenté au saint baptême à Compertrix, le 8ème jour dudit mois, par Abraham Horguelin, fils de Pierre Horguelin l’aîné, marchand, et par Demoiselle Jeanne Clément, fille de feu Abdias Clément ».

Arch. Marne, paroissiaux protestants de Châlons, f°67.

Sentence arbitrale du dernier décembre 1667

« Veu par Nous, Estienne Horguelin, Gilles Adam, Artus Tallon, Louis Billecart et Jean le Sobre, advocat en Parlement demeurant à Chaalons, arbitres convenus par Noble et prudent homme Me Pierre Horguelin, conseiller et ancien advocat du Roy au Bailliage et Siège Présidial de Chaalons, héritier pour un tiers es succession de deffunct Noble homme Pierre Horguelin et de Damoiselle Jaquette de Pinteville, ses père et mère, et de deffunct Pierre Horguelin son ayeul, vivant bourgeois dudit lieu, d’une part.

Et Noble homme Me Daniel Pajon, docteur en médecine, demeurant à Chaalons, Damoiselle Marguerite Horguelin son épouse, aussy héritière pour un tiers des dicts deffuncts, d’autre part.

Scavoir, le compromis faict en nos personnes par les dictes parties, soubs la signature de Roussel, notaire, en datte du vingt huictiesme May mil six cens soixante sept, les actes d’acceptation et prorogation du dict compromis, en datte du vingt quatre novembre et douze décembre dernier passé (…) avons le dict Sieur Horguelin condamné payer aux dicts Sieur Pajon et sa femme :

-la somme de quinze sols faisant le tiers de quarante cinq sols payés par lesdicts Sieur Pajon et sa femme à celuy qui aurait tiré les lots de partage des parties (…)

-la somme de quatre vingt trois livres par luy receu de Nicolas Anthoine, marchant demeurant à Chaalons (…)

-la somme de cent huict livres qu’il a recognu avoir touchée de Jean Linage, escuyer, seigneur de Morains (…)

-la somme de soixante seize livres treize sols quatre deniers faisant le tiers de celle de deux cens trente livres que le dit Sieur Horguelin a convenu avoir esté presté par le Sieur Abraham Horguelin, oncle commun des parties, pour les frais de la réception du dict Sieur Horguelin en sa charge d’advocat du Roy, laquelle somme a esté rendue par la dicte deffuncte Damoiselle de Pinteville au dict Horguelin (…)

Et, en exécutant la sentence rendue entre les parties au Bailliage du dict Chaalons, Pairie de France, le sixiesme juillet de l’année mil six cens soixante et six, avons ordonné que le dict Sieur Horguelin remettra es mains des dicts Sieur Pajon et sa femme, les titres et papiers concernant les choses comprises en leurs lots de partage, qui peuvent estre restés entre ses mains (…)

-Ordonné que les fusils, dix livres de laine, (…) qui sont es mains du dict Sieur Horguelin (…) seront vendus pour estre les deniers procédants (…) partagés et en appartenir un tiers aux dicts Sieur Pajon et sa femme, et les deux tiers restants au dict Sieur Horguelin, tant en son nom que comme tuteur de Damoiselle Anne Horguelin sa mineure (…)

-Ordonné que le dict Sieur Pajon donnera recognoissance par devant notaires, de ce qu’il a touché de la Demoiselle sa femme (…) en exécution de son contract de mariage (…)

Et renvoyé les dictes parties respectivement du surplus de leurs demandes, à l’exception toutefois de celle contenant l’erreur prétendu de calcul de la vente généralle faicte après le décès de la dicte deffuncte, de la ferendine double vendue à Jacques Roussel, marchand demeurant à Chaalons…

Ainsy l’avons dit et disons (…) et commis, Me Jaques Roussel, notaire royal, pour greffier du présent arbitrage.

Fait à Chaalons, ce dernier décembre mil six cens soixante sept (…) (signé) Roussel.

(Bibl. nationale, Carrés de d’Hozier, n°342, f°254)

Quittance de partie prenante de Pierre Horguelin, 1677

« Je, Pierre Horguelin, Conseiller du Roi et son premier Advocat au Bailliage et Présidial de Chaalons, Confesse avoir Reçu de Maistre François Rosnay, Conseiller et Receveur du Taillon en l’Eslection de Chaalons, la somme de soixante et quinze livres pour deux quartiers de mes gages attribué à ma dite charge par Edit de Sa Majesté et dubs pour l’année mil six cens soixante seize,

de laquelle somme de soixante et quinze livres je tiens quitte ledit sieur Rosnay et toute autre.

Fait à Chaalons ce douziesme janvier mil six cens soixante et dix sept. (signé) Horguelin.

Bibl. nationale, P.O. 1533, f°8.

Blason de Pierre H., 1697

« Pierre Horguelin, Conseiller du Roy et son plus ancien advocat au bailliage et siège présidial de Chaalons. Porte d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux plumes ou panaches de gueules, et d’une tête de maure de sable tortillée d’argent en pointe ».

Bibl. nationale, FR. 32.237, Armorial général, 1697, f°12, n°45.

Certificat du comte évêque de Châlons, 1711

« Gaston Jean-Baptiste Louis (de Noailles), par la permission divine évêque et comte de Chaalons, pair de France, nous certifions à tous qu’il appartiendra, que Me Pierre Horguelin, ancien avocat du Roy au bailliage et siège présidial de Chaalons en Champagne, est mort à Paris le quatorzième de juin mil sept cent dix, dans la paroisse de Saint-Séverin, qu’il a persévéré jusqu’à la mort dans la foi catholique, apostolique et romaine, que Me Philippe Garnier, son neveu et son légataire universel, est de bonne vie et de bonnes mœurs, et fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine.

En foy de quoi, nous avons signé le présent certificat, scellé du sceau de nos armes, et contresigné par Notre Secrétaire.

Donné à Paris, le vint septième juin mil sept cent onze.

(signé) Gaston E. et C. de Chaalons. (sceau de cire rouge)

Arch. nationale, G/8/232.

Quittance de Philippe Garnier

« En présence des notaires de Paris soussignés, Me Philippe Garnier, licencié es lois, demeurant à Paris en la maison de l’Oratoire, ditte de St-Magloire, Grand rue du faux bourg St-Jacques, au nom et comme légataire universel de Me Pierre Horguelin, son oncle, cy devant conseiller et avocat du Roi au bailliage et siège présidial de Chaalons en Champagne (…) reconnait avoir reçu comptant (…) du procureur général du Clergé (…) la somme de 182 livres quatre sols cinq deniers (…) à cause de la pension viagère (de son oncle) (…) Fait à Paris (…)

Arch. nationale, G/8/232.

Testament de Pierre H., 13 juin 1710

« Par devant les conseillers du Roi notaires à Paris soussignés, fut présent Me Pierre Horguelin cy devant conseiller du Roy et avocat de Sa Majesté au bailliage et siège présidial de Chaalons en Champagne, demeurant ordinairement en la dite ville de Chaalons, de présent à Paris, logé rue Gallande, près la place Maubert, paroisse Saint-Séverin, en la maison où est pour enseigne les Quatre fils Aimond, tenue par la veuve Rafflin, estant au lit, malade de corps, en une chambre au premier estage ayant vue sur une cour dépendant de la dite maison, toutefois sain d’esprit, mémoire et entendement, ainsy qu’il est apparu aux notaires soussignés, par ses parolles et actions.

Lequel, considérant la certitude de la mort et l’incertitude de l’heure et moment d’Icelle, craignant d’en estre surpris sans avoir disposé de ses dernières volontés, a fait son testament, qu’il a dicté et nommé aux dicts notaires soussignés, ainsy qu’il en suit. (…)

Ce jourd’huy vendredi 13 juin 1710, sur les neuf heures du soir et a signé ».

Arch. nationales, G/8/232.

Acte de décès de Pierre H., 1710

« Extrait des Registres mortuaires de l’Eglise paroissialle et archipresbitérale de Saint-Séverin à Paris. Le lundy seizième jour de juin 1710, inhumé Me Pierre Horguelin, ancien avocat du roy au bailliage et présidial de Chaalons en Champagne, aagé de soixante quinze ans, déceddé le quatorze du présent mois, rue Galande. (signé) Garnier, J. Cornet ».

Arch. nationale, G/8/232.

Sources

(1) Michel Mourre, Dict. encyclopédique d’histoire, Bordas, 1996, p. 4489.

(2) Louis Barbat, Hist. de la ville de Châlons-sur-Marne, 1855, p. 268.

(3) Bibl. nationale, Carrés de d’Hozier, n° 342, f° 254.

(4) Bibl. nationale, P.O. 1533, f°8, année 1677.

(5) Bibl. nationale, P.O. 1533, f°11, année 1700.

(6) Pierre Goubert, Les officiers royaux des présidiaux (…), 1959.

(7) Arch. Marne, Paroissiaux protestants de Châlons, f° 67.

(8) Bibl. nationale, Carrés de d’Hozier, n°342, f°254, année 1667.

(9) Bibl. du Protestantisme, 8°/14002/III, année 1660.

(10) Henri Dubief, La France protestante, Paris, 1996, p. 67.

(11) Arch.nationales, G/8/232, année 1682.

(12) Arch. nationales, G/8/232, année 1710.

(13) Arch. Marne, G 970, Séminaire de Châlons, 1684.

Marguerite et Daniel Pajon

Marguerite Horguelin (née Châlons 1637), dame de Moncetz,

fille de Pierre Horguelin et de Jacquette de Pinteville,

épouse (1665) Daniel Pajon, docteur en médecine.

Les accords de mariage, 1665

En 1665, Marguerite est orpheline. Son père, Pierre Horguelin, est décédé en 1654, et sa mère, Jacquette de Pinteville, en 1663. C’est son frère, Pierre Horguelin, jeune avocat âgé de 31 ans, qui va négocier avec la famille Pajon, le contrat de mariage de Marguerite.

Le père du futur, Daniel Pajon l’aîné, est greffier à Blois.

Le généalogiste F.J. Mallein fait le commentaire suivant sur les Pajon et les accords de mariage :

« Daniel I Pajon semble avoir géré son patrimoine sans économie. A sa mort, sa charge de greffier n’était pas totalement payée, et les accords de mariage de son fils Daniel II avec Marguerite Horguelin, témoignent de la circonspection de la famille Horguelin à l’égard du futur beau-père de leur fille. Il était spécifié, en effet, que le père du futur époux lui assurera sa part en sa succession future et s’obligera de n’avancer aucun de ses enfants plus que les autres, ni de faire aucun don à l’un au préjudice des autres ». (1)

Les procédures de Daniel Pajon, 1667 et 1672

Une fois marié avec Marguerite Horguelin, Daniel Pajon va s’occuper du patrimoine de sa femme et remettre en cause différents accords passés par son beau-frère Pierre Horguelin, avocat, et par Jean de Pinteville, oncle maternel de Marguerite, résidant à Ste-Menehould.

Arbitrage du 31 décembre 1667.

Les avocats au parlement Estienne Horguelin, Gilles Adam, Artus Talon, Louis Billecart et Jean Lefébure, procèdent à un arbitrage entre Pierre Horguelin « héritier pour un tiers es succession de deffunct noble homme Pierre Horguelin et de Jacquette de Pinteville, ses père et mère », et Daniel Pajon et Marguerite Horguelin sa femme « aussy héritière pour un tiers des dicts deffuncts ».

Pierre Horguelin est condamné à payer au sieur Pajon et sa femme, plusieurs sommes parmi lequelles « soixante seize livres treize sols quatre deniers, faisant

le tiers de celle de deux cens trente livres, que le dict sieur Horguelin a convenu avoir esté presté par le sieur Abraham Horguelin, oncle commun des parties, pour les frais de réception du dict sieur Horguelin en sa charge d’advocat du Roy, laquelle somme a esté rendue par la dicte deffuncte demoiselle de Pinteville au dict Horguelin ».

Il est également ordonné que « les fusils, dix livres de laine, (…) seront vendus pour estre, les deniers procédants (…) partagez, et en appartenir un tiers aux dicts sieur Pajon et sa femme, et les deux tiers restants au dict sieur Horguelin, tant en son nom que comme tuteur de damoiselle Anne Horguelin, sa mineure (…) ». (2)

Factum du 15 janvier 1672.

Cette fois, le sieur Pajon s’en prend à Jean de Pinteville, au sujet d’un emprunt qu’il a contracté auprès de sa sœur Jacquette de Pinteville, lequel emprunt n’a jamais été remboursé.

Les parties

« Factum pour Me Daniel Paion, docteur en médecine, damoiselle Marguerite Horguelin, sa femme, et damoiselle Anne Horguelin, filles et héritières de défunte damoiselle Jacquette de Pinteville, intimez ;

Contre Me Jean de Pinteville, tant en son nom que comme tuteur de son fils mineur, Appelant d’un jugement rendu par Monsieur de Caumartin, commissaire départy en la province de Champagne, du 15 juin 1672 ».

L’emprunt

« Le dit de Pinteville, voulant s’établir dans la campagne et faire des bâtiments sur une de ses terres, il emprunta de la dite de Pinteville en plusieurs fois jusqu’à la somme de 5.500 livres dont il a fait bâtir une maison à un quart de lieue de Sainte-Menehould ».

Le jugement

« Jugement est intervenu par lequel il (le dit de Pinteville) a esté condamné à rendre la somme de 5.500 livres qu’il avait receue, et à payer les arrérages de la rente (…) ». (3)

Le dessein de s’expatrier, 1682

« L’Electeur de Brandebourg avait cherché à attirer un médecin français de beaucoup de mérite ; dans les archives se trouve un ordre du 12 décembre 1682, par lequel Monsieur de Spanheim est chargé d’obtenir de la Cour de France, un passeport en faveur de Monsieur Pajon, pour se transporter avec sa famille à Berlin. C’est Monsieur Daniel Pajon, (lequel) avait épousé Marguerite Horguelin, fille de noble Pierre Horguelin et de Jacquette de Pinteville.

Il ne put exécuter le dessein qu’il avait de s’expatrier, et fut mis en prison pour cause de religion. (4)

Les incarcérations, 1686 et 1701

« Dans l’exercice de sa profession de médecin, Daniel II Pajon n’aurait pas observé les règles professionnelles. Il fournissait à ses malades des médicaments tant simples que composés.

Ses confrères lui firent un procès à ce sujet, et les apothicaires de Blois décidèrent d’intervenir et de se joindre aux médecins de Blois.

Daniel Pajon s’attira donc l’animosité de ses confrères, ce qui peut expliquer en partie les vicissitudes qu’il subit ensuite et qui l’amenèrent à se fixer en Champagne, puis à Paris.

Incarcéré à Blois en 1686, libéré grâce à l’intervention de l’Intendant de Châlons parce qu’il en avait soigné et guéri sa femme, il était à nouveau emprisonné à Sainte-Menehould en 1701.

Le mémoire qu’il rédigea à cette occasion, proteste qu’il n’avait point tenu d’assemblée chez un sieur de Behrieu (Berzieux), mais il semble que cet emprisonnement fut dû davantage à l’action de ses créanciers qu’à des faits de religion ». (5)

La lettre d’Abraham Pajon au notaire Sordel, 1713

Le 10 juin 1713, Abraham Pajon écrit au notaire Sordel à Châlons pour lui demander l’expédition d’une copie d’un acte de rétrocession de la moitié d’un contrat de constitution de deux mille livres, passé le 8 février 1656, par M. de Pinteville à Jacquette de Pinteville, veuve de feu M. Horguelin, sa sœur. (6

Abraham Pajon contre le séminaire de Châlons

On trouve dans les archives du séminaire de Châlons une liasse de pièces de procédure (1650-1755) contre Abraham Pajon au sujet d’une certaine « Donation Garnier ».

La source ne nous donne pas le détail de l’affaire, mais on sait que Philippe Garnier, cousin germain de Marguerite Horguelin, avait abjuré « l’hérésie de Calvin » et qu’il s’était retiré au séminaire de l’Oratoire à Paris. C’est vraisemblablement une donation qu’il a faite au séminaire de Châlons qui est remise en cause par Abraham Pajon. (7)

La famille de Daniel Pajon

Rappelons que Daniel Pajon, baptisé réformé à Blois le 9 décembre 1631, fils de Daniel I Pajon et de Marguerite Belon, épouse à Châlons, par contrat d’août 1665, Marguerite Horguelin.

De ce mariage naissent deux enfants à Châlons et six enfants à Blois. Parmi ceux-ci, Louis, né à Châlons en 1669, émigre en Angleterre avec son frère Gaspard né à Blois en 1671.

Abraham, né à Blois en 1672, est médecin à Paris. Ce dernier reprend à son tour les investigations et procédures concernant le patrimoine des de Pinteville et l’héritage de sa tante Anne Horguelin, laquelle a épousé Guillaume Garnier, admodiateur de la terre de Mancy.

Notes

La détention de Marguerite Pajon à Tournai, 1696

Marguerite est la fille de Daniel Pajon et de Marguerite Horguelin. Ses frères avaient émigré en Angleterre. Elle tente de s’enfuir vers la Hollande mais est arrêtée à Tournai.

« Marguerite, à l’âge de 16 ans, avait tenté de sortir de France. Arrêtée à la frontière, elle avait été détenue à Tournai et mise aux Ursulines de cette ville. Elle y avait abjuré le protestantisme le 24 février 1697, été reçue au noviciat le 16 février 1698 et prononcé ses vœux le 17 mai 1700.

Vers 1707 ou 1708, son père parvint à lui faire passer quelques lettres et, à partir de ce moment, elle n’eut plus qu’un désir, celui de quitter le couvent. Une tentative d’évasion, appuyée par un ordre de Etats généraux, obtenu grâce aux sollicitations de Daniel Pajon, détermina enfin les Ursulines, le 7 septembre 1709, à laisser partir celle qu’elles avaient appelée sœur Bonaventure ». (8)

Louis-Isaïe et Pierre Abraham Pajon

Abraham Pajon, médecin à Paris, épouse Marie Anne Huetteau qui lui donne deux fils : Louis Isaïe et Pierre Abraham. Ils se font appeler Pajon de Moncetz. Larousse leur consacre deux notices biographiques.

« PAJON DE MONCETS, Louis-Esaü, théologien protestant né à Paris en 1725, mort à Berlin en 1796. Après avoir exercé les fonctions pastorales à Bernau et à Leipzig, il se fixa à Berlin où il devint Conseiller privé, conseiller du Consistoire et pasteur de l’église française. Il a publié plusieurs de ses sermons et donné des traductions en allemand ».

« PAJON DE MONCETS, Pierre Abraham, médecin français, frère du précédent, né à Blois, mort vers la fin du siècle dernier. Il devint médecin de l’Hôtel de ville de Paris, membre de l’Académie de Châlons-sur-Marne et de la Société d’agriculture d’Orléans ». (9)

A noter que le pasteur Louis-Isaïe Pajon épouse à Berlin : 1) Henriette Ougier, le 24 juin 1750, née à Berlin le 15 décembre 1727 et décédée à Berlin le 14 février 1778 ; 2) Anne Marie Charlotte Formey, le 25 octobre 1778, née à Berlin le 22 avril 1747 et décédée à Berlin le 14 avril 1811.

Elle était la fille du pasteur Samuel Formey, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences de Berlin, issu d’une famille de huguenots réfugiés français originaire de Dampierre-sur-Moivre en Champagne.

Enfants : 1. Henri David, né le 21 janvier 1780.

2. Julie Charlotte, née le 7 janvier 1783, décédée le 27 mars 1783.

3. Louise Philippine, née le 13 décembre 1784, décédée le 6 avril 1785.

4. Marie Anne, née le 17 mars 1786. (10)

Un sermon du pasteur Pajon à Berlin

Dans l’ouvrage de M. Magdeleine et R. von Thadden, intitulé « Le Refuge huguenot », on lit la note suivante sur le pasteur Louis-Isaïe Pajon :

« Déplorant avant tout le recul du sens de l’économie et de l’effort, le pasteur Pajon de la paroisse de Friedrichstadt (à Berlin) porte sur l’état des colonies françaises un jugement encore plus négatif.

Dans un sermon rempli d’exhortations morales, il s’en prend tout particulièrement au luxe qui, « quelque chose qu’on puisse dire en sa faveur, annonce (…) la décadence des familles et d’un Etat, l’extinction des grands sentiments que l’amour du plaisir, le désoeuvrement, l’intérêt personnel,

confondent avec une émulation dangereuse de l’emporter sur les autres par un vain éclat ». (11)

Sources

(1) Cahiers du Centre de gén. protestante, n° 4, 4ème trimestre 1983, f° 171.

(2) Bibl. nationale, Carrés de d’Hozier, dossier 342, folio 254, 1667.

(3) Bibl. nationale, M. Fr. 2450, f° 169 & 170, 1672.

(4) Erman et Reclam, « Mémoires (…) », Berlin, 1782-1799, tome IV, page 144.

(5) Cahiers du Centre de généalogie protestante. Voir ci-dessus.

(6) Archives privées, M.H., 1713.

(7) Arch. Marne, G 975, séminaire de Châlons, 1650-1755.

(8) Bull. de la S.H.P.F. tome 47, page 165. Et : Charles Rahlenbeck, « Marguertie Pajon » (…) ». Et : Bull. de la Commission de l’histoire des églises wallonnes, 1ère série, tome 1er (1885), p. 279. Google Web 2009.

(9) Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, 1982, volume 12, 1ère partie, p. 44.

(10) Rémi Moreau, Informations généalogiques, famille Pajon-Formey. Google Web, oct. 2007.

(11) M. Magdelaine & R. von Thadden, « Le Refuge huguenot », Paris, 1958, page 215.

Anne et Guillaume Garnier

Anne Horguelin (1650-1684), fille de Pierre Horguelin

et de Jacquette de Pinteville, épouse (1673) Guillaume

Garnier, fils de Thierry Garnier et d’Anne Jacquelot.

Le contrat de mariage, 1673

Anne épouse par contrat du 9 novembre 1673 passé devant les notaires de Châlons Roussel et Horguelin (et le 25 décembre 1673 en l’église réformée de Compertrix), Guillaume Garnier, admodiateur de la terre de Mancy (près d’Epernay), fils de Thierry Garnier et d’Anne Jacquelot demeurant à Vitry-le-François.

Guillaume et Anne ont un fils unique : Philippe Garnier. (1)

Le tutorat de Philippe Garnier, 1678

Le 3 janvier 1678, Anne est veuve et se fait déclarer tutrice de son fils Philippe. (2)

En 1684, à la suite du décès d’Anne Horguelin, procuration est donnée à Jérémie Mauclerc, avocat es siège de Châlons, à l’effet de nommer un subrogé tuteur à Philippe Garnier. (3)

L’abjuration de Philippe Garnier, 1684

Le 15 octobre 1684, Philippe Garnier, baptisé dans la religion réformée, « fait abjuration de l’hérésie de Calvin entre les mains de Claude Marcault, curé de Sarry ». (4)

Légataire universel de Pierre Horguelin, 1710

Pierre Horguelin, avocat du roi à Châlons, se fait le protecteur de Philippe Garnier.

Vers 1680, « il plaide contre Monsieur de Barillon, seigneur de Mancy, pour les intérêts de Philippe Garnier son neveu ». (5)

En 1710, à la mort de Pierre Horguelin, Philippe est déclaré légataire universel de son oncle et, à ce titre, il reçoit le dernier versement de la pension viagère payée par le Procureur général du Clergé :

« Le 13 juin 1710, en présence des notaires de Paris soussignés, Me Philippe Garnier, licencié es lois, demeurant à Paris en la maison de l’Oratoire dite de Saint-Magloire,

grand rue du faux bourg Saint-Jacques, au nom et comme légataire universel de Me Pierre Horguelin, son oncle, cy devant conseiller et avocat du Roy au bailliage et siège présidial de Chaalons en Champagne, (…) reconnait avoir reçu comptant (…) du Procureur général du Clergé (…) la somme de 182 livres quatre sols cinq deniers (…) à cause de la pension viagère (…) ». (6)

Pièce originale

Certificat de l’évêque de Châlons, 1711

« Gaston, Jean-Baptiste, Louis (de Noailles), par la permission divine évêque Comte de Chaalons, pair de France, nous certifions à tous qu’il appartiendra, que Me Pierre Horguelin, ancien avocat du Roy au bailliage et siège présidial de Chaalons en Champagne, est mort à Paris le quatorzième de juin mil sept cent dix, dans la paroisse de Saint-Séverin, qu’il a persévéré jusqu’à la mort dans la foi catholique, apostolique et romaine, que Me Philippe Garnier, son neveu et son légataire universel, est de bonne vie et de bonnes mœurs, et fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine. En foy de quoi nous avons signé le présent certificat, scellé du sceau de nos armes et contre signé par Notre Secrétaire.

Donné à Paris, le vingt septième juin mil sept cent onze ».

Gaston, évêque de Chaalons. (Sceau de cire rouge).

(Arch. nationales, G/8/232, pièce 43 bis, 1711)

Notes

Le séminaire des Oratoriens à Paris

« Henri de Gondi, cardinal de Retz, évêque de Paris, installa faubourg Saint-Jacques

un séminaire dont il confia la direction, en 1620, aux prêtres de l’Oratoire qui eurent pour mission d’instruire et de prêcher (…). Ce séminaire fut le premier à Paris, tant par son ancienneté que par le nombre et la qualité des ecclésiastiques qui y furent élevés (…) ».

Jacques Hillairet, « Dictionnaire historique des rues de Paris », Les Editions de Minuit, 1997, volume II, page 443.

Le château de Mancy

« Maison forte plutôt que château, Mancy est une solide et austère demeure aux rares

ouvertures, entourée d’eau. Un corps de bâtiment rectangulaire à deux niveaux y apparait encore, accosté d’une énorme tour cylindrique à poivrière.

La chapelle a malheureusement disparu, en même temps que les autres défenses et qu’une partie des douves.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il fut occupé par la famille de Barillon.

Durlewanger, « Les Châteaux de Champagne », Strasbourg, 1974, p.58.

Et : Germaine Maillet, « Châteaux de la Marne », Paris, ca 1955, page 22.

Sources

(1) Arch. Marne, G 970, 1673. & Bull. de la S.H.P.F., 1862, p.360.

(2) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 12 verso, 1678.

(3) Arch. Marne, E 837, 1684.

(4) Arch. Marne, G 970, 1684.

(5) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 13.

(6) Arch. nationales, G/8/232, pièce n° 43, 1710.

Jacques et Madeleine Bernard

Jacques Horguelin (1650-1712), banquier à Leipzig,

fils d’Abraham Horguelin et de Perrette Picart,

épouse (1679) Madeleine Bernard, fille de

Samuel Bernard et de Madeleine Lequeux.

Le refuge huguenot, Francfort, 1675

Les trois fils d’Abraham Horguelin, demeurant à l’enseigne de la Toison d’Or à Châlons, quittent la ville : les deux aînés, Jacques et Pierre, se réfugient en Saxe et Silésie ; le troisième Jérémie, « se retire » rue des Blancs Manteaux, dans le quartier du Marais à Paris.

Une lettre de Jean Horguelin, fils de Jérémie, écrite à Breslau le 11 avril 1742, indique que « deux oncles (Jacques et Pierre) frères de mon père (Jérémie) sortirent de France dans les années 1675 à 1680 et s’établirent dans ces pays-ci (…) ». (1)

On peut suivre le parcours du « fugitif » Jacques Horguelin à partir de différentes sources françaises et allemandes.

Jacques sort donc de France en 1675, âgé de 25 ans, et s’établit d’abord à Francfort.

On lit dans son contrat de mariage daté du 2 février 1680 : « Jacques Horguelin, banquier à Francfort, 30 ans (…) ». (2)

Il passe ensuite à Halle, puis à Leipzig. La base de données du refuge huguenot signale qu’en 1700, le sieur Jacques Horguelin, marchand et secrétaire du commerce, part de sa résidence habituelle de Halle, à destination de Leipzig. Autre signalement en 1707 : le fugitif Jacques Horguelin et deux enfants partent de Leipzig à destination de Berlin. (3)

En 1711, Jacques est à Brême. Il épouse en secondes noces Jeanne Chenevié. Son mariage est béni par le pasteur de l’église réformée française de Brême le 9 septembre 1711. (4)

Il est décédé à Brême le 19 octobre 1712 et inhumé « dans le cimetière de la ville neuve ». (5)

Mariage à Paris et Charenton, 1679-1680

Le contrat de mariage est passé devant les notaires Loyer et Savigny, à Paris, le 18 septembre 1679. Jacques Horguelin, fugitif du Royaume, a mandaté son frère Jérémie pour la signature du contrat. L’acte notarié commence ainsi : « Par devant les notaires au Châtelet de Paris, ont comparu Jérémie Horguelin,

marchand bourgeois de la ville de Châlons en Champagne, logé à Paris rue de la Tissanderie, paroisse de Saint Jean en Grêve, procureur mandataire de Abraham Horguelin, marchand, et Perrette Picart son épouse, demeurant à Châlons, stipulant au nom de leur fils Jacques Horguelin, marchand à Leipzig en Saxe (…), d’une part.

Et Samuel Bernard, peintre du roi, avec sa femme Madeleine Lequeux, tout deux demeurant à Paris, rue de l’Université, paroisse Saint-Eustache, au nom et comme stipulant pour Madeleine Bernard leur fille (…) d’autre part ». (6)

Le mariage religieux a lieu au temple de Charenton le 29 février 1680. E. Haag en donne la transcription suivante : « Mariage. Jacques Horguelin, banquier à Francfort, fils d’Abraham, marchand à Châlons en Champagne, et de Perrette Picart, 30 ans, avec Madeleine Bernard, fille de Samuel, peintre, et de

Madeleine Lequeux ». (7)

Prêts et donations à Leipzig, 1700

Les chroniqueurs allemands rapportent deux faits de la vie sociale de Jacques Horguelin à Leipzig. Hans-Jüngen Sievers, pasteur de l’église évangélique de Leipzig, écrit ceci :

« En septembre 1700 (…) le grand chancelier de Saxe fit comprendre que la paroisse devait faire un prêt au roi de 7.000 Reisthallers. Cette marque de leur dévouement faciliterait l’admission et l’effet de leur requête (être autorisés à exercer leur religion). Afin de tenir la somme incessament à la disposition du prince, (on décida) qu’elle serait fournie par 17 personnes cy-après nommées, à savoir, Messieurs : Jacques Horguelin: 777,18 ; François Leclerc: 777,18 ; Philippe Dumont: 777,18 ; Rodolphe et Henri Escher… (…)

Ces 17 paroissiens doivent être considérés comme les fondateurs de notre communauté ». (8)

Sur un autre sujet, G. Beelitz, de Halle, écrit :

« Au-delà du refuge, l’espoir de pouvoir retourner un jour dans l’ancienne patrie restait très vivant à Halle comme partout ailleurs. Le Kaufman Jacques Horguelin de Châlons, fit don à la paroisse d’une clef en argent et de 3 coupes, mais avec la prescription formelle que ces dons retourneraient à Châlons dès que l’église réformée serait à nouveau autorisée ». (9)

Cornelia Johansen, paroissienne de l’église évangélique de Leipzig, témoigne que deux de ces coupes sont encore utilisées pour la communion :

« J’ai trouvé gravé les initiales H.J. sur deux coupes que nous utilisons encore aujourd’hui pour la communion. S’agit-il des initiales de Jacques Horguelin ? S’il en est ainsi, la paroisse se sert encore des coupes données par votre ancêtre pour le service divin. Au dos d’une coupe se trouve gravé en français : A l’Eglise Réformée de Leipzig ». (10)

La famille de Jacques Horguelin

A partir du fichier wallon et des actes paroissiaux de l’église évangélique de Halle, on peut estimer que Jacques Horguelin et Madeleine Bernard ont eu au moins cinq enfants :

-Suzanne Madeleine, née à Francfort sur le Main en 1681.

-Jean Henry, né en 1682, décédé à Halle le 8 juin 1688.

-Marie Madeleine, baptisée à Halle le 18 mai 1688 et inhumée le 8 juin 1688 (le même jour que Jean Henry).

-Marie, baptisée à Halle le 7 juillet 1689 et inhumée le 3 août 1689.

- Anne, baptisée à Halle le 14 août 1690 et inhumée le 8 janvier 1691.

Madeleine Bernard est décédée le 8 avril 1691 et inhumée au grand cimetière de Halle.

On trouve aussi dans les registres paroissiaux de l’église évangélique de Halle, les actes de décès de la mère et des deux soeurs de Jacques Horguelin, réfugiées dans cette ville :

Perrette Picart est décédée le lundi 24 décembre 1688, âgée d’environ 65 ans.

Marguerite Horguelin est décédée le 29 octobre 1689, âgée de 26 à 27 ans.

Marie Horguelin est décédée le dimanche 26 mars 1699, âgée d’environ 46 ans.

Enfin, l’église de Halle conserve l’acte de mariage de Suzanne Madeleine Horguelin, fille aînée de Jacques et de Madeleine Bernard. Elle épouse à Groskügel, près de Halle, le 31 mars 1701, Herman Cochius, « secrétaire privé d’Etat de Sa Majesté à Berlin ».

Pièces originales

Contrat de mariage Horguelin-Bernard, 1679

18 septembre 1679. Mariage de Jacques Horguelin, marchand à Leipzig, avec Madeleine Bernard, fille de Samuel Bernard, peintre ordinaire du roy, et de Madeleine Lequeux.

« Par devant les notaires au Châtelet de Paris ont comparu Jérémie Horguelin, marchand bourgeois de la ville de Châlons en Champagne, logé à Paris rue de la Tissanderie, paroisse de St-Jean-en-Grêve, procureur mandataire de Abraham Horguelin, marchand, et de Perrette Picart son épouse, demeurant à Châlons,

stipulant au nom de leur fils Jacques Horguelin, marchand à Leipzig en Saxe (les procurations passées devant les notaires royaux ont été représentées), d’une part.

Et Samuel Bernard, peintre du roi, avec sa femme Madeleine Lequeux, tout deux demeurant à Paris, rue de l’Université, paroisse St-Eustache, au nom et comme stipulant pour Madeleine Bernard, leur fille, d’autre part. (…)

Etaient témoins les parents et amis ci-après.

De la part de Jacques Horguelin : Daniel Dorigny, marchand banquier bourgeois de Paris, cousin paternel et maternel, et Marguerite Duprés sa femme ; Abraham de Braulin, marchand bourgeois de Châlons, cousin ; Catherine Crommelin, femme de Jérémie Burgeat, marchand bourgeois de Paris, cousin ; Messire Antoine Ansoerd, procureur de la Cour et Parlement ; Jean Bothe, marchand bourgeois de Paris, cousin ; et Marie Vandiat , dame de sieur Charles Gauthier, marchand drapier bourgeois de Paris, amis.

Et de la part de la demoiselle future épouse : Samuel Bernard, marchand banquier bourgeois de Paris, son frère ; Gabriel Bernard, Pierre Bernard et Antoine Bernard, aussi ses frères ; Samuel Thomasset, marchand apothicaire bourgeois de Paris, oncle paternel et Anne Vourtion sa femme ; Timéon Paunin, marchand bourgeois de Paris ; Jean Pierre Boullier de Beauregard, cousin germain maternel à cause de sa femme ; Messire Pierre Tardieu, procureur au Parlement, et Marie Leroy sa femme, cousins du côté maternel ; et Messire Salomon Domerchus, secrétaire ordinaire de la maison et finances de son Altesse Royale Monseigneur duc d’Orléans, cousin aussi de la future épouse.

Volontairement et confessant avoir fait ensemble les conventions de mariage qui suivent .

Les dits sieur et dame Bernard ont promis et promettent de donner et bailler la demoiselle Madeleine Bernard leur fille, de son dit consentement, au dit sieur Jacques Horguelin qui, par son procureur, a promis de la prendre pour femme et légitime épouse en face de l’Eglise.

Les futurs époux seront communs de tous biens meubles et immeubles, suivant la coutume de cette ville, paroisse et vicomté de Paris, suivant laquelle les biens de la Communauté seront régis.

Les parents s’obligent à donner à leur fille, la veille des épousailles, dix mille cinq cents livres tournois, savoir, dix mille livres en deniers comptants et cinq cents en meubles et hardes. Lesquels demeureront propres à la future épouse et aux siens, côté et ligne, et ce qui lui échoira par succession, donation ou autrement.

Le sieur Horguelin accorde à sa femme un douaire et préfixe de deux mille cinq cents livres tournois, pour don s’il n’y a pas d’enfants, et s’il y en a, pour en jouir suivant la coutume de Paris.

Le survivant prendra par préciput sur les biens meubles, mille livres. S’il est vendu ou aliéné des biens immeubles, remploi en sera fait par deniers, en procédant à l’acquisition d’autres héritages. Il sera permis à la future épouse et aux enfants qui naîtront du mariage, de renoncer à la Communauté.

Le sieur Jacques Horguelin reçoit un avancement d’hoirie sur la succession de ses parents ».

Elisabeth de Clermont-Tonnerre, « Histoire de Samuel Bernard et de ses enfants », Paris, 1914, appendices, page 299.

Registres paroissiaux de Halle

Perrette Picard

« Demoiselle Perrette Picard, native de Vitry-le-François, veusve de deffunt Mons. Abraham Horguelin, de Chaalons en Champagne, décédée en cette ville de Halle le lundy vingt quatrième décembre mil six cent quatre vingt et huit, aagée d’environ soixante cinq ans, et fut enterrée au Grand Cimetière de cette ditte ville de Halle, ce qui a été attesté par les Sieurs Gabriel Bernard, marchand, natif de Paris, et Pierre Lhuillier, aussy marchand, natif de Metz, réfugiés audit lieu. Lesquels ont assisté à l’enterrement de ladite deffunte et ont signé le présent acte ».

Evang. –ref. Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C 1+2, Teil 1, seite 8.

Marguerite Horguelin

« Demoiselle Marguerite Horguelin, réfugiée en cette ville, fille aagée de vingt six à vingt sept ans, native de Chaalons en Champagne, est décédée le vingt neuvième octobre mil six cent quatre vingt neuf et le lendemain, son corps a été enterré au Grand Cimetière de cette ville ».

Evang.-ref Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C 6, seite 7.

Magdeleine Bernard

« Demoiselle Magdeleine Bernard, aagée d’environ trente deux ans, native de Paris, femme du sieur Jacques Horguelin, marchand, demeurant en cette ville, natif de Chaalons en Champagne, est décédée le dix huitième avril mil six cent nonante et un, et le vingt deuxième dudit mois, son corps a été enterré au Grand Cimetière de cette ville ».

Evang.-ref. Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C 6, seite 12.

Marie Horguelin

Demoiselle Marie Horguelin, originaire de Chaalons en Champagne, fille de défunt Sieur Abraham Horguelin, vivant marchand au dit lieu, et de feüe Demoiselle Perette Picart de Vitry le François, réfugiée dans cette ville, y est décédée le dimanche 26e mars 1699, vers huit heures du soir, âgée d’environ quarante six ans. Le mercredy suivant, son corps a été enterré au Grand Cimetière de cette ville, à cinq heures du soir ».

Evang.-ref. Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C 1+2, Teil 2, seite 81.

Mariage Cochius-Horguelin

« Monsieur Herman Cochius, Secrétaire privé d’estat de Sa Majesté à Berlin, fils de deffunct Monsieur Christian Cochius, vivant Conseiller ecclésiastique et pasteur de la Cour de Sa Majesté en la dite ville, et de Dame Catherine de Clauberg, ses père et mère, d’une part.

Et Demoiselle Suzanne Magdelaine Horguelin, fille de Monsieur Jacques Horguelin, marchand banquier à Leipzig, et de deffunte Demoiselle Magdelaine Bernard, d’autre part.

Ont reçeu la Bénédiction nuptiale le jeudy 31e mars 1701, dans la maison du secrétaire des Postes à Groskügel, village scitué à deux milles de Halle, appartenant à Sa Majesté, par le Sieur Alexandre Coullé, l’un des pasteurs de cette église de Halle, qui s’y est transporté pour en effet en vertu du Rescript de Sa Majesté, datté de Cologne sur la Sprée, le 15ème mars 1701, qui ordonne au ministère françois de Halle, de donner la Bénédiction du dit mariage à tel jour et à tel lieu des Etats de Sa Majesté que les parties intéressées le requereroient.

Le dit mariage a été béni en présence des sieurs Jaques Horguelin et Gabriel Bernard, père et oncle de l’épouse, et de diverses autres personnes de l’un et l’autre sexe, amis et amies dudit sieur époux et de la dite demoiselle épouse, après la Publication de deux annonces dans notre église de cette ville, attendu que les trois annonces avoient déjà esté publiées selon l’ordre dans l’église de Berlin ».

J. Vimielle, modérateur ; Abraham Bobert, ancien et secrétaire ; P. Hinerat, ancien ; Basser G., ancien.

(Ev.-ref Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C 5, seiten 67/68)

Registres paroissiaux de Brême

Mariage Horguelin-Chenevié

« Le mardy 9e 7bre 1711, le mariage de Jacques Horguelin, natif de la ville de Chaalon en Champagne, et de Jeanne Chenevié, native du lieu d’Aix prez de Die

en Dauphiné, a esté béni dans notre église par Monsieur Portal, pasteur de cette église, après publication de trois annonces, selon les formes accoutumées ».

Staatsarchiv Bremen, am Staatsarchiv 1, 28203, Bremen.

Décès de Jacques Horguelin

“Jacques Horguelin, natif de la ville de Chalon en Champagne, est décédé le mercredy matin à cinq heures, 19e du mois d’octobre, et a esté enterré le 20e dudit, dans le cimetière de la ville neuve, à neuf heures du soir ».

Staatsarchiv Bremen.

Lettre de Gabriel Bernard à Madeleine Lequeux, 1697

Leipzig, 22 mai 1697. « Ma très honorée mère, en réponse à la chère vôtre sans date, je ne me plains point d’avoir payé les frais de l’enterrement de mon frère Pierre, (…). Si l’on en doit croire ce qu’il a dit en mourant à Mr. Horguelin, il y avait longtemps qu’il s’en fallait de beaucoup qu’il n’eût un sol à lui (…).

Suivant ce que je vois par votre lettre, il me semble que Mr. Horguelin croit m’avoir fait grand avantage de m’avoir remis son négoce ; pour moi, je ne vois pas en quoi ce pourrait être. Il est vrai que je lui ai acheté son vieux fonds de marchandises dont il ne savait plus que faire, et cela afin d’avoir son magasin qui me paraissait meilleur que le mien ; je ne vois pas d’avantage pour moi la dedans, sinon que je crois qu’il m’a donné la préférence et c’est tout ;

si vous tenez qu’il y ait beaucoup d’avantage là dedans, vous me feriez plaisir de me dire où il pourrait être, afin que je lui en aie plus d’obligation.

Si vous me disiez que Mr. Horguelin me prête de l’argent lorsque j’en ai besoin, moyennant intérêt, ce qui est raisonnable et en suivant le cours d’ici, alors je vous dirais, comme la vérité est, que je lui ai beaucoup d’obligation, et que je lui suis fort redevable des bontés qu’il a eues de me tirer, par son secours, des embarras où que j’eusse été obligé de succomber, voilà où je lui ai beaucoup d’obligations et que je n’oublierai jamais ; mais pour m’avoir remis son négoce, je ne lui en ai que par la préférence. (…)

Ma très honorée mère, votre très humble et très obéissant fils, Gabriel Bernard ».

(E. de Clermont-Tonnerre, « Histoire de Samuel Bernard et de ses enfants », Paris, 1914, appendices, page 8.)

Notes

L’église française de Leipzig

On lit dans un article de Fr. Waddington : « Il est présumable que pendant les premières années qui suivirent la révocation de l’Edit de Nantes, on se réunissait à Leipzig comme à Dresde et en petit nombre, dans des maisons particulières pour y célébrer le culte réformé ; les jours de fête, on se rendait dans la ville voisine de Halle (30 km) pour participer à la sainte Cène »

(Bull. de la S.H.P.F., 8ème année, 1859, page 312).

Apparement, les registres paroissiaux de Leipzig ne commencent qu’en 1700, et avant cette date, les actes de naissance et de décès sont enregistrés à Halle, et les inhumations ont lieu au grand cimetière de cette ville.

Le premier lieu public du culte à Leipzig est l’Auerbachs Hof, au centre ville. Le mariage de Pierre Horguelin et d’Hélène Clergeau a lieu à l’Auerbachs Hofe le 8 octobre 1704.

L’exercice de la religion réformée ne semble pas encore totalement autorisé : on lit dans l’acte de mariage : « ils ont été mariés (…) sans publier aucune annonce (…) l’exercice, pour lors, nous ayant été défendu (…) dans la ville ».

Le deuxième lieu public du culte est « Das Alte Amtshaus ». Il n’y en aura pas d’autre, semble-t-il, avant la construction de l’église actuelle, qui est située sur le boulevard périphérique de Tröndlinring. Elle est l’œuvre de l’architecte GeorgWeidenbach et fut inaugurée le 12 mars 1899.

Remarque : Louis-Isaïe Pajon, petit-fils de Marguerite Horguelin, fut pasteur de la paroisse réformée de Leipzig de 1752 à 1758.

Samuel I Bernard et sa famille

Samuel I Bernard, peintre du roi, né à Paris le 8 novembre 1615, fils de Noël Bernard et de Madeleine Sevin, épouse à Paris le 8 octobre 1645, Madeleine Lequeux qui lui donne cinq enfants :

Samuel II, qui suit.

Madeleine, qui épouse en 1679 Jacques Horguelin, banquier à Leipzig.

Gabriel, banquier à Leipzig, qui épouse en 1682 Anne Clergeau.

Pierre, sans alliance.

Marie, qui épouse Estienne Soullard, banquier à Paris.

Samuel Bernard II (1651-1739), célèbre banquier de la Cour de France, épouse en 1ères noces (1681) Madeleine Clergeau, et en 2ndes noces (1720) Pauline de Saint Chamans. Il a quatre enfants :

-Samuel Jacques, 1686.

-Gabriel, 1687.

-Une fille qui épouse le comte Mansart de Sagone.

-Bonne, 1721, qui épouse François Molé, fils de Mathieu Molé et de Nicole le Gorlier (nièce d’Edme III Horguelin et de Marguerite le Gorlier).

Samuel Jacques Bernard, comte de Coubert, épouse à Paris le 12 août 1715, Louise de la Coste de la Messelière.

Gabriel Bernard (frère du précédent), comte de Rieux, épouse en 1ères noces Bonne de Saint Chamans, et en secondes noces (1719) Suzanne de Boulainvilliers.

Note sur la carrière de Samuel Bernard par Lüthi

« La carrière du banquier de la Cour reposait sur le fait qu’il savait trouver du crédit sur toutes les places d’Europe où le roi avait besoin de fonds pour sa diplomatie, ses subsides ou ses armées, et qu’il était le seul à le trouver. D’où tirait-t-il ce crédit ? Nous n’en savons rien, mais ce n’est certainement pas de sa boutique de marchand drapier de la rue Bourg-l’Abbé qu’il délaissait en 1687 pour s’installer banquier. La seule hypothèse plausible, quoiqu’ indémontrable, reste celle dont le journal de Barbier, au moment de la mort du financier

(janvier 1739), s’est fait l’écho : « On dit que sa fortune a commencé dans les troubles des huguenots qui furent obligés de se retirer et dont il avait la correspondance pour les affaires ».

(Herbert Lüthi, « La banque protestante en France, de la révocation de l’Edit de Nantes à la Révolution », Paris, 1959).

Samuel Bernard et ses beaux-frères banquiers, par Rothkrug

« Bernard profita largement du fait que d’autres membres de sa famille avaient choisi de garder leur religion et de changer de nationalité. Son beau-frère Etienne Soullard, qui était banquier à Paris en 1681, exerça par la suite la même profession à Londres. Jacques Herquelin (Horguelin), un autre beau-frère, partit pour Francfort et, par la suite, établit son commerce de banque à Leipzig. Pierre Herquelin (Horguelin), son frère, partit pour Breslau.

Le propre frère de Samuel Bernard, Pierre, lui aussi banquier, partit pour Francfort ; et son autre frère Gabriel Bernard s’enfuit d’abord à Leipzig et plus tard établit son établissement bancaire à Strasbourg. Tous ces gens, très tôt, coordonnèrent leurs activités à leur avantage mutuel. Le 3 octobre 1686, Samuel et ses relations du Refuge, à l’exception de Soullard, concluèrent des transactions à trois s’élevant à 269.000 livres, une somme à peu près équivalente à un demi million de dollars de nos jours ».

(Lionel Rothkrug, « Opposition to Louis XIV: the political and social origins of the French enlightenment”, Princeton University Press, N.J., 1965).

Effectivement, au minutier central des notaires de Paris, on trouve ce contrat de transport entre Samuel Bernard, marchand banquier à Paris, Jacques Horguelin, marchand banquier à Francfort, et Pierre Horguelin, marchand banquier à Breslau.

(Arch. nationales, MC/ET/IX/490)

Sources

(1) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 39, 1742.

(2) Bibl. du Protestantisme, MS 66, f° 199.

(3) C.N.R.S., « La base de données du refuge huguenot », WEB, 20/10/2006.

(4) Staatsarchiv, Bremen, 1711.

(5) Staatsarchiv, Bremen, 1711.

(6) Arch. nationales, ET/XLIV/69, 1679 ; et Clermont-Tonnerrre, « Histoire de Samuel Bernard et de ses enfants », Paris, 1914, p. 299.

(7) Bibl. du Protestantisme, MS 66, f° 199.

(8) H.J. Sievers, « In der Mitte der Stadt », Leipzig, 2000, p. 15.

(9) G. Beelitz, « Geschichte blätter (…) », Halle, 1894, p. 10

(10) Arch privées, Cornelia Johansen, lettre missive, 29 août 2001.

Jérémie et Marie Cadet

Jérémie Horguelin (1675-1726), bourgeois de Paris,

fils d’Abraham Horguelin et de Pérette Picart,

épouse (ca 1680) Marie Cadet, fille de Philémon

Cadet, avocat en parlement, et d’Anne Mauclerc,

demeurant à Vitry-le-François.

L’adieu au pays natal

Au début des années 1680, la religion réformée est tolérée à Châlons et les protestants de la ville font baptiser leurs enfants au temple de Compertrix. Le 3 juin 1680, Jérémie est parrain de Jérémie Lestache, fils de Jean Lestache. Le 7 avril 1683, Pierre Horguelin, fils aîné de Jérémie, est baptisé à Compertrix. Le parrain est Philémon Cadet, grand-père maternel, et la marraine Pérette Picart, grand-mère paternelle. (1)

Jean Horguelin, fils cadet de Jérémie, est né à Châlons en 1682, mais on ne trouve pas son baptême dans les paroissiaux protestants. (2)

Après la révocation de l’Edit de Nantes, Jérémie et Marie Cadet figurent sur « l’Etat général des calvinistes et religionnaires de Champagne et Brie en 1685 » et sont dits « nouveaux convertis de Châlons ». (3)

Les deux enfants suivants sont baptisés paroisse Saint-Alpin à Châlons : Marie-Jeanne le 12 novembre 1686 et Jacques le 26 décembre 1690 (4)

Ensuite commence la dispersion de la famille. Jérémie fait passer son fils Jean en Silésie en 1697. (5) Sa fille Marie-Jeanne est mise, « par ordre du roi », dans la communauté des Dames régentes et nouvelles converties de Vitry-le-François en 1698. (6)

Encore « bourgeois de Châlons » en 1709, Jérémie quitte définitivement la ville en 1712 pour « se retirer » à Paris. (7) et (8)

Jacques Horguelin, fils de Jérémie, épouse à Paris, vers 1725, Louise Jeanne Crommelin de Bercy et a deux enfants nés à Paris : Marie-Jeanne en 1727 et Paul Jacques en 1728.

Le 26 mars 1734, Jacques vend la maison de la Toison d’Or « sise sur le Marché neuf à Châlons » (maison de famille). (9)

Et en 1736, Jacques et sa famille quittent Paris et s’installent rue du Milieu à Berlin (10)

La cense de Marolles, 1695

Le 19 mars 1695, Jérémie Horguelin et Marie Cadet passent un contrat de vente par devant Regnaud, notaire à Châlons :

« Furent présents en leurs personnes, noble homme Jérémie Horguelin, bourgeois de Chaalons, y demeurant, et damoiselle Marie Cadet, sa femme, (…) d’une part.

Et Nicolas Lécrivain, maréchal, demeurant à Marolles, et Claude Deschamps, laboureur, demeurant au faux bourg de Vitry-le-François, d’autre part ».

Il s’agit de la vente d’une cense « sise au terroir et finage de Marolles, Frignicourt et voisins, à présent tenue de loyer par la veuve Janson demeurant au dit lieu de Marolles ».

La cense est composée de 18 pièces de terre et de 2 pièces de pré.

« La vendition est faite moyennant la somme de 3.600 livres en marché principal et cent livres pour les épingles de la ditte venderesse ». (11)

Les biens des religionnaires fugitifs, 1727

Dans la série TT des Archives nationales, qui rassemble les dossiers de religionnaires fugitifs, on trouve un « Etat des biens provenant des successions de Jérémie Horguelin et de Marie Cadet, 1727 ». (12)

La liste des biens de Jérémie comporte la maison de la Toison d’Or sise à Châlons, et six fermes situées à : Epense, Remicourt, Ecury-sur-Coole, Pargny-sur-Saulx, Rheims-la-Brulée et Rosay ; le tout pour une valeur de 21.000 livres.

Les biens de Marie Cadet se composent de trois propriétés : une ferme avec maison et portion de seigneurie à Escriennes, et deux autres fermes à Maisons-en-Champagne et à Montcetz près Vitry ; ceci pour une valeur de 15.000 livres.

A ce patrimoine foncier, il faut ajouter des contrats sur l’Hôtel de Ville de Paris pour une valeur de 40.000 livres.

En ajoutant à ces sommes la valeur de la cense de Marolles vendue en 1695 (3.700 livres), on peut chiffrer la valeur globale du patrimoine des Horguelin-Cadet à 80.000 livres.

Pièces originales

Acte de baptême de Pierre Horguelin, 1683

Paroisse de Compertrix, ministre Jérémie Ouriet. Baptême.

« Pierre, fils de Jérémie Horguelin, marchand à Chaalons, et de damoiselle Marie Cadet, ses père et mère, (est né) le 3 avril 1683 et a esté présenté au saint baptême le 7e du même mois par Me Philémon Cadet, advocat au parlement, de Vitry-le-François et y demeurant, son grand-père maternel, et par damoiselle Pérette Picart, sa grand-mère paternelle, femme de Abraham Horguelin, marchand demeurant à Chaalons, ses parain et marraine, qui ont signé ».

(Arch. Marne, Châlons, paroissiaux protestants, 1683).

Blason de Jérémie Horguelin

« D’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux panaches adossés de sinople, et en pointe d’une tête de more de sable ».

(Bibl. nationale, Armorial général, Généralité de Châlons, 19 février 1700, f° 336).

Etat des biens des religionnaires fugitifs, 1727

« Etat des biens apartenant audit Horguelin, provenant des successions de Jérémie Horguelin et Marie Cadet, père et mère.

-Une maison scize à Châlons place du marché, occupée par le nommé Camus, marchand cordonnier, estimée 3.500 à 4.000 livres.

-Une ferme à Epences près Ste-Menehould, exploitée par Théodore Saget, 3.000 livres.

-Une petite ferme à Remicourt proche de la dite ville, exploitée par la veuve de Claude Garnier, 400 à 500 livres.

-Une ferme scize à Ecury-sur-Coole près Châlons, exploitée par le nommé Pierre Frapart, estimée 2.000 à 2.500 livres.

-Une autre à Pargny-sur-Saulx près Vitry, exploitée par les nommés Jean Didon et Jean la Plice, estimée 4.000 livres.

-Une autre à Rheims-la-brûlée près ledit Vitry, exploitée par la veuve de François Chavré, estimée 2.500 à 3.000 livres.

-Une ferme au finage de Rosay aussi près de Vitry, exploitée par Nicolas Colinet et Claude Royer, estimée 3.000 à 4.000 livres.

Lesquels biens proviennent de la succession de Jérémie Horguelin.

-Plus une ferme avec maison et portion de seigneurie à Escriennes près Vitry, exploitée par François Gillet, estimée 10.000 à 11.000 livres.

-Une autre à Maisons, près ladite ville, exploitée par N. Jacobé, estimée 2.200 à 2.500 livres.

-Une autre à Montcetz près ledit Vitry, exploitée par Jean Collesson, de 1.500 à 1.800 livres.

Lesquels proviennent de la succession de Marie Cadet.

Ledit Jacques Horguelin a encore, outre cela, pour 41.000 livres de contrats sur l’Hôtel-de-Ville ». (Arch. nationales, TT/149/X, pièce n° 2, 1727).

Sources

(1) Arch. Marne, Châlons, paroissiaux protestants, 1683.

(2) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 42.

(3) Revue de Champagne et Brie, volume III, 1877, page 347.

(4) Arch. privées, P.H. recherche, GG 2, St-Alpin, 1686 et 1690.

(5) Bibl. nationale, D.B.360, folio 14.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 14.

(7) Arch. Marne, 4E8147, notaire Laguille, 1709.

(8) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 41.

(9) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 14.

(10) Französische Kirche zu Berlin, MRT-IV. 263 (1736).)

(11) Arch. Marne, E 838, pièce n° 5 (1695).

(12) Arch. nationales, TT/149/X, pièce n° 2 (1727).

Pierre et Magdelaine Chef d’Hostel

Pierre Horguelin (ca 1665- ca 1730), banquier à Breslau

en Silésie, fils d’Abraham Horguelin et de Perrette Picart,

épouse 1) Magdelaine Chef d’Hostel (Amsterdam, 1693) ;

2) Hélène Louise Clergeau (Leipzig, 1704).

Un banquier champenois à Breslau, 1686

On peut se demander comment le fils d’un bourgeois protestant de Châlons-en-Champagne est devenu, à 21 ans, banquier à Breslau en Silésie (province de l’empire austro-hongrois).

En fait, Abraham Horguelin, son père, est en relation d’affaires, voire de parenté, avec les familles financières d’origine protestante de Paris, en particulier les Dorigny, les Burgeat (alliés aux Crommelin), les Clergeau et les Bernard. Les relations entre les Horguelin et les Bernard vont se resserrer lorsque Jacques Horguelin, fils d’Abraham, épouse en 1680 Madeleine Bernard, sœur du financier Samuel Bernard. (1)

A l’origine marchand drappier de la rue Bourg l’Abbé, Samuel Bernard développe considérablement ses activités financières. Il passe des accords avec les membres de sa famille, banquiers et financiers comme lui, et constitue un réseau de filiales auprès des principales Cours d’Europe. Il a comme correspondant à Londres son beau-frère Soullard ; à Leipzig en Saxe, son frère Gabriel Bernard et son beau-frère Jacques Horguelin ; à Breslau en Silésie, Pierre Horguelin, qui deviendra aussi son beau frère en épousant Hélène Louise Clergeau en 1704.

Il faut rappeler ici les transactions à trois (Samuel Bernard, Jacques et Pierre Horguelin) passées devant le notaire Avray à Paris en 1686, pour un montant de 269.000 livres. (2)

Les banquiers Horguelin de Breslau (Pierre, son fils Abraham et son neveu Jean) voient prospérer leurs affaires. Jean Horguelin, dans une lettre écrite en 1742 à ses cousins Horguelin des Ormes à Epernay, s’en fait l’écho : « Mes oncles étant morts (Jacques à Leipzig et Pierre à Breslau), les affaires de l’un (Pierre), d’une assez grande étendue, me sont tombées à dos, ayant des relations presque dans toute l’Europe et en particulier avec la Cour de Lunéville, et correspondance avec plusieurs de la Cour de France, par rapport à la Reine. » (3)

Les honneurs de la Cour de Suède, 1720

Entre 1697 et 1718, Charles XII, roi de Suède, multiplie ses campagnes militaires en Estonie, Pologne, Saxe et Russie. La Silésie, entre Saxe et Pologne, est au cœur des conflits. Province de l’empire catholique des Habsbourg, elle compte cependant un certain nombre de duchés qui ont choisi la réforme de Luther afin de renforcer leur autonomie face au pouvoir central de Vienne.

Charles XII accorde son soutien à ses coreligionnaires de Silésie. En 1707, après ses victoires sur Auguste II, roi de Pologne et électeur de Saxe (lequel doit céder son royaume à Stanislas Leszczynski) Charles XII obtient le retour aux protestants de 128 églises silésiennes. (4)

Pierre Horguelin est un partisan de Charles XII et un des financiers de ses campagnes militaires. En reconnaissance de ces faits, il est promu dans l’ordre de la noblesse par la Cour de Suède en 1720. (5)

Les Archives de Suède ont publié sur Internet cette information : « Horguelin, Gammal fransk adel. Nat. 6/5/1720 ». Questionné à ce sujet, le personnel des Archives donne la réponse suivante (24 juin 2006) : « la phrase signifie : Horguelin, vieille famille noble française, naturalisée le 6 mai 1720. Petrus Horguelin fut annobli en Suède mais n’est jamais venu ici. Il a été annobli pour avoir été d’un grand secours pour notre roi Charles XII ». Des précisions sont données dans un message ultérieur (25 mai 2006) : « Autant que je puisse en juger d’après le texte, votre ancêtre Petrus Horguelin a pu apporter une assistance financière à notre roi, mais il est également dit : il fut fidèle au Roi, dans ses succès aussi bien que dans son infortune ». (6)

Les succès de Charles XII, ce sont les victoires de Narva en Estonie (1700) sur la Russie, de Duna (1701) et de Klissow (1702) sur la Pologne, de Holovczin (1708) à nouveau sur la Russie. Son infortune, c’est la défaite de Poltava en Ukraine (1709), infligée par le tzar Pierre-le-Grand, et la fuite de Charles XII vers l’empire ottoman où il resta cinq ans. (7)

La famille de Pierre Horguelin

Nous savons par les Archives de l’église wallonne d’Amsterdam, que Pierre Horguelin a épousé à Amsterdam le 26 avril 1693, Magdelaine Chef d’Hostel. Il a 30 ans. Il est banquier à Breslau depuis 1686. Pourquoi se marie-t-il à Amsterdam ? (8)

Les dossiers bleus 360 (Bibl. nationale) mentionnent que son père, Abraham, est mort à Bréda. Ces deux détours par les Pays-Bas restent inexpliqués.

Le second mariage de Pierre à Leipzig, le 8 octobre 1704, se comprend mieux. Il épouse Hélène Louise Clergeau, fille de Pierre Clergeau et d’Hélène Mestayer (9)

La sœur ainée de la mariée, Madeleine Clergeau, a épousé en 1681 Samuel Bernard, et son autre sœur, Anne Clergeau, a épousé en 1682 Gabriel Bernard (frère de Samuel) banquier à Leipzig. (10)

Pierre Horguelin et Magdelaine Chef d’Hostel ont eu quatre enfants :

-Madeleine, née à Breslau. Elle épouse son cousin Jean Horguelin, banquier associé de son père à Breslau. (11)

-Abraham, né à Breslau. Banquier. Sans alliance.

-Suzanne, née à Breslau en 1699. Elle épouse Robert Lorent, pasteur à Münchberg en Brandebourg. (12)

-Marie, baptisée en l’église Sainte Marie Madeleine de Breslau le 20 avril 1700. Elle épouse Antoine Achard, pasteur de l’église française de Berlin. (13)

Pièces originales

Acte de baptême de Marie Horguelin à Breslau, 1700

« En l’année mil sept cents et le vingtième jour du mois d’avril, Monsieur Horguelin, bourgeois et marchand de cette ville, et son épouse dame Magdelaine Chef d’Hostel, père et mère, ont envoyé leur fille à l’église paroissiale de Sainte Marie Magdelaine pour luy faire recevoir le baptême. Elle a reçu le nom de Marie. Les témoins de son baptême ont esté Noble Vitrus Ferdinand de Mudrach, seigneur héréditaire de Rathen, Monsieur Chrétien Berterman, bourgeois et marchand de ce lieu, et dame Marie Charlotte, épouse de Monsieur David Sauteri, marchand de cette ville.

C’est ici ce que, pour confirmation de la vérité, j’atteste par ma signature et l’apposition de mon sceau. George Henry Assig, archidiacre, curé de Ste Marie Magdelaine. »

(Arch. nationales, Minutier central, ET/XXXIX/388, étude Périchon, 1735)

Acte de mariage de Pierre Horguelin, 1704

« Livre des Batêmes, Mariages et enterrements de l’Eglise Françoise Réformée de Leipzig.

A Leipzig, le 8 octobre 1704.

Il y a promesse de mariage entre Pierre Horguelin, fils de feu Abraham Horguelin, natif de Châlons en Champagne, et demoiselle Pierrette Piccard de Vitry, d’une part.

Et demoiselle Hélène Louise Clergeau, fille de feu N. Clergeau, natif de (blanc) et demoiselle (blanc), d’autre part.

Ils ont esté mariés le 8 octobre dans la maison de François LeClerc, dans l’Auerbachs Hoft, sans publier aucunes annonces, parce que nous n’avions point d’Exercice, pour lors nous ayant esté deffendu de le faire dans la ville. Et on a seullement exigé d’eux un billet par lequel ils attestent tous deux n’avoir aucun autre engagement. Et le mariage a esté bénit par Mr. Dumont nostre pasteur, en présence de toutte la maisonnée du dit LeClerc et de Monsieur Horguelin son frère, et de Mr le Général Maier de Malerargues. »

(Arch. privées, communication Cornelia Johansen, Leipzig, 2001)

Notes

La descendance de Pierre Horguelin par Béringuier, 1887

Petrus Horguelin, originaire de Champagne, marchand et banquier à Breslau.

(Promu dans l’ordre de la noblesse de Suède le 3 mai 1720).

Enfant : Jacob, qui suit

Jacob Horguelin, né à Châlons, banquier et conseiller du commerce à Berlin.

(Promu dans l’ordre de la noblesse de Prusse le 26 novembre 1748).

Il épouse Louise Johanne Crommelin. Enfant : Marie Jeanne, qui suit.

Marie Jeanne (von Horguelin), née à Paris, décédée le 1er janvier 1788 à l’âge de 60 ans.

Elle épouse Sigismund Ehrenreich Graf Redern (1730-1789).

Enfant : Guillaume Jacques, qui suit.

Guillaume Jacques de Redern, né le 2 février 1750, décédé le 6 septembre 1816.

Il épouse N. von Otterstädt. Enfants : Guillaume Frédéric, qui suit, et Henri Alexandre, tige.

Guillaume Frédéric de Redern, né le 9 décembre 1802. Intendant général du théâtre royal à Berlin (1828-1832), Intendant général de la musique de la Cour (1844), Grand chambellan (1861). Décédé le 5 novembre 1883.

Henri-Alexandre de Redern, né le 26 septembre 1804.

(ses enfants n’ont pas été baptisés à l’église française de Berlin).

Ambassadeur à Bruxelles (1854). Envoyé de Prusse à la Cour de Russie (1863-1867). Il épouse la princesse Odescalchi (catholique).

(Freie Universität Berlin, R. Béringuier, « Die Stammbäume des Mitglieder des Französischen Colonie in Berlin », Berlin, 1887, p. 172)

Sources

1) Bibl. du Protestantisme, MS 66, folio 199.

(2) Arch. nationales, MC/ET/IX/490, (1686).

(3) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 39, (1742)

(4) Google Web, « Charles XII de Suède », Wikipedia, mars 2007.

(5) Google Web, Vöbam Genealogiska Föreningen, Stockholm, juin 2003.

(6) Arch. privées, communication Helena Nordbäck, juin 2003.

(7) Google Web, « Charles XII de Suède », Wikipedia, mars 2007.

(8) Bibl. wallonne, Amsterdam, fichier du Refuge, 1693.

(9) Arch. privées, communication Cornelia Johansen, Leipzig, 2001.

(10) Lüthy, « La banque protestante », Paris, 1959, page 71.

(11) Arch. de Paris, DC6, vol. 226, f° 254 v° (1738).

(12) Ev.-ref. Domgemeinde, Halle, Franz. Kirchenbuch, C5, seite 67-68 (1701.

(13) Arch. Nationales, MC/ET/XXXIX/388, étude Périchon, 1735.


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Jeanne et Memmie Fagnier

Jeanne Horguelin, née paroisse St-Sulpice à Châlons,

fille de Jacques Horguelin et de Jacquette Prignet,

épouse (1720) Memmie Fagnier, bourgeois de Châlons.

Les généalogies manuscrites de Bertin du Rocheret

Valentin Philippe Bertin du Rocheret (1693-1762), président de l’élection d’Epernay, est un passionné de généalogie. Il rassemble d’inombrables documents concernant, entre autres, les familles notables de la ville d’Epernay. Il confie cette riche documentation à son ami l’abbé Bignon, bibliothécaire du roi à Paris. On peut consulter aujourd’hui ces documents dans la collection des dossiers bleus de la Bibliothèque Nationale. (1)

Bertin est le gendre de Marie Horguelin des Ormes. Il reconstitue assez aisément l’histoire de cette famille qui est implantée à Epernay de longue date et qui a conservé ses archives.

Bertin veut aussi écrire l’histoire de la branche protestante des Horguelin, et là commencent ses difficultés : châlonnaise jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes, cette famille a fui à l’étranger et ses archives sont dispersées entre Leipzig, Breslau et Berlin.

Bertin essaye cependant de se renseigner à Châlons auprès de parents éloignés des huguenots fugitifs. C’est ainsi qu’il écrit à Memmie Fagnier, bourgeois de Châlons marié à Jeanne Horguelin. Bertin veut savoir, par exemple, ce qu’est devenue la maison de famille à l’enseigne de la Toison d’Or. La réponse de Memmie Fagnier fait partie des documents rassemblés dans les dossiers bleus 360. (2)

Le sieur Fagnier répond sur ce point, mais ne peut renseigner Bertin sur les dates de décès des dits Horguelin et de leurs femmes. Il termine sa lettre en justifiant le peu d’information qu’il détient sur ces gens « singuliers » :

« Comme je suis lié dans cette famille que depuis 22 ans et qu’elle est singulière, ne la pratiquant point, je ne peux facilement découvrir ce que vous souhaitez, cependant je ferai tous mes efforts pour y parvenir ».

Bertin finira par correspondre avec les Horguelin d’Allemagne et par compléter sa documentation sur ces familles. (3)

La famille de Memmie Fagnier

Les données sur cette famille sont fragmentaires.

En 1720, Memmie Fagnier et Jeanne Horguelin demandent à l’évêque de Châlons une dispense de mariage pour cause de consanguinité. (4)

En 1721 (le 13 septembre), ils sont présents chez le notaire Lafournière à Châlons, pour la signature du contrat de mariage de Marie-Anne Horguelin (sœur de Jeanne) et de Claude Grongnat. (5)

En 1731 (le 5 septembre), ils font baptiser leur fils Louis Memmie paroisse de la Ste -Trinité. Le parrain est Louis Begin et la marraine Marie Jeanne Arnault. (6)

En 1744 (le 17 janvier), Jeanne Horguelin est inhumée paroisse de la Sainte Trinité, en présence de Memmie Fagnier et de Nicolas Begin. (7)

(Ce dernier, libraire à Châlons, a épousé Anne Horguelin, tante de Jeanne).

Notes

Les Horguelin calvinistes, par B. du Rocheret, 1750

« Abraham Horguelin, marchand à Châlons, y demeurait au Marché neuf, à l’enseigne de la Toison d’Or. Calviniste. Sortit du Royaune à la révocation de l’Edit de Nantes, 1658. Mort à Bréda en Hollande. Epousa Perette Picard, huguenotte ; suivit son mary dans sa fuite. Morte à Leipsick en Saxe. Eut :

-Jérémie, qui suit.

-Pierre, banquier à Breslau en Silésie, étant sorti de France, 1675.

-Jacques, sorti de France pour la religion en 1680 (banquier à Leipzig).

-Marie Jeanne, morte à Leipsick.

-Marguerite ditte Gothon, morte à Leipsick.

Jérémie Horguelin, né à Châlons en Champagne. Se retire à Paris, 1692 ou 1712. Y mourut, 1726. Epousa Marie Cadet, de Vitry-le-François. Eut :

-Pierre, mort à Châlons, 1697, sans alliance.

-Jacques, né à Châlons le 26 décembre 1680, sortit du Royaume pour la religion, s’établit à Berlin, eut Marie Jeanne, femme du comte de Rhedern.

-Jean, né à Châlons, 1682. Riche banquier à Breslau. Mort, 1745.

-Marie Jeanne, née à Châlons, 1686, mise par ordre du Roy dans la Communauté des Dames Régentes à Vitry, puis Supérieure à la Doctrine à Châlons, 1742.

(Bibl. nationale, dossier bleu 360, folio 13 verso)

Le patronyme Fagnier à Châlons, 1720

Nous avons peu de données sur les Fagnier marchands à Châlons. Nous sommes mieux renseignés sur les Fagnier officiers du Roi. Ils ont acquis une partie de la seigneurie de Breuvery-sur-Coole et sont dits Fagnier de Breuvery.

(Un rameau des Horguelin des Ormes a fait de même et partage, avec d’autres, la seigneurie de Breuvery).

-Jean Fagnier, seigneur de Breuvery, Conseiller au Présidial de Châlons, épouse (1672) Françoise Papillon.

-Jean Fagnier, seigneur de Mardeuil et Breuvery, procureur au bureau des finances et Chambre du Domaine de Champagne (1713), épouse Louise Antoinette Baugier.

-Christophe Fagnier, seigneur de Mardeuil et Breuvery, procureur au bureau des finances, épouse (1734) Thérèse Bureau.

-Louis Fagnier, seigneur de Mardeuil et Breuvery, bailli de Châlons (1770), épouse Françoise de Parvillez (1780). Victime de la Révolution (1794).

(Internet, base de données Roglo, juin 2008)

Sources

(1) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 1 à 42, généalogie Horguelin.

(2) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 41 (1742).

(3) Bibl. nationale, D.B.360, folio 39 (1742).

(4) Arch. Marne, G 74, folio 52.

(5) Arch. Marne, étude Lafournière, 13 septembre 1721.

(6) Internet, marne-archive.com, canton de Châlons-ville, naissances, Fagnier, 1731.

(7) Internet, marne-archive.com, canton de Châlons-ville, décès, Horguelin, 1744.

Françoise et Jean Joseph Meunier

Françoise Horguelin, née paroisse St-Sulpice à Châlons,

fille de Jacques Horguelin et de Jacquette Prignet,

épouse Jean-Joseph Meunier, officier de l’évêque de Châlons.

L’Académie de Châlons, 1756

La première assemblée publique de l’Académie de Châlons a lieu le 4 juin 1756. La société se propose de cultiver les Belles-Lettres, les Sciences et les Arts. Elle a pour protecteur Louis de Bourbon-Condé (1709-1771), comte de Clermont-en-Argonne, gouverneur de Champagne, et pour président honoraire Henri Louis de Barberie de Saint-Contest, intendant de Champagne (1750-1764). Parmi ses associés résidents, on peut citer le chevalier de la Touche (1694-1781), peintre et dessinateur, et comme associé externe Valentin Philippe Bertin du Rocheret (1653-1762), président de l’Election d’Epernay. (1)

Jean François Meunier, fils de Jean Joseph Meunier et de Françoise Horguelin, avocat et homme de lettres, est lui aussi membre fondateur de l’Académie de Châlons. Entre autres écrits, il publie dans le Mercure de France :

-Ode dédiée à Monsieur de Saint-Contest : « La Justice ».

-« Ode sur l’établissement de la Société littéraire de Châlons », dédiée à Anne Antoine Jules de Clermont-Tonnerre, évêque de Châlons (juin 1755).

-« Le Parnasse François », dédié à Evrard Titon du Tillet (1677-1762), homme de lettres, (juillet 1756). (2)

De son côté, Bertin du Rocheret publie une poésie humoristique intitulée : « Requête de la Société littéraire de Châlons à Apollon », dont voici un extrait :

« A vous, Prince du docte empire,

Par qui tout vit et tout respire,

Protecteur du Sacré vallon,

Nous, gens, à ce qu’on dit, de moyenne science,

Faisons très humble remontrance

Disant que depuis peu les Muses, en courroux,

Des progrès languissants de notre Académie,

Auraient fulminé contre nous (…) » (3)

Notons enfin qu’on trouve parmi les membres fondateurs de l’Académie de Châlons, Jean Horguelin (1705-1783), chanoine régulier, curé de Moncetz. (4)

La famille Meunier-Horguelin

Le mariage de Jean Joseph Meunier et Françoise Horguelin a lieu avant 1722.

Ils ont trois enfants :

-Nicolle, baptisée paroisse St-Alpin le 4 février 1722. Parrain : Jacques Chauffot, bailli de Châlons. (5)

-Marie Anne Françoise, née à Châlons en 1724. (6)

-Jean François, né à Châlons le 15 novembre 1726. (7)

Jean Joseph Meunier est décédé à Châlons le 6 mai 1729 et inhumé en l’église St-Alpin. (8)

Françoise Horguelin, jeune veuve, élève seule ses enfants. Elle envoit son fils Jean François faire des études de droit à Paris. Il devient avocat. Il occupe le poste de premier secrétaire de l’Intendance de Champagne.

Les trois enfants se marient :

-Nicolle Meunier épouse Jacques Courtalon. Leurs quatre enfants sont baptisés paroisse St-Alpin : Françoise Aimée (1745), Claude Etienne (1747), Pierre Jacques (1752), Jean-Baptiste (1759) (9)

-Marie Anne Françoise Meunier épouse le 18 octobre 1762 paroisse St-Alpin, Nicolas Philbert Cautre de la Montagne, grenetier au grenier à sel. (10)

Elle est décédée paroisse Saint-Eloi le 23 juillet 1780, à l’âge de 56 ans. (11)

-Jean François Meunier épouse Marie Jeanne Mignon. Leur fille aînée, Marie Jeanne Henriette, est baptisée le 18 mai 1759 en l’église Notre-Dame-en-Vaux. Parrain : Henri Louis de Barberie de Saint-Contest, intendant de Champagne. (12)

Ils ont ensuite : Pérette Françoise (1760), Louise Nicole (1762), Nicolas Esprit (1763), Jacques Prosper (1771). (13)

Note

Jean François Meunier, par Amédée Lhote, 1870

« MEUNIER, Jean-François (*),

Avocat au Parlement, poète, littérateur.

Né à Châlons le 15 novembre 1726. – Mort à Paris vers 1790.

Elevé au collège des Jésuites de Châlons, Meunier, sur les instances de sa mère restée veuve, se rendit à Paris pour y faire son droit. Bien que ses goûts le portassent à la profession d’avocat, il n’en consacrait pas moins ses heures de loisirs à la poésie et il nous a laissé quelques pièces qui ne sont pas sans mérite.

Meunier quitta Paris pour revenir à Châlons occuper l’emploi de premier commis dans les bureaux de l’intendance de Champagne. Ses connaissances lui valurent les titres de membre fondateur de la Société littéraire en 1756, et de membre de l’académie des Arts et Belles-Lettres de Châlons, 1778. Des motifs que nous ne connaissons point le rappelèrent à Paris, où il mourut vers 1790. (…)

Sources. – Annuaire, an XII. – France littéraire, in-8°, 1759. – Registres de la paroisse Saint-Alpin. – Archives de la Société académique de la Marne.

(*) Fils de Jean-Joseph Meunier, officier de l’évêque de Châlons, mort le 6 mai 1729. Inhumé en l’église Saint-Alpin, et de dame Françoise Horguelin ».

(Amédée Lhote, « Biographie Châlonnaise », Châlons, 1870, page 237)

Sources

(1) Armand Bourgeois, « Les beaux-arts dans le département de la Marne », in : SACSAM, 1898-1899, page 7.

(2) Amédée Lhote, « Biographie Châlonnaise », Châlons, 1870, page 237.

(3) SACSAM, 1898-1899, page 8.

(4) Arch. privées, C.H., fichier bleu, folio 201 (1783).

(5) Pélicier, « Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790, ville de Châlons-sur-Marne, 1903. Registres paroissiaux, Saint-Alpin, GG 7 (1722).

(6) Marne-archive.com, canton de Châlons (ville), décès, Saint-Eloi, 1780.

(7) A. Lhote, « Biographie châlonnaise », page 237.

(8) A. Lhote, « Biographie châlonnaise », page 237.

(9) Marne-archive.com, canton de Châlons (ville), naissances, Saint-Alpin, 1747-1757.

(10) « « mariages, Saint-Alpin, 1762.

(11) « « décès, Saint-Eloi, 1780.

(12) « « naissances, N.-D., 1759.

(13) « « naissances, N.-D., 1760-1771.

Marie Anne et Claude Grongnat

Marie Anne Horguelin, née paroisse Saint-Sulpice à Châlons,

fille de Jacques Horguelin et de Jacquette Prignet, épouse (1721)

Claude Grongnat, fils d’Antoine Grongnat et de Marie Legras.

Les Grongnat, marchands à Châlons, 1653-1721

Les Grongnat (Graingnat, Grognat) appartiennent à une famille ancienne de Châlons. Dans la liste des habitants de la ville d’après la taille levée en l’année 1418, nous trouvons (Connétablie Jehan de Nanteuil) Jeanson le Graingnat, en compagnie, entre autres, de Jaquier de Chastillon et de Jehannot Lescripvain. (1)

Aux 17e et 18e siècles, nous connaissons les Grongnat suivants :

(I) Jacques Grongnat. Il épouse Madelaine Regnault. Enfants (4 à notre connaissance) :

-Marie Madeleine, née paroisse St-Alpin (ca 1658).

-Claude, né paroisse St-Alpin (ca 1663), qui suit. (2)

-Marguerite, baptisée le 7 septembre 1669 paroisse St-Alpin. Parrain : Claude Lorrain, avocat ; marraine : Marguerite Lorrain.

-Madeleine, baptisée le 13 mai 1672 paroisse St-Alpin. Parrain : Claude Grongnat ; marraine : Madeleine Grongnat. (3)

(II.1) Claude Grongnat. Il épouse Marie Madeleine de Gaulle, fille d’Etienne de Gaulle et d’Anne Aubert.

(II.2) Marie Madeleine Grongnat. Elle épouse (St-Alpin, 1685) Jean de Gaulle, fils d’Etienne de Gaulle et d’Anne Aubert. (4)

(III) Antoine Grongnat. Il épouse Marie Legras. Enfants :

-Jean Grongnat, marchand à Châlons (1721).

-Pierre Grongnat, marchand à Châlons (1721).

-Claude Grongnat, qui suit.

(IV) Claude Grongnat. Il épouse le 15 septembre 1721 paroisse St-Sulpice à Châlons, Marie Anne Horguelin, fille de défunt Jacques Horguelin et de Jacquette Prignet. (5)

La famille Grongnat-Horguelin, 1721-1732

Les formalités de mariage de Claude Grongnat et de Marie Anne Horguelin se déroulent sur trois jours :

-Le 13 septembre 1721, les futurs mariés signent leur contrat de mariage par devant Lafournière, notaire à Châlons.

-Le 14 septembre 1721, l’évêché de Châlons accorde une dispense de ban de mariage à « Claude Grongnat (paroisse de la Trinité) et Marie Anne Horguelin (paroisse St-Sulpice). (6)

-Le 15 septembre 1721, le mariage religieux a lieu en l’église St-Sulpice de Châlons. (7)

Le contrat de mariage est signé « en la maison de ladite demoiselle Horguelin, future », en présence de nombreux témoins « parents et amis » : sept du côté du futur et neuf du côté de la future. Claude Grongnat, dont le père est décédé, est « assisté et autorisé du sieur Jean Grongnat, son frère et curateur ; de même, Marie Anne (qui a perdu son père) est « assistée et autorisée de Messire Jean Champenois, procureur au siège de Châlons, cy-devant son curateur ».

Parmi les nombreuses conventions matrimoniales contenues dans le « traité », on remarque l’apport immobilier de Marie Anne, « consistant en sa part en deux censes scizes l’une au terroir de Fagnières et l’autre au terroir de Saint-Quentin, le tiers en la maison scize audit bourg Saint-Sulpice dudit Chaalons, en laquelle elle fait sa demeure, scize proche les Sept Moulins de la dite ville, le tout à partager avec les dits sieurs Meunier et Fagnier, à cause de leurs femmes, sœurs de ladite future ».

Claude Grongnat et Marie Anne Horguelin ont quatre enfants, tous baptisés paroisse St-Sulpice à Châlons :

-Marie Anne, née le 30 octobre 1725.

-Marie Joseph, née le 29 septembre 1728.

-Marie Claude, née le 26 septembre 1731.

-Claude Nicolas, né le 5 décembre 1732. (8)

Pièce originale

Contrat de mariage Lafournière, Châlons 1721

« Par devant les Nottaires Royaux à Chaalons soubsignez, sont comparus en personnes le Sieur Claude Grongnat, fils de deffunt le Sieur Antoine Grongnat, marchand demeurant à Chaalons, et de demoiselle Marie Legras, ses père et mère, assisté et autorisé du Sieur Jean Grongnat, marchand demeurant à Chaalons, son frère et curateur, d’une part.

Et demoiselle Marie Anne Horguelin, fille majeure demeurant au bourg St-Sulpice de Chaalons, fille de deffunt le Sieur Jacques Horguelin, marchand demeurant audit bourg , et de demoiselle Jacquette Prignet, ses père et mère, assistée et autorisée de Me Jean Champenois, procureur au Siège de Chaalons, y demeurant, cy devant son Curateur, d’autre part.

Disant les parties que pour procéder au futur mariage appelé à faire entre ledit sieur Grongnat et ladite demoiselle Horguelin, sy Dieu et la Sainte Eglise s’y accorde, et au paravent de n’avoir eu aucun liens ny promesse, ont reconnu et confesse volontairement, sans force ny contrainte comme par les présentes, et reconnaissent avoir fait et accordent leur traitté et conventions matrimonialles, ainsy et de la manière qu’il en suit, c’est à scavoir que lesdits sieur et future se sont promis se prendre en loyal mariage le plus tôt que faire se pourra, et d’iceluy faire solemnisé en la face de la Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine, pour estre du Jour de la bénédiction nuptialle, unis et communs en tous biens meubles acquestés et conquestés immeubles qu’ils feront et acquesteront pendant leur mariage, pour estre partagez entre le survivant et leurs enfants ou héritiers du premier droit. (Suit la description des apports de la future et du dit sieur futur) (…)

Fait et passé et lu en la maison de ladite demoiselle Horguelin, future, après midy, le treize septembre mil sept cent vingt et un, du consentement du Sieur Pierre Grongnat, marchand à Chaalons, frère audit futur, ledit Gilles Derosne, marchand épicier, son beau frère, le sieur Claude Legras , marchand demeurant à Chaalons, oncle au futur, ledit Jean Legras, marchand, cousin germain, et Jean Margaine, aussy marchand, cousin germain, et le sieur Pierre François Jolly, aussy son cousin germain, et le sieur Joseph Clément, marchand, cousin audit futur.

Et du costé de ladite future, les sieurs Jean Joseph Meunier et Mémie Fagniez, marchands à Chaalons, beaux frères à ladite future, demoiselle Barbe Horguelin, fille, sa tante, les sieurs Michel Prignet, marchand, Pierre Joseph Prignet, marchand, Guillaume Piat, marchand, tous oncles à ladite demoiselle future, le sieur Nicolas Begin, marchand libraire, cousin germain, le sieur Jacquesson, employé dans les fermes du Roy, d’aultre part son cousin, et de M. Debar de Saint Martin, trésorier de France au bureau des finances de Chaalons, tous demeurant à Chaalons, parents et amis aux futurs, et ont signé avec lesdits notaires ».

(Archives de la Marne, étude du notaire Lafournière, 13 septembre 1721)

Note

Alliances Grongnat – de Gaulle, d’après Veillerette, 2000

« Jehan de Gaulle apparait comme étant l’ancêtre de Champagne le plus anciennement trouvé. On peut dire qu’il est l’ancêtre de Charles de Gaulle ».

(I) Jehan de Gaulle (1615-1672), bourgeois de Châlons, épouse 1) Marie Vignette ; 2) Marie Johannès. Sept enfants dont :

-Etienne de Gaulle, né le 24 mai 1638 paroisse St-Loup à Châlons ; décédé le 4 avril 1657 à Châlons, qui suit.

-Claude de Gaulle, né le 6 janvier 1643 paroisse St-Loup à Châlons ; décédé le 27 août 1691 ; inhumé dans l’église St-Loup. Tige.

(II.1) Etienne de Gaulle, bourgeois de Châlons, épouse Anne Aubert. Neufs enfants, dont :

-Jean de Gaulle, né le 1er novembre 1662 à Châlons. Il épouse en 1685 à Châlons St-Alpin, Marie Madeleine Grongnat, fille de Jacques Grongnat et de Madeleine Regnault.

-Marie-Magdeleine de Gaulle, née le 27 juillet 1667 à Châlons. Elle épouse Claude Grongnat, fils de Jacques Grongnat et de Madeleine Regnault.

-Charles de Gaulle, marchand de vin à Châlons. Il épouse en 1695 paroisse St-Alpin à Châlons, Madeleine Guillemin.

(II.2) Claude de Gaulle, marchand à Châlons, épouse le 9 mai 1662, Magdeleine Fastret. Sept enfants, dont :

-Antoine de Gaulle, né le 8 octobre 1669 paroisse St-Loup à Châlons, décédé le 8 septembre 1730, inhumé dans l’église St-Loup, qui suit.

(III) Antoine de Gaulle, marchand, juge consul, marguillier, épouse 1) Marie-Antoinette Buat ; 2) Anne Regnault. Dix enfants, dont :

-Jean Baptiste de Gaulle, « estant né le douzième janvier mil sept cens vingt, fut baptisé le même jour, son parain le sieur Jean-Baptiste Regnault et sa maraine damoiselle Barbe Horguelin, qui ont signé ».

Jean-Baptiste de Gaulle est l’ancêtre direct du général de Gaulle (son trisaïeul).

(François Veillerette, « Ils s’appellaient de Gaulle », Reims, 2000, page 56)

Sources

(1) Barthélemy, « Histoire de Châlons-sur-Marne », 1883, page 441.

(2) Veillerette, « Ils s’appelaient de Gaulle », Reims, 2000, page 56.

(3) Marne-archive.com, canton de Châlons (ville), naissances, 1672.

(4) Veillerette, op. cit.

(5) Arch. Marne, étude Lafournière, contrat de mariage, 1721.

(6) Arch. Marne, archives ecclésiastiques, G 74 (1721).

(7) Minitel, C.G.51, paroissiaux de Châlons (1721).

(8) Minitel, C.G.51, paroissiaux de Châlons (1725-1732).

Jeanne et Edouard de Vandeuil

Jeannne Horguelin, née paroisse St-Sulpice à Châlons,

fille de Claude Horguelin et de Marie Asselin, épouse (1686)

Henry Edouard de Vandeuil, fils de Jacques de Vandeuil et

de Marie Colin.

La terre et seigneurie d’Escury, 1708

La terre et seigneurie d’Escurie est située sur le territoire de Champigneul, au bord de la Soude, à 25 km à l’ouest de Châlons.

Un contrat de 1708 donne une description sommaire du domaine d’Escury :

« Le 20 mars 1708, Joseph FRANCOIS, seigneur de Montbayen, et Catherine de Bar, dame de Vitry-la-ville, sa femme, vendent leur terre d’Escury, château, maison seigneuriale, donjon, basse cour, jardin, dépendances, les terres y attenant, la chapelle avec ses ornements, le pré Hivart, deux autres pièces de pré au lieu dit la Cressonnière, marais Champigneul, la cense des Cours Brulées et les vignes de Cramant ».

Joseph FRANCOIS, conseiller du roi en la Cour des Monnaies de Paris, tient cette seigneurie de son père Philippe FRANCOIS, Trésorier de France à Châlons, qui l’a achetée en 1643.

Il la vend en 1708 à François Joseph de Cappy, moyennant la somme de 32.000 livres.

Le 11 octobre 1690, Edouard de Vandeuil et Jeanne Horguelin sa femme, passent un bail avec les François : Ils louent la terre et seigneurie d’Escury, les vignes de Cramant et tout ce qui appartient aux François, pour l’espace de 6 années, et moyennant la somme de 1.550 livres par an. (1)

A noter que le 24 décembre 1656, Claude de Bar et Anne de Pinteville sa femme (grands-parents de Catherine de Bar) achètent à Agnès Horguelin, veuve de François Mathé, la maison seigneuriale de Vitry-la-ville et la moitié des seigneuries de Vitry et Vouciennes, moyennant la somme de 33.200 livres. (2)

La famille de Vandeuil-Horguelin

Les registres paroissiaux de Saint-Sulpice à Châlons, à la date du 18 février 1686, portent la mention suivante :

« Henry Edouard de Vandeuil, fils de Jacques de Vandeuil et de Marie Colin, demeurant paroisse St-Sulpice à Châlons, épouse Jeanne Horguelin, fille de Claude Horguelin et de feue Marie Asselin, de la paroisse St-Sulpice à Châlons ». (3)

Les de Vandeuil-Horguelin ont trois enfants nés à Champigneul-Champagne :

-Marie Jeanne de Vandeuil, née le 7 octobre 1691.

-Pierre de Vandeuil, né le 30 mai 1693.

-Louis Henry de Vandeuil, né le 5 mai 1695. (4)

Marie Jeanne de Vandeuil épouse le 13 décembre 1719 paroisse Saint-Alpin à Châlons, Etienne Raulet, fils d’Etienne Raulet, recteur d’école à Villeseneux, et de Jeanne Collard (5)

Note

Le château d’Escury, par Durlewanger, 1974

« CHAMPIGNEUL, Marne (D 37 entre Jâlons et Vertus)

Quatorze tours et un double fossé, telles étaient les formidables défenses du premier château de Champigneul.

La forteresse féodale fut remplacée au XVIe siècle, par un château de plaisance dont ne subsiste que la porte-tour de l’entrée en plein cintre, surmontée d’une toiture à quatre pans s’achevant en lanternon.

A la fin du XVIe siècle, le gouverneur de Ste-Menehould érigeait sur trois côtés de la cour un nouveau château de deux niveaux en assises de brique et de craie, prolongé par un pavillon de même style coiffé d’un comble à quatre pans ajourés de lucarne, et que flanquait une tour cylindrique à poivrière ainsi qu’une tour carrée.

En face, la seconde aile en retour du château lui fait pendent, appuyée à la tour porte. Elle reste également prolongée par la chapelle Renaissance à la toiture surmontée d’un clocher en charpente. Le mur qui fermait jadis la cour du

château, de même que l’un des fossés et que le pont-levis de la tour-porte, disparurent au XIXe siècle. Aujourd’hui, un pont enjambe le seul fossé préservé ».

(A.Durlewanger, « Les châteaux de Champagne », Strasbourg, 1874, page 44)

Sources

(1) Arch. privées, P.H., notes de lecture, La Charie, 1930.

(2) Arch. Marne, E 560, Vitry-la-ville. (1656)

(3) Minitel, C.G. 51, Châlons, mariages. (1686)

(4) Minitel, C.G.51, Châlons, naisances. (1691-1695)

(5) Arch. privées, PH, paroissiaux St-Alpin, GG 7. (1719)

Pierre et Marie Lallemant

Pierre Horguelin des Ormes, né à Epernay en 1666,

fils de Jean Horguelin des Ormes et de Nicole Hennequin,

épouse (1693) Marie Lallemant, fille de Robert Lallemant

et de Madelaine Hanicq.

Louis XV en campagne : Lorraine, Palatinat, Milanais, 1733-1735

En février 1733, à la mort d’Auguste II de Saxe, roi de Pologne, le trône de Pologne est convoité par son fils Frédéric Auguste de Saxe, soutenu par l’Autriche et la Russie, et par Stanislas Leszczynski, soutenu par la France et l’Espagne.

Stanislas entre à Varsovie sous les acclamations de la foule. En octobre, Russes et Saxons convergent sur la capitale. Sans armée, Stanislas s’enfuit. Frédéric Auguste de Saxe s’empart du trône sous le nom d’Auguste III.

Le 10 octobre, Louis XV déclare la guerre à l’Autriche. Une armée française part en campagne sur le Rhin et une autre vers le Milanais autrichien.

Les deux fils de Pierre Horguelin et Marie Lallemant sont dans les armées du roi. L’aîné, Pierre Horguelin junior, dans le régiment de cavalerie du roi, part en campagne sur le Rhin.

Le cadet, Nicolas Horguelin, grenadier au régiment de Champagne, part vers le Milanais.

L’armée du Rhin, commandée par le duc de Berwick, entre en Lorraine (proche des Habsbourg. François III de Lorraine épouse (1736) Marie Thérèse, archiduchesse d’Autriche).

Les Français occupent Nancy (13 octobre 1733), franchissent le Rhin, s’emparent de Kehl et mettent le siège devant Philippsburg. Le duc de Berwick est tué peu avant la reddition de la place (12 mai 1734).

Au cours de cette campagne, Pierre Horguelin meurt à Oppenheim, localité située au nord de Philippsburg, sur la rive gauche du Rhin.

L’armée du Sud, commandée par le maréchal de Villars, pénètre en Italie par le Mont Cenis et prend aux Habsbourg la ville de Milan (3 avril 1733). Elle perd son commandant en chef le maréchal de Villars (17 juin 1734). Le 29 juin, les Français passent à l’offensive à Parme.

La bataille fait de nombreux tués et blessés. Les Autrichiens battent en retraite. (1)

Nicolas Horguelin a la jambe emportée au cours de cette bataille. Il est reçu à l’Hôtel des Invalides à Paris (22 septembre 1735). Il meurt à Aÿ en Champagne en 1738.

La famille de Pierre Horguelin, 1665-1748

Pierre Horguelin était-il officier du roi comme ses ancêtres ou bien vivait-il de ses rentes ? On l’ignore. Les emplois de son père et de son grand-père sont connus :

Jean Horguelin (son père) était maire royal et lieutenant général de police en la justice d’Aÿ. Pierre Horguelin (son grand-père) était Conseiller du roi, prévôt de la maréchaussée et lieutenant criminel de Robe courte à Epernay.

Cette famille était propriétaire d’un vignoble sur le terroir d’Epernay, au lieu dit « Les Horguelaines ». Ce lieu dit existe encore de nos jours au cadastre d’Epernay. (2)

Pierre Horguelin a 28 ans lorsqu’il épouse à Epernay le 21 avril 1693, Marie Lallemant, âgée de 18 ans, fille de Robert Lallemant résidant au « Pont d’Epernay ». Ils ont cinq enfants :

-Marie Magdelaine, baptisée à Epernay le 7 janvier 1694. Parrain : Augustin Durand. Marraine : Magdelaine Hanicq. L’enfant est décédé à Aÿ le 12 mars 1694.

-Pierre le jeune, baptisé à Epernay le 15 mars 1695. Parrain : Pierre Fagnier, seigneur de Sivry. Marraine : Marie Horguelin.

-Marie Magdelaine, baptisée à Epernay le 23 avril 1696. Parrain : Jean de l’Espine. Marraine : Magdelaine Lallemant.

-Nicolas, baptisé à Epernay le 3 mai 1697. Parrain : Nicolas Lallemant. Marraine : Anne Durand. Il est décédé à Aÿ, sans alliance, le 15 avril 1738, à l’âge de 41 ans.

-Claude, baptisé à Epernay le 12 août 1699. Parrain : Claude Guillemin. Marraine : Marie Ursule de l’Espine. L’enfant est décédé le 20 avril 1701. (3)

Pierre Horguelin le jeune, fils de Pierre l’aîné et de Marie Lallemant, épouse le 10 octobre 1722, par contrat passé devant Jacques Christophe Panteron, notaire à Strasbourg, Laure Valeol (ou Valiol), veuve de François Marlye. Ils ont deux enfants :

-Jacques Horguelin, né à Stasbourg en 1722. Il sert dans le Régiment de Piémont en 1747-48.

-Martin Horguelin, né en 1723. (4)

Notes

« L’or de Samuel Bernard », Varsovie, 1733

« L’ambassadeur de France en Pologne se démenait pour préparer l’élection de Stanislas, manœuvre qui consistait essentiellement à soudoyer grassement les électeurs les plus influents.

(…) Pour renflouer les caisses de l’ambassadeur, le gouvernement français fera appel à Samuel Bernard, un vieux financier qui tant de fois avait consenti des prêts au Roi-Soleil. D’origine huguenote mais converti au catholicisme après la révocation de l’Edit de Nantes, Bernard avait autrefois commandité quelques campagnes militaires de Louis XIV. A plus de quatre-vingt ans, il restait l’habile et indispensable bailleur de fonds, entraînant derrière lui le soutien de nombreux banquiers persuadés que l’élection d’un allié de la France au trône de Pologne, représentait une excellente affaire pour les investisseurs. Car la guerre qui menaçait pouvait se transformer en lucratif marché : ne faudrait-il pas alors fournir aux troupes vivres, fourrage, armes et poudres ? ».

(André Rossinot, « Stanislas, le roi philosophe », Lafond, 1999)

Les Horguelin-Lallemant, d’après Bertin du Rocheret, 1748

« VII. Pierre Horguelin V, seigneur des Ormes, demeurant à Epernay, 1688, y mourut , 1702. Epouse Marie Lallemant, fille de Robert Lallemant du Pont d’Epernay. Elle mourut à Aÿ, 13 janvier 1748, âgée de 73 ans. Eut :

-Pierre VI, qui suit.

-Nicolas Horguelin, Grenadier du Régiment de Champagne. Eut la jambe emportée à la bataille de Parme en Italie (1734). Placé aux Invalides à Paris, 1735. Mort à Aÿ, 1738.

-Madeleine Horguelin, Marie Madeleine Horguelin, née 1696, demeurant à Aÿ, 1752. Vend ses meubles, 1760, à Mr de Lareme.

VIII. Pierre Horguelin, seigneur des Ormes, né à Epernay. Va à l’armée 1726. Maréchal des logis dans le Régiment Cavalerie du Roy, 1730. Mort à Oppenheim, 1734.

Epouse à Strasbourg, par contrat passé le 27 novembre 1721 par devant Jacques Christophe Panteron, notaire (juré, scellé et légalisé par les Consuls et Sénat de cette ville, signé Lang, le 10 octobre 1722), demoiselle Laure Valeol (ou Valiol), veuve de François Marlye, marchand à Lyon, dont elle avait deux filles, Gothon et (blanc). Nièce de Jacques Feraillon qui la dotta d’un contrat de rente viagère au principal de 3.000 livres et luy assura 7.000 livres après sa mort, qui n’ont pas été payés. Non plus que les milles escus payables en 1724 par Marie Lallemant. Elle mourut 1726.

Eut :

-Jacques, né 1722.

-Martin, 1729.

IX. Jacques Horguelin, seigneur des Ormes, né à Strasbourg, 1722. Sert dans le Régiment de Piémont, 1747-1748.

(Bibl. nationale, D.B. 360, f° 5 verso)

Sources

(1) Google Web, « Campagne du Rhin, 1734 », page 1 (avril 2009).

(2) Google Web, « Les Horguelaines », Bulletin d’information, Préfecture de la Marne, p. 10 (mai 2006).

(3) Marne-archive.com, canton d’Epernay, 1693-1701 (avril 2009).

(4) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 5 verso.

Marie et Isaac Augustin Durant

Marie Horguelin des Ormes, née en 1663 paroisse

Notre-Dame à Châlons, fille de Jean Horguelin

des Ormes et de Nicole Hennequin, épouse (1686)

Isaac Augustin Durant, fils de Pierre Durant et

d’Anne l’Empereur.

« Œuvres tant bonnes que mauvaises » de Bertin du Rocheret, 1744

Les manuscrits de Bertin du Rocheret sont dispersés entre la Bibliothèque nationale, la bibliothèque d’Epernay et la bibliothèque de Châlons. Le manuscrit 124 de Châlons est intitulé : « Œuvres meslées tant bonnes que mauvaises de M. le président Bertin du Rocheret d’Epernay (…) ». On y trouve un mélange de travaux généalogiques, de lettres, et d’écrits moins sérieux comme : « Chansons pour Madame Durant, ma belle-sœur », ou encore : « La présidente », texte en vers où il se moque de lui-même, de sa femme Anne Durant (la présidente) et de Marie Horguelin des Ormes, sa belle-mère.

« Avec bon appétit, la dolente Nannete

fut mariée à certain Président.

Mallepeste ! Un génie ! Un grec ! Un vrai scavant !

qui nous lisait, tout courant, la gazette.

C’était, selon sa Mère, un party bien brillant,

Mais c’était pour la fille, une bien mince emplette.

Toujours sur des papiers, toujours sur des écrits,

las ! Il ne songeait guerre au devoir des maris.

En moins de rien, de la pauvre fillette,

vous eussiez vû tous les appats flétris.

-- Ma fille, qu’as-tu donc ? dit la Mère inquiette,

dis moy, quel est ton mal ? comme te voila faite !...

-- Brulez ces livres là, ma Mère, ou je péris…

-- Comment de votre époux, oh, petite indiscrette,

osez-vous bien ainsy parler avec mépris ?

C’est un philosophe, un Poëte,

ses ouvrages sont d’un tel prix

qu’ils passeront, après luy, d’âge en âge ;

osiez-vous vous flatter jamais d’un pareil sort ?

-- ma Mère, pour jouïr d’un si rare avantage

il fallait l’épouser cent ans après sa mort. (1)

La famille d’Isaac Augustin Durant, 1686-1753

Les Durant d’Epernay appartiennent à une famille d’officiers du roi. Pierre Durant (1619-1707) est Conseiller Procureur du Roy en l’élection d’Epernay.

Isaac Augustin (1660-1715), son fils, est greffier au Bailliage et Prévôté d’Epernay (1684).

Il épouse (1686), par dispense du Pape, sa cousine au 3ème degré Marie Horguelin, fille de Jean Horguelin, seigneur des Ormes, et de Nicole Hennequin. Enfants :

Pierre, né en 1686, décédé le 8 décembre 1693.

Anne, née le 14 avril 1690. Elle épouse à Aÿ le 13 septembre 1717 Valentin Philippe Bertin du Rocheret, seigneur de l’Aulnoy, président de l’élection d’Epernay, fils d’Adam Bertin et de Marie Lallemant. Anne Durant est décédée le 8 novembre 1753 et inhumée à Aÿ.

Isaac Augustin, né à Aÿ le 26 mars 1693, qui suit.

Marie Anne, morte jeune.

Benjamin, mort jeune.

Jean, né à Epernay en 1697. « Mangé par un cochon dans son berceau chez sa nourrice ».

Isaac Augustin Durant II (1693-1753), fils d’Isaac Augustin et de Marie Horguelin, seigneur de Vivier-le-Comte, lieutenant de la Prévôté de l’hôtel du Roy et grande Prévoté de France, épouse à Aÿ le 16 janvier 1722, Marie Antoinette Billecart, fille de Pierre Joseph Billecart, conseiller au Présidial de Châlons, et de Marie Jeanne Ribet. Ils ont six enfants. (2)

Pièces originales

Testament de Marie Horguelin des Ormes, 1724

« Ce jourd’huy cinquiesme décembre mil sept cent vingt quatre, ayant (été) requis par demoiselle Marie Horglin (Horguelin), veuve de feu Isaac Augustin Durant, pour luy administrer les sacrements après l’avoir entendue en confession, elle m’a prié de vouloir recevoir aussi son testament et ordonnance de ses dernières volontés, et par ycelui a donné et légué à Monsieur Jean Horglin (Horguelin) son frère, pour la bonne amitié qu’elle luy porte et les bons offices qu’elle a eu de luy, la somme de deux cent livres de rente viagère, payable de un mois en un mois et par avance.

Au surplus des autres dispositions, s’en est rapporté à ses enfans et à la prudence et conduite desquelles elle se repose autrement.

Fait en présence de Maître Pierre Joseph Billecart, conseiller au présidial de Châlons, et de François Lépine, contrôleur des actes à Aÿ, lequel (…) acte par moy lu et relu à ladite testatrice qui, après l’avoir bien entendu et avoir de parolle dicte de même, a dit que sa dernière volonté ; laquelle testatrice a déclaré ne scavoir signer à cause de sa grande faiblesse ».

(Bibl. nationale, manuscrit français n° 15.174, f° 98)

Reconnaissance d’Isaac A. Durant & de Philippe V. Bertin du Rocheret, 1724

« Nous sousignez Isaac Augustin Durant, officier chez le Roy en sa grande Prévosté de France, et Philippe Valentin Bertin du Rocheret, Conseiller du Roy, Président de l’Election d’Epernay, à cause de Dame Anne Durant mon épouse que j’authorise à l’effet des présentes.

Reconnaissant la dernière volonté de Dame Marie Horguelin, veuve de feu M. Isaac Augustin Durant, notre père et belle-mère, entendons que Mr Jean Horguelin, notre Oncle, aye sa demeure pendant la vie durant en la maison dans laquelle notre ditte mère demeure actuellement, et promettons, conformément aux dernières intentions qui nous sont connues, de payer audit sieur Horguelin notre oncle, la somme de deux cent livres par an, par forme de pension viagère, laquelle pension sera éteinte au jour de sa mort.

Fait à Ay, le cinq décembre 1724, et laissé le présent acte à Mr Pierre Joseph

Billecart, conseiller au Présidial de Châlons, pour l’exécution duquel donnons tout plein pouvoir ».

(Bibl. nationale, manuscrit français n° 15.174, f° 99)

Lettre d’Anne Durant à son mari à Paris, 1742

« A Monsieur

Monsieur le Président Bertin du Rocheret

A la petite Vertus, rue des Arcis, à Paris

Mon cher Mari,

Il me fait plaisir que tu sois arrivé en bonne santé et suis bien aise que nos amys se portent bien. Je les salue. Vous ne dite rien de Mr du Doigt.

Je suis très obligé à Madame de Beaulieu de l’honneur de son souvenir. Assure la de mes civilités et dis lui que je prends beaucoup de part à l’incommodité de son fils, et je souhaite de tout mon cœur qu’il soit bientôt guéri.

Le vin de Madame de Dampierre est tiré en bouteilles.

Je vous presse du retour de Madame de Moncour et du séjour de Madame de Dampierre, pour le jugement de votre affaire, et faite en sorte de revenir avec Mr de Moncour, je vous en prie.

Mon oncle (Jean Horguelin des Ormes) est assez tranquil et voici une lettre que je vous envoie qui lui est adressée (lettre de Jean Horguelin de Breslau).

Mitridate se porte bien. La petite chatte de Madame Durant est morte. Je suis presque débarrassée pour jusqu’à recommencer. C'est-à-dire qu’il faut laisser (…) les soucis.

Le fils aîné de Madame Le Ducque est tué et elle est inconsolable. Elle part lundi pour Paris. Ces morts sont fréquentes que ça nous doit faire penser à nous.

Je suis votre sincère D. B. »

Note

Bertin du Rocheret, par René Gandilhon, 1961

« Bertin du Rocheret (Valentin-Philippe), historien, né et mort à Epernay (12 avril 1693 – 30 juillet 1762). Issu d’une famille de commerçants en vins de Champagne, avocat au Parlement de Paris en 1711, il revint se fixer à Epernay en 1717, date à laquelle il se maria avec Anne Durand, recevant de son père le brevet de l’élection d’Epernay. Il acquit plus tard les charges de grand voyer et de lieutenant criminel du bailliage. Esprit ouvert et porté à l’étude, « quelque peu débauché mais avec décence », il composa d’innombrables généalogies et envoya des copies de documents à l’abbé Bignon, bibliothécaire du roi. Par ailleurs, il rédigea une Histoire d’Epernay, d’une valeur toute relative sauf pour les derniers siècles, un Journal des états tenus à Vitry-le-François en 1744 (publié en 1864), diverses monographies, études, poésies érotiques, qui ne furent pas imprimées de son vivant. Il avait en outre composé une Histoire militaire, un Traité de la religion, et des Maximes politiques et philosophiques qui ont disparu.

Il est problable que ses dernières œuvres lui furent inspirées par son affiliation à la franc-maçonnerie, à laquelle il adhéra en septembre 1737. Il semble même avoir été le fondateur d’une sorte de tiers ordre maçonnique : l’ordre de la Félicité.

De très nombreux manuscrits de ses œuvres sont conservés aux Bibliothèques d’Epernay et de Châlons et à la Bibliothèque nationale. Certains ont fait l’objet de publications.

R. Chandon de Briailles et H. Bertal, Sources de l’histoire d’Epernay, Ière série, Archives municipales d’Epernay (XVIème s.), XLI-XCVI et 251-377 ».

Et Roman d’Amat, Dictionnaire de biographie française, Paris, 1961, tome 4, page 250 (texte de R. Gandilhon).

Sources

(1) Bibl. de Châlons, manuscrits 124 et 125, Œuvres du président Bertin du Rocheret, 1732-1744, tome II, page 384.

(2) Bibl. nationale, Dossier bleu 344, folio 2 verso.

Jean Horguelin, conseiller du roi

Jean Horguelin des Ormes (1666-1744), Conseiller du roi à Epernay, fils de Jean Horguelin,

et de Nicole Hennequin.

Les guerres contre la Ligue d’Augsbourg et l’Empire ottoman, 1689-1699

« Jean Horguelin (…) servit en Flandres 1684, en Allemagne, en Italie, en Morée. Pris par les Turcs. Revint de l’esclavage 1703 ». (1)

Autrement dit, entre 1684 et 1703 (de 18 à 40 ans), Jean est présent sur les différents fronts de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1693) et sur les champs de bataille de Morée, où s’affrontent la République de Venise et l’Empire ottoman (1694-1703).

Sur le front du Rhin (1688), le colonel général de dragon de Boufflers prend la forteresse de Mayence. Vauban fait le siège de la forteresse de Philippsbourg qui capitule après trente deux jours.

Sur le front des Pays-Bas espagnols (1689), le maréchal de Luxembourg se bat contre Guillaume d’Orange. Il remporte les victoires de Fleurus (1689), Steinkerke (1692) et Neerwinden (1693), localités situées dans la Belgique actuelle.

Sur le front de l’Italie, plus précisément du Piémont, le maréchal de Catinat combat Victor Amédée II de Savoie et remporte sur lui les victoires de Staffarda (1690) et de La Marsaille (1693).

Après ces dix années de campagnes au service du roi Louis XV, Jean Horguelin passe au service de la République de Venise, pour la reconquète de la Morée (Péloponnèse actuel) sur les Ottomans.

En 1687, sous le commandement de Morosini, les Vénitiens prennent toutes les places de Morée et vont jusqu’à Athênes. La guerre se prolonge jusqu’en 1699, date à laquelle est signé le traité de Karlowitz. La Morée revient à Venise. (2)

On peut penser que Jean est capturé par les Turcs avant la fin de cette guerre et qu’il part « en esclavage » pour trois ans, sa libération intervenant en 1703.

Les emplois ecclésiastiques : Corroy, Meaux, Noyon, 1704-1734

Jean Horguelin est clerc tonsuré en 1682 (16 ans). Mais sa présence dans l’église n’apparait dans les archives que vingt ans plus tard.

Il est d’abord actif comme officier de justice, dans l’emploi de contrôleur général des exploits (enregistrement des actes judiciaires). Puis il est à l’armée jusqu’en 1703.

On le retrouve ensuite titulaire de la chapelle Saint-Nicolas de Corroy.

Le village de Corroy est situé à 40 km au sud d’Epernay, près de Fère Champenoise.

« Sous l’ancien régime, Corroy a eu un couvent des Prémontrés, un titulaire de la chapelle saint Nicolas et un de celle de saint Sébastien » (4)

Jean est dit par la suite « chanoine honoraire de l’église cathédrale de Meaux ».

En 1734, enfin, il compose une ode en latin de 16 strophes, pour complimenter l’évêque de Bourzac, lequel fait son entrée solennelle dans la ville de Noyon où il a été nommé.

L’ode est imprimée et conservée à la Bibliothèque nationale. (5)

D’autre part, une lettre de 1734 nous apprend que Jean a vraisemblablement hérité des vignes et du pressoir des Horguelin des Ormes à Aÿ. Son correspondant, le banquier Horguelin de Breslau, le laisse entendre :

« C’est par le canal de Monsieur le conseiller de Sancy que j’ai l’honneur de vous écrire cette lettre ; il m’a offert obligeamment de ses vins de Champagne et je le prie de m’en envoyer deux paniers. Si vous croyez, Monsieur, ceux de votre crû meilleurs que ceux du sien, et que vous voulussiez bien avoir la bonté d’y joindre aussi un panier, je vous en signerai le montant au premier avis, et continuerai d’année en année à vous en faire la demande ». (6)

Jean Horguelin est décédé à Aÿ, chez le président Bertin du Rocheret, le 23 juillet 1744.

Pièce originale

Ode à l’arrivée de Monsieur de Bourzac, 1734

Note manuscrite en marge de l’imprimé : « ode à l’arrivée de Mr de Bourzac. Il arriva à Noyon le 3 avril 1734 à 8 h. du matin, et il alla (…) voir tous les chanoines et prêtres avant son installation le 12. Les doyens du chapitre S. Etienne (de Meaux ?) se rendirent à Noyon pour le complimenter ».

(L’ode se compose de 16 strophes en latin. Nous en présentons quatre « pour mémoire »).

Illustrissimo Ecclesiae Principi Joanni-Francisco de la Cropte de Bourzac,

Noviomensium episcopo et comiti, pari franciae, pro solemni urbem ingressu.

Ode

Unico mater viduata nato,

Bella quem dudum retinent morantem,

Anxia Divos prece, qua redonent,

Usque fatigat

Sic quibus Pastor datus es regendis,

Triste suspirant populi fideles,

Dum pio tete nimium recusas

Cernere amori

Longer si tandem, Pater ô ! tuorum

Vota non spernis, venias precamur,

Nos ames blando recreate vultu.

Optime praesul

En venis : Soles melius nitere ;

Civitas festo resonare cantu ;

Praesulem tantum sibi gratulando

Quisque superbit (…)

Joannes Horguelin

Canonicus Regularis

Gymnasiarchus Collegii.

La famille de Bourzac est originaire de Dordogne. Jean François de Bourzac est évêque et comte de Noyon de 1734 à 1766. Il est précédé de Claude de Rouvroy de Saint-Simon (1731-1733) et suivi par Charles de Broglie (1766-1777). Le diocèse de Noyon est supprimé le 12 juillet 1790.

Sources

(1) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 5 verso.

(2) Google Web, « La Ligue d’Augsbourg », avril 2009.

(3) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 5 verso.

(4) Chalette, « Dictionnaire des communes du département de la Marne », Châlons, 1845, p. 218.

(5) Bibl. nationale, YC/3148, Ode, 1734.

(6) Bibl. nationale, D.B. 360, folio 39.

Jean et Madeleine Caure

Jean Horguelin, conseiller du roi à Châlons,

baptisé paroisse Saint-Nicaise le 31 août 1646,

fils de Nicolas Horguelin et de Nicole Nobily,

épouse (1672) Madeleine Caure, fille de Pierre

Caure et de Marie Talon.

Le prévôt général de Champagne, 1641

Un édit de décembre 1641 crée un prévôt général dans la généralité de Champagne.

Le prévôt est un officier préposé pour réprimer les désordres des gens de guerre et pour veiller à la sureté des grands chemins dans l’étendue de la généralité. Au prévôt étaient adjoints deux lieutenants, quatre exempts, un assesseur, un procureur, un avocat, trois greffiers, cinquante archers, un commissaire, un contrôleur, trois receveurs payeurs.

Le prévôt passe, chaque année, une revue générale de la prévôté ; les commissaires et contrôleurs dressent procès-verbal de cette opération.

Par lettre de provision d’office du 27 janvier 1687, Jean Horguelin est pourvu de l’office de « commissaire pour les montres (revues) du prévôt général de Champagne ». (1)

En 1706, lors du mariage de sa fille Jeanne avec Claude de Rosne, Jean est dit : « conseiller du roy, assesseur et commissaire en la maréchaussée générale de Champagne ». (2)

La famille de Jean Horguelin

Jean Horguelin épouse en 1672, par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons, Madeleine Caure, fille de Pierre Caure et de Marie Talon. (3)

Ils ont onze enfants, tous baptisés paroisse Sainte-Marguerite, dont :

Nicolas, baptisé le 6 octobre 1673. Parrain : Nicolas Horguelin, notaire royal ; marraine : Marie Talon. Il épouse le 16 février 1710 Marie Anne Marchand. (4)

Jeanne, baptisée le 19 décembre 1674. Elle épouse (1706) Claude de Rosne, fils de feu Jean de Rosne et de Marie Vatier. (5)

Marie-Hélène. Elle épouse le 17 février 1722, Edouard de Linage, fils de feu Ignace de Linage, écuyer, seigneur de Saint-Mard-les-Rouffy, et de feue Claude de Combles. (6)

Pierre François, baptisé le 21 mars 1689. Il épouse (1730) Anne Le Chat des Pavillons, née le 29 mars 1709, paroisse de Flornoy (près de Wassy), fille de Nicolas Le Chat, écuyer, sieur des Pavillons, ci-devant capitaine au régiment de Champagne, et d’Elizabeth de Beaunière. (7)

Jean Horguelin est décédé paroisse Ste-Marguerite le 16 février 1715 (8)

Pièces originales

Blason de Jean Horguelin, 1700

« Jean Horguelin, Conseiller du Roy, assesseur en la Maréchaussée générale de Champagne, porte d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux panaches de sinople adossés, et en pointe d’une teste de more de sable tortillée d’argent ».

(Bibl. nationale, Armorial général, Généralité de Châlons, 1700, n° 113, folio 334)

Sentence du bailli de Châlons, 1710

Jean Horguelin s’oppose au mariage de son fils aîné Nicolas.

Le 7 août 1710, Nicolas Parchappe, écuyer, chevalier, seigneur de Vinay, lieutenant du Roy au gouvernement d’Epernay, grand bailly de Chaalons, prend connaissance d’une requête présentée par Nicolas Horguelin. Exposition de la requête :

« Estant majeurs, scavoir ledit Nicolas Horguelin de trente sept ans et ladite Marie Marchand de trente six ans, se voyant et depuis plus de douze ans (…) dans la veue du mariage, ils ont plusieurs fois, en différents temps, communiqué respectueusement chacun au sieur et damoiselle leurs pères et mères, avec prière (…) de leur accorder leur consentement (…) ».

Sentence du bailli :

Les futurs sont tenus de faire faire par notaire trois sommations « en différents jours » auprès de leurs parents, après quoi ils pourront passer outre, « pour qu’il ne puisse leur être, par les dits sieur et damoiselle leur père et mère, ny autre, rien supporté de préjudiciable à leurs droits ».

Les notaires Claude Faron et Pierre Sordel, chargés des sommations, rendent compte de chacune des trois visites qu’ils font « en la maison et domicile desdits sieur et damoiselle Horguelin » les 11 août « heure de quatre de relevée », 16 août « heure de trois de relevée » et 19 août 1710.

(Arch. Marne, 4E 9399, minutes Sordel, 1710)

Acte de mariage d’Edouard de Linage, 1722

Paroissiaux de Sainte-Marguerite, mariage, 17 février 1722.

« Messire Edouard Linage, Ecuyer, Seigneur de Saint-Mard-lez-Rouffy, fils de feu Messire Ignace Linage, Ecuyer, Seigneur dudit lieu, et de feue dame Claude de Combles, et damoiselle Marie-Hélène Horguelin, fille de feu Jean Horguelin, Conseiller du Roy, et de dame Madeleine Caurre (Caure), ont été mariés ».

(Riocour, Arch. des actes de l’état civil de Châlons-sur-Marne, 1895, n° 382, folio 177)

Dispense de bans, évêché de Châlons, 1730

Paroisse Sainte-Marguerite, 31 août 1730.

« Dispense de deux bans, de Pierre François Horguelin, de la paroisse Sainte-Marguerite, et d’Anne des Pavillons, de la paroisse de Flornoy (près de Wassy) ».

(Arch. Marne, G 75, folio 111)

Acte de baptême d’Anne des Pavillons, 1709

Paroisse de Flornoy, baptême, 29 mars 1709.

« Anne Madelaine, fille de Nicolas Le Chat, Ecuyer, Sieur des Pavillons, ci-devant Capitaine au Régiment de Champagne, et de damoiselle Elizabeth de Beaunière, est née de légitime mariage, le 29e Jour de mars 1709 et le même jour a été baptisée par moi curé sous signé.

A eu pour parrain Jacques Le Page de la paroisse de Villers-au-Bois, et pour marraine damoiselle Anne de Beaunière de cette paroisse, qui ont signé.

Colombat, curé de Magneux ».

(Arch. Haute-Marne, paroissiaux de Flornoy, 1692-1716, folio 11/79)

Acte de mariage Horguelin-des Pavillons, 1730

«Ce jourd’huy 4 septembre 1730, après les publications de bans faites une fois dans l’église paroissialle de Ste-Marguerite de Chaalons, suivant le certificat de Monsieur le Roy, curé de la dite paroisse en datte du 28 août dernier, cy représenté, et en l’église paroissialle de St-Julien de Flornoy le 28 dudit mois, jour de la feste patronale dudit lieu, aussy suivant le certificat de Monsieur Jobert, curé dudit Flornoy, pareillement représenté, ensuitte d’une dispense des deux autres bans, accordée par Monsieur de Vienne, vicaire général de Monseigneur l’Evesque de Chaalons le dernier jour dudit mois d’août dudit an, signé dudit Sr de Vienne, demeurant registrée, intimée et controlée audit Chaalons ledit jour dernier août, signé Bouche, dont j’ay donné connaissance.

Et après les fiançailles célébrées le jour d’hyer en l’église paroissialle de Sommermont, par ledit Jean Horguelin, prêtre curé de Sommièvre du diocèse de Chaalons, j’ay, en ladite église de Sommermont, du consentement de monsieur Doüde, prètre curé dudit lieu, interrogé Pierre François Horguelin, fils de défunct Jean Horguelin et de défuncte demoiselle Madelene Caure, de la paroisse de Ste Marguerite de Chaalons, et demoiselle Anne Lechat des Pavillons, fille de défunct Nicolas Lechat des Pavillons, écuyer, ancien capitaine au régiment de Champagne, et de dame Elisabeth de Baunière, de la paroisse de Flornoy.

Et leur consentement mutuel par eux donné, j’ay par parole de présent conjoint en mariage et à iceux donné la bénédiction nuptiale, en présence de leurs parents et amis soussignés avec moy, et le tout conformément aux statuts du diocèse de Chaalons, et du consentement desdits prêtres curés de Ste-Marguerite dudit Chaalons, de Flornoy et Sommermont que les parties ont choisi pour le lieu de la célébration de leur mariage.

Ainsy signez en l’autre registre : Horguelin, Anne des Pavillons, Elisabeth de Baunière, Marie de Baunière, Jacques de Sommermont, Philippe Lechat de Sommermont, Lelarge, Jean Horguelin et de moy ».

(Arch. Haute-Marne, 1E477/1, Sommermont, 1730)

Note

« Un hôtel du 17e siècle », rue St-Nicaise à Châlons

L’Annuaire des monuments historiques de France, signale qu’un hôtel du 17e siècle, situé aujourd’hui au n° 18 de la rue Pasteur à Châlons, a deux éléments remarquables : son portail et son sous-sol.

« Une porte cochère s’ouvre sur un passage qui permet d’accéder à une courette et au corps arrière. En fond de parcelles, sous le corps arrière, il existe une cave de plan carré. Elle est composée de deux vaisseaux de deux travées carrées voûtés d’ogives qui retombent sur un pilier central dont le chapiteau est caractéristique du 13e siècle.

La porte cochère est cantonnée de deux pilastres cannelés à chapiteau composite. L’arc plein-cintre est orné d’une petite frise, les écoinçons sont décorés de rameaux courant à la rencontre d’un écusson dont les armoiries sont effacées. C’était probablement celles de la famille Horguelin, les propriétaires, qui étaient représentées ».

(Internet, Ministère de la Culture, base de données Mérimée, 2006)

Louis Grignon apporte les compléments suivants :

« L’une de ces maisons (de la rue Saint-Nicaise), celle des Billet, plus tard seigneurs de Fagnière, Saint-Martin-aux-Champs et Maucourt, passa en 1699 aux mains de la famille Horguelin. »

(L. Grignon, Topographie historique (…), Châlons, 1889, page 255)

Sources

(1) Arch. Marne, C 2514, f° 46, Bureau des finances, 1687.

(2) Arch. Marne, G 72, f° 250, dispense de mariage, 1706.

(3) Arch. Marne, 4E 15367, répertoire Roget, f° 109, 1672.

(4) Arch. Marne, GG 83, f° 210, Ste-Marguerite, 1710.

(5) Arch Marne, G 72, f° 250, dispense de mariage, 1706.

(6) Riocour, Ste Marguerite, n° 382, page 177, 1722.

(7) Arch. Marne, G 75, f° 111, dispense de mariage, 1730.

(8) Arch. Marne, GG 83, f° 210, Ste-Marguerite, 1715.

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Au dix-huitième siècle

Jean & Madeleine Horguelin

Marie & Antoine Achard

Marie-Jeanne, supérieure de la Doctrine

Jacques & Louise Jeanne Crommelin

Pierre & Jean Horguelin, prieurs de Moncetz

Marie-Jeanne et Sigismond de Redern

Jean Sigismond de Redern & Henriette de Montpezat

Jean et Madeleine Horguelin

Jean Horguelin (1682-1745), banquier à Breslau,

fils de Jérémie Horguelin, bourgeois de Châlons-

en- Champagne, et de Marie Cadet, épouse à Breslau

Madeleine Horguelin, fille de Pierre Horguelin et

de Madeleine Chef d’Hostel.

Le voyage en Pologne de Marie Charlotte Sobieska, 1735

Marie Charlotte Sobieska (1697-1740), fille de Jacques Sobieski (et petite fille de Jean Sobieski, roi de Pologne), épouse en premières noces (1723) Frédéric de la Tour d’Auvergne, prince de Turenne, et en secondes noces (1724) Charles Godefroy de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon (frère du précédent), dont deux enfants : Marie Louise (1725) et Henri (1728).

En septembre 1735, Marie Charlotte entreprend un voyage en Pologne pour visiter son père au château de Zolkiev en Galicie. Elle doit passer par Breslau. Le duc de Bouillon charge les banquiers Horguelin (Jean et son cousin Abraham) des avances de fonds et de l’expédition de la correspondance. Le chevalier de Bacqueville, gouverneur du duché de Bouillon, fait partie du voyage. Il écrit au duc en octobre 1735 pour lui indiquer comment faire cheminer le courrier :

« Faites toujours passer les lettres par Monsieur Richer pour Messieurs Horguelin, ou bien, Monseigneur, escrivez en droiture en Hollande à l’adresse ci-dessous : à Messieurs Jean et David van Melkeren à Amsterdam, puis (les lettres) iront à Messieurs Horguelin à Breslau ». (1)

Le 22 avril 1736, ce sont les « Horguelins » qui écrivent au duc de Bouillon :

« En conformité des ordres que Votre Altesse nous donne par la lettre qu’elle nous a fait la grâce de nous écrire, du 19èemars, nous aurons soin de pourvoir Monsieur le chevalier de Bacqueville de l’argent dont il pourra avoir besoin, et nous accomoderons au terme que Votre Altesse nous indique lui estre le plus convenable ». (2)

Le voyage de la princesse d’Auvergne, 1736

En mai 1736, Marie Louise de la Tour d’Auvergne, fille du duc de Bouillon et de Marie Charlotte Sobieska, fait à son tour le voyage de Pologne. Elle est âgée de 11 ans.

Le 27 mai, Jean Horguelin écrit au duc de Bouillon : « Lorsque Madame la Princesse Votre fille arrivera (à Breslau), nous nous ferons un devoir, un honneur et un véritable plaisir de lui prêter toutes nos attentions pour lui faciliter la continuation de son voyage et lui marquer à tous égards nos empressements pour son service ». (3)

La lettre suivante est datée du 8 juillet : « Monseigneur, voici une incluse de Monsieur de Bacqueville qui marque à Votre Altesse l’heureuse arrivée de Madame la Princesse d’Auvergne avec toute sa suite. Monsieur Bourgeois nous a remis la lettre que Vous nous avez fait l’honneur, Monseigneur, de nous écrire et, en conformité de vos ordres, nous lui fournirons avec plaisir l’argent dont il pourra avoir besoin, tant pour la continuation du voyage que pour son retour,

de quoy Votre Altesse sera informée en temps. » (4)

Le décès de Marie Charlotte Sobieska, 1740

Jacques Sobieski est décédé au château de Zolkiev le 18 décembre 1737, à l’âge de 70 ans.

Marie Charlotte Sobieska, sa fille, est décédée en ce même lieu, le 8 mai 1740, à l’âge de 42 ans. Ses jeunes héritiers sont sa fille Marie Louise, âgée de 15 ans, et son fils Henri, âgé de 12 ans.

Leur père, le duc de Bouillon, fait rapatrier leur part d’héritage au château de Navarre en Normandie. Le chevalier de Bacqueville et Jean Horguelin rassemblent les meubles et autres effets à Breslau, puis les expédient par mer jusqu’au port de Rouen. L’invasion de la Silésie par Frédéric II de Prusse le 16 décembre 1740, ne facilite pas les choses.

Le 5 octobre 1740, Monsieur Linotte, intendant de l’hôtel de Bouillon à Paris, fait savoir au duc « qu’Eustache est arrivé avec les meubles et effets à Breslau où il les a déposés chez M. Horguelin et qu’à l’égard de la porcelaine, M. Horguelin la doit embarquer dans deux ou trois jours dans un vaisseau pour France. » (5)

Le 14 novembre, Jean Horguelin écrit à M. Linotte : « Je compte que vous aurez avis de Strasbourg sur l’expédition des onze ballots pour Rouen ou pour Le Havre. J’attends de mon côté des nouvelles sur cette expédition de Hambourg, quoique j’y ai écrit, par ordre de M. le chevalier de Bacqueville, que si on y apprenait qu’il y ait rupture entre la France et l’Angleterre, qu’on garde les dicts effets à Strasbourg plutôt que de les exposer aux écumeurs de mer ». (6)

Le 22 février 1741, M. Linotte écrit à M. de Bacqueville : « Nous avons enfin des nouvelles que le vaisseau de Hambourg est arrivé au Havre et qu’il doit se rendre à Rouen. Vraisemblablement on fera porter à Navarre les ballots. » (7)

L’arrivée des Prussiens en Silésie, 1740

On trouve dans les courriers de Bacqueville et Linotte, les commentaires de Jean Horguelin sur les évènements :

Bacqueville : « M. Horguelin, dans sa lettre du 23 décembre (1740) me dit que les Prussiens sont en pleine marche et à huit lieues de Breslau, vivant en discipline et payant tout régulièrement, sans qu’on sache bien ce qu’ils entendent faire. » (8)

Linotte : « J’ai reçu aujourd’hui (…) une lettre de M. Horguelin, datée du 28 janvier (1741) qui nous apprend que l’armée du roi de Prusse s’est emparé du château d’Ohlau (propriété des Sobieski), des chevaux Isabelle donnés à Son Altesse (le duc de Bouillon) par M. le prince de Radziwill, et des effets appartenant à la succession du prince Jacques (Sobieski) qui étaient dans le château d’Olhau. M. le duc de Bouillon est dans le dessein d’en écrire à Sa Majesté prussienne. » (9)

La prise de Breslau inquiète le pasteur Achard, beau-frère de Jean Horguelin. Il en fait part à Charles Etienne Jordan, littérateur à Berlin, lequel écrit au roi Frédéric II (31 décembre 1740) :

« Sire, Berlin est rempli de la prise de Glogau, les gazettes en parlent. On circonstancie ce fait jusqu’au point de dire que le siège en a duré quatre heures et que chaque heure a coûté cent hommes qui y ont perdu la vie. (…)

Le ministre Achard est inquiet sur le sujet de son beau-frère Horguelin, un des plus riches marchands de Breslau, comme Votre Majesté pourra le voir par ce billet qu’il m’écrit. Je l’ai assuré qu’il devait se tranquilliser et qu’il n’avait rien à craindre dans cette circonstance, ni pour son parent ni pour son bien qui y est en dépôt. » (10)

La famille de Jean Horguelin

Jean Horguelin quitte sa maison familiale de la Toison d’Or à Châlons en 1696, à l’âge de 14 ans. Il est envoyé par son père en apprentissage chez son oncle Pierre Horguelin, banquier à Breslau.

A Châlons, Jean laisse une sœur, Marie-Jeanne, qui sera Supérieure de la Doctrine, et un frère, Jacques, qui s’établira banquier à Paris puis à Berlin.

A Breslau, son oncle a trois filles et un fils : Madeleine qui épousera Jean, Marie qui sera la femme du pasteur Achard à Berlin, Suzanne qui épousera le pasteur Lorent à Berlin, et Abraham qui restera célibataire à Breslau.

Jean et Madeleine n’auront pas d’enfant.

Madeleine et Abraham lègueront leurs biens à Jean : elle, dans son testament du 14 juin 1736, et lui, dans son testament du 22 décembre 1733. (11)

Jean est décédé à Breslau en 1745. Ses obsèques ont lieu le 26 septembre à 9 heures du soir. La communauté réformée de la ville chante la cantate : « Il a répandu ses biens, il a donné aux pauvres, sa justice demeure à jamais ». (2.Cor.IX.9). (12).

Pièces originales

Lettre du duc de Bouillon, 30 mai 1736

« Copie de la lettre de Son Altesse à Messieurs Horguelin, banquiers à Breslau.

A Paris, le 30e may 1736.

Le sieur Bourgeois, Messieurs, que j’ay chargé de conduire Madame de Bouillon, ma fille, à Zolkiev ou à l’endroit que se trouvera pour lors la Cour du Prince Royal de Pologne, pouvant avoir besoin de quelque argent pour continuer ce voyage ou pour revenir après qu’il aura laissé ma fille à la Cour de son grand-père, je vous prie, Messieurs, de luy donner la somme qu’il pourrait vous demander, laissant à sa prudence et à son oeconomie de ne vous demander que ce qui luy sera nécessaire. J’auray soin de vous faire rembourser icy de ce que vous luy avancerez, en me faisant remettre la reconnayssance vous obligerez infiniment Messieurs.

Signé : le Duc de Bouillon ».

(Arch. nationales, 273 AP 205, dossier 1, 1735-1737).

Lettre des « Horguelins », 8 juillet 1736

« Monseigneur,

Voici une incluse de Monsieur de Bacqueville qui marque à Votre Altesse l’heureuse arrivée de Madame La Princesse d’Auvergne avec toute sa suite, ici. Monsieur Bourgeois nous a remis la lettre que vous nous avez fait l’honneur, Monseigneur, de nous écrire, et en conformité de Vos ordres, nous lui fournirons avec plaisir l’argent dont il pourra avoir besoin, tant pour la continuation du voyage que pour son retour, de quoy Votre Altesse sera informée en temps.

Monsieur Richer de Paris Lui présentera dans peu, deux lettres de change que Monsieur de Bacqueville a passées sur Elle pour nos avances précédentes. L’une est de 2325 livres, payable à la fin du mois d’aoust ; l’autre de 2000 livres payable à la my aoust aussi prochain.

La première pour débours faits pour S. A. Madame la Duchesse, et l’autre pour fournitures faites à Monsieur de Bacqueville. Nous supplions Votre Altesse de donner l’ordre que ces deux lettres soient acquittées au dit Sieur Richer à l’échéance, et de nous faire la grâce d’être très persuadée de tout notre empressement pour son service, et qu’on ne peut estre plus dévotement que nous le sommes, Monseigneur, de Votre Altesse, les très humbles et très obéissants serviteurs.

Horguelins

A Breslau le 8e juillet 1736. »

(Archives nationales, 273 AP 250, dossier 1, 1735-1737)

Lettre de Jean Horguelin, 26 janvier 1741

A M. Linotte.

« Monsieur,

J’ay reçu les deux dernières que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, du 7e et 11e de ce mois. L’incluse pour M. le comte de Proskau lui a été remise en main propre, de même qu’une précédente qui m’avait été adressée par M. Richer.

Je croyais le navire chargé de vos bagages déjà arrivé à Rouen. Je vois avec déplaisir le contraire. Dieu veuille qu’il arrive encore à bon port et qu’il n’aye point souffert du grand orage qui, à ce que je vois, a été général partout, ayant été aussi furieux en ces quartiers.

Vous serez apparemment informé de l’entrée des Prussiens dans ce païs de Silésie. Il y avait 300 hommes d’Impériaux dans la ville d’Ohlau lorsque les Prussiens s’y présentèrent. Ils se retirèrent de la ville au château, en vue de s’y deffendre. Lorsqu’ils virent que les Prussiens étaient prêts à les canonner, ils capitulèrent et sortirent avec leurs armes.

Le Roy de Prusse fit présent du château à un général de son armée qui s’en empara et de tout ce qui y était, de même que les chevaux que M. de Bacqueville avait envoyés d’avance et qui sont destinés pour Monseigneur le Duc. On a représenté que les effets qui sont dans le château et ces chevaux lui

appartenaient. On s’est adressé aux commissaires prussiens pour leur

représenter, afin que les chevaux et les effets restent à qui ils appartiennent. Ils

ont répondu que cela n’était point de leur département et qu’il fallait s’adresser directement au Roy pour avoir la restitution de ces effets. Je compte que M. de Bacqueville arrivera ici aux premiers jours pour faire les démarches nécessaires à ce sujet.

Vous pourrez, Monsieur, faire part de ce que je vous marque à S.A. Monseigneur le Duc.

Nos premières lettres vous diront le suivi de cette affaire.

Voici une incluse reçue de M. de Bacqueville pour vous.

J’ay l’honneur de me dire bien constamment, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Jean Horguelin. Breslau le 26e janvier 1741. »

(Archives nationales, 273 AP 205, dossier 3, 1740-1743)

Testaments de Madeleine et Abraham Horguelin, 1726 & 1733

« Des testaments olographes de Magdeleine Horguelin, femme de Jean Horguelin, et de deffunt Abraham Horguelin, tous deux marchands en détail en la ville de Breslau en Silézie, en datte scavoir celuy de ladite femme Horguelin, du quatorze juin mil sept cent vingt six, et celuy dudit Abraham Horguelin, du vingt deux décembre mil sept cent trente trois, duement controllés et déposés à Périchon, notaire à Paris, le dix sept décembre mil sept cent trente huit, a été extrait ce qui suit, scavoir, par ladite femme Horguelin :

A l’égard de mon bien, tel qu’il puisse estre, sans en rien excepter, j’institue par titre honorable d’institution mon cher mary Jean Horguelin mon véritable héritier, incontestable et universel, de manière que ce bien consistant non seullement dans le commerce suivant la disposition de mon père, mais encore plus grande partye dans les livres de créances et dans les prétentions que feu mon père a laissées à mes autres frères et sœurs ensemble, il pourra s’en faire payer et en faire le recouvrement suivant sa connaissance et sa conscience, et tâcher de continuer le commerce suivant que feu mon cher Père l’a prescrit et ordonné, et en disposer et ordonner à sa volonté et suivant son bon plaisir, comme de celuy qui luy appartient en propre.

Et de celuy dudit Abraham Horguelin, ce qui suit :

Je fais mon héritier légitime de tous les biens que Dieu m’a donné par héritage et commerce, Jean Horguelin mon cher cousin et beau-frère, de sorte que je deffends expressement tout le scellé et inventaire judiciaire, à condition que ledit Jean Horguelin mon cousin et beau-frère, paye et acquitte avec honneur et en conscience comme je l’espère et m’y attends, tous les lesgues et dispositions que

j’exigeray de lui et dont je le chargeray par un codicille écrit de ma main et par

un billet appartenant à ce testament, lequel aura la même validité que si le contenu en était inséré de mot à mot dans mon testament.

Insinué à Paris le dix huit décembre mil sept cent trente huit. A été payé pour le droit, quarante livres, à cause des rentes sur la ville de Paris seullement ».

(Arch. de Paris, DC 6 / 226, f° 254 v°)

Placard de décès de Jean Horguelin, 26 septembre 1745

(Traduit de l’allemand)

« Les obsèques de noble et honorable homme Jean Horguelin,

Conseiller du commerce de sa Majesté le roi de Prusse,

aussi chef méritant et le plus ancien de la communauté

de l’église réformée de cette ville, auront lieu le 26 septembre

1745, à 9 heures du soir, à Breslau, et l’assemblée, affligée

d’une grande tristesse, chantera en chant d’adieu la cantate

2.Cor.IX.9 : Il a répandu ses bienfaits, il a donné aux pauvres,

sa justice demeure à jamais. Breslau, 1745 ».

(Université de Marburg, Hesse, Titelblatt Katalog, signatur 555512. Web 2005)

Note

Extrait d’une relation de voyage à Breslau, adressée au baron Dobrzenski en 1725

« A mon arrivée à Breslau, je fus reçu à bras ouverts dans la maison de l’obligeant Mr. Horguelin mon ancien ami, avec qui je fus ravi de renouveler connaissance.

Il y a déjà plusieurs années, qu’habitué à Breslau, il s’est acquis envers tous une aussi belle réputation qu’en peut désirer un Négociant, du côté de la probité, & des autres vertus morales & chrétiennes. J’en pouvais parler savamment par le récit des autres, mais je ne puis assez me louer de son hospitalité par ma propre expérience. J’ai passé le plus tranquillement du monde dans cette agréable maison le peu de séjour que j’ai fait à Breslau, & toute la famille s’est empressée à me faire plaisir, avec une bonne grâce qui ne laisse aucun lieu de douter que ce ne fut de bon cœur. »

Bibliothèque germanique ou Histoire de l’Allemagne, de la Suisse et des pays du Nord. Année 1725. Tome 10, page 87. Google Web 2010.

Sources

(1) Arch. nationales, 273 AP 205, octobre 1735.

(2) « « avril 1736.

(3) « « mai 1736.

(4) « « juillet 1736.

(5) « « octobre 1740.

(6) « « novembre 1740.

(7) « « février 1741.

(8) « « décembre 1740.

(9) « « janvier 1741.

(10) « Œuvres posthumes de Frédéric II roi de Prusse », Berlin, 1788, tome XII, p. 106.

(11) Arch de Paris, DC 6 /226, f° 254 v°, registre des insinuations de Paris, année 1738.

(12) Philipps-Universität Marburg, Titelblatt Katalog, Web 2005.

Marie et Antoine Achard

Marie Horguelin (1700-1784), née à Breslau en

Silésie, fille de Pierre Horguelin et de Madeleine

Chef d’Hostel, épouse à Berlin le 3 novembre 1729

Antoine Achard ((1696-1772), pasteur de l’église

française de Berlin, né à Genêve, fils d’Abraham

Achard et d’Anne Pinault.

L’église française de Berlin-Werder, 1724

« On peut situer les prémices de la communauté française de Berlin à l’année 1674, date du premier registre d’état civil (Kirchenbücher). Il s’agit d’un registre de baptêmes, de mariages et de sépultures de l’église de la Friedrichstadt.

Il y aura plusieurs paroisses réformées françaises à Berlin, mais il n’y aura qu’une seule église et qu’un seul consistoire, avec un registre centralisé pour l’ensemble des paroisses. (1)

Les trois paroisses principales sont celles de Friedrichstadt, Dorotheenstadt et Werder.

En 1724, Antoine Achard est nommé pasteur de la paroisse du Werder où il succède à David Ancillon. Prédicateur en vue à la Cour de Frédéric II, il impressionne ses contemporains par son talent oratoire. Il devient membre du consistoire supérieur en 1738 et membre de l’Académie royale des sciences en 1744. (2)

Il épouse Marie Horguelin en 1729 :

« Mariés à Breslau le 3 novembre 1729, Antoine Achard, pasteur du Werder, natif de Genêve, fils de défunt Abraham Achard et d’Anne Pinault. Et Marie Horguelin, native de Breslau, fille de Pierre Horguelin et de défunte Magdelaine Chef d’Hostel ». (3)

Constitution d’une rente viagère, Paris, 1735

Le 9 avril 1735, le prévost des marchands et les échevins de Paris constituent à « Marie Horguelin, âgée de trente quatre ans passés, femme d’Antoine Achard, ministre dudit Evangile audit Berlin en Prusse, y demeurant, quatre vingt une livres de rente viagère ». (4)

Testament de Marie Horguelin, Berlin, 1783

Par testament du 2 août 1783, Marie Horguelin, veuve d’Antoine Achard, pasteur de l’église du Werder, lègue aux pauvres de la communauté française de Berlin, deux maisons situées respectivement rue des Margraves (Markgrafen Strasse) et rue des Français (Französischen Strasse). (5)

Pièces originales

Extrait de baptême de Marie Horguelin, Breslau, 1700

« En l’année mil sept cent et le vingtième jour du mois d’avril, Monsieur Horguelin, bourgeois et marchand de cette ville, et son épouse Magdelaine Chef d’Hostel, père et mère, ont envoyé leur fille à l’église paroissiale de Sainte Marie Madelaine, pour luy faire recevoir le baptême. Elle a reçu le nom de Marie. Les témoins de son baptême ont été Noble homme Vitrus Ferdinand de Mudrach, sieur héréditaire de Rathein, Monsieur Chrétien Berterman, bourgeois et marchand de ce lieu, et dame Marie Charlotte épouse de Monsieur David Sauteri, marchand de cette ville.

C’est ce que, en ayant esté requis, attteste sur la foy des Registres de la dite Eglise où l’on inscrit les noms des enfans légitimes qui y ont été baptisés. C’est ce que, pour confimation de la vérité, j’atteste par ma signature et l’apposition de mon sceau.

Georges Henry Assig, archidiacre, Curé de Ste Marie Madelaine.

A Breslau, le sixième novembre mil sept cent trente quatre ».

Confirmation de N. Wrotestaire

L’extrait ci-dessus est véritablement original. La cour de St Vincent en fait foy et le confirme par le témoignage de son sceau ordinaire qu’elle y a fait apposer. A Breslau, a.s. St Vincent, le huytiesme novembre mil sep cent trent quatre. Signé Wrotestaire et à côté est apposé un sceau.

Traduction du chanoine Demayne.

Je soussigné prêtre docteur en théologie, chanoine de St Nicolas du Louvre à Paris, déclare avoir moy mesme traduit de latin en français et littéralement et pour ainsy dire mot pour mot pour plus d’authenticité et d’exactitude, l’extrait baptistère cy-joint de Marie Horguelin, baptisée comme porte le dit extrait en

l’église paroissiale de Ste Marie Magdelaine de Breslau en Silésie, le vingt avril mil sept cent.

En foy de quoi j’ay signé le présent. Fait à Paris, le vingt six décembre mil sept cent trente quatre. Signé Demayne ».

(Arch. nationales, MC/ET/XXXIX/388, minutes Périchon, tontine, 1735)

Constitution de rente à Marie Horguelin, Paris, 1735

« Tontine, 9 avril 1735. Par devant les Conseillers du Roy, notaires au Châtelet de Paris soussignez (…)

Pour fournir à sa Majesté le fonds et capital desdites quatorze cent soixante trois mille livres de rente, lesdists Sieur Prévost des Marchands et Echevins ont, par ces présentes, créé, constitué et promettent pour et au nom de Sa Majesté , garantir de tous troubles et empeschements généralement quelconques, à Marie Horguelin, âgée de trent quatre ans passés, femme d’Antoine Achard, ministre dudit Evangile audit Berlin en Prusse, y demeurant, absente exemptée (…) quatre vingt une livres de rente viagère (…)

Cette constitution faite moyennant la somme de neuf cent livres, laquelle a été payée comptant par ladite damoiselle Horguelin, ès mains de Messire Jean Paris de Monmartel, Conseiller du Roy en ses conseils, Garde de son Trésor Royal, par sa quittance du neuf décembre dernier. (…)

Et pour justifier de l’âge de ladite Damoiselle Horguelin, un acte (a été) présenté : son extrait baptistaire extrait des registres de baptême de l’église paroissialle de Marie Madeleine de Breslau en Silésie, par ladite paroisse, (…) lequel extrait de baptême délivré le six novembre dernier par ledit Assig, curé, en latin, avec la traduction qui en a été faite par Messire Demayne, chanoine de Saint Nicolas du Louvre à Paris, ce six décembre, (…) et ont signé ».

(Archives nationales, MC/ET/XXXIX/388, minutes Périchon, tontine, 1735)

Notes

La famille Achard à Berlin

« Famille originaire de Die en Dauphiné, dont deux membres, Jean-François et Abraham, réfugiés à Genêve pour cause de religion, furent admis à la bourgeoisie en 1697 et 1699. Les descendants d’Abraham émigrèrent en Prusse où plusieurs d’entre eux, tel Antoine et François, firent de brillantes carrières de pasteurs et d’hommes de sciences ».

(Dictionnaire historique de la Suisse, Bibl. nationale suisse, Berne)

I Abraham Achard, né en Dauphiné vers 1670, drapier à Genêve, épouse Anne Pinault, dont :

Antoine (1697) et François (1699)

II.1 Antoine Achard, né à Genêve en 1697, philosophe, pasteur de l’église française de Berlin-Werder, épouse le 3 novembre 1729 Marie Horguelin.

II.2 François Achard, né à Genêve en 1699, Conseiller de la justice supérieure française à Berlin. A l’avènement de Frédéric II (1740) il se rend en France comme secrétaire de la Légation prussienne.

III Guillaume Achard, neveu d’Antoine et François, pasteur à Berlin. Il épouse Marguerite Elisabeth Rouppert, dont François Charles né à Berlin le 28 avril 1753.

IV François Charles Achard, né à Berlin en 1753, chimiste et physicien, directeur du département de physique de l’Académie des Sciences de Berlin. Il construit la première raffinerie de sucre de betteraves en Europe. Décédé à Kunern en Silésie en 1821.

Extrait d’un sermon d’Antoine Achard

« Il apparait que les pasteurs sont partout frappés de la tiédeur religieuse de leurs ouailles. Antoine Achard de Berlin consacre un long sermon à l’analyse du phénomène et se demande comment des chrétiens ayant tout quitté afin de préserver leur religion, peuvent à ce point manquer d’ardeur :

Et c’est ce qui me donne lieu de m’arrêter un moment à une sorte de contradiction que l’on trouve dans la vie de quelques Chrétiens, lesquels, quoiqu’ils semblent avoir fait preuve de zèle, ne peuvent cependant être rangés que dans la classe des tièdes. Je veux parler de ceux qui dans un temps de persécution se soutiennent glorieusement, et vont jusqu’à faire à Dieu les plus

grands sacrifices, mais qui après cela vivent dans le relâchement, et sans faire le moindre effort pour se sanctifier. Le phénomène est assez singulier. (…) ».

(Achard, Sermons, Berlin, 1774, p. 278)

Sources

(1) Myriam Yardeni, « Le Refuge huguenot », Paris, 2002, page 128.

(2) Erman, « Mémoires historiques sur la fondation de l’église française de Berlin », Berlin, 1772, page 63.

(3) Bibliothèque du Protestantisme, Fichier wallon, Achard, 1729.

(4) Arch. nationales, MC/ET/XXXIX/388, minutes Périchon, 1735.

(5) Berliner Chronik mit Fakten aus acht Jahrhunderten, 2 august 1783, WEB 2003.

Marie Jeanne Horguelin

Marie Jeanne Horguelin (1686-1765), Supérieure de

la Doctrine à Châlons, fille de Jérémie Horguelin,

bourgeois de Châlons, et de Marie Cadet.

La Doctrine chrétienne, Châlons, 1672

« Le 29 septembre 1592, César de Bus (1544-1607), chanoine de la cathédrale de Cavaillon, fonde la congrégation des pères de la Doctrine chrétienne. Elle a pour but de catéchiser le peuple des campagnes ». (1)

Près d’un siècle plus tard, l’évêque Félix Vialart de Herse « fonde à Châlons (1672) le couvent des Dames de la Doctrine chrétienne que l’on appelle aussi Dames Régentes ou Nouvelles converties ou Nouvelles catholiques, du fait de leur mission : instruire les jeunes filles, spécialement les nouvelles converties (1681) et surtout former des maîtresses d’école capables de servir dans la campagne. Après Châlons, d’autres maisons sont fondées à Vitry, Wassy,

Sainte-Menehould ». (2)

En 1698, Marie Jeanne Horguelin, âgée de 12 ans, est « mise par ordre du Roi dans la Communauté des Dames régentes de Vitry.

En 1742, elle est élue assistante de la supérieure de la Doctrine à Châlons.

En 1750, dans une lettre adressée à l’abbé Jean Horguelin à Epernay, elle signe : « Supérieure de la Communauté de la Doctrine de Châlons en Champagne ». (4)

Donation à l’Hôtel-Dieu de Châlons, 1758

Le 20 avril 1758, Marie Jeanne donne par transport à l’Hôtel-Dieu de Châlons, un contrat sur la ville de Paris de 70.000 livres au princial, produisant 1.750 livres de rentes annuelles, aux charges suivantes :

-payer annuellement au corps des maîtresses d’école établies à la campagne, la somme de 500 livres.

-payer aux sœurs de la Trinité à Châlons, la somme de 200 livres.

-payer à l’hôpital Saint-Maur, la somme de 400 livres.

-et 650 livres pour l’Hôtel-Dieu. (5)

Pièces originales

Note généalogique de Marie Jeanne Horguelin, 1750

« Marie Jeanne Horguelin est fille de Jérémie Horguelin de Châlons et de Marie Cadet de Vitry le François. Elle a eu trois frères : l’aîné qui s’appelait Pierre est mort à Châlons en 1697 ; le second nommé Jean Horguelin est mort à Breslau au mois de septembre 1745 ; le troisième vit encore et demeure à Berlin à la Frederich Stadt, rue du Milieu. Mes oncles et tantes sont passés hors du Royaume dans le temps de la révocation de l’Edit de Nantes. Je ne sais pas leurs noms. Il y en a un de mort à Breslau il y a bien tente ans. Il me semble que ma grand-mère Horguelin s’appelait Pérette Picard. Pour mon grand-père, je ne sais pas son nom de baptême.

Voila ce que je puis dire là dessus. Mon frère qui est à Berlin a eu tous nos papiers et est plus en état que moi de donner les éclaicissements qu’on demande. Son adresse est ci-dessus.

A Châlons, ce 19 octobre 1750.

Marie Jeanne Horguelin ».

(Bibl. nationale, D.B. 360, folio 42)

Procuration des Dames régentes, Châlons, 1758

« Par devant les notaires royaux demeurant à Chaalons en Champagne soussignés, furent présentes les Dames régentes et nouvelles catholiques établies à Chaalons, stipulant par Dame Anne Collet, supérieure, Marie Jeanne Horguelin, assistante, Madeleine Barbier et Marie de Laitré, conseillères, et Marie Vauthier, dépositaire, (…) pour donner procuration à Delle Marie Testard , fille majeure demeurant à Paris chez M. Graffiaut, maître sculpteur, à côté du Sieur Madeleine, marchand couvreur, vis-à-vis M. Le Coque, épicier, rue St Louis dans l’Isle Saint Louis à Paris. (…) aux fins de recevoir les arrérages (…) des rentes constituées au proffit de leur Communauté, sur les Aydes, la gabelle de France, et autres revenus du Roy. (…)

Fait et passé audit Chaalons, en la salle Basse de la Communauté, l’an 1758, le 22 mars après midy(…) et ont signé.

Sordel et Le Nain, notaires ».

(Arch. nationales, G/8/250, Agence du Clergé, Châlons, Communauté des Nouvelles Catholiques, 1682-1767)

Lettre de l’administration des hôpitaux, Châlons, 1893

« A Monsieur Horguelin, à Châlons.

Châlons, le 29 septembre 1893.

Monsieur,

Par lettre du 17 août dernier, vous avez fait remarquer à Monsieur le Maire de la ville de Châlons que Dame Marie Jeanne Horguelin, votre parente, qui a légué en 1758 à l’Hôtel-Dieu une partie de sa fortune, ne figurait pas parmi les bienfaiteurs dont les noms son reproduits sur les plaques commémoratives déposées dans la chapelle des Hôpitaux-Unis.

J’ai l’honneur de vous informer, en réponse, que la Commission administrative, saisie de votre demande, vient de donner des ordres pour réparer l’omission que vous avez signalée à Monsieur le Maire.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération.

Le vice-président de la Commission administrative ».

(Arch. privées, C.H., mélange, folio 54)

Notes

Note biographique de Bertin du Rocheret

« Marie Jeanne Horguelin, née à Châlons 1686 ; mise par ordre du Roy dans la Communauté des Dames Régentes à Vitry ; puis Supérieure des Dames Régentes des nouvelles Converties.

Elue, 1742, à la Doctrine à Châlons ; fille de mérite qui écrit et peint bien ; fait bâtir son Eglise, 1758-1760. Laisse 10.000 livres à ses parents, et le surplus à l’Abbé Cazotte qui mourut 1759 ».

(Bibl. nationale, D.B. 360, folio 14)

Historique de la Doctrine à Châlons, 1667-1789

« Le 14 mars 1667, il fut acquis une premiére maison pour cet établissement. Ce fut l’œuvre de l’évêque Vialart de Herse. (…)

En 1686, il fut question d’agrandir cette maison en y joignant le jardin de l’Arquebuse qui la précédait. L’évêque de Châlons (Louis Antoine de Noailles) prit les mesures nécessaires et obtint le 11 janvier 1687, un arrêt du Conseil d’Etat qui approuvait cette proposition.

(Louis Grignon, Topographie historique, Châlons, 1889, page 123)

En 1763, « la duchesse de Noailles fait bâtir l’église de la Doctrine, avec partie des lieux réguliers, ainsi que des appartements commodes ».

(Buirette de Verrières, Annales historiques (…), 1788)

A cette date, Michel Cochelet, marguillier de Saint-Jean de Châlons, note dans son journal :

« On a fait l’esglise de la Doctrine. Elle fut bénie par Mgr Choiseul ; et ils ont fait une maison neuve ».

(Mémoires de la SACSAM, tome 13, 1910, page 227)

En 1789, le couvent des Dames régentes est supprimé. Il sert de caserne en 1793. Il est enfin réuni à l’Ecole des Arts et Métiers en 1806.

(Grignon, page 124)

L’abbé Cazotte, chanoine de la cathédrale de Châlons

Bernard Cazotte, bourgeois de Dijon, et Marie Taupin sa femme, ont plusieurs enfants dont :

-Chrétien Nicolas Cazotte, né à Dijon.

-Jacques Cazotte, né paroisse Saint-Médard à Dijon le 7 octobre 1719.

Chrétien Nicolas Cazotte « fait une brillante carrière ecclésiastique en tant que chanoine de la cathédrale de Châlons (1736), grand vicaire et archidiacre du diocèse de Chalons (1749).

Il achète de nombreuses parcelles de vignes et des maisons vigneronnes autour de Pierry (près d’Epernay), ainsi que le domaine de la Marquetterie (à Pierry). Il meurt en 1759 et lègue tous ses biens à son frère Jacques Cazotte.

(Balade au 18ème siècle à Pierry, Web 2009)

Jacques Cazotte « est commissaire de la Marine aux Antilles (1747). Il se retire ensuite à Pierry (1760) pour se consacrer à ses goûts littéraires. Il publie en 1772 Le Diable boiteux.

Maire de Pierry en 1790, il est accusé de menées royalistes. Il est arrêté et guillotiné le 25 septembre 1792, en prononçant : Je meurs comme j’ai vécu, fidèle à Dieu et à mon Roi.

Des 116 tableaux de sa collection, transportés à Châlons, il en reste deux à l’église St-Alpin et trois au musée (de Châlons) ».

(Philippe Seydoux, Châteaux et Manoirs de Champagne, Edit. la Morande, 1993, p. 61, et Web 2009)

Sources

(1) César de Bus, biographie, Web 2009.

(2) Maurice Poinsignon, Histoire générale de la Champagne et de la Brie, 1897, tome 3, p. 285.

(3) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 14.

(4) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 42.

(5) Arch. privées, C.H., fichier bleu, Histoire des hôpitaux, 1758.

Jacques et Louise Jeanne Crommelin

Jacques Horguelin (1690-1770), banquier à Paris puis à

Berlin, fils de Jérémie Horguelin et de Marie Cadet,

épouse (1726) Louise Jeanne Crommelin, fille de Jean

Crommelin, sieur de Bercy, et de Marie Esther Foissin

Le Secrétariat d’Etat de la R.P.R., 1727

« De 1598 à 1685, le Secrétariat d’Etat à la R.P.R. veille à la bonne application de l’édit de Nantes. Après la révocation de l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau en octobre 1685, le Secrétaire d’Etat de la R.P.R. intervient dans nombre d’affaires particulières engendrées par la législation répressive élaborée à l’encontre des Protestants : troubles divers, assemblées illicites, placements ou enlèvements d’enfants, demandes de pensions, emprisonnements de ministres, délivrances d’autorisation de vente de biens par les gens de la R.P.R. si le montant en excède 3.000 livres, etc… ». (1)

En 1727, Jacques Horguelin, « banquier négociant à Paris, y demeurant rue du Petit Champ Saint-Martin, paroisse Saint-Nicolas des Champs », demande la permission de vendre « certains biens qu’il possède dans la généralité de Champagne ».

L’intendant de Champagne César Charles Lescalopier (1671-1753) fait une enquête et donne son avis à l’administration centrale (20 janvier 1727) : « Monsieur Lescalopier informe que l’on peut tout au plus accorder aux Sieurs Horguelin la permission de vendre leur bien foncier jusqu’à concurrence de 10.000 livres ».

L’intendant Lescalopier joint à sa lettre un « Etat des biens appartenant audit Horguelin, provenant des successions de Jérémie Horguelin et Marie Cadet, père et mère ».

La succession paternelle comprend une maison « scize à Châlons place du Marché » et six fermes situées sur les territoires d’Epences, Remicourt, Ecury-sur-Coole, Pargny-sur-Saulx, Rheims-la-Brulée et Rosay.

La succession maternelle comprend une maison et portion de seigneurie à Escriennes, et deux autres maisons situées à Maisons-en-Champagne et Montcetz près Vitry.

L’Intendant signale enfin que « ledit Jacques Horguelin a encore, outre cela, pour 41.000 livres de contrats sur l’hôtel de ville ». (2)

Une première vente est passée en 1734 avec le Sieur Contenot, conseiller du roi,

Garde marteau de la maîtrise des Eaux et Forêts de Vitry-le-François moyennant la somme de 8.100 livres. (3)

Une deuxième vente intervient en 1735 avec le Sieur Joseph Gandolphe, « marchand de bois pour la provision de Paris, y demeurant Isle Notre-Dame, rue des Deux Ponts, paroisse Saint-Louis », moyennant la somme de 6.400 livres. (4)

Les banquiers de Paris de la R.P.R. après 1685

« Le 14 décembre 1685, le secrétaire d’Etat Seignelay (Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, fils aîné du grand Colbert), convoque les banquiers et négociants de Paris de la R.P.R. et les invite, par appel nominatif, à signer une déclaration de foi catholique. Dans la plupart des cas, l’acte de soumission n’a pas empêché plusieurs des signataires soit d’émigrer par la suite, soit de rester plus ou moins clandestinement protestants tout en restant à Paris ».

Trente ans plus tard (1715) un pasteur suisse s’étonne de la condition de ces « nouveaux convertis » qui jouissent à Paris d’une certaine tolérance :

« J’ai été surpris de trouver les gens de la Religion qui sont à Paris en si grand nombre et aussi zélés qu’ils le sont. Tous ceux des provinces qui craignent d’être observés ou qui étoient poursuivis de trop près, se sont retirés dans cette grande ville et s’y sont établis surtout depuis quelques années, et vivent dans cette capitale, la plupart à leur aise, les uns de leurs rentes de campagne, les autres de leur négoce, quelques uns de leur travail et de leur industrie ». (5)

Jacques Horguelin et son père Jérémie font partie de ces banquiers et négociants de province qui vivent à Paris de leur « rente de campagne » et de leur négoce.

Ils sont apparentés à plusieurs d’entre eux : Daniel d’Origny, banquier originaire de Champagne, Jérémie Burgeat, négociant originaire de Vitry-le-François et Catherine Crommelin, sa femme, originaire de St-Quentin en Picardie, Pierre Foissin, conseiller du roi, banquier originaire de Meaux, Pierre Clergeau, bourgeois de Paris, beau-père du banquier Samuel Bernard, allié à plusieurs familles financières d’origine protestante.

La plupart d’entre eux habitent dans le même quartier d’affaires autours de la rue St-Martin :

Samuel Bernard habite à ses débuts rue Bourg-l’Abbé, Jérémie Horguelin rue des Petits Champs St-Martin, Pierre Foissin rue St-Denis « devant St-Leu », Pierre Clergeau rue St-Martin, paroisse St-Médéric (St-Merry), Jacques Horguelin rue des Blancs Manteaux, dans le quartier voisin du Marais.

A l’exemple des frères de son père qui épousent l’un Madeleine Bernard, l’autre Louise Clergeau, Jacques épouse la fille de Jean Crommelin et Marie Esther Foissin.

Jacques et Louise Jeanne Crommelin ont deux enfants : Marie Jeanne, née à Paris en 1728 et Paul Jacques, né à Paris en 1729.

Ils vivent dix ans à Paris (1726-1736), jusqu’au jour où ils décident d’émigrer à Berlin.

Jacques ne semble pas s’être accomodé de la situation faite aux Religionnaires dans le royaume de France. Il en garde un certain dépit jusqu’à la fin de sa vie. Au moment de faire son testament, il lègue toute sa fortune à sa fille unique Marie Jeanne, « en recommandant à ma dite fille d’affecter cette somme (200.000 thalers) à l’achat de terres à sa convenance, à condition toutefois qu’elles soient situées en des lieux où la religion réformée ou protestante domine ». (6)

La Mittelstrasse de Dorotheenstadt, Berlin, 1736

Berlin connait au 17e siècle deux extensions à l’ouest : la ville nouvelle de Dorotheenstadt (du nom de la seconde femme du Grand Electeur : Dorothea) à partir de 1674, et la ville nouvelle de Friedrichstadt, laquelle absorbe la Dorotheenstadt en 1681.

La Mittelstrasse (rue du Millieu) tire son nom du fait qu’elle occupait la place du milieu par rapport aux trois plus anciennes rues de la Dorotheenstadt. Au sud, la promenade Unter den Linden. Au nord, la rue Letztesstrasse (la dernière rue.)

L’église de la Dorotheenstadt était construite sur la Mittelstrasse (1678-1687). Elle servait à la fois au culte luthérien et au culte calviniste. (7)

Quand Jacques Horguelin et sa famille quittent la rue des Blancs Manteaux à Paris pour s’établir rue du Milieu à Berlin (1736), deux de leurs cousines germaines vivent déjà à Berlin : Suzanne Horguelin-Bernard (1681-1763), femme d’Hermann Cochius, secrétaire d’Etat ; et Marie Horguelin-Chef d’Hostel (1700-1784), femme d’Antoine Achard, pasteur de l’église française de Berlin.

Jacques fait prospérer ses affaires de banque. Il a gardé le contact avec ses notaires parisiens (notamment Dulion de Boissy et Baron, notaires au Châtelet), et d’année en année, il passe des contrats d’achat de rentes de l’Hôtel de Ville de Paris (7.000 livres en 1753, 4.800 livres en 1756, 33.600 livres en 1758, 14.000 livres en 1759, 20.000 livres en 1762, 10.400 livres en 1765). (8)

Le roi de Prusse Frédéric II le nomme secrétaire du commerce ; le 26 novembre 1748, il lui accorde des lettres de noblesse.

Un chroniqueur de l’époque note que Jacques Horguelin est « aussi connu par son rare mérite que par ses richesses et par les sommes considérables qu’il a consacrées aux diverses fondations de la Colonie (française) de Berlin ». (9)

Dans son testament (1770) il fait des legs en faveur de la plupart des établissements de la communauté française : à la Maison française pour les orphelins : rente annuelle de 100 thalers ; à l’Ecole de Charité (pour les enfants des familles pauvres) : rente annuelle de 200 thalers ; au Consistoire français : 700 thalers, en partie pour la rétribution de l’organiste de l’église de la Friedrichstadt ; à la Maison française (pour les réfugiés pauvres) : 500 thalers pour l’achat d’une maison. (9)

La famille de Jacques Horguelin, Paris-Berlin, 1726-1770

Jacques Horguelin et Louise Jeanne Crommelin appartiennent à deux familles de « nouveaux convertis » originaires de la province (Châlons en Champagne et St-Quentin en Picardie) et vivant à Paris. La date de leur mariage n’est pas connue. Ils ont deux enfants : Marie Jeanne née en 1728 et Paul Jacques né en 1729.

Le 5 septembre 1736, peu de temps après leur arrivée à Berlin, Paul Jacques, âgé de 8 ans, meurt de la petite vérole. Il est enterré au cimetière de la Dorotheenstadt. Cette mort prive Jacques Horguelin de toute descendance masculine. (10)

Le 29 décembre 1748, Marie Jeanne épouse Sigismond de Redern, chambellan de la reine-mère de Prusse. Le mariage « est béni en chambre » par le pasteur Lorent, cousin par alliance de Jacques (11)

Le 17 juin 1762, Louise Jeanne Crommelin, âgée de 71 ans, meurt d’une attaque d’apopléxie. Elle est inhumée dans le caveau de famille de l’église de la Dorotheenstadt. (12)

Le 6 janvier 1770, Jacques Horguelin, âgé de 79 ans, est mort d’apopléxie. Il est inhumé dans le caveau de l’église de la Dorotheenstadt. (13)

Cette église a été détruite au cours de la seconde guerre mondiale. Son emplacement est occupé aujourd’hui par un parking, au cœur de la vieille ville.

Pièces originales

Lettre de Claude Contenot au Roi, Vitry, 1734

« Au Roy.

Sire,

Claude Contenot, garde marteau des Eaux et Forêts de Vitry-le-François, demeurant audit Vitry,

rend compte très humblement à votre Majesté que pour tâcher de contribuer à former des établisssements solides à sa famille qui est assès nombreuse, aiant sept enfans, il a achetté par contract passé devant nottaires au Châtelet de Paris le 13 du mois de septembre 1734, de Jacques Horguelin, bourgeois de Paris et de Louise Jeanne Cromelin sa femme, quelques petits biens qui étoient à sa bienséance, consistant en quatre petites fermes situées à trois lieux de distance dudit Vitry et en quatre parties de vente estant, moiennant la somme de huit mil cent livres faisans le prix principal de la dite vente qu’il auroit payée comptant au Sieur Briant, marchand joaillier à Paris, sur celle de treize mil cinq cens livres, dont ledit Sieur Briant étoit créancier dudit sieur Horguelin par obligation du 16 septembre 1726 ; et comme ledit Sieur Horguelin est issu de père et mère qui avoient autrefois fait professin de la R.P.R. quoyque ledit sieur Horguelin soit né dans le sein de l’église catolique, qu’il a esté baptisé, le suppléant, pour prévenir toutes inquiétations , a recours à votre Majesté qui est très humblement suppliée de vouloir autorizer et confirmer la vente faite à son profit porté au contract dudit jour 13 septembre 1734 et le suppléant continuera de prier Dieu pour la santé et prospérité de votre Majesté et de la famille Royale.

Contenot.

M. le Garde des Sceaux. »

(Archives nationales, TT/149/XI, religionnaires fugitifs, 1734)

Acte de vente Horguelin-Gandolphe, Paris, 1734

« 13 septembre 1734.

Par devant les Conseillers du Roy notaires à Paris soussignés, présent le Sieur Jacques Horguelin, banquier à Paris et y demeurant rue des Blancs Manteaux, paroisse St-Jean-en-Grêve, lequel a par les présentes vendu (…) au Sieur Joseph Gandolphe, marchand de bois pour la provision de Paris, y demeurant isle Notre-Dame, rue des Deux Ponts, paroisse Saint-Louis, au présent et acceptant acquéreur pour luy, ses hoirs et ayant cause :

-Premièrement, une maison scize en la ville de Chaalons-en-Champagne, place du Marché, paroisse Saint-Alpin, couverte de thuiles courbes, bâtiment et dépendances, et aiant vue et sa principale entrée sur le dit Marché où elle tient par devant et d’une part une ruelle appellée la rue l’Allemand, consistance et dépendance, et laditte maison (…) louée au nommé Camus cent vingt livres par an.

-Plus une ferme située à Espence près Ste-Menehould, finage et terroir circonvoisin, avec toutes ses dépendances, exploitée par Jean Saget, laboureur audit Espence, à luy affermée dix septiers de froment mesure dudit Chaalons pour chacun an.

-Plus cinq à six journels de terres labourables situez à Remicourt, près ledit Espence, loués à la veuve Garnier douze livres par chacun an.

-Plus et la somme de dix neuf cent soixante quinze livres de principal estant due et à payer de celle de quatre mil cent livres de principal, moyennant laquelle ledit Horguelin et damoiselle Louise Jeanne Crommelin son épouse, ont vendu à Marie Anne Cheminon, veuve de Pierre Pasté, demeurant à Estrepy, cinquante trois journées et un quartier ou environ de terre et préz situés au finage de Pargny-sur-Saulx, Maison-aux-Bois, Montoir et autres lieux voisins, et plusieurs pièces et contrées, par contrat passé devant Robert Coste de Ser, notaire royal à Vitry-le-François, résidant à Sermaize, présent et témoin, le quinze septembre 1729 (…)

Les dits biens vendus appartenant audit Horguelin, vendeur, en propres et comme seul et unique héritier de feu Sieur Jérémie Horguelin son père, bourgois de Paris. (…)

Cette vente faite, à la charge (…) par ledit Sieur acquéreur , ainsi qu’il s’oblige, de payer par chacun an , jour et en l’acquis du Sieur Horguelin vendeur, à Dame Marie Jeanne Horguelin sa sœur, engagée dans la communauté des Dames Régentes nouvelles catholiques dudit Chaalons, demeurant en ladite ville, pendant la vie et jusqu’au décès de ladite Dame Horguelin, les cent livres de pension viagère à elle dues annuellement, suivant l’acte passé devant de Bar et son collegue, notaires audit Chaalons, le neuf aoust mil sept cent vingt six, controllé et insinué (…)

Ladite vente, moyennant la somme de six mil quatre cent livres (…)

Passé devant les notaires à Paris soussignés, ce jourd’hui 20 mars 1735. Signé. Scellé. »

(Archives nationales, TT/149/XII, 1735)

Constitution de rente sur l’Hôtel de Ville, Paris, 1762

« 2 mars 1762. Constitution de rentes héréditaires à 4 % sur les Aides et Gabelles (…) du mois d’avril 1758. Numéro 5929.

PAR DEVANT les Conseillers du Roi, Notaires, garde-notes et gardes-scel au Châtelet de Paris soussignés, furent présents Pierre Jules Darlu, écuier, conseiller du Roy quartenier, Jean Boyer de Saint-Leu, écuier, Louis Mercier, écuyer, conseiller du Roy en l’hôtel de ville de Paris, et Laurent Jean Babette, écuyer, avocat au parlement, tous échevins de cette ville de Paris.

Lesquels ont dit que Sa Majesté, par son édit donné à Versailles au mois d’avril 1758, enregistré au Parlement le 18 dudit mois, aurait créé trois millions deux cens mille livres actuelles et effectives de rentes héréditaires à quatre pour cent, qui seraient vendues et aliénées auxdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins de cette ville, par les Commissaires du Conseil qui seraient nommés à cet effet. (…)

En conséquence desquels édit, vente et aliénation et du pouvoir porté par iceux, lesdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins ont par ces présentes créé et reconstitué et promis pour et au nom de SA Majesté, garentir de tous troubles et empêchements généralement quelconques, à M. Jacques d’ Horguelin, Négociant à Berlin, accepté par Louis François Mettra, écuyer, ancien échevin, demeurant à Paris rue Quincampoix, paroisse St-Leu et Gille, à ce présent, quatre cent livres de rentes annuelles (…)

Cette reconstitution faite moyennant la somme de dix mille livres payée comptant par le dit Sieur d’Horguelin ès mains de Messire Joseph Micault d’Harvelay, Conseiler du Roy en ses conseils, Garde de son Trésor royal, suivant la quittance du trente un décembre mil sept cent soixante et un, registrée au contrôle général des finances le six février 1762 (…)

Fait et passé à Paris, savoir, à l’égard desdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins, l’an mil sept cent soixante deux, le deuxième jour de Mars avant midi. Et ont signé ».

(Archives nationales, MC/ET/XCV/280, étude Dulion de Boissy, 1762)

Testament de Jacques Horguelin, Berlin, 1768

« Je soussigné Jacques d’Horguelin, étant sain d’esprit et de mémoire, ai dicté mot à mot et fait rédiger mon présent testament (…) comme suit, n’étant pas apte à le rédiger moi-même, ayant perdu la vue. (…)

Item 1. J’institue ma fille unique Marie Jeanne d’Horguelin, épouse de M. Sigismond Ehrenreich de Redern, héritière de tous mes biens, droicts et créances, en quelque pays qu’ils puissent se trouver, à condition qu’elle observe tous les articles suivants.

Item 2. Je donne et lègue en parts égales à ses enfants actuels et à venir, la somme de deux cent mil thalers en or (…) en recommandant à ma dite fille d’affecter cette somme à l’achat de terres à sa convenance, à condition toutefois qu’elles soient situées en des lieux où la religion réformée ou protestante domine, desquelles terres elle aura la jouissance pour moitié sa vie durant, et l’autre moitié seulement jusqu’au moment où lesdits enfants auront atteint, pour les filles l’âge de vingt cinq ans, et pour les fils celui de trente ans. (…)

Ma dite fille jouira de ces terres, mais d’ici leur achat, l’intérêt de ladite somme de 200.000 thalers, à quatre pour cent, calculé à compter de trois mois après mon décès, sera ajouté comme étant une augmentation de capital au profit de ses enfants, après toutefois avoir prélevé chaque année la somme de cinq cents thalers qui seront divisés à raison de cent thalers à la Maison française des orphelins, connue sous le nom de Französisches Waisenhaus ; deux cents thalers au Consistoire français qui devra annuellement distribuer cent thalers à la Maison française des réfugiés pauvres (…)

Ladite somme de cinq cents thalers sera payée annuellement (…), en argent courant, aux dites trois institutions, jusqu’à ce que la somme des deux cent mil thalers et l’intérêt en provenant auront été entièrement dépensés dans l’achat des terres.

Item 3. Je donne et lègue au Consistoire français la somme de cinq cents thalers dont les intérêts seront affectés à la rétribution de l’organiste et à l’entretien de l’orgue de la Friedrichstadt.

Item 4. Je donne et lègue à la Maison française la somme de cinq cents thalers pour l’aider à prendre les mesures appropriées en vue d’assurer une dotation à la maison qu’ils se proposent d’acheter (…)

Item 5. Je done et lègue la somme de cent thalers à chacun des enfants de George William Milla.

Item 6. Au cas où les personnes suivantes seront encore à mon service au moment de mon décès, je donne à Mme Jane Mourier la somme de cinquante thalers en argent liquide, en plus d’une pension de huit thalers par mois, aussi longtemps qu’elle vivra.

Item à Paul Pelloutier, vingt cinq thalers en argent liquide, outre les douze thalers en rente viagère que je lui ai attribuée au titre de l’Ecole de Charité.

Item à Catherine Cordier, quinze thalers en argent liquide, en plus de la rente viagère de douze thalers que je lui ai attribuée au titre de l’Ecole de Charité.

Item à Martin Raumese, mon cocher, la somme de soixante cinq thalers.

Tous les articles ci-dessus à compter du troisième inclusivement, seront payés en monnaie courante trois mois après mon décès, me réservant en outre le droit d’y ajouter, d’en retrancher et d’effectuer les modifications que je jugerai à propos d’apporter (…)

EN CE JOUR, le seizième d’août mil sept cent soixante huit, à cinq heures du soir, devant nous, Juge et assesseur de la Justice française de Berlin, requis en bonne et dûe forme, a comparu dans la maison de nous, Juge, située à Friedrichstadt, rue des Chasseurs (Jägerstrasse), Monsieur Jacques d’Horguelin, privé de vue mais en bonne santé physique et sain d’esprit, qui nous présenta son testament et l’ordonnance de ses dernières volontés (…), le Juge et assesseur ont rédigé le présent acte qui a été lu au testateur, lequel a déclaré qu’il y acquiesçait, et nous avons signé le dit acte et y avons apposé le sceau de notre justice.

Fait à Berlin à la date indiquée ci-dessus.

Etienne Chevillette. P. Humbert ».

(The National Archives, U.K., Prerogative Court of Canterbury, Will Registers, 18 may 1770)

Registres paroissiaux de la Französische Kirche zu Berlin, 1736-1770

Acte de décès de Paul Jacques Horguelin, Berlin, 1736.

« Septembre 1736, le 5e dits est mort de petite verole, Paul Jacques Horguelin, agé de 8 ans, fils de monsieur Jacques Horguelin et de dame Louise Jeanne cromelin. Enterré le 6e au cimetière de la dorothée Stadt.

Pelloutier, pasteur. Gaultier de la Croze, ancien ».

Acte de mariage de Marie Jeanne Horguelin, Berlin, 1748.

« Le 29e Décembre 1748 Mr le Pasteur Lorent a béni en chambre le mariage de Monsieur Sigismond Ehrenreich de Redern, natif de Schwante près de Berlin, Chambellan de Sa Majesté la Reine Mère, fils de Monsieur Erasme Guillaume de Redern, seigneur de Schwante et de Staffeld, et de Dame Catherine Elisabeth de Brädow

Avec Demoiselle Marie Jeanne d’Horguelin native de Paris, fille de Monsieur Jaques d’Horguelin et de Dame Louise Jeanne Crommelin ».

Acte de décès de Louise Jeanne Crommelin, Berlin, 1762.

« Le 17e de juin 1762 à midi, est morte d’une attaque d’Apoplexie Dame Louise Jeanne de Cromelin, femme de Monsieur Jaques d’Horguelin, agée de 71 ans, native de St-Quentin en Picardie. Son corps a été déposé le 19e dans le Caveau de l’église de la Dorotheestadt ».

Acte de décès de Jacques Horguelin, Berlin, 1770.

« Le 6e de Janvier 1770, à dix heures et demi du matin est mort d’Apoplexie Monsieur Jaques d’Horguelin, agé de 79 ans et 10 jours, natif de Chalons en Champagne, fils de deffunts Monsieur Jérémie Horguelin et de Marie Cadet sa femme. Il a été déposé le 10e dans le caveau de l’Eglise de la Dorotheenstadt ».

Notes

Extrait des notices généalogiques de Bertin du Rocheret

« Jacques horguelin, d’horguelin, né à Chalons le 26 décembre 1680, demeurant à Berlin.

Se fit Bourgeois de Paris à l’exemple de son Père. Vendit le 26 mars 1734 la maison de la Toison d’or à M. Contenot, marchand à Vitry. Sortit du Royaume pour la Religion. S’établit à Berlin en Brandebourg, y demeurant rue du Millieu à la frederichstadt. Riche de plus de 600.000 livres en fonds d’heritages. Hérite de son frère Jean horguelin de Silésie 1746. Inccommodé de la vue 1750. Ecrit à M. le President Bertin du rocheret à Epernay le 23 janvier 1751.

Epousa …

Eut (…)

Marie Jeanne d’horguelin. Melle horguelin, riche de Deux millions à Berlin, femme du Comte de Rheder, comte de l’Empire, premier Eschanson de frederic III, Roy de Prusse, Electeur de Brandebourg. Femme 1749 de de Rhedre, Grand Maistre de la Maison de sophie dorothée d’hannover, Reyne. Veuve 1740 du Roy frederic II et Mere de frederic III, Roy de Prusse. Ou de Redern, maréchal de la Reyne Mere, fait curateur de l’Académie de Berlin après le maréchal Schmettaw.

A

1° Jaques Sigismond de Rhedre, né 1750.

2° Enceinte, 1751.

(Bibliothèque nationale, Dossier bleu 360, folio 14)

Extrait de l’Armorial de Jean-Baptiste Rietstap, Gouda, 1887

« Horguelin – Prusse (An., 1748.) Ecartelé : aux 1 et 4 d’argent au membre d’aigle de sable, la patte d’or, celui du 4 contraire ; au 2 de gueule au chevron d’or, accompagné de trois merlettes d’argent (Crommelin) ; au 3 d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux plumes d’autruche de gueule et en pointe d’une tête de More, tortillée d’argent (Horguelin). L’écu bordé d’or. Casque couronné. Cimier : la tête et col de l’aigle de Prusse. Lambrequins : à dextre d’argent et de sable, à senestre d’or et de gueule ».

(Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général. Editeur : G.B. Van Goor Zonen (Gouda), date d’édition : 1884-1887, 2 volumes)

Sources

(1) Centre historique des archives nationales, secrétariat d’Etat de la R.P.R., Web 2009.

(2) Arch. nationales, TT/149/X, 1727.

(3) Arch. nationales, TT/149/XI, 1735.

(4) Arch. nationales, TT/149/XII, 1735.

(5) Herbert Lüthy, La banque protestante… 2e édition, Paris, 1970, page 73.

(6) The National Archives, U.K., Prerogative Court of Canterbury, Will Registers, 18 may 1770.

(7) Cyril Buffet, Berlin, Fayard, 1993.

(8) Arch. nationales, MC/ET/XCV/280, ét. Dulion, 1762, & MC/ET/CX/463, ét. Baron, 1765.

(9) Erman et Réclam, Mémoires …, Berlin, 1782-1794, volume 9, page 151.

(10) à (13) Französische Kirche zu Berlin : MRT/IV/263, 1736 ; MAR/III/10, 1748 ; MRT/VI/522, 1762 ; MRT/VII/1582, 1770.

Pierre et Jean, prieurs de Moncetz

Pierre Horguelin, religieux mathurin, décédé paroisse

St-Alpin à Châlons, inhumé à Moncetz (1710).

Jean Horguelin (1706-1783), chanoine régulier, né paroisse St-Nicaise à Châlons, décédé et inhumé à Moncetz, fils de Pierre Horguelin et de Marguerite Maurin.

Les prieurs de Moncetz près Chaalons, 1700

Les curés prieurs de Moncetz sont des religieux réguliers. Ils sont nommés par l’abbé de St-Memmie, lequel est seigneur en partie de Moncetz au « fief du ban de l’abbaye ». (1) & (2).

Pierre Horguelin est prieur de Moncetz dans les années 1680-1710 et Jean Horguelin dans les années 1730-1750.

Le couvent des Mathurins, Châlons, 1686

L’ordre des Trinitaires ou Mathurins (ainsi nommés à cause de leur monastère parisien situé près d’une chapelle dédiée à St-Mathurin) est créé en 1198 en vue de racheter les chrétiens maintenus en esclavage dans les états barbaresques d’Afrique du Nord.

Les Mathurins s’établissent à Châlons au faubourg St-Sulpice, près de l’hospice de St-Maur. Ils cèdent leur maison à l’administration de l’hospice en 1686 et s’installent rue St-Jacques.

« Cette cession est consentie moyennant 40.000 livres, plus 20 louis d’or payés à titre d’indemnité pour les six religieux qui composent alors la maison ». (3)

Jean-Baptiste de Pinteville, Moncetz, 1706

En 1597, le rôle des gentilhomes du bailliage de Vermandois donne les de Pinteville « seigneurs de Moncetz, au ban des escuyers », et aussi « Marie le Folmarié, veuve de feu Claude Lhoste, dame du fief de La Pagerie à Moncetz ».

En 1693, l’état général des fiefs attribue les ¾ de la seigneurie de Moncetz à M. de Pinteville de la Mothe, et « le surplus (entre autres) aux Billet, Deu, Horguelin, Jourdain et Saguez (tous bourgeois de Châlons). (4)

En décembre 1706, « Jean-Baptiste de Pinteville, escuyer, seigneur de la Motte, Montcetz et autres lieux, plaide contre Maistre Pierre Horguelin, prestre, prieur de Montcetz, au sujet d’un fossé séparant la Cure et le jardin de la maison seigneuriale, et des émondes des arbres plantés sur les talus dudit fossé ». (5)

Les membres de la Société Académique de Châlons, 1756

Il a déjà été question des membres de l’Académis de Châlons à propos de Jean François Meunier, avocat, fils de Jean Joseph et de Françoise Horguelin, « associé résident ».

Jean Horguelin est « associé libre » de cette académie. On trouve dans La France littéraire (1778), la liste des « associés libres de l’Académie de Châlons nommés par le Roi par lettres patentes du mois d’août 1775, Messieurs : (…)

-Horguelin, Prieur curé de Moncets près de Châlons ; (…)

-Formey, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Prusse à Berlin (originaire de Champagne et beau-père du pasteur Isaïe Pajon de Montcetz à Berlin) ;

-Pajon de Moncets, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris (oncle du pasteur Isaïe Pajon) ». (6)

Pièces originales

Extrait de l’Armorial de Champagne, 1701

« Pierre Horguelin, prestre. Curé de la paroisse de Moncets.

Porte d’or à une croix de gueule ».

Bibl. nationale, Armorial général, volume X, Champagne.

Acte de décès de Pierre Horguelin, Châlons, 1710

« Pierre Horguelin, curé de Montcetz, religieux Mathurin, décédé en cette paroisse (St-Alpin) le 27 juin (1710), puis transporté à Montcetz pour y être inhumé ».

Arch. privées, P.H., paroissiaux de St-Alpin, f° 57 verso.

Acte de naissance de Jean Horguelin, Châlons, 1706

« Le premier du présent mois d’aoust mil sept cent six, fut né un fils du mariage de Pierre Horguelin et de Marguerite Maurin sa femme, lequel fut baptisé le trois du même mois.

Il a eu pour parein Jean Maurin et pour mareine Nicole Horguelin. Le nomma Jean ».

Extrait du registre des baptêmes de St-Nicaise à Châlons.

Arch. nationales, MC/ET/XXXIII/757, minutes Soulier, décembre 1759.

Constitution d’une rente annuelle viagère à Jean Horguelin, Paris, 1759

« Dixième tontine créée par édit du mois de décembre 1759. Le Roi a créé trois millions de livres de rentes viagères dites tontines, avec accroissement, aux suivants :

(…) Messire Jean Horguelin, prêtre, Prieur de Montcetz près Chaalons, ce accepté par Maître Pierre Antoine Laurent, avocat en Parlement, demeurant à Paris.

(…) Acquet pour ledit Sieur Horguelin sa vie durant (…) : quatre vingt quatre livres de rente annuelle viagère, dite tontine (…) ».

Pièce jointe : Quittance du Garde du Trésor Royal, exercice 1759.

« Je Joseph Micault d’Harvelay, conseiller du Roi en ses conseils, Garde de son Trésor Royal, confesse avoir reçu comptant en cette ville de Paris de Messire Jean Horguelin, prêtre, Prieur de Montcetz près Chaalons, âgé de cinquante ans passés, la somme de huit cent livres (…) ».

Arch. nationales, MC/ET/XXXIII/757, minutes Soulier, 1759.

Monument à la mémoire de Jean Horguelin

« Monument de reconnaissance élevé à la mémoire de Mr. Horguelin, ancien curé, Prieur de Moncetz. Entre autres bienfaits, on lui doit la fondation des sœurs d’école. Leur logement est devenu le presbytère actuel. Priez pour lui ».

Cimetière de Moncetz, relevé M.H. du mois de novembre 2007.

Sources

(1) Chalette, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 95.

(2) Barthélemy, Histoire de la ville de Châlons, Châlons, 1883, page 277.

(3) Grignon, Topographie historique (…), Châlons, 1889, page 51.

(4) Barthélemy, op. cit. page 277.

(5) Arch. privées, P.H. série E, n° 708, folio 6 verso, 1706.

(6) « La France littéraire », Paris, 1778, tome III, page 92.

Marie Jeanne et Sigismond de Redern

Marie Jeanne Horguelin (1727-1788), née à Paris, décédée

à Berlin, fille de Jacques Horguelin et de Louise Jeanne

Crommelin, épouse (1748) Sigismond de Redern (1719-1789),

fils d’Erasme de Redern et de Catherine de Bredow.

Le château de Monbijou à Berlin, 1740

« Dès son arrivée au pouvoir en 1740, Frédéric II fait rénover et agrandir le château de Monbijou pour sa mère Sophie Dorothée de Hanovre, veuve de Frédéric Guillaume, « le roi sergent ». Une cérémonie de remise des clefs a lieu en 1742. (1)

Frédéric II choisit comme intendant du palais (« Kammerherr ») un jeune gentihomme de 24 ans : Sigismond de Redern. Les Redern sont propriétaires de la terre et seigneurie de Schwante près de Berlin et ont une résidence dans la capitale, située près de la porte de Brandebourg sur l’avenue Unter den Linden.

Frédéric II se préoccupe ensuite de l’avenir de son protégé et le persuade d’épouser une riche héritière fille d’un banquier huguenot : Marie Jeanne Horguelin. Herman von Redern-Wansdorf écrit : « Le père de la promise possédait une fortune considérable (…) et le roi Frédéric II, voulant garder cette fortune dans ses Etats, persuada Sigismond de conclure cette union ». (2)

Un autre prétendant était sur les rangs : on lit dans la chronique de la Cour de Frédéric le Grand, par L. Mulhbach : « (…) Un riche hollandais, ami et partenaire commercial de son père, est venu ici (à Berlin) spécialement pour demander la main de sa fille (…) ». (3)

Si l’on en croit cette chronique, Jacques Horguelin, en choisissant pour gendre un gentilhomme prussien plutôt qu’un négociant hollandais, mettait fin, à terme, à son établissement bancaire et sa fortune, comme on le verra, sera investie en biens fonciers en Lusace (sud du Brandebourg).

En contre-partie, pourrait-on dire, Jacques Horguelin est annobli par Frédéric II le 26 novembre 1748, et le mariage a lieu à Berlin le 29 décembre 1748, béni par le pasteur Lorent (lequel est marié avec une Horguelin de Breslau). (4) et (5).

Le curateur de l’Académie de Berlin, 1751-1786

« Le curateur est le principal responsable administratif de l’Académie Royale des Sciences et Belles Lettres de Berlin. A la mort du curateur Samuel de Schmettau en 1751, Frédéric II nomme pour le remplacer, Sigismond de Redern. (6)

Ce dernier reste à son poste jusqu’à la fin du règne de Frédéric II. Le roi meurt le 17 août 1786.

Dès le 31 août, « von Redern est remplacé par le Staatsminister comte Ewald Friedrich von Hetzberg (1725-1795) qui conserve ce poste jusqu’à sa mort (…) ». (7)

Entre 1758 et 1765, Sigismond de Redern présente plusieurs communications devant l’assemblée des académiciens, lesquelles sont publiées en français dans les Mémoires de l’Académie. (8)

1758. « Réponse à la dissertation de M. le comte Roncalli sur l’inoculation de la petite vérole (…) ».

1758. « Eloge de M. le général de Bredow (…) » (Sigismond était le fils d’Erasme et d’Elisabeth de Bredow).

1759. « Observations sur l’état présent de la dioptrique (…) ».

1760. « Considérations sur l’influence que l’illustre Newton attribue à la diverse réfrangibilité de la lumière (…) ».

1761. « Considérations dioptriques » (trois parties).

1765. « Considération sur le globe. Mémoires sur le continent antarctique, sur les isles Salomon, sur le continent austral ou méridional ».

Les terres et seigneuries acquises en Lusace (1771-1775)

Dans son testament en date du 16 août 1768, Jacques Horguelin lègue à sa fille unique la somme de deux cent mille thalers en or, « en recommandant à ma fille d’affecter cette somme à l’achat de terres à sa convenance, à condition toutefois qu’elles soient situées en des lieux où la religion réformée ou protestante domine ». (9)

Jacques Horguelin meurt le 6 janvier 1770, à l’âge de 79 ans. Dans les cinq années qui suivent, Marie Jeanne exécute les dernières volontés de son père : elle et son mari font l’acquisition en Lusace de plusieurs terres et seigneuries. Ils deviennent les plus grands propriétaires du bailliage de Kamenz.

En 1771, ils acquièrent le domaine et château de Golssen que leur fille Amélie reçoit en dot lors de son mariage avec le comte Fontana de Caravanzana. (10)

La même année, ils font l’acquisition de la terre de Bernsdorf et de ses forges, dans la région métallifère de Haute Lusace. (11)

En 1773, ils achètent la terre et le château de Königsbrück et les trois villages voisins de Grüngräbchen, Cosel et Lipsa. (12)

En 1775, ils deviennent propriétaires de la terre et du château de Brauna que leur fille Sophie reçoit en dot lors de son mariage avec le comte de Stolberg (1790). (13)

Les enfants Redern-Horguelin

Marie Jeanne a dix enfants. Ils sont tous nés à Berlin, sauf la dernière fille (Wihelmine) qui est née à Görlsdorf über Angermünde, en Uckermark.

Nous connaissons l’histoire de seulement quatre de ces enfants.

Guillaume-Jacques est né le 2 février 1750 et baptisé à l’église française de Berlin. Diplomate. Il épouse Caroline Albertine von Zieten. Et en secondes noces : Dorothée Wilhelmine von Otterstedt.

Amélie Sophie est née le 8 juin 1753 et baptisée à l’église française de Berlin. Elle épouse Népomucène comte Fontana de Caravanzana, diplomate.

Sigismond Ehrenreich Jean est né le 18 juillet 1761 et baptisé à l’église française de Berlin. Diplomate. Il épouse en France Henriette de Montpezat.

Eléonore Sophie Charlotte est née le 4 novembre 1765 et baptisée à l’église française de Berlin. Elle épouse Frédéric Léopold comte de Stolberg.

Marie Jeanne Horguelin est décédée à Berlin le 1er janvier 1788 à l’âge de 60 ans. « Elle a été déposée sur ses terres à Görlsdorf dans l’Uckermarck ».

Sigismond de Redern est décédé à Königsbrück le 1er juillet 1789.

Pièces originales

Acte de mariage Redern-Horguelin, Berlin, 1748

« Le 29e décembre 1748, Monsieur le Pasteur Lorent a béni en chambre le mariage de Monsieur Sigismond Ehrenreich de Redern, natif de Schwante près de Berlin, Chambellan de Sa Majesté la Reine Mère, fils de Monsieur Erasme Guillaume de Redern, Seigneur de Schwante et de Staffeld, et de Dame Catherine Elisabeth de Bredow.

Avec Demoiselle Marie Jeanne d’Horguelin, native de Paris, fille de Monsieur Jaques d’Horguelin et de Dame Louise Jeanne Crommelin ».

Französische Kirche zu Berlin, MAR.III.10

Acte de baptême de Guillaume Jacques de Redern, Berlin, 1750

« Le 18e de février 1750, Monsieur le Pasteur Achard, l’oncle, a baptisé en chambre Guillaume Jaques, né le 2e à 8 heures du soir, fils de Monsieur Sigismond Ehrenreich de Redern, Chambellan de Sa Majesté la Reine Mère, natif de Schwante près de Berlin, et de Dame Marie Jeanne d’Horguelin sa femme, native de Paris. Il a été présenté par Monsieur Erasme Guillaume de Redern, grand-père paternel, Monsieur Jaques d’Horguelin, grand-père maternel, Monsieur le lieutenant général de Bredow, Chevalier de l’Ordre de l’Aigle Noir, et Monsieur de Groeben, président de la Chambre de la Marche Electorale et conseiller privé du Grand Directoire, et par Dame Catherine Elisabeth de Redern, née de Bredow, sa grand-mère, Dame Louise Jeanne d’Horguelin, née Crommelin, grand-mère maternelle, et Madame Marie Achard, née Horguelin, ses parains et maraines ».

Französische KIrche zu Berlin, BAT. VII. 313

Acte de baptême d’Eléonore Sophie Charlotte de Redern, Berlin, 1765

« Le 27e de novembre 1765, Mr le Pasteur Achard a baptisé en chambre Eleonore Sophie Charlotte, née le 4e à six heures du soir, fille de Mr Sigismond Ehrenreich comte de Redern, cy devant Grand Maréchal de la Cour de Sa Majesté la Reine Mère, natif de Schwante près de Berlin, et de Dame Marie Jeanne d’Horguelin sa femme, native de Paris. Elle a été présentée par Mr Borislav de Schverin, premier écuyer du Roy, et Mr Erasme Frédéric de Redern, et par Mme Eleonore de Maupertuis, Mme Sophie Elisabeth de Schverin et Mme Charlotte de Bonnin, née de Bredow, ses parains et maraines ».

Französische Kirche zu Berlin, BAT. VIII.374

Acte de décès de Marie Jeanne d’Horguelin, Berlin, 1788

« Le 1er janvier 88 à midi est morte d’une attaque, Dame Marie comtesse de Redern, née d’Horguelin, âgée de 60 ans, native de Paris, fille de feu Mr Jaques d’Horguelin et de feue Louise Jeanne Crommelin sa femme. Elle a été déposée sur ses terres à Görlsdorf dans l’Uckermarck ». Französische Kirche zu Berlin, MRT. VII. 492

Notes

Görlsdorf über Angermünde, en Uckermarck, 1632-1911

« Histoire. En 1632, Görlsdorf devient la propriété de l’Oberstlieutnant Adam Valentin von Redern. C’est alors une terre seigneuriale avec métairie, bergerie et moulins à eau sur la rivière Welse. Le domaine seigneurial et le village sont ruinés par la guerre. La veuve d’un certain Jobst Otto von Hake achète le domaine en 1687/88. En 1720, les von Redern sont de retour à Görlsdorf qu’ils développent peu à peu pour en faire une résidence d’été puis la résidence principale de la famille (…)

Description des lieux. Le château, construit au 18e siècle, est plusieurs fois reconstruit et agrandi : restauration par l’architecte Carl Heinrich Knoblauch en 1845 ; transformation par l’architecte Ferdinand Schorbach en 1884 ; nouvelle transformation en 1911. Et destruction en 1945.

L’église du village (anciennement chapelle du château) est construite en 1717 et restaurée en 1804. La comtesse Berta von Redern, née Jenish, fait construire une tour-clocher de 18 mètres de haut en 1854 ».

« Görlsdorf Geschichte », Google Web, 29 novembre 2006.

« La tour de l’église est construite sur le côté nord de l’édifice. Le rez-de-chaussée de la tour sert de hall d’entrée à l’église. Un monument à la mémoire d’une comtesse de Redern décédée en 1788 a été élevé dans le hall. Il s’agit d’une urne au sommet d’une colonne tronquée, avec le portrait de la comtesse défunte ».

« Uckermarck Kirchen. Dorfkirche in Görlsdorf », page WEB, 20 août 2009.

Nota. La comtesse de Redern en question est Marie Jeanne Horguelin. Son portrait est accompagné de l’inscription suivante : « Marie Johana, Gräfin von Redern, geboren d. 18ten Sept. 1727 ; gestorben 1ten Jan. 1788. Der besten Mutter gewidmet » (la meilleure des mères).

Note de Ferdinand Hoeffer sur Sigismond de Redern, Paris, 1872

« Redern (Sigismond Ehrenreich, comte de), né en 1719 dans la Marche de Brandebourg, mort en 1788 à Königsbrück. Il fut grand maréchal de la cour de la reine douairière de Prusse, et devint en 1751 l’un des curateurs de l’Université de Berlin. Après avoir essayé en vain de constituer une compagnie des Indes à Embden, projet en vue duquel il visita la Russie et la France, il se retira dans ses biens en Lusace, et se livra à l’étude de la physique et de la chimie (…)

Louis XV lui avait donné en 1769 des lettres de naturalisation. »

Sources : La Prusse littéraire, t. II – Mensuel, Lexicon.

& Ferdinand Hoeffer, Nouvelle biographie générale, Firmin-Didot, Paris, 1872, tome 41, p. 823.

Communication de Sigismond de Redern à l’Académie de Berlin, 1759

Dans une communication du 31 mai 1759, Redern s’oppose à l’académicien Ronccali au sujet de la petite vérole et des moyens de lutte contre cette maladie qui fait des ravages en particulier parmi les enfants en bas âge. Le comte de Redern est favorable à l’inoculation tandis que le comte Roncalli y est opposé. Pour calmer l’arrogance de Roncalli, Redern lui cite Montaigne :

« Apprenez de Montaigne, Monsieur, si vous en doutez, que sur le trône le plus élevé, on est assis comme sur la chaise la plus simple ».

Redern développe son argumentation : « J’ai cru que c’était un devoir indispensable pour moi de me mettre au-dessus des préjugés, comme père de famille » (à la Cour comme en ville on était majoritairement contre l’inoculation).

(…) Cette année, la petite vérole a emporté les trois quarts des enfants qui l’ont eue. J’avais contre moi une reine éclairée (la reine mère Sophie Dorohée) dont les sentiments étaient pour moi des arrêts, ma famille et des personnes d’ailleurs très respectables qui regardaient la chose comme douteuse. (…) On me représentait qu’en perdant mes enfants par la petite vérole naturelle, c’était la volonté de Dieu à laquelle il fallair se résigner ; et on tâchait de m’effrayer par les reproches dont on m’accablerait et que j’aurai à me faire, si l’évènement était contraire. La persuasion de la vérité l’emporta sur toutes les autres considérations.

Monsieur le professeur Meckel (…) a fait l’inoculation à deux enfants que j’ai ; l’aîné de 7 ans n’a eu que peu de fièvre pendant 2 jours ; dans le second de 3 ans on n’a pas remarqué de fièvre ».

Mémoires de l’Académie de Berlin, assemblée publique du 31 mai 1759, p.71.

Sophie de Redern Horguelin, trisaïeule de Charles de Habsbourg, 1765-1961

Les Redern-Horguelin figurent dans les quartiers de plusieurs familles notables d’Allemagne et d’Autriche. Voici une filiation établie par Arnold de Broich :

« Frédéric Léopold comte de Stolberg épouse Sophie Charlotte Eléonore comtesse de Redern, dame de Brauna, née le 4 novembre 1765, fille de Sigismond Ehrenreich comte de Redern, seigneur de Königsbrück, et de Marie Jeanne de Horguelin. Enfant : (…)

Julie Agnès Emilie comtesse de Stolberg, née le 10.12.1790, épouse à Münster, Westphalie, (10.3.1812) Maximilien Franz Xavier comte de Korff, seigneur de Brincke. Enfant : (…)

Maximilien Frédéric Léopold comte de Korff, né à Brincke, Wesphalie, le 2.8.1820, épouse à Freiwaldau, Silésie, (26.8.1851) Gabriele comtesse de Mirbach-Kosmanos. Enfant : (…)

Alfred comte de Korff, né à Geldern, Rhénanie, le 17.9.1856, épouse à Darmstadt, Hesse, (16.5.1893) Hélène Klara de Hilgers. Enfant : (…)

Klara Marie comtesse de Korf, née à Darmstadt le 31.5.1895, épouse à Fribourg en Brisgau (22.2.1919) George prince de Saxe-Meiningen. Enfant : (…)

Regina princesse de Saxe-Meiningen, née à Würburg, Franconie, le 6 janvier 1925, épouse à Nancy, France, (10.5.1951) Otto de Habsbourg, prince héritier d’Autriche. Enfant : (…)

Charles de Habsbourg, né à Starnberg, Bavière, le 11 janvier 1961, épouse à Mariazelle, Styrie, (31.1.1993) Francesca Anne, baronne Thyssen-Bornemisza. Enfant (…)

Ferdinand de Habsbourg, né à Salzbourg le 26 juin 1997.

Carl Arnold von Broich, « Die Nachkommenschaft des grafen Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg, 1750-1819”, Montzen, 2000.

Sources

(1) “Château de Monbijou”, page Web, août 2009.

(2) Hermann von Redern-Wansdorf, « Geschichte des Geschlechts von Redern”, Görlitz, 1936.

(3) L. Mulhbach, “Frederick the Great and his Court”, tome II, chapitre 12, page 28, Free on-line Library, janvier 2003.

(4) R. Béringuier, “Stammbäume des Mitglieder Französischen Colonie in Berlin », Berlin, 1885.

(5) Französische Kirche zu Berlin, MAR.III.10 (1748).

(6) « Histoire de l’Académie royale des Sciences et Belles Lettres, tome 8, année 1752, p. 31.

(7) René Talon, Revue d’histoire des sciences, année 1988, n° 41-1, page 44.

(8) « Histoire de l’Académie (…) », 1758, tome XIV, pp. 71 & 485 ; 1759, tome XV, p. 89 ; 1760, tome XVI, p. 3 ; 1765, tome XXI, pp. 3, 14, 17.

(9) The National Archives, U.K., “Will of Jaques d’Horguelin of Berlin, 18 may 1770”, PROB 11/957, page Web, mai 2008.

(10) “Land und Leute, Golssen”, page Web, 15 octobre 2002.

(11) “Stadt Bernsdorf Geschichte”, page Web, 6 novembre 2002.

(12) “Königsbrück Geschichte”, page Web, 1er juillet 2002, & “Geschichte Gruengraebchen rittergut”, page Web, 16 octobre 2002.

(13) “Chronik Brauna”, page Web, 3 novembre 2002.

Jean Sigismond de Redern & Henriette de Montpezat

Jean Sigismond de Redern (1761-1835), né à Berlin et décédé à Nice,

fils de Sigismond Ehrenreich de Redern et de Marie Jeanne d’Horguelin,

épouse (1808) Henriette de Montpezat (1770-1830), fille de Jacques

Timothée de Trémolet, marquis de Montpezat et de Marie Françoise

Joséphine Trémolet de Montpezat.

Un héritage en Lusace, 1789

Les Redern-Horguelin ont acheté dans les années 1770 plusieurs biens en Lusace.

A la mort de Sigismond de Redern en 1789, ces biens passent en héritage à Jean Sigismond et à ses deux sœurs, de même que des rentes sur l’hôtel de ville de Paris, anciennement acquises par leur grand-père Jacques Horguelin.

Jean Sigismond prend possession du château de Königsbrück et des forges de Bernsdorf.

« Fortement pénétré de la nécessité de réformes radicales, il donne dès 1790 le premier exemple en Saxe, où il possède des propriétés considérables, de l’abolition du servage, du rachat de la corvée et des servitudes féodales ». (1)

A Paris, il fait procéder au remboursement des titres de rente sur l’Hôtel de ville, par l’intermédiaire du banquier Jean Frédéric Perregaux. On trouve la trace de ces transactions dans les archives du minutier central des notaires de Paris.

En date du 10 avril 1792, par exemple, il reçoit du Trésorier payeur de la dette publique le remboursement d’une rente constituée au profit de Marie Jeanne d’Horguelin (seize cent soixante quatre livres) et d’une rente constituée en avril 1758 au profit de Jacques d’Horguelin (trente trois mille six cent livres). (2)

Envoyé du roi de Prusse à Londres, 1790

Après être passé par l’ambassade de Saxe à Madrid, Jean Sigismond est Envoyé du roi de Prusse à Londres, de 1790 à 1792. A Madrid, il fait la connaissance du philosophe et économiste français Claude-Henri de Saint-Simon (1760-1825).

Il quitte Londres en 1792 et s’installe à Paris.

« Il s’associe avec Saint-Simon (…) et achète les biens nationaux de tout le département de l’Orne, ainsi que quelques immeubles à Paris, entre autres le grand hôtel des Fermes dans la rue du Bouloi.

La Terreur arrête les spéculations de cette société. M. de Redern est obligé de s’éloigner de France, et Saint-Simon, arrêté comme noble, est emprisonné pendant onze mois d’abord à Sainte-Pélagie, puis au Luxembourg. Le 9 Thermidor lui rend la liberté et les circonstances deviennent on ne peut plus propices à l’heureuse conclusion de ses opérations financières.

(…) En 1796, la société Redern et Saint-Simon possède un fonds rapportant 150.000 francs de rente ». (3)

Maître de forges en Normandie, 1806-1818

En 1806, les associés Redern et Saint-Simon se séparent et partagent leurs acquisitions. Jean Sigismond devient propriétaire de la terre de Flers, dans l’Orne, et des forges de la région.

« Après la Révolution, un noble prussien naturalisé français se porte acquéreur des biens du ci-devant comte de Flers (de la Mothe-Ango). Il s’appelle le comte de Redern de Bernsdorf.

Cet individu original, ami de Saint-Simon, a de grandes ambitions économiques. Il acquiert toutes les grosses forges de la région (Cossé à St-Patrice du Désert, Bagnoles, La Sauvagère), mais porte l’effort de modernisation sur celle de Varennes (à Champsecret, Orne). Pourtant il se plaint que le commerce du fer ne rapporte plus et d’ailleurs il fait faillite. Les forges sont vendues (1818) à deux notaires parisiens : Maîtres Schnetz et Thirion ». (4)

Henriette de Montpezat, 1770-1830

« Redern avait acquis le château de Flers en 1806 moyennant la somme de 1.103.000 francs.

Par son contrat de mariage (6 décembre 1808) il fait également à sa femme (Henriette de Montpezat) une donation mortis causa de 10.000 francs de rentes avec jouissance du château ».

« La comtesse Henriette de Montpezat de Redern était une femme de beaucoup d’esprit, d’une extrême sensibilité et fort attachée à l’ancienne dynastie. Elle avait publié (entre autres) :

« Zélie, reine des braves, ou le génie du bien, conte moral et politique suivi de quelques poésies », Paris, 1819, 2 volumes, in-12. (6)

De son côté, Jean Sigismond, retiré des affaires, écrit et publie quelques essais.

« On a de lui deux ouvrages empreints de toute l’obscurité du philosophisme germanique et qu’en conséquence personne ne lit, savoir :

« Modes accidentels de nos perceptions, ou Examen sommaire des modifications que des circonstances particulières apportent à l’exercice de nos facultés et à la perception des objets extérieurs », Paris, Mongie aîné, 1818, in-8°, 69 pages.

« Considérations sur la nature de l’homme en soi-même et dans ses rapports avec l’ordre social », Paris, Treuttel & Wurtz, 1835, 2 volumes, in-8°. (7)

Henriette de Montpezat est décédée à Nice en 1830 (8)

Jean Sigismond est également décédé dans cette ville : « S’étant rendu à Nice en 1835, il y mourut comme tant d’autres que les médecins y envoient pour rétablir leur santé ». (9)

Pièces originales

Dépôt de procuration par Jean Sigismond de Redern, Paris, 1790

« Par devant les conseillers et notaires du Roy au Châtelet de Paris soussignés, fut présent M. Jean Sigismond Ehrenreich de Redern, Envoyé du Roy de Prusse à la Cour de Londres, actuellement logé à Paris, hôtel d’Irlande, rue de Richelieu, paroisse Saint-Roch, lequel a déposé l’original d’une procuration (…) donnée par Sophie Charlotte Eleonore de Stolberg, née comtesse de Redern, épouse de M. le comte Frédéric Léopold de Stolberg, Envoyé de Danemark à la Cour de Berlin, passée en présence de deux témoins (…) et de Nous, notaire à Fremsbuttel (Hesse) le 25 octobre 1720 ».

Archives nationales, MC/ET/X/798, étude Gobin, 29 décembre 1790.

Remboursement de rentes à Jean Sigismond de Redern, Paris, 1792

« En présence des notaires soussignés, M. Jean Frédéric Perregaux, bourgeois de Paris, demeurant rue de Mirabeau, paroisse des Carmes, au nom et comme procureur de M. Sigismond Ehrenreich Jean comte de Redern, suivant la procuration (…) passée devant Me Gobin, l’un des notaires soussignés (…) le seize janvier 1791.

A reconnu avoir reçu de M. Justin Delisle, Trésorier payeur de la dette publique à la décharge de l’Etat et en exécution de la déclaration du 23 février 1786 et du décret confirmatif de l’Assemblée nationale, la somme de trente trois mille six cent livres pour le principal, en remboursement de seize cent quatre vingt livres de rente (…)

La première de quatre cent quatre vingt livres (…) d’avril 1758, constituée au proffit de Jacques d’Horguelin, par contrat passé devant Me Baron, notaire à Paris, qui en a gardé la minute (…) Lesquelles rentes présentement remboursées appartiennent audit S. de Redern (…) ».

Archives nationales, MC/ET/X/801, étude Gobin, 10 avril 1792.

Remboursement de rente à Jean Sigismond de Redern, Paris, 1792

« En présence des notaires soussignés, M. Jean Frédéric Perregaux, bourgeois de Paris, demeurant rue Mirabeau, au nom et comme procureur de M. Sigismond Ehrenreich Jean comte de Redern (…)

A reconnu avoir reçu de M. Justin Delisle, Trésorier payeur de la dette publique (…) la somme de seize cent soixante quatre livres (…) en remboursement de (…) rente perpétuelle constituée au proffit de Marie Jeanne d’Horguelin, épouse de Sigismond Ehrenreich comte de Redern, devant Dulion qui en a gardé la minute (…) ».

Archives nationales, MC/ET/X/801, étude Gobin, 10 avril 1792.

Procuration de M. de Redern à M. Hébert, Paris, 1792

« Par acte passé le 6 juillet 1792 par M. le comte Jean Sigismond Ehrenreich de Redern, Envoyé du Roy de Prusse à la Cour de Londres, demeurant dans Wimpole Street, paroisse de Ste Marie la Bonne (…) donne pouvoir (à Charles Hébert, homme de loi demeurant ordinairement à Paris, rue Jean-Jacques Rousseau, paroisse St-Eustache) d’acquérir des Domaines Nationaux en France (…), des biens jusqu’à concurrence de la somme de quatre millions de livres tournois (…) ».

Archives nationales, MC/ET/X/811, étude Gobin, 6 juillet 1792.

Notes

Note d’Odile Halbert sur Jean Sigismond de Redern, 2006

« Le comte de Redern, Prussien et ancien Maître de forges à Bernsdorf, acquiert les forges de Champsecret, Bagnoles, La Sauvagère et Cossé. (…)

Mal accepté, car restant étranger, le comte de Redern, qui manie aussi la chimie à Choisy et au Kentucky (USA), doit fuir ses créanciers en 1818, vendant tous ses biens ».

(O. Halbert, « Histoire de la quincaillerie », Google Web, 30 avril 2006)

Vente de l’hôtel des Fermes, Paris, 1793

«L’hôtel des Fermes avait été acquis par le comte de Redern et le fameux Saint-Simon. Sigismond Ehrenreich comte de Redern, fils du grand maréchal de la cour de Prusse, avait été ministre de Saxe en Espagne et puis ministre de Prusse en Angleterre. Il vint, comme beaucoup d’autres diplomates secrets de la Prusse, à Paris en 1793 (…) Le comte de Redern et Saint-Simon achetèrent pour plus de 7 millions de biens nationaux avec le concours de Danton (…). Robespierre les fit emprisonner et sequestra ces biens. Mais après le 9 thermidor, ils rentrèrent dans leurs acquisitions qu’ils payèrent en assignats presque démonétisés, et il revint à chacun d’eux plus de 200.000 livres de rentes (…). Saint-Simon, comme il le dit lui-même, abusa de tout, expérimenta tout dans le luxe brutal et sensuel. Le comte de Redern resta propriétaire de l’hôtel des Fermes. Il tira de gros profits par le morcellement et la division de ce vaste hôtel dont le nom seul est resté, avec le souvenir de Saint-Simon qui se ruina définitivement par les entreprises de voitures publiques. Le comte de Redern, après un long procès, fit à Saint-Simon 1.200 livres de rente viagère à peu près, la seule ressource qui lui resta (…) ».

Jean-Baptiste Gapefique, « Histoire des grandes opérations financières : banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etc. », Librairie Amyot éditeur, Paris, février 1855.

Sources

(1) Hoeffer, « Nouvelle biographie générale », Paris, 1879, tome 41, page 825.

(2) Arch. nationales, MC/ET/X/801, étude Gobin, 1792.

(3) Hoeffer, tome 43, page 118.

(4) « Bref regard sur l’histoire de Varennes », Google Web 16 janvier 2003.

(5) O. Petré-Grenouilleau, « Saint-Simon », Payot, 2001, page 441.

(6) Michaud, « Biographie universelle », Paris, 1843, volume 35, page 311.

(7) Michaud, volume 35, page 311.

(8) Woelmont, « Notices généalogiques », Paris, 1925, page 1012.

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Au dix-neuvième siècle


Nicolas & Antoine Horguelin

Jean-Baptiste Théophile & Victorine Leblant

Cyrille & Clémence Gouret

Auguste Théophile & Clémence Machet

& Flavie Lallement

Nicolas et Antoine Horguelin

Nicolas Louis Horguelin, né à Pogny en Champagne (1752)

décédé à Paris (1826), fils de Barthélemy Horguelin et de

Louise Boucart.

Antoine Horguelin, né à Pogny (1781), décédé à Montrouge

(1864), fils de Jean Horguelin et de Marie Marguerite Mallet,

épouse Jacqueline Delcroix (1783-1833).

Deux champenois à Paris sous la Révolution

Nicolas Louis Horguelin apparait dans les archives des notaires de Paris en 1791. Il a 39 ans. Il est « marchand de bois demeurant rue du Petit Vaugirard, paroisse Saint-Sulpice ». Il loue à Julien Meirieu un terrain « situé entre les rues des Capucins et Saint-Nicolas, Chaussée d’Antin ». (1)

Antoine Horguelin, neveu et filleul du précédent, fait l’objet en 1802 d’un dossier conservé aux archives de Paris, dans la série « Direction des Domaines de la Seine ». Il a 21 ans. Il achète à Jean Marie Cabiran « un terrain situé à Paris, rue Saint-Dominique, au Gros Caillou, provenant de l’emplacement de la ci-devant église du Gros Caillou, y compris le ci-devant cimetière y attenant (…) moyennant la somme de 9.000 francs ». (20 nivose an XI) (2)

Une enquête de la Direction des Domaines de la Seine, 1799

« Le 1er jour complémentaire an VIII », le directeur de l’Enregistrement et du Domaine national de Versailles écrit à son collègue de Paris : « J’aurais besoin de renseignements positifs sur la solvabilité du Sieur Horguelin demeurant rue Croix Chaussée d’Antin, n° 541 ».

Le 9 Brumaire an IX (9 octobre 1800), la réponse du citoyen Directeur de Paris est la suivante : « ce citoyen est aisé ou du moins mène la vie d’un homme à son aise, et il fait des opérations de commerce à la Bourse ». (3)

Vente de pièces de terre à Omey en Champagne, 1806

Le 19 janvier 1806, « le Sieur Antoine Horguelin, négociant demeurant à Paris rue de l’Arcade n° 34, étant de présent audit Omey chez le Sieur Jean Horguelin son père, cultivateur audit lieu, (…) vend plusieurs pièces de terre (…) à lui appartenant en qualité de défunte Marie Marguerite Mallet sa mère décédée, épouse dudit Sieur Horguelin ci-dessus nommé (…) ». (4)

Achat d’une maison Chaussée du Maine, près Paris, 1816

Le 8 janvier 1816, « M. Antoine Horguelin, marchand de vin en gros demeurant au Petit Montrouge près Paris », achète à Jean Baptiste Digeon « une grande maison, jardin, dépendances, sise au Petit Montrouge, n° 22 Chaussée du Maine (…) moyennant la somme de vingt quatre mille francs (…) ». (5)

Un conseiller municipal de Montrouge, 1826

« Antoine Horguelin a été conseiller municipal de Montrouge du 6 mai 1826 au 24 avril 1830, puis du 29 mars 1831 au 7 novembre 1835, pour réapparaître le 17 septembre 1840, survivant si l’on peut dire à la Révolution de 1848, jusqu’à l’Empire (le 15 octobre 1852 marquant la nomination des maires par le gouvernement) où il reprend son siège par décret impérial du 31 octobre précédent, le 14 novembre 1855. Il ne parait plus dans la liste après l’annexion de 1860 ». (6)

La famille d’Antoine Horguelin

Antoine Horguelin épouse (avant 1808) Jacqueline Delcroix née à Montrouge en 1783. Ils ont quatre enfants :

-Adélaïde Joséphine, baptisée paroisse Saint-Roch à Paris, le 30 juillet 1808.

Elle épouse à Châlons-sur-Marne Victor Laverne, né à Châlons le 18 décembre 1793. Adélaïde est décédée à Paris, 72, rue du faubourg St-Honoré, le 2 septembre 1891 et inhumée au cimetière de Montrouge.

-Elisa, née le 27 avril 1811, décédée le 2 janvier 1892, inhumée au cimetière de Montrouge.

-Adélaïde Victorine, née à Montrouge en 1815. Elle épouse François Duru. Elle est décédée à Paris , 10, boulevard des Filles du Calvaire le 17 mars 1890.

-Victor Antoine, né le 7 novembre 1819, décédé le 7 avril 1891, inhumé au cimetière de Montrouge.

Jacqueline Delcroix est décédée à Paris le 16 août 1833 à l’âge de 50 ans. Inhumée à Montrouge.

Antoine Horguelin est décédé à Paris, 72, route d’Orléans, le 20 février 1864 et inhumé à Montrouge.

Tous les membres de cette famille ont leur sépulture dans deux tombes voisines au cimetière de Montrouge (section 2, contre le mur qui longe l’avenue de la Porte de Montrouge) (7)

Nicolas Louis Horguelin est décédé à Paris et inhumé au cimetière de Montrouge le 11 janvier 1826. La tombe a disparu. Elle a été cédée à une autre famille en 1951 :

« Le corps a été inhumé le 11 janvier 1826, mais on ne trouve qu’une tombe moderne (de 1951) à cet emplacement qui a été cédé à une autre famille. En effet, et pour peu qu’on puisse suivre la trace, il est alors exhumé le 12 avril 1951 pour être réinhumé dans la crypte (5.4.2) d’où il est à nouveau tranféré au cimetière de Chevilly-la-Rue le 2 mars 1990. (…) Il n’y avait que ce corps dans le tombeau ». (8)

Nota : le cimetière de Montrouge a été créé sur le site d’une carrière souterraine. Cette carrière renferme huit ossuaires. (9)

Pièces originales

Actes de baptême de Nicolas Louis et Antoine Horguelin

« L’an de grâce mil sept cent cinquante deux, le 19 novembre, par moy a été baptisé dans l’église dudit lieu (Omey), un fils qui a été nommé Nicolas Louis, né le jour précédent en légitime mariage de Barthélemy Horguelin et Louise Boucart, et a eu pour parrain Nicolas Louis Laidebeure, et pour marraine Marie Rousselet, qui ont signé avec nous ».

Arch. privées, M.H., registres paroissiaux d’Omey, 1752.

« Antoine, fils légitime de Jean Horguelin et de Marie Marguerite Malet de cette paroisse, est né le 24 février 1781 et le lendemain a été baptisé par moi curé soussigné, ayant eu pour parrain Antoine Mathieu, fils de Nicolas Mathieu laboureur demeurant à Pogny, et pour marraine Marie Françoise Notret, fille de François Notret charron demeurant à Omey, et ont signé avec nous ».

Arch. privées, M.H., registres paroissiaux de Pogny, 1781.

Plainte des habitants de la rue Neuve des Capucines, 1791

« Plainte au sujet de l’ouverture par le sieur (Nicolas) Horguelin, marchand de bois, d’un chantier de bois à brûler qui gêne la circulation. 1er mars 1791 ».

(Répertoire général des sources manuscrites de l’histoire de Paris, par Alexandre Tuetey, Paris, 1890-1914)

Acte de baptême d’Adélaïde Joséphine Horguelin, Paris, 1808

« Le samedi 30 juillet1808 a été baptisée Adélaïde Joséphine, née la veille, fille de Antoine Horguelin, Commissionnaire, et de Jacqueline Delcroix son épouse, rue des Orties n° 3. Le parrain, Nicolas Avelin, même demeure. La marraine, Marie Georgette Adélaïde Perreau, demoiselle majeure, rue Saint-Antoine n° 9, qui ont ainsi que le père, signé avec nous ».

Eglise St-Roch, Paris, registre des baptêmes, 1808.

Vente immobilière à Paris, 5 Prairial an XI (1803)

« Par devant Charles François Drugeon et son confrère, notaire à Paris près le Tribunal d’appel, (…) fut présent Nicolas Horguelin, marchand de bois demeurant à Paris rue Sainte Croix n° 541, Chaussée d’Antin, lequel a par ces présentes vendu, ceddé et abandonné dès maintenant et pour toujours, (…) à Charles François Thibault, marchand de bois demeurant à Paris rue Saint-Dominique, division de la Fontaine de Grenelle n° 1050, à ce présent (…) :

(1) Une portion de terrain vague propre à bâtir, sur lequel est construit un bureau et appenti, ledit terrain (…) tenant par devant à la rue Neuve des Capucins, d’autre à celle de St-Nicolas ou de l’Egout, d’un côté à Colincourt et Cayoux et d’autre côté aux citoyens Gagné et fils et à Mme Jeanesson. (2) et un terrain situé à Paris rue du Houssay (…) tenant d’un bout du côté de la rue de Provence, (…) l’autre côté de la rue Chantereine, aujourd’hui de la Victoire (…)

Ledit Horguelin propriétaire de ces deux terrains, scavoir du grand désigné sous l’article premier comme l’ayant acquis de Claude Jean de Ste-Croix, (…) par contrat passé devant Drugeon (…) le huit juin mil sept cent quatre vingt douze (…) Quant au terrain de la rue du Houssay, ledit Horguelin en est propriétaire comme s’en étant rendu adjudicataire pour le nom du citoyen Chappe, homme de loi (…). Et enfin cette vente faite moyennant la somme de quarante mille francs de prix principal (…). Fait et passé à Paris, l’an XI de la République, le cinq Prairial, et ont signé ces présentes, lecture faite ».

Arch. nationales, MC/ET/XLVI/639, étude Drugeon, an XI.

Quittances pour M. Pommery, rue Ste-Croix de la Bretonnerie, 1815

Première quittance, 2 juin 1815.

« (…) M. Jean Nicolas Armand Pommery, négociant demeurant à Paris rue Ste-Croix de la Bretonnerie n° 20, reconnaît (avoit reçu) de M. Valentin Grégoire Breton, marchand grenetier, et Antoine Horguelin, marchand de vin en gros, demeurant tous deux au Petit Montrouge n° 22 (Chaussée du Maine) (…) la somme de deux mille six cent dix huit francs quatre centimes… ».

Deuxième quittance, 9 juillet 1815.

« (… ) la somme de deux mille quatre cent cinquante quatre francs quatre vingt onze centimes… ».

Troisième quittance, 12 juillet 1815.

« (…) la somme de deux mille quatre cent soixante onze francs soixante neuf centimes… ».

Arch. nationales, MC/ET/I/746, étude Desprez, 1815.

Notes

Si Montrouge m’était conté, 1801-1819

« Montrouge sous Dubreuil de Mazière (Maire de 1801 à 1819). Le comité de bienfaisance.

(…) Le comité se réunissait sous la présidence du Maire et « dans sa maison », plusieurs fois par an, sur convocation. Les membres, rééligibles comme l’ont été Amaury Duval ou Antoine Horguelin, étaient renouvelés par tiers tous les trois ans sur proposition de cinq noms de notables parmi lesquels le sous-préfet choisissait (…) ».

La Magazine de Montrouge n° 58, juin juillet août 2004, page 39. Article de Patrick Vauzelle.

La barrière du Maine, Paris, 1815

Antoine Horguelin s’installe à la sortie de la barrière du Maine (1815), laquelle permettait de franchir l’enceinte des Fermiers généraux (1787) en direction de Montrouge et de la route d’Orléans. L’architecte Claude Nicolas Ledoux avait élevé les deux pavillons d’octroi reliés par une grille, qui fermaient cette barrière.

« Le quartier de la barrière du Maine allait connnaître en 1840 un grand bouleversement avec la construction de « l’embarcadère de la barrière du Maine », c'est-à-dire la première gare Montparnasse ». L’emplacement de la maison d’Antoine Horguelin (22, Chaussée du Maine) se situerait aujourd’hui à peu près à la hauteur de la rue Vandame. Ce quartier convenait particulièrement pour le commerce du vin, si l’on en croit Hillairet qui écrit : « la rue de la Gaîté doit son nom de 1830 au voisinage des anciennes barrières du Montparnasse et du Maine qui, entourées de bals, de guingettes, de restaurents, de théâtres, (…) firent de cette rue un pays de cocagne. Une chanson populaire vantait en 1825 :

Un cabaret, barrière du Maine

Au temps où le vin se vendait six sous

Lorsque, pour six blancs, on avait sans peine,

Un plat de goujons et de lard aux choux.

(Six blancs valaient alors deux sous et demi) ».

Jacques Hillairet, « Dict. historique des rues de Paris », 1997, tome I, page 563.

Sources

(1) Arch. nationales, Minutier central, fichier des 17e et 18e siècles. ( Horguelin et Meirieu)

(2) Arch. de Paris, DQ/10/92, n° 1188, Dir. des Domaines de la Seine, an XI.

(3) Arch. de Paris, DQ/10/196, n° 7264, an VIII.

(4) Arch. privées, C.H., étude Arnould, 1806.

(5) Arch. nationales, MC/ET/I/746, étude Desprez, 1816.

(6) Arch. privées, M.H., lettre de Patrick Vauzelle, 13 novembre 2005.

(7) Cimetière municipal de Montrouge, registre des inhumations, 1833-1892.

(8) Arch. privées, M.H., lettre de Patrick Vauzelle, 13 février 2006.

(9) Laurent Destrière, « Les Catacombes de Paris. Cimetière de Montrouge ».

Site Web Geo 1777, 29 novembre 2005.

Cyrille et Clémence Gouret

Cyrille Horguelin, Directeur des contributions directes

de la Marne, né à Pogny (Marne) le 26 janvier 1824,

fils de Pierre Hubert Horguelin et de Marie Jeanne Marguet,

épouse à Ste-Menehould le 16 octobre 1860, Françoise

Clémence Gouret, née à Ste-Menehould le 20 août 1838,

fille de François Gouret et de Marie Thérèse Gillet.

La direction des impôts sous le Second Empire

« C’est le Directoire qui donna sa forme définitive à l’organisation de la direction des impôts en 1799 (loi du 3 frimaire an VIII). Dans chaque département était créée une Direction des recouvrements des impôts directs, composée d’un directeur, d’un inspecteur et de contrôleurs.

Un groupe de bureaux au Ministère des Finances assurait la coordination générale et la transmission des instructions du ministre ». (1)

On lit dans l’Annuaire de la Marne de l’année 1850 que Cyrille Horguelin est « contrôleur surnuméraire » à la direction des impôts directs à Châlons.

En 1853, il est contrôleur de 3e classe à Ste Menehould.

En 1856, il est contrôleur de 2e classe toujours à Ste Menehould. (2)

En 1857, il part à Amiens où il est chargé de la reconstitution des archives cadastrales de la direction de la Somme, détruites par un incendie. « Il gère ensuite un contrôle principal au Havre ».

On le retrouve à Paris en 1864, avec le grade de contrôleur principal. Le ministre des finances d’alors est Achille Fould, fils de banquier et personnage important du régime.

En 1869, Cyrille H. est inspecteur et en 1875-76 chef de bureau du service général de la Direction générale des Contributions directes. Le bureau du service général est situé 11, rue des Beaux-Arts. Il s’occupe, entre autres, de la suite à donner aux rapports de l’inspection générale des finances. (3)

Nous sommes sous la 3e République et le ministre des finances de l’époque est Léon Say, petit-fils de l’économiste Jean-Baptiste Say.

En 1877, la Direction de la Marne est vacante. Cyrille H. sollicite le poste et l’obtient. Il reste douze ans à la tête du service. Il prend sa retraite en juillet 1889, récompensé par la Légion d’Honneur. (4)

Le président de la Société Académique de Châlons en 1890

Les Mémoires de la SACSAM (Société d’Agriculture, Commerce, Sciences et Art de la Marne) mentionnent que Cyrille Horguelin est membre résidant de la Société en 1886, vice président en 1888 et président en 1890.

Ancien auditeur libre de l’Ecole des Chartes, il s’occupe particulièrement de travaux philologiques et présente à ses collègues de la Société académique une « étude sur l’origine et la formation de la langue française » (1888) et un « discours sur les noms de famille en 1892. « M. Horguelin était persuadé que la vulgarisation des études de noms de lieux intéresserait les habitants des campagnes et serait profitable à l’histoire locale. Ses observations à ce sujet, ainsi que l’examen des textes anciens, l’amenèrent à cette conviction que la défaite d’Attila eut lieu dans la vallée de la Coole, au Sud de Châlons, à droite et à gauche de la voie romaine se dirigeant de Châlons à Langres ». (5)

Le cabinet de généalogie de Cyrille Horguelin

Lorsqu’il est en poste à Amiens (1858), il sollicite l’aide d’André Borel d’Hauterive, archiviste paléographe, secrétaire de l’Ecole des Chartes, pour conduire ses recherches sur les Horguelin. Il a ensuite accès aux différentes collections du Cabinet des Titres de la Bibliothèque impériale à Paris. Il fait une transcription annotée de la généalogie Horguelin établie par Bertin du Rocheret (Dossier bleu 360).

A Châlons, il fait des recherches aux Archives départementales, notamment dans le chartier des chanoines de la cathédrale (seigneurs de Pogny), ce qui lui permet de faire remonter l’histoire de sa famille jusqu’au XIVe siècle.

Enfin il correspond ou a des contacts avec les chercheurs châlonnais de son époque : Edouard de Barthélemy (1830-1888), Louis Grignon (1830-1891), Amédée Lhote (1829-1908) et autres. (6)

Il a l’occasion de rencontrer lord Elphinstone (Ecosse), lequel a chargé Amédée Lhote, bibliothécaire de la ville, de faire des recherches sur les Alfeston (Elphinstone) de Châlons, apparentés aux Horguelin.

La famille de Cyrille Horguelin

Cyrille Horguelin épouse Clémence Gouret à Sainte Menehould le 16 octobre 1860. Ils ont trois filles :

Jeanne, née au Havre le 13 février 1862, décédée à Châlons le 4 juin 1953. Elle épouse à Châlons le 1er septembre 1887 Gabriel Alexandre Appert, « négociant domicilié à Paris, dixième arrondissement », né à Epernay le 3 août 1852, fils de Claude Alexandre Appert propriétaire, et d’Adèlaïde Narin, domiciliés à Epernay.

Marie, née au Havre le 13 août 1863. Elle épouse à Châlons le 7 juin 1898, Henri Jules Louis Huet, militaire, né à Châlons le 5 avril 1861, fils de Nicolas Lucien Grégoire Huet et de Jeanne Félicité Brion.

Berthe, née à Pogny le 16 mars 1866, décédée à Châlons le 20 février 1957. Sans alliance.

Pièce originale

Acte de mariage de Jeanne Horguelin, Châlons, 1887

« L’an mil huit cent quatre vingt sept, le premier septembre à 10 heures et demie du matin sont comparus publiquement dans l’une des salles de l’hôtel de ville, Romain Garet, adjoint au maire de la ville de Châlons-sur-Marne, faisant par délégation les fonctions d’officier de l’état civil, Monsieur Gabriel Alexandre Appert, négociant, âgé de trente cinq ans, domicilié à Paris (dixième arrondissement), né à Epernay (Marne) le trois août 1852, fils majeur et légitime de Monsieur Claude Alexandre Appert, propriétaire, et de Dame Adelaïde Narin, sans profession, domiciliés à Epernay, lesquels présents ont donné leur consentement au mariage de leur fils.

Et Demoiselle Jeanne Marie Elisabeth Horguelin, sans profession, âgée de vingt cinq ans, domiciliée à Châlons, née au Havre (Seine inférieure) le treize février mil huit cent soixante deux, fille majeure et légitime de Monsieur Cyrille Onésime Horguelin, Directeur des Contributions Directes, Chevalier de la Légion d’Honneur, et de Dame Françoise Clémence Gouret, sans profession, domiciliés à Châlons, lesquels ont donné leur consentement au mariage de leur fille.


Lesdits comparants nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux, et dont les publications ont été faites en cette ville les dimanches vingt et un et vingt huit août dernier et aux mêmes dates à la mairie du 10ème arrondissement de Paris.

Aucune opposition à ce mariage ne nous ayant été signifiée non plus qu’à Monsieur le maire du dixième arrondisssement de Paris, faisant droit à leur réquisition, après lecture faite des actes de naissance des parties contractantes et des actes de publication du présent mariage, pièces qui, paraphées par Nous et par les parties produisantes, resteront annexées au présent acte, ainsi que du chapitre VI du Code civil intitulé Du Mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme; chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que Gabriel Alexandre Appert et Jeanne Marie Elisabeth Horguelin sont unis par le mariage.

Sur notre interpellation faite conformément à la loi du 10 juillet 1850, il a été déclaré qu’il a été fait un contrat de mariage le vingt août dernier, devant Maître Clerc, notaire à Pogny (Marne). De quoi il a été dressé le présent acte, en présence de Monsieur Edmond Ernest Latouche, notaire, âgé de quarante ans, domicilié à Athis (Marne), beau-frère à l’époux, Adolphe Ambroise Royer, propriétaire, âgé de soixante quatre ans, domicilié à Baizil (Marne), cousin issu de germain de l’époux, Charles Rouyer, président du Tribunal civil de Provins (Seine & Marne), y domicilié, âgé de trente huit ans, cousin de l’épouse. Lecture faite, leurs pères et mères et les témoins ont signé avec nous ».

Archives communales de Châlons, année 1887, mariage, acte n° 73 sur microfiche.

Note

Extrait du Journal de la Marne du 16 décembre 1899

« Les obsèques de M. Horguelin, ancien directeur des contributions directes de la Marne, ont eu lieu vendredi matin, en l’église Saint-Loup. Malgré la rigueur de la température, une nombreuse assistance se pressait derrière le cercueil. Les honneurs militaires ont été rendus au chevalier de la Légion d’honneur par un détachement du 106e régiment d’infanterie. Le deuil était conduit par M. le capitaine Huet du 133e de ligne, gendre du défunt. Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Clary, directeur des contributions directes, Blondiot, directeur des postes et télégraphes, Adolphe Lemaire, notaire honoraire, Martin, ancien inspecteur des contributions, Marcout et Redoin, vice-président et ancien président de la Société d’Agriculture de la Marne. Après l’office religieux, deux discours ont été prononcés sous le porche de l’église, puis le corps a été transporté à Pogny, où s’est faite l’inhumation. Voici le discours prononcé par M. Clary au nom de l’administration des contributions directes :

Devant ce cercueil, je viens au nom de l’administration des contributions directes, qu’il a brillament servie pendant 42 années, adresser un suprême adieu à celui qu’un mal foudroyant vient de ravir à une famille éplorée, à des amis désolés et à d’anciens collaborateurs ou camarades qui n’avaient cessé de lui témoigner une respectueuse affection.

Né à Pogny, M. Horguelin, fils de ses œuvres, était entré dans l’administration après de très laborieuses et sérieuses études au collège de Vitry-le-François; contrôleur en1851, il fait immédiatement preuve d’une vive intelligence et d’une rare aptitude et l’un de ses chefs, nommé plus tard à la direction de la Somme, le demandait, en 1857 comme collaborateur, pour diriger les travaux minutieux de reconstitution des documents cadastraux, en partie détruits par un incendie. C’est à cette époque, presque au début de ma carrière, que j’ai eu le plaisir de le connaître à Amiens, et je sais combien son esprit d’initiative, de méthode, son zèle et son activité, au cours de cette mission, furent favorablement appréciés. Après quelques années passées comme contôleur à Sainte-Menehould, où il s’allia à l’une des honorables familles de cette ville, il fut successivement appelé à gérer un contrôle principal au Havre, puis à Paris, et la distinction de ses services le fit nommer, sur place, à l’une des inspections du département de la Seine. C’est surtout dans ce poste important, qui comporte l’examen ou l’étude d’affaires contentieuses particulièrement délicates, que fut appréciée sa valeur administrative et que ses travaux appelèrent sur lui, au bout de quelques années, l’attention du directeur général qui le désigna pour un emploi de chef de bureau à l’administration centrale des contributions directes. Comme dans le service actif, sa profonde érudition et la maturité de son esprit y furent bientôt remarquées et lui permettaient d’aspirer à un brillant avenir au Ministère; mais M. Horguelin avait toujours conservé l’amour du sol natal et il crut, après un court stage à la direction générale, devoir profiter de la vacance imprévue de la direction de la Marne pour solliciter un poste qui répondait à ses plus chers désirs et à ceux de sa famille.

C’est à la tête de cet important service qu’on a pu apprécier, pendant une période de 12 années, sa compétence administrative, son dévouement absolu à ses devoirs, son esprit de justice égal pour tous, sa bonté et son tact, la droiture de son caractère, qualités précieuses qui rendaient les rapports faciles avec tous et en faisaient un fonctionnaire des plus distingués, que le gouvernement n’avait pas tardé à récompenser en lui accordant la croix de la Légion d’honneur.

A l’heure de la retraite, en juillet 1889, M. Horguelin ne quitta pas Châlons où il s’était créé les meilleures et plus durables relations; s’il ne comptait plus dans les rangs de l’administration, il ne cessait de s’intéresser à ses travaux, de suivre dans leur carrière ses anciens collaborateurs ou camarades. C’est ainsi que j’ai pu moi-même, comme tous ceux qui le fréquentaient, admirer la vivacité de son esprit, son heureuse mémoire, sa nature douce, aimable, d’une courtoisie toujours égale, la générosité de sentiment qui le rendaient sympathique à ceux qui l’approchaient.

Ces jours derniers, rien ne faisait prévoir le coup terrible qui l’a si brusquement

frappé, l’enlevant en quelques heures à l’affection d’une compagne dévouée, à la tendresse de ses filles qu’il aimait si profondément et qui savaient, d’ailleurs,

entourer d’un charme si doux ses dernières années. Puisse ce pieux hommage rendu à sa mémoire par un vieil ami arrivé lui-même au terme de sa carrière administrative, puissent les sympathies si sincères qui leur sont témoignées en ce jour de cruelle séparation apporter quelque adoucissement à leur profonde douleur.

Adieu ici-bas, cher directeur, nos regrets vous suivront sur cette terre de Pogny

où vous allez dormir votre dernier sommeil, et ceux qui vous ont connu conserveront le souvenir de votre vie de travail, de probité et d’honneur ».

Journal de la Marne, samedi et dimanche 17 et 18 décembre 1899, p. 1 v°, col. 3.

Sources

(1) Arch. nationales, Etat général des fonds, F/31, Contr. Dir., Web 2009.

(2) Annuaire de la Marne, Châlons, 1850/1856.

(3) BNF Gallica, Almanach National, Paris, 1876.

(4) Journal de la Marne, 16 décembre 1899, p. 1 v°, col. 2 & 3.

(5) Mémoires de la SACSAM, années 1899/1900, Châlons, 1901, p. 353.

(6) Arch. privées, C.H., lettres missives, 1858/1896.

(7) Arch. municipales de Sainte-Menehould (1860), du Havre (1862 & 1863)

de Pogny (1866), de Châlons (1887, 1898, 1953 & 1957).

Jean-Baptiste et Victorine Leblant

Jean Baptiste Théophile Horguelin, maire de Vésigneul-sur-Marne,

né à Saint-Germain-la-Ville (Marne) le 25 juillet 1810, fils de

Nicolas Laurent Horguelin et de Marie Angélique Thibault,

épouse à Vésigneul, le 16 avril 1834, Marie Magdeleine Victorine

Leblant, fille de Claude Nicolas Leblant et de Marie Françoise Marguet.

La mairie de Vésigneul-sur-Marne, 1843

« La commune de Vésigneul-sur-Marne s’élève un peu en amphithéâtre au pied d’un mont en pentes douce qui atteint à la distance de 4 km, vers le Nord-Est, une élévation de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les habitants possèdent (en 1845) une pompe à incendie, deux huileries ; leur gros bétail traverse chaque jour la Marne pour se rendre à la pâture (…)

Le territoire de Vésigneul, long de 6 à 7 km et de largeur inégale, contient 782 hectares, dont plus de 600 en terres labourables, 54 en prés et herbages, 53 en oseraies, etc. » (1)

« L’ancienne mairie de Vésigneul demeure en face de l’église. Il s’agit d’une construction en craie édifiée en 1843, ainsi, sans doute, que la remise de la pompe à incendie. A cette occasion, l’ancienne maison commune, acquise en 1811, fut démolie (1846). » (2)

Le maire ou « mayeur » de Vésigneul, avant la Révolution, était nommé par l’évêque, seigneur des lieux. On lit dans l’histoire ecclésiastique de Châlons : « En 1578, Claude Horguelin reçoit de l’évêque 13 livres pour la mairie de Vésigneul-sur-Marne ». (3)

Après la Révolution, les quatre premiers maires de Vésigneul sont : Jean-Baptiste Henry, Jean-Baptiste Dommange, Joseph Jacquet et Jean-Baptiste Horguelin. Ce dernier entre en fonction en 1840, à l’âge de trente ans. Le siège de maire passe à Nicolas Henry de 1844 à 1848, puis revient à Jen-Baptiste Horguelin jusqu’à sa mort en 1861. (4)

La famille de Jean-Baptiste Horguelin

Jean-Baptiste Horguelin et Victorine Leblant ont huit enfants, tous nés à Vésigneul.

-Louis Gustave, né le 27 août 1835. Il épouse à Vésigneul le 29 décembre 1858, Zélonie Dommange, fille de Pierre-Louis Dommange et de Marie Adélaïde Horguelin.

-Victorine Léonie, née le 29 novembre 1836 ; décédée le 30 mars 1837, âgée de 4 mois.

-Auguste Artus, né le 8 avril 1838 ; décédé le 20 février 1839, âgé de 10 mois.

-Théophile Artus Dieudonné, né le 21 septembre 1840. Sans alliance.

-Auguste Ernest, né le 4 janvier 1844. Elève au petit séminaire de Châlons. Décédé à Vésigneul le 18 octobre 1861, à l’âge de 18 ans.

-Auguste Théophile, né le 27 mars 1845. Il épouse à Saint-Etienne-au-Temple le 27 février 1870, Léonie Clémence Machet, fille d’Antoine Théodule Machet et de Stéphanie Rigollet.

Il épouse en secondes noces à Saint-Etienne-au-Temple le 17 août 1896, Elisabeth Flavie Lallement, fille de Claude Jules Lallement et de Marie Euphrosine Couty.

-Charles Anatole, né le 25 septembre 1847. Il épouse à Vésigneul le 10 juin 1873, Marie Césarine Cottin, fille de Blaise Barthélemy Cottin et de Virginie Dommange. Il épouse en secondes noces à Vésigneul le 16 mai 1889, Annonciade Cottin, sœur de sa première femme.

-Léon Magloire, né à Vésigneul le 3 octobre 1856. Séminariste. Décédé à Vésigneul le 2 mai 1875, à l’âge de 19 ans.

Jean-Baptiste Horguelin est décédé à Vésigneul le 1er novembre 1861 « dans sa 52ème année ».

Marie Magdeleine Victorine Leblant est décédée à Vésigneul le 22 novembre 1902, à l’âge de 90 ans. (5)

Pièces originales

Acte de mariage Horguelin-Leblant, 1834

L’an 1834, le 16e jour du mois d’avril à 8 heures du matin, par devant nous Jean-Baptiste Dommange, maire de la commune de Vésigneul-sur-Marne, officier d’état civil de la dite commune, canton de Marson arrondissement de Châlons, département de la Marne, sont comparus :

-Jean-Baptiste Théophile Horguelin, âgé de 24 ans, né à Saint-Germain-la-Ville, ainsi qu’il résulte de l’acte de naissance à nous délivré dûment légalisé et joint aux pièces, cultivateur demeurant au dit Vésigneul, majeur, fils de Nicolas Laurent Horguelin, en son vivant cultivateur demeurant au dit Vésigneul, y décédé le 10 octobre 1831, comme il est constaté par l’acte de décès par nous délivré et joint aux pièces, et de Dame Marie Angélique Thibault sa femme, en son vivant demeurant au dit Vésigneul, y décédée le 7 aoust 1832, comme il est constaté par l’acte de décès par nous délivré et joint aux pièces, petit fils de Louis Charles Thibault et de Marie Louise Henry, vivants aieuls maternels au dit futur, anciens cultivateurs demeurant à Saint-Germain-la-Ville, ci présents et consentants, d’une part.

-Et Demoiselle Marie Madeleine Victorine Leblant, âgée de 22 ans, née au dit Vésigneul comme il est constaté par son acte de naissance par nous délivré et joint aux pièces, propriétaire demeurant au dit Vésigneul, fille majeure de défunt Claude Nicolas Leblant, en son vivant cultivateur demeurant au dit Vésigneul, y décédé le 3 juillet 1831, comme il est constaté par l’acte de décès par nous délivré et joint aux pièces, et de Marie François Marguet, survivante, propriétaire demeurant au dit Vésigneul, ci présente et consentante.

Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la principale porte de notre maison commune, savoir : la première, le six du mois d’avril présente année à l’heure de neuf heures du matin, et la seconde, le 13 du même mois présente année à l’heure de 9 du matin. Aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à leur réquisition, après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées, et du chapitre 6 du Code civil intitulé Du mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et femme ; chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que Jean-Baptiste Théophile Horguelin et Demoiselle Marie Madeleine Victorine Leblant sont unis par le mariage.

De quoi avons dressé acte, en présence de Louis Leblant, âgé de 35 ans, cultivateur demeurant au dit Vésigneul, oncle paternel à la future, Pierre Louis Dommange, âgé de 26 ans, cultivateur demeurant au dit lieu, beau-frère à la future à cause de Marie Adelaïde Horguelin sa femme, Jean Pinard, âgé de 62 ans, cultivateur demeurant à Saint-Germain, oncle maternel au futur, Alexis Marguet, âgé de 45 ans, cultivateur demeurant au dit Vésigneul, oncle maternel à la future, Louis Joseph Leblant, âgé de 20 ans, demeurant au dit Vésigneul, cultivateur, frère à la future.

Lesquels, après qu’il leur a été fait lecture du présent, l’ont signé avec nous, ainsi que les parties contractantes et autres parents.

Victorine Leblant, Théophile Horguelin, Louis Leblant, Louis Dommange, L. Thibault, Françoise Marguet, Louis Leblant, Marguet, Leblant, Pierre Augustin Dommange, L. Pinard, Dommange, maire.

Archives communales de Vésigneul, registres d’état civil, mariages, année 1834.

Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Vésigneul, 1843

« Aujourd’hui dix sept Mai mil huit cent quarante trois, Nous Charles Boituzat, arpenteur demeurant à Moncetz et dûment patenté pour la présente année, 1ère Catégorie, 5e Classe, n° 7 bis du Rôle, en vertu d’une délibération prise par les membres du Conseil municipal de la Commune de Vésigneul sur Marne en date du 18 décembre 1842, et l’autorisation de Monsieur le Préfet en date du 12 janvier 1843, à la réquisition de Monsieur Horguelin, Maire de la dite Commune, et de Mrs Pierre Augustin, Nicolas et Jean-Baptiste les Dommange, me suis transporté au dit lieu, lieudit la Pâture, à l’effet de faire une rectification entre la dite Pâture et une pièce de pré que les dits Dommange possèdent à côté, de manière que la ligne qui séparait les dites propriétés était tout à fait sinueuse, alors pour lui donner plus de régularité à l’avenir, nous avons fait une nouvelle ligne passant par le milieu des sinuosités, en en prenant autant d’un côté que de l’autre, et y avons apposé trois bornes, en faisant arriver cette ligne sur une borne au couchant qui sépare la fourrière de la propriété des dits Dommange d’avec la propriété appelée Grand accru des Iles (…) de laquelle borne la Commune ainsi que les Dommange suivront leur ancienne limite jusqu’à la Marne (…) ».

Archives comunales de Vésigneul, registres des délibérations, 17 mai 1843.

Epitaphe de Théophile Horguelin, cimetière de Vésigneul, 1861

Ci git

Horguelin Théophile

époux de Victorine Leblant

Tous ceux qui l’ont connu savent combien

sont légitimes les regrets qu’il a laissés.

Pour toute reconnaissance et pour

tout souvenir, voici ce qu’il a demandé :

priez pour moi et pour les miens.

Décédé le 1er novembre 1861

dans sa 52ème année.

Sources

(1) J. Chalette, « Précis de la Statistique générale du département de la Marne », volume 2, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 101.

(2) Champagne Généalogie, n° 116, 3ème trimestre 2007, page 210.

(3) Arch. privées, C.H., notes de lecture, Bibl. impériale, « Hist. ecclésiastique de Châlons ».

(4) Vésigneul-sur-Marne Info, n° 4, janvier 1997.

(5) Registres paroissiaux de Vésigneul-sur-Marne, tables décennales, 1834-1902.

Auguste Théophile & Clémence Machet

& Flavie Lallement

Auguste Théophile Horguelin, instituteur à Saint Etienne-au-Temple (Marne),

né à Vésigneul-sur-Marne le 21 mars 1845, fils de Jean-Baptiste Théophile

Horguelin et de Marie Magdeleine Victorine Leblant, épouse à St-Etienne

le 27 février 1870, Léonie Clémence Machet, née à Saint-Etienne le 28 juillet

1851, fille d’Antoine Théodule Machet et de Stéphanie Rigollet. Il épouse

en secondes noces à Saint-Etienne, le 17 août 1896, Elisabeth Flavie Lallement,

née à Sommauthe (Ardennes) le 7 mai 1863, fille de Claude Jules Lallement

et de Marie Euphrosine Couty.

L’école de Saint-Etienne-au-Temple, 1865

« La commune de Saint-Etienne-au-Temple, près de la rive droite de la Vesle, est traversée par la route de Châlons à Suippes. Les rues principales sont parallèles à la rivière sur laquelle descendent beaucoup de jardins. Elle n’a (en 1845) ni maison commune, ni maison d’école, ni presbytère ; mais elle possède un moulin à eau et un à vent. Il y a une pompe à incendie. (…)

Ce territoire contient 1.199 hectares, dont plus de 1.100 en terres labourables, 8 en prés et pâtures, 6 en bois ordinaires, 14 en bois de pins. (…)

Cinquante-cinq laboureurs emploient 120 charrues de deux sortes pour cultiver ce grand territoire crayonneux. (…) » (1)

« La mairie-école n’a pas été conçue par un architecte, mais par l’entrepreneur châlonnais Rogé, faisant fonction en la circonstance de maître d’œuvre. (…)

La réception des ouvrages a lieu le 3 avril 1884. (…)

Le bâtiment, en parement de pierre et meulière, est simplement couvert d’une toiture à deux pentes avec pignons. (…) » (2)

Auguste Théophile Horguelin termine ses études à l’Ecole normale d’instituteurs de Châlons en 1864, à l’âge de 19 ans. Il est nommé instituteur à Saint-Etienne-au-Temple à la rentrée d’octobre 1864. Il restera à ce poste pendant 37 ans, jusqu’à sa mort en 1902. (3)

La famille d’Auguste Théophile Horguelin

Auguste Horguelin épouse Clémence Machet (27 février 1870), fille du maire de Saint-Etienne Théodule Machet. Trois filles naissent de ce mariage.

Louise, née le 16 février 1871. Elle épouse à Saint-Etienne le 29 juin 1898, Georges Achille Hurel, né à Bassu (Marne) le 15 juillet 1863, fils de Pierre Esime Hurel et de Marie Jeanne Adélaïde Deverrière.

Léonie, née le 20 novembre 1872. Sans alliance.

Marie, née le 24 avril 1876. Elle épouse à Saint-Etienne le 8 août 1896, François Anatole Giraud, fils de Louis Giraud et de Thérèse Verdy, demeurant à Bourges.

Clémence Machet est décédée à Saint-Etienne le 19 juin 1882.

Auguste Horguelin épouse en secondes noces (17 août 1896) Flavie Lallement, fille de Claude Jules Lallement demeurant à Sommauthe (Ardennes). Ils ont un fils : Paul François Léon, né à Sommauthe le 12 juin 1899. Il épouse à Cernon-sur-Coole (Marne) le 12 août 1929, Marguerite Camille Alzire Brisson, née à Cernon le 18 novembre 1906, fille de Léon Edmond Brisson et de Marie Céline Voisin dit Lacroix.

L’école de Nuisement-sur-Coole (Marne), 1911

« La commune de Nuisement, près de la Coole, à 1 km1/2 de la route de Châlons à Troyes (…) a (en 1845) une maison d’école, un presbytère, un moulin à eau à deux tournants et un moulin à vent. (…)

Ce territoire montueux, mais en pente douce, a 6 km de longueur et 3 de largeur. Il contient 1.512 hectares, dont près de 1.400 en terres labourables, 4 en prés, 2 en vignes et 43 en bois de pins. (…) Vingt huit laboureurs cultivent un grand territoire crayeux auquel ils donnent suffisamment de fumier pour le rendre productif, surtout en seigle, avoine et sainfoin. (…)

On y cultive les choux comme à Ecury. (…) » (5)

« La mairie-école a été édifiée sous la direction de l’architecte François Poisel de Châlons. (…) La visite de réception définitive a eu lieu le 6 novembre 1879. (…)

Cette réalisation est sans doute l’une des constructions les plus équilibrées de François Poisel, auquel on doit de nombreuses mairies. Le bâtiment est formé de deux parties accolées : un corps de bâtiment à deux niveaux abrite les services de la mairie et le logement de l’instituteur, tandis que la salle de classe se trouve reportée à l’arrière, dans un second corps de bâtiment dont l’axe est perpendiculaire. L’organisation de la façade principale est habituelle chez Poisel : parements brique et pierre, trois travées, deux niveaux. (…) » (6)

Flavie Horguelin-Lallement, directrice de l’école maternelle de la rue Saint-Dominique à Châlons (1892-1896), en remplacement de son mari décédé, est nommée institutrice à Saint-Etienne-au-Temple le 1er juillet 1902. Elle reste à ce poste jusqu’en 1911. Elle est alors nommée institutrice à Nuisement, à sa demande, pour visiter plus facilement son fils en pension, en empruntant le train à la gare de Nuisement. Elle prend sa retraite en 1921.

Elle est décédée à Nuisement le 1er janvier 1929, à l’âge de 65 ans. (7)

Pièces originales

Acte de mariage Horguelin-Machet, 1870

« L’an mil huit cent soixante dix, le vingt sept février à six heures du soir, par devant nous Auguste Marie Ferdinand Blanche, maire, officier d’état civil de la commune de Saint-Etienne-au-Temple, canton et arrondissement de Châlons, département de la Marne, sont comparus publiquement dans la maison commune dudit lieu, le sieur Auguste Théophile Horguelin, instituteur audit lieu, âgé de vingt-quatre ans, né à Vésigneul-sur-Marne, canton de Marson, le vingt mars mil huit cent quarante cinq, fils majeur et légitime de défunt Jean-Baptiste Théophile Horguelin, décédé audit Vésigneul le premier novembre mil huit cent soixante et un, et de Marie Madeleine Victorine Leblant, propriétaire à Vésigneul-sur-Marne, à ce présents et consentants, d’une part.

Et demoiselle Léonie Clémence Machet, sans profession, âgée de 18 ans, domiciliée à Saint-Etienne-au-Temple où elle est née le vingt huit juillet mil huit cent cinquante et un, fille mineure et légitime d’Antoine Théodule Machet et de Stéphanie Rigollet, cultivateurs domiciliés audit Saint-Etienne, à ce présents et consentants, d’autre part.

Lesquels comparants nous ont requis de procéder à la célébration de leur mariage, dont les publications ont été faites dans la présente commune les dimanches six et treize février de la présente année, à midi, ainsi qu’il résulte du registre des publications qui a été mis sous nos yeux ; et dans la commune de Vésigneul-sur-Marne, aux mêmes jours et heures, ainsi qu’il résulte du certificat à nous remis par le futur.

A l’appui de leur réquisition, les parties nous ont remis l’acte de naissance du futur, l’acte de décès de son père, le certificat des publications faites dans la commune de Vésigneul-sur-Marne, et l’acte de naissance de la future.

Les futurs époux ainsi que les personnes présentes pour autoriser le mariage, interpellés par nous, en exécution de la loi du dix juillet mil huit cent cinquante, nous ont déclaré qu’il a été fait un contrat de mariage reçu par Maître Morel, notaire à Châlons, le quatorze février mil huit cent soixante dix, ainsi qu’il résulte du certificat par lui délivré le même jour, et à nous présenté sur notre demande.

Aucune opposition à ce mariage ne nous ayant été signifiée, nous officier de l’état civil avons donné aux parties lecture des pièces ci-dessus énoncées et des dispositions du code Napoléon au chapitre six, titre « Du mariage », sur les droits et les devoirs respectifs des époux.

Après quoi, nous avons demandé aux comparants s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme. Chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, nous avons prononcé au nom de la loi que le sieur Auguste Théophile Horguelin et demoiselle Léonie Clémence Machet sont unis par le mariage.

Le tout a été fait publiquement, et nous avons dressé le présent acte en présence de Louis Gustave Horguelin, âgé de trente quatre ans, et d’Arthus Théophile Horguelin, âgé de vingt neuf ans, tous deux cultivateurs domiciliés à Vésigneul-sur-Marne, et frères de l’époux ; de Alexis Machet, âgé de soixante quatorze ans, aïeul paternel de l’épouse, et de Claude Antoine Vitry, âgé de soixante cinq ans, grand oncle paternel de l’épouse, tous deux cultivateurs à Saint-Etienne-au-Temple.

Et ont les nouveaux époux, la mère de l’époux, le père et la mère de l’épouse, et les témoins, signé avec nous le présent acte, après lecture faite ».

Extraits de l’acte de mariage Horguelin-Lallement, 1896

« L’an mil huit cent quatre vingt seize, le dix sept août à 10 heures du matin, par devant nous Capitet Jules, maire officier de l’état civil de la commune de Saint-Etienne-au-Temple, canton et arrondissement de Châlons, département de la Marne, sont comparus publiquement dans la salle de mairie dudit lieu, Auguste Théophile Horguelin, Instituteur, âgé de cinquante un ans, domicilié audit lieu, né à Vésigneul-sur-Marne le 20 mars mil huit cent quarante cinq, ainsi qu’il résulte des registres de l’état civil dudit Saint-Etienne où a été célébré son précédent mariage, fils légtime de défunt Jean-Baptiste Théophile Horguelin, décédé audit Vésigneul le premier novembre mil huit cent soixante un , ainsi qu’il est constaté à l’acte du précédent mariage du futur, et de Marie Magdeleine Victorine Leblant, rentière, domiciliée audit Vésigneul ; veuf de Léonie Machet, décédée à Saint-Etienne le dix neuf juin mil huit cent quatre vingt deux, ainsi qu’il résulte du registre des décès de ladite comune, le futur époux à ce présent et consentant, et procédant avec le consentement de sa mère, ainsi qu’il résulte d’un acte authentique dressé par Me Clerc, notaire à Pogny, le vingt huit juillet dernier, enregistré le trente juillet suivant, d’une part.

Et Marie Elisabeth Flavie Lallement, directrice d’école domiciliée à Châlons-sur-Marne, âgée de trente trois ans, née à Sommauthe (Ardennes) le sept mai mil huit cent soixante trois, ainsi qu’il résulte de son acte de naissance joint au présent acte, fille légitime de défunt Claude Jules Lallement, décédé à Sommauthe le deux avril mil huit cent quatre vingt, ainsi qu’il résulte de son acte de décès joint au présent acte, et de Marie Euphrosine Couty, sans profession, domiciliée à Sommauthe, à ce présentes et consentantes, d’autre part.

(…) Les futurs époux (…) ont déclaré qu’il a été passé un contrat de mariage reçu par Me Rémy, notaire à Châlons, le treize courant (…)

En présence de Louis Gustave Horguelin, âgé de soixante deux ans, et de Charles Anatole Horguelin, âgé de quarante huit ans, cultivateurs domiciliés à Vésigneul-sur-Marne, frères de l’époux, de Constant Lallement, âgé de trente un ans, et de Joseph Lallement, âgé de vingt sept ans, employés au chemin de fer de l’Est, le premier domicilié à Châlons, le second à Reims, et frères de l’épouse (…) ».

Extrait du bulletin d’inspection de l’Académie de Châlons, 1899

« § VI. Vœux du maître (le maître signera ses vœux. Il ne craindra pas d’être très explicite).

55 ans. Est à son poste de début depuis 34 ans.

N’a jamais rien sollicité. Désire rester en exercice

encore 3 années afin de procurer à sa femme le

bénéfice de sa retraite en cas de décès. N’a que

3 années de son mariage actuel. A. Horguelin. »

Faire-part de décès de Flavie Horguelin, 1929

« Vous êtes prié d’assister au Convoi, Service et Enterrement de

Madame Veuve Horguelin, née F. Lallement, institutrice honoraire,

décédée à Nuisement-Sur-Coole, le 1er Janvier 1929, à l’âge de

65 ans, munie des Sacrements de l’Eglise.

Ravie à l’affection de son fils Paul Horguelin, de ses frères et sœurs

et de tous les siens : les familles Lallement et Horguelin, à la sincère

amitié de ses nombreux amis, à l’estime de tous.

Priez Dieu pour Elle !

Les Obsèques auront lieu le Vendredi 4 Janvier, à dix heures du matin,

en l’église paroissiale de Nuisement.

Notes

La Commanderie de La Neuville-au-Temple (Marne)

Les chevaliers de l’Ordre du Temple (devenus par la suite chevaliers de Rhodes, puis chevaliers de Malte) possédaient des terres dans les vallées de la Vesle et de la Coole, et un hôtel à Châlons, dit « Hôtel de Rhodes » ou maison des Hauts degrés (paroisse Saint-Sulpice).

Le domaine agricole de la vallée de la Vesle englobait les trois villages de Saint-Etienne, Dampierre et Saint-Hilaire. Le siège et les bâtiments principaux de la Commanderie étaient situés au lieu dit « La Neuville » sur le territoire de Dampierre-au-Temple.

Dans la vallée de la Coole, le papier terrier de Nuisement (1773) fait plusieurs fois référence aux propriétés du Temple sur cette commune. On y trouve « la ruelle des Erodes » (corruption de Rhodes) dans le village (localisation probable d’une grange). Et aussi des pièces de terre ou de prés en différents lieux dits : « les terres de Rhodes « ou de « la Commanderie », aux Quartiers ; le « pré de Rhodes », à côté des terres de la Seigneurie ; la « terre de Rhodes » au Poutiot, à la fin de Chenayer ; « l’auche de Rhodes » près du village ; les terres de Rhodes « au Haut des garennes », ou « au terme Billoquet ». On lit aussi qu’une parcelle de terre tient « d’un bout à la Miterne et d’autre au Commandeur ».

Sources : Louis Grignon, Topographie historique (…), Châlons, 1889, page 50.

Arch. nationales, Q/1/664, seigneurie de Nuisement, aveu et dénombtrement.

Terrier de 1773 à 1777. Registre.

Sources

(1) J. Chalette, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 63.

(2) Sylvain Mikus, « Les mairies du département de la Marne », cantons de Châlons-en-Champagne, in Champagne Généalogie, n° 118, mars 2008, p. 67.

(3) Communication de Louise Hurel-Horguelin, Landerneau, 11 nove. 1966.

(4) Arch. privées, M.H., état civil, Saint-Etienne-au-Temple, Sommauthe, Cernon-sur-Coole, 1870-1929.

(5) J. Chalette, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 79.

(6) Sylvain Mikus, in Champagne Généalogie, n° 122, mars 2009, page 54.

(7) Communication de Jeanne Charlier, Nuisement, 29 décembre 1972.

Au vingtième siècle

Paul et Marguerite Brisson

Paul Horguelin, Ingénieur d’Agriculture I.A.B., né à Sommauthe (Ardennes)

le 12 juin 1899, fils d’Auguste Théophile Horguelin et de Marie Elisabeth Flavie

Lallement, épouse à Cernon-sur-Coole (Marne) le 2 août 1929, Marguerite Camille Alzire Brisson, née à Cernon le 18 novembre 1906, fille de Léon Edmond Brisson et de Marie Céline Voisin dit Lacroix.

L’Ecole de Malroy (Haute-Marne), 1911

En 1841, l’abbé François Constant achète le château de Malroy, près de Montigny-le-Roi (Haute-Marne). L’école ouvre ses portes le 22 mars 1842. Elle donne un enseignement général, complété par un enseignement agricole, aux jeunes ruraux de la région, pendant 150 ans (jusqu’en 1987). (1)

En 1911, première année où Paul Horguelin est pensionnaire à Malroy, c’est un petit établissement de 70 élèves, dirigé par l’abbé Paul Leblond, prêtre du diocèse de Langres.

Paul va y passer cinq années (1911-1915), de 12 à 17 ans.

Sur le bulletin du 1er trimestre de l’année scolaire 1911-1912, le supérieur Leblond écrit :

« Paul est batailleur avec ses camarades, récalcitrant avec ses maîtres. Toutefois il s’améliore et fait, pour dompter son caractère, des efforts que le succès couronnera ».

St Gabriel’s Institution, London, 1916

Les Frères de St-Gabriel sont fondés par le père Gabriel Deshayes, des pères du St-Esprit, et leur premier pensionnat est ouvert à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) en 1842.

D’autres établissements sont créés par la suite, en France et à l’étranger, en particulier en Angleterre. (2)

En 1916, la « St Gabriel’s Institution » est installée dans le sud de Londres, à Clapham, au numéro 10 de Elms Road. L’établissement est dirigé par le frère Louis de Hongrie.

Paul Horguelin obtient en France « un sauf conduit pour aller à Londres faire des études de la langue anglaise et suivre les cours de l’Université ». Il passe une année à Londres, dont il gardera le meilleur souvenir. Il retournera fréquemment en Angleterre et restera en relation avec le frère Louis.

L’Institut Agricole de Beauvais (IAB), 1917

L’Institut Agricole de Beauvais (Oise) est fondé officiellement le 20 novembre 1855.

La Société des Agriculteurs de France prend l’Institut sous son patronage.

A partir de 1909, les meilleurs étudiants, après soutenance d’une thèse, reçoivent le diplôme d’Ingénieur d’Agriculture I.A.B. (3)

Paul Horguelin commence ses études à Beauvais à la rentrée de 1917.

Le 12 juillet 1921, il soutient sa thèse de fin d’études devant les délégués de la Société des Agriculteurs de France. Il s’agit d’un projet d’installation hydro-électrique dans une exploitation agricole. La page de couverture porte en exergue : « Runing water is cheap power ».

Mais avant de terminer ses études, il doit faire son service militaire. Il a 20 ans en 1919. Il est sapeur radio au 42e Bataillon du Génie à Mayence (Armée du Rhin), puis à la station militaire de la Tour Eiffel à Paris.

La construction radioélectrique en 1922

Avec l’apparition des premières émissions parlées, les récepteurs de radio font l’objet d’une demande sans cesse croissante de la part du public. Nombreux sont ceux qui tentent de satisfaire cette demande. A côté de constructeurs comme Ducretet, reconnus dans leur temps, beaucoup d’autres, de taille artisanale, passeront inaperçus auprès du grand public. Paul Horguelin est de ceux là. (4)

Sa passion pour la téléphonie sans fil s’est manifestée dès son adolescence. A Nuisement, il tend une antenne entre la fenêtre de sa chambre et le clocher de l’église, pour capter les signaux émis depuis la Tour Eiffel.

A Londres, il construit des postes à galène et s’approvisionne en pièces diverses au magasin à rayons Selfridges sur l’Oxford Street.

Avec sa connaissance du morse, il peut intégrer le service des transmissions de l’Armée du Rhin en 1919. Et les connaissances qu’il acquière à l’armée vont lui permettre de se lancer dans la construction radioélectrique.

Le 10 février 1922, le journal « The Star » de l’île de Guernesey publie un article intitulé « A voice from Paris ». Il est question d’une démonstration de T.S.F. par M. Cecil Falla et son ami Paul Horguelin, « a wireless expert ». (5)

Au printemps 1922, Paul Horguelin construit à Nuisement ses premiers récepteurs à lampes, dans une grange en location. La même année, il participe au concours de T.S.F. annexe du 20e Concours Lépine, organisé à Paris.

Il obtient le diplôme de « Grand prix décerné à la Société Radio-Techna pour construction soignée, soucieuse de progrès et d’innovation ».

Le 25 septembre1922, il achète à Mme veuve Boucquemont à Nuisement, une pièce de terre de 28 ares sur laquelle il va construire sa maison et un nouvel atelier, après l’incendie de la grange en janvier 1923. (6)

Le concours d’Agen (Lot-et-Garonne), 1924

Paul Horguelin a quelques clients dans le Lot-et-Garonne où résident deux oncles maternels.

A la suite de la mise en place de l’émetteur de Radio Agen en septembre 1924,

le Conseil général du Lot-et-Garonne lance un concours pour équiper en récepteurs les mairies du département. Une commission technique se réunit le 3 novembre à Casteljaloux pour procéder à l’examen des récepteurs reçus de divers constructeurs qui ont répondu à l’appel d’offre.

Les trois appareils Radio-Techna présentés par Paul Horguelin (un monolampe communal et deux amplificateurs) obtiennent 17 à la note de fonctionnement et 18 à la note de présentation. Le concours est gagné par Radio-Techna.

Le 18 décembre, Paul Horguelin annonce au Préfet qu’il est en mesure de commencer l’installation des 25 premiers postes communaux. (6)

L’immeuble « art déco » de la rue de Marne, 1930

En 1930, Paul Horguelin achète un terrain à Châlons, en bordure de la rue de Marne et de la rue Juliette Récamier, dans l’ancien quartier du Cloître, près de la porte des Lormiers (datée de 1255).

Il fait construire un immeuble de trois étages, suivant les nouvelles tendances de l’architecture dite « art déco ». Le bâtiment, en béton, est conçu comme un volume géométrique dont la simplicité est à peine rompue par les bandeaux qui soulignent les façades au rez-de-chaussée et au dernier étage, accompagnés de frises décoratives linéaires en bas et courbes en haut de l’immeuble.

Le pan coupé qui sépare les deux façades présente au rez-de-chaussée une double porte surmontée d’une verrière octogonale, et à la hauteur de l’attique une ouverture en forme de losange donnant sur une terrasse.

Un magasin de vente d’appareils de radio a pris place au rez-de-chaussée. Il est géré par Marcelle Brisson, belle-sœur de Paul Horguelin (jusque dans les années 60).

Le grand rucher de Nuisement, 1935

Le 8 février 1929, Paul Horguelin achète une propriété voisine de la sienne ayant appartenu à la famille Boucquemont, comportant maison, cour et jardin.

Sur ce terrain, il construit en 1935 un grand rucher à deux étages pouvant abriter environ 150 ruches et une miellerie.

Adolescent, Paul a été initié à la conduite d’un petit rucher par M. Charlier, instituteur à Nuisement et ancien collègue de son père à l’Ecole normale d’instituteurs de Châlons.

L’exploitation apicole va se développer et comptera jusqu’à 600 ruches.

Pendant la guerre de 1939-1945

A la déclaration de la guerre en septembre 1939, Paul Horguelin est appelé pour le contrôle des émissions au service du 2e Bureau, et mobilisé sur place à la 2e région de Châlons. Il travaille dans les locaux de la Préfecture, en face des Archives départementales où il fait quelques incursions pour avancer les recherches généalogiques sur ses ancêtres.

La naissance d’un quatrième enfant lui vaut d’être démobilisé dès les premiers jours de décembre.

A Nuisement, la maison est en partie occupée par l’Etat Major des liaisons de la 4ème Armée.

En juin, avec l’avancée des troupes allemandes, commence l’exode de la population civile sur les routes du sud.

Le 12 juin, la famille Horguelin (au sens élargi) prend la route avec trois voitures et 12 occupants. Le 17 juin, tout le monde est à Pierrefitte d’Ahun (Creuse), terme du voyage.

Dès le 30 juin, Paul Horguelin reprend la route, en laissant une partie de la famille dans la Creuse. Il trouve ses ruchers détruits et la maison occupée par la Kommandantur.

En novembre il traverse la ligne de démarcation pour aller rechercher les huit personnes restées à Pierrefitte. Une partie de la maison reste occupée par les soldats allemands.

Le 30 juillet 1941, le Préfet de la Marne nomme Paul Horguelin maire de Nuisement, sans consulter l’intéressé. Il restera maire du village pendant 26 ans, jusqu’à son décès en 1967.

En septembre 1942, la récolte de miel bat son plein dans le grand rucher, quand la Gestapo vient frapper à la porte. Paul Horguelin est arrêté et transporté à la prison de Châlons. Il est libéré trois mois plus tard.

Le 4 mai 1944, un avion allié s’écrase dans les bois de Breuvery-sur-Coole. Le portefeuille d’un aviateur canadien, Ross Edward MacFarlane, est retrouvé.

A la fin de la guerre, Paul Horguelin communique avec la famille canadienne.

Le 5 juillet 1945, un journal de Toronto, « The Canadian », publie la lettre adressée à Clara MacFarlane par Paul Horguelin :

« (…) Votre fils est enterré près de l’église dans le cimetière de Breuvery-sur-Coole. La tombe est bien entretenue et un service religieux anniversaire a été célébré récemment(…) ».

La ferme des Longuins, 1956

« Les Longuins » sont un lieu-dit du cadastre de Nuisement, situé aux confins nord-ouest du territoire de la commune.

Pendant des années, Paul Horguelin achète ou échange des parcelles de bois ou de terre dans ce quartier, pour se constituer une chasse. Il atteint son objectif à la fin des années 30, avec une chasse de 120 hectares.

En 1955, la chasse est perdue. Un pipe-line allant de l’Océan jusqu’à Metz, traverse la propriété, et un grand dépôt d’essence est créé qui entraîne l’expropriation d’une partie des bois.

Paul Horguelin vend le bois à un forestier (ancien collègue de Beauvais), fait défricher par une équipe d’espagnols et met le tout en culture.

Au début de l’année 1956, un premier chef de culture est engagé, auquel succédera un ancien élève de l’Ecole de Malroy.

La création d’une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) aide au financement de l’équipement de l’exploitation.

De l’Abeille Marnaise à Apimondia, 1938-1965

L’Abeille Marnaise (syndicat apicole) est créée en 1921. Elle a une organisation modèle grâce au dévouement de M. l’abbé Gillet, son secrétaire. (8)

En 1938, Paul Horguelin se rend en Suisse, au Congrès International d’Apiculture de Zurich, avec l’abbé Gillet et son fils cadet âgé de 7 ans.

Nora Baldensperger, présidente des apiculteurs du Var et fameuse polyglotte, contribue largement à l’animation du congrès.

En 1952, Paul Horguelin est élu président de l’Abeille Marnaise.

En 1956, en collaboration avec le département d’apiculture de l’Ontario Agricultural College (O.A.C.) et avec l’Ecole des Arts et Métiers de Châlons, il construit les éléments d’une nouvelle chaîne de production du miel, en particulier un fondeur d’opercules électrique, fabriqué et commercialisé sous la marque Api-Techna. (9)

L’Union Nationale de l’Apiculture Française (U.N.A.F.) est fondée en 1946, avec pour premier président M. Martin, avocat à Paris. (10)

Paul Horguelin est élu président de l’UNAF en 1963. Il devient en même temps gérant de la Revue Française d’Apiculture dans laquelle il publie de nombreux articles d’intérêt technique ou économique.

En 1965, au Congrès International d’Apiculture de Bucarest (Roumanie), Paul Horguelin est élu vice-président d’Apimondia, fédération internationale des associations d’apiculture, dont le siège est à Rome.

Le congrès suivant (le XXIe) doit avoir lieu à l’Université de Maryland à Washington en août 1967. (11)

Paul Horguelin doit s’y rendre avec la délégation française, mais il est décédé en avril 1967.

Notes

La famille Horguelin –Brisson

Paul Horguelin et Marguerite Brisson ont cinq enfants, tous nés à Nuisement-sur-Coole (Marne) : Paul junior (1930), Marc (1931), Nicole (1935), Viviane (1939), Christiane (1942).

Paul junior épouse à Montréal (1960) Hélène Tessier-Lavigne. Trois enfants : Thierry, Christophe, Pascale.

Marc épouse à Athènes (1958) Maria Polychronopoulou. Deux enfants : Sylvie, Carine.

Nicole épouse à Nuisement (1968) Alban Hassoux. Deux enfants : Nicolas, Frédéric.

Viviane épouse à Washington (1967) José Serra-Vega. Deux enfants : Arnault, Juliette.

Christiane épouse à Lancieux (1966) Jean-Claude Oger. Trois enfants : Marine, Delphine, Julie.

Les ascendants de Paul Horguelin

Du côté paternel tous les ascendants sont de la vallée de la Marne, en amont de Châlons. Du côté maternel, ils sont tous des Ardennes.

Patronymes : Couty, Didier, Dommange, Faucheron, Guéry, Henry, Lallement, Lanceraux, Lapierre, Lhivert, Marguet, Martin, Michaux, Thibault.

Noms de lieu : Artaise-le- Vivier, Létanne, Le Vivier, St-Germain-la-Ville, Sommauthe, Thénorgues, Vésigneul-sur-Marne.

(1) Paul Horguelin est né à Sommauthe (Ardennes) le 12 juin 1899, fils d’Auguste Théophile Horguelin et de Marie Elisabeth Flavie Lallement.

(2) Auguste Théophile Horguelin est né à Vésigneul-sur-Marne le 20 mars 1845, fils de Jean-Baptiste Théophile Horguelin et de Marie Magdelaine Victorine Leblant.

(3) Marie Elisabeth Flavie Lallement est née à Sommauthe le 7 mai 1863, fille de Claude Jules Lallement et de Marie Euphrosine Couty.

(4) Jean-Baptiste Théophile Horguelin est né à St-Germain-la-Ville le 25 juillet 1810, fils de Nicolas Laurent Horguelin et de Marie Angélique Thibault.

(5) Marie Magdelaine Victorine Leblant est née à Vésigneul –sur-Marne le 28 mai 1812, fille de Claude Nicolas Leblant et de Marie Françoise Marguet.

(6) Claude Jules Lallement est né à Artaise-le-Vivier le 7 mars 1834, fils de Jacques Lallement et de Claire Elisabeth Lhivert.

(7) Marie Euphrosine Couty est née à Sommauthe le 14 mars 1839, fille de Pierre Eugène Couty et de Marie Lapierre.

(8) Nicolas Laurent Horguelin est né à Vésigneul-sur-Marne le 10 août 1783, fils de Nicolas Horguelin et de Catherine Guéry.

(9) Marie Angélique Thibault est née à St-Germain-la-Ville le 26 août 1779, fille de Louis Charles François Thibault et de Marie Louise Henry.

(10) Claude Nicolas Leblant est né à Vésigneul-su-Marne le 11 janvier 1789, fils de Nicolas Leblant et de Marie Elisabeth Dommange.

(11) Marie Françoise Marguet est née à Vésigneul-sur-Marne le 24 octobre 1792, fille de Pierre Alexis Marguet et de Nicole Martin.

(12) Jacques Lallement est né à Artaise-le-Vivier le 2 frimaire an XIV, fils d’Etienne Lallement et de Jeanne Marie Faucheron.

(13) Claire Elisabeth Lhivert est née au Vivier le 17 mars 1807, fille de Jean-Baptiste Lhivert et de Claire Michaux.

(14) Pierre Eugène Couty est né à Létanne (Ardennes) le 22 frimaire an XIV, fils de Jean Couty et de Louise Didier.

(15) Marie Lapierre est née à Thénorgues (Ardennes) le 21 février1813, fille de Pierre Lapierre et de Jeanne Lanceraux.

Les ascendants de Marguerite Brisson

Du côté paternel, les ascendants sont des vallées de la Coole et de la Soude (affluents de la Marne).

Du côté maternel, ils sont tous de Vitry-le-François.

Patronymes : Beaugrand, Cannebotin, Delaunay, Frossard, Grignon, Hattat, Hémard, Itan, Lécrivain, Voisin dit Lacroix.

Noms de lieu : Bussy-Lettrée, Cernon–sur-Coole, Coupetz, Sommessous, Vitry-le-François.

(1) Marguerite Camille Alzire Brisson est née à Cernon-sur-Coole le 18 novembre 1906, fille de Léon Edmond Brisson et de Marie Céline Voisin dit Lacroix.

(2) Léon Edmond Brisson est né à Cernon-sur-Coole le 28 novembre 1863, fils d’Adolphe Désiré Brisson et de Pauline Cannebotin.

(3) Marie Céline Voisin dit Lacroix est née à Vitry-le-François le 26 octobre 1871, fille de Jules Théophile Voisin dit Lacroix et de Camille Frossard.

(4) Adolphe Désiré Brisson est né à Bussy-Lettrée le 15 septembre 1826, fils de Louis Joseph Brisson le jeune et de Marie Louise Hattat.

(5) Pauline Cannebotin est née à Cernon-sur-Coole le 22 septembre 1828, fille de Pierre Joseph Cannebotin et de Cécile Lécrivain.

(6) Jules Théophile Voisin dit Lacroix est né à Vitry-le-François le 20 novembre 1843, fils de Pierre Alexandre Voisin dit Lacroix et de Marie Victorine Itan.

(7) Camille Frossard est née à Vitry-le-François le 12 août 1848, fille d’Antoine Jules Frossard et de Delphine Delaunay.

(8) Louis Joseph Brisson le jeune est né à Sommesous le 14 février 1793, fils de Louis Joseph Brisson l’aîné et de Suzanne Lefêvre.

(9) Marie Louise Hattat est née à Bussy-Lettrée en 1798, fille de Jean Claude Hattat et de Marguerite Hémard.

(10) Pierre Joseph Cannebotin est né à Coupetz le 14 septembre 1800, fils de Pierre Cannebotin et de Marie Victoire Mortas.

(11) Cécile Lécrivain est née à Cernon-sur-Coole le 15 mai 1796, fille de Jean-Baptiste Lécrivain et de Marie Catherine Valentin.

(12) Pierre Alexandre Voisin dit Lacroix est né à Vitry-le-François le 9 avril 1820, fils de Jean Voisin dit Lacroix et de Suzanne Félicité Grignon.

(13) Marie Victorine Itan est née à Vitry-le-François (ou Vavray), fille de N. Itan et de (lacune).

(14) Antoine Jules Frossard est né à Vitry le François le 29 juin 1818, fils de Mammès Frossard et de Marie Vautrin.

(15) Delphine Delaunay est né à Vitry-le François le 9 décembre 1820, fille de Jean Delaunay le jeune et de Marie Julie Maugin

(Jean Delaunay le jeune est né à Vitry- le -François le 13 novembre 1775, fils de Jean Delaunay l’aîné et de Madeleine Beaugrand).

Sources

(1) « Histoire de l’Ecole de Malroy », Google Web, février 2010.

(2) « Etat religieux (…) », Joseph Ledouble, 1880, Google Web, février 2010.

(3) Annuaire 1966 de l’Amicale des anciens élèves de Beauvais.

(4) Eric Verdier, « Paul Horguelin un grand constructeur méconnu », Google Web, novembre 2009.

(5) Falla & Horguelin, « Wireless Guernesey’s first concert », Guernesey Evening Press, 15/02/1922

(6) Arch. départementales du Lot-et-Garonne, fonds de la Préfecture, 6T/1 à 5, Casteljaloux, 1924.

(7) Larry Gray, « Fathers, brothers and sons’s » biography and autobiography, Trafford Publishing, Victoria (B.C.), Canada, 2004, page 337 (Google Web, juin 2008).

(8) L’Apiculteur belge, 1926, vol. 1-3, page 48 (Google Livres, janvier 2010).

(9) La Revue Française d’Apiculture, n° 129, janvier 1957, M. Horguelin, « Nouvelle technologie du miel en Amérique du Nord ».

(10) « Union Nationale de l’Apiculture Française-Abeilles et Fleurs, Google Web, janvier 2010.

(11) « Le XXIe Congrès International d’Apiculture, Université de Maryland, U.S.A. », Apimondia, 1967, 624 pages (Google Livres, janvier 2010).

Annexe









Tables de descendance

de Collesson Horguelin

Préface

Valentin Philippe Bertin du Rocheret, président de l’élection d’Epernay au 18ème siècle, est l’auteur de nombreuses généalogies champenoises. Il confie ses manuscrits à l’abbé Bignon, garde de la Bibliothèque du roi à Paris. Ses papiers se trouvent aujourd’hui dans la collection des dossiers bleus de la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu.

Bertin du Rocheret est le neveu par alliance de Jean Horguelin des Ormes et c’est avec son aide et celle de Jacques Horguelin banquier à Berlin, et de Marie-Jeanne Horguelin, Supérieure des Dames Régentes à Châlons, qu’il rassemble un grand nombre de documents, à partir desquels il rédige les tables de descendance de Collesson Horguelin depuis le 15ème siècle.

Au 19ème siècle, son travail est complété par Cyrille Onésime Horguelin, directeur des contributions directes à Châlons. Chartiste de formation, il transcrit un certain nombre de chartes françaises et latines extraites des archives ecclésiastiques de la Marne. Il découvre, entre autres, le titre le plus ancien concernant les Horguelin dans un contrat de 1393.

Au 20ème siècle, Paul François Horguelin, ingénieur-constructeur à Nuisement, apporte sa contribution en réalisant un fichier général rassemblant toutes les données recueillies depuis le 18ème siècle jusqu’à nos jours.

La présente rédaction des tables de descendance Horguelin trouve sa source dans tous ces travaux qui se sont développés à travers le temps. Une compilation presqu’exhaustive des minutes des notaires de Châlons au 16ème siècle a permis plus récemment de vérifier et de compléter les données pour la partie la plus ancienne des recherches.

Les Horguelin de Berlin


(1500 – 1770)




IV-1. Nicolas Horguelin, né à Pogny , fils de Nicolas et de

Milène Barré, épouse à Châlons Jehanne le Coquetas.

Enfants :

1. Nicolas, qui suit.

2. Pierre, voir V-2.

3. Guillemette. Elle épouse Jehan le Soudoyer par contrat

passé devant Fallon, notaire à Châlons, le 21 juillet 1537.



V-1. Nicolas, né paroisse Saint-Eloi à châlons, fils de Nicolas et de

Jehanne le Coquetas, épouse par contrat passé devant Vassé,

notaire à Châlons, le 28 avril 1549, Catherine d'Espy,

fille de Christophe d'Espy, seigneur de Marne-la-Maison, et de

Marie de Dommartin.

Enfants :

1. Jehanne. Elle épouse 1) Pierre Lallemant ; 2) Hugues Rambourg,

par contrat passé devant Ytam, notaire à Châlons, le 30 juillet 1580.

2. Pérette.

3. Loyse. Elle épouse Jacques Seneuze, par contrat passé devant

Depinteville, notaire à Châlons, le 21 janvier 1580.



V- 2. Pierre, né paroisse Saint-Eloi à Châlons, fils de Nicolas et de

Jehanne le Coquetas, décédé le 5 juin 1588. Il épouse 1) Jehanne

Vargnier ; 2) Pérette le Gastelier.

Enfants :

1. Claude, qui suit.

2. Pierre, décédé à Châlons le 24 février 1592, "frappé d'une balle au pied" ;

inhumé dans l'église Saint-Eloi.

3. Jean, né paroisse Saint-Eloi en 1575, voir VI-2.



VI-1. Claude, né paroisse Saint-Eloi à Châlons, fils de Pierre et de Jehanne

Vargnier, épouse par contrat passé devant Gabet, notaire à Châlons,

le 7 juillet 1575, Claudine Henrion, fille d'Antoine et de Marie

Le Glaive.

Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. Claude, voir VII-2

3. Marie. Elle épouse Claude Henrion.



VII-1. Pierre, né à Châlons, fils de Claude et de Claudine Henrion,

décédé en 1654. Il épouse par contrat passé devant Debesançon,

notaire à Châlons, le 4 décembre 1603, Madeleine de Serval,

fille de Jean et de Jeanne Roussel.

Enfants :

1. Pierre, baptisé à Compertrix (temple protestant) le 29 janvier

1606, qui suit.

2. Jeanne, baptisée à Compertrix le 20 janvier 1611.

3. Isaac, baptisé à Compertrix le 10 juin 1612.

4. Abraham, baptisé à Compertrix le 17 juillet 1616, voir VIII-2.



VIII-1. Pierre, baptisé à Compertrix le 29 janvier 1606, fils de Pierre et

de Madeleine de Serval , décédé en 1654. Il épouse à Châlons

Jacquette de Pinteville, fille de Pierre, seigneur de Moncetz et

de Suzanne Morel.

Enfants :

1. Madeleine, baptisée à Compertrix en 1631.

2. Suzanne, baptisée à Compertrix le 17 août 1632.

3. Anne, baptisée à Compertrix en février 1634. Elle épouse

par contrat passé devant Roussel et Horguelin, notaires à Châlons,

le 9 novembre 1673, Guillaume Garnier, fils de Thierry et

d'Anne Jacquelot demeurant à Vitry-le-François.

4. Pierre, baptisé à Compertrix le 8 avril 1635. Avocat. Sans alliance.

5. Marguerite, née à Châlons le 11 août 1637. Elle épouse

par contrat d'août 1665, Daniel Pajon, fils de Daniel et de

Marguerite Belon, demeurant à Blois.

6. Jean, né à Châlons le 6 décembre 1638.



VIII-2. Abraham, baptisé à Compertrix le 17 juillet 1616, fils de Pierre

et de Madeleine de Serval, épouse le 17 juin 1646 Pérette Picart,

née à Vitry-le François le 10 octobre 1624, fille d'Abraham et

de Marie Mauclerc.

Enfants :

1. Jérémie, qui suit.

2. Marie, née à Châlons en 1653, décédée à Halle (Saxe-Anhalt)

Le 27 mars 1699 "âgée de 49 ans".

3. Jacques, voir IX-2.

4. Pierre, voir IX-3.

5. Marguerite, née à Châlons en 1663, décédée à Halle le 30 octobre

1689 "âgée de 26 ans".



IX-1. Jérémie, né à Châlons, fils d'Abraham et de Pérette Picart,

épouse Marie Cadet, fille de Philémon Cadet, avocat

en parlement, et d'Anne Mauclerc, de Vitry-le-François.

Enfants :

1. Jean, né à Châlons en 1682, qui suit.

2. Pierre, baptisé à Compertrix le 3 avril 1683, décédé à Châlons

en 1697.

3. Marie-Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 12 novembre 1686.

Supérieure des Dames de la Doctrine à Châlons.

4. Jacques, baptisé paroisse Saint-Alpin le 26 décembre 1690,

voir X-2.



X-1. Jean, né à Châlons en 1682, fils de Jérémie et de Marie Cadet,

décédé à Breslau en septembre 1745. Il épouse à Breslau

Madeleine Horguelin, fille de Pierre et de Madeleine Chef d'Hostel

Sans enfant.



X-2. Jacques, baptisé à Châlons le 26 décembre 1690, fils de Jérémie

et de Marie Cadet, décédé à Berlin le 6 janvier 1770. Il épouse

Louise Jeanne Crommelin de Bercy, née paroisse Sainte-Catherine

à Saint-Quentin (Picardie) en 1691, fille de Jean et d'Esther Foissin.

Enfants :

1. Marie-Jeanne, née à Paris le 18 septembre 1727, décédée à

Berlin le 1er janvier 1788. Elle épouse à Berlin, le 29 décembre 1748,

Sigismond de Redern, fils d'Erasmus et d'Elisabeth de Bredow.

2. Paul Jacques, né à Paris en 1728, décédé à Berlin le 5 septembre

1736.



IX-2. Jacques, né à Châlons en 1650, fils d'Abraham et de Pérette Picart,

décédé à Brême (Basse-Saxe) le 19 octobre 1712. Il épouse

1) à Charenton (église réformée), le 29 février 1680,

Madeleine Bernard, fille de Samuel, peintre du roi, et de

Madeleine Lequeux ; 2) à Brême le 9 septembre 1711,

Jeanne Chevrié, native d'Aix-en-Dauphiné.

Enfants :

1. Suzanne Madeleine, née à Francfort-sur-le Main en 1681.

Elle épouse à Halle-an-Saale, le 31 mars 1701, Hermann Cochius,

premier secrétaire d'Etat du roi de Prusse à Berlin, fils de

Christian, pasteur de la Cour, et de Catherine de Clauberg.

2. Jean-Henry, né à Leipzig en 1682.

3. Marie-Madeleine, née à Leipzig le 18 mai 1688

4. Marie, née à Leipzig le 7 juillet 1689.

5. Anne, née à Leipzig le 14 août 1690.



IX-3. Pierre, né à Châlons, fils d'Abraham et de Pérette Picart,

épouse 1) à Amsterdam le 26 avril 1693, Madeleine Chef d'Hostel ;

2) à Leipzig le 8 octobre 1704, Hélène Louise Clergeau,

fille de Pierre, bourgeois de Paris, et d'Hélène Mestayer.

Enfants :

1. Madeleine, née à Breslau. Elle épouse Jean Horguelin,

fils de Jérémie et de Marie Cadet.

2. Abraham.

3. Suzanne, née à Breslau le 22 août 1698. Elle épouse à Berlin,

le 8 juillet 1728, Robert Lorent, pasteur à Münchberg (Brandebourg).

4. Marie, baptisée paroisse Sainte Marie-Madeleine à Breslau

le 20 avril 1700. Elle épouse à Berlin le 3 novembre 1729 Antoine Achard, pasteur de l'église française de Berlin.


VII-2. Claude, né à Châlons, fils de Claude et de Catherine Henrion,

épouse par contrat passé devant Vassé, notaire à Châlons,

le 8 février 1604, Loyse Féron, fille de Bastien et de Jeanne Besançon.

Enfant :

1. Claude. Elle épouse par contrat passé devant Lefébure, notaire

à Châlons, le 12 août 1629, Jean Aubriet, fils d'Abraham

et de Lucie (lacune).



VI-2. Jean, né paroisse Saint-Eloi à Châlons en 1575, fils de Pierre

et de Pérette Le Gastelier, épouse 1) par contrat passé devant

Depinteville, notaire à Châlons, le 25 juillet 1595, Claude Jacquemart,

fille d'Antoine et de Nicole Guéry ; 2) par contrat passé devant

Rambourg, notaire à Châlons, le 25 avril 1609, Louise Brochain, fille de Jean et d'Andriette Cornu.

Enfants :

1. Jean, baptisé paroisse Saint-Alpin le 20 octobre 1602, qui suit.

2. Anne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 21 juillet 1605.

3. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 18 novembre 1606.

4. Charlotte, baptisée paroisse Saint-Alpin le 21 mars 1610.

5. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 31 août 1611.

6. Jacques, baptisé paroisse Saint-Alpin le 14 août 1613.

7. Marie Madeleine, baptisée paroisse Saint-Alpin le 28 juin 1618.

Elle épouse par contrat passé devant Lequeux, notaire à Châlons,

le 3 novembre 1641, Charles Choiselle.

8. Marguerite, baptisée paroisse Saint-Alpin le 26 janvier 1622.



VII-3. Jean, maître d'hôtel du comte évêque de Châlons,

né paroisse Saint-Alpin le 20 octobre 1602, fils de Jean

et de Claude Jacquemart, épouse par contrat passé devant

Rambourg, notaire à Châlons, le 25 novembre 1635,

Marie de Mongeot, fille de François de Mongeot,

procureur au Châtelet de Paris, et de Françoise Morin.

Enfants :

1. Marie, née paroisse de la Trinité à Châlons.

Elle épouse paroisse de la Trinité

le 18 janvier 1662, Jean Boyeau,

procureur au Bureau des finances de Châlons,

fils de Jean et de Michelle Pluvier.

2. Anne, née paroisse de la Trinité le 10 juillet 1642.

3. Claude, née paroisse de la Trinité le 2 septembre 1644.

4. Nicolas, né paroisse de la Trinité le 13 mars 1646.

5. Claude, né paroisse de la Trinité le 16 octobre 1648

6. Marguerite, née paroisse de la Trinité le 18 juillet 1650.

7. Jean, né paroisse de la Trinité le 30 novembre 1652.

8. Anne, née paroisse de la Trinité le 28 janvier 1654.

Les Horguelin de Saint-Sulpice


(1500 – 1620)



IV-2. Didier, né à Pogny, fils de Nicolas et de Milène Barré, épouse Jehanne Camus.

Enfant :

1. Michel, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons en 1532, qui suit.



V-3. Michel, né à Châlons en 1532, décédé le 7 septembre 1604.

Il épouse par contrat passé devant Marin, notaire à Châlons,

le 4 novembre 1552, Jehanne Colle, fille de Jacques et de Claude

Bourgeois. Il épouse en secondes noces , par contrat passé devant

Jacobé, notaire à Châlons, le 5 janvier 1554, Catherine Buat,

fille de Regnault Buat et de Catherine (lacune), demeurant à

Bignicourt-sur-Saulx. Il épouse en 3ème noces Claude Caqueret.

Il épouse en 4ème noces, par contrat passé devant LeMaistre,

notaire à Châlons, le 7 février 1579, Jehanne Rocquet, veuve

de Nicolas de Varenne.

Enfants :

1. Toussaint, fils de Catherine Buat, qui suit.

2. François, fils de Claude Caqueret, voir VI-4.

3. Michel, fils de Claude Caqueret, voir VI-5.

4. Pérette, fille de Jehanne Rocquet. Elle épouse Vincent Denoux.



VI-3. Toussaint, né paroisse Saint-Sulpice, fils de Michel et de

Catherine Buat, épouse par contrat passé devant LeMaistre,

notaire à Châlons, le 28 janvier 1582, Marie Caqueret,

fille de Didier et de Pierrette Bouvart.

Enfant :

1. Claude, qui suit.


VII-4 Claude, né paroisse Saint-Sulpice, fils de Toussaint et de

Marie Caqueret, épouse Jeanne Martin , fille de Claude

et de Méline Bassier, demeurant à La Chaussée.

Enfants :

1. Marguerite. Elle épouse par contrat passé devant Duboys,

notaire à Châlons, le 3 avril 1639, Claude Dupuis, fils de

Claude et de Marie Care.

2. Françoise. Elle épouse par contrat passé devant Duboys,

notaire à Châlons, le 28 octobre 1646, Jean Noël. Elle épouse

en 2ndes noces, par contrat passé devant Duboys, le 12 mai 1658,

Charles Guyot.



VI-4. François, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de Michel

et de Marie Caqueret, décédé le 11 janvier 1645. Il épouse par

contrat passé devant Tartier, notaire à Châlons, en août 1598,

Marie Guyot, décédée le 19 mai 1638.

Enfants :

1. Jacques, né paroisse Saint-Sulpice en 1598, qui suit.

2. François, voir VII-6.

3. Claude, voir VII-7.

4. Marie, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 24 juillet 1612.

5. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 24 juin 1617.

6. Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 1er décembre 1623.



VII-5. Jacques, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de François

et de Marie Guyot, épouse par contrat passé devant Rambourg,

notaire à Châlons, le 29 août 1649, Marie Valleré, fille de Claude

et de Barbe Gallet.

Enfants :

1. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 16 octobre 1652.

2. Marie, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 1er octobre 1653.

3. Anne, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 15 mai 1655.

Elle épouse à Châlons, le 5 novembre 1673, Nicolas Béguin.

4. Marie, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 2 juillet 1657.

5. Barbe, née paroisse Saint-Sulpice en 1658, décédée en 1722.

6. Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 18 février 1663, qui suit.

7. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 8 janvier 1665,

décédée le 17 janvier 1705. Elle épouse Pierre Pestre.

8. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 25 avril 1669.



VIII-3 Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice à Châlons le 18 février 1663,

fils de Jacques et de Marie Valleré, épouse à Châlons Jacquette Prignet.

Enfants :

1. Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 29 novembre 1688.

2. Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 30 décembre 1690.

3. Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 27 juillet 1692.

4. André-Jacques, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 23 novembre 1699.

5. Jeanne. Elle épouse à Châlons en 1721 Memmie Fagnier.

6. Marie Anne. Elle épouse par contrat passé devant Lafournière,

notaire à Châlons, le 13 septembre 1721, Claude Grongnat,

fils d'Antoine et de Marie Legras.

7. Françoise. Elle épouse Jean-Joseph Meunier.



VII-6. François, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de François

et de Marie Guyot, épouse par contrat passé devant Duboys,

notaire à Châlons, le 26 mai 1641, Claudine Frappart, fille

d'Estienne et de Jeanne Delestré, demeurant à Compertrix.



VII-7. Claude, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de François

et de Marie Guyot, épouse par contrat passé devant Collesson,

notaire à Châlons, le 29 juillet 1629, Madeleine Colliquet, fille

de Nicolas et de Madeleine Moynet. Il épouse en 2ndes noces

par contrat passé devant Guillemin, notaire à Châlons,

le – janvier 1632, Madeleine Regnard, fille de Louis et de

Barbe Tondeur.

Enfants :

1. Claude, fils de Madeleine Colliquet, qui suit.

2. Pérette, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 18 septembre 1634.

3. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 23 février 1635.

4. Nicolas, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 13 février 1637.

5. Claude, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 27 avril 1642.

6. Anne. Elle épouse par contrat passé devant Robin, notaire à

Châlons, le 24 novembre 1670, Jean Valleré, fils de Claude

et de Jeanne Gérard, demeurant à Moncetz.




VIII-4. Claude, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de Claude et de

Madeleine Colliquet, épouse paroisse Saint-André à Saint-Memmie,

le 27 janvier 1658, Marie Asselin, fille de Humbert et de

Jeanne Brochain, demeurant à Saint-Memmie.

Enfant :

1. Jeannne. Elle épouse paroisse Saint-Sulpice, le 18 février 1686,

Henry Edouard de Vaudeuil, fils de Jacques et de Marie Colin.

2. Marie. Elle épouse paroisse Saint-Jean le 12 février 1692,

Piere Pérard, fils de Jacques et de Anne Péricard.



VI-5. Michel, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons, fils de Michel

et de Claude Caqueret, épouse par contrat passé devant Tartier,

notaire à Châlons, le 26 octobre 1597, Marie Girardin, fille

d'Antoine et de Jacquette Braconnier. Veuve, elle épouse le

7 mars 1620 Antoine Charlier.

Enfants :

1. Marie, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 3 août 1608.

Elle épouse par contrat passé devant Duboys, notaire à Chalons,

le 29 juillet 1635, Jean Adam, fils de Nicolas et de Martine

Legentil.

2. Pierre, baptisé paroisse Saint-Sulpice le 2 août 1611.

3. Jacquette, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 9 mai 1614.

4. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Sulpice le 9 mai 1617.

5. Nicolas, qui suit.



VII-8. Nicolas, né paroisse Saint-Sulpice à Châlons,

fils de Michel et de Marie Girardin, épouse

par contrat passé devant Duboys, notaire à Châlons,

le 26 octobre 1626, Laurence Frappart, fille

d'Estienne et de Jeanne Delestrée, demeurant

à Compertrix.



Les Horguelin des Ormes


(1500 – 1712)



IV-3. Jehan, né à Pogny, fils de Nicolas et de Milène Barré,

épouse Marguerite d'Argent. Il épouse en secondes noces

Michelette de Beaumont, veuve de Nicolas Vassé.

Enfants :

1. Jean, né paroisse de la Trinité en 1533, qui suit.

2. Pérette, née paroisse de la Trinité en 1538. Elle épouse

Michel Alfeston le jeune, fils de Michel l'aîné et de

Jehanne Le Gentil.

3. Pierre, né paroisse de la Trinité en 1539, voir V-5.

4. Nicolas, né paroisse de la Trinité en 1540, voir V-6.

5. Louis, né paroisse de la Trinité en 1542, voir V-7.


V-4. Jehan, né paroisse de la Trinité à Châlons en 1533, fils de

Jehan et de Michelette de Beaumont, épouse à Châlons

Catherine Oulry.

Enfants :

1. Jacques, qui suit.

2. Pierre, voir VI-7.

3. Nicole. Elle épouse Nicolas Thuillier.

4. Anne. Elle épouse par contrat passé devant Alfeston, notaire

à Châlons, le 9 décembre 1587, Pierre Lequeux.

5. Catherine. Elle épouse Menault de Beaufort.

6. Louise. Elle épouse par contrat passé devant Laguille, notaire

Châlons, le 20 juin 1600, Pierre Bailly.

7. Jeanne. Elle épouse par contrat passé devant Le Maistre,

notaire à Châlons, le 22 octobre 1584, Jehan Lhuillier.


VI-6. Jacques, né paroisse de la Trinité à Châlons, fils de Jehan

et de Catherine Oulry, décédé paroisse Saint-Alpin le 14

septembre 1624. Il épouse par contrat passé devant Vassé,

notaire à Châlons, Claude Godet, fille de noble homme

Philbert Godet et de Louise Hanetel.

Enfants :

1. Pérette. Elle épouse par contrat passé devant Vassé, notaire

à Châlons, le 20 août 1598, Nicolas de la Haye, fils de

Jean et de Jeanne Baugier.

2. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 13 mai 1584.

3. Louise, baptisée paroisse Saint-Alpin le 6 février 1586.

4. Jean, baptisé paroisse Saint-Alpin le 15 septembre 1587.

5. Marie, baptisée paroisse Saint-Alpin le 30 décembre 1589.

6. Claude. Elle épouse Jean de la Haye.

7. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Alpin le 10 décembre 1601.

8. Michel, baptisé paroisse Saint-Alpin le 20 décembre 1604.

9. Hélène, baptisée paroisse Saint-Alpin le 26 novembre 1607.

10. Catherine. Elle épouse par contrat passé devant Lefébure

notaire à Châlons, le 10 avril 1625, Daniel d'Aoust.

Elle épouse en secondes noces paroisse Saint-Alpin,

le 16 septembre 1634, Pasquier Gargam.



12

VI-7. Pierre, né paroisse de la Trinité à Châlons, fils de Jehan

et de Catherine Oulry, décédé paroisse de la Trinité le 9 mars

1640. Il épouse par contrat passé devant Laguille, notaire à

Châlons, le 24 janvier 1593, Simone Gillet, fille de Christophe

et de Pérette Larme.

Enfants :

1. Etienne, baptisé paroisse de la Trinité le 25 novembre 1603.

2. Quentin, né en 1606.

3. Pierre, né en 1607.

4. Pérette. Elle épouse par contrat passé devant Collesson, notaire

à Châlons, en 1625, Nicolas Millet, prévôt de Cernay-en-Dormois.


V-5. Pierre, né paroisse de la Trinité à Châlons en 1539, fils de Jehan et de

Michelette de Beaumont, épouse par contrat passé devant Jacobé,

notaire à Châlons, le 28 janvier 1559, Marie Chastillon, fille de

Hugues et de Claudine Jeannet.

Enfants :

1. Michel, qui suit.

2. Pierre, voir VI-9.

3. Jean, voir VI-10.

4. Claudine. Elle épouse par contrat passé devant Roussel, notaire

à Châlons, le 23 février 1585, Nicolas Hennequin, fils de noble

homme Nicolas Hennequin et de Marguerite Dommangin.

5. Andriette. Elle épouse par contrat passé devant Leblef, notaire à

Châlons, le 1er février 1593, Nicolas Lallemant, fils de Nicolas et

de Loyse Aymond. Elle épouse en 2ndes noces le 19 juillet 1615,

Guillaume Roussel, avocat au siège de Châlons.

6. Barbe. Elle épouse par contrat passé devant Leblef, notaire à Châlons,

le 24 février1590, Nicolas Deu, fils de Didier et de Claude Dehez.

7. Catherine. Elle épouse par contrat passé devant Dubois, notaire à

Châlons, le 17 septembre 1602, Michel Jourdain. Elle épouse en

2ndes noces le 4 avril 1604, Claude Caillet, veuf d'Anne du Bois.

8. Jacquette. Elle épouse par contrat passé devant Dubois, le 22 janvier

1608, Hugues Talon, fils de Robert et d'Anne du Boys.

9. Marguerite.


VI-8. Michel, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Pierre

et de Marie Chastillon, épouse par contrat passé devant

Dubois, notaire à Châlons, le 3 mai 1598, Catherine Viennot.

Enfants :

1. Félix, baptisé paroisse Saint-Alpin le 17 juillet 1609.

2. Michel, baptisé paroisse Saint-Alpin le 9 janvier 1613.

3. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 2 décembre 1615.


VI-9. Pierre, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Pierre

et de Marie Chastillon, épouse par contrat passé devant Leblef,

notaire à Châlons, le 1er juillet 1591, Nicole Jourdain, fille de

Michel et de Louise Blanchard. Elle épouse en 2ndes noces Adam Babault.

Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. Claude.




VII-9. Pierre, né à Châlons, fils de Pierre et de Nicole Jourdain,

décédé en 1635. Il épouse par contrat passé devant Namur

et Lasnier, notaires à Aÿ-en-Champagne, le 13 novembre 1617,

Bonnaventure du Verger, fille de Brice et de Nicole Gosset.

Enfants :

1. Marie, baptisée paroisse Notre-Dame à Châlons le 23 novembre 1620.

2. Pierre, né en 1623.

3. Jean, qui suit.

4. Pérette. Elle épouse Nicolas de l'Espine.

5. Jeanne, religieuse.

6. Bonnaventure, religieuse.

7. Marie. Elle épouse Simon de l'Espine.



VIII-.5. Jean, né à Châlons, fils de Pierre et de Bonnaventure du Verger,

décédé en 1671. Il épouse Nicole Hennequin, fille de Jean

et de Marie Girardin, demeurant à Aÿ.

Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. Marie, née en décembre 1663, décédée en décembre 1724.

Elle épouse en 1686 Isaac Augustin Durant, fils de Pierre

et d'Anne l'Empereur.

3. Jean, conseiller du roi, né le 10 avril 1666, décédé à Aÿ en 1744.



IX-4. Pierre, né à Epernay en 1666, fils de Jean et de Nicole Hennequin,

décédé à Epernay le 21 juin 1702 . Il épouse à Epernay le 21 avril

1693, Marie Lallemant, fille de Robert et de Madeleine Hanicq.

Enfants :

1. Marie Madeleine, baptisée à Epernay le 7 janvier 1694.

2. Pierre, né à Epernay le 16 mars 1695, qui suit.

3. Marie Madeleine, baptisée à Epernay le 22 juillet 1696.

4. Nicolas, baptisé à Epernay le 3 avril 1697.

5. Claude, baptisé à Epernay le 12 août 1699.



X-3. Pierre, né à Epernay le 16 mars 1695, fils de Pierre et de

Marie Lallemant, décédé à Oppenheim (Palatinat) en 1734.

Il épouse par contrat passé devant Pantrion, notaire à Strasbourg,

le 27 novembre 1721, Laure Valéol, veuve de François Marlye

demeurant à Lyon.

Enfants :

1. Jacques, né à Strasbourg en 1722.

2. Martin, né à Strasbourg en 1723




VI-10. Jean, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Pierre

et de Marie Chastillon, épouse par contrat passé devant

Charuel et Capy, notaires à Epernay, le 17 mars 1609,

Marguerite de Nesles, fille de Claude et de Marguerite Oudan.

Enfants :

1. Isabelle. Elle épouse N. Babault.

2. Etiene, qui suit.

3. Jean.

4. François, né paroisse Notre-Dame en 1613, voir VII-11.



VII-10. Etienne, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Jean et de

Marguerite de Nesles, décédé paroisse de la Trinité le 29 août

1695. Il épouse paroisse Saint-Alpin le 25 janvier 1626,

Claude Bourgeotte.

Enfant :

1. Simon, baptisé paroisse de la Trinité le 14 février 1627.



VII-11. François, né paroisse Notre-Dame à Châlons en 1612, fils de

Jean et de Marguerite de Nesles, décédé paroisse Notre-Dame

le 29 septembre 1674. Il épouse Marie Parjouet, fille de Claude

et de Marie Marin.

Enfants :

1. Marie.

2. Pierre, baptisé paroisse Notre-Dame le 10 août 1638.

3. Jean.

4. Nicolas, né le 29 octobre 1641. Moine bénédictin.

5. François. Moine bénédictin.

6. Jeanne. Religieuse.

7. Anne. Elle épouse, paroisse Notre-Dame le 2 avril 1674

Jean Vuiriot.

8. Nicole.

9. Marguerite, baptisée paroisse Notre-Dame le 9 avril 1651.

10. Claude. Religieux.



V-6 Nicolas, né à Châlons en 1540, fils de Jehan et de Michelette

de Beaumont, décédé à Châlons en 1592. Il épouse par contrat

passé devant Itam, notaire à Châlons, le 7 mai 1570,

Jehanne Chenu. Veuve, elle épouse en 2ndes noces Jehan Guillaume.

Enfants :

1. Nicolas, qui suit.

2. Edme, voir VI-12.




VI-11. Nicolas, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Nicolas

et de Jehanne Chenu, décédé en 1651. Il épouse par contrat

passé devant Lignage, notaire à Châlons, le 7 mai 1570,

Colette Lignage, fille de noble homme Pierre Lignage

et de Marie Deya.

Enfants :

1. Catherine. Elle épouse par contrat passé devant Flavy-Gaucher,

notaire à Châlons, le 17 juillet 1622, Antoine Caillet, fils de

Gérard et de Louyse Talon.

2. Claude. Elle épouse par contrat passé devant Gabet, notaire à

Châlons, le 12 décembre 1627, Pierre Braux, fils de Nicolas

et de Magdeleine Lanisson. Elle épouse en secondes noces

par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons, le 15 octobre

1650, Nicolas le Tartier, trésorier de France en Champagne.

3. Agnès. Elle épouse par contrat passé devant Roussel, notaire

à Châlons, le 20 novembre 1631, François Mathé, fils de

Hugues et de Barbe Boulet.

4. Marie. Elle épouse par contrat passé devant Guillemin, notaire

à Châlons, le 15 juin 1623, Jacques Dommangin, fils de Nicolas

et de Simone Girardot.



VI-12. Edme I, né paroisse Notre-Dame à Châlons, fils de Nicolas

et de Jehanne Chenu, décédé paroisse Saint-Nicolas le 7 janvier

1665. Il épouse par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons,

le 17 octobre 1611, Agnès d'Aoust, fille de Jean, seigneur de

Breuvery, et d'Agnès de Bar.

Enfants :

1. Agnès. Elle épouse par contrat passé devant Rambourg, notaire

à Châlons , le 11 février 1640, Louis Rochereau d'Hauteville,

fils de Denis, argentier du duc de Guise.

2. Edme II, qui suit.



VII-12. Edme II, fils d'Edme I et d'Agnès d'Aoust, décédé paroisse

Notre-Dame le 29 décembre 1670. Il épouse par contrat

passé devant Duboys, notaire à Châlons, le 22 septembre 1653,

Louise de Chastillon, fille de Pierre et de Blanche Linage.

Enfants :

1. Edme III, baptisé paroisse Notre-Dame le 1er juin 1656, qui suit.

2. Louis, baptisé paroisse Notre-Dame le 7 août 1657. Chanoine.

3. Nicolas, baptisé paroisse Notre-Dame le 15 novembre 1658.

4. Marie Agnès, baptisée paroisse Notre-Dame le 19 juillet 1660.

5. Joseph, baptisé paroisse Notre-Dame le 3 janvier 1668.



VIII-6. Edme III, baptisé paroisse Notre-Dame le 1er juin 1656,

fils d'Edme II et de Louise de Chastillon, décédé à Châlons

le 26 décembre 1712. Il épouse par contrat passé devant

Regnault, notaire à Châlons, le 18 novembre 1688,

Marguerite Le Gorlier, fille de François et d'Elisabeth Morel.



V-7. Loys, né paroisse de la Trinité à Châlons en 1542, fils de Jehan

et de Michelette de Beaumont, décédé paroisse Saint-Alpin le

2 août 1587. Il épouse Jehanne Hanetel.

Enfants :

1. Renée. Elle épouse par contrat passé devant Vassé, notaire à

Châlons, le 3 décembre 1587, Estienne Vyenot, fils de Jehan

demeurant à Vitry-le-François.

2. Claude. Elle épouse par contrat passé devant Gabet, notaire à

Châlons, le 12 mai 1587, Louis Vassé, fils de Charles, notaire,

et de Nicole Lefébure.

3. Louis, qui suit.

4. Rémy. Il épouse N. Viennot.

5. Marguerite, baptisée paroisse Saint Alpin le 24 juin 1575,

décédée paroisse Saint-Alpin le 2 avril 1592. Elle épouse

Pierre Gargam, décédé paroisse Saint-Alpin le 26 juin 1609.

6. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Alpin le 5 juillet 1577.

Elle épouse par contrat passé devant Debesançon, notaire

à Châlons, le 13 janvier 1596, Jean Corneille, fils de Jacques

et de Marguerite Adam.

7. Marie, baptisée paroisse Saint-Alpin le 23 octobre 1578.

8. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 4 avril 1582.

9. Pérette, baptisée paroisse Saint-Alpin le 22 juin 1584.

Elle épouse Gilles Adam.

10. Nicolas, baptisé paroisse Saint-Alpin le 3 septembre 1586.



VI-13. Louis, né paroisse Saint-Alpin, fils de Louis et de Jeanne Hanetel,

épouse par contrat passé devant Duboys, notaire à Châlons,

le 8 juillet 1601, Roberte du Bois.

Enfants :

1. Louis, baptisé paroisse Saint-Alpin le 22 mai 1605.

2. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 22 octobre 1606.

3. Michel, baptisé paroisse Saint-Alpin le 12 octobre 1608.

4. François, baptisé paroisse Saint-Alpin le 5 juillet 1610.

5. Jeanne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 12 décembre 1612.

6. Roberte, baptisée paroisse Saint-Alpin le 21 décembre 1615.

7. Madeleine, baptisée paroisse Saint-Alpin le 7 octobre 1617.

8. Nicolas, baptisé paroisse Saint-Alpin le 17 octobre 1621.

Les Horguelin de Sainte-Marguerite


(1500 – 1715)




IV-4. Pierre, né à Pogny, fils de Nicolas et de Milène Barré,

épouse à Omey Claudine Collinet.

Enfants :

1. François, qui suit.

2. Claude, voir V-9.

3. Alexandre, voir V-10.

4. Nicolas, voir V-11.

5. Guillaume, voir V-12.

6. Jean, voir V-13.

7. Jeanne.




V-8. François, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

décédé en 1583. Il épouse par contrat passé devant Chrestian,

notaire à Châlons, le 24 janvier 1533, Anne Chapperon dict

de Merle, fille de Jehan et de Colette Desfontaines.

Enfants :

1. Nicolas, né paroisse Saint-Alpin, qui suit.

2. Pierre, voir VI-15.

3. Jeanne. Elle épouse par contrat passé devant Gabet, notaire

à Châlons, le 25 juillet 1587, François le Cerf, fils de Claude

et de Jeanne Thibault du Moulin.

4. Antoine, voir VI-16.




VI-14. Nicolas, né paroisse Saint-Alpin à Châlons, fils de François

et d'Anne Chapperon de Merle, épouse par contrat passé devant

Gabet, notaire à Châlons, le 15 janvier 1580, Sara Seneuze,

fille de Thierry et de Marguerite Guérin.




VI-15. Pierre, né paroisse Saint-Alpin à Châlons, fils de François

et d'Anne Chapperon de Merle, épouse par contrat passé devant

Gabet, notaire à Châlons, le 5 mai 1582, Pérette Bertheuil,

fille de Nicolas. Il épouse en secondes noces, par contrat

passé devant Vassé, notaire à Châlons, le 3 janvier 1593,

Louise Deu, veuve de Pierre François.

Enfants :

1. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 22 mai 1583, qui suit.

2. Françoise, baptisée paroisse Saint-Alpin le 24 novembre 1585.

3. Jean, voir VII-14.



VII-13. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 22 mai 1583, fils de Pierre

et de Pérette Bertheuil, épouse Marie Hennequin.

Enfants :

1. Anne, baptisée paroisse Saint-Alpin le 17 septembre 1624.

Elle épouse par contrat passé devant Marion, notaire à Paris,

le 3 novembre 1659, François Adelé, fils de Claude, conseiller

du roi, et de Magdeleine Levasseur.

2. Nicolas, baptisé paroisse Saint-Alpin le 11 juin 1626.

3. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 25 janvier 1628.

4. Jacques, baptisé paroisse Saint-Alpin le 8 février 1629.

5. Charles, baptisé paroisse Saint-Alpin le 12 septembre 1630.

6. Marie, baptisée paroisse Saint-Alpin le 20 janvier 1632.

7. Pierre, baptisé paroisse Saint-Alpin le 18 mars 1633.



VII.14. Jean, notaire, né paroisse Saint-Alpin, fils de Pierre et de Pérette

Bertheuil, épouse par contrat passé devant Roget, notaire à

Châlons, le 25 septembre 1606, Marie Thierrion, fille de Pierre

et de Marguerite Cacquet.

Enfants :

1. Marie, baptisée paroisse Saint-Nicaise le 1er mars 1609.

2. Marguerite, baptisée paroisse Saint-Nicaise le 12 janvier 1611.

3. Jean, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 20 décembre 1613.

4. Nicolas, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 18 octobre 1615,

qui suit.

5. Andriette, baptisée paroisse Sainte-Marguerite le 13 novembre 1618.

6. Pierre, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 21 décembre 1622,

voir VIII-8.

7. Nicole, baptisée paroisse Sainte-Marguerite le 17 décembre 1625.

8. Claude, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 22 janvier 1627.

9. Claudette, baptisée paroisse Sainte-Marguerite le 29 décembre 1629.

Elle épouse paroisse paroisse Sainte-Marguerite le 17 juillet 1656,

Nicolas Talon.




VIII-7. Nicolas, notaire, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 18 octobre

1615, fils de Jean et de Marie Thiérrion, décédé le 6 décembre

1680. Il épouse par contrat passé devant Lequeux, notaire à

Châlons, le 16 novembre 1645, Nicole Nobily, fille de Germain

et de Catherine Gonnet.

Enfants :

1. Jean, baptisé paroisse Saint-Nicaise le 31 août 1646, qui suit.

2. Nicole, baptisée paroisse Saint-Nicaise le 23 juin 1647.

3. Catherine, baptisée paroisse Sainte-Marguerite le 6 septembre

1650.



IX-5. Jehan, baptisé à Châlons le 31 août 1646, fils de Nicolas et de

Nicole Nobily, décédé à Châlons le 16 février 1715. Il épouse

par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons,

Madeleine Caure, fille de Pierre et de Marie Talon.

Enfants :

1. Nicolas, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 16 octobre

1673, qui suit.

2. Jeanne, baptisée par. Sainte-Marguerite le 19 décembre 1674.

Elle épouse en 1706 Claude de Rosne, fils de Jean et de

Marie Vatier.

3. Marie Anne, née en 1675, décédée le 14 mars 1754.

4. Catherine, née en 1676, décédée le 18 septembre 1743

5. Madeleine, née en 1677, décédée le 26 septembre 1743.

6. Nicole, baptisée par. Sainte –Marguerite le 17 mars 1679.

7. Claude, baptisé par. Sainte-Marguerite le 4 juin 1682.

8. Jean, baptisé par. Sainte-Marguerite le 7 juillet 1683, prêtre.

9. Marguerite, née en 1684, décédée le 16 septembre 1748.

10. Marie-Jeanne, née en 1686, décédée le 30 septembre 1765.

11. Marie-Hélène, née en 1687, décédée le 29 octobre 1765.

Elle épouse paroisse Saint-Nicolas à Châlons, le 1er février

1723, Edouard de Linage, fils d'Ignace et de Claude de Combles.

12. Pierre François, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 21 mars

1690, voir X-5.



X-4. Nicolas, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 16 octobre 1673,

fils de Jean et de Madeleine Caure, épouse paroisse Sainte-

Marguerite le 1er septembre 1710, Marie-Anne Marchand.

Enfants :

1. Pierre, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 30 novembre 1715.

2. Elisabeth, baptisée paroisse Sainte-Marguerite le 9 août 1717.

3. Marie Catherine. Elle épouse paroisse Sainte-Marguerite le 8 février

1751, Laurent Bergeaud, fils de Pierre et de Françoise Delair.




X-5. Pierre-François, baptisé paroisse Sainte-Marguerite

le 21 mars 1690, fils de Jean et de Madeleine Caure,

épouse paroisse Sainte-Marguerite le 31 août 1730,

Anne des Pavillons, de la paroisse de Fleury.




VIII-8. Pierre, baptisé paroisse Sainte-Marguerite le 21 décembre 1622,

fils de Jean et de Marie Thierrion, décédé le 25 mars 1711.

Il épouse par contrat passé devant Lefébure, notaire à Châlons,

le 3 février 1651, Jeanne Lefébure, fille de Jean et de Jehanne Ytam.

Il épouse en secondes noces , paroisse Sainte-Marguerite,

le 26 juin 1695, Anne Thierrion.

Enfant :

1. Jean, baptisé paroisse Saint-Alpin le 16 juin 1654.



VI-16. Antoine, né paroisse Saint-Alpin, fils de François et d'Anne

Chapperon de Merle, épouse par contrat passé devant Roget

notaire à Châlons, le 1er août 1593, Louise Lemaistre,

fille d'Antoine et de Gillette Larme.

Enfants :

1. Pérette, baptisée paroisse Saint-Alpin le 8 février 1606.

2. Marie, baptisée paroisse Saint-Alpin le 15 avril 1609.

Les Horguelin de Pogny


(1500 – 1840)





V-9. Claude, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

épouse Jehanne Millet.

Enfants :

1. Claude, qui suit.

2. Clémence. Elle épouse Pierre Paris.

3. Claudine. Elle épouse Nicolas Poirat.



VI-17. Claude, né à Pogny, fils de Claude et de Jehanne Millet,

épouse Claudine Thiebault.

Enfants :

1. Pierre, né à Pogny en 1583.

2. Martine. Elle épouse Pierre Jehanson.



V-10. Alexandre, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

épouse Antoinette Jossier.

Enfants :

1. Françoise. Elle épouse par contrat passé devant Depinteville,

notaire à Châlons, le 10 octobre 1585, Nicolas Boullez,

fils de Robert et de Marguerite Gallichet demeurant à Courtisols.

2. Claudine. Elle épouse Didier Girardin demeurant à Pogny.

3. Nicolas, qui suit.

4. Nicole. Elle épouse Antoine Girardin demeurant à Pogny.



VI-18. Nicolas, né à Omey, fils d'Alexandre et d'Antoinette Jossier,

épouse Marie Maistre d'Hôtel demeurant à Vésigneul-sur-Coole.

Elle épouse en secondes noces Pierre Jossier.

Enfant :

1. Alexandre.



V-11. Nicolas, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

épouse Jacquette Champagne.



V-12. Guillaume, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

épouse (lacune).

Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. Jeanne. Elle épouse Robert Potet demeurant à Paris.



VI-19. Pierre, né à Pogny, fils de Guillaume, épouse Marie Denizet.

Enfants :

1. Marie, née à Presles, paroisse de Nanteuil-la-Fosse.

Elle épouse Guillaume Morel.

2. Noelle, née à Presles. Elle épouse Pierre Potier demeurant

à Monthelon.

3. Guillaume.



V-13. Jehan, né à Pogny, fils de Pierre et de Claudine Collinet,

épouse (lacune).

Enfant :

1. Girard, qui suit.



VI-20. Girard, fils de Jehan, épouse Jehanne Pupin.

Il épouse en secondes noces Claudine Raussin.

Enfants :

1. Pierre, né à Omey en 1610, qui suit.

2. Françoise. Elle épouse Barthélemy Bodez.

3. Une fille. Elle épouse François Lévesque.



VII.15 Pierre, né à Omey en 1610, fils de Girard et de Claudine

Raussin, épouse par contrat passé devant Rambourg,

notaire à Châlons, le 28 octobre 1628, Marguerite Pathé,

fille de Jean et de Jeanne Rousselet.

Enfants :

1. Adrien, prêtre.

2. Abraham, né à Pogny le 18 octobre 1633, qui suit.

3. Marie. Elle épouse Gabriel de Beury.



VIII-9. Abraham, né à Pogny le 18 octobre 1633, fils de Pierre

et de Marguerite Pathé, décédé le 17 janvier 1687.

Il épouse Louise Nicole de Beury.

Enfants :

1. Adrienne, baptisée à Pogny le 17 octobre 1658.

2. Pierre, baptisé à Pogny le 23 janvier 1661.

3. Un fils, baptisé à Pogny le 2 décembre 1663.

4. Philippe, baptisé à Pogny le 26 avril 1666, qui suit.

5. Jean, baptisé à Pogny le 23 novembre 1668, voir IX-7.

6. Marie, baptisée à Pogny le 17 mars 1671.

7. Françoise, baptisée à Pogny le 21 septembre 1675.

Elle épouse à Pogny, le 7 février 1706, Jean de Beury.



IX-6. Philippe, baptisé à Pogny le 26 avril 1666, fils d'Abraham

et de Louise Nicole de Beury, décédé le 26 mai 1710.

Il épouse à Pogny, le 12 janvier 1693, Pérette Rousselet.

Enfants :

1. Pierre, baptisé à Pogny le 23 décembre 1693, qui suit.

2. Jean, baptisé à Pogny le 15 octobre 1695, voir X-7.

3. Simon, baptisé à Pogny le 29 septembre 1697, voir X-8.

4. Louis, baptisé à Pogny le 11 septembre 1699.

5. Catherine, baptisée à Pogny le 24 décembre 1701, décédée

en 1779. Elle épouse à Pogny le 15 juin 1734, Nicolas Déquaire.

6. Philippe, baptisé à Pogny le 21 septembre 1704.

7. Claude, baptisé à Pogny le 15 février 1707, voir X-9.



X-6. Pierre, baptisé à Pogny le 23 décembre 1693, fils de Philippe

et de Pérette Rousselet, épouse à Pogny, le 24 novembre 1716,

Marguerite Jossier.

Enfants :

1. Louise, baptisée à Pogny le 14 octobre 1717.

2. Louise, baptisée à Pogny le 18 septembre 1719.

3. Marguerite, baptisée à Pogny le 18 juillet 1721. Elle épouse

à Pogny le 12 novembre 1748, Antoine Déquaire, fils d'Etienne

et de Marie Chaulaire.

4. Elisabeth, baptisée à Pogny le 8 août 1723. Elle épouse le 6 février 1753,

Nicolas Mathieu, fils d'Etienne et de Louise Champenois.

5. Marie, baptisée à Pogny le 17 septembre 1725.

6. Claude, baptisé à Pogny le 30 avril 1727.

7. Louise, baptisée à Pogny le 27 août 1729.

8. Philippe, baptisé à Pogny le 25 mars 1731, qui suit.

9. Marie-Jeanne, baptisée à Pogny le 29 août 1734. Elle épouse

à Pogny en 1759, Joseph Rousselet de la paroisse d'Omey.

10. Catherine, baptisée à Pogny le 29 août 1736. Elle épouse à Pogny

le 7 janvier 1766, Nicolas Louis Vigy, fils de Jean et de Louise Saguet.

11. Pierre, baptisé à Pogny le 9 juillet 1738.




XI-1. Philippe, baptisé à Pogny le 25 mars 1731, fils de Pierre

et de Marguerite Jossier, épouse à Pogny le 19 novembre

1765, Nicole de Beury, fille de Jean et d'Anne de Beury.

Enfants :

1. Jean-Philippe, baptisé à Pogny le 28 avril 1768, qui suit.

2. Jean-Baptiste, baptisé à Pogny le 6 avril 1775.



XII-1. Jean-Philippe, baptisé à Pogny le 28 avril 1768, fils de

Philippe et de Nicole de Beury, épouse le 18 nivose an II

Marie-Jeanne Brodier, fille de Nicolas et de Louise Guyot

demeurant à Vitry-la-Ville.



X-7 Jean, baptisé à Pogny le 15 octobre 1695, fils de Philippe

et de Pérette Rousselet, épouse à Pogny le 8 février 1723,

Jeanne de Beury.

Enfants :

1. Barthélemy, baptisé à Pogny le 7 mai 1724, qui suit.

2. Nicolas, baptisé à Pogny le 1er juillet 1726.

3. Jean, baptisé à Pogny le 22 décembre 1728, voir XI-3.



XI-2. Barthélemy, baptisé à Pogny le 7 mai 1724, fils de Jean

et de Jeanne de Beury, décédé à Pogny le 3 mars 1756.

Il épouse à Omey, le 27 novembre 1747, Louise Bouquart

fille de Nicolas et de Marguerite Gallois.

Enfants :

1. Jean, baptisé à Omey le 24 novembre 1749, qui suit.

2. Nicolas Louis, baptisé à Omey le 19 novembre 1752.



XII-2 Jean, baptisé à Omey le 24 novembre 1749, fils de Barthélemy

et de Louise Bouquart, épouse à Pogny le 12 juillet 1774,

Marie Marguerite Mallet, fille de Jacques et de Marie-Jeanne

Martin, demeurant à Pogny.

Enfants :

1. Nicolas, baptisé à Pogny le 20 août 1775

2. Marie-Jeanne, baptisée à Pogny le 28 juin1778.

3. Antoine, baptisé à Pogny le 24 février 1781, qui suit.



XIII-1. Antoine, baptisé à Pogny le 24 février 1781, fils de Jean et de

Marie Marguerite Mallet, épouse à Paris Jacqueline Delcroix.

Enfant :

1. Adélaïde Joséphine, baptisée paroisse Saint-Roch à Paris le 30 juillet 1808.





XI-3. Jean, baptisé à Pogny le 22 décembre 1728, fils de Jean

et de Jeanne de Beury, décédé le 2 décembre 1803.

Il épouse à Vésigneul-sur-Marne le 3 février 1756,

Marguerite Cailly, fille de Jean et de Marguerite (lacune).

Enfants :

1. Jean, né à Pogny en 1756.

2. Marguerite, née à Pogny en 1757. Elle épouse en 1788

Jean de Beury.

3. Philippe, baptisé à Pogny le 1er mai 1759, qui suit.

4. Marie Joseph.

5. Marie Françoise.

6. Marie Louise. Elle épouse à Pogny le 13 brumaire an IV

(13 octobre 1795), Charles Saguet.

7. Pierre, baptisé à Pogny le 11 mai 1771, voir XII-4.



XII-3. Philippe, baptisé à Pogny le 1er mai 1759, fils de Jean et de

Marguerite Cailly, épouse à Pogny le 21 février 1786,

Claudette Saguet. Il épouse en secondes noces à Pogny

Le 29 août 1807, Marie Françoise Boituzat, fille de

Nicolas et de Marie Marguerite Horguelin.

Enfants :

1. Marie Marguerite, née à Pogny en 1787. Elle épouse

à Pogny en 1813, Nicolas Joseph Leblant.

2. Marie Louise née à Pogny en 1789. Elle épouse à

Pogny en 1813, Claude Lemaire.

3. Charles Philippe, né à Pogny en 1807.



XII-4. Pierre, baptisé à Pogny le 11 mai 1771, fils de Jean et de

Marguerite Cailly, épouse à Saint-Germain-la-Ville,

le 24 fructidor an XII, Marie Françoise Croix Gérard,

fille de Philippe et d'Anne Guéry.

Enfants :

1. Jean-Pierre, né à Vésigneul le 10 mai 1810, qui suit.

2. Fanny, née à Saint-Germain-la-Ville, le 23 mai 1816.

Elle épouse Nicolas Thévenin.



XIII-2. Jean Pierre, né à Vésigneul le 10 mai 1810, fils de Pierre

et de Marie Françoise Croix-Gérard, épouse à Saint-Germain-

la-Ville le 12 février 1833, Marie Rosalie Bablot, fille de

Jean Charles et de Marguerite Jacquet demeurant à l'Epine.

Enfants :

1. Augustine, née à St-Germain le 6 novembre 1833.

2. Louis Emile, né à St-Germain le 23 février 1835.

3. Charles Léon, né à St-Germain le 11 avril 1837.






X-8. Simon, baptisé à Pogny le 29 septembre 1697, fils de

Philippe et de Pérette Rousselet, épouse à Pogny le 10 février

1722, Nicole Jossier.

Enfants :

1. Jeanne, baptisée à Pogny le 30 septembre 1722. Elle épouse

à Pogny en 1750, Joseph de Beury.

2. Nicolas, baptisé à Pogny le 4 septembre 1724.

3. Marguerite, baptisée à Pogny le 23 mai 1726.

4. Claude, baptisé à Pogny le 11 mars 1728.

5. Marguerite, baptisée à Pogny le 6 juillet 1730.

6. Marie-Louise, baptisée à Pogny le 17 avril 1732, décédée

le 17 juillet 1778. Elle épouse à Pogny en 1758, Pierre

Chaulaire.

7. Hélène, baptisée à Pogny le 9 août 1734.

8. Marie Madeleine, baptisée à Pogny le 6 février 1736.

Elle épouse à Pogny le 23 janvier 1769, Jean-Baptiste

Déquaire.

9. Nicole, baptisée à Pogny le 9 novembre 1737.



X-9. Claude, baptisé à Pogny le 15 février 1707, fils de Philippe

et de Pérette Rousselet, épouse à Omey le 12 octobre 1733,

Marguerite de Beury.

Enfants :

1. Marie-Jeanne. Elle épouse à Pogny, le 23 novembre 1773,

Jean Henry.

2. Louise. Elle épouse à Pogny le 14 janvier 1772, Claude Henry,

demeurant à Vésigneul-sur-Marne.

3. Claude, né à Pogny le 9 novembre 1736.

4. Barthélemy, né à Pogny le 4 décembre 1745, qui suit.

5. Nicole, née à Pogny le 28 janvier 1754. Elle épouse à Pogny

le 3 mai 1784, Pierre-Memmie Horguelin.



XI-4. Barthélemy, né à Pogny le 4 décembre 1745, fils de Claude et

de Marguerite de Beury, décédé le 3 août 1811. Il épouse à Pogny

le 14 janvier 1772, Marie Joseph Vigy, fille de Joseph et de

Marie Guyot. Il épouse en secondes noces à Pogny le 27 avril 1779,

Marie Catherine Mellot, fille de Jacques et de Nicole Saguet.

Enfants :

1. Pierre Barthélemy, né à Saint-Amand-sur-Fion le 16 juillet 1773,

qui suit.





2. Marie Sire Victoire, née à Pogny le 19 mai 1774.

3. Marie Louise, née à Pogny en 1785. Elle épouse à Pogny

Joseph Musard demeurant à Nuisement-sur-Coole

4. Marie Joseph, née à Pogny le 6 février 1787. Elle épouse

à Pogny le 8 octobre 1812, François Guinedez.

5. Marie Catherine, née à Pogny en 1797.

6. Marie Angélique, née à Pogny en 1798.




XII-5. Pierre-Barthélemy, né à Saint-Amand-sur-Fion le 16 juillet

1773, fils de Barthélemy et de Marie Joseph Vigy, épouse

à Pogny le 1er brumaire an IV, Marie Madeleine Girardin.

Il épouse en secondes noces à Saint-Amand-sur-Fion, le

13 mai 1816, Marguerite Martin, fille de François et de

Jeanne Elisabeth Nolin, demeurant à Saint-Amand.

Enfants :

1. Vincent, né à Saint-Amand-sur-Fion le 21 ventose an VI

(1797), qui suit.

2. Siméon, né à Pogny en 1806.

3. Barthélemy Samuel, né à Pogny en 1813.

4. Pierre Léon, né à Pogny en 1817.

5. Nicolas Eugène, né à Pogny en 1820.




XIII-3. Vincent, né à Saint-Amand-sur-Fion le 21 ventose an VI,

fils de Pierre-Barthélemy et de Marie Madeleine Girardin,

épouse Marie Jeanne Saguier.

Enfants :

1. Marie Marthe, née à Pogny le 29 juillet 1826.

2. Emilie Eulalie, née à Pogny le 23 mars 1830.

3. Victoire Eugénie, née à Pogny le 30 septembre 1832.

4. Eugène Léon, né à Pogny le 9 juin 1836.

Les Horguelin de Vésigneul


(1668 – 1902)





IX-7. Jean, baptisé à Pogny le 23 novembre 1668, fils d'Abraham

et de Louise Nicole de Beury, décédé à Pogny le 21 mars 1735.

Il épouse à Pogny le 6 novembre 1701, Louise de Beury.

Enfants :

1. Jean, baptisé à Pogny le 14 novembre 1702, qui suit.

2. Joseph, baptisé à Pogny le 18 janvier 1704, voir X-11.

3. Louis, baptisé à Pogny le 28 octobre 1705.

4. Nicolas, baptisé à Pogny le 26 juillet 1711, voir X-12.

5. Pierre, baptisé à Pogny le 12 février 1713.

6. Marie, baptisée à Pogny le 14 octobre 1714. Elle épouse

à Pogny le 4 juillet 1740, Claude Saguet.

7. Louise, baptisée à Pogny le 13 juillet 1717.

8. Louis, baptisé à Pogny le 5 décembre 1719, voir X-13.



X-10. Jean, baptisé à Pogny le 14 novembre 1702, fils de Jean et de

Louise de Beury, épouse à Pogny le 17 janvier 1741,

Catherine Rousselet.



X-11. Joseph, baptisé à Pogny le 18 janvier 1704, fils de Jean et de

Louise de Beury, épouse à Pogny le 30 juin 1744,

Marguerite Rousselet.



X-12. Nicolas, baptisé à Pogny le 26 juillet 1711, fils de Jean et de

Louise de Beury, épouse à Vésigneul-sur-Marne, le 5 juillet

1740, Louise Chenevrier.

Enfants :

1. Marie, baptisée à Vésigneul le 2 avril 1741. Elle épouse

le – février 1761, Nicolas Chonet.

2. Louis, baptisé à Vésigneul le 19 août 1742.

3. Jean, baptisé à Vésigneul le 19 décembre 1743, qui suit.

4. Nicolas, baptisé à Vésigneul le 28 juillet 1745, voir XI-6.

5. Claude, baptisé à Vésigneul le 26 septembre 1746.

6. Jean-Toussaint, baptisé à Vésigneul le 30 octobre 1747, voir XI-7.

7. Jean-Baptiste, baptisé à Vésigneul le 2 octobre 1749.

8. Pierre-Memmie, baptisé à Vésigneul le 1er janvier 1752,

voir XI-8.

9. Elisabeth, baptisée à Vésigneul le 19 décembre 1753.

Elle épouse à Vésigneul le 31 octobre 1787, Louis de Beury.

10. Nicolas, baptisé à Vésigneul le 14 mars 1756.

11. Nicolas, baptisé à Vésigneul le 28 mai 1758.



XI-5. Jean, baptisé à Vésigneul le 19 décembre 1743, fils de Nicolas

et de Louise Chenevrier, épouse à Vésigneul le 3 juillet 1764,

Marie Cailly.

Enfants :

1. Marie, baptisée à Vésigneul le 11 mai 1765.

2. Nicolas, baptisé àVésigneul le 28 septembre 1769

3. Jean-Baptiste, baptisé à Vésigneul le 24 août 1772.



XI-6. Nicolas, baptisé à Vésigneul le 28 juillet 1745, fils de Nicolas

et de Louise Chenevrier, épouse à Saint-Germain-la-Ville

le 31 janvier 1780, Marie Catherine Guéry, fille de Jean

et d'Anne Ecoutin demeurant à Saint-Germain-la-Ville.

Enfants :

1. Jean-Baptiste, baptisé à Vésigneul le 24 décembre 1780, qui suit.

2. Nicolas Laurent, baptisé à Vésigneul le 9 août 1783, voir XII-13.

3. François Cosme, baptisé à Vésigneul le 2 septembre 1784.



XII-6. Jean-Baptiste, baptisé à Vésigneul le 24 décembre 1780,

fils de Nicolas et de Marie Catherine Guéry, épouse à Vitry-le-

François le 16 mai 1810, Marie Louise Adélaïde Huet,

fille de Jean-Baptiste et de Marie Louise Martin.

Enfants :

1. Jean-Baptiste, né à Vitry en 1811.

2. Madeleine Adélaïde, née à Vitry en 1812. Elle épouse à Vitry le 17 septembre 1834, Jean-Baptiste Ferdinand Pouilly.

3. Elisa, née à Vitry le 20 mai 1814.

4. Louis Hercule, né à Vitry le 20 avril 1817.

5. Auguste, né à Vitry le 18 mai 1819.

6. Ferdinand, frère jumeau d'Auguste.

7. Adolphe, né à Vitry le 1er février 1821, qui suit.

8. Eugénie Adélaïde, née à Vitry le 29 septembre 1824,

décédée le 26 décembre 1883. Elle épouse le 6 octobre 1846,

Charles Philogène Fourrier.



XIII-4. Adolphe, né à Vitry-le-François le 1er février1821, fils de

Jean-Baptiste et de Marie Louise Adélaïde Huet, épouse à

Vitry-le-François, le 3 février 1846, Marie Anne Adolphine

Poncelet, fille de Nicolas et de Marie Catherine Théodosie

Bermand, demeurant au Pont de Somme-Vesle.



XII-7. Nicolas Laurent, baptisé à Vésigneul le 9 août 1783, fils de

Nicolas et de Marie Catherine Guéry, décédé à Vésigneul le

10 octobre1831. Il épouse à Saint-Germain-la-Ville le 4 octobre

1809, Marie Angélique Thibault, fille de Louis Charles et de

Marie Louise Henry.

Enfants :

1. Jean-Baptiste Théophile, né à Saint-Germain-la-Ville le

25 juillet 1810, qui suit.

2. Marie Adélaïde, née à Saint-Germain-la-Ville le 2 février

1812. Elle épouse à Vésigneul le 11 décembre 1833, Pierre

Louis Dommange, fils de Jean-Baptiste et de Marie Anne Henry.

3. Angélique Reine, née à Saint-Germain-la-Ville le 1er janvier 1815.



XIII-5. Jean-Baptiste Théophile, né à Saint-Germain-la-Ville

le 25 juillet 1810, fils de Nicolas Laurent et de Marie Angélique

Thibault, décédé à Vésigneul le 1er novembre 1851. Il épouse

à Vésigneul le 16 avril 1834, Marie Victorine Leblant, fille de

Claude Nicolas et de Marie Françoise Marguet.

Enfants :

1. Louis Gustave, né à Vésigneul le 27 août 1835, qui suit.

2. Auguste Artus, né à Vésigneul le 21 septembre 1840.

3. Auguste Ernest, né à Vésigneul le 3 janvier 1844.

4. Auguste Théophile, né à Vésigneul le 20 mars 1845, voir XIV-2.

5. Charles Anatole, né à Vésigneul le 24 septembre 1847, voir XIV-3.

6. Léon Magloire, né à Vésigneul le 3 octobre 1856.



XIV-1. Louis Gustave, né à Vésigneul le 27 août 1835, fils de Jean-Baptiste

Théophile et de Marie Victorine Leblant, décédé le 13 mai 1926.

Il épouse à Vésigneul le 28 novembre 1839, Zélonie Dommange,

fille de Pierre Louis et de Marie Adélaïde Horguelin.

Enfants :

1. Marie Adeline, née à Vésigneul le 1862, décédée le – mai 1874.

2. Marie Ernestine, née à Vésigneul le 2 juin 1875, décédée le 1er mars

1968. Elle épouse à Vésigneul le 18 avril 1898, Adrien Robert,

fils de Joseph Jules et de Louise Stéphanie Saguet demeurant à

Vitry-la-Ville.



XIV-2. Auguste Théophile, né à Vésigneul le 20 mars 1845,

fils de Jean-Baptiste Théophile et de Marie Victorine

Leblant, décédé à Saint-Etienne-au-Temple le 24 juin 1902.

Il épouse à Saint-Etienne-au-Temple le 27 février 1870,

Léonie Clémence Machet, fille d'Antoine Théodule et de

Stéphanie Rigollet. Il épouse en secondes noces à

Saint-Etienne le 18 août 1896, Elisabeth Flavie Lallement,

fille de Claude Jules et de Marie Euphrosine Couty

demeurant à Sommauthe (Ardennes).

Enfants :

1. Louise, née à Saint-Etienne-au-Temple le 16 février 1871,

décédée à Landerneau le 9 août 1967. Elle épouse à

Saint-Etienne le 29 juin 1898, Georges Achille Hurel,

fils de Pierre Esine et de Marie Jeanne Adélaïde Deverrière

demeurant à Bassu.

2. Léonie, née à Saint-Etienne le 20 novembre 1872, décédée

à Landerneau le 26 mai 1920.

3. Marie, née à Saint-Etienne le 24 avril 1876, décédée à Lyon

le 16 août 1954. Elle épouse à Saint-Etienne le 8 août 1896

François Anatole Giraud, fils de Louis et de Thérèse Verdy

demeurant à Bourges.

4. Paul, né à Sommauthe (Ardennes) le 12 juin 1899, qui suit.



XV-1. Paul, né à Sommauthe (Ardennes) le 12 juin 1899, fils de

Auguste Théophile et de Marie Elisabeth Flavie Lallement,

décédé à Nuisement-sur-Coole le 3 avril 1967. Il épouse

à Cernon-sur-Coole le 12 août 1929, Marguerite Camille

Alzire Brisson, fille de Léon Edmond et de Marie Céline

Voisin dit Lacroix.

Enfants :

1. Paul , né à Nuisement le 12 août 1930 .

2. Marc, né à Nuisement le 26 septembre 1931.

3. Nicole, née à Nuisement le 12 juin 1935.

4. Viviane, née à Nuisement le 18 novembre 1939.

5. Christiane, née à Nuisement le 3 février 1942.



XIV-3. Charles Anatole, né à Vésigneul le 24 septembre 1847,

fils de Jean-BaptisteThéophile et de Marie Victorine Leblant,

décédé le 1er février 1922. Il épouse à Vésigneul le 10 juin 1873

Marie Césarine Cottin, fille de Blaise Barthélemy et de

Virginie Dommange. Il épouse en secondes noces à Vésigneul

le 16 mai 1889, Annonciade Cottin, sœur de Marie Césarine.

Enfant :

1. Ernest, né à Vésigneul le 20 janvier 1875, qui suit.



XV-2. Ernest, né à Vésigneul le 20 janvier 1875, fils de Charles

Anatole et de Marie Césarine Cottin, décédé le 17 juillet 1939.

Il épouse à Vésigneul le 20 mai 1900, Léontine Marguet,

fille de Louis Onésime et de Julia Ernestine Crépin.

Enfants :

1. Lucie, née à Vésigneul le 11 février 1901, décédée le 2 janvier

1990. Elle épouse Louis Jafflin .

2. Marie, née à Vésigneul le 8 novembre 1903, décédée le 16 août

1968. Elle épouse Gaston Hacquart.



XI-7. Jean-Toussaint, né à Vésigneul, fils de Nicolas et de Louise

Chenevrier, épouse le 14 février 1775, Marie Reine Bruant

demeurant à Sarry.

Enfant :

1. Jean. Il épouse Claude Cagnon.



XI-8. Pierre Memmie, né à Vésigneul en 1752, fils de Nicolas et de

Louise Chenevrier, épouse à Vitry-la-Ville le 30 octobre 1780,

Louise Elisabeth Gironde, fille de Pierre et de Louise Baillia.

Il épouse en secondes noces à Pogny le 3 mai 1784,

Nicole Horguelin, fille de Claude et de Marguerite de Beury.

Enfants :

1. Pierre-Hubert, né à Vésigneul le 23 juillet 1782, qui suit.

2. Marie Jeanne, née à Vésigneul le 23 septembre 1793.

Elle épouse à Vésigneul le 5 juin 1811, Louis Cosme Henry

fils de Jean-Baptiste et de Marie Jeanne Chareton.



XII-9. Pierre Hubert, né à Vésigneul le 23 juillet 1782, fils de

Pierre Memmie et de Louise Elisabeth Gironde, décédé le

29 mars 1853. Il épouse à Pogny le 14 janvier 1806,

Marie Jeanne Marguet.

Enfants :

1. Nicolas Hubert, né à Pogny le 11 décembre 1807, décédé

le 13 décembre 1807.

2. Jean-Baptiste, né à Pogny le 27 décembre 1808, qui suit.

3. Marie Claire, née à Pogny le 30 octobre 1811. Elle épouse

à Pogny le 2 juin 1834, Auguste Prudent Valentin.

4. Henri Cyrille, né à Pogny le 27 juillet 1815, décédé en 1821.Cyrille Onésime, né à Pogny le 26 janvier 1824, voir XIII-7.



XIII-6. Jean-Baptiste, né à Pogny le 27 décembre 1808, fils de

Pierre Hubert et de Marie Jeanne Marguet, décédé le 10

octobre 1854. Il épouse à Pogny le 22 novembre 1811

Marie Anne Elisabeth Dommange, fille de Jean-Baptiste

et de Marie Anne Henri.

Enfant :

1. Marie Célestine, née à Pogny le 16 janvier 1835,

décédée le 19 novembre 1854.



XIII-7. Cyrille Onésime, né à Pogny le 26 janvier 1824, fils de

Pierre Hubert et de Marie Jeanne Marguet, décédé le 13 décembre

1899. Il épouse à Sainte-Menehould le 18 octobre 1860

Françoise Clémence Gouret, fille de François et de

Marie Thérèse Gillet.

Enfants :

1. Jeanne, née au Havre le 13 février 1862, décédée à Châlons

le 4 juin 1952. Elle épouse à Châlons le 1er septembre 1887,

Gabriel Alexandre Appert, fils de Claude et d'Adélaïde

Narin, demeurant à Epernay.

2. Marie, décédée à Pogny le 18 novembre 1936. Elle épouse à

Châlons le 7 juin 1898, Henri Jules Louis Huet.

3. Berthe, née à Pogny le 16 mars 1870, décédée à Châlons

le 20 février 1957



X-13. Louis, né à Pogny en 1719, fils de Jean et de Louise de Beury,

décédé le 6 décembre 1765. Il épouse à Pogny le 13 novembre

1759, Louise Marguet.

Enfant :

1. Marie-Louise.

Rameaux complémentaires

Sarry et Notre-Dame


(1500 – 1650)





IV-5. Guillaume, né à Pogny, fils de Nicolas et de Milène Barré,

épouse Jehanne Taillefer. Elle épouse en secondes noces

Jehan Hanin, demeurant à Pogny.

Enfants :

1. Claude, qui suit.

2. Nicolas. Il demeurt à Ecury.



V-14. Claude, né à Pogny, fils de Guillaume et de Jehanne Taillefer,

épouse Gérarde Boucquet. Ils demeurent à Sarry.

Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. Antoine, voir VI-22.

3. Martine. Elle épouse par contrat passé devant Gabet, notaire

à Châlons le 10 janvier 1580, Claude Pérard, fils de Nicolas

et de Marie Jossier demeurant à Sarry.



VI-21. Pierre, né à Sarry, fils de Claude et de Gérarde Boucquet,

épouse Jehanne Raussin, fille de Simon et de Claude Perrin.

Elle épouse en secondes noces par contrat passé devant Gabet,

notaire à Châlons, le 29 janvier 1613, Simon LeMire demeurant

à Sarry.

Enfants :

1. Claude. Elle épouse par contrat passé devant Rambourg

notaire à Châlons, le 3 janvier 1612, Nicolas Aubert, fils de

Didier et de Pérette Liebaut demeurant à Sarry.

2. Germain, qui suit.



VII-16. Germain, né à Sarry, fils de Pierre et de Jehanne Raussin,

épouse en 1624 Anne Deschamps.



VI-22. Antoine, né à Sarry, fils de Claude et de Gérarde Boucquet,

épouse par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons,

le 27 novembre 1589, Nicole Nigon, fille de Didier et de

Claude Thiebaut demeurant à Sarry.



35 III-2. Jehan, né à Pogny, fils de Collesson et de Jehanne Saguez,

épouse Catherine Pichard.

Enfant :

1. Jehan, qui suit.



IV-6. Jehan, né à Pogny, fils de Jehan et de Catherine Pichard,

épouse Martine de Viot.

Enfant :

1. Nicolas, qui suit.



V-15 Nicolas, né à Pogny, fils de Jehan et de Martine de Viot,

épouse Rémyette Rousselet.

Enfants :

1. Jean, qui suit.

2. Didier, voir VI-24.

3. Pierre l'aîné, voir VI-25.

4. Pierre-le-jeune, voir VI-26.



VI-23. Jean, né à Pogny, fils de Nicolas et de Rémyette Rousselet,

épouse Guillemette Charron. Ils demeurent paroisse

Saint-Antoine à Châlons.



VI.24. Didier, né à Pogny, fils de Nicolas et de Rémyette Rousselet,

épouse Jeanne Guérart. Ils demeurent paroisse Notre-Dame

à Châlons.

Enfants :

1. Jean, baptisé paroisse Notre-Dame le 26 mai 1583.

2. Pérette. Elle épouse par contrat passé devant Roget, notaire

à Châlons, le 30 novembre 1609, Gabriel Bodez, fils de

Claude et de Martine Saguez demeurant à Pogny. Elle

épouse en 2ndes noces par contrat passé devant Roget, notaire

à Châlons, le 15 juin 1617, Adrian Charton, fils de Jean

demeurant à Cheppes.



VI-25. Pierre l'aîné, né à Pogny, fils de Nicolas et de Rémyette Rousselet,

épouse Ysabeau de Laval. Ils demeurent à Chepy.



VI-26. Pierre le jeune, né à Pogny, fils de Nicolas & de Rémyette Rousselet,

épouse par contrat passé devant Roget, notaire à Châlons, le 13 mai

1590, Marguerite Chippet, fille de Nicolas et de Catherine Roussel

demeurant paroisse Notre-Dame à Châlons.