Edito
L’observatoire : d’une coquille vide à une structure stratégique pour l’UMA
Les observatoires existent dans toutes les universités du monde. Ils ont pour vocation principale le recueil d’informations quantitatives et qualitatives (par le biais d’enquêtes, d’études statistiques, de projets recherche-action, etc.) visant à produire des outils d’analyse, d’aide à la décision et de pilotage stratégique, dans le cadre d'une démarche qualité, au service de l’Université et de ses parties prenantes. Leur création dans les universités publiques tunisiennes a été prévue dans l’arrêté ministériel de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique du 03 Avril 2008. Mais, les observatoires existent-t-ils réellement dans nos universités ? Une réponse objective à cette question serait que des embryons d’observatoires existent bel et bien mais qu’ils sont souvent qualifiés de coquilles vides. L’observatoire de l’UMA n’a pas échappé à cette règle. Même si ça ne devrait pas être le cas !
Aussi, consciente de l’importance stratégique des observatoires pour sa gouvernance, l’Université de la Manouba a misé sur une dynamisation de ces cellules. Elle a décidé de réunir les conditions de pérennité de son observatoire et de faire de la relance de ses activités sa priorité en 2022. Afin de mener à bien cette action, l’UMA a mené en 2020 une réflexion visant à faire un état des lieux de la situation actuelle. Il en est ressorti que le cadre légal des observatoires est obsolète et que ces structures manquent de dispositifs de fonctionnement réglementaires clairs qui permettent de planifier, développer, contrôler et ajuster les actions et de valoriser ainsi l’effort fourni pour améliorer la performance. Il est également ressorti de ce bilan la nécessité, pour maintenir la pérennité des observatoires, de :
• mettre en place des prérequis humains, organisationnels et techniques;
• travailler en coordination avec les établissements et harmoniser les processus tout en mutualisant les efforts et capitalisant sur les expériences passées réussies;
• mettre en place des mécanismes de valorisation pour assurer un travail collaboratif.
La première décision a donc été de charger Mesdames Jihene El Ouakdi et Najoua Chayah, de la dynamisation de l’observatoire de l’UMA. Un travail collaboratif enseignant-administratif a depuis été mené et a abouti à un excellent projet qui a été soumis à la présidence de l’université puis présenté, par toute l’équipe de l’observatoire, complétée par Mesdames Hanen Idoudi, Hamida Amdouni, Mouna Chebbah et Sana Tbessi, au CPQ formé des représentants des CPQ des différents établissements.
L’observatoire, ainsi rebaptisé OUMA : Observer pour Agir Agile, s’est donné deux missions à long terme. La première concerne la veille informationnelle sur et pour les « 3E » de l’UMA : Etudiant, Environnement et Enseignement et consiste à réaliser des enquêtes et des projets recherche-action (études, rapports, etc.) ayant pour but d’apporter des éléments de réponse et produire une information précise et aussi objective que possible sur et pour les « 3E » de l’UMA. La seconde mission concerne la veille informationnelle stratégique et consiste à recueillir et traiter les données fournies par l’ensemble des établissements et des organes de recherches rattachés à l’UMA pour aider l’Université et ses composantes à optimiser ses prises de décisions (organisation pédagogique, développement des formations, amélioration de la vie estudiantine, etc.), au moyen d’indicateurs stratégiques utiles à la visibilité et au pilotage ainsi que son positionnement, au moyen d'indicateurs de performance (KPI) permettant de donner des points de comparaison au niveau national et international. La collaboration, la transparence, l’agilité, l’ouverture et l’engagement sont les valeurs au cœur du projet de l’observatoire de l’UMA.
A travers son plan d’actions à moyen terme conçu et validé, l’OUMA cherchera, prioritairement à suivre les étudiants depuis leur entrée à l’université jusqu’à leur insertion professionnelle. Il visera à contribuer à l’information, l’orientation et l’insertion des étudiants et à apporter des réponses aux étudiants actuels et futurs ainsi qu’aux équipes pédagogiques sur les conditions de vie et d’apprentissage des étudiants, les facteurs et dimensions de la réussite universitaire, etc. Il cherchera, également, à contribuer à intégrer le développement durable à la mission universitaire de recherche conformément au plan stratégique de l'Université, à favoriser, via l’approche interfacultaire, le regroupement de chercheurs de différentes disciplines autour de projets transdisciplinaires contribuant à mieux comprendre et résoudre les enjeux associés à l'environnement et au développement durable.
Aujourd’hui, l’équipe de l’observatoire se penche sur la mise en place des prérequis nécessaires pour la réussite et la pérennité du projet. Une réussite et une pérennité qui ne seront possibles que si toutes les pièces du puzzle sont réunies et qu’une collaboration continue entre toutes les parties prenantes est de mise. Une réussite et une pérennité qui doteraient l’UMA, ses composantes et ses parties prenantes d’une centrale de données au cœur d’un outil de pilotage stratégique efficient. L’observatoire pourrait passer alors d’une coquille vide à une structure stratégique par et pour toute la communauté de l’UMA.
Pr. Jouhaina GHERIB,
Présidente de l’Université de la Manouba