Date de publication : 21 janv. 2016 14:49:16
Après 2 ans et demi de fonctionnement, il est temps de tirer un bilan de cette expérimentation qui se poursuit jusque juin 2016.
LAHGGLO a édité un rapport qui souligne les points suivants
La connaissance de l’existence de ce service par les habitants et sa compréhension a pris du temps. Le bouche à oreilles a été un facteur clé de propagation de l’information.
Compte tenu du délai pris pour l’extension du service à Corenc et La Tronche reporté au 1er octobre, la prolongation jusque mi 2015 était nécessaire pour avoir une évaluation en situation stabilisée. On a constaté une progression régulière de son utilisation par les habitants de ces deux communes bien après la mise en service au 1er octobre 2014. Particulièrement sur la commune de Corenc probablement eu égard à sa situation particulière car plus éloignée du réseau magistral que La Tronche.
Par ailleurs nous devons reconnaître que si les responsables du Groupement de Taxis de la Banlieue Grenobloise, au moins ceux qui présidaient aux destinées du groupement à l’origine du projet, ont été plutôt intéressés par cette expérimentation et prêts à faire des efforts, il n’en est pas de même pour la majorité des artisans de ce groupement. Une part d’entre eux considère que ce service ne va pas dans le bon sens pour leur activité, voire est contre-productif : il réduirait le nombre de courses vers la gare ou leur ferait manquer des courses plus lucratives avec les clients des entreprises pour rejoindre les villes ou aéroports voisins par exemple.
Le besoin de ce service existe si l’on se réfère aux avis des utilisateurs. Certaines données manquent pour déterminer en quoi sociologiquement il rend des services à une tranche de population que l’on pourrait souhaiter aider. C’est à retenir pour remonter cette information dans la troisième phase de l’expérimentation à partir du 7 juillet 2015.
Il ne faudra pas oublier pour ne pas faire de conclusions hâtives, qu’un déplacement complet aller retour en ville en utilisant ce service, qui suppose que l’on emprunte obligatoirement un tronçon TC, présente un coût voisin de 7 €. A plusieurs reprises la remarque a été faite par des utilisateurs que le recours à ce service pour un aller retour en ville présentait un coût trop important. Trop pour dissuader fortement l’usage de son véhicule personnel en particulier pour les déplacements de courte durée. C’est ce qui explique que l’on a une utilisation très occasionnelle.
Malgré tout il y a une réelle plus value de ce service tout à fait considérable : 365 jours par an, amplitude horaire de 5 h à 1 h, prise et dépose au domicile. Le principal frein étant le caractère aléatoire de la ponctualité des rendez-vous de la part des taxis en fonction du jour, de l’heure, de la météo et l’impossibilité pour le moment d’en être informé par les taxis. En principe la technologie devrait-être en mesure de régler cette lacune rapidement. Ce serait leur intérêt car des services de type über le permettent.
L’encouragement à covoiturer proposé au début de la mise place du service par un tarif incitatif n’aurait eu aucune incidence réelle. En effet sur les 900 courses seules quelques unes ont concerné plusieurs personnes qui se sont partagé les 2€ du ticket modérateur. Ces personnes étaient membres du groupe qui a participé à la gestation de ce service. Elles se sont concertées pour des déplacements en ville : cinéma entre autre.
Un tel service ne sera pas la solution pour répondre aux besoins en zone peu dense, moins bien desservies par les TC institutionnels. En revanche il pourrait être un complément utile à la mise en ouvre d’autres alternatives à la voiture en solo. Nous y avons pensé par exemple comme complément à la mise en place d’un auto stop organisé sur la région grenobloise en offrant la « garantie de retour ». En effet la crainte de ne pas trouver de solution pour un retour sur le même principe que l’aller, à une heure où l’offre faiblit, peut décourager de faire le déplacement avec un mode alternatif à la voiture. Ce pourrait être un des paliers de l’offre de service à définir.