Capt. Richard Grenier. Fondateur du CCMRC 218
Les activité du corps commence le 18 mars 1968, mais est fondé officiellement en 1969 sous la direction de Richard Grenier, le CCMCR 218 Drummondville a rapidement pris son essor. Succédant à son premier commandant, le capitaine Jacques Biron a su guider l’unité vers de nouveaux horizons.
En 1970, une vaste campagne de recrutement fut lancée, entraînant une croissance rapide des effectifs. Devant l’afflux de nouveaux cadets, le 218 dut quitter le Manège pour s’installer dans les locaux plus spacieux de l’École Paul-Rousseau.
Les premières filles intégrant le corps furent appelées les ''Wrenettes'' et relevaient de la Ligue navale. Leur groupe fut fondé en 1972-73. En 1975, elles furent intégrées au corps et devinrent des cadettes de plein droit à la suite de modifications des règlements à Ottawa.
Durant les années 1980, le 218 connut un succès remarquable, se distinguant comme le plus important corps de cadets de la Marine au Canada.
En 1987, le Corps de cadets de la Marine de Drummondville atteint l’apogée de son excellence en remportant le Trophée national d’excellence, une reconnaissance prestigieuse qui le consacre comme le meilleur corps majeur au Canada.
Avec un effectif impressionnant de 200 cadets, l’unité se réunit alors dans les locaux de l’École Paul-Rousseau, confirmant son rôle central dans la formation des jeunes marins. Cette distinction témoigne de l’engagement, de la discipline et du dévouement des cadets et de leur encadrement, consolidant ainsi la réputation du CCMRC Drummondville comme un corps d’élite au sein des cadets de la Marine royale canadienne.
L’écusson du Corps de cadets de la Marine royale canadienne (CCMRC) Drummondville est un emblème riche de sens et d’héritage. Officiellement approuvé en 1982, il fut conçu et dirigé par Alain Cusson.
Son design s’inspire du blason des Voltigeurs de Salaberry, un régiment d’infanterie canadien-français réputé pour son courage et son engagement historique. Ce choix témoigne d’un lien profond avec l’histoire militaire et l’identité québécoise.
Enfin, l’écusson arbore fièrement la devise de Drummondville : "Fortem posce animum", une invitation à faire preuve de force et de courage, des valeurs essentielles au sein des cadets de la Marine.
Cet emblème demeure un symbole fort de l’engagement et de l’excellence du CCMRC Drummondville.
Publiée le 02 mars 2015 par Martin Bergevin
Un dragueur de mines de la Marine royale du Canada, durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). Journal The Spokesman, 2 octobre 1942 p.1.
Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahissait la Pologne. Deux jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France lui déclaraient la guerre. Le monde retint son souffle. La Deuxième Guerre mondiale venait tout juste de commencer.
La survie de la Grande-Bretagne et la France, ainsi que la libération de l’Europe dépendaient beaucoup de la capacité des Alliés d’outre-mer, dont le Canada, à les approvisionner en troupes et en matériels, par voies navigables. La stratégie allemande consistait donc à rompre cette communication au moyen d’une offensive massive de sous-marins (U-Boat). En septembre 1939, le Canada n’était pas prêt à remplir cette mission, sa marine ne disposant que de six contre-torpilleurs. Toutefois, le gouvernement de Mackenzie King s’empressa de remédier à la situation. Au début de l’année 1940, sur les chantiers navals du pays, on s’affairait à augmenter la flotte de la Marine royale du Canada d’une centaine de «petits navires» de guerre, les NCSM (Navire canadien de Sa Majesté). Le gouvernement fit baptiser ces navires au nom de certaines villes canadiennes en reconnaissance de la générosité des populations à l’effort de guerre.
C’est ainsi qu’à Drummondville, dans les pages du journal La Parole du 19 juin 1941, on annonçait le lancement d’une nouvelle «corvette», le NCSM Drummondville. En acceptant cet honneur, la Ville avait en quelque sorte prit l’équipage sous son aile et lui fit parvenir des vêtements chauds, des disques et d’autres présents semblables. Dans les faits, le Drummondville était un dragueur de mines. À l’instar des corvettes, ces navires avaient pour mission principale d’escorter les bateaux marchands dans le golf du Saint-Laurent et sur l’océan Atlantique. En outre, ils ouvraient la marche aux convois alliés afin de détecter et détruire les mines flottantes dispersées par les U-Boat allemands. Long de 180 pieds, le NCSM Drummondville fut lancé le 21 mai et mis en service le 30 octobre 1941. Entre 1941 et 1945, ce dragueur de mines fut affecté à divers groupes de défense, dont le WLEE Gulf Escort Force, le Halifax Local Defence Force et le Sydney Force avant de rejoindre le Newfoundland Force, en 1944. Il escorta 22 convois durant son service. Une douzaine d’entre eux furent attaqués. Après la guerre, en 1946, le Drummondville fut mis en réserve à Sorel, puis à Sydney en 1952. Vendu et converti en navire marchand en 1958, il prit le nom de Fort Albany, mais coula cinq ans plus tard dans les eaux du Saint-Laurent à la suite d’une collision avec un autre bateau. Son long voyage était terminé.
Le 23 mai 1947, M. Pierre Gendron, au nom du Ministère de la Défense nationale, manifestait sa gratitude à la ville en lui remettant la cloche du NCSM Drummondville, le petit navire qui avait fait la fierté de toute une population durant la Deuxième Guerre mondiale. L’objet est conservé depuis à la Légion canadienne.
Le CCMRC 218 s'est distingué dans divers domaines, notamment en musique, où son groupe a été reconnu à l'échelle nationale, et en matelotage, remportant des championnats provinciaux. Des anciens cadets du corps ont poursuivi des carrières remarquables, tels que Jeffrey Gallant, océanographe de renommée mondiale, et Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois.
En 2019, le Corps de cadets de la Marine royale canadienne 218 de Drummondville a souligné avec fierté ses 50 années de service auprès de la jeunesse. L’événement a été marqué par une revue annuelle spéciale et une grande journée de retrouvailles réunissant anciens et actuels membres, témoignant de l’impact durable du programme des cadets dans la région.
Le 18 mai 2019, une cérémonie officielle a eu lieu au Centre Marcel-Dionne, sous la présidence d’honneur conjointe de Richard Grenier, commandant fondateur du corps, de Byron Woolsey, premier cadet enrôlé, et de la lieutenante-colonelle Annie Malouin, ancienne cadette du CCMRC 218 et alors commandant adjoint de la Base des Forces canadiennes de Bagotville. Cette célébration a rassemblé plusieurs centaines de personnes, incluant de nombreux anciens cadets et cadettes, pour un moment riche en émotions et en souvenirs.
À cette occasion, le député Sébastien Schneeberger a tenu à souligner le dévouement et l’engagement de la lieutenante de vaisseau Andrée Bérubé, commandante de l’unité, et de Mélanie Larose, présidente de la succursale de Drummondville de la Ligue navale du Canada.
Fière ancienne cadette du CCMRC 218 (1979 à 1985), madame Bérubé incarne pleinement l’esprit du programme. À l’époque où le corps comptait près de 200 cadets — le plus grand au Canada, elle y a vécu une expérience marquante qui l’a menée à s’impliquer comme adulte bénévole dans divers rôles : officier adjoint à l’instruction, officier d’approvisionnement, officier canonnier, commandant en second, puis commandante de l’unité.
Ce cinquantenaire fut une occasion unique de célébrer l’histoire, les valeurs et les retombées positives du CCMRC 218 auprès des jeunes de Drummondville depuis 1969.
Le député Schneeberger avec le cadet Mike Gagnon et la cadette Marie-Ève Léger, tous deux premiers maîtres de deuxième classe, ainsi que Normand Comeau, ancien commandant du Corps de cadets de la marine de Drummondville de 1985 à 1989.
Premier groupe de jeunes filles dans les Wrenettes de la ligue navale circa 1973, en 1975, elles deviendront des cadettes de plein droit.
En 2025, le CCMRC 218 Drummondville a célébré un moment charnière de son histoire : le 50e anniversaire de l’inclusion des filles dans le programme des cadets de la Marine royale canadienne. Avant 1975, seuls les garçons âgés de 12 à 18 ans pouvaient participer aux activités des cadets. Cette année-là, les portes se sont enfin ouvertes aux jeunes filles désireuses de développer leur leadership, leur sens du devoir et leur esprit d’équipe au sein d’un environnement structuré et stimulant.
La revue annuelle de cette année spéciale a été placée sous le signe de l’hommage aux cadettes passées et présentes. Pour l’occasion, l’officier de revue invitée était la capitaine honoraire (maritime) Mélanie Leblanc, elle-même une ancienne cadette de la Marine. Aujourd’hui reconnue comme la seule femme au monde à diriger un institut maritime, soit l’Institut maritime du Québec, Mme Leblanc incarne avec force le chemin parcouru par les femmes dans le milieu maritime et au sein des Forces.
Le lieutenant de vaisseau Stéphane Gilbert, commandant du CCMRC 218, a invité tous les anciens et anciennes du corps à se joindre à cet événement empreint de reconnaissance et de fierté. Cette revue annuelle a été bien plus qu’une démonstration de discipline et de compétence : elle a servi de véritable hommage à toutes les femmes qui ont contribué à faire évoluer le programme et à inspirer les générations futures.