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Vocabulaire à maîtriser :
Révolution : renversement brusque d’un régime politique par la force
Souveraineté nationale : la détention de l’autorité suprême par le peuple, constitué en un corps politique, la Nation
Égalité devant la loi : principe selon lequel tout être humain doit être traité de la même façon par la loi
Nation : Groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun
République : Régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par des personnes élues
Empire : Régime politique dans lequel le pouvoir est centralisé entre les mains d’un empereur
I. La révolution française
Dans un contexte de crises économiques, financières, sociales et frumentaires, le roi Louis XVI convoque en 1788 les Etats Généraux (assemblées extraordinaires qui réunissent des représentants de toutes les provinces appartenant aux trois ordres de la société : clergé, noblesse et tiers état) afin de faire voter de nouveaux impôts. Portés par les espoirs suscités au moment de la rédaction des cahiers de doléances, les députés sont en colère face à cette demande de nouvel impôt. Ils se constituent en Assemblée nationale le 17 juin 1789. Le 20, ils se donnent pour mission de donner une constitution à la France lors du célèbre serment du jeu de paume.
Cette révolution, qui jusque là était restée entre les mains des députés, voit l'apparition du peuple lors de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Les parisiens, après avoir dévalisé les dépôts d'armes de la ville, s'attaquent à ce symbole de l'absolutisme et de l'arbitraire royal.
a) Un nouvel ordre politique
La constitution de 1791 modifie le pouvoir du roi en instaurant une séparation des pouvoirs. La monarchie absolue a cessé d'exister : Si le roi est inamovible, il ne possède plus que le pouvoir exécutif. Le pouvoir législatif est confié à une assemblée législative indissoluble. Le roi possède un droit de veto permettant de suspendre l'exécution des lois votées par l'assemblée.
De même, le statut des français est modifié. Ils ne sont plus des sujets mais des citoyens qui possèdent le droit de vote et qui incarnent la nation souveraine.
Face à l'insupportable, le roi Louis XVI a comme ambition de rejoindre l'étranger afin de récupérer son pouvoir avec l'aide des puissances monarchiques européennes, à commencer par son beau-frère l'empereur d'Autriche. En juin 1791 la fuite de Varennes se termine lamentablement et la famille royale est ramenée à Paris et assignée aux Tuileries. La nation se méfie désormais de son roi.
Les monarchies européennes craignent une contagion révolutionnaire à leurs pays. Après des menaces proférées à l'encontre des révolutionnaires par l'empereur du Saint-Empire, la France déclare la guerre en 1792 à une coalition de puissances européennes. Entre les guerres extérieures et la contre-révolution vendéenne, la Révolution est menacée.
La journée du 10 août 1792 est considérée par certains historiens comme une seconde Révolution. Une foule d'insurgés s'attaquent aux Tuileries, résidence surveillée de la famille royale et donc siège du pouvoir exécutif. La famille royale se réfugie à l'Assemblée et demande protection. Face à la pression des insurgés, l'Assemblée dépose le roi. C'est la fin de la monarchie constitutionnelle. Le 21 septembre 1792, le lendemain de la victoire de Valmy, la République est proclamée.
En décembre 1792, Louis XVI, désormais appelé Louis Capet est mis en accusation pour trahison, et conspiration contre l'État. Il est reconnu coupable et condamné à mort. il est exécuté le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette connaîtra le même sort en octobre 1793 et le petit dauphin Louis XVII mourra à la prison du Temple en 1795. Ne subsistent de la dynastie Bourbon pour l'accès à la succession que les deux frères de Louis XVI, émigrés à l'étranger : les futurs Louis XVIII et Charles X.
Dans le contexte de dangers intérieurs (Guerre de Vendée) et extérieurs (la guerre), la Terreur désigne la période révolutionnaire qui s'étend jusqu'à la mort de Robespierre, guillotiné le 28 juillet 1794. Elle est caractérisée par l'instauration d'un tribunal révolutionnaire ayant pour but de pourchasser toutes les personnes susceptibles de représenter une menace pour la Révolution ou suspectées de n'avoir pas toujours soutenu la Révolution. Le bilan est terrible : "17 000 condamnations à mort selon les documents officiels, en fait près de 40 000 victimes, si l'on compte les personnes assassinées sans jugement. ".
Robespierre, surnommé l'Incorruptible, est un avocat élu par le Tiers Etat au moment de la convocation des Etats généraux. Il participe à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire, à la mise en place du comité de salut public, de la Terreur et de la Grande terreur.
Maximilien de Robespierre
b) De nouveaux droits et libertés
La prise de la Bastille déclenche un mouvement de jacqueries et de révoltes dans les provinces connu sous le nom de "grande peur". Le peuple s'en prend aux seigneurs, à leurs châteaux et aux chartiers qui contiennent les titres et redevances féodales. Face à ces violences, la noblesse, au travers du député de leur ordre, le Duc d’Aiguillon, propose la suppression des privilèges dans la nuit du 4 août 1789. L'égalité entre citoyens prend forme et se trouve confortée le 26 août par la Déclaration des Droits de l'homme et du Citoyen (DDHC).
Les principes d'égalité et de liberté sont affirmés (article 1). De même, la souveraineté de la nation est reconnue (article 3), impliquant le droit de vote des citoyens (censitaire masculin jusqu'en 1848/ article 6). Le devoir de payer l'impôt et le principe d'égalité devant l'impôt sont aussi posés. Les libertés de conscience, de penser, de communication et d'expression sont reconnues (articles 10 et 11). Le droit de propriété est considéré comme sacré (article 17). Cette DDHC est le fondement des principes républicains qui nous guident encore aujourd'hui. S'inspirant des grands textes anglais, américains et des philosophes des Lumières, la DDHC permet à la France d'être considérée comme une référence de par le monde : "la patrie des droits de l'homme".
Il faut cependant nuancer : ce texte fondateur est une déclaration et non un texte de lois. Du temps sera nécessaire avant l'application complète de ces principes : l'esclavage ne sera supprimé définitivement qu'en 1848. De même, cette DDHC concerne uniquement les hommes et exclut de donner ces droits et libertés aux femmes.
L'ambition universelle de cette déclaration implique dans l'idée de ses rédacteurs de diffuser ces nouveaux principes à l'ensemble des peuple européens. Les français veulent servir d'exemple afin de renverser les monarchies absolues en Europe. Les symboles de la France apparaissent au moment de la Révolution : fête nationale (14 juillet. Cf. Fête de la fédération en 1790. Instaurée en 1880), la devise ("Liberté, égalité, fraternité ou la mort", adoptée définitivement en 1848), l'hymne nationale ("La Marseillaise" chantée en 1792, adoptée de 1795 à 1804 et adoptée définitivement en 1879), la Marianne (symbole de la liberté et de la République française. Adoptée dès 1792).
II. L’Empire
a) Un ordre politique autoritaire
Il faut savoir terminer une révolution. Voilà en substance le discours de Napoléon Bonaparte justifiant son coup d'Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799). Il met en place le consulat qu'il dirige en tant que 1er consul en compagnie de deux autres consuls qui n'ont un rôle que symbolique.
Si le suffrage universel est rétabli, donnant une impression démocratique, celui-ci ne sert plus à élire les représentants du peuple qui feraient les lois. Il sert à désigner des notabilités parmi lesquelles le pouvoir exécutif choisit les membres des assemblées législatives et des différentes assemblées locales, ainsi qu'à affermir le pouvoir de Napoléon par le biais de plébiscite. Sous le consulat, Napoléon possède les pouvoirs exécutif, législatif et militaire. En 1804, Napoléon met fin au consulat et se sacre empereur en présence du pape dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Les périodes du consulat et de l'Empire voient l'affirmation du pouvoir personnel de Napoléon qui restreint les libertés, développe la censure et la surveillance de la population.
b) L’œuvre de Napoléon
L'oeuvre de Napoléon lui survit : il est à l'origine de la rédaction du code civil (1804) toujours en vigueur aujourd'hui. Il est composé de 36 lois et 2 281 articles, organisés en 3 parties consacrées aux personnes, aux biens et à la propriété. Il a pour but de "diriger et à fixer les relations de sociabilité, de famille et d’intérêt " des citoyens français. Le divorce et l'égalité des enfants face à l'héritage, principes hérités de la Révolution, sont conservés. Par contre, la domination de la femme, éternelle mineure, par son mari puis son époux est inscrite dans la Loi.
En 1802, la Légion d'Honneur est créée afin de récompenser les citoyens, civils ou militaires, qui ont rendu des services éminents à la nation France. Cette décoration ne tient pas compte de la naissance ou d'un quelconque titre de noblesse et donc s'inscrit dans le principe d'égalité de la révolution.
Outre le code civil et la Légion d'Honneur, Napoléon est à l'origine de :
- la création du Franc germinal (1803) qui redonne une stabilité à la monnaie
- des préfets (1800) qui représentent l'Etat et le pouvoir impérial dans les provinces
- les lycées (1802) qui ont une organisation militaire et qui doivent former des fonctionnaires loyaux au régime
c) La diffusion des principes révolutionnaires en Europe
Les guerres napoléoniennes ensanglantent l'Europe jusqu'en 1814-1815. En 1812, l'Empire créé est à son expansion maximum. La débâcle russe signe la fin des victoires napoléoniennes face aux différentes coalitions européennes. En 1814 il est exilé à l'île d'Elbe. Il rejoint le continent en 1815 et reprend les rênes du pouvoirs durant 100 jours avant d'être défait à Waterloo et exilé définitivement à l'île britannique de Sainte-Hélène (à l'Ouest des côtes africaines) où il mourra en 1821.
A la tête des territoires conquis, il nomme comme rois et reines des membres de sa famille. Ils ont pour consigne d'y diffuser les acquis de la révolution (création de départements, DDHC, principes de libertés et d'égalité) et de l'Empire (Code civil).
d) Le congrès de Vienne
L'ensemble des adversaires de Napoléon se réunit au congrès de Vienne en 1814 afin de de fonder « le repos de l'Europe» sur « une juste répartition des forces entre les États », et anticiper le partage de l'empire napoléonien. L'Europe monarchique rétablit sur le trône français la dynastie des Bourbons en la personne de Louis XVIII.
L'espace germanique est simplifié et organisé en une quarantaine d'Etats (300 auparavant). La Russie et l’Autriche gagnent des territoires à l’ouest. La Pologne est démembrée, l’Italie morcelée. La France retrouve les frontières de 1790.
Selon Gilles Ferragu, le congrès de Vienne innove en mettant en place un document qui engage collectivement les signataires et introduit une dimension de responsabilité collective. Les territoires de l'ancien empire napoléonien sont distribués au nom d'un principe d'équilibre et non selon le droit du vainqueur. Ce congrès donne un cadre réglementaire à la diplomatie et institutionnalise le rôle des États aux dépens de celui des seules personnalités princières.