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Vocabulaire à maîtriser :
Totalitarisme : régime à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée et dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société.
Génocide : Extermination physique intentionnelle, systématique et programmée d’une population
Crime contre l’humanité : acte criminel à l'encontre d'un groupe humain, violant gravement les droits de la personne.
Collaboration : Politique de coopération active avec un occupant ennemi.
Résistance : mouvement qui s'oppose à l'occupation d'un pays par des forces étrangères
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I. Les totalitarismes
A. Caractéristiques du totalitarisme nazi
1. La situation économique et politique en Allemagne
Pour comprendre le nazisme et l’adhésion de la population allemande à l’utopie proposée par ce régime totalitaire, il faut repartir en 1918. La défaite lors de la Première guerre mondiale est incompréhensible pour les Allemands qui, pétris d’optimisme par la propagande victorieuse, voient leur gouvernement demander l’armistice alors que leur territoire n’a pas été envahi et que leurs armées sont en territoire étranger. L’armée allemande est incapable de briser le front de l’Ouest malgré la guerre concentrée sur cet unique front et l’Etat major décide de faire porter la responsabilité de la défaite sur les civils. Mutineries et grèves s’étant propagées un peu partout en Allemagne, le mythe du « coup de poignard dans le dos » est diffusé. Les juifs et les militants de gauche sont désignés comme responsables de la défaite.
A cette défaite inexplicable s’ajoute l’humiliation du traité de Versailles. Selon les mots de Johan Chapoutot et de Christian Ingrao, « La paix est tellement dure qu’elle apparaît aux Allemands comme la poursuite de la guerre par d’autres moyens ».
Les partis nationalistes d’extrême droite se multiplient et le parti nazi, le NSDAP, n’est qu’un parti de plus dans le paysage politique d’après-guerre. Ces partis insistent dans leur propagande sur leur perte de souveraineté au travers d’un discours xénophobe, antisémite mais aussi résolument contre les partis de gauche et les syndicats. De même, l’invasion de la Rhur par la France en 1923 alimente la conviction que les puissances étrangères veulent la disparition de l’Allemagne. En 1929, le plan Young renforce cette conviction en rééchelonnant le remboursement des réparations de guerre jusqu’en 1988. Les Allemands ont l’impression que le cauchemar de la défaite et de l’humiliation ne cessera jamais.
La République de Weimar, née sur les cendres de la défaite, connaît un âge d’or économique entre 1924 et 1929. Celui-ci s’achève brutalement avec la crise financière et économique de 1929 née aux Etats-Unis. La crise frappe durement l’Allemagne qui voit son taux de chômage passer de 3% en 1928 à près de 30% en 1932. Le spectre de la famine refait son apparition et les cas de tuberculose se multiplient.
Le pouvoir en place s’avère incapable de résoudre les difficultés économiques et le président du Reich, le maréchal Hindenburg, enterre les principes démocratiques dès mars 1930 en exploitant les subtilités de la constitution. C’est la fin de la République parlementaire et la mise en place d’un pouvoir présidentiel avec une concentration des pouvoirs. De dissolution ratée en dissolution ratée, le Maréchal Hindenburg refuse de prendre en compte les résultats des élections. La volonté obsessionnelle de rester au pouvoir alliée aux pressions du patronat et à une détestation des partis de gauche aboutissent à la désignation d’Adolf Hitler comme chancelier le 30 janvier 1933.
Comme le souligne les historiens spécialistes du Nazisme, l’accession au pouvoir du nazisme n’avait rien d’inéluctable. L’incapacité des gouvernements successifs à juguler la crise économique, couplée avec un taux de chômage qui augmente de façon exponentielle, a bien sûr profiter au NSDAP. Les résultats aux législatives le prouvent : le parti nazi ne recueille que 2,6% des voix en 1928, alors qu’il atteint 37,4% des voix au plus fort de la crise aux élections de juillet 1932. Cependant, sous la République de Weimar, le parti nazi ne dépassera jamais ce score, n’atteignant jamais une majorité absolue. De même, les législatives de novembre 1932 aboutissent à une perte de plus de 2 millions d’électeurs pour le parti nazi alors que le nombre de chômeurs diminue. Le lien entre succès électoraux nazis et taux de chômage a encouragé certains à prendre des raccourcis ces dernières années et à sous-entendre que les chômeurs étaient responsables du vote nazi. Or, ni les chômeurs, ni les ouvriers ne votent pour le parti nazi. De même, « Là où le taux de chômage est le plus élevé, le NSDAP enregistre des scores électoraux plus faibles ». Alors qui vote pour le NSDAP ? Une partie des classes moyennes et de la bourgeoisie se détournent des partis de droite traditionnels pour porter leurs suffrages sur ce parti plus jeune et radical.
2. Un contrôle de la population
Suite à la nomination d’Hitler comme chancelier, la démocratie, qui était déjà moribonde depuis 1930 sous les coups de boutoir répétés du président Hindenburg, est mise à mort dès les 6 premiers mois suivants.
Ce n’est pas une surprise pour ceux qui ont suivi les déclarations d’Adolf Hitler en 1931 lors du procès contre Werner Best. Il y affirmait, qu’une fois au pouvoir, "les nazis couleraient l’Etat".
Le 27 février 1933, le Reichstag est incendié et fournit le prétexte attendu pour abolir définitivement les droits fondamentaux. Dès le 23 mars, Hitler obtient les pleins pouvoirs pour 4 ans, tandis que le 1er mai, les syndicats sont dissous. Le 14 juillet 1933, le NSDAP devient officiellement parti unique et le régime est installé.
Le totalitarisme est un type de système politique dans lequel existe un parti unique, n'admettant aucune opposition organisée et où l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société.
Le contrôle de la population se partage entre utilisation de la terreur, encadrement et embrigadement de la population et adhésion. La terreur s’exerce au travers des SS, de la gestapo (nom de la police politique) et des camps de concentration (le premier, Dachau, est fondé le mois de mars 1933). Ceux-ci sont utilisés dans un premier temps pour isoler les opposants à Hitler, parmi lesquels les communistes. On dénombre sur la période 1933-1939, 200 000 allemands envoyés en camp de concentration. L’internement en camp n’est que temporaire durant cette période d’avant-guerre et a comme objectif de mettre au pas les opposants au régime et à décourager d’éventuelles autres oppositions.
Le nazisme organise son idéologie autour de la race nordique aryenne, supérieure selon eux aux autres races, et à la Volksgemeinschaft, que l’on peut traduire par « communauté du peuple ». Celle-ci se fonde sur les liens du sang, sur un destin commun et sur une foi politique commune, loin de toute lutte des classes. Ce sang allemand est précieux et la population doit faire l’objet d’attention, à la fois pour l’attacher au régime mais aussi au nom de la protection de la race. Le nazisme, tout en détruisant l’Etat, crée de multiples structures qui doivent veiller au bien-être de la société : Le KDF, Kraft durch Freude, c’est-à-dire « La force par la joie » doit organiser les loisirs et les vacances des Allemands. On note aussi l’existence d’une « ligue nationale socialiste de bienfaisance » (NSV) et d’une « oeuvre d'entraide hivernale » (WHW). L’idée est de contrôler les sociabilités tout en se présentant sous un jour bienveillant. L’historien Christian Ingrao parle de « Dictature de la participation » et donne l’exemple de Francfort-sur-le-Main peuplée de plus d’un million d’habitants et tenue par seulement 120 fonctionnaires de la Gestapo. Cette mainmise n’est possible que si le nazisme dispose d’une véritable participation populaire au contrôle social.
L’encadrement de la population et la diffusion de l’utopie nazie passe aussi par les établissements scolaires et « Les jeunesses hitlériennes ». Cette organisation paramilitaire est conçue pour entraîner les garçons à devenir des combattants et des soldats au service de la cause nazie. Les filles ont des structures équivalentes axées sur le sport qui doivent préparer leurs corps à la maternité. La préservation du sang allemand passe par une forte fécondité et les encouragements moraux à fonder une famille nombreuse sont légion.
Hitler est le « Führer », c’est-à-dire le guide, celui qui conduit. Selon cette conception, il est infaillible et il est le seul à pouvoir mener le peuple allemand vers la réalisation de son destin. Le terme de « Führer » a une forte connotation militaire et implique que le mouvement nazi continue la guerre contre les ennemis du peuple allemand.
3. Un monde racialisé
Le peuple allemand doit continuer à être racialement pur. Depuis l’origine, le NSDAP développe une idéologie raciste et antisémite. Plus de 400 lois discriminatoires se succèdent sous le IIIème Reich contre la population juive afin d’organiser leur mort sociale et les pousser à l’exil. Après l’appel au boycott des magasins juifs dès 1933, les lois de Nuremberg de 1935 complètent l’arsenal de mise à l’écart des juifs de la société et institutionnalise une éviction des juifs de la société allemande : interdiction des mariages et des relations sexuelles entre juifs et allemands, exclusion des juifs de la nationalité allemande. En parallèle, les juifs sont aussi interdits de pratiquer certains métiers, dont la liste ne fait que s’allonger au fil du temps.
En mai 1933, ont lieu des autodafés, c’est-à-dire des destructions rituelles de livres ou autres écrits par le feu, qui doivent se débarrasser de « l’esprit non allemand ». Outre les livres d’obédience communistes, les écrits juifs sont particulièrement ciblés. D’ailleurs, dans les 12 propositions contre « l'esprit non allemand » qui structurent ces autodafés, le point 4 affirme que « Notre ennemi principal est le juif et celui qui l'écoute ».
Ces politiques discriminatoires culminent avant-guerre par une explosion de violence organisée par le régime nazi lors de « la nuit de cristal » qui a lieu dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. Les violences continuent pendant les semaines suivantes. Présenté comme un mouvement populaire spontané suite à l’assassinat d’un diplomate allemand par un juif polonais, ce pogrom est en réalité décidé par Hitler, mis en œuvre par Goebbels et réalisé par les SA, les SS et les membres des jeunesses hitlériennes. Selon l’historien Peter Longerish, « le régime a [...] pu considérer comme un succès l'attitude généralement passive dans laquelle se sont enfermés la plupart des Allemands pendant les débordements. Une action violente contre les Juifs allemands avait pu être déclenchée sans soulever de protestation publique. Sur le plan de la propagande, cela revenait à une approbation ». Le bilan est terrible : au niveau matériel, on recense plus de 7 500 magasins saccagés et 267 synagogues brûlés. Au niveau humain, au moins 91 juifs sont assassinés et on dénombre des milliers de juifs blessés. Dans les mois qui suivent, 30 000 juifs sont arrêtés et déportés. C’est un traumatisme pour la population juive qui pousse 80 000 juifs à choisir l’exil tandis que plusieurs milliers de juifs se suicident.
Cette idéologie raciste s’étend aux handicapés physiques et mentaux, aux tsiganes et aux noirs :
En 1933, la loi sur « la prévention des désastres héréditaires » organise la stérilisation d’individus considérés comme « tarés » : schizophrènes, aveugles, autres handicapés physiques et mentaux allemands. La stérilisation a également été imposée aux homosexuels, ainsi qu'à une partie des Noirs résidant en Allemagne.
En 1939, le programme Aktion T4 organise la mise à mort par gazage ou fusillade des handicapés physiques et mentaux considérés comme des "bouches inutiles" à nourrir et ce d’autant plus dans un contexte de guerre où les ressources doivent être utilisées en priorité pour les soldats. Environ 200 000 Allemands furent victimes entre 1939 et 1945 des meurtres par « euthanasie » par du personnel médical. Là aussi, la population allemande, pétrie par la propagande nazie sur la protection de la race, accepte dans son immense majorité la mise à mort dans des conditions plus ou moins discrètes de ces vies considérées comme « indignes » selon le mémorandum de 1939.
B. Totalitarisme en URSS
RAPPEL : En février et en octobre 1917, deux révolutions secouent l’Empire Russe mettant fin au règne des tsars. Lénine met en application les théories de Karl Marx : Il veut atteindre la justice sociale en supprimant la propriété privée. Désormais tout appartient à l’Etat. Le communisme est né.
En 1922, est créée l'URSS (l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques). Il s'agit d'un Etat fédéral composé de plusieurs républiques correspondant chacune à un peuple de l'ancien empire des tsars.
En 1924, Lénine meurt et laisse une guerre de succession faire rage entre Staline et Trotski. C'est Staline qui l'emporte et qui devient le maître de l'URSS (1927-1953). Il met en place un système dictatorial nommé « TOTALITARISME »
En 1929, Staline décide de moderniser l'économie russe. Il fixe un plan de développement nommé « plans quinquennaux » qui fixe pour 5 ans les objectifs de production à atteindre impérativement. L'industrie lourde et les biens d'équipement sont privilégiés. Dans l'industrie, cette planification fonctionne : En 1939, l'URSS est la troisième puissance industrielle mais la population souffre de nombreuses pénuries.
L'Etat impose la collectivisation des terres (politique agricole dont l'objectif est de supprimer les exploitations individuelles et de les regrouper en fermes collectives). Les paysans, les koulaks , doivent renoncer à leurs terres et les regrouper en exploitations collectives (Kolkhoses). Il y a aussi la création des fermes modèles (Sovkhoses). La résistance de la part des paysans est très forte et la répression est dure : déportation au goulag. 2 millions de paysans résistent à cette collectivisation des terres. De plus, les faibles productions sont à l'origine de famine. L'Etat refusant de reconnaître l'échec de la collectivisation, et voulant donner une leçon à ceux qui s'opposent aux politiques de Staline, condamne 7 millions d'ukrainiens à la mort en fermant les frontières de la République et en organisant une famine.
La population est surveillée par une police politique (NKVD) qui a tous les droits. Les personnes arrêtées sont tuées, emprisonnées ou déportées en masse dans des goulags (principalement en Sibérie). Le parti communiste lui-même est soumis à des purges sanglantes qui culminent avec les grands procès de Moscou (1936-1938). Staline fait arrêter les compagnons de Lénine qu'il considère comme des rivaux possibles. On les force à avouer sous la torture. Ils sont jugés de manière « symbolique » et la plupart sont exécutés.
La propagande vise à convaincre les soviétiques qu'ils vivent dans la société la plus heureuse au monde grâce au communisme. A l'école on enseigne le communisme comme un catéchisme. Les jeunes sont embrigadés dans l'organisation des Pionniers puis dans la ligue des Jeunesses communistes.
C. La marche vers la guerre
Dès l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir, est mise en place une politique étrangère visant à incorporer dans le IIIème Reich les populations allemandes vivant hors des frontières allemandes, à assurer la domination allemande sur l'Europe de l'Ouest, et à acquérir à l'Est un nouvel espace vital (Lebensraum). Hitler s’appuie sur le fait que le traité de Versailles a privé l’Allemagne de 15% de son territoire, de 10% de sa population et de toutes ses colonies. Hitler a pour objectif de constituer cette Grande Allemagne par la force. D’ailleurs, dès octobre 1933, l’Allemagne « quitte la Société des Nations, protestant ainsi contre l’ordre juridique, diplomatique et politique international créé par le traité de Versailles ».
Les violations au traité de Versailles se multiplient : en mars 1935, la Wehrmacht se reconstitue et rassemble plus de 3 millions de soldats grâce au rétablissement du service militaire. Après le rattachement de la Sarre en 1935, la Rhénanie est réinvestie par l’armée allemande en mars 1936.
En mars 1938, les nazis annexent l’Autriche. Cette annexion est désignée sous le terme « Anschluss ». Hitler a comme ambition d’intégrer la région tchécoslovaque des Sudètes, largement peuplée d’allemands. Le 30 septembre 1938, les Anglais, les Français et les Italiens signent les accords de Munich qui prévoient la cession des Sudètes à l’Allemagne. 6 mois plus tard, en mars 1939, l’Allemagne nazie occupe le reste de la Tchécoslovaquie.
Hitler se prépare à la guerre depuis son accession au pouvoir en investissant massivement dans l’armement. Il complète ce dispositif en nouant deux alliances avec les deux autres Etats totalitaires d’Europe. En mai 1939, le Pacte d’acier entre l’Allemagne et l’Italie est signé. Il s’agit d’une alliance automatique et offensive. En août 1939, c’est avec Staline qu’Hitler signe un pacte de non-agression. Outre un engagement de neutralité en cas de conflit entre l'une des deux parties et les puissances occidentales, ce Pacte délimite aussi la sphère d'influence de chacun.
Le 1er septembre 1939, Hitler envahit la Pologne. Les démocraties européennes à l’instar du Royaume-Uni et de la France rentrent en guerre.
II. La seconde guerre mondiale
A. Un affrontement aux dimensions planétaires
Nous avons trop tendance en tant qu’Européens à considérer la Seconde guerre mondiale sous le prisme des événements européens. Cela nous conduit à borner la Seconde guerre mondiale de 1939 à 1945. Cependant, ce conflit mondial a comme particularité de s’étendre sur deux théâtres d’opération : une guerre en Europe et une guerre dans le Pacifique. La guerre dans le Pacifique commence bien avant 1939. En effet, le Japon voit sa politique expansionniste confortée par la conquête de la Mandchourie en 1932 et entre en guerre contre la Chine en 1937.
En novembre 1936, l'Allemagne nazie et le Japon signent le pacte anti-Komintern dirigé contre l’influence soviétique. Un an plus tard, en novembre 1937, l'Italie fasciste de Mussolini rejoint le pacte anti-Komintern. Les trois grandes puissances sont alors réunies dans un même système d'alliance idéologique.
Le 1er septembre 1939 l’Allemagne nazie envahit la Pologne. La France et le Royaume-Uni, alliés de la Pologne déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre. Cependant, la France n’affronte pas immédiatement l’Allemagne et reste uniquement sur une position défensive derrière la ligne Maginot : c’est la « drôle de guerre » qui s’étend jusqu’en mai 1940. Cette « drôle de guerre » s’achève par « l’étrange défaite » : L’Allemagne déclenche une offensive éclair : la Blitzkrieg. Après 6 semaines de combat, la France demande l’armistice.
Le 27 septembre 1940, l’Allemagne Nazie, l’Italie fasciste et le Japon signe le Pacte tripartite. Celui-ci prévoit une reconnaissance des zones d'influence :
• L'Allemagne et l'Italie doivent diriger le « nouvel ordre » en Europe
• Le Japon doit diriger un nouvel ordre en Asie orientale
De plus, les trois signataires s'engagent également à s'entraider si l'un d'eux est attaqué par une puissance qui n'est pas encore engagée dans la guerre. Cette clause vise spécifiquement à dissuader les États-Unis de s’engager dans le conflit. L’Allemagne Nazie, l’Italie fasciste et le Japon constituent les forces de l’Axe. Entre 1940 et 1941, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie rejoignent le Pacte tripartite. De son côté, la Thaïlande s’allie au Japon en 1942.
En dépit du pacte de non-agression signé entre l’URSS et l’Allemagne nazie en 1939, Hitler lance l’opération Barbarossa en juin 1941. Cette opération désigne l’invasion de l’URSS par l’armée nazie. Sur les 6 mois que dure la campagne militaire, 10 millions d’hommes s’affrontent. En 200 jours, plus de 5 millions de civils et de militaires sont tués. L'échec de l'opération Barbarossa constitue un tournant dans l'issue du conflit : à partir de l’année 1942, les alliés multiplient les victoires et mettent un terme à l’avancée des conquêtes de l’Axe.
Le 7 décembre 1941 les Japonais attaquent par surprise la base navale américaine de Pearl Harbor. Cette attaque nippone doit permettre au Japon de poursuivre son ambition impérialiste et de constituer un ensemble panasiatique sous sa domination. Le bilan de l’attaque est lourd : 2 403 morts et 1 178 blessés américains. Les Américains, pacifistes et isolationnistes durant l’entre-deux-guerres, et qui depuis 1939 ne participent à la Seconde guerre mondiale qu’au travers de la vente d’armement aux alliés, déclarent la guerre au Japon. Alors que l’intervention américaine ne concerne que l’Asie, Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis.
Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord afin d’ouvrir un second front contre l’Axe et de préparer un débarquement en Italie. En rétorsion et pour tenter de protéger le pourtour méditerranéen français, les nazis passent la ligne de démarcation le 11 novembre : la zone sud est envahie. Le débarquement Sicile de la part des Alliés, puis la conquête de la péninsule italienne mènent à la signature de l’armistice en septembre 1943.
PPO Juin 1944 : le débarquement en Normandie et l’opération Bagration
Le 6 juin 1944, plus de 130 000 soldats alliés débarquent sur les plages de Normandie dans le cadre de l’opération Overlord. Le 25 août 1944, Paris est libérée. Le débarquement en Normandie est renforcé par le débarquement de Provence le 15 août. Les deux armées fusionnent en Bourgogne le 12 septembre. La France est libérée grâce aux alliés et à l’action des Résistants.
Sur le front de l’Est, en parallèle au débarquement de Normandie, Staline lance l’opération Bagration le 22 juin 1944. Des milliers de canons, de chars, d’avions soutiennent l’effort de plus d’un million de soldats déployés pour cette opération. Cependant, malgré ces défaites et le repli de l’armée du Reich, l’Allemagne nazie poursuit les combats.
Il faut attendre le 8 mai 1945 pour que l’Allemagne capitule sans condition.
Crimes de guerre, violences et crimes de masse
En août 1945, les Américains décident de mettre un terme à la guerre du Pacifique avec l’utilisation de la bombe atomique sur Hiroshima (le 6 août) puis sur Nagasaki (le 9 août) :
A Hiroshima, l’explosion de la bombe provoque immédiatement la mort de 140 000 personnes. A Nagasaki, on estime que le nombre de morts s’élève à 80 000. Les survivants de l’explosion, irradiés, meurent quelques jours plus tard dans d’atroces souffrances. Le nombre de japonais mort de cancer sur le long terme n’a jamais été évalué. « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie » affirme Albert Camus. Le Japon demande la capitulation 3 jours après le bombardement de Nagasaki et signe celle-ci le 2 septembre 1945 marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale sur l’ensemble des fronts.
POINT DE PASSAGE
La Guerre d’anéantissement à l’Est et le génocide des Juifs
Durant la Seconde Guerre mondiale, Hitler ordonne le génocide de la population juive dans les territoires occupés.
Un Génocide est l’Extermination physique intentionnelle, systématique et programmée d'une population.
Les nazis envoient des escadrons mobiles de la mort nommés « Einsatzgruppen » dans l’ensemble des pays conquis afin d’exécuter en masse les personnes considérées comme des ennemis du Reich : les juifs, les communistes, les tsiganes, les handicapés…Entre 1941 et 1943, ces escadrons ont exécutés et fusillés plus d’un million de personnes.
La décision de l’extermination de la population juive est prise dès l’été 1941 mais c’est à la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, que les moyens industriels du génocide sont mis en place. C’est la « solution finale ».
Il s’agit d’organiser le génocide juif par le biais de la construction de camps d’extermination en plus des camps de concentration. A partir de 1941, 6 camps d’extermination sont créés : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Auschwitz et Maidanek.
Les juifs sont déportés en train à travers toute l’Europe. Sélectionnés dès leur arrivée sur la rampe de triage, une majorité est directement envoyée dans les douches.
Ils y sont gazés puis brûlés dans des fours crématoires. Ceux qui ne sont pas immédiatement gazés sont mis au travail forcé et agonisent sous la cruauté des coups des SS, par manque de nourriture, sous l’action du froid et des maladies…
L’horreur de la découverte des exactions nazies à la suite de la libération des camps par les alliés en 1945 traumatisent l’Europe et le monde. 6 millions de juifs et 240 000 tsiganes périssent sous les balles des Einsatzgruppen ou dans les camps. 1,1 million de personnes sont mortes à Auschwitz dont 1 million de juifs.
La Seconde guerre mondiale est une guerre d’anéantissement dans la mesure où ce conflit a pour objectif de détruire l’adversaire, sans distinction entre civils et militaires. Parmi l’ensemble des morts de ce conflit, on dénombre 62% de civils. 27 millions de soviétiques périssent durant la Seconde guerre mondiale.
III. La France dans la guerre
A. La défaite de 1940
L'offensive allemande débute le 10 mai 1940, mettant fin à la « drôle de guerre ». Le 14 juin, les armées allemandes atteignent Paris. En 5 semaines, l’armée française est balayée.
Le gouvernement et les assemblées législatives partent pour Bordeaux, et confient la présidence du Conseil au maréchal Pétain, « héros » de la première guerre mondiale. Il est chargé de négocier les conditions de la défaite.
Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain demande l’armistice qui est signé 5 jours plus tard le 22 juin 1940 à Rethondes. Toute la partie Nord du territoire français est occupée par l’Allemagne qui exige que les frais d’occupation de son armée soient pris en charge par la France. L’armement français est livré à l’ennemi tandis que deux millions de prisonniers de guerre sont enfermés en Allemagne. Le gouvernement français avec à sa tête le maréchal Pétain s’installe à Vichy. La moitié Sud de la France est considérée comme une « zone libre ». Durant toute la guerre, la France et l’Allemagne nazie ne signeront pas de traité de paix. Les clauses de l’armistice satisfont d’autant plus Hitler que la situation diplomatique de la France est au bénéfice de l’Allemagne. En effet, l’article 10 engage le nouvel État vassal « à n’entreprendre à l’avenir aucune action hostile contre le Reich », mais aussi à « interdire » à tout ressortissant français de « combattre contre l’Allemagne au service d’États avec lesquels l’Allemagne se trouve encore en guerre ».
Le général de Gaulle, ayant quitté la France pour l’Angleterre face à la défaite française, lance à la radio britannique BBC son fameux appel du 18 juin 1940. Refusant la défaite définitive, il appelle à la résistance face aux allemands. Pour lui, la France a 3 atouts : son empire colonial, l’industrie des USA et l’alliance avec le R-U qui continue la guerre contre l’Allemagne nazie. Son appel est peu entendu. Fin juillet 1940, seuls 7 000 hommes constituent les FFL (Forces Françaises Libres).
Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain se fait octroyer les pleins pouvoirs par 82% des parlementaires. C’est la fin de la IIIème République et le début officiel du « Régime de Vichy ».
B. La collaboration
La collaboration, déjà induite par les clauses de l’armistice, est officialisée symboliquement par la rencontre de Montoire entre le maréchal Pétain et Hitler le 24 octobre 1940. Le maréchal Pétain met en place un régime de collaboration avec l’Allemagne en arguant protéger les Français. Il veut ainsi :
• Alléger le poids des souffrances du pays
• Améliorer le sort des prisonniers français en Allemagne
• Et Alléger les frais d’occupation
Le maréchal Pétain met en place une politique antisémite. Des lois anti-juives se succèdent entre 1940 et 1941, excluant les juifs de la nationalité française et mettant en place un système de persécution comparable à celui de l’Allemagne nazie. Le 22 juillet 1940, une loi institue une commission chargée de réviser les naturalisations intervenues depuis une loi de 1927, tandis que le 27 août 1940 est abrogé le décret Marchandeau (avril 1939) qui réprimait l’incitation à la haine raciale ou religieuse. Des rafles et déportations sont organisées et réalisées par la police française. La rafle qui marquera le plus les esprits est la rafle du vélodrome d’hiver les 16 et 17 juillet 1942 surnommée « la rafle du Vel d’Hiv ».
La collaboration est aussi économique. La Construction automobile et aéronautique est mise au service de l’Allemagne nazie. La moitié de la production sidérurgique et les trois-quarts du minerai de fer français, de même que la production agricole sont envoyés en Allemagne. A partir de 1942, le système de La relève est organisé. Les ouvriers qualifiés français sont encouragés à aller travailler volontairement en Allemagne afin de permettre la libération des prisonniers de guerre. Pour 3 travailleurs français volontaires, un prisonnier français en Allemagne est libéré. L’Allemagne a en effet besoin de main d’œuvre pour compenser le départ de ses hommes sur le front soviétique.
Face à l’échec de la Relève, le STO, Service du Travail Obligatoire est mis en place en 1943. Le principe de volontariat est aboli. Désormais, les jeunes nés entre 1920 et 1922 sont obligés d’aller travailler en Allemagne.
C. Le régime de Vichy
Le nom de régime de Vichy désigne la dictature dirigée par Philippe Pétain durant l’occupation du pays par le Troisième Reich. Le gouvernement siège à Vichy, situé en « zone libre ». Ce régime est désigné sous le nom « d’État français ». La devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » est remplacée par le slogan « Travail, Famille, Patrie » qui traduit la politique réactionnaire, nationaliste et nataliste du régime.
Pétain personnalise le régime et embrigade la population. Le maréchal Pétain cumule l’ensemble des pouvoirs (exécutif et législatif = ni Assemblée nationale ni Sénat). A l’été 1941, ministres, magistrats, fonctionnaires doivent prêter un serment de fidélité à Pétain : la fonction publique cesse de servir l’intérêt général. Les assemblées locales sont épurées et les maires sont désormais nommés par les préfets. Des mesures d'exclusion contre « l'anti-France » incarnée par « le bolchevik, le franc-maçon, le métèque, le Juif », sont prises, dès l'été et l'automne 1940. Elles consistent en des mesures d'exclusion sociale et d'internement lorsque ces personnes, considérées comme des ennemis de l’intérieur, étaient étrangers.
Une intense propagande se met en place en parallèle de la création d’un service de censure. L’adhésion d’une grande partie de la population au maréchal Pétain s’explique par :
Le profond désarroi des Français au lendemain de la défaite (Henri Amouroux)
Un maréchalisme de base dans lequel le maréchal Pétain est perçu comme protecteur (Jean-Pierre Azéma)
D. La Résistance
En France, à côté des actions de résistance individuelles, des réseaux de résistances s’organisent (Combat, Franc-Tireur, Libération-Sud, etc…). Ceux-ci agissent de manière unilatérale, sans complémentarité les uns par rapport aux autres. Leurs actions sont multiples : actions de sabotage, évasion de prisonniers, recueil de renseignements et contre-propagande au travers de la diffusion d'une presse clandestine…L'instauration du STO en 1943 alimente les maquis. De 40 000 à 50 000 jeunes hommes rejoignirent « l'armée des ombres », qualifiée « d'armée du crime » par les Nazis et le régime de Vichy. A leurs yeux, les résistants sont des terroristes.
Le général de Gaulle organise la Résistance extérieure et veut unifier la Résistance intérieure. En 1942, Jean Moulin tisse des liens entre les mouvements de résistance et distribue des subventions. Afin de mieux coordonner leurs actions et surtout, donner une visibilité à la Résistance française aux yeux des Alliés, le général de Gaulle confie à Jean Moulin la responsabilité de fédérer ces mouvements. Celui-ci poursuit son action en créant en 1943 le CNR (Conseil National de la Résistance). Le CNR rassemble les mouvements de résistance mais aussi les partis politiques et les syndicats. L’enjeu est de préparer le rétablissement de la légitimité républicaine après-guerre sous l’égide du général de Gaulle. Les FFI (Forces Françaises Intérieures) sont créées en 1944.
Ce n'est qu'à partir de l'approche des débarquements en 1944 que les Alliés fournissent massivement armes et matériels aux résistants. 518 tonnes d’explosifs et 170 000 mitraillettes sont ainsi parachutées en France métropolitaines en 1944. En 1944, environ 12 000 hommes se trouvent dans les maquis en zone sud et 6 000 en zone nord.
Cette Résistance intérieure existe en complémentarité à une Résistance extérieure. C’est Brazzaville (Moyen-Congo), siège du gouvernement de l’Afrique française libre, qui est considérée comme la capitale politique de la France libre après le ralliement des gouvernements de l’AEF (Afrique équatoriale française) à partir d’août 1940 (l'AOF, Afrique occidentale française, étant fidèle à Vichy). A l’été 1944, la FFL (Forces françaises libres, forces armées ralliées à la France libre sous l'égide du général de Gaulle) dispose de près de 400 000 hommes. Outre l'accueil du gouvernement du général de Gaulle, les colonies françaises participent à la Résistance. De 1942 à 1945, l’AOF et l’AEF fournissent environ 60 000 combattants à l’Armée française de la Libération. Sur l’ensemble des soldats composant l’armée française de 1944, hors FFI, on dénombrait 24% de « musulmans » algériens, 13% de marocains, 5% de tunisiens et 14% originaires d’Afrique noire.
IV. Reconstruire et épurer les sociétés
A) Un bilan meurtrier et destructeur
Le bilan de la Second Guerre mondiale est particulièrement meurtrier : 60 millions de morts. Les pays les plus touchés sont l’URSS, la Pologne, l’Allemagne et le Japon (L’Allemagne et l’URSS représentent 84% du total des pertes militaires). Parmi ces 60 millions de morts, 45 millions sont des civils (dont le tiers voire la moitié sont morts de faim ou de maladie). De même, les bombardements ont été nombreux. Le conflit a aussi été le théâtre de violences de masse envers les populations dans le cadre de la guerre d’anéantissement. Cette forte mortalité entraîne un déséquilibre hommes-femmes de même qu’un phénomène de générations creuses.
Le bilan matériel est également lourd. Certaines villes sont partiellement ou complètement détruites suite aux bombardements (Dresde en Allemagne est détruite à 75% tandis que Caen en France est rasée à 80%). A cela s’ajoute les destructions industrielles, agricoles et dans les transports. La Pologne a par exemple perdu 80% de ses moyens de transport.
La reprise économique s’avère difficile dans la mesure où la guerre a coûté cher. Les pays se sont endettés, particulièrement vis-à-vis des USA qui se retrouvent à la tête des 2/3 du stock d’or mondial. De plus, l’Allemagne doit verser 20 milliards de dollars à l’URSS à titre de réparation.
Pour la France, on dénombre 635 000 morts et 585 000 invalides. Le rationnement est maintenu jusqu’en 1949 : 200 g de pain par jour et moins de 200 g de viande par semaine. Les chemins de fer sont quasi bloqués. Quant aux routes, 3 000 ponts ont sauté ; 300 000 véhicules, à peine, sont en état de rouler.
B) L’épuration en France
A la libération, un grand mouvement d’épuration touche la France visant les personnes ayant collaboré avec les autorités d’occupation nazies ou considérées comme telles. Se succèdent une phase d’épuration extrajudiciaire qui ne peut attendre la mise en place de tribunaux et une épuration légale à l’exemple du procès du Maréchal Pétain en juillet 1945. Celui-ci sera dans un premier temps condamné à mort avant que sa peine soit ne commuée en réclusion à perpétuité par le général de Gaulle.
L’épuration extra-judiciaire entraîne la mort d'environ 9 000 personnes. Quant à l’épuration judiciaire, elle aboutira à la condamnation à mort d’environ 7 000 personnes dont seule une minorité sera exécutée, à des condamnations aux travaux forcés, à des peines de prison et à des dégradations nationales. Des sanctions sont aussi prises, principalement sous forme de nationalisations, contre les entreprises considérées comme ayant collaboré avec l’Allemagne, à l’exemple de Renault.
Durant cette phase d’épuration extra-judiciaire, les femmes paient un lourd tribut. Les populations des villes et villages font éclater leur colère contre les femmes qui ont « collaboré horizontalement » avec l’ennemi nazi. Elles sont tondues en place publiques, insultées, brutalisées…Ces humiliations collectives se rajoutent aux éventuelles condamnations judiciaires. Pour les hommes, c’est un moyen de réaffirmer une virilité mise à mal par la défaite éclair de 1940 en s’en prenant au corps des femmes.
C) Une dénazification ?
La découverte des camps à la Libération est un traumatisme psychologique et moral. Qui savait ? Qui était complice ? Avec en plus, l’utilisation de l’arme nucléaire, Albert Camus considère que l’humanité est « parvenue à son dernier degré de sauvagerie ».
Durant un an, entre octobre 1945 et octobre 1946, se tient le procès de Nuremberg qui a pour but de juger les criminels de guerre nazis. Ils sont jugés pour crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Face à l’ampleur des atrocités commises durant la 2nde guerre mondiale, le terme de « crime contre l’humanité » est alors créé. Seuls 22 nazis sont jugés durant ce procès. La moitié d’entre eux sont condamnés à la pendaison. 3 sont acquittés.
Cependant, cette dénazification n'est qu'une façade ; en effet, la société allemande a besoin de ses personnels judiciaires, policiers, administratifs, etc.., pour fonctionner. A l'étranger, plus de 30 000 Waffen-SS ont intégré la Légion étrangère française tandis que Klaus Barbie, « le boucher de Lyon » est recruté par la CIA. En parallèle, les scientifiques nazis ont été recrutés par les Alliés. En France, le programme spatial européen profite de ce recrutement.
Le même besoin de juger les crimes de guerre a lieu au Japon, dans un pays dévasté. Le procès de Tokyo se tient entre 1946 et 1948. 28 personnes (dont 4 premiers ministres) se retrouvent dans le box des accusés. 7 personnes sont condamnées à mort et exécutés tandis que les autres sont condamnés à des peines de prison d’au minimum 7 années. Cependant, face aux divisions au sein des nations qui siègent pour juger, l’attitude critiquable des alliés durant la guerre ainsi que le refus de juger des institutions comme pour l’Allemagne nazie, le procès de Tokyo est discrédité.
II. Les bases d’un nouvel ordre international : La création de l’ONU
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le monde se réveille traumatisé par la découverte des camps de concentration et d’extermination et par la succession de deux guerres mondiales en 20 ans. L’idée de créer une organisation internationale chargée de préserver la paix, lancée par Woodrow Wilson en 1918, semble indispensable.
Toujours sous l’égide des Etats-Unis, l'ONU, Organisation des Nations-Unies, naît de la charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juillet 1945 par 51 Etats. L’ambition est de préserver la paix dans le monde en instaurant une démocratie internationale et en gérant l’usage de la force légitime par une concertation des puissances au travers de la création d'une armée onusienne. 51 Etats membres en 1945, il y a désormais 193 Etats au sein de l’ONU depuis 2011.
Tous les États membres de l'Organisation sont égaux en droits et possèdent chacun une voix dans les recommandations émises au sein de l’Assemblée générale. Le Conseil de sécurité a quant à lui la mission de préserver la paix, au besoin par l’envoi de casques bleus. L’égalité n’est plus la règle au sein de ce conseil de sécurité. On y trouve les 5 vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale qui ont lutté contre le nazisme et l’impérialisme japonais, qui possèdent chacun un droit de veto (USA, R-U, France, URSS-Russie, Chine). Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité sont complétés par 10 membres non permanents élus pour deux ans. Pour qu’une résolution soit adoptée, il faut une majorité de 9 voix sur les 15 et qu’aucun membre permanent n’ait utilisé son droit de veto. Toute résolution adoptée par le Conseil de sécurité est contraignante pour l'ensemble des États membres. Ainsi, le Conseil de sécurité n’aboutit à l’adoption d’une résolution que si les Etats membres travaillent en harmonie et mettent les intérêts collectifs au-dessus de leurs intérêts particuliers. La guerre froide est l’épreuve de vérité qui met rapidement en lumière les limites de ce fonctionnement et les limites de la bonne volonté de chacun.
300 propositions de résolution ont été bloquées par un veto depuis 1946. 77% l’ont été par l’URSS/Russie et par les Etats-Unis. 87% des vetos russes ont été émis durant la guerre froide tandis que 52% des vetos étasuniens ont bloqué une résolution concernant Israël.
Les critiques sur les faiblesses, les inégalités et les blocages du fonctionnement de l’ONU ont émergé de nouveau avec plus d’acuité : aucun pays africain ne siège parmi les membres permanents du Conseil de sécurité ; un droit de veto qui bloque toute résolution.