Edito:  Le planning des élections des structures académiques à l’Université enfin dévoilé

 

En application de la circulaire n. 18/24 en date du 11 Mars 2024, le coup d’envoi des élections des nouveaux différents représentants des enseignants dans les structures pédagogiques a été lancé. La date d’effet de ces différents mandats étant prévue pour le 1 Août 2024.

En vertu de ce même texte, les règles et conditions des élections de 2020 restent en vigueur et les présidents d’université en exercice sont appelés à fournir au ministère de tutelle un planning détaillé de ses différentes phases avant le 15 Mai 2024. Le processus devant débuter par la mise à jour de la liste des électeurs en date du 10 Mai et son affichage le 20 Mai et se clôturant par l’élection des présidents des universités et de leurs vice-présidents entre le 8 et le 24 Juillet 2024. Les étapes intermédiaires sont celles des élections des conseils de départements le cas échéant (entre le 27 et le 29 mai), des chefs de départements (entre le 30 Mai et le 7 Juin), des membres des conseils scientifiques (entre le 10 et 22 Juin), des doyens et directeurs (entre le 10 Juin et 6 Juillet) puis des conseils des universités (entre le 8 et 16 Juillet).

La publication de cette circulaire a été un véritable soulagement pour la communauté scientifique, tant l’année 2023 avait vu circuler une rumeur persistante concernant un retour aux pratiques de désignation des hauts responsables des structures académiques. Les mandats des élus actuels ayant débuté le 15 Décembre 2020, ils étaient, en effet, appelés à expirer à la fin de l’année civile 2023. Sauf que, jusqu’au mois de Mai 2023, aucune annonce n’avait été faite, alimentant ainsi cette rumeur largement relayée car jugée crédible, plausible et dans l’air du temps par une large franche d’universitaires.

Les rumeurs ayant la vie dure, ce plus vieux média du monde a fait partie du quotidien de la communauté scientifique tunisienne pendant des mois, rationalisant et cristallisant les croyances, et servant de ciment liant les relations de sociabilité entre ses membres. Liant même ceux qui avaient des avis contraires sur la question. Le courrier envoyé par le ministère le 8 Juin 2023, appelant les structures académiques à une évaluation en vue d’une amélioration du processus d’élection des structures pédagogiques utilisé durant les 4 sessions précédentes n’avait pas réussi à contenir cette rumeur. Il l’avait, bien au contraire, attisée.

Le conseil de l’Université de la Manouba réuni le 7 Juin avait largement débattu de la loi électorale dans sa forme actuelle et de la question de son évaluation soumise par le ministère au conseil des universités en date du 29 Mai puis transmise sous forme de demande de consultation des différentes structures académiques. Sur la base d’un canevas conçu par l’UMA et reprenant les 8 principaux thèmes à évaluer détaillés dans la circulaire de 2020  (concernant  la durée et nombre de mandats, la période et les conditions et procédures des élections), les premiers responsables de l’UMA ont été appelés à consulter leurs conseils scientifiques. En date du 17 Juillet, une synthèse de cette consultation a été faite au conseil de l’UMA et l’avis en quatre points de l’Université de la Manouba a été transmis à la tutelle.

Le conseil avait, ainsi, principalement noté la persistance d’un malaise quant aux objectifs de cette consultation et appelé à la nécessité de le dissiper par une clarification de la position de la tutelle concernant les rumeurs de retour aux pratiques de désignation des responsables et réaffirmation de l’attachement de l’UMA au principe des élections comme acquis démocratique.

Il avait également exprimé des critiques majeures envers le timing de la consultation. Le temps alloué à cette évaluation a été jugé insuffisant en raison de la charge de la période de fin d’année pour les conseils scientifiques et les collègues. Un appel vers l’annonce d’un planning dans les plus brefs délais par respect pour les élus actuels à tous les niveaux a été lancé.

Les élus avaient également proposé de relier cette évaluation à une réflexion plus générale concernant le système global de gouvernance des institutions universitaires actuel avec la proposition de dissocier la partie académique (conseil scientifique) de la partie administrative (conseil d’administration) et la nécessité de revaloriser (socialement et économiquement) les statuts des responsabilités administratives, de préciser les rôles et prérogatives des élus, leur permettre de se consacrer exclusivement à la direction, les former à la gouvernance et leur donner les moyens de réaliser leurs objectifs afin d’intéresser les plus compétents.

Afin de diminuer le risque de subjectivité de l’évaluation d’un système par ses protagonistes et de propositions d’alternatives par les premiers intéressés, les élus avaient appelé à proposer en parallèle de cette évaluation un tableau comparatif de benchmark des pratiques internationales en la matière qui pourrait permettre de choisir les meilleures pratiques en fonction du contexte et de l’expérience nationale.

La méthode d’évaluation proposée par l’UMA avait toutefois réussi à structurer les débats et a donné des fruits. Les élus n’avaient majoritairement pas émis de critiques majeures du système actuel. De façon générale, les évaluations des élus de l’UMA concernant la durée et le nombre des mandats n’avaient pas vu émerger une tendance générale et avaient oscillé entre la volonté de garder le statuquo et une volonté d’augmenter la durée, voire de réduire le nombre de mandats à un seul. Des voix s’étaient également fait sentir concernant l’utilisation du suffrage universel et/ou la participation des représentants des étudiants et de l’administration aux élections des doyens, directeurs et recteurs et la nécessité de revoir et de préciser les conditions de remplacement des postes vacants au sein des conseils scientifiques. Un consensus était, par contre, apparu concernant la nécessité d’instaurer la tradition d’une évaluation annuelle des réalisations des élus et une volonté de revenir à un planning des élections débutant traditionnellement au mois de Mai et considérer les élections de 2017 et 2020 comme des exceptions.

Dans ses délibérations concernant ce point, le conseil des universités, réuni en date du 1 Août 2023, a reconfirmé son attachement au principe de l’élection des représentants au sein des établissements et des universités. Il a décidé de changer la période des élections et de prolonger, à cet effet, les mandats des élus actuels jusqu’au 31 Juillet 2024. Et il a décidé de poursuivre le processus de consultation pour améliorer le système électoral en vigueur pour l’appliquer aux prochaines échéances.

Aussi formelles soient-elles, une fois annoncées ces décisions n’ont, toutefois, pas complétement stoppé la rumeur. Seule la circulaire ministérielle n. 18/24 signée en date du 11 Mars 2024 a définitivement dissipé le malentendu et rassuré la communauté scientifique.

Maintenant que c’est chose faite, que le process débute donc et que le meilleur gagne !


Pr. Jouhaina Ghérib

Présidente

Université de la Manouba