Durant la session d'automne 2025, notre journaliste, Germaine Tchouango, est allée à la rencontre d'un jeune étudiant impliqué et débordant d'énergie positive, d'origine camerounaise, afin d'en apprendre plus son parcours personnel, son arrivée au Canada, son adaptation à la vie à Edmonton et son engagement au Campus Saint-Jean.
Voici les faits saillants de leur échange
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Germaine : Bonjour Franck. Pour commencer l'entretien, j’aimerais d’abord que tu me parles de ton enfance au Cameroun.
Franck : Bonjour à toi, Germaine. C’est un plaisir de participer à cette entrevue.
Mon enfance au Cameroun, c’était une enfance plutôt tranquille. Je ne sortais pas beaucoup, sauf parfois pour aller chez des amis, notamment pour des anniversaires. J’ai eu une enfance heureuse et équilibrée, j’ai appris beaucoup de choses et vécu plusieurs expériences enrichissantes.
Germaine : Dans quelle ville as-tu grandi au Cameroun ?
Franck : J’ai grandi à Douala, dans le quartier Bonamoussadi.
Germaine : Quels souvenirs gardes-tu de ton école primaire et secondaire au Cameroun ?
Franck : Je me souviens bien de mes années d’école primaire. Avant de revenir au Cameroun, ma mère travaillait au Kenya, donc j’ai passé un peu de temps là-bas quand j’étais bébé.
À mon retour au Cameroun, j’ai remarqué que le système éducatif camerounais était très différent. J’ai dû refaire une classe, ce qui faisait que j’étais avec des camarades plus jeunes que moi. Plus tard, j’ai décidé de rattraper mon retard et j’ai sauté une classe (le cours moyen 2) pour passer directement les examens d’entrée au secondaire. Au secondaire, je n’étais pas le meilleur élève, mais je travaillais assez bien pour éviter les mauvaises surprises et rester dans le rythme.
Germaine : Qu’est-ce qui t’a donné envie de poursuivre tes études à l’étranger ?
Franck : Je connaissais déjà les défis du système camerounais, notamment la difficulté à trouver un emploi après les études. J’ai donc voulu partir à l’étranger pour mieux apprendre et acquérir des compétences qui pourraient ensuite me permettre de contribuer au développement du Cameroun.
Germaine : Quand es-tu arrivé au Canada et dans quelles circonstances ?
Franck : Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai entamé les démarches pour venir au Canada. J’avais commencé ma demande quelques mois avant les résultats, car j’étais confiant de réussir.
Je suis arrivé au Canada en août 2024, vers le 26 ou 27. Je suis d’abord passé par Montréal avant de venir à Edmonton. À mon arrivée, il y a eu un petit retard administratif avec ma demande, mais tout s’est finalement bien réglé à l’aéroport.
Germaine : Comment s’est passée ton adaptation en arrivant ici ? Était-ce facile ?
Franck : Oui, en août, il ne faisait pas froid, donc c’était plus facile. Au début, je ne connaissais que ma famille. Je me disais que j’étais là uniquement pour mes études, mais on m’a conseillé de rencontrer des gens, de m’intégrer.
Alors, j’ai commencé à participer aux activités du Campus. Cela m’a permis de rencontrer des amis avec qui je passe beaucoup de temps aujourd’hui. Ça rend ma vie ici beaucoup plus agréable, car je ne suis pas concentré uniquement sur les études.
Germaine : As-tu rencontré des difficultés au début, notamment sur le plan linguistique ?
Franck : Oui, un peu. Mais heureusement, j’avais déjà commencé à travailler mon anglais au Cameroun. Ma mère voulait que j’aille dans une université anglophone, donc j’avais commencé à apprendre la langue en regardant des séries en anglais avec sous-titres. Quand je suis arrivé ici, j’avais encore un léger retard, mais je pouvais déjà communiquer, ce qui m’a beaucoup aidé à m’intégrer.
Germaine : Qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans le système éducatif canadien ?
Franck : Le système de notation, d’abord. Ici, la notation est sur 100 %, alors qu’au Cameroun, elle est sur 20.
Ensuite, la flexibilité : Ici, on peut étudier tout en travaillant, ce qui n’est pas courant dans le système camerounais.
J’aime aussi la liberté qu’on a ici : on t’encourage à pratiquer du sport, à participer à des activités. On comprend que la réussite ne passe pas uniquement par l’école, mais aussi par l’équilibre personnel.
Germaine : Pourquoi as-tu choisi d’étudier au Campus Saint-Jean ?
Franck : J’ai choisi le Campus Saint-Jean d’abord parce que mon anglais n’était pas encore assez bon pour aller directement au Campus principal.
Ensuite, je voulais suivre un programme de commerce bilingue, et pour y accéder, il faut d’abord faire une année au Campus Saint-Jean avant de pouvoir postuler. C’était donc le meilleur choix pour moi.
Germaine : Quelles activités ou associations t’ont permis de mieux t’intégrer ?
Franck : Il y a l’AUFSJ, l’Association des étudiants de la Faculté Saint-Jean, et aussi le Centre d’appui qui aide beaucoup les étudiants immigrants. Ces associations m’ont beaucoup aidé à socialiser et à mieux m’intégrer.
Germaine : Quel est ton rôle dans l’AUFSJ ?
Franck : Je suis le vice-président aux opérations et aux finances. Mon rôle est de préparer le budget, de m’assurer qu’il est respecté, de faire l’audit à la fin de chaque semestre et de signer les chèques pour les remboursements. J’écoute aussi les préoccupations des étudiants pour les aider à trouver des solutions.
Germaine : Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?
Franck : Sur le plan personnel, elle m’a appris l’organisation. J’assume de grandes responsabilités et j'ai des échéances à respecter, cela m’aide à structurer mon emploi du temps ainsi qu'à mieux gérer mes priorités.
Germaine : Quelles sont tes plus grandes réussites depuis ton arrivée ?
Franck : Ma plus grande réussite pour l’instant, c’est d’avoir été élu à l’AUFSJ. Ma prochaine grande réussite, j’espère, sera d’être accepté dans le programme de business bilingue.
Je veux devenir expert-comptable (CPA). Après mes études, j’aimerais obtenir mon titre professionnel et, peut-être, retourner au Cameroun pour mettre mes compétences au service du pays.
Mention photo : Page Instagram / @aufsj
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Germaine : Quel conseil donnerais-tu à un jeune Camerounais qui souhaite étudier au Canada ?
Franck : Je lui dirais de travailler sérieusement, mais de ne pas se concentrer uniquement sur les études. Il faut aussi s’ouvrir aux autres, participer à des activités, découvrir d’autres cultures. Et surtout, rendre fiers ses parents en réussissant.
Germaine : Et pour un jeune Canadien du secondaire qui voudrait venir au Campus Saint-Jean ?
Franck : Je lui dirais que c’est un excellent choix ! Apprendre le français quand on parle déjà anglais, c’est un grand avantage professionnel. Et puis, le Campus Saint-Jean offre une belle expérience humaine : on y fait des rencontres durables et enrichissantes.
Germaine : Merci Franck, c’est un plaisir d’avoir partagé sur ton brillant cheminement du Cameroun jusqu’ici. Ton expérience va certainement impulser d’autres étudiants camerounais qui ont un avenir à l’horizon à poursuivre au Canada. Et pour ceux des étudiants en devenir qui sont actuellement au secondaire ici, le riche parcours de la personne jeune et résiliente que tu es, sera une grande inspiration.