Alfred WEYSEN a localisé Aéria dans le Verdon. Cette thèse se base t'elle sur des fondements plausibles ?
Il est un fait que cette région du Verdon fut propice à l'implantation de populations dés la Préhistoire.
Comme nombre de rivières, le Verdon a attiré l'Homme dès la préhistoire : si des traces d'occupation humaine existent dès le paléolithique sur le bas Verdon, c'est surtout le néolithique qui a livré en importantes quantités un matériel aujourd'hui principalement conservé au Musée de la préhistoire des Gorges du Verdon, à Quinson.
Durant la protohistoire, le haut Verdon fait partie de l'aire alpine, tandis que le moyen et le bas Verdon font partie de l'espace méditerranéen provençal.
Interview de Jean Courtin, sur le mode de vie des hommes au Néolithique dans les gorges du Verdon
...Toutes les grottes du Verdon ont été occupées en particulier au Néolithique moyen, au chasséen et au Néolithique final. Nous pensons que tous ces habitats étaient saisonniers et non permanents entre autres parce que les champs que cultivaient les hommes étaient dans la plaine (...). Ces habitats en grotte étaient vraisemblablement habité l'hiver au moment de la saison froide ou l'été quand l'eau se rarefiait. Ça me paraît difficile d'imaginer des agriculteurs pouvant vivre dans ces grottes qui sont d'un accès mal aisé à longueur d'année. Le seul accès se fait par des corniches ; à la rigueure une chèvre pouvait y être amené, les boeufs et les moutons surement pas. Ainsi, il devait y avoir des villages permanents sur les plateaux et des campements saisonniers dans les grottes. »
Jean Courtin, Chercheur honoraire au CNRS
400 000 ans de présence humaine dans le Verdon
Les travaux des scientifiques ont permis d'établir la présence de l'homme dans les Gorges du Verdon dés le Paléolithique inférieur (vers -400 000 ans). Mais c'est la période du Néolithique qui nous a légué le plus de traces. De nombreuses grottes ou abris sous roche surplombant le cours de la rivière ont été occupés par l'homme. La grotte de la Baume Bonne est la plus étonnante car elle présente plusieurs niveaux d'occupation successifs depuis le Paléolithique inférieur, notamment quantité d'ossements d'animaux : bouquetins, chevaux, castors, qui ont permis de mieux connaître le climat de ces différentes périodes.
Ainsi, l'Homo erectus, Néandertal et Sapiens ont successivement habité les gorges du Verdon. Que ce soit en période glaciaire ou dans une phase plus tempérée, ils ont chacun trouvé sur place un environnement propice à leur mode de vie. Retrouvez une présentation détaillée du site (mode de vie des hommes à chaque époque d'occupation, résultats des fouilles, accès...) dans l'ouvrage MEMOIRES MILLENAIRES, Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Quelques noms de peuples de cette période sont connus : les Gallitae ou Gallites (littéralement « petits Gaulois ») à Allos (aux sources du Verdon), sont vraisemblablement des Gaulois de Cisalpine – des Ombriens – ; les Suètres peuplent la vallée du Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence ; les Reii, qui ont donné leur nom à Riez, leur « capitale », sont quant à eux l'ethnie la plus importante au nord du bas Verdon.
C'est surtout sur le cours du Colostre, affluent du Verdon, et à partir de ce dernier oppidum que semble alors s'être développée une importante occupation humaine : en aval de Riez, Le nom du village d'Allemagne-en-Provence conserve le souvenir d'une déesse gauloise et, non loin de Saint-Martin-de-Brômes, l'oppidum de Buffe-Arnaud domine le confluent stratégique du Colostre et du Verdon. Ce dernier site a été fouillé à l'occasion de la rectification de la route départementale 952 en 1992 et a notamment livré un fragment de bracelet laténien de style plastique.
Les gorges du Verdon
Riez demeure une ville importante à l'époque romaine et paléochrétienne : les ruines d'un temple romain et d'un baptistère octogonal témoignent de la splendeur passée de cette cité qui est alors reliée à Aix-en-Provence par la via sextiana.
Au Moyen Âge, les familles nobles provençales de Simiane, Pontevès et Sabran se partagent la propriété des villages du Verdon avec les évêques de Riez.