Et 10 de plus qui font 140 !
La Renaissance célèbre son anniversaire en musique
La société musicale de Criquetot-l'Esneval en invitée d'honneur
Notre société musicale a atteint un tel âge que seules les dizaines sont marquées de réjouissances. Et en cette année 2026, c'est bel et bien le 140e anniversaire de La Renaissance qui était fêté le dimanche 7 juin. Un programme musical avait été mis sur pied afin de montrer l'éclectisme de cette formation doudevillaise.
Tout avait commencé par un rassemblement sur la place Général-de-Gaulle, et après un morceau de chauffe, un défilé s'est élancé vers le parvis de l'église. Ce défilé était suivi par M. Alain Zam, maire de Doudeville ; M. Robert Le Bourgeois, député et Mme Corinne Levallois-Philippe, présidente de La Renaissance.
Un premier arrêt s'est déroulé devant le monument aux Morts où les trois entités ont déposé une gerbe :
"En ce jour de fête du 140e anniversaire de La Renaissance de Doudeville, fondée le 2 janvier 1886, nous n’oublions pas le sacrifice des Doudevillais morts pour la patrie et vous allez assister à une cérémonie en leur hommage.
Le 2 août 1914, celle qui deviendra dans les livres d’histoire la Première guerre mondiale, venait d’être déclarée. De nombreux Doudevillais furent appelés sur le front et les musiciens de La Renaissance ne firent pas exception délaissant le son de leur instrument pour celui des bombes, des obus, des mitraillettes. Trois d’entre-eux n’en reviendront pas. Ils s’appelaient :
- Emile Dufils, décédé le 22 août 1914 à Bouffioulx en Belgique, à l’âge de 29 ans
- Marcel Gislain, décédé le 3 octobre 1916 à Rancourt (Somme), à l’âge de 21 ans
- Léon Reneault, décédé le 5 juillet 1919 à Doudeville, à l’âge de 47 ans, mais considéré comme mort des suites de la guerre.
Dès l’Armistice de 1918, les activités de La Renaissance reprennent et elle participera à l’inauguration de ce monument aux Morts le 2 octobre 1921. Mais l’accalmie fut brève puisque la Seconde guerre mondiale est déclarée en septembre 1939. Lors du bombardement de Doudeville qui eut lieu le 7 juin 1940, il y a 86 ans jour pour jour, plusieurs victimes civiles furent à déplorer. A la fin du conflit, La Renaissance déplore une nouvelle perte, celle de son chef, Camille Vallée, qui, revenu à Doudeville, meurent le 23 août 1944 des suites de maladies contractées en déportation.
Ce sont toutes ces personnes que nous honorerons lors de cette cérémonie mais plus largement ce sont tous ceux qui gravent de leurs noms les différents monuments commémoratifs de la ville."
Après les sonneries d'usage et La Marseillaise, tout le monde s'est dirigé vers l'église Notre-Dame-de-l'Assomption pour la messe de la solennité du Saint-Sacrement.
Nous avons été accueillis par le père Duprey et par les membres de la paroisse, et nous avons accompagné l'office à plusieurs reprises :
Entrée : Summon the heroes
Communion : Recevez le Christ*
Chant de sortie : Couronnée d'étoiles*
Final : I will follow him
*accompagnant le chant
Après une pause déjeuner, c'est l'heure de mettre tout en place pour les premiers raccords.
Et puis 15 heures sonnent !
Le concert est lancé, notre harmonie commence à faire entendre ses première notes de musique
C'est Bruno Chemit qui est le premier à digérer, car nous avions fait appel à des anciens chefs qui avaient dirigé dans les 10 dernières années. Il a choisi Bolero rustico, une oeuvre légère d'Harm Evers.
On retrouvait ensuite Victor Havard, venu de Toulouse pour l'occasion, et qui avait opté pour Dakota de Jacob de Haan, oeuvre avec laquelle il nous avait emmené au concours de la CMF en 2019.
Se fut le tour d'Alain Philippe, lui qui assura la perennité de notre formation lorsque le manque de chef se faisait sentir, mais qui aime avant tout son pupitre des trompettes. Il nous a emmené en voyage avec Manzara de Jacob de Haan.
Matthieu Lapierre, aujourd'hui directeur de l'école de musique, pour sa part a souhaité diriger Suite from the greatest showman de Takashi Hoshide
Enfin Lord of the lake de Thierry Deleruyelle est venu conclure cette première partie, sous la direction de Gauthier Harel, chef actuel, dont c'était le premier concert avaec notre harmonie à Doudeville.
Nos 5 chefs en compagnie d'Alain Zam, maire et de Séverine Gest, conseillère départementale
La deuxième partie était réservée à notre invitée d'honneur, la Société musicale de Criquetot-l'Esneval avec qui nous avons tissé des liens, notamment à travers notre Harmonie éphémère en terre de lin. La direction était assurée par Nathalie Leleu, mais elle n'hésite pas à passer la baguette et ce fut le cas avec Stéphanie Bierré et Flavien Pasquette.
5 oeuvres furent au programme :
Sa musica de Jacob de Haan
Kingdom dance de Robert Longfield
Balkanya de Jan van der Roost
The phantom of the opera de Lorenzo Bocci
Lord of the dance de Richard Saucedo
Avant le final avec les deux orchestres réunis, l'heure des cadeaux avec quelques fleurs pour Nathalie Leleu et un trophée souvenir de cette journée remis à Nicolas Guérout, président de la Société musicale de Criquetot-l'Esneval.
Nathalie Leleu fut la première à diriger avec comme morceau d'ensemble Merlin de Thierry Deleruyelle avant que Gauthier Harel ne conclut, après 2 h 30 de musique, ce concert avec Stevie Wonder medley de Palmino Pia qui fut bissé à la demande d'un public conquis.
Depuis de nombreuses années, l'harmonie participe à une oeuvre discrète mais essentielle. Elle fait vivre que du musical ! Elle entretient un lien entre les générations, entre les habitants, entre les souvenirs et l'avenir.
Elle donne un rythme à la vie locale, accompagne nos cérémonies, nos fêtes, nos moements de recueillement comme nos instants de joie, je suis fier de l'avoir ici à Doudeville.
Notre Normandie est une terre de caractère, une terre qui a connu la prospérité, mais aussi les épreuves, une terre marquée dans sa chair par les guerres qui ont traversé son histoire, où chaque monument, chaque village, chaque famille porte encore l'écho d'évènements qui dépassaient ceux qui les vivaient.
Ici plus qu'ailleurs peut-être nous savons que la mémoire n'est pas seulement une affaire de livres ou de pierres. Elle vit dans les gestes, dans les traditions et parfois dans quelques notes de musique, quelques textes de poésie, qui suffisent à faire renaître une émotion partagée.
L'harmonie appartient à cette mémoire vivante, comme le lin qui pousse chaque année sur nos terres, tout en restant fidèle à son histoire, elle sait transmettre un savoir faire et une passion et accueillir les nouveaux talents.
Dans une époque où tout semble aller toujours plus vite, où les écrans remplacent souvent les rencontres et où l'individuel prend parfois le pas sur le collectif, coir des femmes et des hommes consacrer leur temps à jouer ensemble, à écouter ensemble, à progrsser ensemble, constitue un signal précieux.
Celui d'une communauté dont je suis fier et qui transmet, le plus important des héritages pour le père et le maire que je suis.
L'harmonie est une partition dont chaque musicien tient une mesure, mais dont la beauté nait de l'ensemble car aucun instrument n'efface l'autre. Chacun trouve sa place et contribue à une oeuvre commune. C'est peut-être là une belle leçon pour notre société toute entière à la recherche d'une quête d'avenir ou de spiritualité.
A travers son engagement, son exigence et sa fidélité à notre territoire, l'harmonie participe pleinement à l'dentité de Doudeville. Elle est l'une de ces voix qui racontent notre commune, son histoire, son énergie et son avenir.
Souvenons-nous de nos soldats musiciens morts pour la patrie sur ces champs de bataille, en espérant ne jamais connaitre de nouveau ces situations dramatiques.
Et lorsque les premières notes s'élèvent, ce n'est pas seulement de musique qu'il s'agit mais c'est un peu de notre Normandie, des ses paysages, de sa mémoire, de son courage et de son âme qui résonnent avec elles, de toutes les âmes qui chantent en harmonie.
Alain Zam, maire de Doudeville, 7 juin 2026
Corinne Levallois-Philippe, présidente de l'orchestre harmonie La Renaissance de Doudeville
Nicolas Guérout, président de la Société musicale de Criquetot-l'Esneval
Nathalie Leleu, cheffe de la Société musicale de Criquetot-l'Esneval
Gauthier Harel, chef de l'orchestre harmonie La Renaissance de Doudeville
Un grand merci à tous ! A ceux qui ont rendu possible cette journée :
Aux 2 sociétés musicales et à leurs musiciens, aux chefs, à la municipalité (mairie, services techniques, personnels).
Un grand merci à la paroisse Notre-Dame de la Présentation, aux déléguées pastorales et au père Duprey