La Continuité du Geste
Version 1 du 30/11/2024
La Continuité du Geste
Version 1 du 30/11/2024
Vous avez déjà (souvent) entendu parler de la continuité du geste. Cet article pour essayer de définir aussi précisément que possible de quoi il s’agit et quel en est l’enjeu.
D’autres articles détailleront les différentes parties.
C’est, après la libération de la corde, la continuité des actions d’orientation et de mise en tension de l’arc.
Orientation : la visée et tout ce qui s’y rattache, y compris l’équilibre
Mise en tension : traction sur la corde et répulsion sur l’arc,
À noter : la mise en tension de l’arc et la libération de la corde sont les actions de propulsion.
La plupart de ces actions sont facilement observables :
le bras d’arc reste tendu et en direction de la cible ;
la main et le poignet d’arc ne modifient pas leur état relaxé (article à venir pour les détails) ;
les actions motrices du côté corde continuent (à l’exception évidente des doigts de corde), ce qui produit ce mouvement caractéristique du coude de corde qui recule et passe dans le dos de l’archer à travers le plan de l’arc (article à venir pour les détails).
l’archer reste gainé sur son axe vertical et son équilibre ne se modifie pas (article à venir…).
D’autres actions sont plus délicates à observer, en particulier le maintien du regard sur le point visé pendant et après le départ de la flèche (voir cet article).
D’autres actions enfin ne peuvent être observées qu’indirectement : le maintien de l’engagement et de la concentration dans le tir. Ce dernier point est le plus important en ce qu’il permet et détermine les autres.
La Continuité du geste fait intégralement partie du geste et même l’organise. Au moment où l’archer lève son arc il doit avoir à l’esprit que c’est pour aller jusqu’au bout du geste, 3 secondes après le départ de la flèche.
La continuité du geste n’est pas importante : elle est TRÈS importante !
L’enjeu de la Continuité du geste est de permettre que ce très bref instant du départ de la flèche se passe sans perturbations et de façon répétitive.
L’observation de film à très haute vitesse (8000 images / seconde) montre que la corde quitte les doigts en 6/1000°de seconde et que la flèche sort de l’arc en 2/100° de seconde. Ceci est loin sous le seuil des possibilités de contrôle et du temps de réaction humain.
Ce très court instant est évidemment crucial pour le résultat. Des dizaines d’années de recherches ont permis de dégager un modèle efficace.
Pensez à un joueur de tennis, la logique est exactement la même : quand la raquette arrive en bout de course, la balle est déjà de l’autre côté du filet.
Un coup droit de Rafael Nadal : la balle est au-delà du filet.
Le fait d’avoir des actions après le départ de la flèche signe l’entrée dans la technique sportive.
La continuité du geste doit être mis en place le plus tôt possible dans l’apprentissage, dans les 2 premières séances est idéal. J’ai constaté qu’on peut modifier relativement facilement à peu près tous les éléments du geste, même après quelques années de pratique. Sauf la fin du geste. Il n’est pas impossible de la modifier, de la rectifier, de l’apprendre si cela n’a pas été mis en place dans les premières séances, mais cela demande énormément d’investissement et de travail à l’archer.
De même l’apprentissage doit être extrêmement rigoureux, en particulier pour la libération de la corde. Le bon geste doit être mis en place le plus exactement possible et l’initiateur doit revenir dessus aussi souvent que nécessaire.
Enfin, selon mon expérience la durée de la continuité du geste à une grande importance. L’archer doit maintenir sa position finale pendant 3 secondes après le départ de la flèche. Il doit conserver cette durée pendant les 2 ou 3 premières années de tir, pour « graver dans le marbre » sa fin de geste. Ensuite il pourra s’il le désire raccourcir la durée de la tenue finale, sans descendre en-dessous d’une seconde pour éviter les phénomènes d’anticipation et de chevauchement qui dégradent la technique de tir.
Ces 3 secondes seront mises à profit pour analyser le geste qui vient de se passer et préparer mentalement la prochaine flèche.
Ce que nous observons est le résultat de ce qui a été mis en place avant, un mauvais lâcher signifie un tir mal préparé tout autant qu’un bon lâcher conclut un bon tir.
Mais en même temps la continuité du geste doit être apprise, travaillée et l’archer doit mobiliser sa volonté flèche après flèche pour la réaliser correctement.
Il est important que le lecteur garde à l’esprit que ces points techniques ne sont pas indépendants les uns des autres mais au contraire sont étroitement liés, nous dirions même imbriqués. C’est pour des raisons de présentation que nous séparons des éléments qui, dans la réalité du tir, ne le sont pas.
La libération de la corde et la fin du geste (à venir)
Le bras et la main d’arc : continuité des actions motrice pendant et après le départ de la flèche (à venir)
L’équilibre de l’archer (à venir)