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SPCT - Symbolisme Phonétique & Correspondances Transmodales


Colloque international interdisciplinaire

Université Paris-Sorbonne / Salle des actes 

4 et 5 mai 2017


Le colloque SPCT/SSCC vise à susciter une rencontre entre les chercheurs travaillant dans le champ du symbolisme phonétique et ceux qui travaillent sur les correspondances transmodales. Les disciplines sollicitées sont la linguistique, la philosophie, les études littéraires, la psychologie expérimentale et, plus largement, les sciences cognitives. Si, au plan international, les recherches sur le symbolisme phonétique et sur les correspondances intermodales se sont considérablement développées depuis une vingtaine d’années, ces thématiques sont encore mal connues en France. Le colloque SPCT//SSCC a donc également pour objectif de contribuer au développement de ce type de thématique dans la recherche française.

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La notion de « symbolisme phonétique » (Gabelentz 1891, Jespersen 1922, Peterfalvi 1970, Hinton et al. 1994, Nuckolls 1999, Nobile et Lombardi-Vallauri 2016) vise à caractériser tout type de lien motivé, que ce soit direct ou indirect, par similarité ou par contiguïté, entre le signifiant phono-articulatoire d'une unité linguistique et son signifié, son concept, ou son référent. Il s'agit d'une forme d'iconicité opérant sur le niveau phonologique (Jakobson 1965, De Cuypere 2008, Nobile 2014). Bien que cette notion soit clairement opposée au principe dit de « l’arbitraire du signe », les travaux contemporains sur le symbolisme phonétique ne nient en aucune façon la pertinence de ce principe mais considèrent qu’il ne rend compte que d’un aspect partiel des phénomènes langagiers. L’existence de phénomènes relevant du symbolisme phonétique est en effet prouvée par un vaste ensemble de données, à la fois expérimentales et descriptives. 

La recherche expérimentale (Köhler 1929, Sapir 1929, Newman 1933, Brown et al. 1955, Chastaing 1958, 1962 1964 et 1966, Davis 1961, Taylor et Taylor 1962, Peterfalvi 1970, Fonagy 1983, Cassidy et al. 1999, Gentilucci 2003 et 2008, Bergen 2004, Westbury 2005, Crisinel et al. 2012, Nielsen et Rendall 2011, Saji et al. 2013, D'Onofrio 2014, Nobile 2015, Nobile et Ballester [à paraître]) a interrogé la tendance spontanée des locuteurs à attribuer des valeurs « proto-sémantiques » intrinsèques aux sons du langage et a démontré, par exemple, que l'opposition entre des phonèmes [graves] comme /u/ ou /b/ et des phonèmes [aigus] comme /i/ ou /p/ est associée régulièrement aux oppositions visuelles entre {grand} et {petit}, {courbe} et {pointu}, {sombre} et {lumineux}, entre autres. Plus récemment, la recherche en neurophysiologie a commencé à identifier les régions du cortex et les créneaux temporels de l'activité cérébrale spécifiquement associés au traitement du symbolisme phonétique (Arata et al. 2010, Kovic et al. 2010, Revill et al. 2014). 

De son côté, la recherche descriptive a fourni des analyses de plus en plus approfondies et systématiques des principaux phénomènes de symbolisme phonétique présents dans les langues : les onomatopées (Grammont 1901, Jespersen 1922, Rhodes 1994, Zerling 2000, Torres Sánchez et Berbeira Gardón 2003), les idéophones (Peck 1886, Hjelmslev 1928, Doke 1935, Samarin 1965 et 1971, Child 1994, Hamano 1998, Voeltz et Kilian-Hatz 2001, Jendarschek 2001, Akita 2009, 2011 and 2012, Dingemanse 2012), les phonesthèmes et le submorphèmes (Firth 1930, Bolinger 1949, Guiraud 1967, Bowles 1995 et 1998, Bergen 2004), les structures phonosémantiques de la morphologie (Jakobson 1965 et 1979, Ultan 1978, Malkiel 1990, Nobile 2010 et 2011) et plus récemment la tendance générale du lexique à s'organiser de façon iconique, mise en lumière par les études sur les grands corpus (Wichman et al. 2010, Urban 2011, Haynie et al. 2014, Monaghan et al. 2014, Blasi et al. 2016, Dautriche et al. 2016). 

Ces résultats ont des retombées applicatives intéressantes dans plusieurs domaines, par exemple le marketing (Klink 2000, Yorkston et Menon 2004, Ngo et Spence 2011), l'étude de l'acquisition et de l'apprentissage des langues (Parault and Schwanenflugel 2006, Monaghan et al. 2012, Imai et al. 2008 and 2015, Nygaard et al. 2009), l'analyse littéraire (Delbouille 1961 et 1984, Sasso 1982, Cappello 1990, Anderson 1998, Fonagy 2001, Tabakowska et al. 2007) et la spéculation théorique sur l'origine du langage (Rizzolatti and Arbib 1998, Ramachandran and Hubbard 2001, Rizzolatti and Craighero 2007, Changizi 2011).

Au plan théorique, le symbolisme phonétique constitue un cas exemplaire de la « cognition incarnée », dans la mesure où son existence dans le langage plaide en faveur d’un lien fondamental entre les unités linguistiques et la vie perceptive, motrice et émotionnelle des sujets parlants.

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L’étude des correspondances transmodales (crossmodal correspondences ; Spence 2011, Deroy et  Spence, 2016) peut être considérée comme une généralisation de la problématique du symbolisme phonétique. Au lieu de s’intéresser au lien entre l’expérience phono-articulatoire des sons du langage et l’expérience des significations, elle s’intéresse au lien entre deux expériences sensori-motrices quelconques : audition et toucher, audition et goût, vision et toucher, vision et olfaction, etc. 

Par exemple, il a été récemment démontré que les odeurs de la fumée et du chocolat tendent à être associées à des sons plus graves que les odeurs des agrumes et des fruits (Crisinel et Spence 2011 et 2012, Deroy et al. 2013), tandis que les goûts amer et salé sont perçus comme plus graves que le sucré et l’acide (Knoeferle et al. 2015, Crisinel et Spence 2009 et 2010). Les rapports entre les correspondances transmodales et la synesthésie sont encore à l’étude mais il semble établi que, si les synesthètes présentent des particularités cognitives qui les distinguent de la majorité des individus, les correspondances transmodales sont au contraire une caractéristique générale de la cognition humaine (Deroy et Spence, 2013). 

Certaines de ces correspondances sont considérées comme universelles (par exemple entre l’intensité sonore et la luminosité), d’autres sont supposés culturellement variables (par exemple entre la hauteur physique, haut/bas et la hauteur acoustique, aigu/grave; cfr. Eitan et Timmers 2010). Dans tous les cas, elles sont une propriété fondamentale de notre système cognitif, qui joue un rôle essentiel dans la compréhension de l’intégration multi-sensorielle et qui peut en outre être considérée comme un précurseur de l’aptitude à l’abstraction. C’est pourquoi ce type de phénomène intéresse aussi bien la psychologie cognitive et la neuropsychologie que la philosophie de la cognition (Parise, 2016 ; Deroy et Spence, 2016).

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La rencontre entre symbolisme phonétique et correspondances transmodales peut s'avérer fructueuse non seulement pour leurs points d'intersection, mais également en raison des écarts et des différences qui les séparent. D'une part, en effet, les deux phénomènes procèdent d’analogies hétérogènes, c’est-à-dire de processus cognitifs fondés sur des similarités entre entités de nature ontologique différente (Monneret 2004, 2014). D'autre part, pourtant, chacun d'entre eux excède en partie le domaine de l'autre. 

La recherche sur les correspondances transmodales analyse une plus large variété de phénomènes perceptifs et met en lumière le réseau de liens extralinguistiques existant entre eux : cela peut constituer une importante source d'hypothèses pour la recherche sur le symbolisme phonétique (par exemple, sachant que l'amer est associé aux notes graves, on peut se demander si l'expression linguistique de l'amertume tend ou non à préférer des phonèmes graves, ou si elle tend ou non à se rapprocher phonologiquement de l'expression linguistique de la gravité). 

De son côté, la recherche sur le symbolisme phonétique n'analyse, certes, qu'un sous-ensemble délimité de phénomènes intermodaux mais elle est amenée à le faire toujours dans le cadre d'un système formel d'oppositions et de combinaisons, celui de la langue. Ce dernier fonctionne en partie comme une totalité solidaire et complexe. Cela peut constituer un défi pour la recherche expérimentale sur les correspondances transmodales, car il s'agit de comprendre comment une pluralité d'effets perceptifs simples peut se combiner à l'intérieur d'un système pour donner lieu à des effets complexes.

C’est à la fois au point d’intersection entre les deux domaines et à leur complémentarité que ce colloque s’intéressera, en suscitant une rencontre entre linguistes, psychologues, philosophes, spécialistes des études littéraires, des sciences cognitives ou encore du traitement automatique des langues. Les questions directrices de la réflexion seront les suivantes: 

a) Dans l’état actuel de la recherche, comment peut-on s’appuyer sur les résultats et les méthodologies disponibles pour progresser vers une plus grande systématicité des analyses ? 

b) Quelles stratégies peut-on adopter pour parvenir à des analyses concluantes, non seulement sur les faits perceptifs élémentaires, mais également sur leurs interactions et combinaisons à l'intérieur de structures complexes comme celles des langues ? 

c) Comment départager les phénomènes universaux de ceux qui dépendent des langues et des cultures, et comment rendre compte de leur présence simultanée et de leur influence réciproque ?  

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Les propositions de communications pourront aborder les thèmes suivants (liste non exhaustive):

- Approches théoriques ou historico-épistémologiques du symbolisme phonétique et/ou des correspondances transmodales

- Universaux dans le champ du symbolisme phonétique et/ou des correspondances transmodales

- Recherches expérimentales sur le symbolisme phonétique et/ou les correspondances transmodales

- Recherches descriptives sur le symbolisme phonétique dans les langues et dans les textes

- Rôle des corpus informatisés et du traitement automatique du langage dans la recherche descriptive sur le symbolisme phonétique

- Rôle du symbolisme phonétique et/ou des correspondances transmodales dans l'acquisition et dans l'apprentissage des langues

- Applications dans les domaines du marketing, du web sémantique et de l'intelligence artificielle

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Les langues du colloque sont le français et l'anglais.

Les propositions, comprenant un titre et un résumé de 2000 signes (espaces et bibliographie inclus), seront adressées avant le 10 février 2017 simultanément aux deux organisateurs :


Les frais d’inscription pour les participants sont de 100 € (avant le 30 avril) ou 150€ (après le 30 avril). L'accès est gratuit pour le public.

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  100. Zerling, J. P. (2000), « Structure syllabique et morphologique des mots à caractère onomatopéique et répétitif », Travaux de l'Institut de Phonétique de Strasbourg 30, 115-162.

SSCC - Sound Symbolism & Crossmodal Correspondences


International Interdisciplinary Conference

University of Paris-Sorbonne / Salle des Actes 

4 and 5 May 2017



The SSCC//SPCT conference aims to create an encounter between researchers working in the field of sound symbolism and those working on crossmodal correspondences. The disciplines involved are linguistics, philosophy, literary studies, experimental psychology and, more broadly, cognitive science. If at an international level, research on sound symbolism and crossmodal correspondences has considerably developed over the past twenty years, these issues are still relatively overlooked in France. The SSCC//SPCT conference therefore also aims to contribute to the development of this type of approach in French research.


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The concept of "sound symbolism" (Gabelentz 1891, Jespersen 1922, Peterfalvi 1970, Hinton et al. 1994, Nuckolls 1999, Nobile and Lombardi-Vallauri 2016) intends to characterize any type of motivated link, whether direct or indirect, based on similarity or contiguity, between the phono-articulatory signified of a linguistic unit and its signified, its meaning or its referent. It is a form of linguistic iconicity operating at a phonological level (Jakobson 1965, De Cuypere 2008, Nobile 2014). Even if this concept is clearly in opposition with the principle of the "arbitrariness of the sign", contemporary works on sound symbolism usually do not deny this principle, but they consider that it only covers a partial aspect of the linguistic phenomena. The existence of sound symbolism is indeed evidenced by a large set of data, both experimental and descriptive.  

Experimental research (Köhler 1929, Sapir 1929, Newman 1933, Brown et al. 1955, Chastaing 1958, 1962 1964 and 1966, Davis 1961, Taylor and Taylor 1962, Peterfalvi 1970, Fonagy 1983, Cassidy et al. 1999, Gentilucci 2003 and 2008, Bergen 2004, Westbury 2005, Crisinel et al. 2012, Nielsen and Rendall 2011, Saji et al. 2013, D'Onofrio 2014, Nobile 2015, Nobile and Ballester [forthcoming]) has largely documented the spontaneous tendency of speakers to assign intrinsic "proto-semantic" values to speech sounds. It has demonstrated, for instance, that the phono-articulatory contrast between [grave] phonemes like /u/ or /b/ and [acute] phonemes like /i/ or /p/ is regularly associated with visual contrasts between {large} and {small}, {rounded} and {sharp}, {dark} and {bright}, among others. More recently, neurophysiological research has started to identify the areas of the cortex and the time slots in the cortical activity that are specifically associated with processing sound symbolism (Arata et al. 2010, Kovic et al. 2010, Revill et al. 2014).

On the other hand, descriptive research has been producing more and more in-depth and systematic analysis of the main phenomena of sound symbolism existing in languages: onomatopoeias (Grammont 1901, Jespersen 1922, Rhodes 1994, Zerling 2000, Torres Sánchez and Berbeira Gardón 2003), ideophones, mimetics or expressives (Peck 1886, Hjelmslev 1928, Doke 1935, Samarin 1965 and 1971, Child 1994, Hamano 1998, Voeltz and Kilian-Hatz 2001, Jendarschek 2001, Akita 2009, 2011 and 2012, Dingemanse 2012), phonesthemes and submorphemes (Firth 1930, Bolinger 1949, Guiraud 1967, Bowles 1995 et 1998, Bergen 2004), phonosemantic structures in morphology (Jakobson 1965 et 1979, Ultan 1978, Malkiel 1990, Nobile 2010 et 2011) and more recently the general tendency of the lexicon to organize along the line of iconicity, as exemplified by a number of studies over big corpora (Wichman et al. 2010, Urban 2011, Haynie et al. 2014, Monaghan et al. 2014, Blasi et al. 2016, Dautriche et al. 2016). 

These results can have interesting applications in several fields, for instance in marketing (Klink 2000, Yorkston et Menon 2004, Ngo et Spence 2011), in language acquisition and language learning studies (Parault and Schwanenflugel 2006Monaghan et al. 2012, Imai et al. 2008 and 2015, Nygaard et al. 2009), in literary analysis (Delbouille 1961 et 1984, Sasso 1982, Cappello 1990, Anderson 1998, Fonagy 2001, Tabakowska et al. 2007) and in theoretical speculations on the origin of language (Rizzolatti and Arbib 1998, Ramachandran and Hubbard 2001, Rizzolatti and Craighero 2007, Changizi 2011).

At the theoretical level, sound symbolism is an exemplary case of "embodied cognition", as its existence in language pleads for a fundamental link between linguistic units and the motor, perceptual and emotional life of speakers.

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Research on crossmodal correspondences (Spence 2011, Deroy et Spence 2016) can be considered as a generalization of the problem of sound symbolism. Instead of focusing on the link between the phono-articulatory experience of speech sounds and the experience of meanings, the crossmodalist approach focuses on the relationship between any two sensorimotor experiences: hearing and touch, hearing and taste, vision and touch, vision and olfaction, etc.

For instance, it has recently been demonstrated that odors of smoke and chocolate tend to be associated to more grave sounds than odors of citrus and fruit (Crisinel and Spence 2011 and 2012, Deroy et al. 2013), while bitter and salty tastes are perceived as lower pitched than sweet and sour (Knoeferle et al. 2015, Crisinel and Spence 2009 and 2010). Relationships between crossmodal correspondence and synaesthesia are still being studied but it seems established that, if synaesthetes show cognitive features distinguishing them from most people, crossmodal correspondences, on the contrary, are a general feature of human cognition (Deroy et Spence, 2013).

Some of these correspondences are considered universal (e. g. between sound intensity and brightness) while others are considered culturally variable (for instance between physical height {up:down} and acoustical height {acute:grave}; cfr. Eitan and Timmers 2010). They are thus a fundamental property of our cognitive system, which can play an essential role in understanding multisensorial integration and be considered as a precursor of the ability of abstraction. That is why this type of phenomenon concerns both cognitive psychology and neuropsychology as well as the philosophy of cognition (Parise, 2016 ; Deroy and Spence, 2016).

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The encounter between phonetic symbolism and crossmodal correspondence can prove fruitful, not only for their points of intersection, but also because of the differences that separate them. On the one hand, the two phenomena proceed from heterogeneous analogies, that is to say from cognitive processes based on similarities between entities of different ontological nature (Monneret 2004, 2014). On the other hand, however, each partially exceeds the domain of the other.

Research on crossmodal correspondence analyzes a wider variety of perceptual phenomena and highlights the network of extralinguistic links that exist between them: this can be an important source of hypotheses for the research on phonetic symbolism (for example, if bitter taste is associated with grave notes, one may wonder whether the linguistic expression of bitterness tends to prefer grave phonemes or not, or whether or not it tends to approximate phonologically to the linguistic expression of gravity).

As for research on sound symbolism, it certainly analyzes only a limited subset of crossmodal phenomena, but it always has to do so within the framework of a formal system of oppositions and combinations, which is that of language itself. The latter functions partly as an interdependent and complex whole. This may constitute a challenge for experimental research on crossmodal correspondences because it is a matter of understanding how a plurality of simple perceptual effects combine within a system to generate complex effects.

This conference will address both the point of intersection between the two fields and their complementarity, offering to bridge the gap between linguists, psychologists, philosophers and literary studies, cognitive science and natural language processing specialists. The guiding questions of this conference are the following:

a) In the present state of research, how can we build on the available results and methodologies to move on to systematizing the analyses? 

b) What strategies can be adopted to achieve conclusive analysis not only on basic perceptual facts, but also on their interactions and combinations within complex structures languages are? 

c) How to separate universal phenomena from those depending on languages and cultures, and how to account for their simultaneous presence and their mutual influence?

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We invite paper proposals which may address the following topics (not exhaustive):

- Theoretical approaches of sound symbolism and / or crossmodal correspondences 

- Universals in the field of sound symbolism and / or crossmodal correspondences

- Experimental research on sound symbolism and / or crossmodal correspondences 

- Descriptive research on sound symbolism in languages and in texts 

- Role of computerized corpora and natural language processing in the descriptive research on sound symbolism

- Role of sound symbolism and / or crossmodal correspondences in the acquisition and learning of languages 

- Applications in the areas of marketing, semantic web and artificial intelligence

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Conference languages are French and English.

Proposals, consisting of a title and an abstract of 2000 characters (including spaces and bibliography), should be sent before 10 February 2017 simultaneously to the two organizers: 




Registration fee for the participants is 100 € (before 30 Avril) or 150 € (after 30 Avril). Free attendance for the general public.





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Luca Nobile,
26 nov. 2016 à 13:02
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Luca Nobile,
26 nov. 2016 à 13:02
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