autoportrait de mon ami par vraiment quand bien même
alexandre caldara
autoportrait de mon ami par vraiment quand bien même
alexandre caldara
évidemment sans évidence
me refuse à écrire un texte sur toi
plutôt avec
un rire intense en boucle
rire généreux souffle de ténor
dérégulé enflammé dans nos gueules
un texte tremblant combattant
écrit avec de la gentiane gargarisée
une conscience anarchisante
vivante
des anches du souffle
chaotique dans un chaudron
d’orties des Ponts-de-Martel
de la brûlure de l’ivresse
de l’utopie
la puissance sagesse
d’un enseignant des dérives
d’un garde champêtre déluré
tétant le son de John Zorn
dans une Mecque rurale
nommée Willisau
claire consience
qui brâme
qui pouffe
qui se traîne
dissèque l’incohérence
arrache
accouche
chahute
chante
vas-y chante comme au tout début
plante transplante
raconte le gamin qui fait le mort
qui simule la camarde toute puissante dans un caisson
de salle de gym
tu voudrais prendre son visage entre tes mains le regarder simplement
enseigner le bonheur enfant turbulent
les turbulences saines rageuses de Michel Portal Mozart K 622 et free jazz avec Léon à Chateauvallon
le solo désarmé du Basque
tête de mule basque
tête de mule catalane
tête de mule jurassienne
dans l’ardeur folle
d’une identité d’un rythme
qui jamais au grand jamais
qui jamais au grand jasmin
n’abdique
le gamin mort de plaisanter dans la salle de gym
aura accès à la déraison sonore
malgré le vomissement perpétuel de la musique comment la qualifier ainsi de la médiocrité sonore pop-corn centre commerciaux abrutissement
que les équations caramélisées
savantes de l’archange Anthony Braxton mettront à distance
voilà de quoi radicaliser frénétiquement les goûts du môme
voilà de quoi le réveille de son caisson par le chant libertaire
le seul audible
le seuil franchissable
celui des crachats de pigments féconds
des éclats larvaires des traces
des rumeurs des Tolck, des Montavon
d’autres étals d’âme d’autres sons
sapins en torsion
école de la montagne de Moutier
beuglante
frénétique
en arrêt
en pensées
tempête crânienne sans fadeur
fado réduit en squelette de chant de la cave de l’Alfama en guenilles en injustices
tu lèves le poing tu souffles fort
fais la fresque décharnée
de son qui explose
la nuit de la torée
Mandragore en transe sur
le dance floor du Mouton Noir
orgie de croyance
n’en jetez plus
tu blasphèmes érectile
pudique
libéré du son de sax l’ennemi
le sang africain de Texier
coule dans tes veines jurassiennes
vas-y hurle encore
de toute ta douceur non violente
de musicien
heureusement
bienheureux
bruitiste avant tout
ton trac
tubule
tabasse
ah
en claque
boum
trop vite
à nos occupations
à nos errances
à nous amours
à nos morts
à nos familles
aux nôtres
aux autres
silence viens
va autre noire
neige d’azur
zut rate
stance à Sophie
Art Ensemble
jusqu’à la rate
le corps noir Chicago
art
blakey
pepper
art
art
art
hardcore
épidémie
puis plus rien
une insomnie
une aquarelle baveuse
less is more
encore moins
un bourgeon de sapin dans la main
un nénuphar dans la pupille
du sax pareil au même
un cri bouffée de pollen
au pôle de l’intime
une BFM
une dernière gorgée au bout de la nuit
du pollen encore