Samedi 14 septembre : c'est parti ! 👏
Jour J : tout le monde est arrivé au lycée Saint-Joseph d'Istanbul.
Le temps de faire un petit match de foot, garçons, filles, profs et nationalités mélangés, l'ambiance est déjà à la fraternité comme si nous nous connaissions déjà.
Un mangal (nom turc signifiant un barbecue) nous attend et nous apprécions ces premiers instants du FrenchShip. C'est parti !
toute l'équipe dans la cours du Lycée Saint-Joseph d'Istanbul
Dimanche 15 septembre : visite de Kadıköy, de Karaköy et de Taksim
Nous nous sommes donnés rendez-vous au lycée pour faire une photo au pied de la statue de Saint-Jean Baptiste de La Salle avant de déambuler dans les rues du quartier de Kadıköy sur la rive asiatique et de traverser le fameux marché aux poissons. Sur les étales, des palamut (maquereaux) arborent leurs branchies rouges.
Nous prenons ensuite le vapur pour traverser le Bosphore. Des goélands suivent le sillage dans l'attente de morceaux de simit que les voyageurs leur envoient.
Nous arrivons à Karaköy, l'un des quartiers historiques, et grimpons une petite ruelle pavée pour nous trouver au pied de la tour de Galata dont nous admirons toute sa splendeur.
Nous nous sommes ensuite promenés dans les ruelles étroites et avons vu beaucoup de monuments historiques. Nous sommes passés par "le passage", un symbole de l'avenue d'Istiklal. Cette artère commerçant est impressionnante de par le monde qui s'y trouve.
Nous avons vu aussi le deuxième plus vieux métro du monde.
Un groupe d’Ultras du club de Fenerbahçe (FB) en est sorti et a scandé des chants. Il faut savoir que ce club, qui a ses origines dans le lycée Saint-Joseph est le rival historique des "Lions" de Galatasaray (GS), club créé par des élèves du lycée francophone du même nom et qui se trouve au milieu de l'avenue Istiklal.
Nous avons mangé dans un restaurant connu pour ses plats traditionnels de Turquie quand soudain il s'est mis à pleuvoir. Nous avons profité de cet abri pour échanger et parler.
C'était une bonne journée mais nous étions fatigués de cette longue marche.
traversée du Bosphore sur un "Vapur"
devant le Consulat général de France
Lundi 16 septembre : embarquement direction Burgazada
Arrivés à 8h au lycée, la météo est menaçante et une pluie torrentiel s'abat sur la ville. Nous en profitons pour faire une réunion dans l'amphithéâtre de biologie, parler du programme et pour nous expliquer sur quel type de bateau nous allions naviguer. Les équipages, formés d'élèves des 3 nationalités dont un équipage exclusivement féminin pour respecter les critères du programme Erasmus +, des voiliers font un peu mieux connaissance.
9:30, la pluie s'est arrêtėe et nous partons alors à la marina où nous attendent les skippers. Nous embarquons dans la joie et c'est parti, direction Burgazada sous un beau ciel bleu. Après 2 heures de navigation, nous mouillons dans la baie de cette petite "île aux Princes" et nous piquons une tête dans la Mer de Marmara.
François et Marin, qui ont pris leurs palmes et leur masque, en profitent pour regarder les fonds et rencontrent une petite raie.
Puis, nous embarquons sur un Zodiak pour aller manger au restaurant Antigoni. Après le repas, où nous avons dégusté du poisson, des boulettes de viande ou du poulet, le tout accompagné de frites, nous avons visité les alentours à la découverte des vieilles maisons. Les ruelles resplendissent de couleurs violettes avec les bougainvilliers et d'odeurs avec les jasmins et citronniers.
Nous avons aussi joué au volley avant de repartir en mer.
Ça et là, nous voyons malheureusement des déchets sur les rochers ou flottant sur la mer. Il nous suffit de lever les yeux et de regarder l'horizon, pour nous rappeler que la ville est juste en face. Retour sur les voiliers pour rentrer au port et replonger dans la frénésie d'Istanbul.
Cette journée fut enrichissante avec de magnifiques paysages, malgré des conditions de vent défavorables.
Mardi 17 septembre : "larguez les amarres"
Après une bonne nuit de repos dans les familles, rendez-vous matinal au lycée.
Nous commençons par un petit tour du lycée puis nous nous rendons à pied aux bateaux.
Nous avons largué les amarres et nous avons mis le cap vers l'île Demokrasi ve Özgürlük (Démocratie et Liberté). Cette île a été baptisée ainsi suite au coup d'état de 2016.
Nous profitons de conditions clémentes pour faire une petite compétition entre les équipages. Nous avons ensuite navigué vers l'île d'Heybeliada et avons fait une pause dans la baie de Çamlık en attachant les voiliers entre eux. Après avoir mangé des sandwichs et des fruits, nous nous sommes à nouveau baignés dans la mer de Marmara.
C'est ici que nous avons alors prélevé de l'eau en flacon pour faire des analyses au laboratoire du lycée. L'eau était à 25 degrés Celsius.
Pour le retour au port, il y a eu plus de vent, 20 nœuds environ, les bateaux gîtaient et nous avons aussi fait une nouvelle régate. Pour les novices de la voile, c'est assez impressionnant. Il faut bien se tenir et faire attention à la sécurité.
Pas de réel vainqueur, ce n'est pas l'esprit du FrenchShip. Juste du jeu que nous avons poursuivi au lycée par quelques parties de foot et de volley.
La joie se lit sur tous les visages. Les relations se tissent. Nous apprenons des mots dans les autres langues.
Mercredi 18 septembre : escale historique
Nouveau jour, nouvelles découvertes, nouvelles sensations
Nous prenons le fameux vapur vers 9h pour traverser le Bosphore et arriver sur la rive européenne à Eminönü.
Nous nous rendons dans le quartier historique de Sultanahmet. Nous visitons tout d'abord parc de Gülhane. Le mot Gül veut dire la rose en turc donc Gülhane veut dire la maison des roses.
Nous allons ensuite au Palais de Topkapı et visitons la citerne basilique de Yerebatan qui était une réserve d'eau et dont 2 colonnes ont des têtes de Méduse (avec ses cheveux de serpents) à leur base.
Dans ce cœur historique d'Istanbul, la couleur rose et la splendeur de Sainte-Sophie nous impressionnent. Nous visitons la Mosquée bleue. C'est l'une des plus grandes de Turquie avec ses 6 minarets. Le temps s'arrête un moment dans un silence apaisant.
Avant de nous rendre au Grand Bazar qui scintille de tout son or, nous engloutissons un délicieux kebab. Nous déambulons d'échoppes en échoppes et nous imaginons bien l'époque des caravanes et des vendeurs qui empruntaient la route de la soie et des épices. Nous comprenons aussi pourquoi l'écrivain Pierre Loti a été envoûté par cette ville et ses lumières.
C'était une très bonne journée aussi intéressante culturellement parlant que visuellement. Nous avons appris beaucoup de choses sur l'histoire du pays turc et des traditions comme enlever nos chaussures avant d'entrer dans la mosquée.
quartier de Sultanahmet
Jeudi 19 septembre : navigation sur le Bosphore
Avant de partir pour notre 3ème journée voile, 2 élèves par lycée, sous la direction de Marjolaine Simon et Simge Şenay (prof de biologie au lycée), font des expériences de microbiologie et de salinité sur les prélèvements d'eau de la veille. Ils ont préparé des échantillons en vue d' une future observation.
expériences dans le laboratoire de biologie du lycée
Direction la marina de Kalamış pour retrouver nos voiliers et nos skippers.
L'originalité de notre journée est de naviguer sur le Bosphore, frontière naturelle entre les continents européen et asiatique, car, faut-il le rappeler, Istanbul est bâtie sur ces 2 continents et en fait une vielle unique. Le Bosphore relie la mer Noire au nord à la mer de Marmara au sud.
Nous longeons la rive asiatique de Kadıköy pour arriver à l'embouchure du Bosphore au niveau de la Tour de Léandre. Nous devons descendre les voiles car, en dehors des régates, il est interdit de naviguer à la voile sur le Bosphore en raison du transit incessant des cargots et pétroliers. Nous approchons les yalı, maisons et villas en bois qui ont quasiment les pieds dans l'eau. Ces maisons font partie des plus chères au monde. Nous passons sous le 1er pont et nous nous dirigeons tranquillement jusqu'au second. Nous découvrons un nouveau visage de cette ville et comprenons à nouveau toute la splendeur que cette ville pouvait (et peut encore) représenter et séduire les peintres, les voyageurs. Nous avons l'impression, en passant devant les palais, que des Sultans vont sortir pour nous inviter à boire un çay (thé) ou un café turc.
Nous nous rendons compte aussi des conditions géologiques et sismiques qui ont façonné cette ville.
Petite parenthèse, "le terme Bosphore vient du grec « passage de la vache », pour désigner non pas le détroit mais la langue de terre qui reliait jadis les deux continents, à l’âge de cuivre. Il y a 7 500 ans, le bassin de la Mer Noire ne contenait qu’un petit lac d’eau douce, la terre y était particulièrement fertile et des populations auraient très bien pu s’y installer.
Puis le barrage naturel s’est rompu, et la Méditerranée s’est déversée dans le bassin de la Mer noire en contrebas. 200 chutes du Niagara s’engouffrent chaque jour par le détroit du Bosphore. La mer Noire s’élève quotidiennement de 15 cm.
Dans les années 90, des chercheurs américains, Ryan et Pitman de l’Université Columbia ont démontré que le remplissage de la Mer Noire s’est produit autour de 5600 av. JC et a duré moins de deux ans ! Ce cataclysme est à l'origine du mythe du déluge". (source)
La tour de Léandre (Kız Kulesi)
Forteresse de Rumeli
Vendredi 20 septembre : test de synchronisation
Les efforts répétés des derniers jours se font ressentir. Nous sommes sur le pont depuis 6 jours. Nous en avons plein les yeux.
Un programme "ligth" nous attend aujourd'hui pour tester nos compétences de synchronisation.
Mais avant de se lancer, nous visitons le DBM, le centre de sciences naturelles du lycée qui constitue la plus grande collection d'animaux naturalisés de Turquie. C'est impressionnant de voir que le lycée Saint-Joseph possède ce musée et qu'il est ouvert gratuitement à tous les scolaires. M. Ahmet Birsel, le responsable du DBM, nous fait la visite. Nous découvrons, au fur et à mesure des écosystèmes, les richesses faunistiques de la région de Marmara.
Mme Marjolaine Simon s'attarde dans l'espace géologique pour nous montrer les différentes roches métamorphiques, témoins des séismes de la région.
le DBM
Pas loin du lycée, un petit court d'eau nommé "la rivière aux grenouilles" (Kurbağalıdere) se jette dans la mer de Marmara. Des avirons nous attendent au pied du stade de Fenerbahçe.
Nous constituons des équipes de 4 membres avec un barreur du club.
Après quelques consignes de sécurité, nous montons sur nos nouvelles embarcations. Cela nous semble facile. Il suffit de s'asseoir, de prendre les rames, de pousser sur les jambes.
C'était sans compter la nécessité d'être synchrones afin de naviguer droit, de ne pas faire taper les rames et de suivre les consignes du barreur assis à la poupe.
A chaque tour, 3 avirons filent sur la rivière tandis que les autres jouent au beach-volley.
Le temps d'un pique-nique dans un parc est venu. C'est à ce moment, qu'un groupe d'élèves turcs et grecs se mettent à danser sur des pas similaires aux 2 cultures. Les élèves de Lorient les rejoignent. L'ambiance est à la bonne humeur. Le "vivre ensemble et par association", devise lasallienne, prend tout son sens.
Alors on danse ...
Nous rentrons au lycée à 15h pour assister à la cérémonie au drapeau. C'est un moment solennel qui se fait chaque lundi matin et chaque vendredi après-midi.
M. Paul Georges, directeur du lycée, nous salue devant tous les élèves et rend hommage à notre projet.
Samedi 21 septembre : au cœur du sujet
Une semaine que nous sommes là. Les jours passent trop vite.
Au programme aujourd'hui, des interventions scientifiques.
Nous sommes répartis en 2 groupes.
Dans l'amphi de physique, M. Jean Bocquel, prof de physique ayant créé un club de sismologie, nous fait un exposé sur les failles sismiques en Turquie, spécialement celle de la mer de Marmara ainsi que des menaces qui pèsent sur Istanbul et sa population. Ils attirent notre attention sur les constructions, avec parfois des étages construit en toute illégalité. Les projections, en cas de séisme majeur, qui statistiquement pourrait se produire d'ici 10 ans, estiment à 200 000 des 1 200 000 bâtiments d’Istanbul risqueraient de s’effondrer. Nous prenons conscience que les 16 millions d'habitants de cette mégapole ne sont pas à l'abri.
Enfin, M. Bocquel nous montre les sismomètres qu'il a construit avec ses élèves à partir de matériel de récupération. Ces sismomètres permettent d'enregistrer avec une grande précision les séismes venant même des îles Fidji.
Dans le même temps, dans l'amphi de bio, 2 élèves nous parlent de la biodiversité.
Eylül, qui fait partie de notre groupe, nous parle des poissons et des problèmes écologiques de la surpêche et de la pollution. Nous découvrons que la même espèce de maquereau existe dans nos 3 villes. Ça peut être une piste de travail collaboratif et d'étude comparée.
Çağan, élève de terminale scientifique, est un ornithologue déjà avec une certaine renommée. Il nous expose les routes des oiseaux migrateurs. Nous découvrons que les cigognes passent au dessus du lycée pour profiter des vents portants de la mer de Marmara et de la mer Noire.
Nous sommes surpris d'apprendre que depuis le début de la guerre en Ukraine, la route migratrice de nombreux oiseaux a changé.
Jean Bocquel
Eylül Özdağlar
Çağan Abbasoğlu
Après ces 3 exposés très enrichissants et qui vont certainement nous inspirer pour la suite du projet, nous prenons le vapur pour aller à Beşiktaş, quartier dont le 3ème club historique porte le nom. Proche de l'embarcadère, nous visitons avec grand intérêt le musée naval dans lequel des caïques de l'empire ottoman font face au Bosphore. Elles sont majestueuses et nous les imaginons très bien poıur passer d'une rive à l'autre, d'un palais à l'autre ou lors de cérémonie sur la Corne d'Or. Des pièces retracent l'histoire navale d'Istanbul.
Après cette visite, nous nous rendons à pied à Ortaköy (le village au milieu). Nous passons devant des palaces et l'université francophone de Galatasaray.
Ortaköy est un tout petit quartier, une sorte de havre de paix. Il regorge de petites échoppes et boutiques de souvenirs. Nous mangeons des kumpir, d'immenses pomme de terre farcies à ce que nous voulons.
Nous jouons aux touristes en remarquant un vendeur de glace jongler avec ses cornets. C'est très amusant.
Le temps se fait menaçant. Il est temps de retourner au lycée. Sur le vapur, nous assistons à une régate sur le Bosphore. Les spi sont de sortie. Nous nous voyons un jour en équipage sur l'un de ces majestueux voiliers.
Samedi 14 septembre : c'est fini ! 😭
Jean-Louis Aubert chantait "Voilà, c'est fini"
Nous préférons les paroles de Patrick Bruel avec "On se reverra dans 20 ans" même si nous espérons, et nous le savons, que ce sera dans beaucoup moins de temps. Peut-être en juin ou septembre 2025 à Lorient, à Thessalonique ou autre part.
Comme un nœud de marins raccordant 2 bouts, nous sommes liés par le FrenchShip.
Cap sur 2025 ...
A suivre ...
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