Objet : URGENCE – ECOLES EN DANGER
Madame, Monsieur,
Vous m’interpellez, en tant que candidat à l’élection législative, sur les conditions d’accueil des élèves dans les écoles de la République. Je vous en remercie.
Permettez que je revienne dans un premier temps sur l’action menée par la majorité précédente, sous la présidence de François Hollande. A son arrivée au pouvoir en 2012, il a mis fin à une décennie de sévère casse du service public d’éducation, 10 années qui avaient notamment vu la suppression de près de 80 000 postes.
Il a replacé l’éducation au cœur de l’action publique et la grande réforme de Refondation de l’Ecole de la République a été engagée. Entre 2012 et 2017, nous avons ainsi créé, ainsi que nous en avions pris l’engagement, 60 000 nouveaux postes dans l’éducation, pour que les élèves soient mieux accueillis à l’école et mieux suivis dans leur scolarité. L’académie de Nantes a ainsi bénéficié de 1833 nouveaux postes, dont 841 pour le premier degré. Cela a notamment permis des rentrées scolaires apaisées, le renforcement des équipes d’enseignants remplaçants et, dans les zones d’éducation prioritaires, la mise en place du dispositif « plus de maîtres que de classes ».
La formation initiale des maîtres avait été abandonnée, entraînant de fait une véritable crise de vocation, donc de recrutement, pour les métiers de l’enseignement. Ce phénomène se fait encore aujourd’hui ressentir dans certaines disciplines, où le manque d’enseignants, et notamment de remplaçants, pénalisent encore par endroit les élèves du second degré. Considérant qu’enseigner est un métier qui s’apprend, nous avons remis une formation en place, en créant dès 2013 les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, avec une première année commune pour tous les métiers de l’éducation. Dans le cadre de mon mandat de député, j’ai conduit un rapport d’information visant à tirer un bilan de l’installation des Espe. Il est positif, même si des points d’amélioration ont été identifiés.
Décimés sous Nicolas Sarkozy, nous avons redonné aux RASED les moyens de fonctionner. Il demeure cependant un déficit en termes de postes, qu’il convient bien évidemment de combler. Sollicité par le réseau des Psychologues scolaires de la Loire-Atlantique, j’ai interpellé le Directeur académique des services de l’Education Nationale du département pour lui relayer ce que ces professionnels considèrent comme une dégradation de leurs conditions d’exercice, qui vient pénaliser les enfants concernés, leur famille et les équipes enseignantes. Des postes restent vacants, lourde conséquence des politiques éducatives menées avant 2012. Dans la réponse qu’il m’a adressée, Monsieur Carrière prévoit en termes de recrutement une amélioration à la rentrée prochaine, et assure rester attentif à cette situation, étudiant toutes les solutions possibles pour améliorer les conditions de travail des psychologues scolaires.
J’ai de même été alerté sur la requalification des employés de vie scolaire « Direction » sur des postes d’EVS pour les élèves en situation de handicap et ai immédiatement relayé les inquiétudes des équipes enseignantes et des parents d’élèves auprès de l’Inspecteur d’académie. Les parents de l’école publique de Petit-Mars, m’ont transmis la réponse qu’il leur a apportée suite à cette interpellation. Vous la trouverez en annexe. Je connais bien cette question, pour avoir été en contact étroit avec plusieurs familles de la circonscription, ces cinq dernières années, et suivi le parcours de plusieurs enfants handicapés, dont j’ai relayé la situation auprès de la MDPH, du Département et de l’Académie. Je reste vigilant, aux côtés des élus de la circonscription, comme récemment avec le maire de Nort sur Erdre, Yves Dauvé, avec qui nous agissons en lien sur cette question. Je me permets d’ajouter qu’après avoir, entre 2007 et 2012, activement soutenu les AVS dans leur combat contre la précarité de leurs emplois, nous avons lors de la dernière législature créé un statut spécifique pour les assistants de vie scolaire et sécurisé leur parcours professionnel, tout en créant de nouveaux postes.
Pour le mandat qui s’ouvre, je souhaite que l’éducation reste le premier budget et la première priorité de l’Etat. Je suis particulièrement fier d’avoir participé à la Refondation de l’Ecole de la République, sachant que pour la mandature qui s’ouvre, je veillerai à ce que ce travail soit poursuivi et, surtout, renforcé. L’objectif qui continuera de guider mon action de député sera de veiller à ce qu’aucun élève ne soit laissé pour compte, pour quelque raison que ce soit. Cela passe par une exigence en termes de nombre d’enseignants, mais aussi par le renforcement des réseaux d’aides, de la présence de la médecine scolaire et des assistants sociaux au sein des établissements.
Je reste mobilisé et vous savez pouvoir compter sur moi pour me faire l’écho de vos légitimes interrogations, au niveau académique comme dans le cadre des travaux parlementaires qui seront engagés à l’Assemblée Nationale. Je suis et je resterai un député attentif, responsable et exigeant.
Sincèrement,
Michel Ménard