Q4: Nombreux sont les artistes qui créent pour le monde. Toi, tu sembles créer un monde pour y inviter les autres.
Qu’espères-tu que ressentent ceux qui franchissent les portes du Michoverse ?
Un frisson d’aventure ? Une douce nostalgie ? Une envie de s’y perdre… ou peut-être de s’y retrouver ?
R4: Quand on entre dans le Michoverse, j’aimerais que l’on ressente d’abord un vertige, le vertige délicieux de l’inconnu. Comme si l’on poussait une vieille porte vers une bibliothèque sans fin, chaque rayon abritant des mondes jamais nommés.
Je veux que mes visiteurs s’y perdent un peu, et s’y retrouvent beaucoup. Qu’ils croisent des reflets d’eux-mêmes dans des créatures étranges, dans des lieux suspendus entre rêve et oubli. Que chaque recoin semble familier sans jamais l’être tout à fait.
J’espère qu’ils comprendront qu’on ne regarde pas simplement le Michoverse, on le vit. On le traverse. On y marche à tâtons, parfois ébloui, parfois bouleversé, mais jamais indifférent.
C’est un monde qui ne juge pas. Il invite. Il murmure. Il ouvre des portes en silence.
S’ils repartent avec plus de questions que de réponses, alors j’aurai réussi. Car c’est dans ces questions-là, dans cette envie de comprendre ou simplement de ressentir plus, que commence la vraie aventure.
Et peut-être, au détour d’un sentier, auront-ils envie de créer leur propre univers, de bâtir un monde à leur image. Si le Michoverse peut devenir ce souffle, ce feu discret, alors il aura trouvé sa raison d’être.