Je voulais prendre le temps de vous parler plus intimement des pièces — leur genèse, les anecdotes de fabrication, simplement vous dire ce qui n'est pas toujours dit sur les réseaux. J'alimenterai cette page au fil des créations, pour tous ceux que ça intéresse — curieux, visiteurs, ou simplement amis, je vous dédie cette page.
Mai 2026
Mon fils aîné est un grand lecteur. Il fallait une suspension au-dessus de son lit — mais pas n'importe laquelle. Elle devait laisser passer un maximum de lumière pour lire, être agréable à regarder depuis un oreiller, et ouvrir à la curiosité plutôt que la fermer.
J'avais déjà fabriqué Magnolia, mon premier suspension. Belle pièce — mais trop dense, trop présente. Pas ce qu'il fallait pour une chambre d'enfant qui lit.
J'ai pensé aux ailes. Légères, translucides, qui captent la lumière sans la bloquer. Mon fils connaît la mythologie, il joue à Zelda — il aime les fées ailées qui guident et qui éclairent le personnage. Psyché s'est imposée naturellement.
Dans la mythologie grecque, Psyché est l'âme humaine incarnée. Mortelle, aimée d'Éros, elle accède à l'immortalité après de longues épreuves. Elle est représentée avec des ailes de papillon — symbole de transformation, de légèreté, et de lumière cherchée. Un nom choisi par un enfant qui sait ce qu'il veut.
La forme est venue de là. Quatre feuilles de placage en noyer noir américain, moulées sous vide à grains croisés — c'est la seule technique qui permet de courber le bois aussi finement sans le casser. Le bois massif ne pardonne pas cette courbure. Le placage, lui, l'accepte. Il devient ailes.
Suspendue, allumée, Psyché ne bloque pas la lumière — elle la révèle. Le grain du noyer capte et diffuse. Chaque exemplaire est unique, comme les veines du bois qui le compose.
La première Psyché est toujours dans la chambre de mon fils.
Psyché est disponible à la commande — Voir la pièce →
juin 2026
Quand on achète une maison, on commence à regarder les murs différemment.
Avec ma femme, on cherchait des luminaires pour la chambre. Quelque chose d'organique, de floral, avec du bois — pas un accessoire, une présence. On a fait les grandes enseignes, les spécialistes locaux. Rien ne parlait vraiment. Soit trop neutre, soit trop chargé, soit en matière plastique habillée en bois.
J'ai fait ce que je fais quand je veux créer un objet : j'ai sorti le bloc à dessin.
Je vis près de Nantes. La fleur emblématique de la ville, c'est le magnolia. Il n'a pas fallu longtemps. Quelques images de référence, quelques croquis, des mots griffonnés en marge — la somme de mes inspirations plutôt qu'un dessin précis. Un guide de formes et de courbes, pas un plan.
Ensuite vient la partie que personne ne voit.
Courbes définies, j'ai fabriqué les moules correspondants et les gabarits de découpe pour chaque forme de feuille. Puis j'ai fait un choix technique qui n'était pas évident : construire une pièce sensible à l'hygrométrie, pas malgré l'humidité ambiante — grâce à elle.
Les pétales sont en deux feuilles de placage avec le fil dans le même sens. Les sépales, eux, sont construits à 90° — fil croisé, orienté vers les pétales. Résultat : selon l'humidité de la pièce, les sépales s'ouvrent ou se referment légèrement sur les pétales. La fleur respire. Elle n'est jamais tout à fait la même d'un jour à l'autre.
J'ai testé une version en noyer sans fil croisé : les sépales bougent légèrement, comme les pétales, mais perdent cette capacité d'ouverture et de fermeture propre à la construction à 90°. La prochaine étape : une version avec fil à 45° par rapport à l'axe des feuilles, construction trois couches croisées. L'objectif n'est plus le mouvement spontané — c'est la maîtrise. Figer la forme exactement où je veux qu'elle soit, et choisir moi-même le degré d'ouverture avant installation. Être maître du mouvement, pas spectateur.
Magnolia est dans notre chambre depuis sa création. Elle n'est pas commercialisée.
Pas parce qu'elle n'est pas aboutie — parce qu'elle n'est pas finie de chercher. Ce projet n'est pas né d'un besoin de marché. Il est né d'une envie. Je le montre parce que je l'aime — comme toutes mes pièces. Mais tant qu'une demande n'émerge pas, je ne le pousse pas davantage vers le public.
C'est peut-être ça aussi, l'honnêteté d'un atelier : savoir ce qu'on fait pour soi, et ce qu'on fait pour les autres.
Magnolia n'est pas disponible à la commande pour le moment.
Si elle vous intéresse, [écrivez-moi →] — je note chaque demande.