JDR : C'est quoi ?
Le jeu de rôle (souvent abrégé JDR) est une activité ludique et créative dans laquelle les participant·e·s endossent des rôles fictifs, généralement guidé·e·s par une intrigue ou un scénario établi. Au cœur de cette pratique, la narration, l’interprétation et l’imagination jouent un rôle primordial : chaque joueur·euse incarne un personnage (avec son histoire, sa personnalité, ses capacités), et ensemble, les participant·e·s façonnent une histoire interactive. Un·e meneur·euse de jeu (souvent appelé·e Maître de Jeu, ou MJ) se charge habituellement de décrire le monde, d’interpréter les personnages non joueurs (PNJ) et de donner vie à l’univers imaginé.
Interaction collective : Les décisions et actions des joueur·euse·s influent sur l’intrigue. Le scénario initial est souvent amené à évoluer de manière imprévisible, car chaque geste, choix ou parole peut ouvrir de nouvelles possibilités.
Imagination et créativité : Dans un JDR, on raconte une histoire collaborative, où tout le monde participe à l’univers : dialogues, décors, ambiances, etc.
Développement de compétences : Le jeu de rôle peut aider à développer la communication, l’empathie, la résolution de problèmes ou encore l’improvisation.
Échappatoire ludique : Jouer un personnage différent du quotidien permet aussi de s’évader et d’explorer des thématiques variées (aventure, fantasy, science-fiction, enquête, horreur, etc.).
Dans la plupart des jeux de rôle, les dés occupent une place centrale en introduisant une part de hasard qui rend l’aventure plus incertaine et palpitante. Au-delà de la simple mécanique de chance, ces lancers créent un suspense permanent et garantissent une forme d’équité entre les joueurs et le meneur de jeu : même le plus grand héros peut échouer, et l’ennemi le plus redoutable peut manquer son attaque décisive.
Les dés contribuent ainsi à générer des péripéties inattendues : un jet chanceux peut faire basculer la situation en faveur des joueurs, tandis qu’un mauvais résultat peut pimenter la scène et forcer le groupe à trouver de nouvelles stratégies. Chaque lancer apporte son lot d’émotions : l’excitation de secouer les dés, l’anticipation du résultat, puis la joie ou la déception qui en découle. C’est souvent à ces moments clés que se forment les souvenirs les plus marquants d’une partie.
Au-delà du simple frisson, l’usage des dés instaure également un équilibre essentiel : grâce à l’aléatoire, les décisions ne reposent pas uniquement sur la subjectivité du meneur de jeu ou la popularité d’un joueur. Les règles et les jets offrent une base commune pour trancher les actions, évitant ainsi le favoritisme et préservant l’esprit collaboratif propre au jeu de rôle.
Dans l’univers du jeu de rôle, on ne se contente pas d’un simple dé à six faces. Les éditeurs ont popularisé toute une gamme de dés polyédriques, chacun ayant ses usages propres :
D4 (tétraèdre) : Peu de faces, souvent utilisé pour de faibles dégâts ou des tirages rapides.
D6 (cube) : Le dé le plus classique, également omniprésent dans les jeux de société.
D8 : Utilisé dans de nombreux systèmes pour évaluer des dégâts moyens ou certaines compétences.
D10 : Parfois lancé par paires pour faire des pourcentages (D100 ou 2D10), ou seul pour des systèmes utilisant une échelle de 1 à 10.
D12 : Moins courant, il reste présent dans certains systèmes pour gérer des jets de capacités ou des dégâts plus importants.
D16 : Encore moins courant, il as été créé pour troubler un peu plus les joueurs.
D20 : Le dé « star » de beaucoup de jeux, notamment Donjons & Dragons, où il détermine la réussite ou l’échec des actions principales.
Certains jeux de rôle emploient aussi des dés personnalisés, avec des symboles particuliers plutôt que de simples chiffres, pour représenter des effets spéciaux ou des réussites critiques.
Pools de dés : Au lieu d’un seul dé, on en jette plusieurs (souvent des D6), et on compte le nombre de réussites ou on additionne les valeurs.
Dés explosifs : Quand un résultat maximal apparaît, on relance le dé pour cumuler encore plus de points.
Systèmes sans dés : Certains jeux font l’impasse sur le hasard ou utilisent d’autres méthodes (tirages de cartes, échelons de compétences fixes, etc.).
Plusieurs approches et « écoles » de pensée ont émergé au fil des décennies, chacune mettant l’accent sur une facette différente de l’expérience de jeu.
L’école « Old School » (OSR – Old School Renaissance)
Héritée des premiers jeux de rôle comme Donjons & Dragons (dans ses toutes premières éditions), cette approche privilégie un style de jeu axé sur l’exploration, l’improvisation et un certain retour aux règles simples. L’accent est mis sur la débrouillardise, le danger omniprésent et la liberté d’action.
L’école Simulationniste
Elle cherche avant tout à reproduire un univers cohérent et immersif, souvent avec des règles de simulation détaillées. L’objectif est de donner la sensation que les personnages évoluent dans un monde « réel », où chaque action a des conséquences logiques et précises.
L’école Narrativiste
Au cœur de cette vision, la narration et la construction d’une histoire forte prévalent. Les mécaniques de jeu sont pensées pour encourager le développement dramatique, la profondeur des personnages et la cohérence du récit.
L’école Gamiste (ou compétitive)
Ici, on met l’accent sur l’aspect stratégique, la progression de personnage (XP, niveaux, équipement) et la résolution de défis. L’excitation naît du défi relevé et de l’optimisation des ressources pour réussir.
Cependant, dans la pratique, on croise souvent des MJ et des tables qui mélangent plusieurs approches : un zeste de simulation pour la crédibilité, une dose de narration pour l’histoire, un brin de défis ludiques pour le plaisir de relever des challenges… L’important à mon sens est de trouver la recette qui convient à votre groupe.
Partager un moment convivial : Une bonne partie de JDR est celle où chacun·e s’amuse, joueurs·euses comme MJ. On rit, on s’émeut, on s’étonne ensemble, renforçant ainsi la cohésion du groupe.
Développer l’imagination : En incarnant des personnages, on fait appel à sa créativité pour décrire ses actions et interagir avec l’univers.
Renforcer les compétences sociales : Communiquer, négocier, écouter, expliquer : toutes ces compétences sont mises à l’honneur. Le JDR peut être un véritable laboratoire social où l’on apprend à collaborer et à gérer les conflits.
S’évader de la routine : Voyager dans des mondes inconnus, vivre des aventures palpitantes, explorer des thématiques variées (fantastique, SF, horreur…) : le jeu de rôle est un formidable vecteur d’évasion.
Grandir ensemble : Par le biais d’une activité qui valorise l’expression et la créativité, on apprend à mieux connaître ses ami·e·s et à forger des liens de confiance et de camaraderie.
Par Timothy Leoncini, le 04/03/2025