La journée du vendredi 16 janvier s’est déroulée dans un contexte de traîne océanique sur l’ouest de la France, avec un talweg d’altitude à proximité près de la façade Atlantique qui induisait un flux de Sud à Sud-Ouest modéré dans une masse d’air relativement froide liée à ce talweg. La prévision faisait état d’un risque de quelques orages faibles à localement modérés sous les averses en après-midi et soirée sur la façade atlantique jusque en Bretagne et les Pays de la Loire, en lien avec quelques zones de forçage, quelques cisaillements, une branche de jet rapide sur l’ouest et un peu d’instabilité en basse couche surtout près des côtes.Au cours de la journée, quelques averses se sont effectivement développées, parfois étant soutenues, notamment sur le sud-est de la Bretagne. Cependant, elles sont restées sans caractère orageux. De manière générale dans un ciel de traîne, les averses se forment souvent à l’ouest ou à l’arrière de la branche de jet, là où le flux commence à se courber et où la circulation est légèrement cyclonique en altitude . Ce 16 janvier, même si l’instabilité était un peu plus marquée en mer, elle est restée trop faible dans les terres du aux températures + fraîche par rapport en mer pour produire des mouvements convectifs plus organisés et durables. Le flux de Sud via la branche de jet rapide et le cyclonisme associé au talweg, puis les quelques forçages locaux étaient présents aussi mais leur effet sur les averses de traîne est donc resté limité et n’a pas favorisé le développement orageux. L’humidité était également globalement suffisante mais les ascendances et le cisaillement sont restés trop faibles pour organiser et intensifier les cellules. Tous ces éléments expliquent pourquoi ces quelques orages initialement envisagés ne se sont finalement pas développés sur le nord-ouest du pays.Sur le Languedoc-Roussillon, des remontées pluvieuses ont bien concerné la région comme prévu. Cependant contrairement à mes prévisions, certaines averses ont localement présenté un caractère convectif favorisé par les effets orographiques et une instabilité faible à modérée, avec une activité électrique présente mais ponctuelle sans phénomène significatif, hormis les précipitations abondante.[Hors prévision] Une ligne de convergence instable s’est mise en place sur le golfe de Gascogne, au large de la façade atlantique comme envisagé. Dans cette zone, des orages se sont développés, profitant d’eaux encore relativement douces (13 à 14 °C) et d’une convergence quasi stationnaire et durable. Ces cellules orageuses ont montré une activité électrique modérée à localement soutenue avec un pic d’activité observé entre la fin d’après-midi et la soirée. Un petit amas convectif s’est structuré le long de cette convergence, se régénérant à plusieurs reprises. Puis avec la reprise progressive d’un flux d’Ouest, la convergence s’est décalée et affaiblie vers la façade atlantique entraînant une diminution de l’activité orageuse au large de l’estuaire de la Gironde, sans impact sur les terres. D'après réflexion, ces orages ont été visibles depuis Bordeaux et les côtes offrant un bel esthétisme keraunique au gré des lumières éphémère illuminant le(s) cumulonimbus !------Ces situations mettent en évidence la présence d’un potentiel orageux faible et très dépendant de la localisation précise des forçages et de leur connexion avec l’instabilité de basse couche. Elles soulignent également l’importance de la cohérence entre dynamisme humidité et instabilité pour permettre le développement d’orages localisés dans ce contexte de traîne. Cette analyse et réanalyse contribue donc à améliorer la compréhension des limites de la prévision convective dans ce type de configuration.