Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure. Histoire.-- Géographie.-- Statistique.--
by Charpillon. Tome 2
(Le Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure par Louis-Étienne Charpillon et l'abbé Anatole Caresme a été publié entre 1868 et 1879)
Détails de l'ouvrage
Auteurs : Louis-Étienne Charpillon, avec la collaboration de l'abbé Anatole Caresme.
Préface : Le second tome contient une préface d'Alexandre Dumas père.
Éditeur et lieu : Delcroix, aux Andelys.
Format original : 2 volumes parus en plusieurs fascicules sur cette période.
Extrait :
JOUY-SUR-EURE.
Paroisse des : Dioc., Vic. et Elec. d'Evreux. — Parl. et Gén. de Rouen.
Jouy en latin, Gaudiacum, lieu agréable et de plaisir.
Parmi les propriétés de l'abbaye. de Jumièges, sous Charles-le-Chauve, on trouve un endroit nommé Gaudiacus, qui s'applique à notre Jouy (1).
On a trouvé dans une prairie de la vallée une grande quantité d'objets bronze,
qui ont pu servir de bracelets et de parures militaires; une partie a été déposée au musée d'Evreux.
L'église placée sous le vocable de saint Pierre, était à la présentation de l'abbé de Jumiéges.
De 923 à 936, Guillaume Longue-Epée, restitue à l'abbaye de Jumiéges, sa villa de Jouy, du consentement d'Hardrade qui la détenait.
Entre 996 et 1030, Richard II, mentionne dans une charte, la restitution de Jouy par son aïeul.
De son côté, l’archevêque Robert renonça aux droits qu'il avait sur ce domaine, comme comte d'Evreux.
Vers 1040, le duc Robert mentionne Jouy, comme étant une propriété de saint Pierre de Jumiéges.
Raoul de Conches, fils de Godechilde, donne vers 1072 à l'abbaye de Jumiéges, en présence de Richard et Dottier de Jouy, l'emplacement d'un moulin dans le village de Fontaines, avec droit de passage à Jouy ; l'abbé Robert lui accorda en échange, les prières du couvent, un cheval et 20 s.
Les vassaux de l'abbaye de Jumiéges à Jouy avaient le droit de passer sans être inquiétés, par le seigneur ou ses hommes, dans le chemin conduisant au moulin concédé.
En 1165, Ralph de Gors pour de Jouy, attaché à Guillaume de Vernon, signe une charte de ce seigneur.
Guillaume et Richard de Jouy furent témoins de différentes chartes des années 1185 et 1189.
Vers 1198,Garnier, prieur de Jouy acheta le pré Anseaume à Fontaines sous Jouy, moyennant 30l. angevines.
Notes Le Prévost.
Richard. curé de Jouy, fut témoin en 1201 d'une charte de Pierre de la Ronce
Et en 1220, d’une autre charte de Robin de Vaux.
Vers 1202, le Roi mande au sénéchal de Normandie, d'investir Guillaume de Bailleul, d'une terre à Jour (1).
Heudebourg de Baudemont donna en 1209, à Jumiéges, son bois de Crenne, situé à Jouy, dépendant de son fief de Crèvecœur : la même année, Robin de Vaux, donnait aux moines deux portions du bois de Crenne, sauf les coutumes dues à Pierre de la Ronce et à ses hommes; une petite fille de Heudebourg de Baudemont avait épousé Pierre
Hotot, dont elle avait eu Nicolas de Hotot, qui réclamait en 1243, au nom de sa mère, des moines de Jumiéges, le bois de Crenne, mais sur les conseils de son père et de son frère, il renonça à sa réclamation.
La même année, Henri de Poissy, abandonna à l'abbaye de Jumiéges, son droit d'usage dans le bois de Crenne, moyennant 40 1. t., payées par les religieux à titre de transaction.
Au mois de juin 1248, Guillaume de Beaumont, chevalier, et Jeanne sa femme, ayant vu les chartes de Robert de Vaux, d'Heudebourg et de Nicolas de Hotot, Chevalier, reconnaissent que les moines de Jumiéges ont en toute propriété le bois de Crenne, sauf le droit de Mgr de Vaux, le Plaid de l’épée et le tiers en cas de vente....
Le 9 mai 1250, Eudes Rigaud, passa la journée à Jouy aux dépens du prieuré; « là sont deux moines de Jumiéges, nous avons trouvé toutes choses en bon état, ils ont en revenus environ 4,000 l. »
Cinq ans après, nouvelle visite du prélat, mais tout était changé. Il y a, dit-il, deux moines qui n'observent pas bien les jeûnes… Ils mangent de la viande sans nécessité...
De 1331 a 1342, Jouy produisait 45 l. à l'abbaye de Jumiéges. Le 30 avril 1375, Jean Papillon, abbé de Jumiéges, présente à Pierre, archevêque d'Arles, camérier du
pape, chargé de lever des décimes dans le diocèse de Rouen, une requête d'accord avec le prieur de Jouy, afin que ce prieuré fut exempté de la moitié des décimes imposés.
En 1412, Nicolas Leroux, moine de Jumiéges, né à Rouen, prieur de Jouy, fut nommé abbé de la Croix-Saint-Leufroy ; il fut remplacé par Pierre d'Ailly, célèbre cardinal, évêque de Cambray, qui consentit à l'union du prieuré à l'abbaye, à la condition que les moines lui feraient 40 l. de pension sa vie durant.
En 1457, Mº Jean du Suaire, chancelier de l'évêque d'Evreux, voulant faire la visite du
Antiquaires de Normandie, t, 15, p. 107.
manoir et oratoire des religieux de Jumiéges malgré l’opposition de Jean du Huterel, garde dudit manoir, il y eût appellation devant l'oflicial d'Evreux.
Le 15 mai 1480, François de Laval, comte de Montfort, seigneur de Crèvecœur et d'Acquigny, convint avec Jacques d’Amboise, abbé de Jumiéges, que le bois de Crenne appartiendrait à l'abbaye; en 1498, on nomma des experts pour planter des bornes dans le bois de Crenne, avec Robert de Marchis, seigneur de la Ronce (1).
Au mois de mars
1500, Jacques d'Amboise obtint la création à Jouy, d'un marché le mercredi et de deux foires; l'une, le 28 juin et l'autre le 1er septembre.
Le 18 janvier 1531, aux assises de Jouy tenus par Thomas Le Mectayer, lieutenant géneral de Mathieu de Quincarnon, bailli de Jouy et de Gauciel pour l’abbaye de
Jumiéges, les habitants de Jouy réunis en état de commun, s'obligèrent à payer 20 d. par chaque feu pour s'affranchir de la servitude de four à ban.
La haute justice de la baronnie de Jouy, fut pendant plusieurs siècles, à partir de 1453
jusqu'en 1789, contestée, quant au ressort d'appel, entre les grands bailliages
d'Evreux et de Gisors; les appels à raison de ce litige se portaient en bailliage de
Rouen (2).
Au xv° siècle, il existait des vignobles à Jouy.
D'après une bulle du Pape Clément VIl de 1524, les domaines de Jouy et Gauciel, furent spécialement réservés à l'abbé de Jumiéges.
En 1537, sous l'abbé François de Fontenay, on décida de vendre les bois de Jouy, de Gauciel et de Crenne, qui contenaient près de 300 acres; on en vendit pour 3,500 l. qui furent employées à réparer la voûte du chœur et les infirmeries de Jumiéges (3).
Le 10 mars 1610, Me Henri Gorron et Me Pierre Vauchel se disputaient devant le Parlement, l'oftice de Bailli de Jouy et Gauciel.
L'église de Jouy est en partie du xr° siécle, elle possède encore quelques restes de
beaux vitraux du xvi° siècle.
Quelques faits de la bataille de Cocherel se rapportent au territoire de Jouy. Pendant que l'armée du Captal était postée au-dessus d'Hardencourt, son arrière garde occupait la hauteur du hameau de Crenne, d'où elle pouvait observer toute la vallée,
Après la bataille, 120 chevaliers ayant voulu aller au secours des Navarrais, un
corps de cavalerie française fut détaché à leur rencontre, la plupart périrent ou furent forcés de se rendre. Ce dernier fait s’est dit-on accompli, sur une petite éminence en arrière de Jouy, où il y a d'anciennes carrières de pierre. Le sol sur ce point renferme un grand nombre de squelettes enfouis; peut-être y a-t-on enterré les morts de cette célèbre journée (1).
JOUY-SUR-BURE, cant. sud d'Evreux,
à 116 m. d'alt. - Sol : alluvions contemporaines, calcaire grossier, craie blanche
St. ch. fer d'Orléans à Rouen.
- Ch. de gr. com. n° 32 dEvreux a Vernon.
Ch. d'int. com. n° 26 de Garennes à Louviers.
Surf. terr., 958 hect.
Pop., 466 hab.
4 cont. 4055 fr. en ppal.
- Rec. Budg. 2,682 fr.
- poste d'Evreux,
Percep de Gauciel.
Rec. cont. ind. de Pacy.
Paroisse.
Presbyt.
Ecole mix.de 49 enf.
1 maison d'école.
6 déb. de boissons.
4 perm. de chasse.
Dist. en kil. aux ch.-l. de dép., d'arr. et de cant. 13
Dépendances : LA CORNOUILLERAIE, CRESNE, LE PAVILLON, LES PLEIGNES, LES VALLOIS.
Agriculture : Céréales, plantes sarclées, prairies, 8 hect. de vigne, 5,000 arbres a
cidre.
Industrie: Néant. — 15 Patentés.