L'Histoire

  • Au Vème siècle, les Taïfales, barbares à la solde de l’empire romain avec lequel ils avaient signé un fœdus, étaient installés dans le pays des Pictons (Poitevins), lequel faisait partie de l’Aquitania Secunda et s’étendait jusqu’à la Loire. La région qu’ils occupaient fut appelée de leur nom :  Pagus Tefalgicus. Teoffalgia (Tiffauges) en était la capitale.
La conversion des Taïfales au christianisme au Vème siècle fit disparaître leurs mœurs réputées infâmes. Saint Sénoch, un Taïfale qui fonda une communauté monastique martinienne près de Loches, serait né à Tiffauges vers 539. De cette période seule subsiste une voie romaine encore visible sur une centaine de mètres et qui reliait Nantes à Poitiers. Voir : Les Taïfales
     
  • Au XIIème siècle, Tiffauges appartenait aux vicomtes de Thouars. Geoffroy III construisit la partie la plus ancienne de donjon du Château. Le village était déjà protégé par un rempart muni de tours de guêt. Voir : Les Thouars
 
    • Au XVème siècle, Tiffauges est la dot de Catherine de Thouars qui épouse Gilles de Rais en 1422. Après l'épopée aux cotés de Jeanne d'Arc il se retire à Tiffauges où ses excès vont le mener au meurtre d'enfants en passant par l’alchimie et la démonologie. Il est condamné, brûlé à Nantes. En 1441, l'année qui suivit la mort de Gilles, Catherine de Thouars de remarie avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres qui, vers 1520, construisit le pont sur la Sèvre, le Boulevard, la digue avec trois étangs et surtout, la fameuse Tour du Vidame, bâtie pour surveiller et défendre la digue sur la Crûme. Il meurt à 26 ans à Tiffauges le 22 août 1526. 
Au XVIème siècle sous  le règne de François 1er, apparut le Calvinisme qui sera la cause des guerres de religion.
Les vidames de Chartres qui détenaient Tiffauges étaient du parti protestant et utilisaient le château pour lancer des expéditions sur les terres catholiques de Clisson. En 1529, René de Bouillé le gouverneur de Nantes ordonna à ses soldats de soumettre la place forte. A la première sommation, les défenseurs de Tiffauges profitèrent de la nuit pour s’enfuir et le château fut incendié pour éviter d’être réinvesti par les calvinistes.
 
miniature du XVIIème siècle, Bibliothèque nationale
     
  • En 1576 apparaît la Ligue, un parti catholique qui se forme en réaction aux édits jugés trop favorables aux protestants. Son objectif principal est de débarrasser la France des Huguenots, et même de son propre roi Henri IV. Champigny qui tenait le château de Tiffauges avec ces arquebusiers pour le roi, livra la place à la Ligue, séduit par les promesses de l’un de ses chefs, le duc de Mercoeur.
    La Ligue vaincue, le château de Tiffauges revint à la maison de Vendôme qui avait toujours été fidèle à Henri IV.
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  • A cause de ce passé de place forte protestante, le 31 Juillet 1626, Richelieu fait démanteler les défenses du château par ordonnance royale. Le château devient une carrière dont les pierres serviront à bâtir ou consolider de nombreuses maisons du bourg.
  • En 1789, l’Assemblée constituante née de la Révolution décrète une nouvelle division administrative du Royaume. Tiffauges devient le chef-lieu d’un canton du district de Montaigu. Les deux églises de Tiffauges furent vandalisées par les révolutionnaires et délestées de leurs objets précieux par des pillards.
    Les persécutions exercées sur les prêtres réfractaires, l’exécution de Louis XVI et la levée de 300 000 hommes décrétée par la Convention souleva l’insurrection dans l’ouest de la France et entraîne Tiffauges dans la guerre civile.
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  • Le  9 septembre 1793, les coteaux au nord de Tiffauges vers Torfou, ont vu s’opposer l’Armée Catholique et Royale menée par Lescure, Charrette, Bonchamps et D'Elbée aux troupes républicaines sous les ordres de Kléber. Les vendéens sont vite submergés et sont contraints de battre en retraite. C’était sans compter sur les femmes de Tiffauges qui exhortent les fuyards à retourner se battre sur le plateau investi par les républicains. D'Elbée et Bonchamps entrent dans la bataille et les Mayençais se font submerger. Kléber grièvement blessé se résignera à reculer vers Clisson. Ce sera la dernière victoire vendéenne et dès le 14 octobre,  Kléber entre dans Tiffauges, privée de défenses.
Les femmes de Tiffauges barrent le chemin aux vendéens qui fuient la bataille, peinture de Alfred de Chasteignier. (détail)
     
     
  • En janvier 1794, la guerre d’extermination décrétée par la Convention est lancée. Les colonnes infernales de Turreau dévastent le pays. Tiffauges n’y échappe pas, comme en témoigne une plainte adressée par le président du district à Turreau : « Tes soldats se livrent à la débauche, à la dilapidation et à toutes les horreurs dont les cannibales ne sont pas mêmes susceptibles ».
    En février, une deuxième colonne  menée par le cruel Cordelier incendia Tiffauges et égorgea 600 habitants.
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  • Toutes ces horreurs contraignirent les survivants à un brigandage sauvage, à tel point que personne n’osait y voyager ou y instaurer une administration républicaine pendant plus d’un an.
    En juin 1795, le général Hoche fit occuper Tiffauges par les troupes de la République et la pacification fut officiellement proclamée le 15 juillet.  
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