SARAH : Nous voici toujours à la gare de Cormeilles-en-Parisis, mais le décor a légèrement changé !
PAUL : En effet ! Mais entends-tu tout ce bruit ? Il semblerait qu’il y a célébration… Allons voir.
À peine sortis de la gare, les deux créanciers sont confrontés à un spectacle étonnant. Tout Paris semble dans les rues, à brandir des drapeaux, à s’embrasser, à sourire, à rire, à pleurer…
Sarah attrape un passant.
SARAH : Excusez-moi, mon brave, nous venons d’arriver. Que se passe-t-il ?
HOMME : Mais c’est la fin de la guerre ! Nous avons gagné ! Nos fils vont rentrer à la maison.
PAUL : La guerre ? Mais avec qui ?
HOMME : Avec les Allemands, enfin ! Mais de quelle époque sortez-vous ?
SARAH : Pardonnez mon ami, il est un peu confus ! Vive la fin de la guerre !
L’homme s’éloigne, tout à son euphorie.
PAUL : Viens, on ne s’entend plus parler. Entrons dans ce bar pour réfléchir à comment on peut retrouver Balzac.
SARAH : Bonne idée.
Les deux créanciers entrent dans le bar de la ville. Quelle ne fut pas leur surprise d’y voir leur homme attablé en train de jouer aux cartes !
BALZAC : Voilà, messieurs, comment on joue au poker !
JOUEUR 1 : Mais enfin, ce n’est pas possible ! Comment fait-il pour toujours gagner ?
JOUEUR 2 : Je suis sûr qu’il triche !
BALZAC : Mais pas du tout !
JOUEUR 3 : Ah oui ? Dans ce cas, fais-nous voir tes manches !
Les trois hommes se lèvent, prêts à en découdre. Balzac se lève à son tour, très mal à l’aise. Il aperçoit les créanciers du coin de l'œil, ce qui le déstabilise encore davantage. Alors, il saisit en vitesse la machine et disparaît !
JOUEUR 2 : Comment ? Mais que s’est-il passé ?
SARAH : Pas de crainte, mes amis ! Cet homme est un magicien, mais c’est surtout un sacré roublard ! Il nous doit de l’argent, nous ne cessons de le poursuivre.
JOUEUR 1 : Quel malfrat ! Tricher ainsi !
JOUEUR 3 : Même le gouvernement n'a pas tenté de tricher ainsi
Les trois hommes éclatent de rire.
PAUL : De quoi parlez-vous ?
JOUEUR 1 : Vous n'avez pas entendu parler de la stratégie du gouvernement pour se protéger des bombardements ?
SARAH : Non...
JOUEUR 3 : Regardez, j’ai encore le plan !
Il montre aux deux hommes un bout de papier. L’homme laisse glisser maladroitement le papier alors que les créanciers sont penchés dessus. Paul se baisse pour le ramasser et se rend compte que Balzac a oublié sa mallette ! Il s’en empare, bien décidé à traquer les indices qui pourraient lui indiquer où se trouve le célèbre auteur. Sur la table, il ramasse également le paquet de cartes vide, duquel dépasse une note.
Je fais don de ce jeu de cartes ayant appartenu à Honoré de Balzac au musée de la carte à jouer d’Issy les Moulineaux, 2018.
PAUL : Regarde ! Balzac avait encore dans sa main son paquet de cartes. Peut-être est-il allé le donner à ce musée.
SARAH : Musée de la carte à jouer, Issy les Moulineaux, 2018…
Un flash lumineux illumine le bar de nouveau. La disparition des deux personnages laisse leurs trois interlocuteurs bouche bée.
Crédits photos : ville-cormeilles95.fr