Visite de la tour de la Maison des Princes de Monaco

Cette maison a appartenu aux princes de Monaco dès 1643, lorsque Honoré de Grimaldi se met sous la protection de la France en exécution du traité de Péronne signé le 14 septembre 1641.

L'architecture de la maison indique une période de construction antérieure d'au moins un siècle à 1641, date de donation du Comté de Carladès aux Grimaldi. Elle est construite sur un plan allongé avec une tour escalier à vis sur noyau construit en brèches volcaniques. Elle possède une tourelle percée de fenêtres à meneaux et d'une porte surmontée d'un bas-relief représentant l'Annonciation et probablement mutilé à la révolution. Des fenêtres ont été remaniées au milieu du XVII ème siècle, et un corps de logis ajouté pour former un retour sur la rue du Bailliage.

Trop modeste et trop rustique, la maison a surtout servi à loger le principal officier gouvernant le comté pour les princes. Elle est vendue comme bien national en 1792. En 1811, elle appartenait à Jean Revel, plus jeune procureur du bailliage de Vic à la Révolution.

De tous les princes de Monaco qui se succédèrent depuis le traité de Péronne, seul Rainier III traversant Vic demanda à s’y arrêter au début des années 50. Aujourd’hui, l’actuel prince Albert II porte toujours le titre de Comte du Carladès. Il est passé le 14 mai 2014 à Vic à l'occasion d'une visite sur ses anciennes terres cantaliennes.

Perspective sur la tour, montrant la grande variété de roches volcaniques utilisées pour sa construction.

Fenêtre du troisième niveau, rectangulaire verticale à appui mouluré et piédroits ornés d'un tronc d'arbre écoté, dégagé en haut relief sur un cavet, reposant sur une plinthe et une base composée, et prolongé par un tore cordé sur le linteau, lequel est creusé d'un arc segmentaire.

Fenêtre du deuxième niveau, rectangulaire verticale et divisée par une traverse. L'appui est profilé en tore, cavet, tore à listel; piédroits, linteau et traverse sont moulurés en gorge, cavet et moulure prismatique; cette dernière reposant sur une base composée au-dessus d'une plinthe et se croisant au extrémité de la traverse. Les angles supérieurs de la fenêtre sont festonnés. Le linteau est surmonté d'un gâble en accolade torsadé conservant un écu - dont les meubles ont été buchés - et sommé d'un décor difficilement lisible semblant représenter un personnage assis, les jambes pendantes, les bras passés sous ses genoux, sans tête.

Détail de l’écu et du personnage assis, les jambes pendantes, les bras passés sous ses genoux, sans tête.

Tympan sculpté surmontant la porte de la tour : l'arc est en accolade et délimite le tympan, profilé en chanfrein, bandeau et cavet ornée de feuilles de chêne (?) qui courent jusqu'au sommet amorti par une pyramide renversée agrémentée de deux feuilles largement étalées de part et d'autre.

Sur le tympan se détache une annonciation: la Vierge et l'Archange se tiennent de part et d'autre d'un bouquet de lys (?) dans un grand vase. A gauche, l'Archange Gabriel s'agenouille de profil le genou gauche à terre, l'autre replié, l'aile droite encore déployé; sa robe retenue par une ceinture à la taille s'étale en plis en éventail au niveau des jambes, accentuant ainsi l'impression de mouvement. Marie, à droite, est agenouillée de profil sur un prie-Dieu mouluré - empiétant le linteau de la porte - elle est vêtue d'un ample manteau qui l'enveloppe souplement ; la tête qui a disparu devait être voilée; il n'en subsiste que le nimbe. La colombe, symbole de l'Esprit-Saint, descend du ciel, ailes déployées, et vole en direction de la vierge Marie (Source : Base Mérimée, culture.gouv.fr/culture & patrimoine : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee.fr).

Le heurtoir de la porte d'entrée.

L'escalier en vis dans la tour.

L'escalier vu de dessous montrant la brèche volcanique qui a servi à sa construction.

Couvrement de la tour d'escalier.

En sortant de la tour. Dessin réalisé en 1951.

La serrure de la porte d'entrée.


La Bourrée du Carladès (groupe folklorique auvergnat) dans les années 60 devant la tour.


Gravure à l'eau forte de Charles Jaffeux (1902 - 1941).


La Maison des Princes de Monaco vers 1900. Carte postale ancienne colorisée et éditée vers 1920.