Projets plastiques sculpture, vidéo, textile...
Projets plastiques sculpture, vidéo, textile...
Peau en latex faite à partir de moulages de corps.
exploration d'un quartier au travers des couleurs
Concept: From this postulate: « I » spend one year in Lozère observing, taking notes
and collecting objects in a notebook. As I know this place since childhood, it is filled with
memories and experiences, so the notebook is a mix of factual observations and subjective
vision of this place.
Why : The aim is to show that memories and experiences alter our vision of a certain place.
How: - The shirt takes the place of the diary. As in a diary there's a mix drawings, texts,
and 3 D elements as collected objects.
- In a diary some elements are really specific, or even symbolic, and some are
the blurry result of memories. Therefore as a base I'm using: in one hand the
specific landscapes of each seasons (objective), and in another hand things that are
symbolic for someone who knows the place (subjective).
- In order to find the symbolic things linked to this region, and also personal
memories attached to it, I asked other people who have the same attachment for this region as me.
--> Elaboration de 2 imprimés
1 : patchwork d'aquarelles 2 : narration fictive
Décembre
Je suis arrivée en début de soirée, à temps pour le repas, après avoir roulé 6 heures, ralentie par la pluie. Mémé, inquiète que la nuit ne tombe avant que j’arrive, m’a appelée tant de fois pendant le trajet que j’ai fini par ne plus répondre. Dès le moment où j’ai quitté Paris, je n’ai cessé d’imaginer les routes de Lozère bordées de grands pins recouverts de neige. Mais finalement c’est la pluie qui m’a accueillie et la nostalgie familière qui m’envahit à chaque fois que j’aperçois les maisons en pierres de Lasbros.
Janvier
Comme toute la famille était là les dernières semaines sont passées vite. Les balades pluvieuses sur les chemins bordés d’arbres aux branches nues, les délicieux aligots qui ne sont jamais aussi bons que ceux que faisait mémé, les parties joyeuses de jeux de société bien au chaud à l’intérieur, les soirées devant la cheminée.
Tout le monde part petit à petit et le sentiment de fête s’en va avec eux.
Février
Le temps est devenu glacial et la neige a définitivement recouvert tous les prés, les arbres et les toits. Au bout de quelques minutes dehors mes doigts sont gelés et je ne peux plus dessiner alors je passe mon temps à prendre des photos. Le gris du vent et de la neige qui se mêlent, la forêt blanche et majestueuse, le perce neige comme un ami dans cette vie solitaire. Le département le moins peuplé de France, la diagonale du vide, et l’hiver qui nous isole.
J’essaie de photographier une petite colline, parfaite pour faire de la luge près de la maison. Je veux la prendre telle qu’elle est, aux yeux de ceux qui ne la connaissent pas, pourtant mes souvenirs dansent devant l’objectif et voilà mes photos animées de rires, de grelottements et de légendes nées à cet endroit.
Mai
On me dit qu’à Paris c’est déjà l’été, on boit des verres sur les quais et on fait des pique-nique dans les parcs. Ici il fait toujours frais, surtout le soir et je ne sors jamais sans mon pull. Un temps propice pour aller se balader à la cascade du Déroc. C’est la première fois que je m’y retrouve seule. Libre de rester des heures à écouter, à peindre, à rêver. Je suis descendue le long du passage escarpé comme d’habitude, escaladé le gros rocher, et je me suis aventurée à marcher sur les cailloux glissants sous la cascade, mais seule c’est moins drôle de jouer les exploratrices.
Juin
Il fait plutôt bon et les senteurs des chemins de campagne me réjouissent. Chaque année c’est cette odeur de nature qui m’attire jusqu’ici. Cette odeur de fleur, cette odeur d’herbe, de chaleur. En allant au chemin du moulin, je respire et je me sens chez moi. Je ne peux rien écrire, rien dessiner. Je suis juste là et j’appartiens à ces terres. Je me sens végétale. Parfois l’effluve d’une bouse de vache qui n’enlève rien à mon bonheur.
Une douce musique de vent léger et de grillons flotte dans les airs et me ravit le cœur.
Août
La famille passe et remplit la maison de nouveau. On passe des heures à jouer ensemble et on observe les étoiles. Ici la nuit tombe comme jamais à Paris. Les lumières des réverbères et des magasins ne la parasitent pas. Les voitures sont rares, les gens dorment. Je m’éloigne de quelques mètres des maisons et me laisse envelopper par le noir total et la sérénité d’une humanité silencieuse.
Des milliers d’étoiles, des chats dont on ne voit que les yeux et un crapaud baveux… une nuit magique.
Novembre
Le départ se rapproche, j’ai bouclé mes valises. En rangeant tous mes dessins, photographies et notes je m’aperçois qu’au lieu de passer douze mois à observer j’ai passé douze mois à me souvenir.
Tellement de gens sont venus dans cette maison. Des gens qui ne font plus partie de nos vies, que nous ne reverrons jamais, et des gens qui ont grandi avec nous. Des amis, des amoureux, des inconnus. Ils sont là sur les photos. Une fois passé ici il y a toujours une partie de nous qui y reste, le sentiment de nostalgie est collé aux murs.
Dans chaque coin de la maison il y a des souvenirs. Je pourrais raconter des histoires sur chaque objet ; le sabot en bois, la vielle machine à coudre, l’écureuil empaillé… Et parler des heures de l’odeur du bois qui brûle, de la sensation de ma main sur le mur en crépi, des cris qui réveillent le matin, des visiteurs à l’heure du thé.
C’est pour ça que même quand je suis seule la maison n’est jamais vide.
Collection de "pièces textiles" qui ressemblent mais ne répondent pas à des fonctions de vêtements, et peuvent donc être portées de plusieurs manières possibles.
Invitation au jeu : Habilles-moi, recherche de combinaison portées de ces pièces.
Réflexion sur la fonction d'un vêtement, l'acte de s'habiller et d'habiller.